Note de l'auteur :

Elles se sont faites désirées... Les voilà ! On peut dire que l'Uchiaceste commence ici... ou pas... tout dépend de votre limite personnelle ;)

Il n'y aura pas de lemon mais tout de même une scène soft détaillée que j'ai mis entre /!\ /!\.

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Réponse à Castu :

Merci beaucoup pour ton message ! Tu as rempli de joie mon petit cœur de fiqueuse et tu m'as boostée à fond pour la suite 3.

Je suis hyper heureuse d'avoir réussi à te convaincre, malgré tes réticences du début ! En effet, Sasuke est rarement présenté comme gentil, mignon, fragile... Mais puisque j'avais décidé d'écrire quelque chose de différent de ce qu'on voit généralement dans l'univers de Naruto, autant y aller franchement et jeter par la fenêtre tous les codes :D. Quant-à l'Omégaverse, il me permet d'aborder beaucoup de thèmes qu'il aurait été compliqué de relier sinon... mais je contourne aussi pas mal de codes qui y sont associés. En bref, je fais un truc à ma sauce ;)

Tu as relu le chapitre 6 fois ?! T'es dingue o.o (je comprends, ça m'arrive aussi... dur d'être drogué... mais je pensais pas pouvoir écrire un truc assez bien pour moi-même provoquer ça chez quelqu'un xD). Aller, au boulot !

J'espère relire un petite review de toi bientôt ! (et pense à te connecter la prochaine fois, je suis frustrée quand je peux pas répondre par mp :x)

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Réponse à Elendil :

Merci pour ta review et pour m'avoir donné ton avis sur tout ça :D.

Je suis rassurée que ça te plaise bien comme ça ! Je tâcherais de maintenir le niveau et, bien-sûr, mignonité et fin heureuse garanties ^.^

Eh oui, il fallait bien que ces chaleurs arrivent un jour... Elles ont suffisamment traîné ! Itachi... disons qu'il arrive pour la première fois à ses limites ^^', mais il fait de son mieux ! Je vais le faire tourner en bourrique plus d'une fois :x

A bientôt !


Premières chaleurs (Itachi, juin)

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Troisième jour

Mon frère s'agite une énième fois à côté de moi, faisant bouger périlleusement l'ordinateur posé au bout du lit.

La couette a été repoussée depuis longtemps et j'ai pris l'initiative d'une séance torse nu pour essayer de mieux supporter la chaleur ambiante. L'option ouverture de fenêtre n'est pas envisageable, ce serait comme mette une banderole clignotante sur la maison pour annoncer les chaleurs de Sasuke.

Je rejette distraitement mes cheveux en arrière pour m'aérer, la température est bien le cadet de mes soucis mais c'est à peu près le seul point sur lequel je puisse encore agir.

Depuis ce matin, c'est compliqué. Mon frère se met d'un côté et de l'autre, il veut être collé à moi mais il a trop chaud, il nage dans un mélange d'envie, de tension douloureuse et de confusion... Je fais de mon mieux pour l'apaiser, en tenant sa main, en touchant son bras ou ses cheveux, en maintenant un flux d'énergie douce quasiment constant vers lui... mais on sait tous les deux que ça ne pourra plus tenir ainsi très longtemps.

Je n'ai aucune idée de ce dont parle le film. Je ne pense pas que Sasuke en suive beaucoup plus, même s'il garde les yeux obstinément fixés dessus.

Il remue encore et amène nos mains entrelacées sur son ventre. Il retire ses doigts des miens pour appuyer ma paume à plat sur sa peau et m'inciter à continuer ma transmission d'apaisement à cet endroit. Malgré mes attentions, je le sens toujours aussi tendu et il soupire piteusement en resserrant un peu trop fort sa main sur mon avant-bras.

Je sens sa confusion et le taux de phéromones qui monte dans l'air, qui m'englue le cerveau... qui détourne lentement la barrière de ma volonté pour m'exciter. J'essaye de rester focaliser sur mon petit frère pour ne pas penser aux effets que ses chaleurs provoquent incompréhensiblement sur mon corps et mon instinct, mais je sens l'impasse arriver.

Cette situation à laquelle je n'avais jamais pensé, celle qui m'a éclaté en pleine figure hier soir et encore plus ce matin et qui se précise de minute en minute : lui, un Oméga en chaleurs et moi... un Alpha, primitivement Alpha.

Ça a été tellement brutal hier soir, j'ai été tellement choqué de ressentir ce désir viscéral pour mon propre frère, que je n'ai même pas cherché à le lui cacher. De toute façon, il l'a compris dès le pied de l'escalier, d'une façon ou d'une autre...

Il s'est coupé dans son élan et m'a fixé depuis l'autre côté du salon avec un mélange d'étonnement et de confusion. J'ai juré entre mes dents. J'ai traité mon instinct de tous les noms. J'ai fait quelques pas dans l'entrée en me serrant les tempes, vain espoir que ça change quelque chose à la situation... puis je l'ai regardé en essayant de lui transmettre d'un regard à quel point ça me perturbait et me rendait malheureux.

Il s'est approché d'un pas hésitant, je me suis retenu de faire marche arrière... et lorsqu'il a touché ma joue, ce n'était pas aussi violent que je l'aurais pensé.

Il était là, avec ses cheveux ébouriffés, ses yeux un peu troubles et ses pommette rouges à cause des chaleurs, et surtout avec toute la douceur qu'il me réserve. Nous avons partagé nos émotions aussi simplement que d'habitude, gêné tous les deux pour des raisons différentes mais décidés à ne pas nous laisser influencer par ces instincts qui font n'importe quoi. Il n'était de toute façon pas question que je quitte la maison à moins qu'il en fasse la demande explicite, ce qu'il n'a pas fait.

