Disclaimer : Mais c'est toujours pas à moi !
Cerise : Bonjour !
Voili voilou, nouveau chapitre, n'oubliez pas le bouton "review", il ne mord pas !
First Full Moon
(Trad. : Première Pleine Lune)
Ce matin-là, Andrea se réveilla avec la désagréable impression d'aller à l'échafaud. Sa gorge était bloquée, ses cordes vocales paralysées. Elle prit une douche rapide et s'habilla avec des gestes fébriles. Puis, sans un mot, elle descendit du dortoir et se rendit dans la Grande Salle. C'était les premières lueurs de l'aube qui éclairaient l'immense pièce. Toujours en silence, elle s'assit à l'écart et essaya sans succès d'avaler quelque chose.
Ce soir, c'était la pleine lune.
Elle savait parfaitement qu'il y avait bien pire comme première transformation, mais… Elle avait peur d'avoir mal, et se sentait stupide en disant cela.
Lorsque Lily vint s'asseoir à côté d'elle, Andrea la regarda à peine.
"Salut, tenta Lily d'un air incertain.
- 'Jour, répondit Andrea, non sans une certaine froideur dans la voix.
- Les garçons ne sont pas levés ?
- Non."
Voyant qu'Andrea n'avait vraiment pas envie de parler, Lily se concentra sur le bout de pain qu'elle tartinait de beurre. Andrea tournait son chocolat habituel, et le regardait comme si une créature infecte allait en jaillir pour la tuer.
Sirius se joignit à leur table, avec son habituel air enjoué du matin :
"Salut les filles ! lança-t-il avec entrain, sous les regards désespérés des autres Gryffondors de sexe féminin. Comment ça va aujourd'hui ?
- Bien ! répondit Lily avec un joli sourire.
- Mal, répliqua Andrea avec un air fatigué.
- Bah, pourquoi Andy ? Le soleil brille, les oiseaux chantent, la première neige ne va pas tarder, et tu as un super petit copain !
Andrea haussa un sourcil.
- Hum, oui, enfin toi tu le trouves super, non ?
- Ce n'est pas la question. Dis-moi, tu regardes le calendrier de temps en temps ?
- Oui, s'inquiéta-t-il. Pourquoi ? C'est ton anniversaire ?
- Non, gros balourd ! s'énerva Andrea.
Elle ajouta, en chuchotant :
- Ce soir, c'est la pleine lune.
- Oh."
Le sourire disparut brusquement du visage de Sirius, qui baissa la tête. Il marmonna plusieurs phrases indistinctes, et entreprit de remplir son assiette. Ils mangèrent en silence jusqu'à l'arrivée de James, qui lui semblait avoir jeté un œil sur le calendrier et se contenta de saluer gentiment Andrea, ce qui remonta le moral de cette dernière.
Soudain, une Serpentard aux cheveux châtains bouclés et aux beaux yeux verts-bleus l'interpella.
"Hé !
- Quoi ? répondit Andrea sans conviction.
- C'est vous qui nous avez fait cette mauvaise blague, l'autre jour ?
- Même si c'était le cas, je t'enverrai voir ailleurs.
- Ce n'est pas la peine d'être désagréable, rétorqua la jeune fille d'un ton froid. Je te posais juste une question."
Elle entortilla une mèche de cheveux autours de son doigt et sembla regretter ses paroles. Toutefois, elle n'ajouta rien et se retourna vers son amie.
Un silence empli de malaise s'abattit sur la table. Quelques légers toussotements et le bruit de cuillères raclant le fond d'un bol résonnèrent dans la tête de la jeune fille.
Elle laissa échapper son bol qui s'écrasa par terre avec un bruit cassant. Elle s'empressa de le recoller avec un juron.
Cette journée commençait vraiment mal.
L'arrivée de Remus ne lui mit pas de baume au cœur, bien au contraire. Le poids de sa lycanthropie se mit à peser si fort sur ses épaules qu'elle avait envie de s'écrouler par terre. Heureusement, Andrea murmura un "Bonjour" timide et se replongea dans ses pensées. Elle tremblait de tous ses membres. Ses doigts cherchèrent son sac pendant quelques minutes. Ses gestes étaient tellement incertains qu'elle dût s'y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à attraper la poignée.
