Bonjour à toutes,
Dans les temps, comme toujours, pour ce nouveau chapitre. Je suis contente parce que celui de la semaine dernière vous a fait pas mal réagir, et ça nous a fait super plaisir. Si ça pouvait continuer comme ça, ça serait parfait :p
En tout cas un grand merci aux personnes qui ont pris le temps de laisser un petit mot, à celles qui continuent de s'abonner et aimer l'histoire, c'est vraiment super motivant, vous savez pas à quel point.
Un énorme merci à ma bêta, comme d'habitude qui fait un formidable travail, à force elle va finir par prendre la grosse tête j'vous dit...
Bonne lecture à vous, et à la semaine prochaine !
Chapitre 13:
Clarke :
Voilà le truc qui se passe quand on a plus de famille, on s'habitue à être seul. On s'habitue à prendre soin de soi-même, à devenir indépendant et de n'avoir besoin de personne d'autre. On s'habitue à cette douleur persistante dans la poitrine. On s'habitue à ne pas faire confiance au gens, à ne pas les laisser entrer dans notre vie et à ne pas s'ouvrir à eux. C'est devenu comme une seconde nature pour moi. J'ai l'habitude d'être seule. J'ai l'habitude de prendre soin de moi. J'ai l'habitude de n'avoir besoin de personne. C'est pas comme si j'aimais être comme ça. Évidemment. Mais je le dois. Je suis obligée.
Personne.
Du moins c'était le cas. Jusqu'à ce que je rencontre Lexa.
Raven, Octavia et Echo sont super, vraiment. Ça m'arrive souvent de penser que j'aurais probablement abandonné l'université si ce n'était pas pour elles. Mais est-ce que j'ai vraiment besoin d'elles ? Je n'en suis pas sûre. Non ce n'est pas juste de penser ça, j'ai besoin d'elles. Je sais que c'est le cas. Les avoir toutes les trois m'a sauvé la vie et c'est mieux que d'être complètement seule. Mais encore, elles en savent tellement peu sur moi, il y a tellement de choses que je ne leur ai pas dit. Et je veux que ça reste comme ça. Honnêtement, je n'ai pas envie qu'elles me regardent avec pitié parce qu'elles savent que je n'ai vraiment nul part d'autre où aller. Elles sont mes meilleures amies et je le aime. J'ai besoin d'elles dans ma vie.
Mais Lexa... Elle ne sait rien. Je ne me suis pas du tout ouverte à elle. Je ne lui ai pas dit que ma mère était partie quand je n'avais que deux ans. Je ne lui ai pas avoué que cela fait trois ans aujourd'hui que mon père est décédé. Je ne lui ai pas dit que ma grand-mère, la seule famille qui me restait était décédée peu de temps après. Elle ne sait véritablement rien sur moi. Mais pourtant, c'est chez elle que je me suis réfugiée ce soir. C'est d'elle dont j'avais besoin. C'est de ses bras dont j'avais besoin. Il n'y avait qu'elle qui pouvait m'apaiser à cet instant.
C'est elle qui me tient fermement dans ses bras tout de suite, qui caresse mon dos et embrasse mon front alors que je sanglote doucement sur son épaule.
Je serre son t-shirt avec force dans une de mes mains, je ne peux pas lâcher. J'ai besoin de me retenir à quelque chose. J'ai besoin de me tenir à elle. Pour la première fois depuis longtemps, je veux que quelqu'un veille sur moi. Je veux que quelqu'un soit là pour moi. Je veux que ce soit elle qui ai cette responsabilité. Et jusqu'ici, elle s'en sort plutôt bien. Je sens ses lèvres sur mes cheveux une nouvelle fois et je la serre plus fort.
