Bonjour,
Me voilà de retour avec le chapitre 13 d'Un Chemin dans le brouillard. Comme toujours je tiens à remercier toutes les personnes qui lisent cette fanfiction, ceux qui la suivent ou la mettent dans leurs favoris et surtout ceux qui prennent le temps de laisser une review. Cela fait plus d'un an que j'ai commencé à écrire et même à poster Un Chemin dans le brouillard et je dois avouer que quand j'ai mis le premier chapitre en ligne je n'aurais jamais pensé qu'elle aurait autant de succès. Cela me fait vraiment plaisir qu'elle ait trouvé son public et que certains la suivent depuis le début.
Guest : Merci, je suis contente qu'elle te plaise.
Cind3rella : Merci pour ta review. J'espère que tu as quand même pris le temps de dormir. :p Enfin il est vrai que Beth est principalement vu comme une baby-sitter dans la série jusqu'à la moitié de la saison 4.
Emmy : Merci. Je suis contente que tu aies aimé le chapitre 12.
Je vous laisse à la lecture de ce treizième chapitre qui j'espère vous plaira.
Bonne lecture,
Colibrii
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Rien n'allait plus. Tout allait mal. Beth jeta un coup d'œil à Daryl qui dans un coin du bloc était en train d'empaqueter ses affaires. Merle était mort la veille. Il savait que Rick n'irait pas au bout du marché qu'il avait passé avec le Gouverneur et avait donc décidé de le conclure à sa place. Cela devait leur permettre de vivre en paix et pour cela, il suffisait simplement lui livrer Michonne. Beth ne put s'empêcher de frissonner d'horreur à cette pensée. Elle pouvait assez facilement imaginer ce que le Gouverneur lui aurait fait. Merle avait finalement relâché Michonne s'échapper et avait visiblement tenté de tuer le Gouverneur. Malheureusement, le frère de Daryl y avait laissé la vie et n'était pas parvenu à ses fins.
D'après ce que Beth avait entendu, Merle avait réussi à tuer une bonne partie des troupes du Gouverneur mais Daryl n'avait trouvé nulle trace ni du Gouverneur ni encore de son second Martinez. Cela voulait sans doute dire que l'homme avait réussi à s'échapper et par conséquent qu'il viendrait se venger sur la prison.
Il avait été décidé la veille, suite un vote, que le groupe ne quitterait pas la prison sans se battre. Hershel, Marvin, Carl et Beth ainsi que bien entendu Judith devraient se réfugier dans la forêt alentour dès que cela serait nécessaire. Toutefois avant cela, le groupe entier avait travaillé à la protection de la prison. Des pièges avaient été placés dans le champ et des plaques en métal avaient été ajoutées à des endroits stratégiques. Ce dispositif devait leur permettre de tirer sans pour autant être à découvert.
Personne n'avait dormi de la nuit et à l'aube, Beth prit son sac à dos ainsi que la petite Judith. Chacun avait mis ses affaires dans un sac qu'ils mettaient dans le coffre d'une voiture. Si cela devait tourner mal, le groupe n'aurait pas tout perdu. Ils sortirent les voitures tout en évitant les pièges puis Beth, Judith, Hershel et Judith allèrent se réfugier dans la forêt alors que les autres retournaient vers la prison. Elle n'aimait pas être écartée du danger ainsi et se sentait très inutile. Sentiment qui ne l'avait jamais accaparée pendant son temps sur la route avec Daryl. Elle savait que la plupart la voyait comme une faible femme et se demandait s'il en serait autrement un jour. Elle jeta un coup d'œil à Carl qui semblait très en colère. Il n'avait pas supporté d'être interdit de combat par son père. Tout comme elle, il n'aimait pas être vu comme un enfant.
De là où elle était Beth put entendre les tirs. Elle eut l'impression que cela durait des heures alors que trois minutes tout au plus se passèrent. La jeune femme serra un peu plus la petite Judith contre elle tout en récitant une prière dans sa tête. Tout un coup les salves s'arrêtèrent. Le groupe du Gouverneur devait être entré dans la prison. L'étau se refermait sur eux.
Les minutes passaient aussi longues que des heures dans un silence de mort. Puis une explosion leur vint aux oreilles. La contre-attaque avait été lancée. Des cris leur vinrent aux oreilles. Beth pouvait parfaitement imaginer la débandade.
Elle ne sut exactement combien de temps passa lorsqu'un jeune homme, qui devait environ avoir son âge, arriva non loin d'eux. Aussitôt, son père et Carl le tinrent en joue. Hershel lui demanda de baisser son arme. Le garçon commença à le faire. Beth ne put s'empêcher d'espérer que cela se règle sans une goutte de sang lorsqu'elle entendit le bruit du silence. Elle écarquilla les yeux. Carl venait de tirer en pleine tête du garçon alors qu'il se rendait. Marvin poussa un cri d'horreur tandis qu'Hershel et elle échangèrent un regard. Il l'avait exécuté.