Nous sommes donc parti sur un accord tacite de "c'est là, mais on est capable de faire avec", qui s'est traduit concrètement par "on fait comme si de rien n'était".

Ça a été beaucoup moins facile à ignorer ce matin.

Je suis sorti du sommeil à l'aube. Je baignais dans une délicieuse odeur Oméga, il faisait bien chaud, j'étais dans un cocon familier et rassurant... J'étais un peu sous tension, une excitation latente dans le bas-ventre, mais j'étais bien, très bien. Je me suis retourné, j'ai serré mon frère dans mes bras avec le sentiment d'être à ma place... et un grognement rauque a percé le silence de la chambre.

- Mon Oméga...

J'ai aussitôt ouvert grand les yeux, me demandant avec effarement si c'était vraiment moi qui avait dit ça. A en croire le mélange de gêne intense et de trouble dans mon lien avec mon frère, c'était un oui. Je me suis un peu écarté, honteux. Lui était déjà bien réveillé, il me fixait d'un air incertain et, en plus du malaise, il était visiblement mal dans son corps. Pourquoi ce n'est pas plutôt ça qui m'a sorti du sommeil ?

Il a détourné les yeux et a murmuré.

- Je ne veux pas être l'Oméga de quelqu'un Je ne veux pas appartenir à un autre.

- Je sais, je sais. Evidemment, tu as raison de chérir ta liberté. Ça m'a échappé, ce n'était pas vraiment moi, juste... j'étais encore dans les vapes et c'était...

J'ai soupiré en me pinçant l'arrête du nez.

- Je m'en excuse. Tu veux bien faire comme si ce n'était jamais arrivé ?

Il m'a regardé en fronçant les sourcils puis s'est tourné sur le dos en croisant les bras sur son torse et bougonnant.

- Ça ne se dit pas.

- De quoi... ?

- "Je m'en excuse". On ne s'excuse pas soi-même.

- Oh... heu... oui, tu as raison. "Je te prie de m'excuser", alors ?

Il a hoché la tête, marqué un temps d'arrêt qui me laissait dans une certaine angoisse.

- Je te pardonne. Pour cette fois.

J'ai soupiré de soulagement et il s'est tourné à nouveau vers moi avec un petit sourire en coin, avant de revenir nicher son nez dans mon t-shirt.

Il m'a dit que je sentais bon. Je me suis senti d'abord comblé à cette idée, celle de lui plaire... puis j'ai réalisé que je n'aurais pas dû, que c'était totalement déplacé en tant que frère de vouloir ce genre de choses.

Mes phéromones ne sont pas censées répondre aux siennes mais il faut croire que, d'une manière ou d'une autre, mon instinct a changé de cap en moins de vingt-quatre heures. Il a décidé de considérer Sasuke non plus comme un petit frère à protéger mais comme un potentiel Compagnon à séduire, un Oméga en chaleurs en demande explicite d'attention et ayant totalement confiance en lui. Donc, mes phéromones répondent aux siennes et, même s'il n'a pas l'air de ressentir de désir pour moi - hallelujah -, elles l'attirent...

Ma seule certitude est que ce désir n'est pas ma propre volonté, c'est juste biochimique. C'est de la même nature que ce que j'expliquais à mon frère il y a quelques semaines concernant mon attirance pour Shion. Pourtant avec lui... la dimension de l'attraction n'a rien à voir, elle est beaucoup, beaucoup plus forte.

Je n'ai jamais entendu de relation au sein d'une famille... Normalement les Alphas qui ont un lien filial direct avec un Oméga sont insensibles à ses phéromones et jamais ça ne me serait venu à l'esprit que je puisse un jour me sentir excité par mon frère.

Lorsque j'ai commencé à le marquer temporairement, je pensais que je remplaçais en quelque sorte son tuteur Alpha... mais peut-être qu'inconsciemment je n'y ai pas mis la bonne intention. Je ne sais pas, j'essaye de comprendre à quel moment les choses ont pu tourner ainsi...

Si je suis honnête avec moi-même, je reconnais que je ne me suis pas tout à fait comporté comme un innocent tuteur avec lui. J'ai laissé mon instinct prendre le pas sur mon discernement, je me drogue à son odeur et à son contact à chaque fois que c'est possible et surtout, même s'il n'y avait pas de sous-entendu sexuel jusqu'à présent, ce besoin de le marquer est devenu obsessionnel au fil des mois. Il ne s'agissait pas d'une envie d'ancrage, bien-sûr, mais l'envie de le protéger se mêlait de plus en plus à l'envie que tout le monde sache que c'est moi qui le protège. Alors, avec ces chaleurs qui chamboulent les instincts, ça a pu déclencher une sorte de bug...

- 'Tachi...

L'appel me ramène à l'instant présent, devant ce film, au milieu de la matinée, mon frère serrant mon bras nerveusement. Je me tourne vers lui mais il a les yeux baissés.

- Je... Je ne veux pas que tu partes, vraiment, je n'en ai pas envie du tout... mais je crois que j'ai besoin d'être un peu tout seul... Je veux dire, pour... enfin... essayer de faire quelque chose...

Il soupire piteusement.

J'aurais préféré ne pas avoir à m'éloigner de lui. J'ai besoin de le voir et de sentir ses émotions en direct dans cette situation où mon instinct de protection est poussé à son maximum. J'ai aussi très envie de continuer à le toucher, à le respirer... ce qui est à la fois le mieux que je puisse faire, le minimum pour satisfaire mon instinct et le maximum acceptable pour ma conscience fraternelle. Mais je vais bien réussir à prendre sur moi assez longtemps pour lui laisser un peu d'intimité, non ? Ses envies à lui passent avant tout le reste, de toute façon.

