Le directeur et le professeur de potions s'apprêtaient à rejoindre les membres de l'Ordre du Phénix quand des cris provenant de l'étage d'en bas les firent sauter sur leurs pieds.
« Albus ! » rugit une voix qu'ils reconnurent être celle de Moody
Un concert de cris divers l'accompagnaient et les deux hommes se ruèrent dans le salon baguette à la main, prêts à faire face à une attaque de mangemorts en rêgle.
Mais arrivés en bas, ils ne trouvèrent que cinq adultes totalement hors d'eux vociférant dans tous les sens, tandis que les deux adolescents les regardaient d'un air effaré, entourant un chat noir aux yeux verts tout aussi inquiet et surpris par le comportement des membres de l'ordre.
« Que se passe t il donc ici ? » rugit à son tour Snape
« Bon sang, le culot de ces moldus ! Je n'arrive pas à le croire ! » répondit Moody
« Albus » fit Kingsley « une lettre du Ministère vient d'arriver. Je crois que vous voudrez la lire rapidement… et en privé » ajouta t il avec un regard entendu vers les enfants
Le directeur saisi la lettre qu'il lui tendait. Le cachet du Ministère ne laissait aucun doute sur son expéditeur.
« Elle est arrivée par la cheminée » expliqua Kingsley. « Apparemment, elle a été envoyé à votre bureau et réexpédiée ici. Elle était adressée « à qui de droit », et étant donné la mention « urgent », nous avons préféré l'ouvrir sans vous attendre. »
Dumbledore hocha la tête tandis qu'il parcourait rapidement la lettre.
Quand il en détacha enfin son regard, tous les yeux étaient braqués sur lui et le silence régnait dans la pièce.
« Qu'allez vous faire, Albus ? » demanda impatiemment Tonks
A ses côtés, Snape toussa pour rappeler au directeur que, contrairement aux autres, il ne savait toujours pas ce qui avait provoqué cette émeute…
Dumbledore se tourna vers les adolescents restés sur le fauteuil et chercha le regard du chat.
« Harry, de nouveaux problèmes semblent avoir émergé, et mieux vaut que tu en sois informé. Ces nouvelles risquent de te bouleverser et je souhaite que tu fasses tout ton possible pour garder ton calme et ne pas provoquer une nouvelle transformation. Puis-je compter sur toi ? »
Harry songea qu'il lui était difficile de répondre tant qu'il ne savait pas ce dont il s'agissait, mais il n'avait guère le choix. Il hocha à nouveau la tête, de ce mouvement qui semblait si étrange dans ce corps.
Du coin de l'œil, il vit Snape se rapprocher de lui. Bizarrement, le mouvement avait quelque chose de rassurant...
Hermione posa doucement une main sur ses épaules et il se sentit soudain près à affronter
sereinement toutes les mauvaises nouvelles du monde.
Il se trompait.
« Harry, le Ministère m'envoie cette missive suite à une plainte de ta famille. Ton oncle et ta tante ont déclaré que nous t'avions enlevé et veulent que tu leur sois rendu au plus vite. » dit Dumbledore d'une voix grave et posée.
Harry cru que le ciel venait de lui tomber sur la tête. Il entendit à peine les cris de Ron et Hermione dont la main s'était subitement crispée sur son dos, mais la voix de Snape en revanche, ne pouvait être ignorée.
Elle n'aurait probablement pas été plus chargée de menace et de colère si Neville avait fait exploser le donjon, et Harry s'attendit presque à entendre « 100 points de moins pour Griffondor ! ». Mais en fin de compte, l'idée était la même…
« Albus, je vous avais dit de me laisser m'occuper de cette famille de dégénérés ! »
Harry songea à protester ; c'était sa famille, après tout ! Mais à la réflexion, il devait reconnaître que l'insulte n'était pas imméritée. Pourquoi donc voulaient ils subitement le revoir ? certainement pas pour s'assurer son bien être.
« Je pensais avoir été moi-même suffisamment convaincant lors de ma dernière visite… mais je vois que quelqu'un a eu de meilleurs arguments que moi. » soupira Dumbledore avec un regard pour Snape
« Ca ne fait aucun doute… » murmura celui ci
« Qu'entendez vous par là ? » demanda nerveusement Molly
« Il semble évident que ces moldus qui n'ont de lien avec Harry que sur le papier ne veulent le récupérer que pour une seule raison : le donner, ou plus probablement le vendre au seigneur des ténèbres. » répondit sèchement le professeur de potions
Un murmure étouffé lui répondit.
Harry s'était figé. Il savait bien, évidemment, que les Dursleys ne voulaient pas réellement le revoir… mais de là à le remettre à Voldemort ?
« Personne ne te retrouvera ici, Harry » dit Arthur Weasley de sa voix rassurante. « Il est hors de question que ces moldus t'approchent de près ou de loin après ce qu'il s'est passé. Bon sang, Albus, c'est après eux que le Ministère devrait être ! Est-ce qu'ils se souviennent seulement qu'ils ont chassé Harry ? »
« Sans parler de le laisser quasiment pour mort. » répliqua Snape. « Ce qui est probablement l'idée, par ailleurs… cette contrefaçon d'être humain n'a pas eu de complexe à m'informer qu'il serait ravi de coopérer avec le seigneur des ténèbres si celui-ci voulais régler définitivement le cas d'Harry. Je suppose que Voldemort en a pris bonnes notes. »
« Je suis prête à parier que Voldemort a envoyé lui même la lettre pour le Ministère … » murmura Tonks.
« Plus probablement leur voisine cracmol» répondit le maître des potions. « Quoiqu'il en soit, cela ne change pas grand chose au programme original. Harry doit être mis à l'abri pendant les deux semaines de vacances restantes, après quoi il retournera à Poudlard. D'ici là, les choses seront sûrement réglées. »
« Elle devront l'être » acquiesça Dumbledore. « Mais ce ne sera pas facile… Harry, je comptais bien de toute façon te retirer de la garde de ton oncle et de ta tante ; je peux te promettre que tu ne retourneras pas là bas. »
Harry senti une étrange chaleur l'envahir. Il avait soudain envie de dormir…
il n'allait jamais retourner à Privet Drive. Jamais. Il ne verrai plus le rictus de dégoût de Pétunia chaque fois qu'elle le regardait, Dudley ne le bousculerait plus jamais, et oncle Vernon… oncle Vernon ne lèverait plus la main sur lui. Jamais.
Il sentit ses pattes faiblir sous lui et il s'allongea prudemment sur le fauteuil, sonné.
C'était fini. Il n'était pas sauvé, mais ce cauchemar là au moins était bien terminé. Plus jamais de placard ni de barreaux…
Il vit quelqu'un poser une coupelle devant lui. Il la flaira : un liquide répugnant y nageait.
Il leva les yeux vers la personne qui l'avait déposée : Snape le regardait, un air indéchiffrable sur le visage.
« Bois ça, Harry. Tu te sentiras mieux. Il ne faut pas risquer que tu changes de forme maintenant… »
Avec une courte hésitation, le chat lapa la potion. Infecte, bien sur, mais Snape avait eut raison : il se sentait plus maître de lui, le choc était passé.
Le maître des potions hocha la tête et retourna près de Dumbledore.
