Oulà, il s'en est passé, des trucs! La vérité, c'est que ce chapitre est prêt depuis un bout de temps, mais il n'y avait plus internet chez nous, alors j'ai dû prendre mon mal en patience.
Donc le voici, j'espère qu'il n'est pas trop mal.
Bonne lecture!
Ils ont dit rendez-vous à cinq heures. Alors Harry, comme le bon garçon qu'il est, s'est arrangé pour être là à cinq heures. Il est très ponctuel, mine de rien. Bon, pas tout le temps, mais aujourd'hui, oui. Et ça le rend très fier.
Donc ils ont dit rendez-vous à cinq heures au local de leur groupe. Parce que maintenant, ils s'y retrouvent toujours. C'est comme un code. Cinq heures au local habituel. Il n'y a qu'eux qui comprennent et ils se trouvent cool. Donc comme je disais, cinq heures...
Alors Harry arrive à l'avance. À peine à l'avance. Juste quelques minutes pour avoir le temps de se recoiffer un peu, même si c'est peine perdue, et puis tous les autres débarqueront. Mais voilà, il s'est un peu trop pressé, au final, et il est arrivé très à l'avance. Encore une fois, c'est pas trop grave. Pas de quoi s'énerver ou autre. Harry possède juste assez de patience pour pouvoir attendre les autres sagement. Et c'est à ce moment-là qu'il regarde l'horloge.
Là, je vois vos airs septiques. Ben c'est une horloge, là, pas de quoi en faire tout un plat. Mais justement. C'est une horloge! Et si vous n'avez jamais entendu parler de l'histoire des horloges de Poudlard, c'est que vous êtes passés à côté de quelque chose de très important dans votre vie. Et donc je vous prirais de bien vous asseoir à bonne distance de votre écran, et d'écouter attentivement ce que je vais vous raconter.
Ça commence en l'an... Eh... Bon, je ne sais pas. Alors ça commence à un moment donné. De toute façon, on s'en fout! Ça commence à la construction de Poudlard, c'est donc une histoire très, très, très ancienne. Il y avait, comme vous le savez tous, Godric Gryffondor, Salazar Serpentard, Rowena Serdaigle, Helga Poufsouffle... Je crois que je ne vous apprends rien.
Et tout se passait, à cette époque, relativement bien. Ils étaient tous en harmonie, bien que différents, ils s'aiment comme une grande famille, et bla bla bla... Ah mais c'est complètement faux, tout ça! Ils passaient leur temps à s'engueuler, la voilà, la vérité. Ils avaient du mal à se sentir, même si le château était amplement assez grand pour eux tous. C'est donc pour cela qu'ils formèrent des Maisons. Ils complotaient les uns contre les autres, se faisaient des coups bas et disaient du mal les uns des autres. Mais les pires de tous, comme vous vous doutez sûrement, étaient Salazar et Godric. Ils étaient invivables.
Tous les sujets pouvaient devenir une excuse pour se disputer. Ils prenaient systématiquement le parti adverse de l'autre, même s'ils partageaient le même avis. Parce que c'était tellement divertissant de se balancer des insultes...
Ouais, je vois vos têtes. Là vous vous demandez quel rapport ça a avec les horloges... Un peu de patience, les gars. J'y viens, j'y viens.
Un beau matin, les trois sorciers réussirent à convenir d'une heure pour le petit déjeuner. Ça faisait des semaines qu'ils débattaient sur ce sujet. Comme il était de la plus haute importance, ils avaient décidé de tirer au sort, pour que tout soit réglé le plus vite possible. Alors c'est ce qui se passa. Et ce fut Poufsouffle qui gagna. Comme elle était humble et douce, elle ne se vanta presque pas. Mais quand même un peu...
Le matin suivant, Salazar se retrouva le premier à la table pour manger. Ils attendit ses compagnons, qui ne se montrèrent le bout du nez que beaucoup plus tard. Tout d'abord arriva Rowena, puis Helga, et finalement Godric. Salazar, qui n'avait pas la réputation d'être très patient, piqua une crise dont l'Histoire se souvint longtemps. Les autres dirent qu'ils étaient tous arrivés à l'heure et que c'était lui qui était trop à l'avance, comme d'habitude. Seul Godric avoua être en retard.