- Ok, bien-sûr, je te laisse, réponds-je avec une conviction toute feinte. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu m'appelles, ok ?

Il acquiesce et tente un petit sourire auquel je réponds en ébouriffant ses cheveux affectueusement. Je me redresse à contrecœur, m'arrache à notre étreinte et me dirige vers la porte, le cœur lourd.

A peine ai-je fait deux pas qu'une bouffée d'angoisse monte en moi. J'essaye de l'ignorer de mon mieux et je continue sur ma lancée. Plus je m'éloigne et plus notre filament se tend, m'attirant vers Sasuke comme un élastique.

- Attends, Itachi ! fait-il d'une voix presque paniquée. Ne pars pas, s'il te plait... Je... C'est pas grave je vais me retenir. Rien qu'à l'idée d'être tout seul, c'est pire...

Je pose mon front sur la porte et soupire, à la fois de soulagement et de désespoir à l'idée de rester. Mon instinct n'en a plus rien à faire que ce soit mon frère qui soit dans cette pièce, l'alchimie fonctionne à merveille entre nous, j'ai envie de lui... J'ai envie de lui.

J'entends un bruissement de draps, des pas avancent sur le parquet et notre lien se précise alors que Sasuke se rapproche de moi. Ses doigts frôlent mes flancs et glissent sur mon ventre alors qu'il m'enlace. Son torse se colle à mon dos, son front se niche entre mes omoplates.

Le sentir ainsi me bouleverse. Sa peau chaude directement contre la mienne, sa respiration un peu trop ample, son cœur qui bat un peu trop vite. Son odeur qui m'enveloppe délicatement, ses phéromones qui m'assaillent sans relâche, ses émotions confuses qui se mêlent aux miennes... C'est la première fois que mon assurance faiblit, la première aussi où mon instinct et ma volonté personnelle ne sont pas en accord et surtout ne sont pas accordables.

- Je suis déjà chiant, désolé... s'excuse Sasuke.

Je ris tout bas en me retournant pour le prendre dans mes bras. Je prends soin d'ignorer la tension révélatrice de son entre-jambe sur ma cuisse.

Non, en fait je n'arrive pas du tout à l'ignorer. Ni son odeur captivante, dont les effluves s'enrichissent de minutes en minutes et me font tourner la tête. Ni son corps brûlant contre le mien, qui commence à m'obséder. Ni la bête qui tourne en rond et tâte la possibilité de s'imposer à ma conscience raisonnable. Je sais ce qu'elle veut : elle réclame son Oméga, comme elle l'a appelé ce matin. Elle veut un assouvissement et un ancrage.

Si vite ? C'est complètement dingue ! L'idée m'avait à peine effleurée après plusieurs jours en compagnie de Shion en chaleurs et, même alors, l'attirance instinctive que je ressentais pour elle était ridiculement faible par rapport à ce que j'éprouve maintenant.

Pour l'instant je garde la bête sous verrous, mais il est hors de question que je prenne le risque de marquer mon frère définitivement. Il est celui qui est le plus important pour moi, je dédie ma vie avec plaisir à son bien-être depuis près d'un an - et bien avant ça -, il me fait confiance et rien ne me rend plus fier et heureux que de le voir s'épanouir en restant indépendant. Jamais je ne me remettrais de le trahir et de briser sa liberté en l'asservissant de mon instinct dominateur. Sans parler du fait que ça créerait un tsunami au sein du Clan, que ce serait extrêmement mal vu dans la société et que ce n'est pas ce que je veux non plus. Je ne suis pas prêt à assumer une famille et encore moins à nous assumer tous les deux.

- Ça va être dur pour toi... murmure mon frère dans mon cou.

Son souffle me chatouille agréablement et la vague de désir qui me traverse me fait grimacer.

Ce n'est pas une question. Nous sommes en connexion directe, il sent autant mon combat intérieur que je sens le maelstrom qui l'habite. Il a fait comme si de rien n'était depuis ce matin, il a même tenté de dédramatiser la situation en plaisantant, mais il sait que mon contrôle va finir par foutre le camp. Il n'a rien dit à ce sujet, je ne sais pas ce qu'il en pense... et je n'ai aucune envie d'aborder le sujet maintenant.

Je sens sa détresse. Lui aussi est perdu, il a mal, il a peur, il s'enflamme et il s'accroche à moi comme un presque noyé à une bouée. Je suis frustré et en colère contre moi-même pour réagir aussi primitivement. Je voudrais juste pouvoir l'aider à traverser ses premières chaleurs le plus sereinement possible ! J'aimerais que ce soit une occasion pour lui de se (ré)concilier avec sa Classe et qu'il en garde un bon souvenir plutôt que ce soit un calvaire à supporter...

- Je veux vraiment t'aider du mieux que je peux mais je ne sais pas si je vais pouvoir gérer... avoué-je.

Il hoche la tête et se décolle de moi pour reculer de deux pas.

- Ok, t'inquiète pas, je vais me débrouiller.

Il tente un sourire mais celui-ci se transforme vite en grimace douloureuse et il baisse la tête en crispant sa main sur son ventre.

Mon instinct Alpha, ce traître, me souffle que s'il était marqué dans les formes, il n'aurait plus mal. Mon instinct de grand frère protecteur rejette violemment cette possibilité tout en trouvant intolérable que mon petit frère doive subir ça.

Une seconde plus tard, je le tiens à nouveau dans mes bras et sa douleur s'estompe un peu sous mes vagues d'apaisement. Son contact me rassure mais ce fichu désir bestial enfle toujours dans ma tête et mon ventre.

Je soupire. Je sais qu'une solution existe... mais je vais devoir accepter un peu d'aide.

- Il n'est pas question que je te laisse traverser ça tout seul, Sas'. Je vais prendre un truc pour me calmer, ok ?