A ses côtés, il entendit Ron grogner :
« Et depuis quand est ce qu'il l'appelle Harry ? »
« Quoiqu'il en soit, » continua Dumbledore, « la situation est délicate. Pour faire retirer leur droit de garde aux Dursleys, il faudra apporter la preuve qu'Harry n'est pas bien traité chez eux, et bien sur son témoignage… ce qui implique qu'Harry se rende au Ministère. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée pour l'instant. Par ailleurs, le fait que la lettre soit arrivée dans mon bureau indique clairement que le Ministère se doute que nous savons où se trouve Harry… voire que nous le cachons nous même. Il faudra donc être particulièrement vigilants. Bien sûr, les nouveaux pouvoirs d'Harry nous donnent une confortable longueur d'avance.»
« J'espérais qu'Harry puisse venir au Terrier » soupira Molly Weasley, « mais je suppose que c'est le premier endroit où ils chercheront. »
« En effet » admis Dumbledore. « Ce problème est cependant déjà résolu puisque le professeur Snape a accepté de prendre Harry avec lui pour le reste des vacances. »
Si les visages des membres de l'Ordre ne laissèrent filtrer que de la surprise et une certaine compréhension, il n'en fut pas de même pour les deux adolescents.
« Non ! » cria Ron avant de rougir violemment.
Hermione n'avait rien dit, mais son expression indiquait clairement qu'elle n'en pensait pas moins.
« Non » repris Ron plus calmement « Vous ne pouvez pas faire ça à Harry ! Pas après tout ce qu'il s'est passé pendant ces vacances ! Il y a sûrement une autre solution, Poudlard, je ne sais pas… »
« Harry sera parfaitement en sécurité avec le professeur Snape » répondit Dumbledore. « Il sera le plus à même de le soigner et de le protéger le cas échéant. Il est vrai que les vacances d'Harry ont été mouvementées, et c'est pourquoi il a à présent besoin de repos et de sécurité, ainsi que de quelques leçons de métamorphoses. Je pense que vous serez d'accord avec moi, monsieur Weasley ? »
Ron murmura quelque chose d'incompréhensible.
« Pourrons nous le voir ? » demanda Hermione
« Son lieu de résidence sera protégé par un sort de Fidelitas » répondit Dumbledore. « Selon la façon dont les choses évolueront… nous verrons s'il est raisonnable d'autoriser Harry à en sortir exceptionnellement. »
Il s'adressa à Harry cette fois.
« Je regrette Harry, je sais que ce ne sont pas là les vacances que tu avais espérées, mais je suis sûre que tu comprends que ta sécurité doit passer avant tout ? »
Le chat miaula pour acquiescer.
Mais Ron n'avait pas fini. Avec une grande inspiration, il pris son courage à deux mains
« Ecoutez, je sais que vous voulez faire au mieux pour Harry, mais honnêtement… Harry déteste Snape et hum… je pense que tout le monde est au courant qu'Harry n'est pas vraiment l'élève préféré du hum professeur. Il doit y avoir une autre solution ! »
Il laissa ses poumons se vider, comme s'il venait de finir une course particulièrement longue et difficile. Il jeta un regard en coin à Hermione et vit que celle ci le regardait avec un sourire presque… fier ?
Il se senti rasséréné.
« Bref, je pense que ce n'est vraiment pas une bonne idée. » conclu t il, regonflant sa poitrine.
Molly Weasley semblait sur le point de dire quelque chose, mais Dumbledore l'en empêcha d'un geste de la main. De manière générale, les adultes ne semblaient pas indignés mais plutôt amusés par son petit éclat, constata Ron, légèrement déçu.
Ce fut Snape qui lui répondit, d'un ton bien plus calme qu'il ne s'y était attendu.
« J'ai pu supporter la présence de Mr Potter dans mes quartiers pendant deux semaines. Je pense pouvoir renouveler cet exploit sans être tenté outre mesure de l'expédier au Seigneur des ténèbres ou de le contraindre à manger de la pâté pour chats. Bien que cela, bien sûr, soit à sa discrétion.»
A ces mots, Harry sauta du fauteuil et se dirigea sans hésitation vers le maître des potions. Il le regarda un instant avant de cligner des yeux et de s'asseoir à ses pieds, tourné vers ses deux amis.
Le visage de Ron et Hermione quand il poussa un miaulement déterminé devait le faire éclater de rire chaque fois qu'il y penserait pendant des mois.
Les yeux ronds, la bouche ouverte, ils ne pouvaient de toute évidence pas en croire leurs yeux.
A ses côtés, Harry pu entendre Snape rire tout bas. De toute évidence, le spectacle mémorable allait lui aussi le poursuivre.
« Albus, » dit finalement le maître des potions, « étant donné les circonstances, je pense qu'il serait préférable de régler le problème du Fidelitas au plus vite afin de pouvoir mettre Potter en sécurité.
« C'est juste. Cela ne prendra qu'un instant. Molly, les affaires d'Harry sont dans sa chambre, pourriez vous les descendre pour qu'elles soient prêtes à mon retour ? »
Molly se précipita à l'étage tandis que Snape et Dumbledore transplanaient. Vers le Manoir, se dit Harry… il allait retourner chez Snape.
Deux autres semaines là-bas… les premières avaient été parfaites à son idée. Snape avait été agréable, gentil même, et il s'était bien occupé de lui. Mais il ignorait alors qui il était réellement et quand il l'avait su, sa réaction n'avait pas été des plus positives…
L'homme avait il vraiment accepté de le reprendre, ou Dumbledore l'avait il forcé ? Comment allait il se comporter avec lui à présent ? Il l'avait appelé Harry… mais cela ne signifiait rien, n'est ce pas ?
Il rejoint Ron et Hermione sur le fauteuil. C'était presque sûr cette fois, il n'allait pas les revoir de l'été… l'idée était un peu déprimante, il avait espéré rester au Terrier quelques temps et passer quelques vrais jours de vacances.
Mais Dumbledore avait raison, il serait en sécurité au Manoir Snape, et surtout… il voulait y retourner. Il avait cru ne plus jamais revoir le donjon, la cheminée et le fauteuil où il avait passé toutes ses nuits, écoutant le bruit de fioles entrechoquées, de mixtures en train de bouillir dans les chaudrons…
Il s'était senti pendant ces quelques jours plus en sécurité qu'à Hogwarts et plus chez lui qu'il ne l'avait jamais été chez les Dursleys.
Qu'il aie pu considérer les quartiers de Snape comme « chez lui » était particulièrement troublant… mais Snape avait transfiguré un fauteuil pour lui, lui avait donné un nom, un pull… Il ne s'était pas contenté de le recueillir à contrecœur.
Il lui avait offert un endroit ou rester. Il l'avait adopté.
A bien réfléchir, il n'avait jamais vu le professeur avec un animal familier, l'idée du maître des potions caressant un animal était particulièrement étrange en elle-même. Et pourtant…
Il aurait bien voulu être Shadow. Juste Shadow… un chat sans prophétie, sans pouvoir, mais qui avait une maison, un maître et aucun souci à part celui de savoir quand serait servie la prochaine gamelle.
L'idée d'une gamelle fit grogner son estomac. Il avait faim, et les coupures tiraillaient sa peau… bien sûr Snape allait s'occuper de cela dans un instant, il l'avait promis.
Décidément, le monde ne tournait plus rond.
Il tenta de chasser l'idée en se tournant vers Ron et Hermione. La déception se lisait sur leur visage.
« Harry, on ne t'aura pas vu de l'été ! » se lamenta Hermione « La rentrée n'est que dans deux semaines, heureusement. Tu ne dois pas t'inquiéter pour tout ça, je suis sure que Dumbledore va trouver une solution »
« Et on va se rattraper à Poudlard » renchéri Ron. « J'ai déjà plein d'idées sur ce qu'on pourrait faire avec ta nouvelle forme… on en reparle à la rentrée, mais réfléchis y ! Pense au dortoir des serpentards ! »
Hermione secoua la tête mais ne protesta pas.