Puis, s'armant de courage, elle se leva et balança le sac sur son épaule, ce qui faillit la faire retomber. Remus, inquiet, la regardait faire. N'en pouvant apparemment plus, il suivit Andrea et vit avec étonnement qu'elle ne se dirigeait pas vers la salle commune, mais vers la porte d'entrée, qu'elle franchit avec une légère hésitation. Puis, elle marcha d'un pas lourd vers le Saule Cogneur.
Elle s'arrêta à bonne distance, ne tenant pas à se faire attaquer par l'arbre qui avait vraiment un mauvais caractère. Elle déposa son sac près d'un buisson, et, sans que Remus puisse la retenir, elle se lança vers le tronc, avec une habilité déconcertante. Le Saule n'avait même pas eut le temps d'esquisser un mouvement qu'il se retrouva paralysé suite à la pression exercée par Andrea sur un nœud du bois bien précis.
Terrifiée, le cœur battant à toute allure, elle se glissa entre les deux énormes racines. Elle entendit à peine Remus la rejoindre, trop obnubilée par le petit carré de lumière qu'on pouvait apercevoir au bout du tunnel. D'un pas un peu plus sûr, elle avança tout droit.
"Où tu vas, Andy ?"
Elle-même se posait la question. Ce n'est que lorsqu'elle entendit craquer le plancher sous ses pas qu'elle sut.
Andrea avait peur.
Elle avait tellement peur qu'elle avait envie de vomir. Son corps frémissait sans retenue, de la tête aux pieds, ses yeux papillonnaient et ses lèvres tremblaient. Tout son corps semblait en proie à une étrange crise.
"Je veux pas… Papa, maman, Jenn… S'il vous plaît… Venez me chercher…
- Andrea ? appela Remus d'une voix douce.
- S'il… Vous plaît…"
Elle se laissa glisser le long du mur en bois abîmé par le temps et se recroquevilla, comme une enfant. Ses cheveux noirs lui tombaient dans les yeux, ses yeux cherchaient des personnes qui n'existaient pas dans ce monde. Ses lèvres vibraient.
Une goutte de sueur froide perla sur sa tempe. Ses genoux cachaient presque son visage.
"Désolée… Miroir… Tellement désolée… Veux rentrer chez… Moi."
Elle voulait tout effacer, tout recommencer. Rejoindre Jenn, rejoindre ses parents, mourir, ne plus souffrir.
Le plancher craqua de nouveau, comme un coup de feu.
Le craquement faisait s'entrechoquer les souvenirs dans sa tête, faisait couler les larmes sur ses joues. Le coup de feu retentit encore et encore dans son esprit, à moins que ce ne soit le plancher qui cède sous son poids et l'entraîne dans un gouffre sans fond, à moins que ce ne soit des coups de feu tirés dans son propre cœur.
"J'ai trop souffert.
Remus sursauta. Elle ne bégayait plus, s'exprimait d'une voix sans âme, sans vie.
- Je voudrais rentrer chez moi. Mais voilà, à cause de ma stupidité sans égal, je suis coincée ici, dans cette époque. J'avais des amies, avant. Avant que je ne traverse ce putain de miroir.
Remus frémit. Elle était rarement vulgaire.
- Suis coincée ici, mes parents ne sont que des enfants, et comme je suis ici, il ne m'auront jamais. Jenn, je ne sais même pas si elle viendra au monde.
- Andrea… Qu'est-ce que tu racontes ?
- Je ne suis pas d'ici.
- Je le savais déjà, répliqua Remus, sarcastique.
- Non, ce que je veux dire, c'est que je ne suis pas encore née.
Il la regarda comme si elle lui avouait qu'elle avait commis un meurtre.
- Voilà, un jour, j'ai traversé un miroir. Je n'ai pas fait exprès, mais ça eut des conséquences désastreuses sur le continuum espace-temps, dont ma présence ici, à cette époque. Normalement, je ne suis pas censée vous rencontrer. Je ne sais même pas si vous êtes encore vivants dans mon "ancien" présent. Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai. Je sais que certains d'entre vous sont morts, et…
- Andrea, tais-toi ! s'écria Remus. Tu ne dois pas dévoiler la suite de l'histoire ! C'est contraire aux lois du temps !
