Bonjour,

Voici le 13ème chapitre. Dean est une nouvelle victime d'une attaque. Le pauvre ... tout le monde lui en veut !

On approche du moment où Dean et Castiel ne pourront plus résister à leur attraction mutuelle ...

Merci de me lire, de m'écrire, de me soutenir.

Bonne lecture et à lundi !

Sydney8201

Musique du chapitre :

Take me nowhere d'Offspring

Chapitre 13 : Agression

« Vous savez ce que ça peut provoquer la peur ? Il y en a que ça pousse à la lâcheté, d'autres à l'héroïsme »

Louis Caron

Castiel pensait que c'était une mauvaise idée. Il en était même totalement sûr. Bien sûr Dean n'était pas de son avis. Et même si ses proches avaient tenté de l'en dissuader, il avait catégoriquement refusé de les écouter.

La soirée était prévue de longue date. Et elle était importante pour le jeune acteur. Il ne voulait surtout pas y renoncer. Castiel avait entendu ses arguments et il n'avait pas eu le cœur de le contredire. Il pouvait voir l'enthousiasme chez son client. L'envie évidente de faire ce qu'il avait promis de faire.

Dean avait prêté son nom et sa célébrité à de nombreuses associations. Il avait tourné quelques spots publicitaires pour collecter des fonds. Il ne le faisait pas pour donner une bonne image de lui. Castiel savait que son engagement était sincère. Il militait pour les enfants, les animaux et l'environnement. Il ne comptait pas son temps et faisait son maximum pour servir ces causes.

Il donnait également de l'argent. Beaucoup d'argent. C'était en partie parce qu'il avait lui même connu la pauvreté. Il se sentait coupable aujourd'hui de ne plus être dans le besoin. Il avait besoin de partager ce qu'il avait avec ceux qui n'avaient pas la même chance que lui.

C'était pour cela que cette soirée était aussi importante pour lui. C'était pour ça qu'il s'y rendrait malgré les conseils des gens autour de lui.

L'évènement devait avoir lieu dans une salle du centre ville. Il rassemblerait quelques personnes fortunés. Dean espérait leur soutirer un maximum d'argent. Les fonds seraient ensuite redistribués aux personnes qui n'avaient rien sous forme de nourriture, de vêtements et de fournitures scolaires.

Castiel admirait l'engagement de son client. Il le savait généreux. Mais cette soirée posait un problème pour sa sécurité. Le garde du corps savait qu'il y aurait énormément de monde. Et le public ferait le forcing pour voir le jeune acteur. Pour lui parler et prendre des photos avec lui. Cela faisait parti de son quotidien. Mais après la nouvelle lettre qu'il avait reçue, c'était le moment parfait pour que son agresseur passe à l'acte. Castiel n'était pas sûr de pouvoir surveiller tout le monde. Il avait hésité à demander du renfort à Gabriel. Mais il savait que Dean n'apprécierait pas son initiative. Il allait devoir redoubler de vigilance et ne pas lâcher son client des yeux.

Dean était actuellement en train de finir de se préparer. Pamela avait insisté pour qu'il choisisse la tenue idéale. Le jeune acteur aurait probablement préféré s'y rendre en jean et tee shirt. Mais sa conseillère en image ne l'entendait pas de cette oreille. Il devait être parfait. Le but n'était pas de se promouvoir lui mais bien l'association. C'était toutefois un événement public et les journalistes seraient là. Dean ne devait pas l'oublier.

Castiel, quant à lui, avait opté pour un costume. Il ne voulait surtout pas faire tâche dans le décors et risquer de faire honte à son client. Ce n'était pas vraiment des vêtements de créateurs et il était presque sûr que tout le monde pourrait le voir. Mais ils lui allaient bien. Et il n'avait pas d'autre choix.

Sam faisait les cent pas dans le salon, visiblement nerveux. Il était furieux à l'idée que son frère se rende à cette soirée. Furieux également de devoir y aller lui même. Il estimait que le risque était trop grand. Castiel était de son avis. Mais c'était Dean, une nouvelle fois, qui avait eu le dernier mot.

Le garde du corps savait que le frère de son client n'avait toujours pas réussi à effacer les souvenirs de la soirée où Dean avait manqué de se faire violer. Il était toujours sur les nerfs. Toujours en colère également. Castiel pouvait le comprendre. Mais il aurait aimé qu'il réussisse à canaliser ses émotions. Qu'il soit un peu détendu. Le voir aussi agité le rendait lui même nerveux.

Sam ne semblait toutefois pas s'en soucier. Il continuait d'aller et venir devant le canapé, ses bras le long de son corps et les poings serrés. Il s'arrêtait parfois, marmonnait quelque chose d'incompréhensible puis recommençait à marcher. Castiel ne pouvait pas détacher ses yeux de lui.

Il n'était pas le seul à être inquiet. Jo était assise dans un fauteuil non loin d'eux et se rongeait les ongles. Elle ne viendrait pas avec eux. C'était un soulagement pour Castiel. Il allait devoir veiller sur Dean et sur Sam. C'était déjà bien suffisant.

La jeune femme semblait partagée entre son envie de les accompagner malgré tout et celle d'attacher Dean dans un coin pour qu'il ne sorte pas. Castiel la savait capable d'avoir recours à de telles extrémités. Son côté protecteur était fort. Surtout quand il s'agissait de Dean.

