Je viens de regarder la date de publication de dernier chapitre… Plus de deux ans ! Et dire que j'avais encore ce chapitre en stock x_x
Tenez, je vous tends le fouet. Pas trop fort non plus, ma santé ne le permettrait pas.
Mais je suis de retour ! Après deux ans, je m'y remets. Tout est déjà pensé pour cette fiction. Dix-huit chapitres au total. Il n'en reste plus que cinq donc. Non, vous ne rêvez pas. Mais je peux déjà vous le dire, ce sera quatre chapitres mouvementés et un petit épilogue pour clôturer. (d'ailleurs, l'une d'entre vous a déjà flairé les ennuis…il y a deux ans)
Sur ce, je vous laisse apprécier ce chapitre, malgré les lointains souvenirs.
J'espère pouvoir vous donner la suite assez rapidement, il faut juste que je me remette tout en tête.
IchiIchiIchiIchiIchiIchi
Chapitre 13 : Nous.
Le lendemain matin, Ichigo se réveilla avec certaines douleurs dues à sa position inconfortable. Mais la première chose qu'il remarqua fut le poids sur ses cuisses. C'est donc en ouvrant doucement les paupières qu'il tomba sur une chevelure rouge et des tatouages tribaux. Il sourit et caressa doucement les longues mèches colorées devant lui.
Sous les douces caresses, le propriétaire de ces mêmes mèches sortit de sa torpeur. Il releva la tête et croisa les prunelles très douces de son mari. Celui-ci lui murmura d'une voix caressante :
- Bonjour Ren.
Et ce fut sur un ton heureux et amoureux qu'il lui répondit :
- Bonjour Ichigo.
Ils scellèrent leurs bouches d'un même mouvement pour un baiser chaste et rapide. Renji se leva le premier, provoquant une douleur dans ses mollets qui le fit grimacer. Il se dirigea ensuite vers la salle de bain. Le chef de clan Shiba observa les mouvements et actions de son époux et finalement se leva lui aussi, mais pour se diriger vers la fenêtre. La dispute de la veille semblait oubliée et ce n'était pas pour lui déplaire. Il se promit à ce moment-là de ne plus jamais penser à un autre homme en présence du rouge, histoire que la scène ne se répète pas.
Il s'appuya contre le verre et laissa ses pensées vagabonder. Il fallait agir pour la suite des évènements. Son identité ne sera pas révélée immédiatement. Ce serait pour le moment Kuukaku, Ganju et les autres qui se déplaceraient aux réceptions et soirées mondaines. Lui ne recevrait que leurs partenaires et gèrerait le clan du manoir. C'était une précaution à prendre pour son père et sa survie également. Le drame d'il y a un an pourrait se reproduire à cause des désirs de conquête de certains. Renji resterait à ses côtés bien sûr. Il apprendrait tout ce qu'il avait encore à savoir et deviendrait ainsi un époux irréprochable. C'était la condition des anciens du clan :
Flash back :
Ichigo se tenait face à l'ensemble des anciens du clan Shiba. Après sa nuit aux côtés de son amant, il avait décidé de s'assumer face aux gardiens des traditions du clan. C'est donc sur ses positions qu'il s'était présenté devant eux après le petit-déjeuner. Ses yeux se posaient sur chacun de ces visages qui l'avaient tant effrayé la première fois mais qui, à ce jour, ne provoquaient plus rien. Seul un sentiment de respect peut-être, ils veillaient tout de même sur le clan depuis leur naissance. Il posa donc un genou à terre et attendit l'autorisation pour parler :
- Shiba Ichigo, vous pouvez prendre la parole.
- Je vous en remercie. Il se releva et planta ses yeux dans ceux du doyen. Je suis ici pour vous faire part de l'une de mes intentions. Vous n'ignorez pas mon orientation sexuelle n'est-ce pas ?
Un signe négatif de la tête inclina en même temps toutes les têtes.
- Eh bien, je vous préviens dès maintenant que je ne changerai pas d'avis. Je ne veux pas de femme même pour préserver la lignée du clan. J'ai actuellement un amant et je souhaiterais également qu'il soit reconnu de vous.
- Vous nous demandez bien beaucoup jeune homme. Chaque chef du clan Shiba a épousé celle que nous voulions. Nous ne pouvons aller contre les traditions.
