Chapitre 12

Gokû maudissait le sort qui avait fait revenir Végéta avant qu'il ne puisse disparaître avec Bulma. Mais le combat qui s'en était suivi valait la peine. Le prince était dans une rage hors du commun. Gokû venait de lui démontrer que son intuition ne l'avait pas trompé, concernant la loyauté de son soldat.

Il avait osé le trahir. Il était un soldat de troisième classe. Une mouche. Et il venait contrarier ses plans, manigançant dans son dos avec une femme terrienne, qu'on pouvait tuer d'un seul coup de poing.

Gokû crut qu'il allait exploser dès le premier coup. Jamais il n'avait eu un adversaire aussi rapide, aussi violent, aussi volontaire de le tuer. Il dut monter de niveau très vite. Cela sembla décupler la fureur de l'autre, qui perçut à quel point il avait été floué.

Dès le début, Végéta eut le dessus. Gokû en réchappa de peu, à plusieurs reprises. Mais très vite, le prince s'aperçut que son soldat ne répliquait quasiment pas. L'enfoiré, il observe.

C'était effectivement la tactique de Gokû qui, dans le fond, connaissait les principes de combat essentiels de Végéta, pour s'être entraîné avec lui tous les jours depuis plusieurs semaines.

A ce moment, le rapport de force s'inversa radicalement car Gokû commença à rendre les coups et à organiser ses propres attaques. Végéta comprit assez vite, sans l'accepter tout de suite, qu'il avait peu de chance de l'emporter.

Alors qu'il commençait à manquer de force et à accuser des blessures de plus en plus sérieuses, une détonation extraordinaire se fit entendre au loin et le ciel se colora étrangement. Le phénomène stoppa net les combattants. Ils scrutèrent l'horizon, en suspens.

Gokû croisa les bras et prit un air contrarié. Les deux Saïyens flottaient à quelques mètres du sol.

- Les hommes de Freezer ont débarqué, annonça Gokû avec ennui.

Végéta serra les dents.

- Mais c'est toi qu'ils cherchent, non ? souligna malicieusement Gokû.

Le prince tourna des yeux écarquillés vers lui. Il avait définitivement abandonné tout semblant de déférence envers lui.

- Ils me préfèreraient vivants, mais oui, c'est moi qu'ils cherchent, marmonna t-il rageusement.

Végéta se remit à fixer la direction du quartier général, où il avait laissé ses hommes et ses officiers. On pouvait sentir leurs énergies vitales disparaître une à une, tandis que celles des hommes de Freezer irradiaient littéralement. Tandis que le prince restait concentré sur l'horizon, Gokû lui asséna un coup derrière la nuque qui l'expédia brutalement au sol, inconscient.

Il n'avait pas agi très honnêtement mais il était pris par le temps. Quel dommage qu'on n'ait pas pu finir.

Il descendit jusqu'à la terre ferme et s'engagea dans la forêt en appelant Bulma avec entrain. Il se demanda où cette idiote avait bien pu croire qu'elle pourrait se cacher.

Il était pressé maintenant, avec les hommes de Freezer dans les parages. Elle était dans la forêt, c'était certain, elle ne serait pas allée se mettre à découvert. Il marchait à grandes enjambées, suivant les traces de son passage dans la végétation sauvage. Il commençait à avoir faim et cela accentua sa mauvaise humeur.

Il avait beau se concentrer, il ne repérait pas son aura. Cela l'inquiétait. Par ailleurs, il avait été blessé.

Il prit donc le parti de faire une halte, malgré l'enchainement des événements. Il trouva un ruisseau et défit son armure. Il posa précautionneusement le radar au creux d'une racine d'arbres, après avoir une nouvelle fois essayé vainement de le rallumer. Il constata que la bagarre avec Végéta avait en plus fissuré le cadran. Il est temps de trouver Bulma.

Il s'avança dans l'eau gelée et nettoya ses blessures pour vérifier leur gravité. Il ne vit rien de réellement inquiétant. Il arracha un morceau de son uniforme pour se constituer un pansement sur l'une de ses plaies dont le saignement persistait.

Tandis qu'il venait de terminer son bandage, il entendit un caillou rouler derrière lui. Il avait toujours les pieds dans l'eau. Il ne bougea pas et réajusta ses vêtements le plus naturellement du monde.