« Harry, s'il y a un problème avec, tu sais… le professeur Snape, ou n'importe quoi. N'oublie pas que nous sommes là. Si le bracelet a pu te faire transplaner une fois, peut-être pourra t il encore le faire ! »
Décidément, songea Harry, il aurait beaucoup de choses à leur raconter la prochaine fois qu'il les verrait sous sa forme humaine.
« Et surtout, ne fais rien qui pourrait le contrarier. Tache de rester… un bon chat ! » fit Hermione avec un sourire
« Je crois qu'il t'aime bien tu sais, en tout cas sous cette forme. Mais… fais attention à toi, simplement » conclut elle
Harry était bien décidé à le faire. Il posa une patte noire sur le visage de la jeune fille avant de se tourner vers Ron pour miauler. Il ne savait pas vraiment ce qu'il aurait voulu dire s'il l'avait pu, mais sa forme de chat réglait le problème.
Ses deux amis sourirent.
« Tu sais, je crois qu'on va mettre un moment à s'y habiter » avoua Hermione
« Mais c'est génial ! » ajouta Ron avec enthousiasme
Mme Weasley était redescendue et déposa la malle d'Harry au milieu du salon.
« Harry, mon petit, j'ai mis toutes tes affaires là dedans et j'ai rajouté quelques provisions. Non pas que je doute des compétences du professeur Snape en matière de cuisine, mais le poisson ne peut tout de même pas constituer un régime à part entière, tu devras le lui rappeler ! Tu as besoin de prendre des forces… et du poids ! »
Harry sauta sur la malle et miaula doucement vers elle pour la remercier. Son visage s'adoucit.
« Oh Harry, j'aurais tellement voulu que tu puisses passer quelques temps au Terrier… tu seras bien sage avec le professeur, n'est ce pas ? » dit elle
Harry se senti vexé. Il n'était pas un enfant, et qu'avaient ils donc tous à lui dire cela ? Ce n'était pas comme s'il cherchait continuellement Snape, c'était plutôt au professeur qu'ils auraient du le dire.
« Il prend ta sécurité très à cœur, tu sais. » ajouta Molly Weasley.
Oui, il le savait. Et il n'avait pas l'intention de lui rendre les choses difficiles, il pensait avoir rendu cela suffisamment clair en allant vers le professeur.
Mme Weasley lui adressa un sourire qui fit fondre son irritation ; oui, lui aussi aurait bien aimé passer quelques temps au Terrier et profiter des bons petits plats et de la gentillesse de Molly. Il avait presque l'impression parfois d'avoir une famille, entouré de Mr et Mme Weasley et de leurs enfants.
Hogwart était un peu sa maison, les Weasleys étaient un peu sa famille… Les Dursleys ne l'avaient jamais réellement été, mais il l'avait cru, quand il était plus jeune. Une famille qui venait très probablement de conclure un marché avec Voldemort pour se débarrasser de lui.
Il n'était plus très sûr de savoir où il en était. Sa véritable famille était morte et le seul endroit où il était chez lui à présent était, s'il l'avait bien compris, cette maison. Celle de Sirius, mort par sa faute et qui la détestait, où il avait été malheureux.
Il se sentit soudain soulagé à la perspective de passer les prochaines semaines chez Snape : le professeur lui accorderait sûrement une paix royale et il n'aurait plus à repenser à toutes ces questions. Il avait bien l'intention de dormir, dormir, et encore dormir, tant qu'on voudrait bien lui ficher la paix avec Voldemort, les Dursleys, et tout ce qui allait avec. Il allait se rouler en boule au coin du feu et ne plus en bouger pendant deux semaines.
Snape et Dumbledore furent de retour quelques instants plus tard, visiblement satisfaits. Le professeur de potions semblait plus fatigué à présent ; rien d'étonnant songea Harry quand on savait qu'il était inconscient et incapable d'articuler deux mots quelques heures seulement auparavant.
« Les formalités sont faites » annonça Dumbledore. « Harry, as tu quelque chose à dire avant de partir ? Je regrette de devoir écourter les retrouvailles avec tes amis, mais la situation est particulièrement délicate et nous serons tous plus rassurés de te savoir en sécurité. »
Harry songea qu'il aurait eu des centaines de choses à dire… mais les chats ne parlaient pas.
Sans hésitation, il sauta sur sa malle et jeta un dernier regard à ses amis. Ils semblaient déçus, mais ils lui adressèrent des signes d'aurevoir.
« A la rentrée, Harry, ou peut-être avant. Fais attention à toi ! »
A son tour, Snape adressa un signe de tête aux membres de l'Ordre en guise de salutation et se pencha pour saisir le chat dans un geste qui leur devenait familier à tous les deux., songèrent ils
L'instant d'après, la pièce disparu dans un tourbillon de noir et Harry reconnu l'odeur caractéristique des donjons, un mélange de feu de bois et de potions âcres.
Snape le reposa sur la malle qui avait transplané avec eux et s'étira, visiblement soulagé d'être de retour au Manoir. Harry se surpris a éprouver le même sentiment et le même besoin de détendre ses muscles contractés par la tension qui régnait à Grimmauld Place.
« Bien, monsieur Potter, je vais vous montrer vos quartiers, mais tout d'abord nous allons régler le problème de vos blessures. Le dîner n'était que dans deux heures, je pense que vous pourrez également trouver l'usage d'une collation. »
Le professeur pris un pot de baume qu'Harry reconnu aussitôt : c'était celui qu'il avait déjà utilisé sur lui. Et dont lui même s'était servi ces derniers jours, à y bien réfléchir… Mais pourquoi donc devait il recommencer ? Comment ses blessures étaient elles réapparues ?
Snape sembla comprendre sa perplexité car il répondit aux questions qu'il n'avait pu formuler :
« Il semblerait que vos transformations posent certains problèmes. Peut-être ne vous en souvenez vous pas, mais quand nous vous avons obligé à reprendre votre forme humaine à Grimmauld Place, vos blessures sont réapparues sans que nous sachions pourquoi. Sans doute était ce lié à vos problèmes d'assimilation concernant vos deux formes… quoiqu'il en soit, nous devrons être prudents. Nous verrons à vous retransformer ce soir pour vérifier que cela ne se reproduise pas. »
Harry n'était pas du tout sûr d'avoir envie de se retransformer mais n'en laissa rien paraître. Il se sentait déjà suffisamment ridicule comme ça… oui, il avait réellement cru qu'il était un chat, et oui, il avait eu du mal à faire face à ses souvenirs d'adolescent.
Quelque chose lui disait qu'à présent, il allait aussi avoir du mal à affronter ses souvenirs de chat…
« Potter, montez sur la table et essayez de ne rien renverser. » demanda le professeur de potions.
Potter. Non, ça n'allait pas. S'il devait passer deux autres semaines ici, il refusait de se faire traiter comme à Hogwarts durant l'année scolaire ! Il ne bougea pas et regarda fixement le professeur d'un air de défi.
Celui-ci compris et leva les yeux au ciel.
« Très bien. Je suppose que je n'ai qu'à m'en prendre à moi-même… Harry, donc, sur la table, si tu veux que je m'occupe de ces blessures. »
Satisfait, le chat bondit souplement. Le maître des potions sembla cependant contrarié.
