Salut ^^
Voilà deux chapitres, j'espère qu'ils vous plairont ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !


Chapitre 13

« Zoey, réveilles-toi ! ».

Zoey ouvrit les yeux avec difficultés. Malgré sa grasse matinée, il lui fallait plusieurs heures de plus pour rattraper son sommeil. Voilà ce que ça coûte de passer ses nuits à s'apitoyer sur son sort, mais pouvait-elle vraiment s'en vouloir pour ça ?

La mère se pencha sur le lit de sa fille afin de pouvoir l'embrasser tendrement sur la joue. Personnellement, Zoey n'avait jamais apprécié que sa mère puisse rentrer dans sa chambre sans en demander l'autorisation. Mais qui était-elle pour lui en vouloir ? Elle ne faisait que montrer son amour envers sa fille chérie.

Avec sa coiffure alarmante, elle se redressa à son rythme, s'étira en miaulant et, rituel de chaque matin, elle jeta un coup d'oeil à son téléphone.

''Mince !''.

Elliot : Excuse-moi, je ne voulais pas te faire du tort. C'est juste que je veux te voir en bonne santé !

Elliot : Je suis désolé ! Ce n'était pas idiot de ta part. Ça m'a surpris, voilà tout.

Elliot : Ce silence est-il significateur de ta bouderie ?

Elliot : Le gratin dauphinois, c'est mon plat préféré.

Elliot : Fais de beaux rêves.

Zoey devrait avoir honte de l'avoir fait mariner toute la soirée. Ce ne fut malheureusement pas le cas, elle considérait qu'il devait prendre conscience qu'avoir toujours le dernier mot n'est pas forcément bénéfique. A-t-il tiré satisfaction maintenant ? Oh que non !

Pourtant, un doute plana en elle. Peut-être qu'il n'était pas question de satisfaction personnelle, mais plutôt d'ennui. Il ne voulait pas lui parler, voilà tout ! Ou alors c'était son fichu caractère qui avait pris le dessus. Et puis, elle, elle avait pris la peine d'obtenir des informations concernant ses goûts, mais qu'en est-il de lui ?

''Je suis persuadé qu'il n'en a rien à faire de savoir quel est mon plat préféré...''.

Tant pis, elle avisera une réponse au café. Pour entamer cette nouvelle journée, Zoey décida de porter une jolie robe noir, cintré au niveau de la taille, marquant bien ses formes comme elle l'aimait.

Il fallait bien l'avouer, porter une robe n'a que pour but d'attirer son attention, c'est à la fois malsain et amusant. Zoey ne put retenir un rire.

Le soir même, elle arriva volontairement en retard au café – pour provoquer son patron. Elle se faufila par la porte donnant vers la cuisine et non pas par la porte principale. Elle tourna sa tête de gauche à droite question de ne pas croiser Corina, mais ne se dépêcha pas de rejoindre les vestiaires. Elle prit tout son temps pour rejoindre cette pièce, augmentant ses chances de croiser un Elliot qu'elle veut mettre en colère. Après avoir déboutonné son manteau avec grâce, elle avança à petites enjambées, telle une top-modèle sur un podium.

Comme à son habitude, Elliot s'appuyait contre le mur, une jambe relevée et le regard inspecteur vers la salle principale. Il s'arrêta sur Zoey, qui passa devant lui la tête haute, en le saluant seulement.

« Bonjour.

-Salut, tu es en retard Zoey !

-Mon patron m'enverra balader, ne t'en fait pas pour ça, cracha-t-elle, fière d'elle et de sa soudaine prise de pouvoir – elle avait l'avantage ! ».

Il se redressa subitement, surpris par autant de répartie, et rattrapa le chaton par l'épaule.

« Zoey, Zoey, Zoey, débuta-t-il avec une tonalité redescendant à chaque fois qu'il prononçait son prénom ».

Elliot usa de sa force pour la faire pivoter. D'un geste, il l'a fit virevolter jusqu'à ce qu'elle lui fasse face. Il lui caressa la joue avant de saisir son menton, qu'il releva avec douceur afin de partager ce regard.