Elle est probablement en train de flipper pas vrai ? Je veux dire, avoir quelqu'un qui se pointe devant sa porte alors qu'elle pleure frénétiquement n'est pas commun. Ce n'est pas à quoi on pourrait s'attendre un vendredi soir. Je suis chanceuse qu'elle soit chez elle et non pas en ville ou encore plus qu'elle ai réalisé que j'étais dehors. C'est pas comme si j'avais frappé. Non, j'ai été une lâche. J'ai flippé. J'ai eu peur. Mais pourtant, elle m'a trouvée, m'a prise dans ses bras et m'a serrée fort. Elle n'a pas flippé. Elle n'a pas pris peur. Ou si c'est le cas, elle ne l'a pas montré. Pas comme moi.
Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?
Lexa presse doucement mon bras et je relève doucement ma tête de son épaule. Elle me regarde, toute concernée et inquiète. Elle est soucieuse. « Bébé, est-ce que tu veux que j'aille te chercher quelque chose à boire ? »
Mon estomac se retourne quand elle me surnomme de cette manière. Même si elle m'a déjà appelée comme ça avant dans nos messages ou quand nous étions dans l'inimité de la chambre, mais là, c'est différent. C'est sincère. Elle se soucie vraiment de moi. Ce sentiment me frappe avec tant de force qu'il me faut un moment avant de lui répondre. En fait, je ne suis même plus sûre de ce qu'elle m'a demandé maintenant. La préoccupation dans ses yeux, comme celle qu'elle avait eu au moment où nous nous étions rencontrées dans le club la première alors que Finn avait renversé son verre sur moi, me laisse bouche bée. Ça fait un moment que quelqu'un n'a pas été aussi préoccupé pour moi.
Je hoche la tête. Je dois toujours trembler ou frissonner, mais peu importe, parce que Lexa fait courir une main sur mon bras avant de continuer à parler. « Est-ce que tu as froid ? Tu veux une boisson chaude ? Thé ? Chocolat chaud ? »
« Un chocolat chaud ça serait adorable. » J'arrive à sortir d'une voix cassé. Je suppose que c'est la punition pour avoir pleuré toute la journée et d'avoir bu une grosse quantité de vodka. Lexa sourit et retire son bras autour de mon dos pour se lever. « Merci. »
Mon père avait l'habitude de me faire du chocolat chaud l'hiver quand je rentrais de la piscine les cheveux mouillés, me sermonnant que j'allais attraper une pneumonie si je ne faisais pas plus attention. Il m'asseyait sur le comptoir de la cuisine, m'essuyait les cheveux et mettait le lait à chauffer. Si j'avais vraiment froid, si j'étais vraiment malade ou si j'avais juste besoin d'un remontant, il me préparait toujours le meilleur des chocolats chauds. Vous savez, avec du lait chauffé à la casserole et du chocolat en poudre pur cacao, il ajoutait même parfois des marshmallows. On aurait dit un petit nuage.
Ça me manque.
« Euh... Tu vas devoir lâcher mon haut pour ça bébé. » Elle dit en baissant les yeux là où mes mains agrippaient sa chemise. Je suis son regard, réalisant qu'elle ne peut pas se lever alors que je le tiens aussi fort. Je rougis et baisse la tête mais immédiatement je sens une main qui soulève mon menton relevant de nouveau mon visage. « Qu'est-ce qu'il s'est passé Clarke ? Tu m'inquiètes. »
Je pourrais lui dire. Je pourrais faire ce que j'avais prévu plus tôt au moment où j'ai sauté hors du lit pour courir jusqu'ici. Je pourrais la laisser entrer. Baisser ma garde juste un petit peu. La laisser me poser les questions qui lui passent par la tête. Parce que je vois son visage concerné lorsqu'elle me parle de sa famille, de ses amis ou même juste de la vie et que je réagis pas. Ça se voit qu'elle ne comprend pas. Je pourrais m'ouvrir, lui parler de moi, lui raconter ce que c'est d'être seule.
Ou alors je pourrais juste continuer de fuir, continuer à me cacher et continuer à faire semblant de sourire.
C'est le temps de prendre une décision Griffin.