Salazar leur montra alors sa belle montre toute neuve pour leur prouver leur retard à tous, et en contre partie, ils montrèrent la leur et c'est ce jour-là qu'ils réalisèrent qu'elles indiquaient toutes une heure différente. Évidemment, cela donna lieu à une nouvelle dispute, à savoir laquelle de toutes donnait l'heure exact. Ils effectuèrent une nouvelle pige, qui cette fois-ci fut gagnée par Salazar. Lui, ne s'empêcha pas de se venter allégrement. Et comme il était un peu parano sur les bords, il lança un très puissant sort qui donna à toutes les horloges du château l'heure exacte qu'indiquait sa montre en or.
Étrangement, Godric ne fut jamais à l'heure pour le petit déjeuner. Ils arrivait toujours au moins quatre heures en retard. Salazar ne sut jamais comment cela était possible, puisque tous les réveils matins sonnaient en même temps dans le château entier.
Plusieurs théories furent avancées avec le temps, mais seules trois furent retenues. La première était que Godric était très paresseux et ne voulait pas se lever lorsqu'il entendait le réveil matin. La deuxième était qu'il aimait voir Salazar devenir rouge tomate de colère à chaque fois qu'il débarquait dans la grande salle pour le petit déjeuner avec plusieurs heures de retard. La troisième était qu'il avait protégé sa propre horloge, dans sa chambre, avec un sort encore plus puissant que celui de son rival pour qu'elle demeure à l'heure des Gryffondors.
Étant donné que Salazar était un très puissant sorcier, son sort perdura au courant des années. Et donc, dans tout Poudlard, plus jamais une seule horloge n'afficha la mauvaise heure.
Alors vous comprendrez que pour Harry, qui n'ignore rien de cette histoire, il est très troublant de se retrouver devant cette simple horloge en bois qui affiche quatre heures de retard.
-Oh bordel.
Ben oui, Harry, tu as devant toi l'antique horloge de Godric Gryffondor. Il n'y a que ça qui soit possible.
Le Survivant regarde tout autour de lui. À gauche, à droite. Il se trouve donc logiquement...
-Dans la chambre à coucher de...
Et c'est à ce moment-là que le porte est ouverte en un fracas horrible. Hermione entre en faisant le plus de bruit possible. Elle est suivie de Malfoy, qui affiche un air accablé, le pauvre. À sa suite viennent Ron, Crabble et Goyle. Ils s'installent tous à une chaise et se la ferment pour laisser Hermione parler en premier. Comme Harry est encore sous le choc de sa découverte, il ouvre la bouche et commence à dire :
-Les gars, j'ai découvert un truc complètement fou...
Hermione lui lance un regard noir.
-Harry, ce n'est pas le moment. Nous avons un urgence, là.
Il se tait et elle reprend.
-Donc comme je le disais, nous n'avons toujours pas trouvé ce qui a été brisé et ça me met franchement sur les nerfs. Les gars, il va falloir que nous adoptions une stratégie un peu différente, parce que à la vitesse où les choses vont, nous seront ici dans dix ans.
Elle lâche une soupire. C'est à cet instant-là qu'Harry a une idée de génie.
-En parlant de truc brisé, commence-t-il.
-Harry, nous n'avons pas le temps pour tes idioties.
Quoi? Quelles idioties? Pourquoi l'ignorent? Ce n'est pas comme si tout ce qui se passe était à cause de lui.
-Je voudrais tout de même vous féliciter pour tous vos efforts soutenus. Cependant, je crois que le moment est venu d'avoir recours à un sort de réponse.
-QUOI? font-ils tous en chœur.
-Oui, je sais, c'est interdit. Cependant, c'est là notre unique solution. Entre temps, ne changez rien à vos habitues. Draco, ta tâche sera toujours la même.
Le blondinet soupire tellement fort qu'Harry a presque peur qu'il se vide de tout son air et se ratatine.
-Nous allons devoir nous procurer un sort qui répondra à toutes nos questions, répète Hermione.
-Mais t'es tombée sur la tête ou quoi? s'exclame Ron. C'est complètement illégal, ce truc. Et si on se fait prendre?
-Justement, Ron. Le truc, c'est de ne pas de faire prendre. Et franchement, ne me dis pas que tu n'as pas deviné où je compte me procurer un sort comme celui-ci.
-Euhm... À la réserve?
Hermione affiche un sourire qui ne dit rien qui vaille.
-James voudra sûrement nous prêter sa cape d'invisibilité, si c'est pour enfreindre le règlement. Je vais penser à un plan et je vous reviendrai la-dessus demain. Rompez les rangs!