- Mais les traditions de notre clan, bien qu'elles soient certainement justes pour nos prédécesseurs, sont vieilles. Le clan Shiba a toujours été un clan que j'admirais et que j'admire encore maintenant. Ce que je ne comprends pas par contre, c'est que vous vous accrochez à ces traditions sans penser au monde extérieur.
- Comment oses-tu jeune impertinent ? S'écria l'une des vieilles femmes présentes qui dut se calmer face au geste apaisant du doyen.
Celui-ci fixa le jeune homme qui lui faisait face. Il savait que le clan lui devait beaucoup. Mais il était vrai que bafouer autant de siècles d'histoire était peu aisé. Malgré tout, son point de vue l'intéressait. Kaïen lui-même n'avait osé émettre l'hypothèse que les traditions de la famille pourrissaient. C'était nouveau, un chef prenant l'initiative d'affirmer ses pensées sur l'histoire du clan. Il fit donc un geste pour que le plus jeune poursuive. Il remarqua au passage que ce geste rassura Kuukaku qui se terrait dans un coin plus loin.
- Je suis jeune certes, impertinent dépend des points de vue. J'aime le clan Shiba, n'en doutaient pas un seul instant. Ce que j'essaie de vous dire, c'est qu'à force de respecter toutes les traditions du passé, nous ressemblons de plus en plus aux Kuchiki qui sont, je vous le rappelle, les meurtriers de mon cousin.
Des protestations s'élevèrent. Et le doyen sourit discrètement. Décidément, ce petit avait du culot.
- Je vous le rappelle également, au départ, je ne voulais que vous demander d'accepter ma relation avec Renji Abaraï. Je suis désolé si je me suis égaré dans des propos qui vous ont offensés. Mais sachez également que je pense tout ce que j'ai dit, et que je ne retirerais rien.
L'un des anciens les plus respectés se leva et déclara d'une voix neutre :
- Si je vous suis bien, vous nous avez montré, au détour d'un égarement, que notre clan si fier de sa différence avec les autres, devenait comme eux ?
- Je pense que l'on peut dire cela. Mais, je vous le redis, j'aime notre clan. Il est comme il est. Désinvolte mais noble. Ironique mais sérieux. Et je suis fier d'en faire parti.
La voix du doyen s'éleva alors dans pièce ovale du conseil. Profonde et grave :
- Jeune homme, j'ai très bien compris ce que vous vouliez dire. Il est vrai que notre clan s'est, depuis la mort de notre ancien dirigeant, passablement accroché aux traditions. C'est pourquoi je voudrais vous demander, en tant que futur chef de clan, pensez-vous pouvoir nous mener bien plus haut que nous le sommes et aussi redorer notre blason ?
- Je vous en fais le serment.
- Très bien. Je vous rappellerai ces paroles si vous veniez à flancher. En ce qui concerne votre compagnon, j'accepte de le reconnaître uniquement s'il fait honneur au rang d'épouse, enfin d'époux dans ce cas. Est-ce clair ?
- Très clair.
- Sans vouloir vous offenser, cher doyen, ne pensez-vous pas être trop laxiste ? Interrogea l'un des membres.
- Je ne le pense pas. Ce jeune homme en est capable, je le lis dans ses yeux. Et s'il juge son compagnon digne de ces honneurs c'est qu'il y a une bonne raison. Quelqu'un d'autre a-t-il le besoin de parler ?
Seul un silence parcourut la salle.
- Bien. Alors que l'on finisse de préparer la cérémonie d'intronisation et que l'on prépare également une cérémonie de mariage qui se déroulera juste après la précédente.
- Maintenant ? Mais nous n'aurons jamais le temps de …
- Depuis quand faut-il être parfait dans le clan Shiba ? Un mariage improvisé est tout aussi beau. Et si vous avez le temps de vous plaindre, vous l'avez pour préparer.
Tous les anciens étaient sortis. Seul restaient dans la pièce, Ichigo, Kuukaku et le doyen.
- Ichigo Shiba. N'éteignez pas le feu qui coule dans vos veines, cela vous sera très utile.
- Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait et dit. Fit le roux en s'agenouillant.
- Relevez-vous voyons. Ce serait plutôt à moi de m'incliner.