Castiel était perdu dans ses pensées quand il entendit du bruit dans son dos. Il se tourna sur le canapé pour regarder qui entrait dans la pièce et sentit aussitôt son cœur s'accélérer quand Dean apparut dans l'encadrement de la porte.

Il était à couper le souffle. C'était souvent le cas mais c'était plus flagrant encore quand il était habillé de la sorte. Pamela avait fait un travail incroyable. Son costume semblait avoir été cousu sur lui. Il était près du corps, cintré et parfaitement coupé pour le mettre totalement en valeur.

La veste et le pantalon étaient noirs. La chemise grise et la cravate verte. Elle faisait ressortir la couleur des yeux du jeune acteur. Le tissu semblait incroyablement doux et soyeux et Castiel avait envie de le toucher pour confirmer ses soupçons. Bien sûr, il ne le ferait pas. Surtout pas devant témoins.

Dean les regardait tous, visiblement agacé d'avoir eu à passer autant de temps à s'habiller. Castiel admira quant à lui la façon dont ses vêtements soulignaient les contours de sa silhouette et pendant une seconde, il fut incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de le regarder. Il était presque sûr qu'il bavait. Heureusement pour lui, personne ne semblait faire attention à sa réaction. Tous les yeux étaient braqués sur le jeune acteur.

- Dean, on devrait rester là. Ce n'est pas prudent, lança finalement Sam, mettant un terme au silence.

Il ne semblait pas prêt à lâcher le morceau. Mais Castiel savait que c'était inutile. Et de toute évidence, Dean était agacé de voir son frère insister à nouveau. Il croisa ses bras sur son torse et soupira.

- Sammy, on en a déjà parlé et je n'ai pas changé d'avis. Il est important que j'y aille. Alors sois tu m'accompagnes, soit tu restes là. C'est à toi de voir. Mais dans tous les cas, moi, j'y vais.

Castiel détacha finalement ses yeux de son client. Il essuya sa bouche par précaution – elle était heureusement sèche – et épousseta son pantalon pendant quelques secondes.

- Tu es prêt ?

La question de Dean lui fit relever la tête. Il regarda une seconde son client et hocha la tête. Il était presque sûr qu'il ferait tâche à côté du jeune acteur. Jamais avant cela n'avait été un problème pour lui. Il se fichait totalement de son apparence. Mais à présent, il était terrifié à l'idée de faire honte à son client.

- C'est quand tu veux, répondit il alors.

Dean hocha la tête puis se tourna vers Pamela qui se tenait dans son dos. Castiel ne l'avait pas vue jusque là. De toute évidence, il avait été encore plus perturbé par l'apparence de son client qu'il ne l'avait cru. Le garde du corps laissa le jeune acteur parler avec sa conseillère en image et en profita pour contourner le canapé et le rejoindre. Il vérifia une dernière fois que son arme se trouvait bien dans son holster contre son torse puis ferma sa veste pour que personne ne puisse la voir. Quand il leva à nouveau les yeux, Dean le regardait. Et de prêt, il était encore plus séduisant que de loin. Ses cheveux étaient parfaitement coiffés. Il s'était rasé et ses yeux semblaient briller. Castiel allait devoir faire un effort pour ne pas laisser tout cela l'affecter. Il devait rester vigilent. Et déshabiller son client du regard toute la soirée serait probablement contreproductif.

- Sammy, tu viens ?

Le jeune agent grogna mais s'approcha à son tour. Castiel attendit qu'il soit à sa hauteur puis se mit en route. Il sentit le parfum de Dean emplir ses narines quand il passa à côté de lui et il se mordilla la lèvre inférieure aussitôt. C'était une odeur enivrante. Masculine et incroyable. Castiel ne devait surtout pas se laisser distraire.

Il remonta le couloir, Dean et Sam sur les talons puis sortit de la maison. Bobby avait garé la voiture juste devant. Il avait choisi une des berlines noires que Dean détestait par dessus tout. Elle était immense avec des vitres teintées. Quiconque la voyait ne pouvait pas douter que son propriétaire était incroyablement riche. Castiel croyait se souvenir qu'il s'agissait d'une Jaguar. Mais il n'y connaissait rien en voiture. Il savait que Dean aurait préféré un moyen de locomotion un peu moins extravagant. Il ne voulait pas qu'on puisse penser qu'il cherchait à se faire remarquer. Il n'aimait pas étaler son argent aux yeux de tous. Surtout pas quand il se rendait à une soirée caritative. Mais il n'avait pas le choix. C'était la Jaguar ou une limousine. Et la seconde option le révoltait plus encore.

Pour l'occasion, ils avaient engagé un chauffeur. Une nouvelle fois, Dean n'avait pas été très heureux. Il préférait conduire. Son frère avait toutefois insisté. Et il s'agissait là d'une des rares concessions que Dean avait acceptée de faire.

Sam prit finalement place devant à côté du chauffeur alors que Dean et Castiel s'installaient côte à côté à l'arrière. Ce n'était pas ainsi que cela se passait d'ordinaire. Le garde du corps voyageait rarement sur la même banquette que son client. Mais Sam ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Il était trop en colère contre son frère pour s'asseoir à côté de lui. Et Castiel n'avait pas insisté.