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L'attente était intenable. Beth surveillait du coin de l'œil la petite Judith qui dormait dans sa boîte tandis que Marvin faisait les cent pas traînant sa jambe blessée derrière lui. Tandis que Rick, Daryl, Abby et Michonne poursuivait le groupe du Gouverneur, les autres étaient restés à la prison pour la défendre.
Beth entendait Marvin marmonner sans comprendre ce qu'il disait. Il ne supportait pas de savoir sa sœur en danger pendant que lui était laissé à l'arrière.
— Arrête de tourner comme ça, Marv' ! Tu me donnes le tournis, déclara Beth.
Son ami tourna son visage vers et bougonna de vagues excuses avant de s'asseoir à côté d'elle. Il jeta un coup d'œil à Judith. La petite dormait toujours à poings fermés, ne se doutant pas le moins du monde de ce qu'il se passait autour d'elle.
— Ça va bien se passer, Marvin, intervint Hershel.
Beth devina à la voix de son père qu'il croyait ce qu'il disait. La foi d'Hershel donna du baume au cœur à la jeune femme. Bien qu'elle essaye de cacher son inquiétude, cette dernière ne la quittait pas depuis qu'il avait été décidé qu'ils devaient écraser totalement le Gouverneur et ses sbires. Beth avait vu partir l'homme qu'elle aimait ainsi que sa plus proche amie sans rien pouvoir faire. Une fois de plus ils risquaient leur vie pour eux.
— Putain ! Je déteste ce sentiment de ne servir à rien !s'exclama soudainement Marvin en se relevant.
— Marvin, pas devant Judith, le reprit gentiment Hershel.
— Pardon petite dure à cuir, répliqua le garçon en se tournant vers le bébé.
Pas le moins du monde perturbée, Judith continuait de dormir. Marvin esquissa un sourire attendri avant de se passer la main dans les cheveux.
— Je vais voir si Maggie et Glenn ont besoin d'aide, déclara-t-il d'un ton décidé.
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, mon garçon. Tu n'as pas de combinaison et ta jambe n'est pas encore tout à fait remise.
— Alors quoi ? Je suis condamné à attendre ici avec les gosses et…, s'énerva Marvin.
Il s'arrêta au milieu de sa phrase se rendant sans doute compte de ce qu'il disait. Hershel esquissa un sourire amusé.
— Et les vieux. Tu peux le dire Marvin, plaisanta-t-il.
— C'est pas ce que je voulais dire, bredouilla-t-il.
Le jeune homme se passait dans la main et Beth devina qu'il était extrêmement gêné par ce qu'il venait de dire.
— Aucun de nous n'a envie d'être là, Marv', répliqua Beth.
Un sourire triste ornait les lèvres gercées de la jeune femme. Elle posa son regard sur Judith qui commençait à babiller et caressa du bout des doigts la joue de la petite.
— Je sais bien. Pardon, s'excusa-t-il. Tu veux que j'aille chercher le biberon de Judith ?
Beth hocha la tête et sans attendre se dirigea vers l'endroit où ils avaient posé le sac. La jeune femme jeta un coup d'œil dans la direction de Carl. Ce dernier était sur la passerelle qui faisait le tour de la pièce et ne quittait pas des yeux l'extérieur du regard. Au moins ils étaient certains de savoir à la seconde près quand reviendrait l'escouade.
Marvin revint quelques secondes plus tard avec le biberon que Beth avait préparé avant qu'ils ne quittent la prison. Il le lui tendit et vint s'asseoir à côté d'elle. Doucement, la jeune femme commença à nourrir Judith.
— Elle me rappelle la fille de mon ex, soupira finalement Marvin.
— De ton ex ? S'étonna Beth.
— Ouais. Ma première petite amie et l'unique fille que j'ai fréquentée. On est resté amis après ça et je suis même devenu le parrain de la petite. Heather qu'elle s'appelle enfin… qu'elle… commença-t-il n'osant pas finir sa phrase.
— Peut-être qu'elle s'appelle encore, essaya de le réconforter Beth.
— Je pense pas non. J'ai appelé plusieurs fois Liv quand tout ça a commencé à dégénérer mais… mais elle n'a jamais répondu.
— Où est-ce que sa famille habitait ? questionna Hershel.
— A Fort Belvoir en Virginie. Elle était seule avec sa fille. L'unité de Wallas, son mari, était déployée en Afghanistan quand tout a commencé, expliqua-t-il.
Beth devina que Marvin faisait tout son possible pour retenir ses larmes tandis qu'il évoquait cette femme dont il avait été visiblement très proche. Une larme coula le long de la joue du jeune homme mais il l'essuya d'un geste rapide.