- Ne vous fatiguez pas pour cela. Votre dévouement à notre clan est bien plus digne que le mien. Je vous souhaite une agréable fin de matinée.
Le futur chef de clan s'inclina encore une fois légèrement et sortit, sa cousine sur les talons.
Fin du Flash back.
- Ichigo ?
Ce fut la voix de son amant qui le tira de ses souvenirs. Il se redressa et se retourna vers lui avec un sourire aux lèvres. Renji fut surpris par le sourire mélancolique et tiqua. Il se retint tant bien que mal pour ne pas donner l'impression d'être agacé et demanda d'une voix neutre :
- Pourquoi as-tu ce sourire ?
- Je me rappelais…
- De quoi ?
- Notre mariage. Sa voix était douce. Il se déplaça pour enlacer tendrement son mari par derrière. Je te revoie encore accroché à mon bras, te tenant à mes côtés auprès du prêtre. Ton fin sourire au moment de notre baiser. Il posa doucement ses lèvres sur la nuque de l'autre. Tu t'en rappelles toi ?
- Bien sûr. Comment pourrais-je oublier le plus beau jour de ma courte vie ?
- Je ne sais pas. Mais comme tu vivras longtemps, tu en auras sûrement d'autres.
- En effet. S'ils sont avec toi.
Le rouquin sourit contre la peau du cou de son amant et y déposa un énième baiser. Il se détacha ensuite et partit vers la salle de bain après un dernier :
- Je t'aime.
Renji rougit légèrement et lorsque la porte fut refermée murmura
- Moi aussi.
IchiIchiIchiIchiIchiIchiIchi
Plus tard, après qu'ils soient prêts et qu'ils aient pris un petit déjeuner de qualité dans leur suite, le couple descendit dans le hall de l'hôtel pour rejoindre les autres. En arrivant, Ichigo remarqua tout de suite la silhouette fine de son ancien professeur d'Arts plastiques et, après une excuse à son amant, se dirigea vers lui.
- Ichimaru-sensei ?
- Kuro…Shiba-sama. Je tenais à m'excuser pour mon comportement d'hier soir. Une telle faiblesse ne me ressemble pas, vous avez raison. Pour ce qui est du contrat, je l'ai relu en détail après notre conversation et je suis honoré de votre confiance.
L'homme aux cheveux d'argent s'inclina. L'orangé en fut stupéfait mais d'autre part, agréablement surpris. Le retour de l'Ichimaru qu'il connaissait était proche.
- Pas besoin d'être si formel. Ne connaissez-vous pas l'excentrisme du clan Shiba ?
- Eh bien, si mais je me devais de vous présenter mes excuses convenablement.
Un petit rire retentit dans la gorge du chef de la famille. Puis il sembla réfléchir quelques secondes jusqu'à ce que la voix de son mari ne retentisse à ses oreilles :
- Ichigo ? Nous devons partir.
- Haï, j'arrive. Ichimaru-sensei, vous n'avez qu'un seul appartement n'est-ce pas ?
- Oui pourquoi ?
- Alors venez au manoir. Je n'ai pas envie qu'Aïzen harcèle l'un de mes leaders.
- Mais…Je ne vais pas gêner ?
- En quoi gêneriez-vous ? Le manoir est bien assez vaste pour une personne de plus. Et puis vous avoir à mes côtés directs sera bénéfique à notre ascension. Bien sur je comprendrai si vous ne voulez…
- J'accepte.
La réponse franche amusa le roux.
- Bien alors c'est parfait. Allons-y ! On rentre au bercail !
Le hall se vida bientôt de toute trace du clan Shiba.
IchiIchiIchiIchiIchiIchi
Cela faisait maintenant plusieurs semaines que la rencontre avec les différents chefs d'entreprises avait eue lieu. Durant cette période, les choses avaient évolué. Les nombreuses apparitions, durant les soirées mondaines ou durant les réceptions de la noblesse, de Kuukaku et Ganju avaient fait mouche sur plusieurs familles de la petite noblesse ou moyenne. De ce fait, nombreuses d'entre elles s'étaient manifestées et avaient demandé alliance ou accord avec cette famille ancienne et, selon les rumeurs, solide et fière.
