Merci à tous ceux qui suive cette fic, avec une dédicace spéciale à Eleyon et Grispoils.
Bonne lecture!
13. La guivre
Personne ne dormit très bien après la « sortie » de la veille, mis à part Rogue qui était, ou plutôt avait été, un habitué des « sensations fortes » la nuit et pour qui ce n'était qu'un petit événement. Les quatre jeunes adultes arboraient donc un visage fatigué. Hermione surtout qui n'avait presque pas fermé l'œil de la nuit. Harry arriva difficilement à les motiver pour leurs deux heures quotidiennes d'entraînement. Il arrivait à présent à jeter le plupart des sorts de manière informulée. Il avait également fait de notables progrès avec Ron en escrime et maniement de l'épée. Hermione accepta de s'entraîner mais refusa de participer à la deuxième partie de l'entrainement qui avait lieu l'après-midi et qui consistait simplement à faire du sport : courir, nager, ou simplement manier des armes : en effet, ils s'étaient très vite rendus compte que les duels nécessitaient en plus d'une parfaite connaissance des sorts, une condition physique conséquente. Il fallait parer, esquiver, attaquer et tout cela était épuisant.
Pendant cette session d'entrainement, Rogue leur conseilla d'utiliser leurs capacités d'animagus et leurs pouvoirs désormais augmentés en métamorphose. Une attaque menée à la fois à la baguette et physiquement sous forme de son animagus avait l'avantage de rendre à la fois très mobile et donc difficilement touchable ainsi que de rendait les attaques de l'adversaire moins simples un grand nombre de sorts n'avaient pas d'impact sur les animaux, tels les sortilèges d'incarcération, d'expelliarmus, ou de mutisme. C'est donc à cela qu'ils s'entrainèrent.
La pause de midi arriva. Mais au lieu de diriger vers la porte de sortie, Rogue alla ouvrir une armoire qui semblait très ancienne.
-Restez ici, j'ai quelque chose à vous donner.
Harry, Ron et Hermione se regardèrent étonnés. Rogue qui leur donnait quelque chose ? C'était vraiment bizarre !
L'homme se mit à réciter plusieurs incantations dans une langue qu'Harry n'arriva même pas à identifier. Hermione non plus, s'il en jugeait à sa mine. Rogue finit par mettre sa main dans une anfractuosité de l'armoire. Un déclic se fit entendre. L'armoire s'ouvrit. Rogue en retira une boîte, ferma l'armoire qui fit entendre des cliquetis divers et sortit de la salle d'entraînement. Etonnés, ils le suivirent. Une fois dans la cuisine, leur ancien professeur souleva le couvercle. Les trois sorciers se penchèrent. À l'intérieur se trouvaient trois boules percées en leur centre et traversées par un fil qui formait une boucle.
- Des translanguals ! s'écria Hermione.
- Vous avez oublié de lever la main, Miss Granger, commenta simplement Rogue. Hermione rougit. Mais Rogue n'avait dit cela que pour dissimuler son étonnement : comment la jeune femme connaissait-elle l'existence de ces artefacts magiques ?
- Et ça sert à quoi ? demanda Harry.
- À palier votre ignorance sans borne.
- Papa… soupira Laurette habituée désormais aux sarcasmes de son père envers les trois gryffondors.
-« Ca » comme vous dites, monsieur Weasley, ce sont, si vous aviez écoutés votre amie, des translanguals. Elles permettent de comprendre n'importe quelle langue humaine et vous permet de parler également n'importe quelle langue à condition que vous sachiez son nom. Je vous demanderai d'en prendre le plus grand soin, ces artefacts sont très anciens et il n'en reste que très peu.
- Et pourquoi vous les donnez-vous ? demanda Hermione.
- Parce que si vous contez rester encore quelques temps ici, il serait bon que vous ne vous fassiez pas remarquer en tant qu'étranger comme c'était le cas hier.
Il leur tendit à chacun une boule qu'ils mirent en pendentif autour de leur cou. Elles étaient couleur argile, entre le vert et le gris.
- Vous me comprenez maintenant ? demanda Laurette.
- Bien sûr, répondit Ron, sans se rendre compte qu'elle lui avait parlé en français. Hermione secoua la tête, un air d'exaspération sur le visage. Un sourire aussi.