Il s'écarte légèrement pour me regarder, les sourcils froncés.

- Quoi comme truc ?

- Il n'y a pas trente-six solutions pour mettre mon instinct Alpha en sommeil...

- Un α-bloquant ?

Je lui fais un sourire contrit.

- Je croyais que c'était illégal à cause des effets secondaires ! proteste t-il.

- C'est surtout pour des raisons économiques et politiques que l'autorisation de mise sur le marché a été retirée... et au pire je survivrais à quelques jours de migraines et de déséquilibres d'Aura.

- Mais où tu vas en trouver ?

- Tout se trouve pour qui sait chercher... et a de l'argent. En l'occurrence, les bloquants sont assez courant sur le marché noir, il parait que ça fait planer les Bêtas en coupant avec d'autres substances douteuses... C'est autorisé chez les Alphas pour certaines pathologies donc c'est toujours en production.

Et un contact qui a des contacts qui a d'autres contacts, j'en connais un très bien. Ça implique que je mette ma fierté de côté après ce qu'il s'est passé hier, mais Sasuke passe avant mon orgueil. Heureusement que nous n'avons pas cours ce matin, à croire que le destin est tout de même un peu avec moi. La seule interrogation c'est : dans combien de temps je pourrais avoir ce dont j'ai besoin ?

J'attrape mon portable resté sur ma table de chevet, je fais défiler ma liste de contact et je lance l'appel sans plus tarder. Deidara décroche dès la première sonnerie.

- Bonjour Itachi, que puis-je faire pour toi ?

Je retiens de justesse un pouffement en entendant son ton tendu et protocolaire. Je lui ai vraiment foutu les chocottes pour qu'il cherche d'emblée à me brosser dans le sens du poil... Je vais sans doute pouvoir garder ma fierté, finalement.

Je reste dans mon rôle et n'y vais pas par quatre chemins.

- J'ai besoin d'α-bloquants.

- Des bloquants ? Pour quoi faire ? Enfin... je veux dire... ok, bien-sûr, des α-bloquants. Hum... c'est que j'en ai pas sous la main, quoi, et ça se trouve pas à tous les coins de rue...

- Dei... Je suis au courant. Je me fiche du prix. En combien de temps tu peux en récupérer ?

Je l'entends fouiller dans des papiers et taper sur son clavier, il soupire.

- Moi qui essaye de retrouver le droit chemin... marmonne-t-il.

Je lève les yeux au ciel. Je sais pertinemment que le jour où ce gars cessera de traîner dans des magouilles, les vaches auront des ailes. Il marche à l'adrénaline, ça a ses bons et ses mauvais côtés.

- C'est urgent, insisté-je.

- Ok, ok, faut que je me renseigne. Je te rappelle dans quelques minutes.

- Ok, j'attends.

Je raccroche... et tombe sur le regard réprobateur de mon frère.

- Tu aurais pu être plus sympa.

- J'aurais pu.

Il secoue la tête, dépité.

- Je l'ai remis à sa place assez sèchement hier et c'est bien plus marrant de le faire mariner encore un peu, expliqué-je avec un sourire en coin.

- Tss...

Je le remercie intérieurement de ne pas me questionner davantage sur l'incident, je pense qu'il désapprouverait en sachant que c'était à cause de lui.

Nous restons debout appuyés contre le mur en silence le temps que Deidara me rappelle. Ce qui ne tarde pas. Heureusement, je commençais même à me ronger l'ongle du pouce.

- J'ai un contact qui en a à quinze minutes de chez moi, je suis déjà en route. Il t'en faut combien ?

- Tu sais combien de temps ça agit ?

- Celui là, entre quatre et six heures.

- Va pour douze alors.

Sasuke me fait des gros yeux, espérant sans doute que son pic de chaleurs ne durerait pas si longtemps. Je hausse les épaules, au pire ça servira pour une prochaine fois. Est-ce que je pense déjà à la prochaine fois ?

- Ça ferait dans les 800, m'annonce Deidara.

Je manque de m'étouffer.

- Eh ben putain...

- Ouai... Je te jure que je rajoute rien pour moi !

- Je te crois, c'est bon, t'inquiète.

Ce n'est pas comme si j'avais une autre alternative ou le temps de tergiverser sur la question. J'aurais dû anticiper dès hier soir...

- Je te fais le virement tout de suite, t'auras pas à faire l'avance, ajouté-je.

- Ok, cool, merci. Je te retrouve où ?

- A l'entrée du quartier, devant le torii.

Je préfère qu'il ne s'approche pas de trop près de la maison et la limite entre le quartier Uchiha et le reste de la ville est juste au bout de la rue, ce qui entre dans l'éloignement acceptable par mon instinct par rapport à mon frère, je pense.

- C'est noté, si tout va bien j'y suis dans quarante minutes environ.

Il raccroche et je pianote rapidement sur mon portable pour lui envoyer la somme demandée.

Pendant quelques minutes j'essaye de rester juste comme ça, avec Sasuke dans mes bras, mais sa peau moite et son odeur m'enflamment de plus en plus. C'est à se demander qui est en chaleurs... Des flash plus que suggestifs viennent envahir mon esprit. J'ai envie de le serrer plus fort, de le renifler et le lécher, de l'envelopper de toute mon Aura, de le ramener sur le lit...

Je me force à me détacher de lui, avant que les choses dérapent, en lui lançant un regard d'excuse.

- Je vais descendre en attendant...

- Ok... fait-il en s'accrochant tout de même à un passant de mon pantalon.

- Tu pourrais aller dans ma chambre ? proposé-je. Ce serait peut-être plus facile entouré par mon odeur.

- ... Ouai, je vais faire ça.

