Bonjour à toutes et à tous ! Me revoilà avec la Chambre d'Émeraude "Law, l'Infortune de la Vertu". Dame maquerelle fait référence au titre d'un conte philosophique que je n'ai pas lu. Donc pour les connaisseurs, j'ai sûrement dû m'en éloigner. Attention pour ceux qui ont du mal avec le sang...disons que j'aime rentré dans les détails. Bonne lecture ! (les fautes seront corrigées plus tard !)
Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à Oda !
Les notes de musique classique résonnaient dans le bloc opératoire du Polar Tang. Les murs jaunes et gris étaient éclairés par les ampoules blanches des lampes médicales. Un de ses hommes reposé sur la table, un coup de sabre ayant tranché une partie de son colon et de son intestin.
À ses côtés Bepo et deux autres pirates l'assistaient dans sa tache. Traflagar Law menait l'opération d'une main de maître, ses longs doigts tatoués jouant avec le bistouris. Le chirurgien tranchait avec dextérité les tissus qui couraient sous ses paumes, remplissant l'air de l'odeur de la chair humaine. Avec les années, l'enfant de Flevance était capable de reconnaître une personne malade à son odeur. Comme l'air aseptisée le ramenait à son enfance passée dans l'hôpital familial, il ne pouvait oublier la senteur qui régnait dans les blocs.
Sans prêter attention à ses gestes, le pirate stoppa un début d'hémorragie, son second à ses côtés. Dans moins d'une heure, son patient attendrait de reprendre conscience en salle de réveille alors que Law retournerait à ses expérimentations. À côté du deuxième bloc, une salle entièrement blanche était le lieu de tous ses tests ainsi que la morgue du navire. Lorsque qu'un homme de l'équipage commettait une faute grave, il était chargé de récupérer un ou plusieurs corps lors de la prochaine bataille, pour les bons plaisirs du capitaine.
Ainsi, une fois son travail achevé, Traflagar retourna auprès du corps froid qui l'attendait gentiment dans un de ses terrains de jeu préféré. Renfilant une nouvelle paire de gants en latex, l'ancien membre de la Donquichotte Family reprit sa manoeuvre. Le corps s'était encore un peu plus solidifié, mais le médecin devrait s'en contenter. Plongeant son scalpel dans les chairs dures en décomposition, le jeune homme se mit à jouer avec les boyaux de son patient décédé.
Tout en observant ses mains tachées de sang coagulé, Law pensa que la famille de cet homme devrait se contenter d'une tombe vide. Ce n'était pas morale de sa part.
Le protégé de Corazon partit dans un grand rire qui se répercuta contre les murs immaculés, faisant trembler ses mains poisseuses. Depuis quand se préoccupait-il de la morale ? Ce n'était qu'une fable que l'on comptait aux enfants pour leur faire croire que les hommes étaient bons.
Lorsque la Mort avait décidé de se pencher sur nos vies, les règles et les normes ne sauvaient personne. L'innocence de Lamy ne l'avait pas sauvée des flammes vicieuses, réduisant son corps à l'état de cendre. Ces hommes avaient-ils eu pitié d'une nonne, symbole de pureté et des enfants qui l'accompagnaient ?
Comment pouvait-on survivre à ce monde de fous en respectant les lois morales que l'on nous imposait ? Ce n'était qu'une utopie nourrie par des hommes crédules et moraux qui ne s'étaient jamais confrontés à la vie.
Lorsqu'un dragon céleste enlevait votre femme et votre fille, il serait de votre devoir de rester bon et juste, de pardonner qu'importe la cruauté.
Lorsque des archéologues étaient assassinés pour étouffer quelques décennies d'histoire, il était du devoir du vertueux de ne point tomber dans la haine.
Trafalgar Law pourrait rire pendant des heures de ces pauvres hommes qui tentaient de rester sur le droit chemin. Lui, avait abandonné cette idée alors qu'il n'était encore qu'un enfant et que l'odeur des cadavres emplissait pour la première fois ses poumons. La haine l'avait envahie quand il avait dû supporter pendant de longues heures le poids du corps de son voisin sur le sien. Et elle l'avait consumée alors qu'un ange noir se vidait de son sang sur les neiges immaculées.
Mais les vertueux luttaient contre la fatalité, se persuadant que le Diable n'était pas un homme masqué par des artifices. Ainsi la Morale était une notion qui amusait le Chirurgien de la Mort et il ne pouvait que la plaindre. Puisque la Vertu n'était la solution d'aucune infortune. C'était les Infortunes de la Vertu.
