\\ AVERTISSEMENT : CONTENU EXPLICITE /
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Le lendemain midi, Michael passa les portes de l'hôpital à l'improviste. Parce qu'elle était rentrée tard la veille et parce qu'il était parti tôt ce matin, il ne l'avait pas assez vue à son goût et il traversait le hall avec l'espoir de pouvoir passer ne serait-ce qu'une petite heure avec Sara.
Il avait presque atteint le bureau d'accueil quand il entendit quelqu'un l'appeler. Il s'arrêta et se tourna pour voir Carrie arriver vers lui avec un grand sourire.
- Vous vous souvenez de moi ? demanda-t-elle alors que Michael la regardait en fronçant légèrement les sourcils. On s'est parlés à la soirée du chef Winston.
- Ah oui ! Je me souviens. Vous êtes Carrie, c'est ça ? se rappela-t-il.
Elle hocha la tête.
- Je suis désolé mais j'ai rencontré tellement de nouvelles personnes ce soir-là !
- Oui, je comprends, y pas de mal, le pardonna-t-elle. Qu'est-ce que vous faites ici ? demanda-t-elle ensuite bien qu'elle pût aisément le deviner. Vous n'êtes pas malade au moins ? fit-elle mine de s'inquiéter.
- Non, non, je… je venais voir… Sara.
- Oh, mais vous venez de la manquer, se désola hypocritement Carrie. Je crois qu'elle est sortie déjeuner. Je viens de la voir partir avec un homme qui est passé la prendre. C'était prévu que vous déjeuniez ensemble ?
- Euh… non. Et bien c'est pas grave, ce sera pour une prochaine fois, se résigna Michael.
Et il se retint de toutes ses forces de demander à Carrie si elle savait qui était l'homme en question. Parce que même s'il mourait d'envie de savoir avec qui Sara était sortie déjeuner, il voulait avant tout démontrer la confiance aveugle qu'il lui faisait et il n'avait pas envie de laisser transparaître la moindre once de jalousie devant Carrie qui, il en avait l'intime conviction, n'attendait que ça. Mais il eut en revanche un peu de mal à cacher sa déception de ne pas pouvoir voir Sara et, bien qu'il fût imperceptible à l'œil nu, Carrie affichait un sourire satisfait.
Michael était sur le point de quitter l'hôpital lorsqu'il entendit une nouvelle voix l'appeler. Cette fois il esquissa un sourire en reconnaissant celle de Lizzie. Il se retourna et la vit s'approcher de lui.
- Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle.
- Je venais juste voir si Sara avait le temps de déjeuner avec moi mais Carrie vient de me dire qu'elle était déjà sortie.
- Ah oui, son père l'a appelée ce matin. Apparemment il avait un rendez-vous d'annulé alors il avait un peu de temps libre ce midi et il voulait déjeuner avec elle. Et avec Frank, ça sonne toujours plus comme un ordre que comme une invitation, tu sais !
- Elle est sortie déjeuner avec son père, répéta Michael avec un soulagement manifeste.
- Bah oui ! Pourquoi ? C'est pas ce que Carrie t'a dit ?
- Non, enfin elle m'a juste dit qu'elle avait vu Sara partir avec un homme, elle a pas précisé que c'était son père.
- Non mais je rêve ! s'indigna Lizzie. Dans le genre fouteuse de merde, on a pas encore trouvé mieux !
- Elle savait peut-être pas qui était…
- Ola, je t'arrête tout de suite Michael ! le coupa Lizzie. C'est gentil à toi de vouloir voir une part de bonté en chacun mais avec Carrie, c'est peine perdue. Elle connaît très bien le gouverneur et si elle t'a pas dit que c'était lui qui est venu chercher Sara tout à l'heure, c'était purement intentionnel ! Fais-moi plaisir, n'écoute rien, mais alors RIEN de ce que Carrie pourrait te dire, surtout si ça concerne Sara, ok ?
Lizzie avait l'air très sérieux et son regard se faisait presque menaçant.
- Euh… oui, d'accord, lui promit Michael.
- Bon, faut que j'y aille, reprit-elle en commençant à s'éloigner. Je suis pas encore en pause moi.
Elle avait déjà fait plusieurs pas quand elle se retourna brusquement vers Michael.