Je vais récupérer mon t-shirt pour lui fourrer dans les mains et je l'accompagne de l'autre côté du couloir.

- Sens toi libre de faire ce que tu veux. Je reviens au plus vite, ok ?

Il hoche la tête et je lui embrasse la tempe avant de le pousser à l'intérieur de la pièce. Je m'empresse de descendre avant que son regard suppliant ne m'incite à rester.

Une fois en bas, je soupire en me frottant vigoureusement le visage et je vais me passer la tête sous l'eau dans la cuisine.

Je tourne en rond un moment, je fais quelques pompes, je me passe à nouveau de l'eau sur le visage, je tourne encore... J'oscille entre le soulagement d'être éloigné et la frustration presque douloureuse de ne plus pouvoir me vautrer dans son odeur délicieuse. Et cet élastique qui me tracte vers lui...

Je finis par m'installer sur le canapé et je prends au hasard une des revues qui traînent là. Lorsque j'arrive au bout, l'horloge du salon m'indique qu'il reste encore un bon quart d'heure avant que Deidara arrive.

Me sentant un peu plus calme, je m'autorise à remonter voir mon frère.

Je prends une profonde inspiration dans les escaliers, là où l'odeur n'est pas encore trop forte, et je m'avance jusqu'à ma porte. Je pousse lentement, précautionneusement, et je m'appuie contre le cadrant. Je pense qu'il est plus raisonnable de rester là pour l'instant si je veux pouvoir garder mon self-control plus de vingt secondes.

Je retrouve mon frère les jambes entortillées autour de la couette, un oreiller entre les bras, bougeant légèrement ses cuisses l'une contre l'autre et le nez enfoncé dans mon t-shirt. Son regard croise le mien et il me fait une moue découragée.

- Tu as essayé de te soulager ? demandé-je doucement.

Il détourne les yeux et hoche faiblement la tête.

- J'y arrive pas...

- Des deux côtés ?

Tout à ma volonté de l'aider, je me sens étrangement peu gêné par la situation. Ce qui n'est visiblement pas son cas, il s'empourpre encore plus et enfouit sans visage dans l'oreiller.

- Sasuke, tu es un Oméga... lui rappelé-je doucement. Même si tu prends ton plaisir par... l'avant habituellement, je ne pense pas que ça va marcher pendant tes chaleurs.

Il me jette un coup d'œil surpris. Est-ce que j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Nous n'en avons jamais parlé ensemble mais c'est un garçon de quinze ans, ça doit bien lui arriver de se toucher... De toute façon, les chaleurs sont censées être instinctives.

- Tu le sens, non ?

Il laisse tomber ses réticences et se renfouit dans l'oreiller en gémissant piteusement, ce que je prends pour une approbation.

- C'est vraiment bizarre... me confie t-il.

- J'imagine...

Enfin, je l'imagine plus sur lui que sur moi... Un fourmillement, une envie d'accueil, une demande... Ça a pour effet de rallumer le brasier dans mon bas ventre, réactivant au passage ma pleine réceptivité à ses phéromones. Je peste intérieurement contre ma faiblesse et ferme les yeux, posant mon front sur la chambranle. Malgré moi, j'inspire profondément et c'est comme si les molécules dans l'air descendaient directement dans mon entre-jambe en plus de m'attirer comme un aimant vers leur émetteur. Fichus instincts.

Lorsque je rouvre les yeux, je tombe sur les prunelles troublées de mon frère dépassant juste de mon t-shirt, ce qui est à la fois adorable et totalement aguicheur.

- Ok, je vais redescendre... déclaré-je. Et toi, essaye encore, ok ?

Il enfouit brusquement sa tête dans mon t-shirt en étouffant un gémissement douloureux. Je me retiens de justesse de me précipiter vers lui.

- Sas' ?

- Ça va, me rassure t-il en se relâchant vite. C'était pas grand chose, j'ai juste été surpris. C'est trop bizarre comme sensation...

- Ok... Dei ne devrait plus tarder, dix minutes environ.

- Ça va, me répète t-il avec un petit sourire. Ne t'inquiète pas autant. Juste... tu pourras toquer avant de rentrer tout à l'heure ?

- Bien-sûr.

Je claque presque la porte et m'empresse de retourner dans le salon. Je ne tarde pas à sortir, après avoir récupérer une veste dans l'entrée. Je fais quelques aller-retour dans la rue en remerciant les anges pour qu'il n'y ai personnes dans les environs. Mon comportement est certainement louche...

Lorsque je retrouve Deidara devant le portail, il me dévisage avec une curiosité évidente et je vois qu'il lutte pour ne pas inspirer à plein poumons. Je me concentre sur ses efforts et son attitude respectueuse pour éviter de partir dans une nouvelle crise de domination, ce qui serait surement injuste et rallongerait mon temps d'absence auprès de Sasuke.

Mon ami me tend un sac en plastique, duquel je sors rapidement une petite boite en carton neutre. J'y trouve un sachet avec douze capsules transparentes contenant une poudre blanche... Il n'y a absolument aucune indication et ça pourrait être n'importe quoi, en réalité.

Je fixe mon ami dans les yeux quelques instants et il hoche la tête avec assurance. Je soupire et acquiesce à mon tour la tête, je lui fais confiance et, à nouveau, je n'ai pas d'autres options. Franchement, qu'est-ce que je ne ferais pas pour mon frère... ?

Il s'apprête à retourner à sa voiture mais je le retiens par le bras.

- Pas un mot sur tout ça, à personne, dis-je un peu trop sèchement.

Je peux presque voir les questions danser au fond de ses yeux mais il se retient de tout commentaire et acquiesce.

- Bien-sûr, tu as ma parole.

