Chapitre 13: Un monde en équilibre ( Calogèro)

Un jour passa, puis deux, et trois. Le professeur de défense contre les forces du mal n'était pas revenu, il n'avait pas non plus donné de ses nouvelles. Plus le temps passait, plus on venait à se poser des questions. Des tas de questions qui restaient sans réponse. Seuls ceux qui avaient été en cours avec Severus savaient de quoi il s'agissait vraiment, et se faisaient du souci sur son état de santé. Les plus préoccupés étaient sans nul doute ceux qui se sentaient un peu responsable de sa disparition.

Contre son gré, Severus dut faire un double emploi du temps, avec ses cours de potion, et ceux de son ami. Il se montrait aigri à chacun de ses cours, ne supportant ni critique, ni remarque, sur sa façon de gérer une telle charge de travail.

Cette nouvelle ne resta pas secrète très longtemps. Certains eurent vent de sa disparition. Le ministre de la magie Fudge, pour n'en citer qu'un. C'est pour cela qu'il fit le déplacement jusqu'à Poudlard, bien qu'on soit un samedi, et qu'il était en week end. Mais il était prêt à sacrifier un peu de son temps libre, afin de vérifier de ses yeux l'absence du professeur tant estimé de Dumbledore.

C'est le matin de bonne heure, et de bonne humeur, qu'il entra dans la grande salle. Il fixait tout le monde, dévisageait toute personne qu'il croisait. Visiblement il cherchait quelqu'un, mais n'arrivait pas à le trouver. C'est avec une grande fierté qu'il rejoignit la table des professeurs. Deux autres personnes le suivaient. La première, Percy Weasley semblait être un coq au milieu d'une basse cour, avec le même air hautain que son patron. Le deuxième était un illustre inconnu. Il devait être très âgé, relativement petit, avec un ventre rebondit, des boutons sur le visage, et quelques cheveux sur la tête. Pourquoi le ministre avait-il fait le déplacement, et pourquoi avec ces deux là en plus? Il pouvait le faire tout seul.

_Bonjour Dumbledore. Dit-il afin d'être poli et courtois.

_Bonjour monsieur le très estimé ministre de la magie lui répondit Dumbledore, machinalement et sans le moindre respect.

Fudge n'était pas le bienvenu en ces lieux, et il ne s'en apercevait même pas. Cela ne l'ébranla plus que ça. Il n'était venu pour boire le thé, ni pour se faire des amis. Il était là parce qu'il espérait pouvoir se venger de l'affront qu'il avait subi à l'infirmerie.

_Savez-vous qu'en ce moment circule une rumeur. J'ai entendu dire que votre professeur de défense contre les forces du mal était porté disparu, voir qu'il serait mort. Est-ce vrai?

_Vous savez les rumeurs ne sont pas toujours fondées. Il suffit que quelqu'un dise quelque chose, et tout de suite, c'est répété, amplifié, déformé.

_Il est possible que ce soit le cas. Je ne demande qu'à vous croire. Pouvez-vous me dire s'il est toujours ici? Je ne le vois nulle part.

_En ce moment, il n'est pas là. Il s'est absenté pour quelques jours.

_Quelques jours? J'ai cru comprendre qu'il avait disparu dimanche dernier. Cela fait bien six jours, non?

_Oui, c'est ça.

_Vous ne trouvez pas inquiétant qu'il soit absent depuis si longtemps?

_Non. Pourquoi je devrai?

_Oui. Un professeur a pour mission d'enseigner à nos jeunes enfants. Comme peut-il le faire, s'il n'est pas à son poste? Ce n'est pas très sérieux de sa part. Vous a t'il au moins donné la raison de son départ?

_Oui, il l'a fait.

_Vous lui avez demandé de vous envoyer un justificatif?

_Je n'en voyais pas l'utilité.

_Vous auriez dû. Toute absence de plus de vingt quatre heures, doit l'être.

_Ah bon?

_Comment ça « ah bon? » C'est écrit dans le code du travail. En tant que directeur de cet établissement, vous êtes tenu de le connaître par cœur.

Vous a t'il au moins donné une date de retour?

_Il ne devrait plus tarder.

_C'est à dire, soyez plus précis. Demain? Dans une semaine, un mois?

_Je ne pourrai pas vous en dire plus pour le moment.

_J'espère au moins, que vous avez fait une demande pour avoir un remplaçant?

_Non.