— Enfin… On va pas épiloguer sur mon malheur. Je suis pas le seul à avoir perdu des proches, se reprit-il.
Marvin rit tristement avant de tapoter l'épaule de Beth et de se lever. Elle le suivit du regard alors qu'il se dirigeait vers l'escalier pour aller retrouver Carl à son poste d'observation. Un silence pesant s'installa alors sur la pièce ponctué uniquement du bruit de succion de la Judith sur son biberon.
La porte du bloc C s'ouvrit alors dans un grincement à la voix sonore et sinistre alors que Carol pénétrait dans la pièce. Elle serrait son fusil d'assaut visiblement sûre d'elle tandis qu'Hershel se redressait pour revenir vers elle.
— Les hommes du Gouverneur ?
— Ils ne sont pas revenus. Pour le moment, le rassura-t-elle en souriant. J'espère que les autres ne vont pas tarder à revenir, ajouta-t-elle en s'asseyant à côté d'Hershel.
— Maggie et Glenn surveillent toujours le périmètre ? Questionna Marvin en descendant les escaliers.
Le bruit de ses pas sur le métal résonnait nettement dans la pièce vide.
— Oui. Ne t'en fais pas pour ça !
Marvin hocha légèrement la tête avant de descendre les dernières marches. A peine eut-il posé son pied sur la terre ferme que Carl s'écriait qu'un bus arrivait.
— Ils sont de retour ajouta-t-il en se précipitant vers l'escalier.
Le cœur de Beth rata un battement à cette annonce. L'inquiétude la tenaillait tandis qu'elle suivait les autres vers l'extérieur. Tout contre elle, Judith était sur le point de se rendormir. La lumière du jour l'aveugla légèrement l'empêchant dans un premier temps de voir ce qu'il se passait. Ses yeux finirent par s'accoutumer et se posèrent sur le bus qui venait de pénétrer dans la cour intérieure. Elle chercha la moto de Daryl du regard et la trouva garée plus loin. Elle retint difficilement ses larmes lorsqu'elle vit Daryl en descendre. Rick sortit de la voiture tout comme Abby installée à l'arrière. Sans attendre, Marvin se précipita vers elle et l'enlaça tout en la soulevant de terre. Beth esquissa un sourire soulagée que son amie aille bien.
Daryl passa à côté d'elle avant d'être enlacer par Carol, elle aussi, soulagée de son retour. Beth dut se faire violence pour ne pas la pousser et se jeter à son cou. La jeune femme embrassa la petite Judith sur le front essayent tant bien que mal de se donner contenance tandis qu'elle croisait son regard à peine quelques secondes. La voix de Rick la fit se tourner vers ce dernier. L'homme tendit ses bras pour récupérer sa fille après avoir remercié sa gardienne.
Il fit ensuite signe aux gens de Woodbury de lui suivre. Beth esquissa un sourire à l'intention d'une petite fille intimidée. Sans doute avait-elle entendu des horreurs les concernant les jours précédents. Carol avait d'elle-même suivi Rick puis les autres firent de même. Bientôt, Beth et Daryl furent les derniers présents dans la cour.
L'homme semblait mal à l'aise ne sachant que faire. Il regardait partout sauf vers elle et Beth l'entendit grommeler quelque chose d'inintelligible.
— Je suis contente que tu sois revenu, souffla-t-elle finalement.
Daryl tourna son visage vers elle en entendant le son de sa voix mais il ne les garda pas longtemps sur elle et s'intéressa soudainement à ses pieds.
— Je suis content d'être de retour aussi, répliqua-t-il en shootant dans un caillou.
Comme toujours, Daryl avait avalé une partie des syllabes. Son accent avait semblé à Beth encore plus prononcé qu'à l'accoutumée. Un silence gêné s'installa entre eux après cela. Beth ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la referma presque immédiatement. Elle avait peur que parler des sentiments qu'elle éprouvait à son égard d'une manière trop brutale le fasse fuir, mais malgré ça un besoin urgent la pressait de ne plus se taire.
— Tu m'as manqué, lâcha-t-elle finalement. Tu m'as terriblement manqué, Daryl. Je… Je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu n'étais pas revenu.
Bien qu'il essaye de garder une attitude neutre, Beth pouvait voir que ses oreilles rougissaient telles des coquelicots. Il continuait de fixer le sol réfléchissant sans doute à ce qu'impliquaient les paroles de la jeune femme.
— Je suis là maintenant et je compte pas partir, déclara-t-il.
Beth esquissa un léger sourire avant de tendre la main effleurant dans un premier temps la sienne avant d'entrelacer leurs doigts. Elle s'approcha de lui et posa sa tête sur son épaule.
— J'espère bien, murmura-t-elle.