« Harry, quelqu'un t'a t il donné une potion contre la douleur ? » demanda t il
Le chat cligna des yeux en réponse. Oui, Moody lui avait fait boire une potion particulièrement forte et qui avait aussitôt fait disparaître toute douleur de son corps. Les coupures l'irritaient, mais elles ne le faisaient pas souffrir.
Snape soupira.
« Ecoute moi, Harry, les coupures ne sont pas le seul problème. Tu as également un bras et une côte cassés. La côte devrait être rapidement réparée, mais… malheureusement ton bras, ou plutôt ta patte en l'état actuel des choses, s'est mal ressoudée. Je vais devoir la recasser pour la remettre correctement. Après cela, tu devras la ménager quelques temps, c'est pourquoi il faudra que tu restes sous ta forme humaine afin de ne pas t'appuyer dessus. Je ferais en sorte que cela ne soit pas douloureux, mais il faudra vraiment faire attention. » dit il
Harry se senti subitement déprimé. Un bras et une cote cassés ? Comment ? Quand ça ? Il savait d'où venaient les coupures, mais… oh.
Oncle Vernon. Il se rappelait vaguement d'avoir glissé sur le sol, à moitié inconscient, et que Vernon aie continué à le frapper… il tressailli. A coups de pieds. Très bien, il supposait qu'il voyait « comment », maintenant.
Etrangement, ce souvenir le blessa plus encore que l'idée qu'ils souhaitaient le remettre à Voldemort. Son oncle le haïssait à tel point qu'il l'avait roué de coups de pieds alors qu'il était à terre, tout en continuant à l'insulter… et Pétunia était là, en bas, et n'avait rien dit. Ils n'avaient pas seulement cherché à le faire tuer par un autre sorcier, ils avaient quasiment fait le travail eux même.
Il se sentait légèrement malade à présent… il replia ses pattes sous lui et se laissa tomber sur la table.
Snape ne dit rien, mais les mains qui se mirent à appliquer le baume étaient particulièrement douce et légères tandis qu'elles massaient ses blessures, comme s'il avait voulu tenter de le réconforter.
Et d'une certaine façon, c'était efficace. Quelqu'un au moins se préoccupait de le soigner et de ne pas lui faire de mal…
Quand Snape eut enfin fini d'étaler la pommade, il alla sans un mot chercher la gamelle du chat qu'il rempli de poisson. Harry sauta à terre et se précipita dessus avec le maximum de dignité que son estomac lui permettait.
Il entendit le professeur rire doucement derrière lui.
« Je vois que personne n'a suivi mes recommandations à Grimmauld Place. Je te rassure, Molly Weasley m'a bien sermonné sur le fait qu'un adolescent ne doit pas se nourrir exclusivement de poisson. Un repas complet sera servi dans deux heures, mais dans l'immédiat je cède à ce penchant inavoué pour la sardine à l'huile. »
Snape se dirigea vers l'armoire et en sorti quelques flacons. La journée était encore loin d'être finie…
L'effet des potions qu'il avait ingérées plus tôt commençait à s'estomper ; il aurait du s'en douter, les potions en question faisaient des miracles, mais elles ne pouvaient exprimer toute leur efficacité sur quelqu'un qui en prenait et en manipulait aussi souvent.
Mieux vaudrait qu'Harry dorme d'un sommeil profond toute la nuit, car lui-même ne serait sans doute pas en état de le surveiller s'il lui prenait l'envie de vagabonder dans le manoir.
Il avala rapidement deux potions et se tourna vers le chat qui se léchait les babines.
« Bien. Je suppose qu'il est temps de te montrer tes quartiers et le reste du Manoir, pour autant que cela t'intéresse. Il est donc également temps de reprendre ta forme humaine, Harry. »
Décidément, il allait avoir du mal à s'habituer au tutoiement, songea t il. Cela devrait cesser à la rentrée quoiqu'il en soit.
Le chat le regardait d'un air perdu et ennuyé. De toute évidence, il n'avait pas la moindre idée de la façon de procéder.
« C'est une technique qui n'est pas compliquée à assimiler, mais il faut toutefois en comprendre le fonctionnement. Il est principalement basé sur la volonté. Nous aurons le temps d'approfondir cela pendant les deux semaines à venir, mais tu as déjà réussi à te transformer seul plusieurs fois. Voyons ce que tu peux faire. » dit le professeur de potions
Harry était conscient de l'avoir déjà fait … mais il n'avait pas réfléchi en le faisant et à cet instant précis, il n'avait ni l'envie ni la moindre idée de la façon de procéder. Il tenta de se visualiser en adolescent brun, ferma les yeux…
Rien.
Il lança un regard d'excuse au professeur.
Snape soupira.
« Très bien, nous aurons plus de temps demain pour cela. C'est votre… ton dernier mot, Harry ? »
Le chat cligna des yeux.
Snape braqua sa baguette sur lui :
« Animagus revelio »
L'instant d'après, Harry senti son corps se transformer rapidement. Il n'avait encore jamais eu l'occasion d'aborder la métamorphose assez calmement pour y faire attention, et il devait reconnaître que la sensation était particulièrement étrange. Non seulement son corps changeait d'aspect, mais il sentait également son esprit se connecter sur une autre fréquence, avec plus de subtilités, plus de nuances…
Mais quand il se retrouva sur ses deux pieds, il dut admettre que ce n'était plus si déstabilisant que les premières fois. Il avait tous ses souvenirs, chat et humain, et il savait qui il était et ce qu'il lui arrivait. Il réussi même à garder son équilibre tant bien que mal et offrit à Snape un sourire hésitant.
Il fut surpris de voir le professeur hocher la tête en signe d'approbation. Son regard toutefois restait sombre…
Snape fut soulagé de voir que les blessures du garçon ne s'étaient pas remises à saigner. De toute évidence, c'était le choc de la première transformation qui avait causé leur réouverture… mais bon sang, le gamin était vraiment maigre, et ces vêtements plein de sang lui donnaient l'air de sortir tout droit d'un donjon de mangemorts.
« Harry ? » demanda t il
« Oui ? Oh, hum, ça va. Je crois. » répondit le garçon. « C'est un peu étrange de changer de corps, je suppose que je devrais pourtant être habitué à celui-ci » fit il avec un petit rire forcé
« Les blessures superficielles semblent sous contrôle à présent. Nous verrons les autres plus tard, si elles ne te font pas souffrir ? »
« Non. Moody m'a donné quelque chose de vraiment fort, à en croire le goût… mais je crois qu'une douche me ferait du bien, si c'était possible. Et hum, je ferai mieux de me changer » ajouta t il en regardant ses vêtements.
Snape murmura rapidement un sort en direction de la malle qui disparu dans un « pop ».
« Oh, juste une chose. » ajouta le garçon « Je vous promet de bien écouter tout ce que vous me direz, mais… je n'ai plus mes lunettes, alors je ne suis pas sûre de pouvoir tout saisir correctement. Ma vue est vraiment mauvaise » s'excusa t'il
Snape fronça les sourcils. Le garçon ne savait pas ce qu'il était advenu de ses lunettes… cela valait mieux. Inutile de lui rappeler à quel point sa famille était monstrueusement indigne…
Il sorti un objet de sa poche et le tendit au garçon qui plissa les yeux pour tenter de mieux le distinguer. Son visage s'éclaira.
« Vous les avez retrouvées ! » s'écria t il en posant les lunettes sur son nez, un grand sourire aux lèvres. C'était bon de voir à nouveau !