Après le repas de midi, Hermione s'isola dans la bibliothèque avec son arc et prit les quelques ouvrages sur les runes que contenait la bibliothèque pour déchiffrer les runes gravées dans le bois. Harry alla courir avec Ron et Laurette qui participait à tous leurs entrainements, hormis ceux avec une baguette. Elle était cependant une adversaire redoutable à l'épée ou au fleuret : seul Ron pouvait bloquer ses attaques à l'aide d'Excalibur, mais c'était l'épée et non pas Ron qui en était responsable. A leur retour, Harry alla s'installer dans la bibliothèque aux côtés de son amie qui n'avait même pas remarqué sa présence. Au hasard, Harry prit un livre sur la Savoie, ses mythes et légendes.
Hermione ne s'était même pas rendu compte de sa présence, aussi Harry ne l'interrompit pas. Harry fut particulièrement intéressé par le passage sur un mythe savoyard : la guivre il lut : la guivre est un animal légendaire dont l'existence remonte aux Celtes qui vivaient dans nos montagnes : la guivre est un serpent de couleur brune et dont les yeux sont constitués de deux émeraudes que le druide Hhench'l aurait crée. Elle est très dure à attraper, raison pour laquelle sont existence n'a jamais pu être prouvée. Il est dit que ceux qui arriveraient à l'attraper seraient amenés à se révéler à eux-mêmes. Cependant, aucune personne n'a pu l'attraper et ceux qui auraient réussi n'ont jamais pu témoigner.
Un long soupir de sa voisine le sortit de son bouquin. Hermione avait l'air très énervée.
- Qu'y a-t-il 'Mione, demanda Harry gentiment, sachant à qu'elle point son amie pouvait être irascible lorsque ses recherches ne se passaient pas comme elle le souhaitait.
- Ces runes sont simplement … inconnues. Les symboles, le tracé, leur signification n'existe … pas. Je ne sais pas quoi faire.
- Je suis sûr que tu vas trouver.
- Je n'en suis pas si sûr. Le seul lieu où je pourrais trouver quelque chose, ce serait à Poudlard où dans une bibliothèque très fournie. Et nous ne pouvons consulter ni l'un, ni l'autre. Et toi, demanda-t-elle, que lis-tu ?
- Oh, un livre sur les mythes de la région.
Ron arriva :
- Vous venez, le repas est prêt !
- On arrive, répondit Harry.
Puis il chuchota à Hermione :
- J'espère que c'est Laurette qui a cuisiné ! La dernière fois que Ron a cuisiné, il a réussi à rendre l'omelette liquide tellement il y avait de lait.
- Tu préfères peut-être que ce soit Rogue qui s'en occupe ?
- Euh… finalement, l'omelette éponge n'était pas si mal…, répondit-il. Rogue était sans contexte un des meilleurs sinon le meilleur maître des potions de Grande-Bretagne mais en cuisine, c'était autre chose. Heureusement, Laurette aimait cuisiner, sans doute avait-elle rapidement appris… .
Après le dîner, Harry proposa à Hermione de prendre son arc et d'aller réessayer de tendre sa corde dans le jardin. Il y allèrent tous les quatre.
- Allez, vas-y Hermione, tu peux y arriver, l'encouragea Harry, il faut que tu ais confiance en toi.
- Tu réussis toujours ce que tu entreprends, compléta son ami qui ne voulait pas demeurer en reste sur les compliments.
Hermione se positionna comme elle avait vu dans le livre de Ron sur les armes magiques. Droite, de côté, les pieds en équerre pour bien garder l'équilibre et ne pas bouger au moment du tir. Les épaules droites, elle tira sur la corde. Doucement, puis de toutes ses forces en augmentant. Mais ce fut vain. La corde lui faisait de plus en plus mal aux doigts. Elle sentit la corde commencer à lui entailler la chair. Brusquement, elle relâcha sa traction sur le tendon. Ses doigts saignaient, ses muscles la faisaient souffrir, comme si elle avait trop tiré dessus.
- Merde ! Mais c'est pas possible !
Hermione sortit brusquement sa baguette et envoya un sort sur le tendon pour l'attendrir. Mais au moment où le sort partit, Laurette lui donna un grand coup de coude dans le bras droit. Le sort frôla le tendon. Hermione s'apprêtait à hurler sur Laurette :
- Mais qu'est ce qui t'a pris ! T'es folle ou quoi ? Tu m'énerves !
- Heu… Mione, tenta Harry, mais c'était en pure perte.
- Toi, tais-toi ! lui lança-t-elle. J'ai deux mots à dire à Laurette !