Quand le véhicule démarra enfin, Dean déboutonna sa veste et en écarta les pans. Il tira ensuite sur sa cravate pour qu'elle ne lui serre plus le cou.

- Je déteste ces vêtements, confia t-il à voix basse.

Castiel savait que son client préférait de loin être habillé de façon plus décontractée. Il n'aimait pas le côté restrictif des costumes. Il détestait également leur aspect formel. Peu importait que ces vêtements lui aillent à merveille. Il se fichait visiblement de l'image qu'il donnait.

- Si cela peut te rassurer, tu es très séduisant avec, assura Castiel en regardant la route défiler par la fenêtre à côté de lui.

Il entendit Dean grogner à nouveau mais il ne lui fit pas face. Son parfum lui emplissait à nouveau les narines et il avait du mal à l'ignorer. C'était extrêmement perturbant. Il devait absolument se concentrer sur sa mission.

- Tu es très séduisant toi aussi, lança finalement Dean quand il eut fini de rouspéter.

Castiel ne dit rien en retour. Il aurait aimé que le compliment de son client n'ait aucun effet sur lui. Mais il avait fait accélérer le rythme de son cœur et déclencher un frisson qui lui avait remonté toute la colonne vertébrale.

« Concentre toi Castiel » pensa t-il en espérant que cela fonctionnerait.

Ils roulèrent durant quelques minutes en silence avant que Dean ne reprenne la parole à nouveau.

- J'ai l'impression d'être un imposteur, confia t-il.

Castiel fronça les sourcils et tourna finalement le visage vers lui. Il fut surpris de voir que le jeune acteur avait les yeux sombres et les lèvres pincées.

- Comment ça ? Demanda t-il parce qu'il pouvait sentir que son client avait envie de parler.

C'était une des choses qui avait changées depuis que Dean avait été agressé. Il s'ouvrait plus facilement à Castiel. Il lui confiait des choses dont il ne parlait avec personne d'autre. C'était flatteur bien sûr. Mais cela poussait le garde du corps à se sentir important et ce n'était pas forcément une bonne chose.

- Je vais là bas pour défendre une cause et rassembler des fonds pour des gens qui n'ont rien. Et je vais arriver dans une voiture dont le prix pourrait facilement nourrir des dizaines de familles pendant au moins une année entière. Et dans un costume qu'ils ne pourraient jamais se payer. Je suis un imposteur.

Castiel savait que Dean voulait être crédible dans son engagement. Et il avait honte d'avoir autant d'argent quand il s'apprêtait à en récolter pour ceux qui n'en avaient pas. Mais c'était justement sa puissance financière et sa célébrité qui aidaient l'association à engranger des fonds importants. Il était important qu'il ne l'oublie pas.

Si tu n'étais pas aussi puissant, tu ne pourrais rien faire pour eux Dean. Ils le savent. Personne na va t'en tenir rigueur. Et puis, même si tu renonçais à tout ça, cela ne leur offrirait pas une vie meilleure. Mais cela les priverait d'un atout majeur.

- Mais je pourrais faire plus … j'aimerais faire plus. Je pourrais … je pourrais vendre cette voiture que je déteste et mettre aux enchères une partie de mes vêtements pour reverser les fonds à l'association. Je pourrais … j'aimerais juste pouvoir en faire plus.

Castiel savait que son client était sincère. Il ne comprenait pas vraiment sa logique mais il n'avait pas l'intention de le critiquer sur ce point. Il devait être difficile pour lui de regarder ces gens et de se rendre compte qu'il avait eu plus de chance qu'eux. Il n'avait pas volé sa réussite. Il avait travailler dur pour obtenir tout ce qu'il avait. Mais il aurait pu être à leur place. Il le savait. Et cela le faisait se sentir coupable.

- Tu pourrais oui peut être … mais tu en fais déjà beaucoup. Une nouvelle fois, les gens t'en sont reconnaissants.

- Ce n'est pas pour ça que je le fais Castiel.

Le garde du corps hocha aussitôt la tête.

- Je le sais.

Dean soupira alors puis regarda par la fenêtre à sa gauche. Sam leur annonça finalement qu'ils arrivaient bientôt. Le jeune acteur réajusta alors sa cravate puis reboutonna sa veste. Castiel détourna les yeux.

Quand il vit les premiers photographes et le public amassé derrière les cordons de sécurité, il prit une grande inspiration et prit quelques secondes pour se concentrer. La soirée était importante pour Dean mais Castiel n'était pas là pour s'amuser. Il avait un travail à faire et il était important qu'il soit parfait. Il observa les gens à l'extérieur. Il lui serait impossible d'identifier une menace avec autant de monde. Il espérait que Dean ne passerait pas trop de temps à l'extérieur. Il serait plus en sécurité une fois rentré.

Quand la voiture s'immobilisa, il jeta un dernier coup d'oeil à son client puis sortit du véhicule. Il ne prêta pas attention aux photographes dont les flashs l'aveuglaient par moment. Il contourna la voiture puis ouvrit la portière pour laisser sortir Dean.