- Eh, au fait… j'espère que tu m'en veux pas pour ce soir ? lui demanda-t-elle.
Michael resta perplexe.
- Pourquoi je devrais t'en vouloir ? s'étonna-t-il.
- Bah… là tu peux pas déjeuner avec Sara et…comme elle sort avec moi ce soir, tu vas pas pouvoir dîner avec elle non plus !
- Ah oui, se souvint Michael. Donc il est évident que je te déteste, en effet ! déclara-t-il avant de lui adresser un petit clin d'œil.
Lizzie rigola puis elle lui fit un signe de la main pour lui dire au revoir avant de reprendre sa route vers les ascenseurs.
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Frank Tancredi refusa d'un geste de la main le menu que lui tendait le serveur.
- Mettez-nous deux plats du jour et faites en sorte que nous soyons servis rapidement, nous n'avons que peu de temps, déclara-t-il.
- Bien Monsieur, répondit le serveur avant de pivoter pour repartir en cuisines.
- Tu fais la tête ? demanda-t-il ensuite à Sara qui était assise en face de lui.
- Non, non, marmonna-t-elle.
- Il faut le dire si ça t'ennuie de déjeuner avec moi !
Sara poussa un soupir et se redressa sur sa chaise.
- C'est pas de déjeuner avec toi qui m'ennuie, c'est la façon dont tu décides ça. Tout à coup t'as un trou dans ton emploi du temps, alors tu te dis que c'est une bonne occasion de déjeuner avec ta fille, tu m'appelles à la dernière minute et, de la manière dont tu tournes ça, je sais pas, c'est comme si je passais pour une fille indigne si j'acceptais pas. Sauf que je suis pas à ta disposition.
- Tu avais d'autres choses de prévues ?
- Mais non, c'est pas ça le problème. C'est juste que… comme toujours, je passe après ton boulot. Tu prends pas le temps de passer un moment avec moi. Le temps tu le trouves que si tes rendez-vous professionnels ne se font plus.
- Sara, on va pas revenir là-dessus ! Tu sais que j'occupe une fonction qui ne me laisse que très peu de temps à moi.
- Oui, oui, je sais, je sais, marmonna Sara en passant son regard à travers la fenêtre du restaurant. Elle a bon dos ta fonction.
- Écoute, je t'ai pas proposé de venir déjeuner avec moi pour qu'on se dispute Sara ! s'impatienta Frank.
- Non, ça je me doute. Et j'ai pas l'impression non plus que ce soit pour me parler de la pluie et du beau temps. Alors je t'écoute… qu'est-ce que t'as à me demander ?
Frank resta interdit. En effet, il avait quelque chose à lui demander. Mais s'il ne voulait pas que Sara se sente une fois de plus à sa disposition, il avait plutôt intérêt à la jouer fine.
- Et bien je veux savoir si tu vas bien ? demanda-t-il. Le boulot, tout ça, ça se passe bien ?
- Oui, tout va très bien, mais viens-en à la vraie question s'il te plait.
- Bon, se résigna Frank. Samedi en huit, je donne une réception à la maison pour célébrer la fin de mon mandat avant de débuter la campagne pour ma réélection. Il y aura mes plus proches amis et collaborateurs, et évidemment, ça me ferait plaisir que tu sois également présente et… euh… comment dire…, hésita-t-il en défroissant nerveusement la nappe de la table. Il y a quelqu'un que j'aimerais beaucoup que tu rencontres, je lui ai parlé de toi et…
- Je t'arrête tout de suite, le coupa Sara. C'est non !
- Sara…
- Non ! J'en ai marre de venir tenir compagnie à tous tes jeunes assistants lors de tes soirées officielles…
- Ce n'est pas un de mes assistants cette fois, c'est mon nouveau directeur de campagne. Il a 35 ans, c'est un jeune homme très bien, j'aimerais juste que tu fasses sa connaissance pendant la soirée, ça ne t'engage à rien.
- Si ! Ça m'engage à devoir poliment refuser ses avances s'il lui prend l'idée de m'en faire. Et je sais pas si tu te rends compte à quel point c'est pénible et délicat pour moi d'avoir à faire ça !
- Alors quoi ? Tu vas pas venir à la soirée du tout, c'est ça ?
- Je veux bien venir mais à condition que tu lui dises que je ne suis plus célibataire.