- Tu en as mis un temps à sortir de ta cachette, dit-il en se retournant.

Chichi se tenait sur la berge, son arme braquée directement sur lui. Il haussa un sourcil à la vue du pistolet.

- T'aurais pas vu une femme avec les cheveux bleus ? lui demanda t-il sans relever la menace.

Elle le fixait avec détermination, le doigt sur la gâchette sans un vacillement.

- Ne bouge pas ! ordonna-t-elle.

Il sortit de l'eau calmement et ramassa son armure qu'il enfila précautionneusement. Elle garda le moindre de ses mouvements dans son viseur, en prenant soin de rester à distance de lui.

- Bien sûr que tu as vu cette femme. Tu me suis depuis un moment. Rien ne t'échappe dans cette partie de la forêt, pas vrai ?

- Gokû ! cria t-elle.

Il se tourna vers elle avec surprise.

- On se connaît ?

- Tu ne te souviens pas de moi ? La fille de Gyumao, demanda-t-elle avec une pointe de dépit.

Il réfléchit un instant.

- Chichi ! Tu es encore là, alors ? On dû se louper à un moment, répondit-il distraitement en ramassant le radar et en le calant à nouveau dans son plastron.

- Qu'est ce qui t'es arrivé Gokû ? Je ne peux pas croire que tu aies fait tout ça de ta propre volonté.

Il plissa les yeux. Cette grue commençait à le bassiner sérieusement. Pourquoi tout le monde lui servait-il la même rengaine ? Les humains étaient trop émotifs.

- Où est Bulma ? grogna t-il sur un ton menaçant, en avançant vers elle

- N'approche pas ! hurla t-elle.

Elle tira un coup. Il était déjà proche. La balle ricocha sur son armure et se planta dans le tronc d'un arbre derrière elle. Il n'y prêta pas attention et saisit son arme avec irritation. Elle eut un cri de panique et se mit en position d'attaque.

Il scruta le misérable pistolet et posa les yeux sur elle.

- Mais qu'est-ce que tu crois que tu fais ? lui demanda t-il.

- Tu ne me fais pas peur. Je suis sûre que tu es manipulé.

Quelle conne ! Si je la frappe, je risque de l'assommer. Je dois trouver Bulma. Il regarda à nouveau le pistolet et le pointa sur elle.

- Et sur toi, ça fait quel effet ? lança t-il.

Elle se figea et leva les mains pour marquer sa résignation. Ah, ça marche…Il sourit.

- Conduis-moi à Bulma, ordonna t-il en la tenant en joug.

Elle hésita, puis finit par se mettre en marche, le Saïyen sur ses talons.

- Gokû, je ne peux pas croire que tu me ferais du mal. Quand on était petits…

- Hey ! Ferme-la ! C'est toi qui m'a tiré dessus, non ? J'ai un coup d'avance, coupa t-il.

Elle se raidit et continua d'avancer jusqu'à la grotte. Quand elle voulut entrer il la tira par le vêtement pour la faire stopper.

- Elle est là ? demanda Gokû

Chichi hocha la tête. Gokû baissa son arme et l'entraîna loin de l'entrée.

- Je parie qu'elle dort, dit-il sur le ton de la confidence, comme si il avait craint de la réveiller.

Bulma n'aurait jamais laissé sortir cette idiote de sa cachette. Soit elle est pas là, soit elle dort.

Chichi acquiesça. Elle retrouvait une attitude et un ton plus conforme au Gokû qu'elle connaissait. Ils s'éloignèrent encore un peu.

- Ne la réveillons pas, décréta-t-il avec un air complice.

- Gokû, qu'est-ce que tu as en tête ? demanda Chichi avec un vague espoir dans la voix.

Il lui sourit gentiment et haussa les épaules en prenant un air mystérieux. Puis, il leva l'arme au niveau de sa tête et tira un seul coup. Elle n'eut même pas le temps de réaliser. Sa tête fut projetée en arrière et son corps s'effondra lourdement. Gokû regarda Chichi qui gisait avec une expression de stupeur sur le visage, puis le pistolet.

C'est efficace. Pas très drôle, un peu bruyant mais efficace.

Il jeta l'arme et repartit vers l'entrée de la grotte.

oooo0ooooo0oooo