« Rien. Il ne s'est rien passé. » Ce n'est pas un mensonge. Rien ne s'est passé aujourd'hui pour me rendre dans cet état là. Concrètement, mis à part avoir passé ma journée à regarder une pierre tombale, il ne s'est rien passé. Tout est arrivé il y a trois ans. Parce que j'ai été égoïste, parce que j'ai été trop gâtée. Parce que depuis ce jour, il y a trois ans, j'ai comme un énorme trou béant dans la poitrine qui me comprime le cœur à chaque fois que j'y repense. Et parce qu'il y a des jours comme aujourd'hui où il m'est impossible de l'ignorer.
Je baisse une nouvelle fois mes yeux là où mes mains agrippent la chemise de Lexa, mes pouces caressant un de ses boutons. « C'est juste... » Je fais une nouvelle pause, cherchant mes mots dans ma tête. Lexa fait courir sa main sur mon bras. « Juste une mauvaise journée. »
Lexa ne dit rien aussitôt, elle me regarde juste attentivement quand je retire ma main de sa chemise.
« D'accord. Alors je vais nous préparer un chocolat chaud ok ? » Elle essaie de faire au mieux pour être joyeuse, je le sais. Les gens font toujours ça quand ils sont avec moi, mais surtout quand ils apprennent ce qu'il m'est arrivé, ou quand je suis bouleversée. Je pense que je dois être une de ces personnes qui doit constamment essayer de feinter un visage heureux, éviter de paraître comme la blonde qui pleure à tout va. Elle se lève et me regarde quand je me recroqueville sur moi-même dans le canapé. « Est-ce que tu veux quelque chose à grignoter ? »
Je secoue la tête. « Non merci, c'est gentil. » Pour être honnête, je sens que mon estomac est dans l'incapacité d'avaler quoi que ce soit tout de suite. Je devrais quand même essayer, mais je finirais probablement par tout vomir.
« Comme tu voudras. » Elle me sourit gentiment et se baisse légèrement pour embrasser mon front. Mon estomac se retourne de nouveau. Et pas parce que je ne peux rien avaler. Je n'ai juste pas l'habitude que quelqu'un prenne soin de moi comme ça. Enfin plutôt que je laisse quelqu'un s'occuper de moi. J'apprécie que Lexa fasse ça, je veux dire, je devrais juste ignorer le fait que ça me fout la trouille. J'aimerais faire avec, la laisser prendre soin de moi, la laisser m'envelopper dans ses bras et soigner ma douleur.
Je regarde Lexa qui se trouve derrière moi, s'affairant à la préparation de nos chocolats chauds dans la cuisine. Prendre soin de moi. La laisser me faire un chocolat chaud parce que je suis bouleversée, comme mon père avait l'habitude de faire. Je la regarde ajouter le lait dans la casserole pour le faire chauffer. Ça veut dire qu'elle va me faire un vrai chocolat chaud ? Les meilleurs à mon goût. Elle me surprend à la fixer. « Tu n'es pas allergique au lactose ou un truc dans le genre hein ? »
Avant même que je ne puisse penser, je souris. Je suis actuellement en train de sourire. Elle m'a fait sourire.
Cette fille est incroyable.
Ses propres yeux s'illuminent quand elle remarque que je souris et je sens mon sourire s'élargir un peu plus. Je ne pense pas que quelqu'un m'aie déjà fait sourire comme ça avant, le jour de l'anniversaire.
Je secoue la tête, trop choquée par ce qui venait de se passer. Elle m'a faite sourire juste en me posant une simple question. Pas de blague, sans vouloir être drôle, juste en étant elle-même. Juste parce qu'elle était préoccupée, inquiète. Incroyable. Elle me fait me sentir mieux, sans même s'en rendre compte. Ne sachant même pas l'impact qu'elle a sur moi. Ce matin, j'ai enfilé son sweat sans m'en rendre compte, comme je l'ai fait ces derniers jours. Je le porte à la maison quand je suis en pyjama, par dessus mes vêtements de piscine quand je m'y rends, quand je reviens de chez elle après avoir fait l'amour pendant des heures. Et maintenant il est sur moi. Elle a du remarquer que je l'ai pris, que j'aime le porter.