- Mais enfin Sara ! s'indigna Frank. Ça se fait pas, je vais pas lui mentir juste pour…
- Ce sera pas un mensonge, t'inquiète pas !
Ces mots claquèrent comme un coup de fouet pour Frank et un silence pesant s'installa autour de la table. Cette phrase compromettante lui était sortie malgré elle et maintenant que c'était dit, Sara ne sut pas si elle devait le regretter. Il fallait que son père soit au courant un jour ou l'autre de toute façon et puisqu'il n'aimait pas apprendre les choses trop tardivement, ce n'était peut-être pas plus mal que cela se fasse dès maintenant.
Alors que Frank, abasourdi, la fixait du regard, Sara attrapa son verre et but une gorgée d'eau pour se redonner un peu de contenance.
- Tu vois quelqu'un ? finit par demander Frank pour avoir la confirmation de ce qu'il avait cru comprendre.
- Oui, répondit Sara en reposant son verre sur la table.
- Est-ce que je peux savoir qui c'est ?
- Tu peux peut-être te réjouir pour moi surtout !
- Je préfère savoir qui c'est avant de me réjouir si ça ne t'ennuie pas. Est-ce que je le connais ? Je l'ai déjà vu ?
Sara poussa un soupir. C'était le moment de vérité.
- Oui, tu l'as déjà vu. Mais tu l'as chassé de chez lui si vite que ça m'étonnerait que tu te souviennes de son visage.
- Oh je vois, souffla Frank. C'est ton colocataire. Michael qu'il s'appelle, c'est ça ?
Frank hocha la tête puis se fendit d'un petit rire.
- Honnêtement ça ne m'étonne pas vraiment. C'est sûr que ça n'a pas dû être difficile pour lui de te conduire jusqu'à son lit après t'avoir amenée à vivre dans son appartement.
Sara sentit sa gorge se nouer. Au-delà du fait qu'il insinuait une fois de plus qu'elle était faible et influençable, c'était l'idée que son père se fasse ce genre d'opinion sur Michael qui lui fut insupportable.
- Alors écoute-moi bien, rétorqua-t-elle en pointant un doigt vers son père. Michael ne m'a jamais obligée à venir vivre chez lui, il ne m'a jamais obligée non plus à tomber amoureuse de lui. Et je dirais même plus que jamais un homme ne m'avait respectée comme lui le fait. Alors je veux que tu le respectes aussi, et je t'interdis de le juger sans le connaître.
Au ton que Sara venait d'employer, et au regard qu'elle avait utilisé pour l'accompagner, Frank comprit que sa fille était sincèrement éprise. Il dut également bien reconnaître ne l'avoir jamais vue aussi rayonnante et il ne pouvait pas vraiment douter que ce nouvel amour y fût pour quelque chose. Il décida donc de lui donner une petite chance.
- Bon, oui, c'est vrai, excuse-moi, tu as raison, admit-il. Je ne vais pas juger ce jeune homme avant de l'avoir rencontré.
Sara fut étonnée, agréablement, du mea culpa de son père.
- Tu n'as qu'à venir avec lui à la soirée, proposa-t-il. En plus tout le monde verra que tu n'es pas célibataire comme ça, personne ne viendra t'ennuyer. Et puis… vous pourriez dormir à la maison et passer le dimanche avec moi, comme ça j'aurais tout le loisir de faire connaissance avec Michael.
- Euh… oui, je… je sais pas si…
- S'il n'a rien à se reprocher, ça ne le dérangera pas de me rencontrer, n'est-ce pas ?
- Non, bien sûr, c'est juste que… je sais pas… il a peut-être autre chose de prévu ce week-end là, il faut que je lui en parle.
- Et bien fais donc, et puis tu me tiens au courant.
Sara hocha la tête puis elle adressa un timide sourire à son père, sans parvenir à se rappeler à quand remontait le dernier qu'elle lui avait offert.
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Le soir venu, à peine rentrée, Sara avait parlé à Michael de la discussion qu'elle avait eue avec son père.
Ils étaient tous deux installés sur le canapé et elle attendait sa réaction avec une petite grimace anxieuse.
- Bah oui, on fait comme ça alors, ça me semble une bonne idée, approuva finalement Michael après une courte réflexion.
- T'es sûr que ça t'embête pas de passer le dimanche chez mon père ?