Il s'incline légèrement et je lui tape l'épaule avant de faire demi-tour. J'avale immédiatement une pilule et je prends le chemin retour, lentement puisqu'il faut encore que j'attende que ça fasse effet. Après quelques pas de réflexion, je prends mon portable et j'envoie un message à Deidara pour le remercier - tout de même - et le prévenir que je serais absent en cours cet après-midi, bien qu'il doive s'en douter.

Je sens très bien l'effet de la substance qui se diffuse dans mes veines, endormant progressivement mon instinct. Mon Aura devient comme... flasque. Elle répond à mes sollicitations au ralenti et avec la précision d'un Alpha de cinq ans. Ce n'est vraiment pas agréable comme sensation, d'autant plus pour un ninja toujours sur le qui-vive comme moi...

Cinq minutes plus tard, je suis à nouveau devant ma chambre. Comme convenu je toque, Sasuke m'invite à rentrer et je le retrouve à peu près dans la même position que tout à l'heure.

Je prends une inspiration précautionneuse. Puis une deuxième, plus profonde. Et là, magie de la chimie, l'Alpha reste endormi ! Je sens encore les phéromones de mon frère mais c'est juste un doux parfum et mon excitation est complètement retombée. Ma volonté initiale de l'apaiser et l'aider a retrouvé toute sa place.

Sasuke m'interroge du regard et je souris en hochant la tête. Je m'avance jusqu'à lui et m'allonge à ses côtés, beaucoup plus serein, recentré sur lui. Il se blottit immédiatement contre moi et respire mon cou amplement.

- Tu sentais meilleur avant, marmonne t-il.

- A ce point là ? ris-je doucement. Tu préfères que je reparte ?

- Non !

Il s'agrippe fermement à mes bras et je l'enlace plus franchement, lui embrassant le front et recommençant à caresser son dos.

- Tu fais comme tu veux, je suis tout à toi maintenant, l'assuré-je.

Il hoche la tête et nous restons ainsi un moment, partageant nos ressentis par notre lien. Je sens son soulagement à m'avoir près de lui, je sens sa reconnaissance et sa tendresse, mais je capte aussi tout son inconfort, la tension sexuelle en lui, quelques crispations douloureuses et des hésitations.

- Tu n'as pas l'air beaucoup plus détendu que tout à l'heure, constaté-je.

- Non... J'ai essayé...

- Mais... ?

Il pose son front sur mon torse et souffle de dépit.

- C'est trop serré et ça fait mal...

Je descends ma main dans son dos jusqu'au niveau de son coccyx et je la pose juste légèrement pour le sonder comme je l'ai fait hier sur son ventre. Mon Aura met une éternité à réagir mais, en la concentrant sur une zone précise, j'arrive à avoir une réponse correcte. Effectivement, je rencontre un véritable nœud musculaire.

Je ne suis pas expert en médecine mais je n'ai pas l'impression qu'il y ai un problème physiologique... A priori, je perçois "seulement" un problème de lâcher-prise. L'épisode avec Kabuto me revient en tête mais Sasuke m'a assuré que ça n'avait rien blessé en lui et ses ondes sont restées parfaitement calme à ce moment là donc je n'ai pas d'autres choix que de lui faire confiance...

- Des exercices de respiration ? m'enquiers-je.

- Déjà fait, ça n'a rien changé...

Donc, si je comprends bien, c'est à moi de trouver la solution ? Soit, sur le principe, ça me va. Je fais le vide dans ma tête, je laisse mon intuition protectrice me guider et je me libère surtout de toutes les inhibitions qui me bloqueraient des pistes avant même de les explorer. Rapidement, cette intuition me présente la seule chose à faire : si la voie d'apaisement globale ne fonctionnent pas, il faut aller travailler sur le lieu du problème.

Non, vraiment, il ne faut pas que je réfléchisse.

- Ok... dis-je finalement. Je suis à peu près certain de pouvoir t'aider mais pour ça il faut que je te touche.

Il s'écarte un peu de moi pour me regarder, interrogation muette.

Ne réfléchis pas, ne réfléchis pas...

Je soupire.

- Vraiment te toucher... insisté-je en m'assurant qu'il comprenne le message. Je vais y aller doucement. Tu me fais confiance ?

Il marque une hésitation en me fixant intensément et je soutiens son regard sans flancher, en lui transmettant toute ma détermination à l'aider. Il finit par hocher la tête en me faisant à son tour passer sa confiance.

Bien.

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/!\ /!\

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Je lui embrasse le front.

- Déshabille-toi et mets-toi sur le dos, dis-je doucement.

Ses joues rougissent et il détourne les yeux mais il s'exécute sans protester. Je remonte le drap sur lui pour respecter au maximum sa pudeur puis je me mets sur le côté et je pose une main légère sur son ventre, comme j'ai pris l'habitude de le faire dernièrement.

- Si je fais quoi que ce soit qui te dérange vraiment, arrête-moi. Mais je m'efforce de ne pas trop réfléchir alors essaye de faire de même, ok ?

Il hoche la tête à nouveau en pinçant les lèvres. Pour l'instant il est encore plus tendu qu'avant...

- Essaye de te détendre, tu ne crains rien...

Il prend une grande inspiration en fixant le plafond puis il ferme les yeux et souffle longuement.

- Vas-y... dit-il à voix basse.

Je glisse ma main vers sa hanche de mon côté, je descends jusqu'à son mollet pour lui remonter le genoux sur le côté. Comprenant mon intention, il écarte de même son autre jambe, grimaçant un peu sous l'étirement.

Une vague de phéromones s'échappe de lui mais elle ne m'atteint pas. Tout va bien, je peux rester concentré sur lui. Tout va bien. Je garde mes yeux fixés sur son visage, autant pour capter une éventuelle expression négative que pour respecter son intimité, si tant est que ce soit réellement possible en sachant ce que je m'apprête à faire...