Il y avait énormément de monde autour d'eux et Castiel était inquiet. Quand le jeune acteur sortit à son tour, des jeunes femmes se mirent à crier son nom. Dean leur adressa un petit signe de la main et un large sourire. Il était totalement différent de l'homme qu'il avait été dans la voiture. Il était dans son personnage. Devant son public et les médias, il redevenait Dean Winchester l'acteur. C'était un changement fascinant à observer. Mais Castiel n'avait pas vraiment de temps à perdre à le regarder. Il resta à côté de lui, suffisamment proche pour pouvoir l'attraper si nécessaire ou se mettre entre lui et un potentiel agresseur. Dean s'approcha des gens devant lui qui se pressaient contre les cordons de sécurité. Il serra quelques mains, sourit sur plusieurs photos puis adressa quelques mots à ceux et celles qui étaient là pour le voir. Castiel resta à ses côtés durant tout le temps que cela dura. Il garda les yeux rivés sur les gens autour d'eux. Personne ne prêtait réellement attention à lui. C'était sans doute mieux ainsi.

Sam finit par venir chercher son frère après de longues minutes. Dean s'excusa auprès de ses fans puis remonta doucement le tapis rouge qui menait à l'entrée de la salle où la soirée aurait lieu. Les photographes l'appelaient tous pour pouvoir prendre un cliché et Dean s'arrêta à de multiples reprises pour prendre la pose. Castiel ne le lâcha pas. Il n'aimait pas l'idée d'être en première page du journal à côté de son client mais il refusait de s'éloigner. Il devait pouvoir réagir dans la seconde si toutefois il y avait une quelconque menace.

Une fois devant l'entrée du bâtiment, un journaliste s'approcha de Dean avec un micro à la main. Castiel vit aussitôt un badge pendre autour de son cou. Cela signifiait qu'il avait été approuvé par le comité qui avait organisé la soirée. Castiel resta toutefois méfiant. Il savait bien que toutes les consignes de sécurité avaient été respectées. Mais il ne pouvait pas relâcher sa garde pour autant.

Le journaliste s'empressa d'interroger Dean sur le nouveau film qu'il tournait et Castiel sut aussitôt que la question avait agacé son client. Il était collé contre lui et tous ses muscles s'étaient tendus quand le journaliste aborda le sujet.

- Je ne suis pas là pour parler de moi. Je ne suis pas là pour faire la promotion de mon film non plus. Si vous voulez me poser des questions, interrogez moi sur l'association qui organise la soirée ou sur ce que les gens qui nous regardent peuvent faire pour nous aider. Sinon, je suis désolé mais je refuse de vous répondre.

Castiel sourit faiblement en entendant son client remballer ainsi le journaliste. Ce dernier ne sembla pas déstabilisé pour autant. Il devait probablement avoir l'habitude. Il fit ce que Dean lui demandait et lui posa ensuite des questions sur l'association que le jeune acteur représentait.

- Je suis un privilégié et il me semble important d'utiliser ma notoriété pour aider ceux qui n'ont pas eu ma chance. J'en appelle donc à la générosité de toutes celles et de tous ceux qui vous regardent ce soir. Nous avons besoin d'argent. Nous avons besoin de bénévoles. Toute contribution est importante, quelle qu'en soit la forme. Il est totalement inacceptable qu'à notre époque des gens continuent de manquer de tout quand quelques autres concentrent à eux seuls la majorité des richesses. C'est pour ça que je suis là ce soir. Pour inviter ces gens à donner une partie de ce qu'ils ont à ceux qui n'ont rien.

Castiel se demanda si son client avait répété ce qu'il devait dire. Tout sonnait juste. Chaque mot semblait avoir été soigneusement choisi. C'était la réponse parfaite. Dean était impressionnant. Et en l'écoutant parler ainsi, en le regardant sourire aussi facilement, Castiel comprenait comment il avait pu devenir aussi célèbre. Il était impossible de ne pas l'aimer quand il se comportait ainsi.

Le garde du corps fut tiré de ses songes par des éclats de voix non loin d'eux. Il se tourna vers la source du bruit en se rapprochant un peu plus encore de Dean. Il posa sa main sur son bras afin de pouvoir l'emmener à l'écart dans la seconde si les choses tournaient mal.

A quelques mètres d'eux, deux hommes semblaient sur le point de se battre. Castiel regarda les membres du service de sécurité se précipiter dans leur direction. Il pouvait s'agir d'une diversion afin d'ouvrir la brèche pour quelqu'un d'autre. Il préférait ne pas prendre de risques. A côté d'eux, Sam semblait aussi tendu.

- On rentre, souffla Castiel en direction de Dean.

Le jeune acteur ne protesta pas et se laissa guider à l'intérieur. Le journaliste l'appela inutilement pour obtenir quelques mots de plus. Mais Castiel se fichait qu'il soit frustré. Il devait mettre son client à l'abris.

Il y avait énormément de monde également dans le bâtiment. Tous étaient vêtus de costumes ou de robes hors de prix. Plusieurs tables avaient été installées au centre de la pièce. Il y avait un podium au fond. Un homme était devant le micro et semblait faire les derniers réglages. Castiel savait que Dean était sensé prendre la parole un peu plus tard. Il allait devoir le convaincre de le laisser l'accompagner sur scène. Il serait vulnérable une fois là haut. Et Castiel devait être à ses côtés.

Mais pour le moment, il devait s'assurer qu'il n'y avait aucune menace dans la salle.

Dès leur entrée, un jeune homme se précipita vers eux. Il avait un large sourire sur les lèvres et semblait totalement excité par la présence de Dean dans la salle.

- Monsieur Winchester, merci mille fois d'être venu, lança t-il en guise de salut quand il fut à leur hauteur.