Au manoir Shiba, la présence nouvelle d'Ichimaru Gin en tant que l'un des leaders de la famille sous ordre direct du chef de famille, avait fait jaser certains. Pourtant, bien vite, tous constatèrent son incroyable efficacité Celui-ci travaillait considérablement pour le clan. Ichigo pouvait se vanter d'avoir un très bon soutient de son côté. Il réglait toutes les affaires concernant l'économie ou la gérance du clan. Bien sûr, il était assisté de Chad et de Shinji qui s'occupaient de cette partie de la famille particulièrement, mais ses idées rapportaient gros au clan. Personne ne pouvait nier que, grâce à lui, les caisses se renflouaient très vite. De plus son entreprise avait fait un boum énorme sur le marché et vendait ses produits comme des petits pains. La moitié de ses revenus étant crédité au clan Shiba, cela donnait un bénéfice certain. De même pour les caves Kyorakou, le Gotei 13 et la Soul Society.
Mais la présence de cet ancien professeur d'Art plastiques n'apportait pas que des bonnes choses. L'ambiance du groupe restreint n'était pas à son beau fixe. Renji et lui ne cessaient de se prendre la tête ou de se disputer dans le dos du chef de famille, bien qu'en présence de celui-ci ils se contentaient de regards meurtriers, se supportant tant bien que mal. Ajouté à cela, la grande aide qu'apportait Gin à Ichigo faisait que le mari de celui-ci se sentait inutile. Il faisait beaucoup d'efforts. Le roux lui demandait souvent son avis et autres petits détails. Il savait que l'autre l'aimait toujours autant, pourtant ce sentiment d'infériorité envers l'argenté ne disparaissait pas. C'est pour cela que les différents membres de la famille le soutenaient. Sado et Kuukaku les premiers. Suivis très rapidement par Shinji Hirako, qui lui avait surpris tout le monde. Depuis quand aidait-il ses rivaux ? Ou même tout simplement quelqu'un à part Ichigo ? Lui, le loup solitaire bien que très attentionné envers les membres de sa « famille » ? Et pourtant, l'impossible s'était réalisé. Maintenant ils étaient même devenus de très bons amis.
L'ambiance entre les propriétaires des plus hautes entreprises sous la gouvernance de la famille Shiba avait d'un autre côté beaucoup évolué. Kyorakou Shunshui, Ukitake Jyuushirou, Yamamoto Genryusai, Ichimaru Gin et Shiba Ichigo se retrouvaient tous les vendredi soirs au manoir de ce dernier pour trinquer et parler affaires. Mais aussi pour le simple fait de parler de tout et de rien avec les autres. De temps en temps, Shinoïn Yoruichi et Kisuke Urahara venaient les rejoindre. Ces deux derniers avaient vu leurs clans alliés, se joindre également aux Shiba. Le plus important d'entre eux étant les fidèles aux Shinoïn depuis des générations : le clan de la plus grande amie à l'actuelle chef, Soi fon.
Une autre famille très importante avait pris place également aux côtés du clan. La famille Kasumi-Oji avait demandé quelques temps auparavant d'organiser une rencontre entre les deux chefs. Ichigo avait accepté sans plus réfléchir. Après tout, devenir allié à la quatrième famille noble du pays conférait de gros avantages. Cette rencontre avait donc eu lieu et d'une façon assez inattendue. Premièrement, le jeune chef du clan Shiba était jeune certes, mais que pouvait-on dire alors de la dirigeante de la famille Kasumi-Oji ? C'était l'une des choses qui avait ébahie le rouquin. Lurichiyo Kasumi-Oji avait à peine une douzaine années pas plus selon Ichigo. Il n'avait même pas osé le demander, de peur de s'attirer les foudres de la jeune fille en étant trop indiscret. La deuxième raison pour laquelle cette rencontre avait été bizarre se manifestait si l'on n'oubliait pas le contexte. Rappelons tout de même que celle-ci était une rencontre officielle entre deux chefs de deux familles de la haute noblesse. Et pourtant…Où voyez-vous une once de marque noble lorsque les deux concernés s'amusent comme des gamins de six ans à se courir après, à manger des glaces ou encore à faire le concours de celui qui mange le plus vite ? Ou même se rouler par terre en se chatouillant ? Pas que l'on ne soit pas habitué aux enfantillages dans la famille Shiba mais dans l'autre, cela faisait tache. Enfin cette journée s'était terminée avec un accord solide et une profonde amitié s'était créée entre les deux chefs. Lurichyo adorant Ichigo et même Renji.