Fudge était outré par les réponses de Dumbledore, ainsi que son manque évident de sérieux. Il était le directeur de cette école, il avait de grandes responsabilités. Malgré cela il ne faisait pas grand chose.

_Je vais résumer, pour être bien sûr d'avoir tout compris. En ce moment, personne n'assure les cours de défense contre les forces du mal. Vous vous rendez compte de la situation? Nos enfants ne peuvent plus apprendre à se défendre. Et vous savez à quel point il est important qu'ils le sachent. C'est même vital pour leur avenir, avec tous les dangers qui les guettent à chaque coin de rue. Et vous, vous faites quoi? Rien du tout. Et en plus vous n'avez même pas pensé à le faire remplacer. Comment pouvez-vous être aussi inconscient? Enfin je dis ça moi, je dis rien.

_Vous êtes vraiment obligé de faire d'une montagne d'un rien? Les rues ne sont pas plus dangereuses maintenant, qu'elles ne l'étaient pendant notre jeunesse.

_Et le retour « de vous savez qui? » C'est tout de même bien vous qui avez insisté pour que cela soit pris en compte dans les futurs programmes. Vous avez même fait ajouter deux nouvelles matières dans ce but. Si les rues ne sont pas dangereuses, pourquoi l'avoir fait?

_Avoir fait quoi?

_Vous le savez très bien. Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Vous savez donc que j'ai le droit, non, le devoir, de nommer un autre professeur pour donner les cours de défense contre les forces du mal.

_Cela ne sera pas nécessaire. Voyez-vous le professeur Rogue, a eu la gentillesse de remplacer son collègue. Tous les cours de cette semaine ont pu être assuré normalement.

_Submerger de travail ce pauvre professeur Rogue, n'est pas une solution. Vous voulez qu'il se tue à la tâche en travaillant deux fois plus?

_Il n'était pas prévu que le professeur Salinger soit absent aussi longtemps.

_Et pourtant, c'est le cas. Pourquoi ne pas m'avoir averti?

_Je n'allais tout de même pas vous déranger pour si peu. Vous qui êtes constamment débordé de travail.

_Certes, je suis très occupé, à cause de mes fonctions. Mais ce n'est pas une excuse. Et malgré ça je trouve tout de même le temps pour me préoccuper de l'avenir de la nouvelle génération.

_Si vous le dites, mon ami.

Dumbledore d'habitude si sérieux, avait du mal à le rester, et à ne pas rire. Le spectacle que faisait Fudge avait un coté comique, surtout dans sa façon de surjouer, et des mots qu'il employait. L'avenir des enfants, n'avait jamais été sa principale préoccupation jusqu'à ce jour. Ce qui l'était, c'était de garder son poste de ministre, et de tout faire pour le garder. Quitte à faire croire n'importe quoi, à n'importe qui.

_Merci de me donner raison. Et vous savez s'il a l'attention de revenir un jour?

_Pourquoi ne le ferait-il pas?

_Il a peut-être pris se jambes à son coup. D'une façon imagé bien entendu. Son handicap ne doit pas lui permettre de le faire physiquement.

Il eut un long silence. Pourtant Fudge était persuadé d'avoir fait une bonne blague, pourquoi personne ne rigolait? C'est avec un peu de retard, que le petit vieux le fit.

_Très drôle monsieur le ministre. Lui dit-il.

_Je vous remercie mon cher Roberts. Bon reprenons. Le professeur qui vous donnait tant de satisfaction ne serait qu'un simple lâche qui a préféré la fuite.

_Je ne vous permets pas de dire ce genre de chose. Thomas ne s'est pas sauvé. Il reviendra dès que ses problèmes seront réglés.

_Ses problèmes? Mais je n'en ai rien à faire de ses problèmes. Il a signé pour enseigner pendant une année, et il se doit le faire.

Dumbledore soupira. Il n'avait pas prévu ça, ni de devoir inventer une excuse probable. Il dit donc la première chose, qui lui passa par la tête.

_Sa mère. C'est à cause de sa mère. Elle a fait un malaise, et il est parti afin d'être à son chevet.

_Comme c'est gentil de sa part, d'être au petit soin avec sa maman. Je peux comprendre qu'il ait eu besoin de partir. Pouvez-vous me donner le nom de cette charmante dame.

_Euh…Madame Salinger.

_Vous savez dans quel hôpital elle se trouve en ce moment.

_L'hôpital? Euh non. Mais pourquoi vous me demandez ça?

_Mais pour lui envoyer des fleurs, et de lui souhaiter un bon rétablissement.