Je comprends ce que ça peut dire. Je comprend que tout cela peut sembler un peu... Je ne sais pas, étrange. Les amis partagent leurs vêtements tout le temps pas vrai ? J'ai déjà emprunté des vêtements à des filles avant. Mais je sais que là c'est différent. Je le porte parce qu'il me conforte, parce qu'il me rappelle Lexa.
Je l'apprécie.
Elle se préoccupe. Elle me fait sourire.
Lexa réapparaît à mes côtés en tenant une grande tasse fumante de chocolat chaud. Je lui prends des mains tout en la regardant avant de lui sourire une nouvelle fois et de lui murmurer un merci. Elle me rend mon sourire et s'assoie à mes côtés, pas trop proche mais assez pour que nos genoux se touchent. J'ai encore envie de me blottir contre elle mais je m'en empêche. Ça me ferait sortir de ma zone de confort. Je ne fais jamais ça, même avec un garçon alors encore moins avec une fille. Et ça ferait de nous comme une sorte de couple non ?
Alors à la place je prends une gorgée de ma boisson. Il est aussi bon qui en a l'air. Elle sait définitivement comment faire un bon chocolat chaud. Je me sens plus réchauffée que tout à l'heure, et je ne suis pas sûre que ce soit seulement dû au chocolat chaud. Ou au sweat de Lexa. C'est elle. C'est de savoir qu'elle se s'inquiète pour moi. De savoir qu'elle veut prendre soin de moi. De savoir que quelques minutes auparavant, quand j'étais emmitouflée dans ses bras, c'était comme si nos corps étaient faits pour être ensemble.
C'est rien Clarke, vas-y. Demande lui. Elle m'apprécie aussi pas vrai ? Je veux dire, je pense qu'elle est sincère quand elle me dit que je suis incroyable, fabuleuse, magnifique et belle quand nous sommes allongées dans son lit. Et elle a l'air toujours l'air déçu quand je m'en vais. Elle va être d'accord.
« Lex ? »
Elle me regarde par dessus sa tasse. « Ouais ? »
« Est-ce-que... » Allez Clarke. Courage. Demande lui bon sang. Tu es Clarke Griffin putain, tu n'es pas nerveuse. Tu n'as pas peur. Demande lui. Je maintiens son regard quelques secondes, ses yeux verts se noyant dans les miens. Comment elle fait ça ? C'est comme si elle pouvait voir directement à travers moi ou un truc dans le genre. Et me voilà, me transformant en une grosse boule de nerfs face à elle. Je baisse de nouveau les yeux vers ma tasse. « Est-ce que je peux rester cette nuit s'il te plaît ? »
« Bien sûr que tu le peux. » Elle me répond doucement, sans hésiter une seconde. Je lève les yeux pour la voir me sourire, ce sourire qui illumine tout son visage, plus particulièrement ses yeux. Je sens mon cœur sauter dans ma poitrine. Putain maintenant c'est mon estomac qui se retourne et mon cœur qui saute. Bon sang mais qu'est-ce qu'elle me fait ?
« Je ne veux pas être seule. » Les mots m'échappent avant même qu je ne puisse les arrêter. Ma voix toujours brisée et rauque d'avoir pleuré. Je sens une nouvelle boule se former dans ma gorge. Je ne sais pas ce qu'il se passe avec Lexa mais j'ai envie de m'ouvrir un peu. C'est quelque chose en rapport avec la façon dont elle me regarde, quelque chose dans ses yeux qui me donne envie de la laisser entrer. Peut-être que je peux le faire. Peut-être qu'il est temps que je laisse quelqu'un entrer.
