Réponse aux reviews :
Syolen (fidèle à la fic) : Sulring n'a pas de bol et on comprend dans l'épisode 16 pourquoi. Mais continue à lire, Sauron finira par succomber à son charme légendaire. (désolée, je pars en live, c'est l'effet du cours d'électrotechnique de ce matin)
Elonwe : Merci pour l'encouragement. Promis, je remettrai le coup de la musique d'Iluvatar… mais c'est vrai en fait, ils disent tous : « c'était dans la musique d'Iluvatar »
Bilbo le hobbit : Ca m'étonne pas que t'aies choisi ce nom là. Moi à la limite, je préfère être au milieu d'une armée d'orques plutôt qu'avec un type rustre, macho etc qui prend sa nana pour une pondeuse de gosses.
Episode 13 : Eärwen ne sait pas ce qu'elle veut
Sulring continua ses cours de maths. Il lui fallut un an pour arriver au niveau de la première S, et ce fut Eärwen qui lui fit une crise existentielle.
- Ma dame ?
- Oui ?
- Il faut que je te parle. Je connais tes capacités d'écoute, je sais à quel point tu te soucies du bonheur des autres.
- Vas-y, arrête de tourner autour du pot.
- Je ne sais pas si j'ai bien fait de sortir avec Sauron.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Je ne sais pas si je l'aime vraiment.
Dans quelle galère me suis-je encore fourrée ? Si Eärwen plaque Sauron à cause de ce que je lui dirai, ça va encore me retomber dessus, et Sauron m'en voudra à mort. Purée, les Valar ont dû me maudire pour qu'il me tombe autant de tuiles sur la tête. J'en ai marre.
Sur le point de la malédiction des Valar, elle n'avait pas forcément tort.
Sulring se demandait aussi si elle l'aimait ou si elle le vénérait. Si elle disait à Eärwen de le plaquer, elle s'en voudrait, même si elle avait le champ libre après. Et Eärwen aussi lui en voudrait. Et avoir une liaison avec lui était inconcevable. Elle voulait être celle qui sauverait l'honneur du Chef, en évitant de lui faire porter une 150ème paire de cornes. Et elle n'avait pas envie de se prendre la tête. Sa sœur avait été amoureuse d'un type et Sulring avait pu voir toutes les complications que cela avait entraîné. Dans ce cas-là, autant rester célibataire. Elle voulait s'échapper d'Angband et retrouver la vie qu'elle avait avant : la vie de guerrier invincible, soumis à aucune contrainte, et demeurant un mystère pour tous les autres.
- Sulring ?
- Hein ? bégaya-t-elle. Continue.
- Maintenant que nous sommes amants, je ne sais pas, enfin, je ne crois pas que c'est aussi bien que je ne l'avais imaginé.
- Tu l'imaginais comment ?
- Je ne sais pas. J'ai peut-être eu tendance à l'idéaliser trop…
- Et bien, on n'est pas sorties de l'auberge… marmonna Sulring.
Dans la famille « je sais ce que je veux », je demande la suivante. Bonne pioche.
- En fait, j'ai l'impression qu'on s'en lasse. Et je ne sais pas quels sont ses sentiments à mon égard.
- S'il n'en avait pas, il t'aurait plaquée depuis longtemps.
- Il dit m'aimer, mais je ne sais pas à quel point.
- Moi non plus. Le mieux serait que tu lui en parles.
- Tu n'y penses pas !
- Ecoute Eärwen, toi seule peut savoir ce que tu veux. S'il n'est pas le bon, arrête. Sinon, reste avec lui.
- Mais je ne sais pas si c'est le bon ou pas !
Sulring joignit ses mains en regarda vers l'ouest, l'air de dire « qu'est-ce que j'ai fait aux Valar pour mériter ça ? ».
- Tu m'excuses, mais tu ne connais rien à l'amour.
- Si ! Etre mariée à Melkor, un type absolument parfait, un vrai prince charmant beau et gentil, qui est fou de moi et me le montre et dont je suis dingue moi aussi me fait voir ce qu'est vraiment l'amour. Il n'y a qu'avec lui que je vis ce genre de chose que je n'avais jamais vécue avant, ironisa-t-elle en prenant une voix extasiée.
- Sulring ? T'as fumé un Ent ou tu te fous de moi ?
- Seconde solution. Vois-tu, je n'ai jamais pu savoir ce qu'était l'amour avec un grand A, parce que j'ai d'abord été mariée à un pédophile puis à un lapin qui me prend pour une usine à gosses. Et personnellement, je préfère le lapin.
- Pardonne-moi.
- Pas grave.
- C'est que je suis un peu à cran en ce moment.
- Je sais. Ecoute, je vais parler à Sauron. Et je te ferai part de sa réponse. En fonction, tu verras.
- Merci. Que pourrais-je faire pour te remercier ?