_Ah oui. Ce ne sera pas utile. Elle est allergique aux fleurs.

_Ce n'est pas de chance. Mais dites, moi, vous savez beaucoup de chose à son sujet. À part le plus important, son prénom, ainsi que l 'endroit où elle est. C'est étonnant. Je me demande, s'il y a un fond de vrai dans tout ça. Le professeur en qui vous aviez entièrement confiance, vous a peut-être trahi pour passer à l'ennemi.

_Pardon? Pourquoi ferait-il une telle chose?

_Vous connaissez bien sa famille. Vous savez qu'elle est composé de lâches, de traites et de menteurs. Il a peut-être voulu rejoindre les siens, en devenant un Mangemort, par exemple. Cela doit être déjà fait, ou sur le point.

Severus vit rouge. Il n'avait pas intervenu pour aider son supérieur, ce dernier pouvait le faire tout seul. Par contre il ne pouvait rester inactif lorsque qu'on s'attaquait à son ami, qui lui n'était pas présent, et ne pouvait pas assurer sa défense.

_Retirez immédiatement ce que vous venez de dire. Comment osez-vous parler de lui de cette façon. Thomas est plus courageux que la plupart d'entre nous. Plus que vous ne l'aviez été durant toute votre vie. Il aurait préféré mourir plutôt que de rejoindre Voldemort.

_Cessez professeur Rogue de le mettre sur un piédestal. Il ne nous est pas supérieur. Il a pu se laisser tenter par la magie noire, et tout ce qui va avec. Je me suis donné la peine de faire quelques recherches à son sujet. Vous saviez qu'il était cousin du seigneur des ténèbres. Ils ont le même sang, tous les deux. Et vous savez, comme moi, que les chiens ne font pas des chats.

C'était une partie de sa vengeance envers l'homme qui avait osé lui tenir tête. Qui l'avait empêché de s'emparer de Sirius afin de le livrer aux détraqueurs. Ce qui lui aurait permis de conserver son poste au sein du ministère, et que plus personne ne doute de lui.

Fudge était content de lui, et des conséquences de sa petite découverte. Il se doutait bien que peu de personne ici présente ne devait connaître ce lien familial. La réaction de la plupart des personnes présentes lui prouva à quel point il avait raison. Il espérait bien que plus personne ne lui fasse confiance. Que plus aucun de ses élèves n'ait envie de prendre sa défense. Il pourrait de cette façon prouver à quel point Dumbledore était un piètre directeur, qu'il ne savait pas choisir les bons professeurs. Alors ce serait à lui, ministre de la magie, et à lui seul, de le faire.

_Je vois que vous vous êtes donné beaucoup de mal. Vous devez donc savoir qu'ils ne sont pas si proches que ça, ils sont cousins au sixième degré. Reprit Dumbledore.

_Bien sûr que je le savais. Ne me prenez pas pour un imbécile. Quant à vous cela ne vous a pas empêché de lui donner ce poste.

_Pourquoi? Je ne vois pas le rapport. On a tous dans notre famille des personnes peu fréquentables. C'est pour ses compétences, et son sérieux, que je l'aie choisit. Est-ce bien les qualités qu'il faut attendre d'un professeur.

_Effectivement, c'est ça. Mais pour le moment, j'ai beaucoup de mal à me rendre compte de son sérieux, étant donné qu'il n'est pas là. Qu'avez-vous à me dire pour me convaincre qu'il n'est pas passé dans le coté sombre.

_Je ne peux pas le faire.

_Donc en attendant, son hypothétique retour, je vais nommer mon ami ici, le professeur Maurice Roberts, comme étant le nouveau professeur de défense contre les forces du mal.

_Je vous remercie, le très estimé ministre de la magie Fudge.

Le professeur Roberts était bien évidement le petit gras boutonneux qui avait suivi le ministre. Du premier coup d'œil on avait du mal à y voir toutes ces compétences. Mais ne dit-on que la robe ne fait pas le sorcier ? Il était d'ailleurs le seul, avec le ministre, à se réjouir de cette nouvelle et de sa nouvelle promotion. Il venait de vivre, enfin, son quart d'heure de gloire, tant attendu. Il ne pensait pas un jour retrouver le prestige qui allait avec la fonction de professeur. Il l'avait été dans le passé, jusqu'à ce qu'on le juge trop vieux, et qu'on le force à prendre sa retraite. Il ne se pensait pour sa part, pas si âgé que ça, et plein d'entrain. Il fit un grand sourire à tous ceux qui le regardaient, et dit à ceux qui voulaient l'entendre à quel point il allait bien s'occuper d'eux en cours, qu'il était impatient de commencer. Seul Fudge fut ravi de ce petit monologue, qu'il avait été sans doute le seul à l'avoir écouté.