« Excuse-moi, je ne voulais vraiment pas te faire de la peine.

-Elliot, lâcha-t-elle en poussant la main saisissante du blond. Ça ferait de la peine à n'importe qui ! C'est une question de respect.

-Tu sais très bien que tu possèdes mon respect le plus total, c'est juste que... Je ne mérite pas cette attention... et je tiens à ta santé ! »

Elle secoua la tête d'exaspération. Elle ne doutait pas sur sa sincérité quand il affirmait vouloir la voir manger... Il veut tellement de choses, pourquoi se prend-t-il toujours la tête ?

« T'exagères !

-Non, vraiment ! Je veux voir une Zoey belle et épanouie, en bonne santé et sûre d'elle.

-Toi aussi, tu dois être en bonne santé, pourtant tu ne dormais pas hier !

-Toi non plus ! ».

Pourquoi possédait-il cette manie de toujours détourner l'attention que l'on lui apportait ? Détestait-il vraiment que les gens s'inquiètent pour lui ? La question qu'il fallait se poser était plutôt : se détestait-il à ce point pour ne pas se considérer comme important ?

« Et pourquoi ne mérites-tu pas cette attention ? T'es un être humain non ?

-Quoi qu'il en soit, continua-t-il pour changer de sujet, je suis désolé. Je tiens à toi ! ».

Il regretta à la milli-seconde qui suivit d'avoir souffler ces paroles, ô combien vraies ! Pourtant, il se comporta comme-ci cette révélation n'avait aucune répercussion. De toute façon, la réaction de Zoey face à ses mots fut tout ce qu'il y avait de plus normal, soit aucune réaction. Elle n'était pas réceptive ou alors elle faisait semblant de ne pas l'être. Voulant la faire réagir (même un petit peu), il continua dans sa lancée :

« Tu es jolie dans cette robe, pourquoi tu ne te maquilles plus comme avant ?

-Je me maquillerai quand tu seras prêt à accepter de te partager oralement avec les autres, quand tu t'habitueras à recevoir toute l'attention qu'il te doit d'être portée. Maintenant, laisse-moi me changer pour bosser ».

Quelle mégère ! Il fallait qu'elle prenne exemple sur sa mère, qui devait, à chaque dispute, tout ramener à ses propres envies et le faire comprendre à son interlocuteur de façon détournée. En l'occurrence, ici ce n'était pas du tout détourné, mais franche.

Elle s'écarta fière d'être aussi bonne manipulatrice, et décida de lui faire un scandale à la fermeture, juste pour pimenter un peu les choses. Il faut dire qu'après toutes ses aventures, ils n'ont réellement eu une altercation comme ils avaient l'habitude d'avoir. C'est un jeu qu'elle prenait plaisir à jouer.

Il est tard, le café est fermé. Après avoir fini de faire briller ce charmant café en forme de pièces montées, Zoey se changea puis partit à la recherche de ses patrons, pour leur souhaiter bonne soirée.

Elliot se trouvait avec Wesley dans le laboratoire, chacun rivé sur un écran différent, elle les interrompit un moment.

« Bonne soirée les garçons ! ».

Ils se tournèrent tout les deux en même temps. Elliot, anxieux de voir Zoey, haussa les sourcils et passa ses deux mains derrière la tête. Il maintenait cette figure plusieurs secondes, attendant un commentaire de la part de Zoey, qui risquait d'ici quelques temps de lancer une remarque. Wesley, quant à lui, souri affectueusement à son employée :

« À toi aussi », s'empressa Wesley.

Il se retourna et continua de pianoter son clavier d'ordinateur. Ce bruit sert alors de fond, couvrant le silence.

« Zoey ! », appela le blondinet.

Ça y est, voilà ce qu'attendait Zoey : une confrontation.

« Elliot ! s'esclaffa-t-elle malicieusement.

-Tu me fais toujours la tête ?

-Ça se voit tant que ça ? minauda-t-elle avec un ton blagueur, qui ce voulait ironique.

-Ecoute...

-Non, toi tu écoutes ».