- Non. J'ai envie de faire sa connaissance aussi. J'ai une vague idée de qui est le gouverneur Tancredi mais je veux savoir qui est Frank.
- Ben… ils sont pas tellement différents l'un de l'autre, indiqua Sara avec regret.
Michael rigola puis il attira Sara contre lui pour qu'elle vienne se blottir dans ses bras et lui déposa un baiser sur le front.
- T'inquiète pas, je suis sûr que tout se passera bien, lui assura-t-il. Je serai irréprochable, il va m'adorer !
- Ça c'est sûr ! Il le dira pas, il se l'avouera peut-être même pas à lui-même, mais je sais qu'il pourra pas faire autrement que de t'adorer. Par contre je doute que ce soit réciproque.
- Sara, laisse-moi te dire comment je vois les choses : je crois que ton père est loin d'être parfait et j'ai la très nette impression que, de par son comportement, il t'a fait souffrir. Évidemment cette idée m'insupporte mais… j'irai pas le voir en cherchant absolument le conflit. Mon but sera pas de me le mettre à dos parce que je voudrais pas que tu te retrouves dans une situation délicate. Bien sûr s'il en vient à dire un mot de travers à ton sujet, je serais dans l'obligation d'intervenir mais… je pense que j'aurais pas à le faire parce que, aussi maladroit soit-il, je suis sûr qu'il t'aime. Et tu vois, ça nous fait au moins un point commun déjà !
Sara releva légèrement la tête et ancra son regard ému dans celui de Michael. Il lui sourit et caressa tendrement sa joue.
- Et puis je peux pas concevoir que le père d'une femme aussi formidable que toi soit quelqu'un de foncièrement mauvais, reprit-il. C'est pas possible. Et de toute façon, je crois que, même s'il se montrait absolument odieux avec moi, je pourrais jamais totalement le détester parce que… il m'a quand même fait le plus beau des cadeaux, murmura-t-il juste avant de sceller ses lèvres à celles de Sara.
Ils approfondirent le baiser durant de délicieuses secondes jusqu'à ce que Sara y mette fin. Elle apposa son front contre celui de Michael.
- Faut que j'aille me préparer, murmura-t-elle avec regret. Je dois rejoindre Lizzie chez elle dans une demi-heure.
Et de peur de se retrouver incapable de quitter ses bras si elle y restait une seconde de plus, elle se leva sans plus attendre du canapé pour rejoindre sa chambre.
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Une dizaine de minutes plus tard, Sara réapparut au salon et vint se poster devant Michael, resté sur le canapé à feuilleter le programme télé. Elle désigna les vêtements qu'elle portait d'un geste des mains.
- J'ai essayé de trouver une tenue qui dise un truc du genre « j'accompagne mon amie célibataire mais moi je le suis plus ». Est-ce que ça marche ? demanda-t-elle.
Michael la considéra avec attention quelques secondes avant d'afficher un petit sourire désolé.
- Ben… je suis pas sûr, répondit-il. C'est en effet peut-être pas une tenue particulièrement sexy mais je te trouve extrêmement attirante quand même !
- Et si t'arrêtes de visualiser ce qu'y a sous les fringues ? proposa Sara en relevant un sourcil accusateur.
Ses pensées ainsi démasquées, Michael esquissa un sourire coupable puis il fronça les sourcils pour se remettre à observer Sara en feignant une profonde et difficile concentration. Il secoua finalement la tête en affichant une mine navrée.
- Non, je suis désolé, ça marche pas. Je te trouve toujours trop canon, déclara-t-il avec impuissance.
Sara rigola et lui donna un rapide baiser en remerciement du compliment, puis elle se dirigea vers l'entrée. Michael se leva du canapé pour la rejoindre.
- Tu crois que ça va marcher entre Lizzie et Brad Pitt ? demanda-t-il.
- J'en sais rien du tout, répondit Sara en même temps qu'elle enfilait son manteau. Et c'est pas dans mes habitudes de jouer les entremetteuses mais là je trouve que l'occasion est trop belle pour la rater. Alors on verra bien, déclara-t-elle en haussant les épaules avant de venir embrasser Michael.
- Sois sage, la pria-t-il.