Daryl tourna doucement son visage vers elle tandis que Beth se mettait sur la pointe des pieds et posait délicatement ses lèvres sur les siennes. Comme à chaque fois, une sensation de bien-être commença à l'entourer et le désir de se rapprocher encore plus de lui l'envahit. Elle passa ses bras autour de sa nuque le serrant un peu plus contre elle.
Une porte grinça non loin d'eux les faisant s'éloigner l'un de l'autre précipitamment. Beth se sentit rougir violemment lorsqu'elle vit Glenn. Elle ne pouvait douter que son beau-frère les avait aperçus enlacés. La bouche légèrement entrouverte, il les fixait visiblement éberlué.
— On… euh… On se demandait où vous étiez, bredouilla-t-il après quelques secondes de silence.
Beth effleura du bout des doigts le bras de Daryl avant de se diriger vers le bâtiment. Elle sentit le regard de Glenn qui la suivait tandis qu'elle passait à côté de lui. Son cœur battait à une vitesse affolante dans sa poitrine. Beth essaya de ne pas montrer sa gêne et lui sourit légèrement avant de pénétrer à l'intérieur.
— C'était quoi ça ? entendit-elle son beau-frère demander alors que la porte se refermait dans un grincement.
La jeune femme se trouvait lâche d'avoir ainsi laissé Daryl se débrouiller seul mais elle savait qu'elle n'aurait pas su quoi répondre aux questions. Après tout, elle n'était sûre de ce qu'elle devait dire, de ce que Daryl voulait qu'elle dise. Qu'étaient-ils ? Elle n'en avait pas la moindre idée. L'angoisse la saisit violemment alors qu'elle commença à imaginer la réaction de son père et surtout celle de Maggie. Maggie qui ne la voyait que comme sa petite sœur qu'elle se devait de protéger envers et contre tout et non comme une femme en âge de prendre ses propres décisions.
— Ah Bethy, tu es là. Papa se demandait où tu étais ! s'exclama Maggie en venant vers elle.
Beth pouvait voir le soulagement mais aussi la joie sur le visage de sa sœur.
— Rick est en train d'installer les nouveaux arrivants avec Carol, continua-t-elle en passant son bras sous le sien.
— Où est Papa ?
— Dans votre chambre, répondit Maggie. Glenn est resté avec Daryl ?
— Daryl voulait lui parler de quelque chose, je crois, mentit Beth.
Maggie hocha la tête avant de l'enlacer soudainement pendant plusieurs secondes.
— Je suis contente que tu ailles bien Beth, dit-elle en lui souriant. Je te laisse aller voir Papa, ajouta-t-elle avant de s'éloigner.
Beth se dirigea vers l'escalier. La cellule qu'elle partageait avec son père se trouvait au deuxième étage.
— Beth ! entendit-t-elle Glenn appelé dans son dos.
Son cœur rata un battement tandis qu'elle se demandait ce que Daryl avait bien pu raconter à son beau-frère. Beth se retourna lentement et vit le jeune homme au pied de l'escalier.
— Je peux te parler ?
Beth hocha doucement la tête avant de descendre les marches qu'elle venait de gravir.
— Pas ici, déclara Glenn en lui faisant signe de le suivre.
Les deux jeunes gens marchèrent en silence jusqu'à ce qu'ils sortent à la lumière du jour. Beth avait senti son rythme cardiaque s'accélérer lorsqu'il lui avait dit qu'il souhaitait lui parler. Il allait certainement vouloir lui poser des questions sur la relation qu'elle entretenait avec Daryl et elle devait avouer qu'elle ne savait pas ce qu'elle signifiait, du moins pour Daryl.
— Glenn, écoute, commença Beth.
— Tu n'as pas besoin de t'expliquer Beth, la coupa-t-il. Je ne vous juge pas ni toi ni Daryl. Je veux juste te dire que… Tu me connais. Moi et les secrets, on est pas des plus amis.
— Tu as peur de lâcher le morceau à Papa et Maggie ?
Beth hocha lentement la tête mal à l'aise. Elle n'aurait jamais pensé devoir leur dire si vite. Ne plus vivre dans le secret était tout ce qu'elle désirait mais malgré ça une part d'elle aurait espéré ne pas avoir à le faire. Elle savait que Daryl et elle allaient devoir affronter l'incompréhension générale et avait peur que cela ne le fasse douter. Une autre part d'elle était effrayée à l'idée d'évoquer, avec Daryl, leur relation. Que ferait-elle si Daryl ne voulait pas rendre les choses un peu plus sérieuses ? Peut-être ne voyait-il en elle qu'un passe-temps ! Cette idée l'angoissait un peu plus chaque jour tandis qu'elle voyait ces sentiments pour lui devenir de plus en plus profonds.