Le clapotement des touches de clavier cessa alors. Wesley se figea, priant pour qu'aucun conflit n'éclate entre eux. Il n'était pas d'humeur à jouer l'arbitre, à assumer ça et l'humeur future d'Elliot. Chaque soir au dîner c'est un vent glacial qui passe entre eux, Elliot refuse toute forme de communication avec lui, alors il fallait absolument que Zoey n'aggrave pas cette situation. Il jeta un coup d'oeil à son camarade, toujours de dos à Zoey.

« J'ai pris la peine de m'intéresser à toi, poursuivit Zoey, et je l'ai fais de mon propre gré, avec mon cœur ! Et Monsieur Grant m'envoie sur les roses, s'inquiétant pour ma santé au lieu de la sienne. Aime-toi avant d'aimer les autres. Si tu avais une once d'empathie pour les gens qui t'entourent, ait le respect de les considérer à leurs justes valeurs ! ».

C'était venu sans qu'il s'y attende. Le sujet dont aucun n'avait l'idée d'aborder jusque là avait surpris Elliot et Wesley. Elle devait vraiment garder ça enfouit en elle depuis un long moment pour qu'elle sorte ça, hors contexte.

« Parce que je ne te considère pas à ta juste valeur ?

-Non ! Tu ne m'as même pas demandé quel était mon plat préféré, juste pour entamer la conversation ».

Voilà maintenant qu'elle passait d'un sujet à l'autre. Ses pensées sont tellement incohérentes, on peut ressentir que la fatigue lui porte préjudice. Là voilà faisant référence à leurs échanges de la veille. C'est ça qui l'avait mise en rogne, se questionna intérieurement Elliot ? Elle avait seulement ressentit une mise à l'écart ? Injustifiée soit dit en passant.

Sans le savoir, Zoey s'était lancée dans la gueule du loup, elle avait tendu la perche à Elliot puisqu'à son plus grand malheur (enfin, juste pour maintenant), il savait beaucoup de choses sur elle, dont son plat favori. Il profita alors de l'occasion pour l'abasourdir :

« Les sushis ! ».

Et mince, finalement, c'est lui qui avait l'avantage sur elle. ''Evidemment !'' puisqu'il connaît ses goûts, il est amoureux d'elle depuis des années. Ne sachant où se mettre, elle expira bruyamment en penchant sa tête en arrière, comme ci ce soufflement pouvait faire s'envoler ce qu'il vient de se passer. Elle passa ses mains sur son visage comme pour y nettoyer quelques imperfections. Sa peau rougit légèrement, lui donnant un côté petite fille, qui plaît et envahit Elliot d'une vague d'excitation. Il afficha un sourire pervers, avec une expression héroïque : il sait d'elle ce que peu de gens retiennent. Chaque détails qu'elle a évoqué même qu'une seule fois dans sa vie n'échappe pas au radar Grant. Il s'accouda en arrière sur sa table puis entama :

« Je sais que tu aimes te brosser les dents avec du dentifrice à la fraise, que tu es fan de sport de combat avec ton père, même si lui préfère les films alors que toi, ce n'est pas ta tasse de thé. Je sais que tu rêverais d'aller en Tunisie, que tu aimes les romans d'Agatha Christie, que tu détestes la mayonnaise, qu'à chaque bonne émotion l'envie te prend de manger du fromage de chèvre sur un toast grillé, que tu es passionné par les abeilles, que tu...

-T'es cinglé mon vieux ! Comment tu sais ça ?

-J'ai une bonne mémoire, se défendit-il. Je retiens ce que chacune de vous me dites, même si certains, voire beaucoup de détails me passent au dessus de la tête ».

Wesley et Zoey restèrent sans voix, chacun impressionné. L'un par sa bonne mémoire, l'autre par son savoir sur elle. Evidemment, encore sous le choc, Zoey se rendit cependant compte qu'elle ne pouvait établir une liste sur des faits qu'Elliot a l'habitude de réaliser ou d'aimer, dû moins pas autant. Déjà qu'il a fallu qu'elle le coupe dans son monologue. Il doit être vraiment fou d'elle et le fait qu'il se justifie en disant qu'il en était de même pour les autres Mew-Mew devait être un demi-mensonge... Quoi que, avec son Q.I de 180... Peu importe, là n'est pas la question, il en sait plus qu'il devrait.