?%&?%&
-Et tu sais, maman, il m'a dit qu'il voulait faire un magazine hebdomadaire dans lequel il parlerait de toutes les créatures magiques méconnues. Tu as déjà entendu parler du Rectumus ailé? C'est un insecte volant qui...
-Écoute, Lucius, je suis heureuse que tu te sois fait un ami, mais si c'est tout ce que tu as à me dire, moi, je vais partir. J'ai du travail, tu sais.
Le blondinet lève la tête vers sa mère, qui le fixe d'un air sévère.
-Mais maman... Tu n'es pas restée longtemps.
Elle fait un geste impatient. Dans un coin de la chambre de Lucius, le garde du corps de sa mère s'est endormi debout. Il lâche un ronflement qui le fait sursauter lui-même. Il regarde autour de lui, un peu perdu, puis se rappelle où il est. Il se réinstalle contre le mur, pour s'endormir.
-Je sais, mon petit. Mais tu n'ignore pas que je sacrifie beaucoup de temps pour être avec toi. Mon travail accumulé me rattrape. J'aimerais pouvoir passer plus de temps à t'écouter...
-Je comprends, maman.
-Je suis content que tu sois aussi compréhensif.
Elle se lève et se prépare à partir.
-Maman?
-Quoi?
-Je trouve que tu as une voix grave, des fois.
-Eh...
Le garde du corps se crispe contre le mur.
-C'est ton imagination, réplique la fée.
-Vraiment? Et est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu as dit, à l'instant, que tu étais content que je sois aussi compréhensif?
-Je n'ai pas dit ça. Tu as dû mal entendre.
-Oui, sûrement.
La fée se tourne et s'éloigne à grands pas, suivie de son garde du corps. Ils sortent vite de la chambre de Lucius et se lancent un coup d'oeil affolé.
-Bordel de merde, nous avons faillis être cuits, murmure le blondinet.
?%&?%&
-Nous pourrions te changer de sexe, suggère Hermione.
-Très drôle, dit Malfoy.
Le jeune sorcière le fixe en souriant.
-Je suis très sérieuse. Il ne se doutera plus de rien.
-Bien sûr, qu'il se doutera de plein de trucs. Il n'est pas aveugle, il verra que quelque chose aura changer. Et puis ce sera trop compliqué. Je préfère encore être un travlo qu'un transexuel.
-Comme tu voudras, dit le jeune femme.
Elle se tourne vers le reste de l'assemblée.
-Bon, maintenant que cette question est réglée, passons à la suivante : le sort de réponse.
Tous sont suspendus à ses lèvres.
-Nous avons la cape et la carte des maraudeurs en plus. Crabble, Goyle, vous monterez la garde. Draco et moi seront à l'intérieur de la bibliothèque. Nous sommes les seuls à pouvoir reconnaitre le livre qui nous intéresse. Harry et Ron, je veux que vous vous occupiez de Rusard et de Miss Teigne. Pour ce qui est des fantômes, j'ai prévu une petite distraction. Crabble, Goyle, vous serez postés aux deux extrémités du couloir, de sorte que personne ne puisse passer devant la bibliothèque. Votre rôle est très important. Si quelqu'un arrive à passer, vous devez actionner le système d'alerte. Draco et moi sortirons illico de la bibliothèque.
-Quel système?
Elle leur tend chacun une brosse à dents électrique.
-Vous pesez sur le gros bouton. Ça va vibrer. Il y a un sort qui les lit aux nôtres.
Elles montre deux autres brosses à dents.
-Harry, Ron, vous ne devez pas vous faire voir, sauf si c'est la seule solution. Vous surveillerez Miss Teigne et Rusard séparément. Ce sont vous deux qui aurez la cape et la carte des Maraudeurs. Je compte sur vous. Lorsque nous aurons le livre qui contient le sort de réponse, nous sortiront de la bibliothèque et viendrons ici.
Elle montre le local des mains.
-Crabble, Goyle, vous nous suivrez. Harry, Ron, vous avez la carte, vous verrez. J'espère que tout va bien se passer.
?%&?%&
Il fait nuit noire, c'est le moins qu'on puisse dire. Le couvre feu est passé depuis plusieurs heures et tout le petit groupe a retrouvé sa forme de 17 ans. Hermione et Malfoy sont déjà partis avec Crabble et Goyle, laissant derrière Harry et Ron. Le Rouquin affiche un drôle d'air. Il regarde tout autour et évite les yeux de son ami.
-Bon, chuchote Harry. Qu'est-ce que tu préfères, la cape ou la carte?