— Voilà. Je suis désolé si je vous presse mais je pense sincèrement qu'il serait mieux pour vous de leur en parler calmement plutôt qu'ils l'apprennent par inadvertance comme moi ou à cause d'une gaffe que j'aurais faite. Tu ne penses pas ?
— Si, je pense que tu as raison, répondit-elle. Le truc c'est que je ne suis pas sûre de ce qu'il veut vraiment.
— Vous en avez discuté ?
— Discuté ? Tu es sûr qu'on parle du même Daryl ? plaisanta-t-elle.
— C'est vrai, tu as raison. Mais il va bien falloir que tu sois fixée. Ça a l'air de te travailler.
Glenn avait raison. Son manque de confiance en elle l'amenait souvent à croire que les gens ne l'appréciaient pas et l'attitude de Daryl à son égard l'avait souvent laissée perplexe. L'aimait-il ou désirait-il seulement passer du bon temps avec elle ? Il allait définitivement falloir qu'elle mette les choses au clair.
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Près de deux semaines étaient passés depuis la chute du Gouverneur, Rick avait décidé qu'il serait bienvenu de récupérer la grande cour extérieure et ainsi commencer à cultiver le sol. Hershel et lui espéraient pouvoir nourrir leur petite communauté. Il avait donc fallu fermer la cour pour empêcher d'autres rôdeurs de pénétrer à l'intérieur puis une partie des adultes avaient été mis à contribution et avait dû achever les rôdeurs avant de les transporter en dehors du périmètre. Beth, elle-même, avait aidé mais elle s'était contentée de tuer les rôdeurs à travers le grillage. Elle ne voyait pas l'intérêt d'inquiéter plus que nécessaire son père bien que l'idée d'être vue, sa vie entière, comme une petite chose vulnérable ne l'enchantait outre mesure.
La nuit était en train de tomber. Elle était redevenue très fraîche depuis la chute du Gouverneur. Beth savait que Daryl allait être de garde une bonne partie de la nuit et elle voulait en profiter pour le voir. Ils n'avaient pu que se croiser depuis son retour de Woodbury.
— Salut, dit-elle alors qu'elle venait d'atteindre le haut de la tour de garde.
— Beth, répliqua-t-il avant de tirer une bouffée de sa cigarette.
— Pas une très bonne idée si tu veux te faire discret, plaisanta-t-elle.
— J'ai bientôt fini, répondit-il, le regard fixé sur l'horizon.
Beth suivit son regard. Le soleil était sur le point de disparaître et le jour allait faire place à la nuit dans un peu moins d'une dizaine de minutes. Un silence gêné s'installa entre eux. Aucun d'eux ne sachant exactement par où commencer. Depuis leurs retrouvailles, Daryl et Beth n'avait pas pu se voir seuls et discuter de leur situation.
— Ça a été assez tendu ces derniers temps, commença-t-elle finalement. Je n'ai pratiquement pas eu une minute à moi.
— Mmmh, marmonna Daryl avant de tirer une nouvelle bouffée de sa cigarette.
— Daryl. Je… Je pense qu'il faut qu'on parle, souffla-t-elle.
Elle lui lança un regard en coin mais l'homme s'obstinait à fixer l'horizon. Elle savait qu'en venant, elle risquait de rencontrer un mur mais elle n'imaginait pas qu'il se contenterait de l'ignorer. Beth se pinça les lèvres essayant de trouver le courage de poursuivre.
— Je… Je… On ne peut pas continuer comme ça Daryl, lâcha-t-elle.
L'homme tourna finalement son regard vers elle. Beth devina qu'il essayait de cacher tant bien que mal sa tristesse.
— Je ne veux pas qu'on arrête, tenta-t-elle de le rassurer. Je veux juste ne plus avoir à mentir, ne plus avoir à me cacher. Je… Je t'aime Daryl, avoua-t-elle.
Daryl la fixa quelques secondes ne sachant visiblement pas comment réagir. Beth leva sa main et caressa sa joue du bout des doigts.
— Tu n'es pas obligé de me le dire, Daryl, dit-elle finalement.
De nouveau un silence pesant s'installa entre eux. Beth se sentit immédiatement mal à l'aise. Elle qui avait pris l'habitude du mutisme de Daryl, cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie gênée qu'il ne soit pas plus bavard.
— J'ai… Il faut qu'on en parle à mon père, Daryl. Tu ne veux pas ? questionna-t-elle en voyant qu'il ne répondait pas. Si tu veux…
— On va lui parler Beth, la coupa-t-il. On le fera demain.
Un grand sourire étira ses lèvres tandis qu'elle se retenait de pleurer de joie. Ils n'auraient bientôt plus à se cacher, elle n'aurait plus à se faufiler en dehors de sa cellule pour passer quelques instants avec lui. Doucement, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur ses lèvres. Comme toujours son haleine sentait le tabac mais cela avait arrêté de la dégoûter depuis bien longtemps. Elle s'éloigna de lui ouvrant doucement les yeux. Beth frissonna légèrement tandis que la chaleur de Daryl ne la recouvrait plus.