« En réalité, le directeur a pris la liberté de vous en faire commander de nouvelles. Les anciennes ont disparu, et celles ci d'adapteront automatiquement à votre vue »
Le garçon sourit en hochant la tête.
« Effectivement, je crois que je peux voir la différence. C'est étrange, quand je suis sous ma forme animagus, ma vue est bien meilleure, j'avais presque oublié à quel point elle était mauvaise en réalité ! »
« Les chats voient beaucoup mieux que nous. Tu ne voies sans doute pas bien pour un chat, mais cela reste très convenable pour un humain. » expliqua le professeur. « Pouvons nous commencer ? »
Le garçon lui répondit d'un signe de tête.
« Bien. Inutile de présenter le laboratoire, je présume ? » fit Snape ironiquement tandis que le garçon regardait autour de lui, visiblement gêné. Oui, c'était inutile…
« En temps normal, j'en aurais interdit l'accès, mais je suppose que ce ne sera pas nécessaire. Tu pourras donc y venir tant que tu ne touches à rien, comme tu en as je pense l'habitude… »
Harry s'éclaircit la voix mais ne répondit pas.
Snape ouvrit la lourde porte en bois et le garçon le suivit. Ils gravirent un escalier en pierre qui donnait directement sur un large couloir. Le maître des potions fit un geste vers la première porte :
« Ma chambre. En cas d'urgence, tu ne dois pas hésiter à me déranger, mais mes quartiers restent fermés le reste du temps, que cela soit clair. »
Harry hocha la tête. L'idée de rôder dans la chambre du tyrannique professeur de potions avait quelque chose d'à la fois terrifiant et grandiose…
Mais le maître des potions était déjà reparti, indiquant la porte qui faisait face à la dernière, de l'autre côté du couloir.
« Tu t'installeras ici. » Il ouvrit la porte.
Curieux, Harry fit quelques pas et se retrouva dans une chambre meublée sobrement, la fenêtre aux rideaux grands ouverts donnant sur le parc. Le lit était fait et sa malle l'attendait dans un coin de la pièce ; il pu également voir que du papier et quelques livres avaient été disposés sur le bureau. Snape avait il préparé la chambre pour lui ? L'idée était étrangement… réconfortante et embarrassante à la fois. Il nota une seconde porte au fond de la pièce. Le professeur répondit à sa question avant qu'il aie le temps de la formuler.
« Il y a une salle de bain attenante. En cas de besoin, la buanderie est la porte à côté. »
Sans perdre plus de temps, le professeur ressorti. Harry quitta a regret la chambre ; il n'avait encore jamais eu l'occasion d'occuper une pièce aussi spacieuse et confortable… et il lui tardait vraiment de pouvoir se laver.
Snape poursuivit la visite par le salon, la salle à manger, la bibliothèque, pour finir par la porte d'entrée que, paradoxalement, il n'avait pas encore eu l'occasion de franchir.
« Bien. Tu connais déjà le parc, je pense. Des questions ? » fit Snape
« hum, oui… si ce n'est pas indiscret, y a t il des elfes de maison au manoir ? »
Les lèvres du professeur se pincèrent.
« Certainement pas. »
Harry se demanda un instant si Hermione n'avait pas trouvé un nouveau membre pour le S.A.L.E, mais Snape eut vite fait de lui ôter ses illusions.
« Vous m'en voyez désolé, Potter, mais vous serez contraint de nettoyer votre chambre vous même et de subir ma cuisine. »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire » se défendit Harry « C'est juste… le Manoir m'a fait penser à Grimmauld Place ou, je ne sais pas, au Manoir Malfoy. J'imagine qu'il doit être difficile à entretenir… »
Le professeur de potions se détendit légèrement.
« L'exemple de Grimmauld Place et de votre ami Dobby devrait suffire à vous convaincre que ces créatures ne sont pas fiables. Un espion ne peut certainement pas se permettre de prendre ce genre de risque. » répondit il plus calmement
Le souvenir de Kreattur et de Sirius frappa Harry de plein fouet et il senti la colère monter en lui. Oh oui, il comprenait parfaitement le maître des potions…
« D'autre part, » poursuivit celui-ci, « le Manoir est une construction récente, contrairement à celles que tu as citées. Ce n'est pas une demeure familiale. »
Cette dernière remarque éveilla la curiosité d'Harry mais il n'osa pas poser de question. Il ne tenait pas à s'aliéner Snape en était indiscret…
« Autre chose ? » demanda le professeur
« Non, ça ira. Merci. » répondit le garçon.
« Bien. Le repas sera prêt dans deux heures, dans la salle à manger. En cas de besoin, je serais dans le laboratoire. » D'un geste de la main, il indiqua au garçon qu'il avait quartier libre, avant de se diriger à nouveau vers l'escalier en pierre.
Harry se sentit étrangement frustré en voyant le professeur se diriger vers le donjon. Oui, il avait envie d'une bonne douche et appréciait particulièrement la chambre… mais toute cette partie du manoir lui était inconnue et il s'y sentait légèrement mal à l'aise. On aurait dit que ces pièces étaient rarement utilisées, et encore moins habitées. Il aurait préféré redescendre lui aussi au laboratoire...
A y bien réfléchir, il ne se souvenait quasiment pas d'avoir vu Snape quitter le donjon pendant les semaines qu'il avait passées ici. Il ne montait que pour dormir et mangeait rarement, toujours sur le pouce, dans le laboratoire.
Pourquoi donc Snape habitait il cet endroit s'il n'en avait pas hérité ? Car c'était bien ce qu'il avait semblé vouloir dire… le Manoir n'était pas si grand qu'il avait pensé en tant que chat, mais il était bien suffisant pour loger confortablement une famille nombreuse. Le maître des potions n'avait pas jugé utile de lui indiquer ce qu'il se cachait derrière certaines portes, et il ne doutait pas que beaucoup de pièces étaient en réalité vides.
Mais pour l'heure, il se sentait fourbu et vraiment sale ; il se glissa avec délice sous le jet d'eau chaude dans la petite salle de bain.
Avec précaution, il tâta son bras à la recherche de la fracture. Il n'eut pas de mal à la trouver : près de son épaule, l'os avait pris un angle bizarre…
Il grimaça. Il aurait du s'en rendre compte plus tôt…
Peu importe. Snape allait s'en occuper.
L'eau chaude qui coulait sur lui relaxait ses muscles et le rendait étrangement somnolent… les émotions de la journée l'avaient épuisé, tout autant que les transformations. Même si elles lui paraissaient à présent moins éprouvantes, il lui semblait qu'elles le vidaient rapidement de son énergie, en particulier quand elles étaient provoquées par la magie.
Il ferma les yeux et s'abandonna à la sensation de chaleur. Il aurait voulu être sur le fauteuil, roulé en boule près du feu, en bas… avant qu'il aie eut le temps de réagir, il se senti subitement rétrécir et changer.
Oh non, non, il ne devait pas, pas maintenant ! Il ouvrit grand ses yeux dans une tentative désespérée d'arrêter la transformation. En vain.
L'instant d'après, un chat noir passablement misérable s'échappait de la salle de bain, le poil trempé et la queue basse.
Bien, d'accord, il commençait à entrevoir le fonctionnement des transformations en animagus. Et maintenant, il souhaitait vraiment, vraiment se retransformer en humain avant que Snape ne s'en aperçoive et ne lui crie dessus ! Il ne pouvait tout de même pas retirer des points à Gryffondor pendant les vacances, si ?
Il tenta de toutes sa volonté de se projeter dans sa forme originelle, mais dix minutes plus tard, c'était toujours un chat noir dégoulinant qui inondait le tapis de la chambre.