Elle se tourna vers elle, le regard noir, la baguette sortie et pointée sur la fille de Rogue. Elle cria presque :
Premièrement, de quel droit me pousses-tu ? Deuxièmement, comment tu as fait pour voir les hypogriffes tout de suite le lendemain du soir où nous t'avons sauvée ? Et troisièmement, comment as-tu su que ce forgeron avait un lien avec sa forge et aucun pouvoir magique ? J'en ai marre de tes cachoterie avec ton père. Qu'est-ce que vous trafiquez dans son laboratoire ?
- Je … je … je peux tout expliquer, balbutia Laurette.
- Tu n'as rien à expliquer. La voix grave et menaçante de Rogue les surprit. Il s'avança sans bruit vers le groupe.
Continuez ainsi mademoiselle Granger, et toute la Savoie serra au courant de votre incapacité à tendre la corde de votre arc.
- Nous avons droit à des explications ! Une moldue normale n'est pas capable de ce qu'elle a fait avec ce forgeron ! s'énerva-t-elle, blessée qu'il ait raison et qu'elle devrait parler moins fort.
Rogue regarda sa fille. Elle lui fit un signe de tête vers le ciel que Rogue sembla comprendre.
-Laurette ne vous doit aucune explication. Si un jour elle le souhaite, elle vous le dira peut-être, mais ce n'est pas ainsi que vous aurez sa confiance, répondit-il sèchement à Hermione.
Une aura de colère se dégageait à présent de lui. Il ne supportait pas qu'on agresse sa fille. Il pouvait garder son calme dans toutes les situations, sauf dans celle-là. Et c'était… assez terrifiant. Son pouvoir magique émanait de lui et sa baguette qu'il avait sortie émettait des étincelles.
Face à lui, Hermione avait sorti elle aussi sa baguette. Elle ne supportait plus qu'on décide pour elle et qu'on se permette de la sermonner comme une gamine. Et surtout, même si elle ne voulait pas l'admettre, la vue de cette fille qui tournait autour d'Harry, qu'elle considérait comme un frère, l'énervait.
- Je ne fais pas confiance à une personne qui se prétend dénuée de pouvoir magique mais qui est capable de sentir la magie de ceux qui l'entourent.
- Lorsqu'on est assez ignare pour lancer un sort sur une arme mythique, on n'a pas la prétention de pouvoir comprendre la moitié des bases du monde magique, Miss Granger, siffla Rogue.
Harry et Ron regardaient médusés leur amie qu'ils n'avaient jamais vu défier ainsi un adulte. Et vu sa tête, ils avaient intérêts à intervenir. Ils sortirent leurs baguettes.
- Ranger votre baguette, mademoiselle Granger.
- Après vous, Professeur, dit-elle en mettant tout le dégout qu'elle pouvait dans ce nom.
Ils se fixèrent, mais aucun des deux n'était prêt à laisser un avantage à l'autre. N'en pouvant plus, Laurette se mis entre son père et Hermione.
- Assez ! Papa, Hermione, donnez votre baguette à moi et à Harry. Tout de suite, ajouta-t-elle devant leur manque de réaction.
- …
- J'en ai assez ! hurla Hermione.
- Elle tourna les talons et se dirigea droit vers la porte d'entrée. Elle ouvrit le portail et sortie. Harry ne savait pas quoi faire. Visiblement, les autres non plus.
- Va la rejoindre, ordonna-t-il à Ron, je vous rejoins tout de suite, je vais chercher son sac.
- Ron courut à la porte d'entrée et disparut dans la nuit. Harry se dirigeât vers la maison après avoir lancé un regard vers Rogue et Laurette qui commençaient à parler bruyamment. Il courut dans leur chambre – ils n'avaient pas pu se résoudre à se séparer -, agrippa le sac toujours prêt d'Hermione et redescendit. En bas des escaliers l'attendait Laurette, les larmes aux yeux.
- S'il te plait Harry, ne pars pas !
- C'est mon amie, Laurette, je ne peux pas la laisser dans cet état !
- Je suis désolé, c'est de ma faute. Je… j'aurais du vous expliquer. Je ne suis pas une sorcière. Mais je … .
- Tu n'as pas à t'expliquer, la coupa Harry. Je te fais confiance. Ecoute, je vais chercher Hermione et Ron. Lorsqu'elle se sera calmée, c'est promis, nous reviendrons. Et si tu le souhaites, tu nous expliqueras, ok ?