Dean lui serra la main en souriant à son tour.

- Appelez moi Dean s'il vous plait. Et je suis ravi d'être là.

Le jeune homme hocha frénétiquement la tête puis leur fit signe de le suivre. Il les conduisit jusqu'à une table juste devant la scène. Castiel aurait préféré qu'ils soient installés dans un coin. Contre un mur pour être sûr que personne ne pourrait approcher dans leur dos. Mais Dean était l'invité d'honneur et il devait être vu de tous.

- Je vous ai installé ici avec votre frère. Je ne savait que vous seriez accompagné de quelqu'un d'autre.

Il semblait réellement mal à l'aise à l'idée d'avoir manqué à son devoir d'hôte. Castiel se fichait de ne pas avoir de place réservée. Il pourrait parfaitement passer la soirée debout derrière Dean. Il n'était pas là en tant qu'invité mais uniquement pour veiller à la sécurité de son client. Peu importait qu'on lui serve ou non à manger. Il avait d'autres problèmes à gérer.

- Monsieur Novak est chargé de ma sécurité, expliqua alors Dean d'une voix calme.

Castiel était surpris qu'il ne cherche pas à trouver une excuse pour justifier sa présence. De toute évidence, il avait enfin accepté que les gens sachent qu'il avait un garde du corps.

- Je peux vous garantir que nos gardes sont entraînés pour s'assurer que tout se passe bien. Vous êtes en sécurité ici avec nous, répliqua le jeune homme, visiblement vexé.

Dean hocha la tête sans perdre son sourire. Il était vraiment doué pour mettre les gens à l'aise. Du moins quand il jouait ce rôle.

- Je n'en doute pas mais j'ai récemment reçu quelques lettres inquiétantes et j'ai jugé bon d'engager Monsieur Novak afin d'assurer ma sécurité. Croyez moi, il s'agit uniquement d'une précaution. Je sais que tout se passera parfaitement bien ce soir.

Castiel regarda le jeune homme hocher la tête rapidement avant de se tourner vers la table et d'observer les chaises installées autour. Il sembla réfléchir pendant une seconde avant de reporter son attention sur le jeune acteur.

- Je vais demander à ce qu'on rajoute une chaise pour Monsieur Novak. Je reviens dans une minute.

Dean le laissa alors partir sans rien ajouter. Castiel continua d'observer autour d'eux pour se faire une idée précise de la disposition de la salle. Les lumières étaient tamisées et il y avait beaucoup trop de recoins sombres à son goût. Il serait incapable de tous les surveiller durant toute la soirée. Il allait donc devoir rester collé à Dean jusqu'à ce qu'ils partent. Il n'aurait pas du trouver cette idée aussi agréable.

Rapidement, des gens approchèrent de Dean pour lui parler. Le jeune acteur répondit à plusieurs questions, encouragea les invités à donner de l'argent et fit quelques plaisanteries adéquates. Il semblait parfaitement à l'aise dans cette situation. Et pourtant, Castiel savait combien il détestait être ainsi au centre de l'attention. Il le faisait par nécessité. C'était intéressant à observer. Dean était un homme totalement différent quand il était chez lui, entouré de ses proches. Il redevenait lui même. Et si Castiel avait été fasciné par son apparence au début de la soirée, il réalisait à présent qu'il aimait bien plus l'homme que son client était quand il était chez lui. Le Dean qu'il avait sous les yeux sonnait faux. Ses sourires n'atteignaient pas ses yeux. Et son rire n'était pas aussi communicatif que celui qu'il avait quand il était lui même. Il savait que personne d'autre que lui et Sam ne le voyaient. Mais cela lui sautait aux yeux à présent.

La salle continua de se remplir au fil des minutes et quand on installa une chaise de plus à la table de Dean, le jeune acteur s'assit enfin. Castiel prit place à gauche alors que Sam s'asseyait à sa droite.

De la musique était à présent diffusée autour d'eux couvrant le bruit des conversations. Il y a quatre autres personnes à leur table. Castiel n'en connaissait aucune. Mais de toute évidence, Dean les avait déjà vus. Il discutait avec un couple en face de lui avec facilité. Sam, quant à lui, continuait de bouder sur sa chaise.

Les murmures se turent seulement quand un homme monta sur scène. Il était vêtu d'un smoking et était visiblement maquillé. Il s'approcha du micro et demanda l'attention de tout le monde.

Castiel ne l'écouta pas vraiment quand il prit la parole. Il préféra rester concentrer sur les gens autour d'eux, sur la salle où seuls des serveurs étaient encore debout. La décoration était sobre mais élégante. La nourriture qui s'empilait dans les assiettes qu'on commençait à servir semblait totalement décadente au vu de la cause que les gens étaient venus défendre.

Castiel n'avait pas faim. Il avait un nœud dans l'estomac et la sensation que quelque chose lui échappait. Il n'aurait pas su dire quoi mais il était sur ses gardes. Il avait un mauvais pressentiment. Peu importait qu'il puisse voir les gardes à l'entrée de la salle, il était presque sûr qu'il allait se passer quelque chose.

Dean devait prendre la parole avant que les gens ne se mettent à manger. Plus les minutes passaient et plus Castiel redoutait ce moment. Il était inutile de tenter de dissuader le jeune acteur de prendre la parole. Il savait combien cela comptait pour lui. Il allait devoir faire avec.