Deux jours après cette rencontre, Ichigo avait décidé de se consacrer à son mari plutôt qu'à son clan. Chose acceptée par les différents individus concernés bien évidemment. Les membres de la famille pouvaient déjà se vanter d'avoir un chef aussi rapide en affaire pour lui interdire de passer du bon temps. La seule personne étrangère à cette décision était la plus concernée. En effet, Renji Shiba-abarai s'était, comme chaque jour, cloisonné dans la pièce qui lui servait de bibliothèque ou même peut-être de « salle de cours ». C'est pour cela qu'en arrivant devant la porte, le dirigeant Shiba fit le moins de bruit possible. Il se doutait que l'autre était en train d'étudier encore et encore pour vraiment être le mari parfait. Il en était fier, mais il ne voulait pas lui ruiner la santé non plus. Et puis, comment le taquinerai-t-il si celui-ci devenait plus intelligent que lui ? Peut-être aussi que cette note d'insouciance lui plaisait. Le shôji ouvert, il se déplaça comme un félin ne faisant aucun bruit vers sa proie. D'ailleurs en arrivant au niveau de cette proie, il passa ses bras autour de la carrure musclée et posa sa tête entre les omoplates. Ce contact fit sursauter le rouge qui ne s'y attendait probablement pas du tout. Il tourna la tête et se calma instantanément en reconnaissant la touffe de cheveux orange :
- Ichi ?
- Mmmh…
- Que fais-tu ici ?
Ichigo se redressa et susurra à l'oreille de son mari :
- Je viens te chercher.
- Me chercher ?
- Oui, alors tu poses ton pinceau et tu me suis.
Il se releva et sortit de la pièce. Ce n'est qu'à ce moment là que Renji remarqua qu'il ne portait pas un habituel kimono d'intérieur, mais des habits de ville comme tout le monde. Cette constatation piqua sa curiosité et il finit par suivre son amant. Il le retrouva dans leur chambre. Celui-ci semblait l'attendre de pied ferme.
- T'as été long. Serais-tu devenu un vieux grand-père ? Interrogea le chef de famille d'un air malicieux.
Le sang de son mari ne fit qu'un tour et celui-ci bondit vers le roux qui riait à gorge déployée. Se sentant prisonnier des bras de l'autre, Ichigo arrêta de rire et fixa les prunelles en face de lui.
- Qui est le vieux sénile, Ichigo ?
- Du calme, du calme.
- Non, ne crois pas t'en sortir comme ça.
Il prit les lèvres de l'autre avec passion, tel un animal sauvage affamé. Bien sûr, il reçut une réponse immédiate de l'autre camp et son excitation ne fit que grandir, pourtant…Lors d'une reprise d'air, le plus petit refusa un nouvel échange en murmurant doucement :
- Vas te changer, mets des habits de ville, nous sortons.
- Pour aller où ?
- Tu verras.
Devant l'air mystérieux affiché sur le visage de sa moitié, le rouge sentit qu'il devait le suivre. Il ne savait pas pourquoi mais cela avait toujours été comme cela. L'un désirait quelque chose, l'autre le comprenait tout de suite. Pour lui, cela symbolisait tout simplement qu'Ichigo Shiba, ou Ichigo Kurosaki, était son âme sœur, le seul qui pouvait lui convenir. Qu'ils soient deux hommes ? Il s'en fichait, il pouvait maintenant le crier sur tout les toits : Il aimait un homme et pour le restant de sa vie, point barre. Il se changea en vitesse dans leur dressing et ressortit tout aussi rapidement. Il hésitait à refaire sa coiffure d'ananas. Il n'était plus en kimono si ? Pourtant ce ne fut pas lui qui fit ses cheveux. Les deux mains de son amant parcouraient ses mèches flamboyantes et semblaient les organiser en queue basse. Il se laissa faire appréciant la douceur de son mari. Quand l'autre eut fini sa tâche, il se retourna et le prit dans ses bras, ses lèvres effleurant leurs jumelles. Le roux cassa le baiser chaste et tira sur la main de son amant. Il l'entraîna dans les couloirs du manoir. Au détour d'un de ces longs corridors, ils croisèrent Gin qui les regarda surpris avant de reprendre sa route. Surpris, le rouge se demandait vraiment ce qu'il se passait. Depuis quand l'albinos ne lui adressait pas ce regard haineux et plutôt une expression peinée ?
