Bonjour à toutes et à tous!
Voici donc le nouveau chapitre pour bien commencer le week-end :)
Comme à chaque fois pour cette "série" il est corrigé par Polala (merci!).
J'espère qu'il vous plaira.
Je tenais à remercier tous les fidèles lecteurs et revieweurs, ça me fait très plaisir.
Je vous laisse découvrir ce chapitre.
Bonne lecture et à bientôt!
Chapitre 13 – Retour à l'Impasse du Tisseur
— On se revoit en septembre Severus, lui dirent Mulciber et Avery en quittant le Poudlard Express qui venait d'atteindre le quai 9 ¾ de King's Cross à Londres.
Le jeune homme hocha la tête. Il n'avait pas daigné se changer dans le train et portait toujours ses robes de sorciers. Maintenant qu'il avait l'autorisation du Ministère pour transplaner, il n'allait pas se priver de ce droit et il n'aurait plus besoin d'enfiler les vieux vêtements de son père que sa mère avait pris la peine de lui envoyer, sans doute plus par habitude que par nécessité puisqu'il lui avait signalé qu'il rentrerait par ses propres moyens. Cette année, il était devenu majeur aux yeux du Ministère et cette année, il avait donc le droit d'utiliser la magie à la maison sans risquer un renvoi. C'était une nouvelle qui lui plaisait énormément. Cette année, il pourrait passer de bonnes vacances.
Il descendit sur le quai et chercha un endroit à l'écart de la foule pour transplaner sans amener un voyageur inopportun avec lui. Ce faisant, il remarqua Sirius Black et James Potter, tous les deux habillés comme deux jeunes adultes moldus aisés de cette fin de seventies : un pantalon un peu trop large en bas et dont la fermeture remontait jusqu'au nombril, avec ce côté que lui trouvait trop serré et qui ne laissait aucune place à l'imagination concernant les postérieurs de ces messieurs. Black portait un pantalon marron tirant sur une sorte de orange, tandis que Potter s'était contenté d'un bleu. Les chemises qu'ils y avaient assorties étaient plus colorées l'une que l'autre et auraient donné une crise d'épilepsie à n'importe quel esprit sain. Quel était le but recherché en s'habillant ainsi ? finit par se demander le Serpentard, mais la réponse s'imposa à lui quelques mètres plus loin. Walburga Black ignorait cordialement son fils tout en laissant percevoir le tempétueux orage qui avait cours sous son chapeau de sorcière. Regulus, toujours vêtu de son uniforme s'approchait d'elle avec la joie et l'entrain d'un prisonnier d'Azkaban qui allait recevoir le baiser d'un détraqueur.
Un peu plus loin, c'est Lily que Severus aperçut. Elle portait une jupe grise qui s'arrêtait au dessus de ses chevilles. En haut elle portait une chemise bleue nouée à la ceinture et surmontée d'un gilet rouge. Elle était magnifique. Derrière elle Marie était habillée dans le même esprit, mais Severus ne la remarqua même pas. Il n'avait d'yeux que pour la belle rousse qui ne lui avait pas adressé une parole depuis un an. Elle riait. Son visage s'illuminait en voyant ses parents. Elle avait fait un petit signe à son amie pour lui dire au revoir et elle avait rejoint son père et sa mère. Il ne manquait que Pétunia. Cette sœur qui avait rayé Lily de sa vie comme Lily l'avait rayé lui de la sienne. Il le réalisait soudain. Parce que d'une certaine façon Lily lui avait fait du mal. C'était inconscient. Lily n'en était pas responsable, mais le résultat était le même. Elle était rejetée comme elle le rejetait.
Lily tourna la tête un instant et leur regards se croisèrent. Il transplana.
— Severus, s'exclama sa mère en le voyant apparaître dans le salon. Par Merlin, ce que tu as changé.
Il aurait pu lui retourner la phrase. Elle avait changé et ce n'était pas l'œuvre de Merlin. Non, la personne qui lui avait infligé ça ne pouvait être que son père.
Elle était amaigrie, fatiguée, les cernes violettes qu'elle avait sous les yeux ne laissaient aucun doute la dessus. Et des bleues striaient ses bras.
Il ouvrit la bouche, mais le seul mot qui en sortit fut un :
— Maman... à peine murmuré, comme une excuse.
Elle eut un petit sourire.
— Monte ta valise et change toi, ton père va rentrer.
Mais il resta planté là, au milieu de la pièce comme si son corps refusait de bouger.
— Severus, instista-t-elle un peu plus pressante. S'il te plait, monte ta valise et change toi, ton père va rentrer.
Pour toute réponse, il sortit la baguette de sa poche, la pointa sur sa valise qui disparut. Sa mère le regarda en soupirant.
— Je suis majeur. Je ne me changerai pas pour lui, répondit-il.
Il pouvait rester habiller comme un sorcier s'il le voulait. Devoir cacher ce qu'il était parce que ça gênait son géniteur n'avait plus lieu d'être désormais.