Sur la scène, le présentateur finit par appeler Dean et par encourager les gens à l'applaudir. Le jeune acteur se leva alors de sa chaise et adressa un petit salut aux gens présents. Castiel se leva à son tour, déterminé à le suivre. Il lut la surprise sur le visage de certains invités mais il s'en contrefichait. Il ne laisserait personne l'empêcher de faire son travail.

Dean s'éloigna doucement de la table et Castiel lui emboîta aussitôt le pas. Il était dans son dos, suffisamment proche de lui pour le faire se coucher au sol s'il se passait quoi que ce soit. Les applaudissements autour d'eux l'empêchaient d'entendre quoi que ce soit d'autre. Il glissa une main sous sa veste par réflexe. Il se sentit mieux dès que ses doigts effleurèrent la crosse de son arme. Il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule puis sur les côtés. Dean avançait toujours lentement, serrant les mains des gens assis à leurs tables entre eux et la scène. Ils étaient devant les escaliers quand une voix résonna dans leur dos.

- Hé Monsieur Winchester !

Dean s'immobilisa immédiatement et Castiel fit aussitôt volte face. Un homme approchait dans leur direction. Il portait un costume et faisait visiblement parti des invités.

Castiel referma sa main autour de la crosse de son arme par sécurité alors que l'inconnu arrivait à leur hauteur.

- Je voulais juste vous serrer la main, assura l'homme.

Castiel était entre lui et Dean et l'empêchait de l'atteindre. Il s'écarta légèrement quand Dean tendit la main à l'inconnu. Il ne le lâcha toutefois pas des yeux durant tout le temps que cela dura. Et quand son client se remit finalement en route, il garda ses yeux rivés sur l'homme qui l'avait abordé. Il y avait clairement quelque chose qui clochait chez lui. Et Castiel avait envie de l'obliger à sortir. Il ne comprenait pas comment personne ne pouvait l'avoir empêché de quitter sa chaise. Mais les gens semblaient trop occupés à observer Dean et à l'applaudir bruyamment.

L'inconnu jeta alors un coup d'oeil à Castiel et lui adressa un petit sourire en coin. Castiel sentit aussitôt tous ses muscles se tendre. Il était évident que cet homme préparait quelque chose. Mais Dean s'était déjà éloigné et il montait sur scène. Castiel était partagé entre son envie de le suivre et celle de garder l'inconnu dans son champ de vision. Quelque chose clochait. Il pouvait le sentir. Mais alors que son client s'approchait du micro, il fut obligé de tourner le dos à l'inconnu pour le rejoindre.

Ce fut une erreur. Presque aussitôt, quelque chose s'abattit à l'arrière de son crâne et il tomba lourdement en avant. Il entendit des bruits de pas, un cri quelque part à sa droite puis le grincement des chaises dont les pieds étaient traînés sur le sol. Les gens paniquaient. Et Castiel savait que cela allait lui compliquer la tâche. Il n'aurait jamais du laisser Dean s'éloigner. Il aurait du écouter son instinct.

Quand ses genoux heurtèrent le sol, le garde du corps sentit une douleur se répercuter dans ses jambes. Il prit appui sur la scène devant lui et se releva le plus rapidement possible. Il y avait des gens qui courraient autour de lui. Castiel chercha aussitôt Dean du regard. Il le trouva sur la scène, statufié et visiblement terrifié. Le garde du corps comprit rapidement pourquoi. L'homme qui l'avait salué approchait de lui avec un couteau dans la main. Et il n'était pas seul. Il y avait deux autres types avec lui. Ils étaient armés également. Castiel ne les avait pas vus venir. Il avait été idiot.

Mais il n'avait pas le temps de s'apitoyer. Les gens autour de lui courraient dans toutes les directions et empêchaient clairement les gardes d'intervenir. Il y avait des cris et des bruits de pas. Castiel avait la tête qui tournait. Il était surpris que le coup ne l'ait pas assommé.

Le garde du corps sauta finalement sur scène le plus agilement possible malgré son état et se lança dans la direction de Dean. Un de deux hommes l'avait attrapé et plaqué contre son torse. Avant que Castiel ne puisse l'atteindre, il avait un couteau collé contre sa gorge. Le garde du corps s'immobilisa immédiatement.

- Cas, souffla le jeune acteur, visiblement paniqué.

Il ne cherchait pas à se débattre. Ce qui était définitivement une bonne chose. Et la preuve qu'il avait conscience du danger qui pesait sur lui. Sam était sur scène également mais il ne bougeait pas. Derrière eux, les gens continuaient à courir.

- Oh, comme c'est mignon, c'est ton petit ami ? Demanda l'homme qui tenait le couteau sous la gorge du jeune acteur.

Castiel réfléchit une seconde à ce qu'il devait faire. Il pouvait tenter de sortir son arme. Mais il doutait d'avoir le temps de le faire avant que l'homme ne tranche la gorge de son client. Il risquait de le faire paniquer également et de le pousser à l'acte. Il devait tenter de lui parler. Il ne trouvait toutefois pas les mots appropriés.

- Mon garde du corps, jeta Dean en serrant les poings.

Castiel dévisagea l'homme qui menaçait le jeune acteur. Il n'était pas vraiment grand mais il était musclé. Et il semblait déterminé. Il était donc extrêmement dangereux. Il devait agir intelligemment.