- Ichi, où allons-nous ?
- Chut et suis-moi.
- Mais…
Ils arrivèrent au hall et sortirent de la demeure. Shinji les attendait devant un coupé sport.
- Oï, vous en avez mis du temps. Je n'ai pas que ça à faire !
- Shinji ? Fit surpris le rouge.
- Tu vois quelqu'un d'autre ? Aller, embarques.
Le jeune homme suivit son mari à l'intérieur du coupé sport, sans comprendre ce qu'il se passait. Il se demandait où ils allaient et surtout pourquoi le blond les suivait alors qu'il n'aimait pas tenir la chandelle. Le bolide démarra rapidement et au fur et à mesure du trajet, Renji se rendit compte qu'ils s'éloignaient de plus en plus du domaine mais également de Tokyo et ses tumultes. Il tourna la tête vers son amant qui regardait le paysage sereinement. Il capta son attention en demandant :
- Où allons-nous Ichigo ? Ne partons-nous pas trop loin ? Si Aïzen ou Kuchiki organisait quelque chose pendant que nous sommes absents, nous ne pourrions pas riposter.
Le roux se tourna vers lui en plantant ses yeux dans les orbes rouges et fit doucement :
- Ren, le clan n'est pas faible sans moi. Ils sauront se débrouiller tout seul pendant une journée. Aujourd'hui, tout ce qui compte pour moi, c'est toi.
Le concerné rougit violemment à ces paroles. Au fond de lui, cette déclaration lui fit très plaisir. Son compagnon avait laissé son travail pour être avec lui. Il comprenait maintenant pourquoi Gin l'avait regardé de cette manière le matin même. D'une certaine façon, il savait que l'argenté souffrait plus que lui, mais l'homme étant un être égoïste, il ne pensait la plupart du temps qu'à lui-même. Ichimaru était peut-être proche de son mari, mais il ne pourrait jamais le toucher alors que lui si. Et puis, le rouge ne pouvait nier que l'ancien professeur faisait beaucoup pour le clan sans rien espérer en retour. Il le respectait quelque part.
Il sortit de ses réflexions en découvrant des sources chaudes au loin. Ses yeux s'éclairèrent en comprenant que c'était leur destination. Ichigo qui observait son homme sourit à cette illumination sur le visage tatoué. Il avait appris au détour d'une conversation qu'il adorait ce genre d'endroit et avait décidé de réserver. Lorsque le coupé s'arrêta en face de l'établissement, le plus grand des deux jeunes hommes sortit rapidement et un grand sourire s'afficha sur sa figure. Le roux le regarda avec un sourire tendre et se tourna vers Shinji qui lui lança :
- Je viens vous chercher demain matin. Profitez bien.
- Merci Shinji.
- De rien. Ça lui fera du bien.
- Je sais.
- A toi aussi Ichigo.
- Tu as sûrement raison.
- J'ai toujours raison. Salut !
Le chef de la famille Shiba regarda le blond s'éloigner dans son coupé, un sourire aux lèvres. Shinji était toujours comme ça, de façade dédaigneuse mais qui prenait soin des gens qu'il aimait.
Le jeune homme se tourna ensuite vers sa moitié et prit leur valise pour la nuit avant de l'attraper par le poignet pour l'entraîner vers la réception de l'établissement. Quand ils entrèrent, plusieurs personnes se tournèrent vers eux, surpris par l'audace qu'ils avaient en s'affichant. L'hôtesse sourit en reconnaissant le roux et s'inclina :
- Bienvenue Shiba-sama.
- Bonjour, puis-je avoir les clés de la chambre ?
- Oui, bien sûr. Suivez ce jeune homme je vous prie, il vous mèneras à votre loge. Répondit-elle en pointant un garçon en kimono.
- Merci.
Le garçon s'inclina devant eux et leur fit signe de le suivre. Ce qu'ils firent sans hésitation. Renji regardait partout autour de lui, ce lieu où il avait toujours voulu venir mais n'avait jamais pu le faire par faute de moyens. Il se souvenait en avoir parlé avec le roux une unique fois lors d'une de leur conversation anodine, mais il n'aurait pas cru que l'autre l'aurait retenu. Il avait la preuve que son mari faisait toujours attention à lui et cela le touchait beaucoup. Dans ces moments-là, il avait l'impression de devenir extrêmement candide, mais il s'en fichait.