« Alors tu ne le seras pas. » Elle me dit fermement mais doucement en posant sa tasse en face de nous sur la table basse et en prenant ma main libre entre les siennes. « Je ne vais pas te laisser seule. »
Lexa :
Elle ne dit rien d'autre. Elle boit juste son chocolat en silence. Je ne veux pas pousser, ou forcer ou dépasser les limites mais elle s'est présentée à ma porte d'entrée en sanglots, totalement brisée et j'ai en quelque sorte envie de savoir ce qu'il s'est passé. Pas d'une mauvaise façon. Je veux dire, je suis contente qu'elle soit venue ici et qu'elle veuille passer la nuit avec moi. Bien sûr que je le suis. Je veux juste savoir pourquoi elle était dans cet état. Je veux savoir ce qui ne va pas et pourquoi elle ne veut pas être seule ce soir. Qu'est-ce qui est différent ce soir ? Qu'est-ce qui veut la faire rester cette nuit alors que normalement elle veut retourner chez elle dans son lit ?
Je comprends qu'elle est le genre de personne renfermée. C'est plus qu'évident. Le fait de ne pas parler d'elle, de s'enfuir, de cacher ses sentiments. J'ai remarqué tout ça. Comment ne pas le faire ?
Quand nous sommes allongées au lit, fatiguées et épuisées, lorsque je lui fait des compliments et qu'elle me regarde, pendant un court instant je vois une lueur dans ses yeux, une étincelle qui me prouve qu'elle ressent la même chose que moi. Mais elle s'interdit de le dire, même un simple « C'était incroyable. » Mais je sais que c'est là, au fond d'elle. Je peux le sentir dans ses gestes, ses baisers et je peux aussi le voir dans la façon dont elle me regarde quand elle croit que je ne la vois pas. Elle m'apprécie. Elle veut rester tous les soirs mais elle s'en empêche pour je ne sais quelle raison.
Jusqu'à ce soir.
Et au fond de moi c'est comme un feu d'artifice. Je vais m'endormir à ses côtés. Je vais me réveiller à ses côtés, ses cheveux éparpillés sur mon oreiller. C'est un petit pas, un léger signe qu'elle commence peut-être à baisser sa garde. Et c'est pour ça que je ne veux pas la pousser, elle avance à son rythme et je le respecte. La bousculer pourrais la conduire à se refermer entièrement sur elle-même, ou pire, me rayer de sa vie. Et je ne le supporterais pas.
Je veux qu'elle me laisse entrer.
Mon Dieu, c'est débile, pas vrai ? C'est comme si je me transformais en une grosse guimauve. Bon, c'est peut-être un peu le cas. Une guimauve qui veut l'envelopper dans ses bras jusqu'à ce qu'elle s'endorme paisiblement. Une guimauve qui veut se réveiller avec elle dans ses bras et lui dire combien elle est belle au petit matin, puis presser ses lèvres sur son épaule nue. Une guimauve qui veut être son épaule pour pleurer quand elle lui raconte ce qu'il lui est arrivé, ce qui a pu la briser comme ça.
Je la regarde une nouvelle fois par dessus ma tasse quand j'engloutis la dernière gorgée de mon chocolat chaud. Elle semble si fragile, recroquevillée dans mon sweat. J'adore qu'elle le porte. Ça m'apporte comme un sentiment de fierté. Ça prouve qu'elle n'a pas oublié la première nuit que nous avons passé ensemble. Peut-être que ça veut dire que c'est plus que du simple sexe pour elle aussi. Peut-être qu'elle m'apprécie aussi.
« Clarke... » Je commence doucement, toujours inquiète qu'elle craque de nouveau. Et si je suis honnête, un peu effrayée qu'elle puisse se braquer de nouveau. Je sais qu'elle a dit qu'elle voulait rester ici et je suis excitée à propos de ça mais ça reste Clarke. « Est-ce que tu te sens mieux maintenant ? »
Est-ce que tu te sens mieux maintenant ? Quelle question de merde Lex. Aussi bon que mes chocolats chauds sont, je suis sûre qu'une tasse ne va pas mystérieusement résoudre tous ses problèmes. Les gens ne viennent pas pleurer hystériquement parce qu'ils veulent une tasse de chocolat chaud.