- Euh… d'accord, murmura-t-elle. Elle avait senti un nœud se défaire lorsqu'il lui avait dit lui faire confiance. Mais avant qu'elle n'ajoute quoique ce soit, il n'était déjà plus là.
Harry sortit en courant de la maison. Il ne vit nulle part trace de ses deux amis. Il se métamorphosa en hiboux et partit à leur recherche. Il prit de l'altitude et commença à chercher. Ses sens surdéveloppés l'aidaient beaucoup. Même à une cinquantaine de mètres de haut, il pouvait entendre tout ce qui se passait au sol. Mais le feuillage épais des arbres l'empêchait de discerner grand chose au sol.
Enfin, il entendit au loin le timbre de voix de Ron. Il les rejoignit. Mais devant l'intimité de la scène, Hermione dans les bras de Ron qui la consolait tendrement, il décida de ne pas intervenir. Il descendit au sol et se retransforma en humain le temps de laisser le sac au sol. Puis il reprit son envol. La sensation grisante de voler le surprenait toujours. Se mouvoir entre les couches d'air, planer dans un parfait silence, observer tout ce qui se passait sous lui l'amusait beaucoup, il se sentait vraiment dans son élément à ce moment là. Harry vola assez bas, entre les branches arbres et en slalomant entre les troncs. Les lièvres détalaient lorsqu'ils s'apercevaient qu'il était là, mais c'était souvent une fois qu'il les avait survolés. Les heures passèrent. Il alla se poser sur un pin au bord d'un ravin et d'où la vue était très étendue.
Au fond de lui, il sentait la plaie crée par la mort de Ginny se ré ouvrir. Voir Ron et Hermione dans les bras l'un de l'autre l'avait pris par surprise et il n'avait pas eu le temps d'élever ses défenses psychologiques. Maintenant, l'absence de celle qu'il aimait se faisait cruellement ressentir. C'était comme une douleur rémanente, qui restait toujours là, prête à se refaire sentir. Certaines nuits, il rêvait d'elle et dans son rêve, elle l'embrassait. Il se réveillait alors en sueur, persuadé que Ginny était bien vivante et que ses lèvres étaient encore là, à quelques millimètres des siennes, étirées dans un sourire coquin. Mais chaque, c'était la même déception et la même douleur dans le tréfonds de son âme où il sentait comme un serpent froid lui entourer tous ces sens et son cœur.
Harry fut tiré de ses sombres pensées par une ombre qu'il crut discerner dans la nuit. Ses yeux balayèrent aussitôt l'air qui lui faisait face à la recherche de ce qui avait pu attirer son attention. Ses yeux s'arrêtèrent sur un serpent. Un serpent vert. Son cœur manqua un battement lorsqu'il vit ses yeux : deux émeraudes.
Réfléchissant rapidement, il se décida à essayer de l'attraper, piqué par la curiosité. Sans un bruit, il s'envola de son perchoir et amorça une descente dans le noir dans le plus parfait silence vers l'animal. C'était trop facile. Le serpent ne bougeait pas. Au moment où il allait l'attraper, la guivre se détendit d'u coup sec. Ses serres claquèrent dans le vide. Le serpent avait disparut derrière un rocher. Reprenant son envol, Harry poursuivit pendant de longues minutes le serpent qui trouvait toujours un moyen de s'échapper dans une brusque détente.
Au bout d'une heure, Harry était épuisé. Il n'avait pas cessé de s'envoler, repérer le serpent, piquer vers l'animal et recommencer. Harry repris sa forme humaine. La guivre était à une quinzaine de mètres de lui, immobiles et le fixant de ses yeux d'émeraude qui brillaient dans la nuit. Harry pensait réellement laisser tomber et rejoindre ses amis, lorsqu'il eut soudain une idée. Fixant la guivre, il ouvrit la bouche :
- Viens à moi, siffla-t-il en fourchelang.
La guivre tressauta. Elle frémit et se mit à s'approcher du sorcier.
- Qui es-tu, sorcier, pour parler ma langue, siffla-t-elle.
- Viens à moi, répéta Harry.
Enfin, la guivre se tenait devant lui. Harry se pencha et approcha la main. À la seconde où il toucha la guivre, il se maudit. Un piège ! C'était peut-être un piège. Mais c'était trop tard. Ses doigts touchèrent la peau lisse de la guivre. Aussitôt, il sentit le sol tourner autour de lui et une sensation similaire à celle d'un transplanage l'envahir. Il voulu crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche.