Lorsqu'ils arrivèrent devant le shôji de leur chambre, le jeune hôte s'inclina et repartit sans demander son reste. Les deux maris entrèrent donc et le rouge s'émerveilla. Leur loge était sublime bien que très simple. Des murs nus, des tatamis clairs mais le plus beau restait l'ouverture grâce à plusieurs shôji sur un petit jardin contenant des sources chaudes privées. Ichigo observa son amant, ravi que cela lui plaise. Il posa leur valise et enlaça la taille de l'autre en lui demandant :
- Cela te plait-il ?
- Enormément Ichi. Merci.
- Ce n'est rien.
Il se mit sur la pointe des pieds et embrassa le jeune homme tatoué avec passion à laquelle ce dernier répondit. Il demanda d'un ton légèrement pervers :
- Et si l'on testait tout de suite les sources ?
- Tu n'es pas possible, Renji.
- C'est pour ça que tu m'aimes. Mais, j'ai vraiment envie d'essayer.
- D'accord, va pour les sources.
Les deux hommes se délestèrent de leurs habits et pénétrèrent dans l'eau chaude. L'effet fut immédiat et ils ressentir les bienfaits du liquide sur leur corps fatigués et leurs esprits stressés. Le rouge tira son amant à lui et le plaça entre ses jambes en l'enlaçant par la taille. Il le sentit s'appuyer contre lui avec satisfaction. Puis, il glissa ses lèvres dans le cou où il déposa un léger baiser. Un frisson répondit à son geste. Il sourit puis descendit plus bas vers la clavicule où il apposa un petit suçon. Il retourna à l'oreille et murmura tout contre :
- Je veux te faire l'amour Ichi.
Le concerné se tourna dans ses bras et fit doucement :
- Tu n'auras jamais à me demander pour le faire.
Avant de l'embrasser. Les mains du rouge s'aventurèrent sur le torse lisse et s'arrêtèrent pour taquiner les tâches brunes qui se dressèrent sous l'intention. Le jeune homme souleva l'autre pour l'asseoir sur le bord de la source et évitait la gêne avec l'eau puis l'une de ses mains s'aventura vers l'entrée intime de son partenaire.
Partenaire qui se laissait aller. Que ce ne soit que le matin, il s'en fichait. Il sentait le feu couler dans les veines du tatoué ainsi que dans les siennes. Renji prenait rarement ce genre d'initiative et il appréciait les rares fois où il le faisait. Il se crispa momentanément quand il sentit la présence incongrue d'un doigt en lui mais ses lèvres furent reprises d'assaut par celles de son compagnon. Le deuxième doigt s'infiltra plus facilement. Par contre, il se contracta au troisième. Pour le détendre, le rouge appliqua un mouvement de va et viens sur son membre avant de trouver sa prostate, ce qui le fit gémir plus fort. Après l'avoir suffisamment préparé et sentant son propre membre très excité, il demanda :
- Ichi, je peux ?
- Vas-y. Répondit le roux d'une voix voilée par le désir.
L'homme se redressa et le rouquin entoura sa taille des ses jambes fines. Renji se posta à l'entrée de son mari et le pénétra doucement. Il sentit le corps se contracter autour de lui et grimaça en sentant l'étroitesse du passage. Cela allait le rendre fou. Il se concentra tout de même pour ne pas céder à son instinct et priver le Shiba de son plaisir. Il commença de légères poussées en murmurant des mots doux à l'oreille de l'autre accroché à son cou. Il alla doucement de plus en plus vite jusqu'à ce que le corps contre lui ne s'arque et qu'un long gémissement ne sorte de la bouche d'Ichigo. Le rouge sourit, comprenant qu'il avait touché le point G du jeune homme et commença des va et viens plus soutenus et plus puissants, visant toujours ce même point qui donnait tant de plaisir à son amant.
Ce dernier s'arqua en arrière en sentant ces coups butoirs qui lui mettaient des étoiles devant les yeux et il cria :
- Plus fort Renji !