-Toi?
-Je dirais le carte.
-Okay, dit Ron. Je vais prendre la cape d'invisibilité, alors.
Le survivant la tend à son ami, qui la saisit sans attendre. Il la contemple un instant, puis il regarde Harry et dit :
-J'ai amené quelqu'un.
-Quoi?
-Ben j'ai amené quelqu'un. Je... Il a besoin de... Enfin... Qu'on lui fasse confiance et j'ai pensé qu'il aimerait qu'on l'implique dans ce genre de...
-Une minute. Qui c'est?
-Eh...
-Je le connais?
-À moitié.
-Qui c'est?
Ron voyage d'un pied à l'autre. Il finit par s'immobiliser et il désigne la statut qui se trouve juste derrière eux.
-Tu peux sortir, dit-il simplement.
Un garçon à peine plus jeune qu'eux apparait alors. Il a des cheveux bruns et un petit air de rongeur. Il n'a pas l'air méchant, mais Harry sait parfaitement de quoi il est capable.
-Ron, dit-il avec rage. Pourquoi as-tu fait ça?
Le type à tronche de rongeur se recroqueville sur lui-même.
-Harry, nous ne pouvons pas le juger trop vite. Il n'a encore rien fait, à cette époque. E je crois que c'est en se sentant aimé qu'il pourra changer. Donne-lui au moins une chance. C'est comme avec Sirius et Severus. Il ne faut pas laisser nos préjugés l'importer sur tout le reste.
-Tu ne peux pas comprendre, réplique la Survivant. Tes parents ne sont pas morts à cause de...
Le rouquin plaque ses mains sur la bouche de son meilleur ami. Il lui lance un regard noir.
-Sht, Harry. Et il est ici, c'est trop tard. Je le prends avec moi. Tu verras, il va garder notre secret, j'ai confiance en lui. Il est capable d'être fidèle. N'oublie jamais qu'il est à Gryffondor. Il ne l'a peut-être pas beaucoup montré jusqu'ici, mais il sait être courageux. Te souviens-tu ce qui et arrivé, lorsque nous étions prisonniers au manoir Malfoy? Il a hésité, Harry. C'est ce qui lui a couté la vie. Je sais qu'il y a une part de bon en lui. C'en est la preuve. Et nous sommes ici pour que cette part gagne sur toutes les autres. Nous pouvons tous être des salauds comme des héros. Ça vaut aussi pour lui.
Il retire ses mains de la bouche d'Harry.
-D'accord, dit ce dernier. Prends-le avec toi.
Il tourne les talons et s'éloigne, sa carte des Maraudeurs à la main. Ron le regarde s'éloigner, puis il se tourne vers Peter.
-Il ne m'aime pas? dit l'animagus.
-Tu lui a fait beaucoup de mal, dans le futur.
Peter semble réellement accablé. Il baisse piteusement la tête.
-Mais je suis ici pour que rien de tout ça n'ait pas lieu. Tu vas voir, nous allons empêcher ce qui s'est passé.
?%&?%&
Harry déplie la carte des Maraudeurs.
-Je jure que mes intensions sont mauvaises.
Les couloirs de Poudlard lui apparaissent. Il y a plusieurs noms qui de dessinent devant ses yeux. Malfoy et Hermione sont déjà dans la bibliothèque. Ils se dirigent vers la section interdite. Pas très loin, Crabble et Goyle montent la garde. Il y a aussi Ron et Peter qui vont dans la direction de miss Teigne. Harry soupire en supposant qu'il doit s'occuper de Rusard. Il le repère sur la carte. Il est au premier étage.
Harry descends donc à la hauteur de la bibliothèque, il suit sa proie des yeux. Elle ne semble pas vouloir s'approcher d'eux. Rusard doit être occupé à inspecter les toilettes, ou un truc du genre. Harry laisse ses yeux voyager sur la feuille de papier. Malfoy et Hermione sont visiblement en train de chercher. Le Survivant sent son ventre se tordre sous l'effet du stress. Crabble et Goyle n'ont pas bougé. Au quatrième étage, Ron et Peter Pettigrow suivent fidèlement la chatte du concierge. Jusqu'ici, tout se passe bien, il n'y a rien à signaler. Tous les élèves sont dans leurs dortoirs. Personne ne rôde dans les couloirs de l'école. Harry observe avec suspicion le nom de Pettigrow qui se promène à la droite de celui de Ron.