— Tu ferais mieux de rentrer, déclara-t-il. Il commence à faire froid.
Elle hocha la tête et se dirigea vers l'escalier. Ils allaient enfin pouvoir être libres de s'aimer au grand jour. Bien entendu, Beth savait que jamais Daryl et elle ne seraient comme Maggie et Glenn. Jamais, Daryl ne l'embrasserait tout en se sachant observer mais la peur de se faire prendre n'aura plus lieu d'être. Son sourire s'élargit encore un peu plus. Tout irait bien, elle le savait.
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La cuisine de la prison était pleine de vie depuis que les gens de Woodbury étaient arrivés. Il n'aura pas fallu longtemps à ces derniers pour se rendre compte que le Gouverneur leur avait menti concernant les gens qui l'habitaient. Ce jour-là, Beth aidait Carol et deux autres femmes de Woodbury, Marjorie et Jeannette, à faire le repas du midi. Les trois femmes discutaient de leur mari et ex-maris tout en riant. Chacune y allant de sa petite anecdote salace. Beth se sentit rougir. Elle n'avait pas l'habitude d'entendre ce genre de plaisanterie.
— Tu verras Beth quand tu auras quelqu'un. Toi aussi tu en auras plein, plaisanta Jeannette.
Beth se concentra sur la vaisselle tandis que Marjorie se tournait vers Carol.
— Au fait, Carol ! Je me demandais si Daryl et toi vous étiez, tu vois ce que je veux ? demanda-t-elle.
Marjorie était une jeune femme d'une petite trentaine d'années aux cheveux châtains. De taille moyenne, elle possédait de jolis yeux verts et une poitrine proéminente. Beth entendit Carol dire qu'il ne s'était jamais rien passé entre Daryl et elle, qu'ils étaient simplement amis.
— Et tu sais s'il a quelqu'un ?
— Daryl ? Non sûrement pas.
— J'ai toutes mes chances alors ! s'exclama Marjorie avant de pouffer de rire.
— Tu ne dis rien, Beth ? remarqua Jeannette. Aucun petit coup cœur ?
— J'avais cru comprendre que Carl t'aimait bien, déclara Carol en souriant.
— Carl est un enfant, répondit Beth.
— Plus vraiment un enfant, non. Carl est désormais un adolescent tout comme toi, répliqua Carol.
Beth détourna le regard. Ainsi, Carol la voyait comme une simple adolescente. Une simple adolescente qui avait pourtant survécu plusieurs mois sur la route. Sans doute, la femme pensait-elle que Daryl était la principale cause de sa survie, qu'elle ne savait pas se défendre par elle-même. La porte des cuisines grinça derrière elles.
— Beth, je peux te parler ? demanda une voix dans son dos.
La jeune femme reconnut immédiatement celle de son amie, Abby. La jeune femme se trouvait dans l'encadrement de la porte et semblait particulièrement épuisée.
— Oh Mon Dieu Abby ! Tu as une tête épouvantable ! s'exclama Marjorie.
Abby se contenta de lui lancer un regard noir avant de faire signe à Beth de la suivre. Elle s'arrêta dans une pièce déserte à l'abri des oreilles indiscrètes. Avant que Beth n'ait pu lui demander ce qu'il se passait, Abby éclata en sanglots. Ne sachant que faire, elle se contenta d'enlacer son amie espérant la réconforter.
— J'ai fait une connerie, Beth. Une grosse connerie, bredouilla Abby. Il faut que tu m'aides Beth.
— Qu'est-ce que je peux faire ? demanda cette dernière inquiète.
— Je suis en retard, Beth. Mes règles, précisa-t-elle.
— Mais… Comment ?
La question provoqua une nouvelle vague de sanglots.
— J'ai… J'ai… J'ai couché avec Merle, lâcha-t-elle finalement. On avait utilisé un préservatif mais il a craqué. Et avec tout ce qu'il se passait je n'ai pas pu aller chercher de pilule du lendemain, expliqua-t-elle.
Elle avait parlé vite visiblement honteuse de ce qu'elle avait fait. Beth se pinça les lèvres ne sachant pas exactement quoi dire ou faire. Daryl et elle avaient toujours utilisé des préservatifs et n'avaient eu aucun problème.
— Qu'est-ce que tu veux faire, Abby ? questionna-t-elle.
Quoique son amie choisisse Beth se devrait de la soutenir. Elle pressa doucement la main d'Abby dans la sienne essayant timidement de lui montrer son soutien.