Son mari s'exécuta en se laissant complètement terrasser par son instinct. Les gémissements de son partenaire étaient trop aphrodisiaques pour rester maître de lui-même. Leurs ébats continuèrent plusieurs minutes durant lesquelles, on entendit gémissements, râles et cris de plaisir intense. Lorsqu'ils se libérèrent, ils restèrent enlacés un moment avant de se séparer et de replonger dans l'eau de la source.
Après un moment de silence, Renji interrogea son compagnon :
- Qu'allons-nous faire aujourd'hui ?
- Il y a un petit village pas loin, nous pouvons aller y faire un tour, qu'en penses-tu ?
- Si tu veux.
Le chef de clan se leva et partit se sécher sous le regard appréciateur de son mari. Ce dernier ne se lassait pas de regarder la nudité de son homme. Il était très beau et il était sûr qu'il le serait encore plus quand il serait adulte. Il se leva à son tour pour rejoindre l'autre qui s'était déjà habillé d'une tenue décontractée. Il enfila lui-même un jean et un T-shirt avant de sortir de la pièce.
Ils passèrent le reste de la journée à s'amuser, parler et se laisser aller. Les affaires de clan ne les concernaient plus. Le soir, ils s'aimèrent de nouveau et s'endormirent, repus de leur journée en couple.
IchiIchiIchiIchiIchiIchi
Dans un tout autre endroit, à Tokyo, deux personnes parlaient affaire. Kuchiki Byakuya ainsi qu'Aïzen Sôsuke s'étaient retrouvés dans un restaurant à pièces privées pour pouvoir parler librement de leur plan d'action et ce, dans un lieu neutre. Les deux plus grands chefs de clan réfléchissaient personnellement et lorsque l'un avait une idée, il l'exposait. Aïzen mit fin au silence pesant qui s'était installé en constatant :
- La meilleure solution reste elle que vous avez proposée la dernière fois à l'hôtel. Rencontrer les Shiba dans leur demeure et tenter quelque chose là-bas. Mais je les vois mal nous laisser entrer sans nous fouiller. Il est donc impensable de prendre une arme.
- Alors, pourquoi ne pas organiser une réception et les y inviter en personne ? En guise de salut. Proposa le chef de clan Kuchiki.
- De salut alors que nous sommes à l'origine de leurs problèmes ? Ce serait franchement insultant. Répondit le brun soupçonneux.
- Cela ne vous ressemble pas de penser à ça d'habitude. S'étonna Byakuya.
- Mais, je pense à comme si c'était moi que l'on s'en prenait. Je n'accepterai pas.
- En effet. Alors, il faut trouver un but à cette réception.
- N'avez-vous pas des fiançailles de prévues dans votre famille ?
- Non aucune… Sauf celle de mon cousin l'année prochaine.
- Ce n'est pas possible d'avancer ?
- Non, aucunement. Il n'aura l'âge de se marier que l'année prochaine à Noël.
- Je vois…
Aïzen se plongea dans une grande réflexion. S'ils laissaient un an aux Shiba, que se passerait-il ? Ce clan ne pourrait pas encore surpasser les leurs. Ils auraient donc encore assez de puissance. Cela pouvait marcher, avec un petit risque tout de même mais cela pouvait marcher. Il releva la tête vers son partenaire de complot et fit :
- Je suis d'accord pour attendre un an mais pas plus.
- Très bien, alors on fera comme cela.
- Par contre, je veux quand même essayer l'assassinat dans sa propre demeure malgré le risque. Un de mes meilleurs hommes tentera la nuit suivant notre visite chez eux. Etes-vous d'accord, Kuchiki-san ?
- Si vous voulez. Plus vite ce sera fait, plus vite nous serons tranquilles après tout.
- Donc, nous faisons comme cela. Je vous rappellerai une prochaine fois, Kuchiki-san. Sur ce, bonne soirée.
L'homme aux cheveux d'ébènes suivit du regard son partenaire malgré lui sortir du restaurant puis revint sur la table qu'il occupait. Le « bonne soirée » d'Aïzen lui laissait un goût amère dans la bouche. Il ne se passait plus une nuit où il ne dorme pas depuis le départ d'Ichigo. Il soupira et se leva pour sortir à son tour du restaurant. Il ne savait plus comment interpréter le départ du roux.