La nomination d'un nouveau professeur ne déclencha aucune joie de la part des élèves. Certes ils avaient quelques doutes, mais d'un autre côté Thomas était un assez bon professeur.

_Je vous en prie cher professeur Roberts. Comme je regrette de ne plus avoir l'âge de faire mes études ici. J'aurais tant voulu avoir un professeur tel que vous.

Les flatteries du ministre sonnaient faux. Pas pour tout le monde. Le remplaçant en rougit tout en souriant. Qu'il était naïf de croire une seconde que son supérieur pensait ce qu'il venait de dire. C'est à son manque de savoir, sa mollesse légendaire qu'il devait son travail. Son véritable rôle était d'affaiblir les jeunes étudiants, et leur faire perdre l'envie de toute rébellion, de révolte.

Percy nota tout ce qu'avait dit son chef. Comme si toutes les paroles qui pouvaient sortir de sa bouche devaient être gravées dans le marbre. Puis il se retourna, prenant conscience des regards froids que dirigeait sur lui son frère et sa sœur.

_Bonjour leur dit-il. Comment allez-vous? Vous avez eu des nouvelles des parents? Ils vont bien?

Aucun Weasley, digne de ce nom, ne se donna la peine de lui répondre. Percy les avait trahi, il n'était plus considéré comme un membre de la famille, mais comme un fourbe, un infidèle.

_Vous êtes pressés. Ce n'est pas grave, on se parlera plus tard, quand vous aurez le temps.


Si le soit déserteur n'avait pas repris son travail, c'était uniquement parce qu'il n'était pas état de le faire. La chute qu'il avait fait l'avait amoché et affaibli. Il devait se reposer, il n'y avait rien d'autre à faire. Il pouvait juste espérer que cela ne prenne pas trop de temps. Pour cela il pouvait compter sur l'aide d'Alexandre. Ce dernier prenait grand soin de lui. Il veillait à changer régulièrement ses pansements. Il l'aidait à faire sa toilette, lui donnait trois vrais repas chaud, et le faisait prendre le bon air frais dans le jardin. Thomas se laissa faire, bien gentiment, sans râler ni se plaindre. Il était trop faible pour se plaindre. Après une semaine, il eut assez de force, pour pouvoir se rebeller. Et c'est ce qu'il fit. Il en avait assez de rester inactif, et sa patience avait attend ses limites. Il exprima son désir de retourner à Poudlard.

_Pourquoi es-tu si pressé de t'en aller? Je ne m'occupe pas assez bien de toi ? Lui demanda Alexandre.

_Tu sais bien pourquoi. Et puis tu passes trop de temps à mes cotés. Tu n'as pas arrêté une seconde. Tu en fais trop, si tu continues comme ça, tu vas tomber malade.

_Ne t'en fais pas pour moi, je ne suis pas prêt de tomber malade. Et puis on est samedi aujourd'hui, tu n'as pas de cours à donner. Tu ne peux pas attendre lundi pour retourner à ton travail?

_Oui, je sais. Mais je préférerai quand même rentrer tout de suite. Tu as bien prévenu le professeur Dumbledore de mon retour?

_J'aurais dû le faire?

_Oui, afin que je puisse récupérer mon emploi.

_J'ai oublié de le faire.

_Comment ça oublié? Tu leur as au moins dit que j'étais en vie?

_Oui, Severus est au courant. Je suppose qu'il en a parlé à Dumbledore.

_Pourquoi tu as fait ça. Je peux perdre mon travail à cause de ça.

_Est-ce vraiment grave? Ce n'est pas comme si tu en avais vraiment besoin. Et puis, je n'aime pas que tu prenne autant de risque. Combien de fois, tu as frôlé la mort depuis que tu as commencé?

_Si ça l'est, parce que j'ai fait la promesse d'aider Dumbledore dans la guerre contre Voldemort. Tu sais que ce n'est pas mon genre de ne pas les tenir.

_Il ne doit pas le savoir, lui. Je viens d'apprendre qu'il aurait engagé un nouveau professeur pour te remplacer.

_Il ne l'aurait peut-être pas fait, si tu avais pensé à lui écrire. Et tu connais son nom ?