Comment son ami peut-il lui faire confiance. Ce qu'il a fait, ou plutôt fera, est impardonnable. Harry ne fera jamais confiance à un type pareil. Il fixe encore une minute les deux noms qui avancent lentement, avant de reporter son attention sur Rusard. Il n'a pas bougé des toilettes. Peut-être qu'il n'est pas occupé à les inspecter, finalement.
Avec un petit sourire, il cherche à nouveau miss Teigne, qu'il retrouve au troisième étage, soit un étage au dessous de Ron et Pettigrow. Paniqué, Harry trouve le premier escalier et se met à monter le plus vite qu'il peut pour aller retrouver les deux autres. Ils ont sûrement perdu la trace de la petite chatte. Elle ne bouge plus, d'ailleurs, elle se trouve tout près de la Statut où Ron et lui se trouvaient il y a peu de temps. Elle doit avoir reniflé leur odeur.
Harry presse le pas. Il emprunte un passage secret non loin des toilettes des filles du troisième étage et se retrouve à quelques mètres de Ron et Pettigrow.
-Hé! chochotte-t-il.
Les deux garçons enlèvent la cape d'invisibilité des leurs épaules et le regardent d'un air surpris.
-Où est la chatte? demande Ron.
-À l'étage au dessous, répond Harry. Elle vous a échappé?
-Oui. Elle est sournoise.
Harry entreprend de les guider jusqu'à elle, mais en chemin, il se rend compte que Rusard n'est plus dans les toilettes du premier étage. Pris de panique, il le cherche frénétiquement des yeux. Il le retrouve finalement à deux pas de l'endroit où est posté Goyle.
-Putain, jure Harry.
-Qu'est-ce qu'il y a? demande Peter Pettigrow.
Harry s'élance déjà. Il leur dit simplement «Rusard», avant de disparaître dans la pénombre. Alors qu'il se dirige vers le passage secret qui est juste derrière l'abreuvoir du troisième étage, Harry entends des bruits de pas derrière lui. Il n'a pas le temps de vérifier qui c'est, mais il suppose que c'est Ron. En à peine une minute, il se retrouve juste derrière Rusard, qui avance lentement vers Goyle, qu'il n'a visiblement pas encore vu. Et là, un craquement résonne à la droite du concierge. Ce dernier se tourne vers lui avec une souplesse étonnante. Il avance vers un porte qui mène à une salle de classe vide, y glisse le nez...
-Oh! fait-il, puis il entre dans la pièce.
Harry jette un coup d'œil à la carte des Maraudeurs. Dans cette salle de classe sont inscrits les noms de presque tous les fantômes de Poudlard. Le Survivant s'autorise un petit sourire en pensant à ce qu'Hermione avait dit. Oui, elle a probablement trouvé un moyens de tous les occuper. À ce moment-là, Harry voit le nom de Peter Pettigrow qui est écrit juste derrière lui. Il se retourne d'un bloque.
-Qu'est-ce que tu fais ici?
-Je... Je croyais que peut-être tu-aurais-besoin-d'aide.
-Non, réplique le jeune Potter. Je n'ai besoin de rien.
-Okay.
Un nouveau craquement fait entendre. Harry voit sur sa carte que Rusard est à deux doigts de sortir de la salle de classe. Harry pousse Pettigrow contre le mur et s'y adosse à son tour. Il arrête de respirer.
Rusard fait son apparition. Il regarde d'un côté et de l'autre, puis prend à droite, c'est à dire la direction de Goyle.
-Non, murmure Harry.
Peter Pettigrow l'observe. Il avale sa salive et se met à courir vers Rusard. Harry reste pétrifié, il n'a le temps de rien dire que le concierge attrape déjà Pettigrow par le collet.
-HA! triomphe-t-il. J'ai mon coupable.
Harry ne bouge pas d'un poil, trop surpris pour réagir. Il regarde le vide, toujours sans respirer.
Rusard traine sa victime jusqu'à la salle de classe où se trouvent tous les fantômes. Peter est mort de peur. Il ne sait pas du tout pourquoi il a fait quelque chose d'aussi stupide. Il n'est pas courageux, alors pourquoi vient-il de se foutre dans un pétrin pareil? Le main solide de Rusard est accrochée à ses vêtements. Il ne peut pas s'enfuir. Il est fichu.
-Espèce de petit chenapan. Je savais qu'un jour j'arriverais à t'attraper. Je sais que c'est toi qui passe ton temps à saccager mon bureau.
-Mais...