- Et bien dis moi, tu aurais pu en choisir un plus efficace non ?

Castiel avait été effectivement en dessous de tout. Une nouvelle fois. Il se demandait comment il avait pu se comporter ainsi. Il était le meilleur. Il le savait. Mais il avait été pris de court. Il avait manqué de vigilance.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Demanda t-il finalement.

Il avait besoin d'en savoir plus sur ces hommes pour juger de leur degré de dangerosité. Il avait une petite idée de leur motivation mais il voulait l'entendre dans leur bouche.

- Ce qu'on veut ? Ce qu'on veut c'est faire passer un message. Hollywood n'a pas besoin d'être représenté par des pédales dans son genre, jeta un des autres hommes.

Castiel avait donc vu juste. Ces hommes s'en étaient pris à Dean parce qu'il était gay. Et ils voulaient que leur geste soit rendu public. Ce qui l'amenait à penser qu'ils étaient prêt à mourir s'il le fallait. La situation était plus grave encore qu'il ne l'avait imaginé. Il n'y avait rien de plus dangereux que des hommes qui n'avaient rien à perdre. Des hommes prêts mourir pour la cause qu'ils pensaient défendre.

- Très bien, il me semble que votre message est passé, assura t-il en faisant un pas en avant.

L'homme qui menaçait Dean ricana une seconde et Castiel sentit aussitôt un frisson lui remonter la colonne vertébrale. Il y avait quelque chose d'incroyablement froid et cruel dans le rire de cet homme. Dans ses yeux. Dans son attitude.

- Il ne le sera pas tant qu'il respirera encore, répliqua t-il.

Castiel savait à présent qu'ils passeraient à l'acte. Ce n'était pas des menaces en l'air. Ils allaient tuer Dean. Et le garde du corps devait absolument les en empêcher. Il prit une profonde inspiration et fit un nouveau petit pas en avant. Il devait agir rapidement mais également le plus discrètement possible. Il jeta un coup d'oeil à Dean en priant pour que le jeune acteur ne tente pas quelque chose de stupide. Il devait se savoir en sursis et cela conduisait souvent les gens à commettre une erreur. Il espérait sincèrement que ce ne serait pas le cas pour son client.

- On parlera de nous partout quand on en aura fini. Et tout le monde finira par comprendre que ces gens là n'ont pas leur place dans cette ville !

Castiel tendit l'oreille et constata que les bruits avaient cessé derrière lui. Les gens étaient sans doute tous partis. Ou s'étaient arrêtés pour assister à la scène. Dans tous les cas, cela lui offrait l'opportunité de se concentrer sur les trois hommes qui se trouvaient autour de son client.

- Vous êtes malades, jura Dean entre ses dents.

Castiel ne comprit ce que son client avait en tête qu'au moment où il passait à l'acte. Il lui offrait une diversion. Il espérait accaparer l'attention des trois hommes pour lui laisser une chance de les arrêter. C'était stupide. C'était une erreur mais Castiel ne pouvait pas l'en empêcher. Dean jeta sa tête en arrière et toucha son assaillant en plein nez. Presque aussitôt, ce dernier relâcha le jeune acteur pour porter une main à son visage.

- Couche toi ! Cria alors Castiel parce qu'il y avait encore deux hommes armés autour de lui.

Dean s'exécuta et se jeta au sol. Le garde du corps sortit alors son arme de son holster. Il vit un des deux hommes s'élancer en direction de Dean, son couteau brandi devant lui. Castiel n'hésita pas une seconde. Il tira une balle et fut satisfait de voir qu'elle l'avait atteint à l'épaule. Le bruit du coup de feu provoqua de nouveaux cris et les gens se remirent à courir. Castiel n'avait toutefois pas le temps de leur dire de cesser. Il courut en direction du troisième homme et se jeta sur lui sans hésiter. Il abattit son arme contre sa tempe puis roula sur le côté pour ne pas tomber sur lui. Il aurait probablement été touché par son couteau s'il ne l'avait pas fait.

Le troisième homme semblait avoir repris ses esprits. Mais il ne tenta rien contre Dean et sauta de la scène pour prendre la fuite. Sam tenta de l'intercepter mais il le manqua de peu. L'homme s'éloigna rapidement. Castiel aurait aimé pouvoir l'arrêter mais il devait avant tout s'occuper de son client.

Il se releva rapidement et se précipita à ses côtés.

- Dean ? L'appela t-il.

- Je vais bien, répondit le jeune acteur en se remettant sur ses genoux.

Il avait le visage pâle mais il n'était pas blessé. Castiel tourna alors le visage vers la salle. Il sourit quand il vit que l'homme qui avait agressé son client était à présent tenu par deux gardes qui faisaient facilement chacun le double de son poids.

- Dean, bordel, tu es sûr que ça va ?

Sam était à genoux aussi à présent. Il regardait son frère avec attention, probablement pour se rassurer complètement.

- Je vais bien, répéta le jeune acteur, un peu agacé.

Il avait la voix qui tremblait et Castiel savait que c'était en partie du au choc. Il passa un bras autour de sa taille et le remit debout difficilement. Dean s'appuya aussitôt sur lui.

- Ok, je crois que je vais m'évanouir, constata le jeune acteur en grimaçant.