_Oui, c'est Maurice Roberts.

_Pardon? Je croyais qu'il avait perdu le droit d'enseigner. C'est bien lui qui pensait que les toutes les créatures qu'il voyait dans les séries télé, existaient pour de vrai? Il aurait même écrit un manuel sur la façon de se défende face à eux.

_C'est bien lui. Son livre est toujours en vente. Je peux aller te l'acheter si tu veux.

_Non, merci. Le professeur Dumbledore ne peut pas avoir fait une telle chose. Tu es sûr de tes sources?

_En vérité, c'est Fudge le responsable.

Alexandre fut prit d'un fou rire, incontrôlable et interminable.

_Tu peux me dire ce qui te fais rire?

_Tu perds ta place en profit d'un vieux débile, un cracmol paranoïaque.

_Ce n'est pas drôle. Maintenant, tu arrête de rire bêtement, et tu m'aides à me lever.

_C'est vraiment ce que tu veux?

_Je promets de faire très attention, mais je ne peux pas laisser mes élèves avec le professeur fou. Tu sais qu'il est capable de tout, surtout du pire.

_Oui tu as raison. Il serait en effet plus sage que tu y retournes aujourd'hui. Tu vas arriver à marcher tout seul? Tu veux un marcheur peut-être?

_Si tu me donnes un marcheur, je m'en sers pour te taper dessus.

_Tu ne le feras pas, tu n'as pas assez de force pour ça. Et puis tu m'aimes trop pour me faire du mal.

Alexandre demanda à l'un de ses elfes de maison, d'aller lui chercher une canne. En attendant, il l'aida son frère à s'habiller et à se lever. Puis il le conduisit jusqu'au grille du collège. Maintenant, il ne pouvait plus rien faire, juste espérer que tout se passerait pour le mieux.


Le premier match de Quidditch devait être l'événement majeur de début de saison. Nombreux étaient les fans qui se pressaient dans les gradins afin de ne pas en perdre une miette. Lors des confrontation entre Gryffondor et Serpentard, il y avait encore plus de monde que pour tous les autres. Inutile de préciser vers qui allaient les faveurs, au rouge et jaune bien entendu. Ce serait sans nul doute du grand spectacle, avec de l'action, de l'animation, de l'émotion. Bref plein de mot terminant par tion.

Ce jour là il ne se passa rien du tout, mais vraiment rien du tout. Les poursuiveurs faisaient mumuses avec la baballe. Ils se contentaient de se la passer à tout de rôle, sans se préoccuper des équipes, sans chercher à marquer le moindre but. Ce qui aurait été grandement facilité par l'absence des gardiens. Ces derniers avaient déserté leurs postes respectifs et passaient, repassaient avec une banderole flottant derrière leurs balais. Le message changeait régulièrement, cela allait de donne ta démission Fudge, a dehors Fudge, Fudge pu du f***, mais le fond restait parfaitement identique.

Les quatre batteurs étaient quant à eux directement assis sur le sol et jouaient gaiement, et bruyamment aux cartes. Ils ignoraient complètement tout ce qui se passait autour d'eux. Il ne manquait personne, puisque les deux derniers, les attaquants, s' étaient installés dans les tribunes, afin de soutenir avec beaucoup de conviction leurs camarades de jeu.

Bref; personne ne jouait au Quidditch. C'était comme si les deux équipes c'étaient mise d'accord pour ne pas faire le moindre effort, pour faire du non-jeu. La raison de leur acte? C'est parce que Fudge était présent. Il avait insisté pour rester, car il aimait beaucoup le Quidditch et avait peu de temps pour assouvir sa passion. Cela aurait été le cas, si les jeunes élèves avaient accepté de le faire en sa présence. Comment le pourraient-il après ce qu'il avait osé dire sur le professeur Salinger. Le ministre devait comprendre qu'il n'avait plus sa place dans cette école, que ce n'était pas à lui de décider qui pouvait être professeur et qui ne le pouvait pas.

Fudge resta muet, abasourdit par tant de culot de la part des jeunes étudiants. De son temps, on respectait l'autorité, on ne se moquait pas d'elle aussi ouvertement. Le pire était que tous ceux qui étaient dans les gradins encouragés leurs camarades à ne pas jouer, à continuer leurs bêtises. Quelle jeunesse, ils se croyaient tout permis. Il ne pouvait pas rester là sans réagir. Il se leva, puis jeta un regard mauvais à Dumbledore. Non seulement il les laissait faire, mais en plus il avait l'air de trouver cette mascarade amusante. Il n'y avait pourtant rien de comique là dedans.