- Me trouver la partie réelle des racines de Zêta.
Voyant la tête d'Eärwen, elle ajouta :
- Je plaisante. Tu as déjà fait énormément pour moi. Il est temps que je te le rende.
Eärwen la regarda avec admiration. Sulring était une elfe d'exception. C'est avec elle que Sauron aurait dû sortir, pas avec moi, se dit-elle.
Deux jours plus tard, Sulring envoyait sa suivante à la bibliothèque pour prendre les cours de maths de terminale et parlait à Sauron.
- Elle est où votre suivante ? demanda-t-il.
- A la bibliothèque, elle me recopie des cours de maths.
Il arrondit les yeux.
- Pour quoi faire ?
- Je m'instruis pour pouvoir résoudre votre problème tordu.
- Alors, vous n'avez pas abandonné ? fit-il, le regard admiratif.
- Non. Pourquoi ? Les autres ont abandonné ?
- Oui. Elles se sont consolées avec moi.
- Dites, c'est quoi, le masculin de nymphomane ?
- Coureur de jupons, je dirais.
- C'est ce que vous êtes.
- Mais cela ne durait jamais. Je suis maudit. Mes maîtresses n'aimaient que mon physique ravageur.
Sulring regarda les chevilles de Sauron.
- Ca va ? Elles n'ont pas encore explosé ?
- Euh non.
- Bon, allons droit au but. Je ne suis pas là pour examiner vos chevilles, ni votre ego surdimensionné. Et puis, vous avez peut-être raison de vous vanter. Vous êtes très beau, d'ailleurs… mais pas parfait. Personne n'est parfait.
- Si, vous, fit-il avec un sourire charmeur.
- C'est quoi, ce plan foireux de drague ?
- Désolé.
- Si vous voulez m'avoir, il vous faudra me démontrer l'hypothèse de Riemann, car même si je ne porte pas le Chef dans mon cœur, je tiens à lui rester fidèle, c'est une question d'honneur. Ce qui ne nous empêche pas d'être amis.
- Très bien. Donc, que vouliez-vous me dire sur Eärwen ?
- Je sais que cela ne me regarde pas, mais est-elle votre seule maîtresse ?
- Non. Mais avec elle, c'est différent.
Il savait que l'estime que Sulring avait pour lui venait de descendre en flèche. Il essayait de rattraper le coup. Il essayait aussi d'accepter le fait que Sulring ne lui appartiendrait pas avant un bon bout de temps, si cela devait un jour se produire.
- En quoi est-ce différent ?
- On s'entend bien. Et ce n'est pas que physique. Mais j'ai l'impression qu'elle s'en lasse.
- Bon, vous l'aimez ou pas ?
- Je ne sais pas.
Oh purée…
- Envisagez-vous de faire votre vie avec elle si un jour, vous sortez d'ici ?
- Si je sors d'ici, je ne pense pas que je pourrai faire ma vie avec une femme.
- Et pourquoi pas ?
- Vous ne connaissez que mes points positifs. Je sens qu'au plus profond de moi, je suis maléfique. Le Chef m'a totalement transformé et c'est irréversible.
A peine fataliste, le gars…
- C'est sûr que si vous êtes un genre de Chef puissance ½, ça ne risque pas d'être joyeux pour une femme.
- Eärwen et moi n'avons aucun avenir. Il vaut mieux qu'on en reste là. Ce qu'il y avait au début n'est plus. J'ai raison ou pas ?
Ah, enfin un gars qui sait ce qu'il veut.
- Je n'en sais rien. Je ne suis pas une antenne captant vos pensées. Je ne suis pas non plus devin, je ne me nomme pas Mandos. Vous seul savez (devez savoir) ce que vous voulez.
- Alors j'espère qu'elle ne le prendra pas mal.
Ce qui est sûr, c'est que comme toute femme qui se fait plaquer, elle ne le prendra pas très bien.
- Pourquoi mes histoires d'amour finissent-elles toujours mal ?
Ca y est, il me refait une crise existentielle…
- Je ne sais pas. Mais faites moi confiance, un jour, vous trouverez la femme qui vous conviendra. Elle vous libérera de l'influence de Melkor.
- Evitez de prononcer son nom. Le Chef me fiche la trouille. Et puis, votre peuple l'a appelé Morgoth, je vous rappelle.
- Je sais. Mais je trouve que son surnom est trop laid, même s'il lui convient mieux. Il paraît que cela vient de mon oncle Fëanor, qui l'a surnommé ainsi, le noir ennemi, quand il a volé les Silmarils. Mais j'étais jeune à l'époque et personne ne m'a raconté ce qui s'est passé après.
- Je n'en sais pas plus que vous.
Finalement, ce fut moins pire que ce que Sulring redoutait. Eärwen et Sauron se séparèrent mais restèrent bons amis.