Elle hoche légèrement la tête, ne rencontrant pas mes yeux, ses doigts jouant avec le cordon de mon sweat. « Merci pour le chocolat et de me laisser rester. »
« Il n'y a pas de soucis Clarke, comme je l'ai dit, je ne vais pas te laisser seule dans cet état là. » Ça ne m'a pas échappé qu'elle évitait de répondre à ma question. Mais je ne relèverais pas. Je sais que les murs qu'elle a pu se construire commencent à s'effondrer doucement, mais j'ai besoin qu'elle les abaisse un peu plus pour que je puisse l'aider. Hésitante, je pose ma main là où nos genoux se touchent et presse légèrement le sien. « Tu veux peut-être en parler ? »
Elle baisse de nouveau sa tête. Je vais prendre ça pour un non alors.
« Nous n'avons pas à parler si tu ne veux pas. Je peux peut-être mettre un film ou un truc dans le genre si tu veux ? » Je lui suggère en essayant d'être plus enjouée que possible. Peut-être qu'un film va la relaxer un peu. On pourrait peut-être se câliner aussi. Mais ça ne me dérange pas si on ne le fait pas. Je veux juste qu'elle aille mieux vous savez ? Je m'inquiète pour elle, je l'ai été depuis que Finn l'a trouvée à notre porte. Quelque chose ne va pas. Et je ne vais pas l'abandonner.
« Ouais. » Elle murmure en me regardant dans les yeux. Ses yeux sont tristes, et ça me fend le cœur. Mais ils sont vraiment les plus beaux yeux du monde, malgré qu'ils soient rouges et gonflés. « Ça serait bien. »
J'essaie de lui envoyer mon sourire le plus rassurant presse de nouveau son genou avant de me lever et de m'agenouiller devant ma collection de DVD. « Une préférence ? » Je demande en regardant derrière mon épaule. Elle a l'air déjà un peu plus confortable maintenant que je ne tente plus de la faire parler, se relaxant un peu plus. « Quelque chose de drôle, effrayant ou... »
« Est-ce que tu as des Disney ? » Elle me coupe en souriant de nouveau. Je lui souris en retour. Je veux dire, elle est tellement mignonne.
« Ouais. » Je lui souris. « J'ai des Disney. »
Clarke :
D'abord elle me fait un chocolat chaud. Délicieux en plus de ça. Et maintenant elle regarde un Disney avec moi. Elle est comme, parfaite.
Je l'apprécie.
Aussi simple que ça.
Je l'apprécie. Genre vraiment vraiment l'apprécier. Je tombe pour elle. Je me laisse tomber pour elle. Je suis actuellement en train de me laisser ressentir quelque chose. Et pour une fille. Tous ces gars que j'ai rencontré et avec qui j'ai couché, je ne suis jamais tombée pour eux ou ai ressenti quelque chose. Mais je suis là. En train de tomber pour une fille. Une fille.
Non, pas juste une fille.
Lexa.
Une fille parfaite qui me fait du chocolat chaud, qui a une collection de DVD Disney, qui m'a donné son sweat pour je ne rentre pas sous la pluie, qui m'enveloppe dans ses bras, qui a les lèvres les plus douces que je n'ai jamais embrassé et qui m'a offert les meilleurs orgasmes de toute ma vie. Elle est incroyable. Elle est belle aussi. Je l'ai remarqué la première fois que je l'ai rencontrée au club qu'elle était belle. Mais ici, ce soir, juste habillée d'un jean, d'une chemise rouge et d'un t-shirt blanc, elle est magnifique. Le genre de beauté qui fait battre mon cœur plus vite.