_Pouvez-vous m'expliquer ce qui se passe?

_Vous avez des yeux, non? Vous voyez la même chose que moi. Je n'ai rien à vous expliquer.

_Bien sûr que si. Ils font n'importe quoi. Pourquoi ne jouent-ils pas?

_Parce que vous êtes ici mon cher.

_Comment ça parce que je suis ici? Cela n'a pas de sens.

_Au contraire. Ils ne veulent plus de vous, et c'est leur façon de vous le dire.

_Qu'attendez-vous pour intervenir? Mais faites quelque chose. Bougez-vous.

_Je n'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit. Je suis même d'accord avec eux.

_Ils doivent respecter l'autorité. Il y a des règles qu'ils se doivent d'appliquer. Vous êtes bien de mon avis professeur Rogue?

_Pas vraiment. Je partage l'avis du directeur. Ils ne font d'appliquer les leçons que le professeur Salinger leur a donnés. Pour ça je ne peux que les approuver.

C'était un complot, et tout le monde en faisait parti. Une vaste conspiration contre lui et son autorité. Il en avait assez vu. Il quitterait le stade la tête haute.

_Venez monsieur Weasley, nous n'avons plus rien à faire ici.

Percy ne dit rien, il se contenta d'obéir et de suivre son patron bien gentiment, comme un petit chien-chien. Ils passèrent devant les joueurs qui lui firent une ola d'honneur. Le jeune assistant du ministre se retourna vers ses anciens camarades, pour leur dire du bout des lèvres: Bravo les gars, bien joué. Il joignit les gestes à la parole, en mettant ses deux pouces en l'air. Ce qu'il fit là en étonna plus d'un, et d'une.

Tous surveillaient le départ du ministre, afin de vérifier que ce dernier s'en allait pour de bon. Après le véritable match pourrait enfin commencer. C'est donc sous les hués de tous qu'il se rendit vers la sortie la plus proche. Là il tomba nez à nez avec le professeur Salinger. Le silence s'imposa rapidement, tous le regardaient avec un intérêt des plus étrange et inquiétant. Cette personne était-elle le vrai Thomas, ou une doublure se faisant passer pour Thomas?

Le Thomas en question avait de grandes difficultés à se maintenir debout, et avait dans sa main droite une canne. Ce petit détail de rien du tout prouva l'identité du nouveau venu. Plus de doute leur professeur de défense contre les forces du mal était de retour. Son remplaçant n'avait plus qu'à repartir de là d'où il était venu. On n'avait plus besoin de ses services.

Fudge en fut très surpris et étonné. Le retour du professeur handicapé et déserteur le ravit. Il tenait là une occasion unique de prouver qu'il avait raison. Les preuves dont il avait besoin se tenait devant lui.

_Vous voilà de retour… professeur Salinger? Ou grand maître fondateur Salinger. A moins que vous préfériez l'ermite? Vous voyez j'ai pris un peu de mon temps libre pour faire des recherches à votre sujet. Du coup je ne sais plus comment je dois vous appeler. Je ne voudrais pas me tromper.

À présent tout le monde savait qui était réellement Thomas, allias l'ermite. Ce qui ne dit pas grand chose à la plupart d'entre eux, peu de personne ne connaissait vraiment la légende entourant ce surnom. Sauf Hermione qui en ouvrit la bouche. Elle ne s'en était pas doutée. Du regard, elle interrogea ses amis Harry et Draco, qui semblaient le savoir déjà. Pourquoi ne m'avoir rien dit, leur murmura t-elle stupéfaite.

_Je crois que j'ai gaffé. Vous ne vouliez pas qu'on sache qui vous étiez réellement? Comme c'est dommage. Vous ne m'en voulez pas trop au moins?

_Vous l'avez fait exprès.

_C'est bien possible. Mais vous ne pouvez pas le prouver. Comment va madame votre mère? Mieux j'espère.

_Pourquoi me parlez-vous de ma mère?

L'étonnement de Thomas se vit quelques secondes sur son visage. Bien que bref cette micro expression n'échappa pas au ministre.

_Parce que vous êtes parti pour aller à son chevet? C'est bien la raison de votre absence.

_Eh je je ….

_Ce n'est pas pour ça que vous n'étiez pas là? Parce que votre mère n'a jamais été malade. Je vais vous demander de me dire la vérité: où étiez-vous ?