— Je ne peux pas le garder, Beth. Je ne veux pas d'un enfant pas maintenant, pas seule, pas après ce qui est arrivé à Lori, rétorqua Abby.
Beth comprenait parfaitement les raisons d'Abby. Elle ne put s'empêcher d'attraper la petite croix dorée entre ses doigts pensives. Elle savait que sa religion ne permettait normalement pas ce qu'Abby lui demandait, mais malgré ça Beth se demandait s'il était vraiment prudent d'amener un enfant dans cet enfer. Elle se rappelait parfaitement sa réaction indignée lorsque Lori avait décidé de garder Judith. Elle ne regrettait pas la naissance de la petite mais savait qu'elle avait entraîné de nombreux sacrifices ainsi que la mort de sa mère.
— On va trouver une solution, Abby, tenta-t-elle de la rassurer. J'ai entendu dire que Mrs Abercrombie était infirmière. Peut-être qu'elle saura quoi faire.
— Non ! Personne ne doit savoir, Beth ! Personne ! S'écria Abby paniquée.
— Mais Abby. Tu dois le dire à quelqu'un. Et puis, Mrs Abercrombie est tenue au secret professionnel. Elle ne dira rien, elle n'en a pas le droit.
— J'ai tellement peur, Beth.
Beth ne dit rien se contentant d'enlacer son amie. Elle se devait lui montrer qu'elle serait là pour elle. Les deux jeunes femmes restèrent dans les bras l'une de l'autre une dizaine de minutes. Beth berçait doucement Abby tandis que les larmes de cette dernière se tarissaient. Elles savaient toutes les deux que ce ne serait pas facile mais elles savaient aussi qu'elles pourraient compter l'une sur l'autre.
Après le déjeuner, Beth demanda à Mrs Abercrombie si elle pouvait lui parler. La femme avait une cinquantaine d'année et quelques mèches blanches dans ses cheveux noirs corbeaux. Elle la suivit sans rien dire vers l'infirmerie.
— J'aurais besoin de votre aide, Mrs Abercrombie. Une personne que je connais est tombée enceinte et ne souhaite pas le garder. J'ai pensé que vous sauriez quoi faire, ajouta-t-elle en voyant le regard surpris de l'infirmière.
— Et « cette » amie en est à combien de grossesse ? questionna Mrs Abercrombie.
Beth devina à son regard que la femme pensait qu'elle n'avait aucune amie enceinte mais qu'elle-même l'était. La jeune femme préféra ne pas nier, si cela pouvait protéger Abby, Beth était prête à se faire passer pour elle. Elle calcula rapidement dans sa tête. Merle était décédé depuis près de trois semaines. Il avait passé cinq jours à la prison. Ceci signifiait qu'Abby n'avait pas encore fini son premier mois de grossesse.
— Trois à quatre semaines, répondit-elle.
L'infirmière se pinça les lèvres réfléchissant rapidement à la marche à suivre. Elle travaillait dans un service obstétrique avant tout ça et avait donc pu assister à un certain nombre d'avortements.
— Un avortement médicamenteux devrait suffire dans ce cas-là, déclara-t-elle finalement. Par contre, je ne pense pas trouver ce genre de choses dans l'infirmerie de la prison.
— Où peut-on en trouver ?
— Dans la majorité des pharmacies. Je vais vous écrire le nom sur un papier.
Mrs Abercrombie se dirigea vers son bureau et nota le nom de deux médicaments sur une feuille blanche.
— Lorsque vous les aurez trouvés, il faudra que vous reveniez me voir et je pourrais vous expliquer la marche à suivre.
— Très bien. Merci Mrs Abercrombie, répliqua Beth en se retournant.
La jeune femme allait poser sa main sur la poignée lors que l'infirmière l'appela.
— Si vous avez besoin de discuter. Je suis là.
— Merci Mrs Abercrombie, répéta Beth tout en lui offrant un sourire.
Beth quitta la pièce d'un pas rapide tout en pliant le papier que venait de lui donner Mrs Abercrombie. Elle le rangea dans la poche arrière de son jean tout en réfléchissant à la manière dont elle allait devoir s'y prendre pour récupérer les médicaments. Elle savait que Daryl allait à la chasse pratiquant tous les jours. Elle pourrait peut-être tout simplement lui demander si elle pouvait venir. Elle savait au fond d'elle que Daryl ne refuserait pas. De plus, il accepterait sans aucun doute de lui rendre service et cela sans poser de questions.
La jeune femme se dirigea vers la cour intérieure de la prison où elle était sûre de le trouver. Tyreese, Daryl et Karen étaient en train de fabriquer une table extérieure à l'aide planches ramenées lors de leur dernier raid. Beth alla vers eux sans hésiter et se planta devant Daryl qui clouait l'une des planches. L'homme releva son visage vers elle et esquissa un sourire.