- Oui. Mais t'as pas à t'inquiéter parce qu'à mon avis, aucun homme ne pourra m'approcher sans se faire méchamment rembarrer par Lizzie. Je la vois d'ici sortir un truc du genre « perds pas ton temps vieux, ma copine est pas libre et jamais tu feras le poids face à son mec », prédit Sara avec amusement. Au fait, je t'ai dit qu'elle t'adorait ?
- Non, rigola Michael. Mais tant mieux si elle m'apprécie parce que, quitte à choisir entre ton père et ta meilleure amie, je crois que c'est encore ton père que je préfèrerais me mettre à dos !
Sara pouffa de rire puis elle s'approcha de Michael et déposa ses mains de chaque côté de son cou.
- Tu sais, commença-t-elle dans un murmure, il est évident que j'aie très envie que les gens qui sont importants pour moi t'apprécient. Mais il est évident aussi que je me ficherais bien que ce soit pas le cas parce que moi je t'aime et c'est tout ce qui compte.
Sara appuya sa déclaration d'un long baiser puis elle sortit de l'appartement pour partir retrouver Lizzie.
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À minuit et demi, Sara était de retour. Michael éteignit la télévision à l'aide de la télécommande et se leva du canapé pour aller à sa rencontre. Il la laissa se défaire de son manteau avant de l'embrasser.
- Alors ? Vous avez passé une bonne soirée ? demanda-t-il.
- Oui. Excellente, répondit Sara avec une pointe de fatigue dans la voix.
- Et entre Lizzie et Brad Pitt ?
- Alors déjà on va arrêter de l'appeler Brad Pitt, s'amusa Sara. Parce que même s'il faut admettre qu'il lui ressemble en effet un peu, en vrai il s'appelle David.
- Vous avez fait sa connaissance ?
- Ouais. Après qu'il a fini de jouer, Lizzie a été lui parler pour le féliciter - c'est vrai que la musique était très bien - et je sais pas comment elle s'est débrouillée mais elle a ramené tout le groupe à notre table. Donc on a aussi fait connaissance avec Karl le batteur et Sofia la bassiste. C'était très sympa et je crois que… oui… y a eu un bon contact entre Lizzie et David, réalisa Sara avec un peu de recul. Mais je sais pas s'ils ont décidé de se revoir ou pas, en tous cas elle sait où le trouver maintenant.
- Est-ce que t'as dit à David que tu connaissais LJ ?
- Oui. Quand il nous a dit qu'il était prof au lycée Roosevelt, je lui ai demandé s'il connaissait un certain LJ Burrows mais j'ai fait mine d'être surprise quand il m'a dit qu'il était son élève. J'avais pas très envie de lui expliquer pourquoi je le savais déjà, confia Sara avec une petite grimace crispée.
- Tu m'étonnes ! rigola Michael.
- Et toi ? Qu'est-ce que t'as fait de ta soirée ?
- Tu veux savoir ce que j'ai fait de ma soirée ? répéta Michael avec une excitation, comme s'il avait attendu impatiemment qu'elle lui pose cette question.
- Oui.
- Viens voir…
Il attrapa la main de Sara et l'entraîna avec lui dans sa chambre. Il la positionna devant sa penderie et la lui ouvrit sous les yeux. La moitié du placard était entièrement vidée.
- Je t'ai fait de la place, expliqua Michael. J'ai aussi vidé deux des tiroirs de la commande et la deuxième table de nuit, indiqua-t-il en désignant tour à tour les meubles en question. Je voudrais que tu emménages dans ma chambre, pour qu'elle soit la tienne autant que la mienne. Qu'elle devienne la nôtre, déclara-t-il en regardant Sara.
Elle resta à le fixer en silence, sans la moindre réaction, puis elle tourna brusquement les talons pour quitter la chambre et rejoindre la sienne.
Perplexité et inquiétude envahirent Michael ; il ne savait pas comment interpréter une fuite aussi brutale et rapide. Puis, provenant de l'autre côté du couloir, il perçut le bruit très caractéristique des cintres qui glissent sur leur barre en métal et s'entrechoquent.
- Et ben alors ! Tu viens m'aider ! entendit-il.
Il se fendit d'un sourire soulagé et se précipita dans la chambre de Sara qui lui déposa un gros tas de vêtements dans les bras.