-SILENCE. Regarde-moi ça. C'est ta nouvelle œuvre, pas vrai?
Devant Peter, une dizaine des fantômes paniqués se tortillent autour d'un globe blanc et lumineux.
-Un piège à fantômes, gronde le concierge. C'est très astucieux, mais malheureusement pour toi, tu t'es fait prendre la main dans le sac. Et désormais, tu ne m'échapperas plus.
Il raffermit sa prise, comme pour prouver que Peter n'a vraiment aucune chance de s'enfuir. Mais ça, il le sait déjà.
Pendant ce temps-là, Harry a essayé de reprendre ses esprits. Il a reposé les yeux sur sa carte, non sans voir pris un peu de distance avec Rusard, qu'il scrute maintenant avec toute l'attention dont il est capable. Hermione et Malfoy n'ont pas bougé de la bibliothèque et Crabble et Goyle sont toujours fidèlement à leur poste.
Le Survivant repère ensuite Ron et miss Teigne, qui se trouve désormais à l'étage de la bibliothèque eux aussi. D'ailleurs, ils s'approchent dangereusement de l'endroit où est posté Crabble.
-Oh, c'est pas vrai, soupire Harry.
Il se met donc à courir dans leur direction, bien sûr en faisant le moins de bruit possible. Il effectue un léger détour pour arriver derrière eux. Il voit alors son ami, Ron, qui essaie désespérément de détourner l'attention de la chatte, mais celle-ci l'ignore complètement. Elle continue d'avancer vers Crabble, qui ne se trouve plus qu'à quelques mètres de lui...
Et là, elle le voit. Elle est dotée d'une vision nocturne, alors c'est bien normal. Elle lâche un miaulement sonore qui résonne dans les couloirs vides de l'école. Crabble sursaute et se rappelle sa brosse à dents, qui sort de sa poche. Il actionne le bouton, comme Hermione lui a appris et il prend ses jambes à son coup. C'est le signal. Désormais, c'est chacun pour soi. Tous ceux qui le peuvent doivent se rendre au local habituel.
Harry jette un dernier coup d'œil à la carte des Maraudeurs. Hermione et Malfoy sont déjà sortis de la bibliothèque. Ils se dirigent dans sa direction au pas de course. Goyle se trouve un étage au dessous. En levant les yeux, le Survivant aperçoit déjà ses deux amis qui viennent vers lui. Devant lui, miss Teigne continue d'appeler son maître. Avec une pointe de regret, Harry lui lance un stupéfix bien senti et suit Ron, Hermione et Malfoy vers le local où ils doivent tous se retrouver.
?%&?%&
Harry est à bout de souffle lorsqu'il arrive enfin à destination. Il s'assoit à une chaise en tentant de calmer les battements frénétiques de son petit cœur. Il a eu chaud!
Autour de lui, il voit les visages rougis pas l'effort de ses compagnons de galère. Hermione est encore plus échevelée que d'habitude. Ils sont tous sains et saufs. Enfin... Tous sauf Pettigrow.
-Où est Peter? demande Ron.
Tous le regardent avec stupéfaction. Ils ne savaient visiblement pas que Ron avait emmené quelqu'un d'autre pour leur expédition nocturne. Harry regarde ses pieds en répondant :
-Il s'est fait prendre.
Ron écarquille les yeux.
-Volontairement, ajoute le Survivant. Pour nous faire gagner du temps. Rusard allait découvrir Goyle et...
Il n'ajoute rien de plus. La suite, ils la devinent.
-C'était très courageux, dit le rouquin. Je suis fier de lui. Je lui dirai demain.
-Très courageux et inutile, commente Harry. Nous avons échoué. Au final, c'est la chatte qui nous a fait tout foirer.
Et là, Hermione éclate de rire. Elle et Malfoy se lancent un coup d'œil complice absolument dégouttant et la jeune sorcière brandit un gros bouquin gris en arborant un air fier.
-Eh bien il se trouve que lorsque nous avons reçu le signal d'alerte, nous venions tout juste de trouver ceci.
Même Crabble et Goyle semblent comprendre l'importance de cette révélation. Tous les yeux sont tournés vers elle lorsqu'Hermione ouvre l'ouvrage antique pour désigner les mots : sort de réponse.
Alors? C'est comment? Ça change un peu de ce à quoi j'ai l'habitude. J'ai l'impression d'avoir été tellement sérieuse!
Aller, si vous avez réussi à lire jusque là, laissez don un petit mot...