— Hey Beth ! Comment ça va aujourd'hui ? questionna Tyreese.
— Très bien et toi ? répondit la jeune femme poliment. Je pourrais te parler deux minutes, Daryl ?
— Donne-moi deux minutes, répliqua-t-il en retirant le clou qu'il tenait en bouche.
Beth ne put s'empêcher d'observer ses bras parfaitement musclés alors qu'il tapait sur le clou à l'aide de son marteau. Sa chemise était trempée de sueur du fait de la chaleur assez importante. Daryl s'essuya le front du poignet avant de se tourner vers elle.
— Tu voulais me causer ? questionna-t-il.
Beth lui fit un léger signe de tête pour l'inviter à la suivre quelques mètres plus loin.
— Si c'est à propos de ton père, je… commença Daryl.
— Ça ne concerne pas mon père, le coupa-t-elle. Je voulais savoir Daryl. Tu vas bien chasser demain ?
— Oui pourquoi ? Tu veux venir ?
— En effet. Et j'aurai besoin que tu me rendes un petit service, Daryl.
— Quel genre de service ? demanda-t-il.
— J'ai besoin d'aller récupérer quelque chose dans une pharmacie. Et tout ceci de manière discrète. Ce n'est pas pour quelque chose de grave, Daryl, tenta-t-elle de le rassurer en voyant sa mine inquiète.
L'homme sembla réfléchir quelques secondes avant de hocher la tête. Les lèvres de Beth s'étirèrent en un sourire sincère. Elle était certaine qu'elle pouvait compter sur Daryl.
— Et pour ton père ? l'interrogea-t-il. On lui parle ce soir ?
— Daryl. Je sais que c'est moi qui t'ai pressé pour qu'on le fasse mais je préférerais qu'on le fasse après que qu'on ait réglé ce raid à la pharmacie.
Il hocha la tête tandis que sa langue passait rapidement sur sa lèvre inférieure. Beth posa sa main sur son bras, celui de l'homme qu'elle aimait. Elle avait encore du mal à se rendre compte qu'elle lui avait enfin dit ces deux mots pourtant si vrais.
— On part à l'aube, j'imagine ?
Une fois de plus Daryl hocha la tête avant d'aller retrouver Karen et Tyreese. Beth se mordilla la lèvre inférieure tout en l'observant. Plus la jeune femme le regardait plus elle le trouvait attirant. Elle se demandait souvent si cela continuerait sur cette voie et l'espérait sincèrement.
Beth se dirigea vers les grilles extérieures de la prison. Chaque jour, il fallait nettoyer les abords de ces derniers pour que les rôdeurs ne les fassent pas ployer. Elle avait cru entendre dire que Rick et quelques autres travaillaient sur un système d'ouverture plus sécurisé de la porte principale mais n'en savait pas plus. Elle leva les yeux vers le ciel. Le soleil brillait haut et chaud depuis deux jours. Le printemps arrivait. Le premier printemps du nouveau monde.
Beth repéra Abby près de la grille. La jeune femme était déjà au travail transperçant le crâne des rôdeurs les uns après les autres. Le problème d'Abby avait obligé Beth à se questionner sur sa propre sexualité. Daryl et elle s'étaient toujours protégés avec des préservatifs mais Beth savait qu'il arriverait sans doute un jour où ces derniers auront dépassé la date limite. De plus, aucune usine ne fabriquait plus de préservatifs ce qui finirait par les rendre introuvables d'ici peu de temps. Il allait falloir qu'elle parle de cela à Mrs Abercrombie. Etant infirmière, elle connaissait sans doute d'autres méthodes contraceptives efficaces.
— J'ai parlé à Mrs Abercrombie, murmura-t-elle en arrivant près d'Abby.
La jeune femme lui lança un regard plein d'espoir.
— Il y a peut-être une solution. Elle m'a donné le nom d'un médicament qui doit provoquer un avortement. Je vais le chercher demain avec Daryl, expliqua-t-elle doucement.
— Daryl ? répéta Abby soudain inquiète.
— Je ne lui dirai rien, Abby. C'est juste que comme il part à la chasse tous les jours. Personne ne saura qu'on va à la pharmacie.
— Sauf lui.
— Je te promets que je ne lui dirai rien. Je serai discrète et s'il le voit je dirai que c'est Mrs Abercrombie qui m'a demandé d'aller chercher ça.
Abby hocha la tête lentement. Beth esquissa un sourire ne sachant pas quoi ajouter d'autre pour la rassurer. Elle attrapa le pic dont elle se servait chaque fois qu'elle venait nettoyer la grille et commença à frapper les rôdeurs. Le travail était salissant et épuisant mais Beth s'en moquait trop heureuse de se sentir utile.
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Votre avis ? Le problème d'Abby ? Vous vous attendiez à ça ?