_Cela ne vous regarde pas.

_Je m'adresse au professeur de défense contre les forces du mal, et non au fondateur. Il est donc de votre devoir de me rendre des comptes sur tous vos faits et gestes.

_Mais ça ne vous regarde pas.

_Vous n'avez pas beaucoup de vocabulaire, pour quelqu'un de votre rang. Et en plus vous n'y mettez pas du votre. Je peux et je sais sûrement demander votre licenciement.

_Et pour quel motif, je vous prie?

_Abandon de poste, tout simplement. A moins que vous vous décidiez à parler.

Thomas était bien décidé à ne rien dire. Il ne pouvait pas parler sans incriminer deux de ses élèves, et à leur créer des problèmes. Il défia Fudge du regard. Ce dernier n'appréciait pas ce genre de défit. Je vais te mettre plus bas que terre, se dit-il. Et il allait tout faire pour.

_Ce silence en dit long. Vous avez rejoint votre cher cousin, le maître des ténèbres, c'est ça?

_PAS DU TOUT.

_Prouvez-le. Je ne demande qu'à vous croire.

_Je n'ai rien à vous prouver.

_Vous ne m'avez pas bien compris. C'est un ordre que je viens de vous donner. Montrez-moi votre bras gauche.

_Rien ne m'oblige à le faire.

_Si, moi. Mais puisque vous le prenez comme ça. Je vais le faire moi-même.

La chemise fut déboutonnée rapidement, et jetée au loin sans ménagement, avant d'atterrir sur le sol. Thomas se retrouva torse nu. Voilà ce qui en coûte quand on teint tête à un ministre. Et ce n'était pas finit. L'absence de toute marque ou de tatouage ne suffisait pas Fudge.

_Certes, vous n'avez pas de marque sur votre bras. Il se peut qu'elle se trouve sur une autre partie de votre corps. Reprit-il tout en regardant en dessous de la ceinture.

Ce comportement peu digne d'un ministre suscita de la part des élèves des exclamations, de quel droit humiliait-il de cette façon le professeur Salinger? C'est parce qu'il voulait une réponse à sa question, et il ferait tout pour en obtenir une. Pour cela il allait jouer un peu au détriment de Thomas.

_Vous voulez aussi m'enlever mon pantalon? Cria ce dernier. Ça vous amuse de rabaisser devant tout le monde?

_À qui la faute? Je n'en serais jamais arrivé là, si vous aviez répondu à mes questions. Je suis bien obligé de le faire, afin de vérifier que vous n'avez pas la marque des ténèbres sur vous.

_Pour cela vous me déshabillez en publique. Vous pourriez avoir la décence de le faire en privé.

_Ne me dites pas que vous êtes pudique?

_Si j'accepte vos conditions, vous me laisserez tranquille après?

_Bien évidemment. Maintenant retirez votre pantalon.

_Ici? Vous rigolez? On ne peut aller dans les vestiaires?

_Non. C'est trop loin, et je n'ai pas envie de marcher.

_Vous n'êtes pas sérieux là?

_Je ne l'ai jamais autant été. Je peux même le faire à votre place si vous le voulez, cela ne me gêne pas.

Fudge allait vraiment trop loin, il se croyait tout permis. Dumbledore décida-enfin- d'intervenir.

_Cornelius. Vous ne devriez pas faire ça. Le jeu à bien assez duré.

_On n'en serait jamais arrivé là, si vous ne m'aviez pas menti dès le début. Alors je vous conseille de me laisser faire. Je pourrais demander votre remplacement à vous aussi.

_Je ne vous ai pas menti. Il était avec sa mère.

_Chose qu'il semblait ignorer en arrivant. Étrange, n'est-ce pas? J'ai donc toutes les raisons de douter en sa bonne foie. Tout ce que je demande c'est une réponse, une simple réponse. Ce n'est pas trop demandé. Bon cette mascarade à assez durée.

Il se rapprocha de Thomas, posa ses mains sur sa ceinture. Il commença à lui retirer lorsqu'une main l'empêcha de le faire. Son secrétaire venait de l'interrompre.

_Vous ne pouvez pas faire ça monsieur le ministre.

_Et pourquoi pas? Vous n'avez pas à me donner d'ordre Percy. Je pourrai me passer de vos services.

_Parce que c'est indigne de quelqu'un de votre rang. Et aussi parce qu'il y a parmi nous de très jeunes filles, dont ma sœur. Elles sont trop jeunes pour perdre leur innocence, et voir ce genre de chose. Vous ne croyez pas?