Et en plus, il commençait vraiment à avoir froid.
Il soupira. Mieux valait aller au devant de Snape que de lui laisser la surprise au moment du dîner…
Encore heureux, songea t il, que la porte du laboratoire soit située en bas de l'escalier. Mais bon sang, qu'il détestait descendre des marches !
Arrivé en bas, il entreprit de miauler faiblement… il ne s'agissait pas de faire sursauter le maître des potions en pleine préparation.
Quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit sur un Snape au regard passablement résigné.
« Je suppose que j'aurai du m'en douter » dit il en s'effaçant pour lui laisser le passage.
« je ne peux donc pas vous laisser cinq minutes sans que vous trouviez le moyen de vous mettre dans une situation impossible ? »
Le chat le regarda avec un air mi-contrit mi-défiant. Après tout, ce n'était pas lui qui s'était retrouvé prisonnier à une stupide réunion de mangemorts. En comparaison, se trouver momentanément piégé dans sa forme de chat ne lui semblait pas dramatique !
A moins que ? La douche. Il était sous la douche quand il s'était transformé. Et ses vêtements, eux, étaient définitivement restés sur le porte manteau...
Oh, Merlin.
Snape regarda le chat qui tremblait légèrement, ses yeux grands ouverts. Il semblait épuisé et lui rappelait terriblement le Shadow des premiers jours…
Mais il ne devait pas oublier qu'il avait devant lui un adolescent, et un adolescent qui à en croire l'aspect du chat s'était subitement métamorphosé sous la douche. Secouant la tête, il jeta une serviette sur le deuxième fauteuil, saisi le chat et le déposa dessus sans autre forme de procès.
« Prêt, Shadow, stupide chat de gouttière ? »
Tous les deux sursautèrent. Non, le professeur n'avait pas voulu utiliser ce nom… il lui avait échappé, et il le regrettait déjà. Appeler le garçon par son prénom était une chose, mais revenir sur ce nom ridicule qu'il lui avait attribué…
Il grogna. Trêve de stupidités.
« Animagus révelio ! »
Au visage du garçon qui se retrouva assis dans le fauteuil et se saisi maladroitement de la serviette, il était clair que l'usage de son nom de chat l'avait également ébranlé. Il lui rappelait subitement pourquoi ce deuxième fauteuil se trouvait là, la façon dont il aimait se tenir contre l'épaule de Snape, et…
La serviette. Ils l'avaient déja utilisée auparavant... Il leva les yeux vers Snape et su immédiatement qu'ils pensaient à la même chose. La douche sous la gouttière, le séchage sur les genoux du professeur…
« Potter, si vous osez ne serait-ce que songer à dire un seul mot, je jure de vous jeter la tête la première dans la cheminée sans poudre de cheminette ! » glapi Snape
Harry émit un petit son étranglé, avant de se lever précipitamment du fauteuil.
« Et allez vous brosser les dents, votre haleine empeste la sardine ! »
Le garçon ne se le fit pas dire deux fois et sorti en trombe du laboratoire, grimpant les marches deux par deux, maintenant fermement la serviette sur ses hanches.
Oh, bon sang. Oh, Merlin. Il n'allait jamais pouvoir regarder le professeur en face. Se retrouver sur les genoux de Snape qui le frottait gentiment dans une serviette pour le sécher… et il s'était mis à ronronner, il en était presque sûr.
Il allait s'enfermer dans sa chambre et faire mine de dormir quand Snape l'appellerait pour manger. S'il l'appelait un jour.
Evidement, il aurait pu en rire… mais d'une part, il était évidemment que le maître des potions ne trouvait pas l'épisode particulièrement comique, d'autre part…
il devait reconnaître que, sur le moment, il n'avait pas trouvé cela désagréable, loin de là.
Des main qui le frictionnaient gentiment avec une serviette douce pour le sécher, il avait eu l'impression d'être… quoi, au juste ?
Un enfant qu'on sécherait gentiment à la sortie du bain. Oui, c'était exactement cela. Mais cela ne lui était jamais réellement arrivé, n'est ce pas ? pas avant Snape.
Merlin. C'était encore pire que ce qu'il croyait. Il ouvrit sa malle et chercha fébrilement des vêtements propres. Il jeta rapidement les habits mouillés dans le panier de la salle de bain et se jeta sur le lit, épuisé. Si seulement il pouvait disparaître sous les couvertures et se faire oublier aux yeux du monde…
Si seulement il pouvait être juste un chat, qui se laisse sécher et porter…
Sur ces considérations, le sommeil le gagna et il s'endormi la tête enfouie dans les coussins.
Rêvant de chats et de potions…
Quelque part dans ce rêve, il entendit des coups sourds, et peut-être quelqu'un qui l'appelait par son prénom… ce n'était pas Ron, la voix était masculine mais plus grave… son père, peut-être… mais il ne connaissait pas sa voix, et celle-ci était familière… non, pas exactement familière…
Il senti une main sur son épaule le secouer doucement et il se réveilla en sursaut.
« Harry ? Tout va bien ? »
Snape. Il fallu un instant au garçon pour se rappeler de l'endroit où il se trouvait, ce qu'il faisait ici…
« Je suis désolé. » fit il automatiquement.
« Je n'arrivais pas à te réveiller » expliqua le professeur. Il semblait inquiet … voilà ce qui n'était pas familier dans sa voix, se dit Harry.
« Je suis désolé » répéta t il, mais il le pensait cette fois. « Je me suis endormi, je crois que je n'ai pas vraiment entendu quand vous m'avez appelé.»
Snape hocha la tête.
« La journée a été éprouvante. Si tu te sens prêt, le dîner est servi. »
Le maître des potions le regarda se mettre debout lentement, un reste d'inquiétude dans les yeux. Le garçon était faible, il ferait mieux d'attendre le lendemain pour s'occuper de son bras…
Lui-même aurait les idées plus claires pour pratiquer cette intervention délicate. C'était une bonne chose que le garçon soit fatigué, lui-même mourait d'envie de dormir et il se sentirait plus rassuré s'il savait le garçon profondément endormi.
Le dîner se passa en silence. A la surprise d'Harry, le repas était vraiment bon… évidemment, pour un maître des potions, cela n'aurait pas du le surprendre. Il ne l'avait cependant jamais vu cuisiner avant dans le donjon… sans doute par manque de temps. Il se sentit soudain légèrement coupable.
« Professeur… si cela ne vous dérange pas, je pourrais m'occuper des repas. Je sais cuisiner correctement » ajouta t il
Snape fronça les sourcils
« Ma cuisine ne vous convient pas, Potter ? »
« Si, bien sûr que si ! » s'empressa de répondre le garçon. « Je n'ai pas aussi bien mangé depuis le début des vacances, sincèrement ! C'est juste que… je pensais que vous aviez autre chose à faire. Et je ne me débrouille vraiment pas trop mal, vous savez. »
Le professeur hocha la tête.
« Bien. Je suppose que nous pourront prendre des tours. Il n'y aura pas de réveil demain matin, je pense que nous avons tous deux également besoin de dormir. Tu pourras te charger du petit déjeuner si tu es le premier réveillé. Tu trouveras ce qu'il faut dans la cuisine. »
Harry hocha la tête et replongea dans son assiette. Il n'aurait pas intérêt de rater son premier repas… question d'honneur !
Quand ils eurent fini leur dîner, Harry s'attendit à ce que Snape veuille s'occuper de la fracture comme il en avait parlé, mais l'homme ne semblait plus en avoir l'intention.