Et elle est intelligente. Pas comme une geek. On peut le voir quand elle parle qu'elle connaît des choses. Et elle est passionnée par pleins de choses aussi. Comme quand elle parle de ses cours et de certains livres qu'elle a lu. La plupart du temps je n'ai pas la moindre idée de quoi elle parle mais j'aime quand elle le fait de façon aussi animée. J'aime le son de sa voix. Est-ce que c'est bizarre ? Aimer le son de la voix de quelqu'un je veux dire. C'est juste que je pense qu'elle a une voix sexy. Et c'est comme, je ne sais pas, apaisant je suppose. J'aime juste quand elle parle ok ?
Et elle est dragueuse et drôle. Genre vraiment drôle. Et elle est INCROYABLE au lit. Honnêtement, c'est la meilleure que je n'ai jamais eu et euh... j'en ai eu beaucoup. Mais Lexa, elle me fait ressentir des choses que je ne savais même pas possibles. Je jure que je dois avoir eu plus d'orgasmes ces dernières semaines avec elle que je n'en ai jamais eu.
Mais c'est plus que du sexe.
Je dois admettre ça.
Je l'apprécie.
Je ne vais plus me préoccuper de ce que ça veut dire maintenant. Plus de pensées sur ma sexualité ou n'importe quel truc dans le genre. Tout ce qui compte c'est que je l'apprécie. Beaucoup. Et qu'elle est parfaite. Et que nous sommes ici, maintenant, à regarder un Disney. Je me glisse doucement sur le canapé pour m'approcher d'elle et je pose ma tête sur son épaule. Son bras s'enroule aussi rapidement qu'un flash autour de mon épaule et elle me serre contre elle.
Elle sent même bon. Mon dieu. Sentir bon ? Putain mais qu'est-ce que cette fille me fait ? Et l'odeur de sa peau douce et ses yeux concernés. Et la façon qu'elle a de se soucier de moi. Je crois que c'est le plus important là dedans. Peu importe ce que ça veut dire.
« Tu vas bien maintenant, bébé ? » Me murmure Lexa à l'oreille, son souffle chatouillant ma peau, m'envoyant des frissons tout le long de mon dos. Ça m'apporte à nouveau un sentiment chaleureux et confus avec tous ces papillons qui sont de retour au creux de mon estomac. Grand moment. Je relève doucement ma tête pour rencontrer ses yeux verts préoccupés. Plus de chaleur. Plus de papillons. Plus de battements de cœur.
Je l'apprécie définitivement.
« Les Disney aident toujours. » Je lui réponds en la câlinant davantage. Ses bras me serrent plus fort et ses lèvres embrassent le haut de ma tête une nouvelle fois. « Les contes de fées, le vrai amour et je ne sais pas, les fins heureuses et tout ça. »
Elle me sourit chaudement en serrant mon bras et en repoussant quelques cheveux de mon visage pour les mettre derrière mon oreille. « C'est bon à entendre. Tu es magnifique quand tu souris tu sais. »
Et voilà, mon cœur qui rate une nouvelle fois un battement. Mon corps se réchauffe et se relaxe tellement que je me transforme presque en un gros nounours. Ok, ça semble stupide pas vrai ? Mais je ne sais pas comment expliquer autrement ce qu'elle me fait ressentir. C'est comme si elle me redonnait vie. C'est la seule personne qui me fait sentir de nouveau moi-même. Pas comme une enfant orpheline qui nage bien. Avec Lexa je peux juste être Clarke de nouveau.
Je tourne de nouveau mon attention vers l'écran, le moment où l'histoire devient merveilleuse, ou le « Ils vécurent heureux... » commence, où tu as l'espoir que tout est bon dans ce monde. Je sais que la vie n'est pas vraiment comme dans les films Disney. Mon dieu, ma vie en est la preuve. Nous ne sommes pas toutes des princesses vivant dans un château avec tout ce que l'on a toujours désiré.
Mais j'ai Lexa.
Et si j'ai appris quelque chose après vingt ans de Disney regardés, avoir quelqu'un qui vous fait ressentir un sentiment aussi apaisant, eh bien c'est en quelque sorte spécial. Pas vrai ?