- Bon voyage, homme qui parle aux serpents, furent les dernières paroles qu'Harry perçut avant de tomber dans un trou noir qui sembla s'ouvrit sous ses pieds.
oOoOoOoOoOo
Hermione était en train d'embrasser Ron. Leurs bouches se cherchaient, leurs langues dansaient un ballet connus d'eux seuls. Ses mains étaient sur son torse musclé, sous son t-shirt. Les siennes lui pressaient délicatement la nuque, l'attirant à lui et à sa bouche dont elle voulait connaître les moindres détails. Leurs souffles étaient saccadés. Mon Dieu, que c'était bon, pensa-t-elle. Ron n'était que douceur avec elle. Elle avait tant attendu ce moment. Alors qu'elle pleurait dans les bras de Ron, celui-ci avait sorti un mouchoir de sa poche et lui avait essuyé les yeux délicatement. Elle l'avait regardé droit dans les yeux, touchée de son geste. Ils étaient restés ainsi quelques secondes. Ou quelques minutes. Ou quelques siècles. Enfin peu importe. Aucun d'eux n'osait bouger de peur de briser cet instant magique. Ron lui avait alors pris les mains, leurs doigts s'étaient entortillés. Elle avait senti son pouls battre aussi vite que le sien. Doucement, il s'était penché vers elle. Hermione avait fermé les yeux, sentant son souffle chaud lui caresser le visage. Qu'attendait-il ?
Ron avait lâché ses doigts. Déçue, elle rouvrit les yeux. C'était ce qu'il attendait. Il la prit d'une main par la taille, lui glissa l'autre derrière le cou et enfin, leurs lèvres s'unirent. Leur baiser fut à la fois brulant et tendre, farouche et sûr. Le sol les attirait. Hermione se laissa glisser à terre. Ron la tenait toujours.
Au loin, minuit sonnèrent. Les coups de l'horloge furent comme un électrochoc pour Hermione. Elle se sépara à regret de Ron. Elle fronça les sourcils.
- Où est Harry ?
- Je ne sais pas, répondit Ron qui avait également compris le souci de son amie. Il devait nous rejoindre peu après moi.
Prise de panique, Hermione sortit sa baguette. Elle balaya le périmètre du regard. Mais dans ce noir… .
- Ce n'est pas normal, Ron. Il aurait du nous retrouver à l'heure qu'il est !
Ron approuva.
- Rentrons. Il est peut-être resté là-bas ?
La main dans la main, ils coururent sur le chemin du retour. Ils arrivèrent quinze minutes plus tard, hors d'haleine à la maison de Rogue. Ils ouvrirent le portail à la volée et se précipitèrent dans la maison. Personne dans la cuisine. Ils coururent dans le salon et y trouvèrent Laurette, endormis dans un fauteuil, la tête sur l'épaule. Hermione s'approcha d'elle. Assez brusquement, elle secoua la jeune femme. Laurette sursauta et ouvrit immédiatement les yeux. Elle fixa Hermione, puis Ron et Hermione comprit tout de suite qu'elle n'avait pas revu Harry à la manière dont ses yeux voyageaient dans la pièce, à la recherche de quelqu'un d'autre.
- Je vais prévenir Papa !
- Nous partons tout de suite à sa recherche. On enverra des étincelles vertes lorsqu'on on le retrouve. Si on le retrouve, lui souffla intérieurement une petite voix.
Ron et Hermione se précipitèrent dehors. Hermione se transforma en louve. Ron l'imita et fit place à un lion. Ils coururent. Hermione sentait très faiblement l'odeur d'Harry dans l'air et suivait la piste. Parfois, sa trace disparaissait, mais elle la retrouvait plusieurs mètres plus loin. Ron, avait un peu de mal à suivre Hermione. Les lions ne sont pas faits pour courir longtemps, mais pour sprinter. Aussi était-il hors d'haleine lorsqu'ils arrivèrent dans la clairière où ils s'embrassaient il n'y a même pas une heure. Hermione retrouva son sac derrière un tronc. Elle le renifla : l'odeur d'Harry imprégnait le sac. Il était donc venu jusqu'ici, mais était reparti après avoir laissé son sac. Deux traces de pied dans le sol vinrent étayer sa supposition. Il avait du repartir de la même manière que pour l'allée, en volant. Il n'avait pas voulu les déranger… oh la la, pensa-t-elle, se sentant rougir, il a du nous voir ! L'aurait-il mal pris ? Ce serait-il senti … trahi ?