Doucement mais sans contours, je remonte ma main sur l'arrière de sa cuisse. Il frissonne, sa respiration se précipite, sa main s'agrippe fermement à mon pantalon, il pince ses lèvres et fronce les sourcils.

Ne réfléchis pas.

Je pose la paume de ma main près de son entrejambe de sorte à ce que le bout de mon index se retrouve sur son ouverture crispée. Je me concentre pour la sonder directement... complètement bloquée. En fait, tout son corps est bloqué maintenant, même sa respiration.

- Respire, Sas', lui rappelé gentiment.

Il prend une profonde inspiration puis souffle d'un coup. Ça ressemble plus à un soupir agacé qu'à une expiration de détente mais ça a le mérite de le distraire un peu pendant que j'entame ma mission. Je me focalise sur la zone, rassemblant mes sentiments les plus tranquilles et affectueux pour "l'attaquer" de tous les côtés.

- Respire encore, exigé-je avec un sourire dans la voix.

Je le taquine en poussant sa joue avec mon nez jusqu'à ce qu'il grommelle et obtempère.

- Concentre toi sur tes sensations et ta détente plutôt que sur moi, conseillé-je.

Je continue à envoyer des vagues apaisantes pendant un moment. J'obtiens assez peu de résultats physiques mais je sens qu'au niveau énergétique et émotionnel, le maelstrom va dans le bon sens. Je me rapproche pour embrasser la tempe de mon frère.

- Détends-toi, Moya... chuchoté-je à nouveau, faisant vibrer mon instinct Alpha ensommeillé.

Finalement, c'est presque plus simple avec mon Aura toute molle car l'apaisement est diffus, il s'échoue sur sa cible et s'infiltre lentement jusqu'à son cœur comme des vaguelettes océanes sur une plage.

Enfin, je sens la zone sondée perdre en densité, d'abord profondément à l'intérieur et progressivement jusqu'à l'entrée de son corps. Je commence à faire de légères pressions et caresses avec le bout de mes doigts jusqu'à sentir la surface perdre en dureté. Un peu de lubrifiant s'échappe de l'ouverture.

Ne réfléchis pas.

Je prends le temps de l'étaler autour, puis je pose le bout de mon index dessus et pousse tout doucement. Son souffle se fait tremblant mais aucune douleur ne me parvient, c'est juste... flou et intense. Je relâche ma pression et je la renouvelle, je recommence la manœuvre patiemment jusqu'à ce que ma première phalange finisse par glisser à l'intérieur de son corps.

- C'est bien... Lâche prise, ouvre toi...

Il soulève légèrement son bassin pour mieux se positionner, sa respiration s'accélère à nouveau et bientôt son lubrifiant s'écoule plus librement et vient aider mon doigt à le pénétrer. Je rentre et sors tout doucement plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il n'y ai plus de résistances. Je sens la tension sexuelle en lui qui prend le pas sur la nervosité et la retenue. Je sens son plaisir remplacer définitivement la douleur à mesure qu'il accueille son instinct Oméga.

Je masse doucement son entrée avec deux doigts, toujours attentif à ses limites. Je ne ressens ni ne vois aucune opposition alors je continue. Je pense que tant qu'il ne sera pas totalement détendu, il aura du mal à aller jusqu'au bout, et que c'est bien sa jouissance qui pourra le soulager efficacement et durablement de toute cette flopée d'émotions et de ressentis trop intenses.

Après quelques mouvements autour de son ouverture, je le pénètre encore plus précautionneusement avec deux doigts. L'ouragan tourne toujours à l'intérieur de lui mais je perçois à peine une brève gêne physique en réaction à mon invasion. Je ne vais pas très loin, je teste encore un peu la zone et cette fois ça me semble bien. Mon rôle actif s'arrête là. Je remue un peu mes doigts à l'intérieur de lui, juste pour lancer l'idée, puis j'arrête de bouger pour le laisser gérer la suite.

Il comprend rapidement et commence un rythme lent où il s'empale de plus en plus loin. Je le sens soulever ses hanches pour venir à ma rencontre mais je ne m'y intéresse pas. Je reste toujours centré sur son visage, spectateur privilégié de son éveil.

Il change un peu d'angle et mes doigts viennent buter sur sa paroi antérieure en profondeur. Il s'arque légèrement et je sens son plaisir vibrer, manifesté par un petit gémissement. Mon instinct Alpha remue brièvement avant de se rendormir aussitôt. Mais sa propre réaction soudaine semble le surprendre et ça le sort de sa transe. Il se retire de mes doigts et il me jette un coup d'œil gêné avant de passer son bras sur ses yeux en soupirant.

- Tu veux continuer tout seul ? demandé-je doucement.

Il hésite quelques instants, je sens une légère angoisse le traverser à cette idée et il secoue la tête de gauche à droite.

- Alors fais juste ce que tu veux et ne fais pas attention à moi, l'assuré-je.

Je caresse doucement son ouverture glissante, elle se contracte par réflexe et, tout aussi instinctivement, il se renfonce sur mes doigts d'un coup en lâchant un nouveau gémissement. Il se mordille la lèvre, il reste immobile, je sens encore son hésitation... Je continue mes vagues d'apaisement et l'incite à poursuivre par de légers appuis sur sa zone sensible. C'est plus facile que je le pensais à trouver, la texture est différente, plus ferme, un peu bombée et gonflée... et visiblement très sensible au contact, vu son souffle tremblant. Il agrippe ma cuisse de toutes ses forces.

- 'Tachi, je...

Je comprends bien le dilemme qui l'habite, entre son besoin que je reste contre lui et sa gêne pour manifester son plaisir devant moi. C'est normal, c'est logique. Et moi, ça m'est complètement égal.