_Je n'y avais pas pensé.

_C'est pour ça que je suis là monsieur. Pour vous aider à prendre les bonnes décisions.

Fudge prit la sage décision, de finir cette conversation dans un endroit privé. Cela fut très court, il ressorti peu de temps après des vestiaires. Il en avait même perdu son sourire bête.

_Apparemment il ne serait pas passé à l'ennemi. Dit-il presque déçu. Mais comme je n'ai toujours pas de réponse, je vais rester encore un peu.

Il demanda, ou exigea qu'une chambre soit mise à disposition, et une autre pour son secrétaire. Il ne repartira que lorsqu'il saura toute la vérité, et pas avant. Il était patient et pouvait attendre le temps qu'il fallait pour.

Thomas quant à lui semblait ne pas vouloir sortir des vestiaires. Inquiet Harry alla voir ce qui se passe. Il tenait dans sa main, la chemise qu'il venait de ramasser, afin de lui rendre. C'est à ce moment que son professeur sortit à son tour.

_J'allai te rapporter ta chemise.

_Merci Harry, c'est gentil de ta part.

_C'est normal.

Thomas remit rapidement sa chemise, et l'attacha comme il le put. Il n'osait pas regarder ses élèves, de peur qu'ils le jugent mal après tout ce qu'ils venaient d'apprendre à son sujet. Il ne vit donc pas que cela n'avait pas beaucoup d'importance, pour une grande majorité.

_Thomas. Je peux compter sur vous pour le dîner de ce soir?

_Non. Je n'ai pas faim.

_Vous faîtes la tête? J'ai fait quelque chose de mal?

_À part de n'avoir rien fait pour me défendre? Et pourquoi lui avoir parlé de ma mère? Vous n'auriez pas pu trouver une autre excuse?

_Je n'ai pas eu le temps d'y réfléchir. Mais pourquoi vous mettez-vous en colère pour si peu?

_Je n'ai pas envie de parler de ça, ni maintenant, ni plus tard. Je suis fatigué, le voyage m'a épuisé. Puis-je me rendre dans ma chambre?

_Oui, bien sûr, vous avez mauvaise mine. Je vais vous raccompagner, et vous faire apporter votre repas.

_Cela ne sera pas nécessaire je connais le chemin.

Il s'éloigna lentement. Il devait fournir de gros effort pour se déplacer. Puis il perdit l'équilibre et chuta sur le sol. Dumbledore le rejoignit assez rapidement.

_Laissez moi vous aider.

_C'était tout à l'heure que j'en avais besoin.

_Ne faites pas l'enfant, vous êtes trop faible.

Effectivement il l' était tellement mais pas assez pour ne pas s'y opposer.

_Mais laissez-moi tranquille. Puisque je vous dit que je peux le faire tout seul.

Dumbledore comprit qu'il n'était pas utile d'insister. Qu'il ne ferait qu'accentuer la colère du professeur Salinger.

Thomas arriva, avec beaucoup de mal, dans sa chambre. Bien que fatigué par le voyage, il ne pu trouver le sommeil. Il était trop énervé pour cela. Il se demanda comment Fudge avait été averti de son absence, qui avait pu lui en parler?

Le soir un repas chaud lui fit servit, repas qu'il ne toucha pas. Il ne ressentait pas le besoin de se nourrir. Il était plongé dans ses pensées. Il aurait peut-être dû rester chez son frère. Il aurait évité de se faire insulter par Fudge, et il se serait pas mis en colère devant toute l'école, devant ses élèves. Comment ces derniers allaient le voir à présent? L'accepteraient-ils en tant que professeur?

Il n'eut pas besoin d'attendre, la réponse arriva en même temps que Harry et Draco. Ils étaient venus au nouvelle, et aussi pour s'excuser et lui apporter leur soutient. D'après en firent autant, comme Hermione, qui en profita pour lui ramener des bretzels, Ron qui lui apporta rien du tout.

À suivre, dans le chapitre 14: Juste un peu de silence.

Merci de continuer à me lire.

Si vous avez aimé vous pouvez le dire, si vous ne l'avez pas aimé vous le pouvez aussi. Merci Artmis pour tes messages, non je ne peux pas donner de jour ni d'heure, les chapitres sont mis en ligne une fois que tout a été corrigé, afin d'éviter autant que possible les fautes et erreurs de scénario.

See you