- Hermione, l'appela Ron, je crois qu'il a du repartir dans cette direction !
Hermione le suivit. Ils traversèrent une partie de la forêt qu'ils ne connaissaient pas. Leur course fut arrêtée devant un ravin au pied duquel se tenait un arbre. Ron grimpa dans l'arbre souplement. Il redescendit.
Il était là. Son odeur sur la branche est récente. Pas plus de deux heures. Il regarda vers le ravin.
- Je crois qu'il est descendu. Tu pourras descendre ?
-Vas-y, je te suis.
Ron se retransforma en lion et sauta sans problème de rocher en rocher. Hermione préféra descendre sous sa forme humaine. Elle mit longtemps à descendre dans l'obscurité. Lorsqu'elle arriva en bas, Ron accourut :
- Il y des traces : on dirait qu'il a voulu attraper quelque chose. Tous les cinquante mètres environ, il y a des marques au sol. Il y a aussi des traces d'un autre animal, un serpent je crois.
- Suivons-les.
Pendant plusieurs dizaines de minutes, ils suivirent ces marques. Ce qui les intriguait tous les deux, c'était que les traces laissées par le serpent étaient dénuées de toute odeur. Enfin, ils arrivèrent à un endroit où l'odeur de leur ami s'évanouissait. Hermione flaira pendant de longues secondes.
- Est-ce que tu sens aussi cette odeur de…
- D'adrénaline ? demanda Ron ? Oui. Et je ne n'aime pas ça.
Hermione sortie sa baguette. Elle avait également son arc en bandoulière. Cependant, sans flèche, il ne lui était d'aucune utilité. Ron sorti Excalibur de son fourreau. Ensemble, ils avancèrent prudemment. Il était cinq heures du matin, le soleil commençait à apparaître à l'horizon. Leurs yeux s'étaient habitués à la semi obscurité qui les entourait. Ce fut Ron qui, le premier, vit le serpent.
- Là, murmura-t-il à Hermione. Regarde ce serpent. Il a des sortes de … rubis à la place des yeux !
- Avançons doucement.
Ils s'avancèrent. La guivre tourna sa tête vers eux, mais ne bougea pas. Son regard perturbait les deux sorciers. Lorsqu'ils ne furent plus qu'à deux mètres de l'animal, Hermione pointa sa baguette sur lui :
- Stupefix
Mais d'une soudaine détente, le serpent évita le sort qui ricocha sur la pierre. Il s'en alla quelques mètres plus loin. Ils le rejoignirent. Hermione réessaya, mais de nouveau, la guivre échappa au sort. La troisième fois, elle changea de sort :
- Amobilum
Cette fois, la guivre ne bougea pas. Le sort d'Hermione avait tout figé dans un rayon de dix mètres. Elle et Ron s'approchèrent de l'animal à présent immobile. Hermione allait la toucher avec le bout de sa baguette lorsque Ron l'en empêchât.
- Attends ! C'est trop dangereux avec ta baguette. Laisse-moi essayer d'abord avec Excalibur. Je vais la détruire.
- Non ! s'exclama Hermione. C'est peut-être notre seul lien avec Harry. Nous risquons de le perdre.
- D'accord, je vais juste la mettre dans ce sac, dit-il, en faisant apparaître un sac de jute avec sa baguette dans la main droite.
Ron approcha son épée qu'il tenait de la main gauche de la guivre. L'épée se mit à luire. Mais il prit cela pour un bon signe et approcha encore sa lame. Hermione voulu l'en empêcher : et si c'était un portoloin ? Elle lui saisit le poignet droit. Mais ce fut trop tard. La lame de Ron effleura la peau du serpent. Aussitôt, ils furent prirent d'un vertige. La guivre tourna alors sa tête vers eux et siffla :
- Bon voyage, sorciers. Bon voyage.
Ni Ron, ni Hermione ne comprirent ce que le serpent siffla. Ils eurent l'impression d'être tirés violemment, passés dans un tuyau étroit. Un gouffre noir les enveloppa et ils perdirent connaissance au moment où ils disparaissaient. L'instant d'après, le bruit mat d'un morceau de bois qui touche le sol résonna dans la nuit. La baguette en bois de hêtre s'immobilisa.
Un serpent vert siffla et repartit en se faufilant entre les roches schisteuses.