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Après une bonne heure passée à transférer le maximum d'affaires de la chambre de Sara à celle de Michael, ils se laissèrent tomber sur le bord du lit devenu officiellement commun en poussant un soupir d'épuisement mêlé de satisfaction.
- Qu'est-ce qu'on va faire de l'autre chambre maintenant ? demanda Sara.
- Ben je sais pas. En faire une chambre d'amis me semble l'idée la plus simple mais si t'as d'autres propositions…
- Non, non. Je pense que c'est le mieux en effet. Il faut que ça reste une chambre.
- Oui, et comme ça elle sera utile pour les soirs où on sera fâchés !
Sara regarda Michael avec de grands yeux écarquillés et un sourire amusé.
- C'est exactement ce que j'ai dit à Lizzie quand elle s'est proposée de prendre la location de la chambre que je quittais. Je lui ai dit que j'en aurais encore besoin pour les fois où on s'engueulera mais… ça n'arrivera pas, n'est-ce pas ?
- Bien sûr qui si ! s'indigna Michael. Je veux m'engueuler avec toi moi ! Parce que si y a pas d'engueulades… y a pas non plus de réconciliations !
- De réconciliations sur l'oreiller tu veux dire, suspecta-t-elle avec un petit sourire en coin.
Michael approcha son visage à quelques centimètres de celui de Sara et planta son regard assombri de désir dans le sien.
- Évidemment, souffla-t-il d'une voix suave. Parce que j'avoue qu'une réconciliation avec toi autour d'un café, ça m'intéresse nettement moins, murmura-t-il en effleurant ses lèvres des siennes.
Sara ferma ses yeux et entrouvrit sa bouche ; elle savait qu'à partir de maintenant il allait pouvoir faire d'elle tout ce qu'il voulait.
Elle le sentit envelopper son cou d'une main chaude et douce. Sa bouche happa fougueusement la sienne et sa langue se mêla rapidement à la danse.
Il la fit basculer sur le matelas et, sans jamais rompre la connexion de leurs deux bouches, il commença à déboutonner son chemisier d'une main experte. Lorsque le dernier bouton céda, il déposa sa main sur le ventre brûlant de Sara avant de la remonter ensuite vers sa poitrine. Il caressa son sein gauche à travers le fin tissu de son soutien-gorge. Elle gémit de satisfaction. Michael était capable de mettre en éveil le moindre de ses sens, électrisant chaque parcelle de sa peau d'un simple contact.
Sa main quitta son sein et s'échoua sur son jeans pour commencer à le déboutonner. Une fois le vêtement entièrement ouvert, Sara retint son souffle en sentant la main de Michael s'insinuer sous sa petite culotte. Et elle gémit et se cambra de plaisir quand ses longs doigts se mirent à jouer avec son intimité.
Elle le laissa faire quelques instants mais, ce doux supplice risquant de lui être fatal, elle trouva la force d'attraper son poignet pour le stopper.
- Pas sans toi, implora-t-elle dans un murmure.
Puisque la contrarier était bien la dernière chose qu'il voulait, Michael rangea les armes. Il se redressa pour s'agenouiller sur le matelas et retira son tee-shirt. De son côté Sara se débarrassa de son chemisier puis Michael reprit ses lèvres dans un langoureux baiser en même temps qu'il la rallongeait sur le lit.
Il lui ôta son soutien-gorge, et son pantalon et sa petite culotte suivirent rapidement. Michael se délesta lui aussi de ses derniers vêtements puis il s'installa entre les jambes de Sara.
Il la fit sienne en s'insinuant en elle avec une lenteur délibérée, véritable provocation à leur patiente respective. Elle soupira lascivement, ferma les yeux et, les bras noués autour de son cou, elle se cambra pour mieux l'accueillir.
Entièrement immergé en elle, Michael resta immobile et lui caressa doucement le visage. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il capta son regard et à l'intensité avec laquelle il la contemplait, elle comprit qu'il souhaitait conserver ce contact visuel aussi longtemps que possible.
Elle esquissa un sourire pour lui signifier son accord, il le lui rendit, puis il commença enfin à bouger en elle. Avec son regard ainsi solidement ancré au sien, ce ne fut pas seulement physiquement que Michael lui fit l'amour. Et ce qu'ils vécurent et partagèrent durant cette étreinte se révéla bien au-delà de toute rationalité.