- De toute façon, le futur est déjà modifié. Et je ne permettrais jamais que l'un d'entre vous meure. J'ai déjà eut trop mal comme ça…"
Néanmoins, elle se tut. Les autres n'avaient pas besoin de savoir.
Remus s'agenouilla à côté d'elle et l'entoura de ses bras. Elle faillit s'endormir, mais un coup d'œil jeté à sa montre l'informa qu'il valait mieux se lever sous peine d'arriver en retard au cours de Métamorphose.
La journée se passa normalement. Enfin, presque.
Andrea ne réagissait pas, elle se contentait de regarder ses professeurs avec des yeux sans vie. Elle rata même son sortilège Protéiforme, pourtant elle savait parfaitement le maîtriser, depuis sa sixième année. Lorsque Mac Gonagall le lui fit remarquer, elle répondit sèchement qu'elle n'était pas très en forme.
Puis, elle passa rapidement aux cuisines prendre quelque chose à manger, même si elle n'avait pas faim. Avec horreur, elle remarqua que le soleil se trouvait sur la ligne d'horizon.
Accompagnée de ses amis, elle parvint à la Cabane Hurlante sans trop savoir comment. James prit bien soin de fermer la porte de la pièce insalubre, puis, avec un sourire rassurant, se métamorphosa. Andrea observa avec intérêt le processus de transformation, puis trembla violemment lorsque le dernier rayon de soleil disparut par delà les collines.
La lune apparut, et la première lueur sur sa peau la fit gémir.
Elle avait l'impression que tout son corps était transpercé par des lames de feu, qu'on lui arrachait les membres. Ses yeux roulaient dans leurs orbites, et elle se griffait profondément les bras.
"Tellement mal…"
Bientôt, elle ne fut plus capable de formuler des pensées cohérentes. Elle devint loup.
La première lumière matinale franchit la fenêtre encrassée de la pièce aux murs de bois. Andrea se sentait tellement bien, elle ne voulait plus bouger. Peu à peu, sa peau retrouva sa sensibilité et elle ressentit le poids d'une main sur sa hanche. Une douce odeur familière envahit son nez, et ses yeux s'ouvrirent pour redécouvrir une personne qu'elle connaissait déjà trop bien.
Remus était là, endormi, en face d'elle. Les autres n'étaient plus ici. Sa respiration régulière soulevait doucement son torse, strié de cicatrices, mais pas ouvertes.
Andrea sut alors qu'il ne s'était pas blessé.
Avec bonheur, elle referma les yeux, et se plongea dans le plus doux sommeil qu'elle ait connu jusqu'ici.
Toutefois, ce moment tendre fut interrompu par l'arrivée de l'infirmière, qui les allongea sur deux brancards qu'elle faisait flotter avec sa baguette. Le froid saisit la jeune louve, qui fut rapidement endigué par la couverture qui s'installa sur elle. Les yeux toujours clos, elle entendit l'infirmière marcher derrière elle, ses chaussures claquant sur le plancher. L'air frais du parc lui piqua les joues lorsqu'elle se retrouva dehors.
Quelques minutes plus tard, elle s'était rendormie dans un lit de l'infirmerie, le même dans lequel elle s'était retrouvée le jour de son arrivée.
À son réveil, elle reconnut avec bonheur les trois visages penchés sur elle.
"Bonjour, murmura-t-elle avec un sourire timide.
- Content de voir que tu vas bien, Andy, répondit James avec gaieté.
- Enfin, faut dire que t'as rien fait de dangereux, cette nuit… rigola Sirius en coulant un regard entendu vers ses deux compères.
- Ouais !
- Euh… Mais qu'est-ce que j'ai fais, exactement ? marmonna Andrea, nerveuse. (1)
- Un truc pas très catholique.
- Oh Merlin…"
La réaction effarée de la jeune fille fit bien rire les garçons, et un léger éclat de rire parvint du lit à sa droite.
"Comment tu peux rigoler, gémit-elle à l'intention de Remus. On a fait ça devant eux !
- Hum, oui, c'est vrai, vu sous cet angle…"
Des rires enthousiastes retentirent dans l'infirmerie, et ils marquèrent pour Andrea le commencement d'une nouvelle vie.
(1) : Elle est un peu naïve, quand même… Moi j'aurais compris tout de suite. M'enfin, faut dire aussi que j'ai un esprit très pervers. ^^'