- Lâche toi, Moya, tout va bien, répété-je tranquillement.

Je ne me lasse pas, je pourrais passer des heures comme ça, juste à le rassurer et l'aider à faire de cette première expérience quelque chose de positif. Il le sent, il le sait... Il se laisse convaincre progressivement et il reprend de lui-même quelques va et vient.

Il glisse sa main libre sur mon avant-bras jusqu'à mon poignet et me jette un nouveau coup d'œil indécis. Je lui souris et lui transmets une vague d'affection paisible.

- Je ne regarde pas, lui promets-je en fermant les yeux.

Je le sens acquiescer et laisser fondre ses réticences, enfin. Il attrape ma main avec la sienne pour mieux maîtriser le contact et il commence à tester timidement sa zone sensible, appuyant plus ou moins fort, faisant de légères rotations, cherchant les contours... puis, il alterne ces pressions et des mouvement de va-et-vient. Il s'ouvre à ses envies, il accueille pleinement ses pulsions et le maelström semble se démêler définitivement pour se mettre à tourner de manière cohérente.

Bientôt, il amène sa deuxième main sur mon poignet de sorte à contrôler parfaitement mes deux doigts et il commence à bouger avec plus d'assurance. Il bouge ses jambes pour mettre ses deux pieds à plat sur le matelas et accélère le rythme, jusqu'à venir à la rencontre de mes doigts en soulevant ses hanches.

Outil passif de son avènement, je le laisse maître de la situation et ça satisfait grandement mon instinct protecteur et dévoué.

Ses phéromones tourbillonnent, son souffle se précipite et il ressort brutalement mes doigts pour y coller un troisième. Il s'empale aussitôt dessus sans aucune difficulté, lâchant un gémissement moins contrôlé. Mon instinct frémit brièvement à l'intérieur de sa camisole. Je n'y prête aucune attention.

Mon lien avec Sasuke devient flou, il soulève ses hanches vivement, mes doigts buttent sur sa zone P, ses parois se contractent fortement autour de mes doigts, tout son corps se tend... Il flotte, sans un bruit et je me laisse un peu emporter par l'extase qui s'étend... Puis il se relâche sur le matelas d'un coup en soufflant et sa respiration redémarre sur un rythme essoufflé.

J'entrouvre les yeux pour le voir baigner dans une même expression sereine que celle que je sens maintenant à travers notre lien. Je récupère mes doigts délicatement, j'essuie ma main très glissante dans les draps sans trop m'en préoccuper, je fais quelques flexions avec mes doigts en grimaçant - eux sont un peu douloureux... - et je me laisse bercer par ses ondes, profitant moi aussi de ce moment de sérénité absolue.

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/!\ /!\

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Il se passe plusieurs minutes sans un bruit... et je sens précisément le moment où mon frère reprend pleinement conscience de son environnement lorsque sa gène jaillit dans notre lien. Je soupire légèrement. Je ne pensais pas qu'il serait encore pire que moi en ce qui concerne le retournement de cerveau par réflexion trop intensive.

- Sas'...

- Je... Je t'ai... utilisé pour...

- Et je t'ai dit que tu pouvais le faire, tout va bien.

- Mais ça ne se fait pas... proteste-t-il faiblement.

Je pouffe légèrement, ne parvenant pas à m'en vouloir. Peut-être que ce bloquant me rend un peu stone, finalement...

- Non, pas trop en effet... mais te laisser gérer ça tout seul dans la douleur et la détresse était hors de question. Tu regrettes ?

Il secoue la tête contre moi.

- Non, pas vraiment. C'est un peu gênant mais je crois que c'était le seul moyen pour débloquer la situation. J'avais besoin de... toucher à l'intérieur mais je n'y arrivais pas... et je me sens en sécurité avec toi. C'était... étrange et différent de ce que je pensais mais c'était...

Il soupire en se cachant dans mon t-shirt.

- Agréable, finalement...

Ça me surprend qu'il soit aussi bavard sur le sujet mais ma curiosité se trouve ainsi comblée sans que je n'ai à poser de questions, ce que je ne me serais jamais permis de faire.

- Je peux te laisser continuer seul maintenant, si tu veux ? proposé-je.

Il se recule un peu.

- Oui, bien-sûr.

Malgré son ton assuré, je perçois une pointe d'hésitation dans notre lien.

- Tu veux que je m'en aille ? vérifié-je.

Cette fois son sentiment se traduit par une petite moue indécise.

- Pas vraiment, non... Je suis bien contre toi, même si c'est juste pour dormir... Mais ça va beaucoup mieux, tu n'as pas besoin de rester si tu veux faire autre chose.

Je claque la langue gentiment en le ramenant contre moi.

- Si j'ai pris un bloquant, c'est pas pour te laisser tomber dès que ta première crise est passée. Et même si mon instinct est endormi, je ne pourrais pas m'éloigner de toi maintenant, j'ai besoin de savoir que tu vas bien. Alors repose-toi tranquillement et je suis à toi pour plusieurs jours si besoin.

Il acquiesce avec soulagement et je repasse sur le dos, l'invitant à se caler contre moi. Il se blottit en soupirant de bien-être et me transmettant toute sa gratitude.

N'en déplaise à mon instinct, je prendrais soin de mon petit frère à ma façon, toujours.

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Note de l'auteur :

Il n'y a absolument aucune idée perverse de la part d'Itachi, juste un dévouement découlant de leur tendresse fraternelle ! Il est mignon *.*. Il n'en reste pas moins que son instinct est parti sur la mauvaise pente et ça ne va pas faciliter les choses pour la suite (ou ça va les faciliter, tout dépend de ce que vous attendez... :P).

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Les étoiles brillent pour nous 3

Mys