Chapitre 12
Il aurait voulu photographier cet instant de pur bonheur, immortaliser ces secondes de légèreté qui s'égrenaient au fil du temps, tel le fil d'une vie que l'on déroule jusqu'au moment où l'on en arrive à la fin. Ces instants tellement mérités. Ces moments tellement attendus. Ces instants que l'on voudrait figer pour l'éternité avant qu'ils ne s'envolent vers notre mémoire où ils resteront gravés aussi longtemps que notre cœur les chérira.
Elle s'était paisiblement endormie dans ce vieux rockingchair, déniché lors d'une brocante du quartier pour une bouchée de pain. Olivia avait passé son temps à le retaper. Il n'en n'était que magnifique d'avoir retrouvé sa splendeur d'antan qui avait certainement dû être la sienne.
Il se souvint de cette soirée de Saint-Valentin où neuf mois auparavant, elle lui avait offert le test de grossesse positif…tous deux heureux en restant toutefois conscients que le pire restait probable. Durant les neuf mois qui suivirent, il s'était montré d'une patience exemplaire face aux craintes de celle qui était devenue son épouse. Ensemble, ils étaient allés au bout du chemin, Josh était arrivé lors d'une césarienne pratiquée en urgence.
Il prit son fils et le plaça dans son berceau, elle s'était sans aucun doute posée sur ce vieux fauteuil afin de lui donner son biberon. Elle s'était assoupie, encore fatiguée de cette césarienne.
Il la recouvrit de ce vieux patchwork et l'embrassa sur le front.
C'est à cet endroit qu'il la retrouvait chaque matin, il ne pouvait lui reprocher d'être aussi attentive à leur enfant. Elle n'avait pas repris son travail, peur que cette grossesse soit également un échec.
En ce moment, le plus important était de passer du temps avec Eliott et Josh, ses nouvelles priorités. Sa nouvelle vie.
C'est dans l'Eglise saint-Patrick que leur fils allait recevoir le sacrement du baptême ; par ce même prêtre qui avait enterré celui qui serait à tout jamais dans son cœur sans avoir connu la douceur de ses bras.
Assise dans l'Eglise, Olivia berçait Josh qui lui souriait …un lien unique s'était déjà créé, l'amour inépuisable d'une mère pour son fils. Un lien indestructible.
Le parrain de l'enfant la rejoignit, il prit place
- Te voir enfin sourire, tu es tellement belle … ; ça fait plaisir. T voir épanouir nous réjouit tous.
- Tu n'oserais pas me draguer Spencer ….
- Même pas en rêve, Pénélope me tuerait
- Eliott aussi….
- Tu me laisses tenir mon filleul avant que les autres ne se l'accaparent
- Les autres ?
- Eliott ne t'a rien dit
- Non
- Alors retourne-toi….
Elle se retourna et vit tout le monde réunit, tous ceux qui l'avaient sauvée, tous ceux qui l'avaient accompagnée dans sa souffrance. Cette fois ce furent des larmes d'émotion qui coulèrent le long de ses joues.
The End
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