D'un geste de sa baguette, il fit disparaître la vaisselle et se leva.
« As tu besoin de quelque chose avant de dormir ? Une potion ? » demanda t il au garçon
« Non, merci. Hum, pour mon bras… ? »
Snape pencha la tête.
« C'est à toi de voir. J'ai pensé que nous étions tous les deux suffisamment fatigués après cette journée et qu'il valait mieux remettre cela à demain, mais si tu souhaites que nous réglions ce problème ce soir, nous pouvons nous en occuper tout de suite. »
« Non » s'empressa de répondre le garçon, « je préfère aussi la première solution. Il ne me fait pas mal pour l'instant et je crois que j'ai eu assez d'émotions fortes pour la journée. »
Il hésita un instant.
« Je… je voulais vous remercier, pour tout ce que vous faites pour moi. Je sais que vous ne m'appréciez pas beaucoup et vraiment… enfin, je vous assure que je ferais de mon mieux pour ne pas vous déranger. Dites moi simplement ce que je dois faire. »
Snape le regarda d'un air étrange.
« Pour l'instant, dormir. Et dans un deuxième temps, apprendre à mieux maîtriser tes transformations et éviter les situations particulièrement dangereuses et stupides dans lesquelles tu te retrouves systématiquement. » répondit il « Que ce soit sous forme de chat ou humaine, je voudrais que tu te rappelles qu'il est hors de question de dépasser les limites du Manoir. Ce serait excessivement dangereux pour tout le monde. Le Manoir est surveillé de très près… »
« Je ne cherches pas les problèmes, ce sont eux qui me trouvent » se défendit le garçon. « Et je n'ai pas l'intention de quitter le Manoir, je… je suis bien ici. »
Harry se sentit rougir violemment.
Quand il leva les yeux, il vit que Snape le fixait de ses yeux noirs, son visage indéchiffrable.
« Tant mieux. Le Seigneur des Ténèbres ignore tes nouvelles capacités d'animagus, et cela doit continuer aussi longtemps que possible. De toute façon, la pratique des transformations et la préparation pour la rentrée à Poudlard devraient je pense suffire à occuper largement le reste des vacances. »
Harry grimaça. Au temps pour les vacances calmes au coin du feu… il aurait du s'en douter.
Snape se leva de sa chaise et le garçon l'imita. Tous deux se dirigèrent vers leurs chambres, leurs pas résonnant dans le grand couloir.
« Si tu n'as besoin de rien… tu trouveras dans la table de chevet des potions de Sommeil sans Rêve et d'autres contre la douleur. Leurs noms et usage sont marqués sur le flacon, n'hésite pas à t'en servir. Je serai dans ma chambre ou au laboratoire si tu as un problème. Un vrai problème. »conclu t il, fronçant les yeux pour le garçon.
Il n'avait pas l'intention d'être dérangé pour un verre d'eau ou une transformation intempestive, pas cette nuit.
Le garçon lui sourit, ses yeux verts plongés dans les siens. Les yeux de Lily, doux et déterminés…
« Je pense que ça ira. Je n'ai qu'une envie : dormir pendant les deux semaines à venir… Merci beaucoup, professeur. Vraiment. » fit Harry, sans rougir cette fois. Il devait vraiment faire savoir à l'homme à quel point il appréciait de pouvoir dormir en sécurité ici…
Snape hocha la tête.
« Bonne nuit. »
« Bonne nuit, professeur. »
Les deux portent se refermèrent sur leurs occupants et le silence se fit dans le Manoir.
Une partie d'Harry aurait voulu s'effondrer sur le lit et s'endormir là, dans ses vêtements, jusqu'à ce que le sommeil ne veuille plus de lui.
Mais c'était sa première nuit au Manoir… officiellement. Il se dirigea vers la fenêtre pour tirer les larges rideaux ; il ne voulait pas être réveillé par le soleil demain matin.
Il faisait nuit à présent, mais il pouvait discerner les silhouettes des arbres sous la lune.
Le parc… ce serait étrange de s'y promener sous sa forme normale.
Il tira les rideaux. Tout allait être étrange… et tant mieux si Snape l'était aussi. Cette première soirée ne s'était pas si mal passée, tout bien considéré, les échanges avaient été courtois dans l'ensemble. Et Snape l'avait appelé Shadow ! Il lui avait semblé que son cœur s'était arrêté de battre.
L'homme en noir pouvait il encore le considérer comme « son » chat ? Il ne semblait plus autant le détester… même si l'épisode de la serviette avait été particulièrement gênant.
Ils étaient rompus de fatigue ce soir. Demain les choses seraient encore différentes…
Harry fouilla la malle à la recherche de pyjamas. Sa main heurta un carton qu'il ne se souvenait pas d'avoir mis là : le coli des jumeaux… Il sourit : mieux valait attendre d'être à Poudlard pour ouvrir celui-ci ! Il doutait que le sens de l'humour de Snape aille jusqu'à apprécier ce genre de plaisanteries, il s'en fallait de beaucoup.
Avec un soupir d'aise, il se glissa sous les couvertures. Le lit était moelleux, confortable… définitivement une amélioration par rapport à sa chambre chez les Dursleys.
Il sentit son cœur se serrer. Non, il ne retournerai plus à Privet Drive.
Ils ne voulaient définitivement plus de lui… en réalité, ils souhaitaient clairement sa mort.
Tout ça à cause de Marge… vraiment ? Y était il pour quelque chose, avait il pu causer sa mort d'une façon ou d'une autre ?
Et Dumbledore n'avait pas eu l'air si positif concernant cette histoire avec le Ministère… peut-être devrait il revoir les Dursleys, après tout… mais Dumbledore ne les laisserait pas l'emmener et le donner à Voldemort, il en était sûr.
Mais s'il n'avait pas le choix ? Ce que le mage noir avait fait à Snape ne serait qu'une plaisanterie en comparaison de ce qu'il lui ferait s'il parvenait enfin à mettre la main sur lui. Il ne se contenterai sûrement pas de le tuer…
Snape… il avait l'avait rarement vu aussi fatigué que ce soir. Tous ses traits étaient tirés… et il avait remis la réparation de son bras à demain. Ce n'était pas dans ses habitudes… Il allait devoir recasser son bras. Ca n'allait sûrement pas être une partie de plaisir…
Le sommeil fini enfin par avoir raison de ses réflexion, et il sombra dans un rêve où Snape devait finalement lui recasser tous les os, et contrairement à ce qu'il avait annoncé, c'était douloureux. Vernon le tenait fermement, riant de son rire gras, et assurant à Snape qu'il fallait également lui briser le crâne, démonstration à l'appui.
Ce fut Voldemort qui eut le dernier mot en assurant que cruciatus aurait un bien meilleur effet et en le prouvant.
Finalement, Snape n'était plus d'accord pour qu'ils abîment son chat ; il allait mettre des poils partout et ruiner ses potions.
Vernon lui conseilla de le noyer, mais Snape ne voulait pas. Voldemort voulait aussi l'avoir, mais Snape s'entêtait… Finalement, le mage noir furieux décida de briser les os du professeur à la place.
Si Severus avait compté sur une bonne nuit de sommeil, il fut vite déçu. Il lui sembla qu'il venait à peine de s'endormir quand des cris de l'autre côté du couloir le réveillèrent.
Il jura tout bas ; Harry…
Baguette à la main, il s'élança hors de son lit et fut dans la chambre du garçon en quelques enjambées, prêt à faire face aux mangemorts ou pire, Voldemort en personne…
D'un geste de sa baguette, il ouvrit grand les rideaux et la lumière de la lune envahit la pièce.