Castiel savait qu'il ne se l'autoriserait pas. Mais le simple fait qu'il le dise prouvait à quel point il avait été épuisé par ce qu'il venait de vivre. Et le garde du corps savait que cela devait lui coûter de l'admettre. Sam se remit debout à son tour et effleura le cou de son frère du bout des doigts.

- Tu saignes, déclara t-il alors d'une voix tremblante.

Castiel regarda l'endroit que Sam touchait et aperçut une petite coupure au niveau de la pomme d'Adam de son client. La plaie était superficielle et saignait à peine. Mais elle était la preuve qu'ils étaient passés proche de la catastrophe. Une nouvelle fois. Ils n'auraient probablement pas autant de chance la prochaine fois.

- Oh mon Dieu Dean, oh mon Dieu … je … je vais appeler les secours. Je suis … je suis tellement désolé. Je vous avais promis que tout irait bien et je … mon Dieu.

Castiel dévisagea le jeune homme qui accourait dans leur direction. Le même qui les avait accueillis à leur arrivée. Il semblait totalement paniqué. Et terriblement coupable. Mais tout ceci n'était pas de sa faute. Bien au contraire. Castiel était seul responsable.

- Je vais bien, assura le jeune acteur en s'écartant de son garde du corps pour donner un peu plus force à ses propos. Et c'est moi qui suis désolé. J'ai gâché la soirée.

Castiel n'était même pas étonné de voir son client assumer la responsabilité du fiasco. Il allait probablement s'en vouloir pendant un moment. Mais il n'avait aucun contrôle sur les malades qui voulaient s'en prendre à lui. Il n'aurait jamais du venir ici. Castiel n'aurait jamais du accepter de le laisser s'exposer ainsi. Ils avaient pris trop de risques.

- Ne le soyez pas … personne n'a été blessé et … vous saignez ?

- Je vais bien, assura Dean une énième fois.

Il essuya son cou rapidement puis jeta un coup d'oeil à son frère.

- J'ai juste besoin de me reposer.

Le jeune homme hocha la tête et n'insista pas pour appeler les secours. Castiel en fut soulagé. Il resserra son étreinte autour de la taille de son client et le guida en bas de la scène. Ils prirent ensuite la direction de la sortie. Quelques personnes leur jetèrent des coups d'oeil curieux mais Castiel ne prêta pas attention à eux.

Ils ne pouvaient pas sortir par devant. Les journalistes devaient les attendre. Et personne ne devait voir Dean dans cet état. Le jeune homme qui les suivait sembla le comprendre. Il leur indiqua une sortie de secours. Sam s'éloigna alors pour contacter leur chauffeur. Dean en profita pour se tourner vers Castiel.

- Merci pour ce que tu as fait … merci pour m'avoir sauvé la vie, souffla t-il en regardant Castiel dans les yeux.

Le garde du corps estimait ne pas avoir fait grand chose. C'était Dean qui avait fait le plus gros du travail. Sans son intervention, Castiel aurait été totalement impuissant. Il continuait de penser que son geste avait été stupide. Mais puisque tout s'était bien terminé, il se garda de le dire.

- J'aurais du être plus vigilent, regretta t-il à la place.

Dean secoua alors la tête. Il se passa ensuite une main dans le cou. Sa plaie ne saignait plus. Elle ne laisserait pas de trace. Mais elle serait là pendant quelques jours pour rappeler à Castiel qu'il avait échoué. Et il savait qu'il s'en voudrait pendant un moment.

- Tu ne pouvais pas prévoir que ça arriverait et … c'est moi qui ai insisté pour venir. J'aurais du vous écouter.

- Dean, mon métier est de veiller sur toi et …

- Tu l'as fait, le coupa le jeune acteur. Je suis en vie non ?

Sa logique arracha un sourire à Castiel. Il était soulagé de voir que son client ne le jugeait pas responsable. Mais cela ne l'empêchait pas de se sentir tout de même coupable. Il savait bien qu'il ne pouvait pas tout prévoir. Il ne pouvait pas toujours empêcher ses clients de s'exposer au danger. Toutefois, jamais avant, il n'avait vécu une telle situation deux fois au cours d'une même mission. Il se demandait comment Dean pouvait encore avoir confiance en lui.

- J'aurais du … commença Castiel en baissant les yeux.

Une nouvelle fois, Dean ne le laissa pas finir sa phrase.

- Je suis en vie Cas et je te le dois alors s'il te plait … arrête de t'apitoyer sur ton sort et ramène moi chez nous.

Castiel hocha aussitôt la tête et adressa un sourire à son client. Il n'avait pas manqué la façon dont le jeune acteur avait dit « chez nous » et non « chez moi ». Pas plus qu'il n'avait manqué l'emploi de son surnom à nouveau. Il aurait pu protester. Il aurait pu s'excuser encore et encore. Mais il savait que Dean ne le laisserait pas faire. Il ne servait rien d'insister. Castiel n'en avait même pas vraiment envie. A cet instant précis, la seule chose qu'il voulait était de mettre Dean en sécurité. De le coucher dans son lit et de passer la nuit à veiller sur lui. Dans la maison qu'il avait finie par considérer un peu comme la sienne au fil des jours. Dans celle où son client l'avait accepté à présent et d'où, s'il le pouvait, il ne laisserait plus jamais le jeune acteur sortir.