« Mouais !

-Je ne voulais pas t'effrayer ! ».

Finalement, elle décida de rentrer dans ce jeu là.

« Tu sais ce que je sais de toi ?

-Partage !

-Que tu n'as pas eu d'adolescence, que tu fais tout ce qui est en ton pouvoir pour finir le projet, que tu t'en voudrais toute ta vie s'il nous arrivait quelque chose, aux filles et moi... C'est triste de savoir qu'aucune de nous te connaissent comme toi tu nous connaît. J'en ai presque honte !

-Il n'y a rien à savoir sur moi, je ne sors que rarement, et ma vie n'est pas une multitude d'évènements.

-Tu m'as dit aimer le surf, les voitures, le parachutisme, et le gratin dauphinois ! Il y a bien des choses que tu puisses me dire sur toi. Tu communiques avec chacune de nous de façon différente. Estelle et toi partagez beaucoup vos opinions, même si vous le faites en privée. Avec Bridget tu te comportes comme un grand frère protecteur, avec Kikki tu partages tes goûters puis avec Corina vous vous balancez des sarcasmes à mon sujet. Avec moi, tu étais ignoble, même si je comprend mieux pourquoi maintenant ».

Faisait-elle exprès ? Elliot contenait sa rage, elle avait énormément de culot pour mettre sur le tapis sa personnalité, dont il avait aucun contrôle. Enfin, ça c'est ce dont il se convainquait, au fond de lui il savait que c'était seulement qu'une excuse pour se justifier. Et puis, qu'avait-elle compris ? Comprenait-elle que c'est son amour pour elle qui lui dictait de son comporter comme un goujat envers elle ? Pfff, de toute façon c'est la réelle raison de ce comportement. À quoi bon se voiler la face ?

« Tout ça pour dire que chacune de nous connaît qu'une parcelle différente de toi, poursuivit Zoey. On aimerait faire connaissance avec Elliot Grant, pas avec des personnalités différentes de sa personne.

-Excuse-moi si j'ai refusé de vivre mon adolescence, répondit-il sarcastiquement, voulant la rendre responsable de son malheur.

-Pourquoi tu as refusé ?

-Le projet, et pleins de problèmes !

-Cool, on va en parler ! Ce week-end ça te dit ? ».

Sans vraiment faire attention, Zoey se trouva face à ses patrons, à même pas deux mètres. Au fils des paroles échangées elle avait avancé de quelques pas. Elliot quant à lui se tenait le visage avec ses mains, les coudes reposant sur ses genoux, il était exaspéré.

« Hors de question !

-Tu veux que je me confie à toi mais l'inverse est impensable ?

-Ce n'est pas impensable, c'est juste difficile. Bon, tu devrais partir, on a du boulot ».

Elliot fit activement volte-face et continua ses calculs pendant que Wesley et Zoey le regardèrent, perplexes, étonnés et frustrés.

Elliot les ignora pour qu'elle ne puisse plus avoir affaire avec lui. Sa curiosité surpassait l'entendement ! Ça le mettait plus que mal à l'aise, ne se sentant pas dans son élément. Il allait de soi que son but n'était pas de lui faire du mal, mais ça Zoey était persuadé du contraire.

Cette dernière sortit en sanglots sans omettre du plus profond de ses entrailles un gros mot destiné au blondinet arrogant. Elle se sentait blessée.

Wesley ajouta son grain de sel, et expliqua gentiment et avec sagesse à son collègue qu'il a réagit de façon exécrable.

« Il va falloir te faire pardonner, tu l'a presque anéantie en une seule phrase !

-Wesley ce n'est pas le moment !

-Arrange ça. Tu sembles oublier qu'elle peut t'en vouloir à vie ! Elle est sortie en pleurant ».

Il se figea quelques instant avec cette image en tête, de sa belle et tendre, en sanglots, déjà rongée par la fatigue et par son manque de nourriture. Aucun des deux n'a pu fermer l'oeil de la nuit.