Mais Harry était seul dans la chambre, et rien ne bougeait en dehors du garçon lui-même qui se débattait violemment dans son lit en hurlant.
Snape soupira ; un cauchemar. Il supposait qu'il ne pouvait pas lui tenir rigueur après la journée qu'il avait passé ; il aurait du plus insister sur la potion de Sommeil sans Rêve. Quoiqu'il en soit, le cauchemar devait être effrayant car le garçon semblait réellement souffrir.
« Harry, réveille toi » fit il doucement.
Le garçon gémit mais ne se réveilla pas.
« Harry ! C'est un rêve, tout va bien, tu es en sécurité ! »
A nouveau, pas de réaction. Le visage crispé, le garçon serra les dents dans son sommeil avant de pousser à nouveau un cri déchirant.
Cette fois Snape le saisit par l'épaule et le secoua aussi doucement qu'il pu. Bien lui en pris, car le garçon sursauta et se jeta littéralement hors de sa portée à l'autre bout du lit. Recroquevillé, les bras protégeant son visage, il ne regarda même pas l'homme qui se tenait à ses côtés.
« Pardon ! Pardon oncle Vernon, je n'ai pas fait exprès, je ne recommencerai pas, je suis désolé ! Pardon ! »
Snape secoua la tête… La voix pitoyable lui rappelait à quel point Harry était jeune. Après tout, il n'avait pas donné une leçon suffisante à ce maudit moldu…
« Harry, tout va bien, tu n'es plus à Privet Drive, tu es au Manoir Snape et tu ne risques rien. C'était un cauchemar. » fit il de la voix apaisante qu'il prenait pour Shadow
La respiration du garçon ne se calma pas, mais au moins cessa t il sa longue litanie d'excuse. Ou presque…
« Je suis désolé. » fit il d'une voix hésitante, a moitié consciente cette fois.
« Harry, s'il te plait, regarde moi. » fit le professeur de potions d'une voix ferme.
Lentement, le garçon baissa les bras et cligna des yeux.
« Je n'ai pas l'intention de te faire de mal. Je suis là pour te protéger, et personne ne pourra t'atteindre ici. Tout va bien. » Severus se sentait passablement ridicule, mais le garçon était réellement en détresse. Ses cauchemars étaient ils toujours aussi violents ?
Le garçon sembla reprendre conscience peu à peu, mais ses yeux restaient brouillés.
« Je suis désolé. Pour tout. »
« Désolé ? et pour quoi donc, Harry ? » demanda Snape, intrigué.
« Pour tous les morts. Pour ce que Voldemort vous a fait. Tout. » Sa voix était hachée et rauque. Proche des larmes, songea le maître des potions…
« Tu n'es pour rien dans la mort de ta tante, Harry. Ce n'est qu'une excuse terriblement malsaine et cruelle que ta famille a trouvé pour t'exclure… »
« Il n'y a pas qu'elle. Sirius, et mes parents… Cédric »
« Harry, tu ne peux pas te sentir responsable pour toutes les morts qui arrivent et arriveront encore autour de toi. Sirius et tes parents savaient ce qu'ils risquaient, ils ont tous faits des choix, tu ne peux pas leur faire l'affront de leur renier leur courage. Voldemort est la cause et l'origine de ces morts, et personne ne songerait jamais à te les reprocher. Il en va de même pour moi, j'ai choisi ma position et j'en ai accepté les risques. Tu n'es pour rien dans mes choix ni dans leurs conséquences. » dit calmement Snape
« Si je n'étais pas là… rien ne serait arrivé. »
« En effet. Il y aurait eu bien plus de morts, bien plus d'horreurs, et je serai probablement mort depuis bien longtemps en ce qui me concerne. Certaines choses étaient inévitables et horribles… mais cela ne veut pas dire qu'elles n'en valaient pas la peine, d'une certaine façon. »
Severus n'était pas sûr que le garçon comprenne, mais il devait essayer. Ce gamin ne pouvait pas vivre et se battre avec le poids d'une culpabilité aussi énorme.
« C'était ma faute quand même » fit le garçon dans un murmure. Sa respiration était plus calme à présent, mais il semblait à bout de forces.
« Et en quoi donc ? » interrogea Snape d'une voix douce
« Je porte malheur à ceux qui m'entourent. » répondit le garçon avec un sanglot dans la voix.
On y était donc songea le maître des potions. Que pouvait il répondre à cela ? Il se rapprocha du garçon qui ne tenta pas de s'enfuir cette fois.
« c'est ridicule, Harry. » fit il « Tu n'es pas responsable de tout ce qui arrive. »
Le garçon renifla.
« Les chats noirs portent malheur, tout le monde sait ça. » fit il d'une voix amère.
A la lumière de la lune, Snape pu voir les larmes couler sur les joues du garçon.
Le geste lui vint presque naturellement. La fatigue, songea t il plus tard…
Passant un bras autour des épaules du garçon, il se mit à lui caresser les cheveux comme il l'aurait fait avec Shadow.
« Je ne voudrais pas d'un chat d'une autre couleur » murmura t il
L'épuisement eut sans doute raison du garçon lui aussi, car l'instant d'après sa tête retombait sur la poitrine du professeur, et il sentit ses tremblements s'apaiser.
Quelques minutes plus tard, sa respiration se fit régulière et Snape sut qu'il s'était rendormi.
Que le diable l'emporte, il n'allait encore probablement pas dormir dans son lit cette nuit là.
Mais étrangement, il se sentait plus calme et apaisé qu'il ne l'avait été depuis longtemps, la main caressant les cheveux bruns du garçon endormi contre lui.
PS
Suite à une review de Calynounette : edit u chapitre, j'avais effectivement oublié un élément fondamental dans mon histoire : le fait qu'Harry s'était transformé sous la douche et donc... sans ses vetements! Désolée aux Slah Girls pour la fausse alerte, j'ai récupéré le coup comme j'ai pu, ce n'était pas prévu au programme en réalité, mon esprit chaste et pur ( oh eh on arrete de rigoler là derrière! ) avait zappé ça !
Quoiqu'il en soit, non non cette fic ne vire pas au slash, c'est un malheureux et tragique accident que nous allons tenter de camouffler à coup de serviette ( je savais bien qu'elle avait une raison d'etre là celle la!)
Merci à Caly pour sa très juste remarque, mea maxima culpa !
Et voila, pour la quantité, vous ne pourrez pas dire que je vous ai rasqués sur ce coup là ;-)
Pour la qualité, Grispoils m'a mis la pression, j'espère que ce chapitre vous conviendra...
Il aurait évidement pu être scindé en deux, mais vous l'aurez compris, je tenais à ce que le chapitre 13 se finisse sur la note du chat porte malheur ! en réalité l'idée m'est venu en voyant le numéro du chapitre... car oui j'avoue, si j'ai une idée générale de la suite de l'histoire, quelques passages déja ecrits par ci par la, je n'ai aucune idée de ce que je vais écrire ensuite depuis le chapitre 7.
Pas de panique hein, j'ai quand même un vague script et je sais où je vais !
Un gros merci à tous mes géniaux reviewers qui me donnent des idées au passage, et en particulier à Vendetta dont le commentaire sur Shadow in the Dark m'a fait mourir de rire ( et encore quand j'y repense !)
Un ptit ventilateur ?
Le prochain chapitre sera sur les rails ce soir, c'est promis, restez branchés ;-)