— Ne provoque pas ton père. Tu sais de quoi il est capable, tenta de le raisonner sa mère.
— C'est lui qui ne sait pas de quoi je suis capable. Il avait répondu à sa mère, presque menaçant.
Elle frissonna en entendant le ton employé par son fils. Quand il parlait comme ça, elle avait l'impression de voir Tobias. C'était le même ton, la même expression dans ses traits.
Son fils dut le remarquer car il se ravisa et décida de monter dans sa chambre. Au milieu de l'escalier il s'arrêta. Il avait envisagé de demander à sa mère l'autorisation de ne pas manger avec eux, mais il renonça. Ne pas manger avec eux, c'était prendre le risque que sa mère soit à nouveau la cible de cet ivrogne qui lui servait de père. Il avait 17 ans. S'il était capable de transplaner, il était capable de faire face à cet individu que le destin avait trouvé amusant de lui donner comme géniteur. Il enfila un pantalon qui avait dû être noir dans sa jeunesse et une chemise dont on ignorait la couleur actuelle tant elle avait vécu. Il s'aperçut dans le reflet de la vitre de sa chambre. Sa mère en avait tiré les volets et le verre faisait office de miroir. Lui qui ne se regardait que rarement s'arrêta quelques instants pour détailler son propre visage. Il était maigre et ses cheveux noirs mi-longs qui tombaient raides autour ajoutaient à cette impression de maigreur. Ses yeux étaient méfiants et sombres et il avait une bouche fine qui dévoilait des dents qui auraient sans doute eu besoin d'un peu d'orthodontie moldue. Mais, ce qui le choquait le plus c'était ce nez. Ce nez qui était reconnaissable entre tous et qu'il avait hérité de son moldu de père. Ce nez qu'il détestait mais auquel il ne s'était pas risqué à toucher magiquement. Les métamorphoses par sortilèges sur soi-même étaient un domaine où beaucoup se risquaient et peu
réussissaient. Il n'avait pas envie de passer quelque temps à Sainte Mangouste pour un nez.
Ce fut sa mère qui le sortit de ses pensées en l'appelant pour descendre manger. Son père avait dû arriver sans qu'il n'y prête attention, trop absorbé par la contemplation de son visage qu'il avait eu l'impression de redécouvrir.
Le jeune homme regarda sa baguette magique qu'il avait posé sur sa table de nuit et la glissa dans sa poche. Qu'il ne porte pas ses robes était une chose, mais il ne se déferait pas de la baguette, surtout pas maintenant qu'il avait le droit de s'en servir.
Il descendit les marches et se tourna vers la cuisine où se tenait, déjà assis en majesté, son père. Il le regarda de haut en bas, immobile, dans l'embrasure de la porte, comme attendant une invitation à venir manger de la part de cet homme qu'il exécrait.
— Toujours aussi malpoli ce gosse, se contenta de dire l'homme, tout en arrachant un bout de pain avec ses mains sales. Toujours incapable de dire bonjour à ton père ?
Severus finit par marmonner quelque chose qui ressemblait à ce que son père voulait entendre de sa part, alors l'homme lui désigna une chaise et lui dit :
— Ne reste pas planté là, va t'asseoir.
Son fils s'exécuta sans plus rien dire et, une fois à sa place, fixa son assiette avec obstination.
— Tu sais qui j'ai croisé Severus ? Un des gosses qui étaient avec toi à l'école. Le fils de ce salopard qui avait du mal à me lâcher ma paye à la fin du mois.
— Tobias... supplia presque sa mère en l'entendant prononcer des mots qui ne lui plaisaient pas.
— Le gosse est grand Eileen, arrête un peu. Il en entend de bien pires dans son école. Il travaille à l'usine cet été pour économiser pour se payer des études. Peut-être que tu pourrais tenter ta chance aussi Severus. Ça ne demande pas beaucoup de compétences et ça nous ferait une petite rentrée d'argent.
Voilà donc où il voulait en venir. Maintenant que son fils était rentré, il voulait lui faire passer ses vacances sur les machines de l'usine. Il n'en était pas question. Non, lui Severus Rogue, n'irait pas se compromettre à travailler pour des moldus, c'était hors de question.
A cet instant, il ne lui vint qu'une solution à l'esprit et il sortit sa baguette magique de sa poche.
— Qu'est-ce que tu fais ? demanda son père en le fixant avec une soudaine peur dans les yeux mais déjà le sort l'avait touché et il était dans un de ces instants où il n'avait plus bien conscience des choses.
— Tu sais qu'il n'a oublié que pour l'instant, mais demain il y pensera à nouveau en le voyant au travail, lui dit sa mère en se penchant sur l'épaule de son fils.
— Je recommencerai demain alors, répondit-il calmement avant d'attraper son verre d'eau, sans quitter son père des yeux. Oui, il recommencerait tous les jours s'il le fallait mais désormais il aurait la paix.
