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Bonne lecture.

Chapitre 13 :

- Je peux rentrer ? Vraiment ?

Harry avait les yeux écarquillés. Mérak était dans sa chambre, après une énième séance d'entrainement et venait de lui faire part de la décision de ses professeurs. Ils l'estimaient prêt.

- C'est une prouesse que d'avoir réussi en si peu de temps. Tu as donné le meilleur de toi-même. Tu as été un élève sérieux et un invité des plus agréables. Nous sommes sûrs que notre savoir sera bien utilisé entre tes mains.

- C'est pas une blague ? Je peux vraiment partir ? Comme ça ? Vous n'allez pas m'effacer la mémoire ou un truc comme ça ?

- Pourquoi ferions-nous ça ? demanda l'elfe sans comprendre.

- Bah… pour que je ne dévoile pas votre présence, que personne ne puisse venir ici. Il peut y avoir plein de raisons.

- Il te faudra bien expliquer d'où te vient cette nouvelle énergie. Et puis même si tu parles de cette forêt, personne ne peut entrer sur notre territoire hormis les elfes de notre clan. Alors qu'est-ce que cela changerait ?

Harry dut avouer que ce n'était pas faux. Puis ses pensées s'orientèrent vers quelque chose de plus joyeux. Il avait revoir tout le monde.

Et à présent il se sentait triste de partir. Alors que c'était ce qu'il avait voulu le plus au monde ces derniers temps. Mais partir signifiait ne plus revoir les elfes.

- Est-ce que… est-ce que je pourrais revenir ?

- Comme je viens de dire : personne ne peut entrer ici. Seul un elfe le peut.

- Alors c'est un adieu ?

- On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve Harry.

- Vous pourriez venir, tenta de nouveau le Gryffondor. Nous prêter main-forte.

- Ce n'est pas notre guerre.

- Ça valait le coup de demander…

Pris d'une impulsion subite, Harry enserra l'Ancien dans ses bras.

- Merci pour tout.

L'elfe sembla surpris mais lui retourna l'étreinte.

- Mon fils te guidera sur le chemin du retour. Sinon tu errerais de nouveau.

Ah, donc Altaïr avait parlé. Pas tellement étonnant. Mérak lui tendit un objet. Harry reconnut une bague. Elle était plutôt grosse et avait une énorme pierre noire en son centre. Il n'avait pas besoin de poser la question pour savoir qu'il s'agissait d'un ancien Horcruxe. Il passa l'anneau à son doigt pour être sûr de ne pas le perdre.

- Les vêtements que tu portais quand nous t'avons trouvé étaient en piteux état et il semblerait que plusieurs elfes se soient chargés de les brûler. En revanche je peux te rendre ceci.

De sa main dépassait la baguette d'Harry. Celui-ci fut plutôt surpris de se retrouver de nouveau avec le bois entre les mains. Il n'y avait plus pensé depuis le début de son entrainement. Et à présent l'artefact semblait inutile, presque incongru. Il remercia l'elfe en mettant la baguette dans sa poche. Pas sûr qu'il s'en resserve un jour.

- Au revoir Macilnér.

Néphrim l'attendait en bas du chêne. Et il n'était pas seul. Presque la totalité du village était là. Draya, Linya, Cirel, Tilée, Nausile, les Anciens… Tous voulurent lui dire au revoir, des enfants s'accrochaient à lui, refusant qu'il parte. Harry ne put retenir ses larmes très longtemps. Il se sentait déchiré entre deux mondes. Celui apaisant, de la nature, et le sien, en guerre mais avec ceux qu'il aimait.

Son ami lui fit signe de le suivre. Il était temps de se mettre en route. Juste avant de sortir de la clairière, Harry jeta un dernier regard en arrière, pour être sûr de garder une image de ce lieu idyllique. Il entendit aussi les elfes entonner un chant. Le rythme était bien plus lent que d'habitude mais les paroles semblaient toujours aussi belles.

- Un chant d'adieu. Pour ton départ, expliqua Néphrim. Ils te souhaitent d'être heureux et surtout de te protéger.

Le brun ne put répondre.

Ils marchèrent un long moment. Néphrim changeait parfois brusquement de direction, passait sous des branches précises et forçait Harry à faire de même. Le Gryffondor avait l'impression de tourner en rond. Puis son guide restait anormalement silencieux.

Pourtant au bout d'un moment l'elfe se stoppa net.

- C'est la limite de notre royaume. Je ne peux aller plus loin.

Le cœur d'Harry se serra.

- Je… Merci pour tout Néphrim. Tu es un vrai ami.

- Je sais que tu dois partir. C'est ta destinée mais j'aurais tellement aimé que tu restes avec nous.

- Tu peux venir…

- Le monde des hommes n'est pas pour nous. Ils ne croient plus en rien, dénigrent la nature et la magie pure. Ils nous chasseraient.

- Tous ne sont pas comme ça. Et je suis persuadé que mon retour les fera changer d'avis.

- Puisses-tu dire vrai, soupira l'elfe aux cheveux verts. Mais les choses restent souvent immuables.

- Rien n'est jamais décidé. Si j'ai appris quelque chose dans cette guerre c'est bien que le destin n'est jamais tracé. On peut toujours changer la donne. Si on y croit.

- On aura tout vu, rit Néphrim. Un homme qui donne des leçons à un elfe !

- Il faut un début à tout.

Les deux amis se regardèrent un instant puis se serrèrent dans les bras.

- Prends soin de toi.

- Promis. Et je gagnerais grâce à vous… Merci encore.

- Au revoir Macilnér.

- Ton père m'a dit la même chose. Qu'est-ce que ça signifie ?

- C'est ton nom elfique. Tu es comme l'un des nôtres à présent.

Presque. Il n'était qu'un homme qui jouait à être un elfe. Ils n'étaient pas du même monde.

Ne voulant pas pleurer de nouveau, Harry se détourna et se mit à marcher. Il avait à peine fait quelques pas qu'il sentit une sensation étrange traverser ton corps. Il eut la chair de poule. Puis tout cessa aussi vite que ça avait commencé.

Quand le Survivant se retourna, il ne vit plus rien que de la forêt. Aucune trace de l'elfe. Et pourtant Harry savait qu'il était encore là. Il fit un petit signe de la main et transplana.

XXX

Le pichet s'échappa des mains de la jeune femme et alla s'écraser au sol, se fracassant sous l'impact. Harry n'avait pas fait deux pas que déjà la sorcière retourna dans la maison biscornue en hurlant :

- Harry Potter est là ! Le Survivant est de retour ! Il va bien ! Il est vivant !

Une foule s'amassa rapidement dans le hall, restant tout de même à distance raisonnable. Le Gryffondor eut un pincement au cœur. Il avait oublié qu'ici il était le symbole. Ou du moins il avait oublié cette distance qu'il y avait entre lui et eux.

Heureusement ça ne dura pas. Hermione apparut et lui sauta dans les bras. Elle ne retenait plus ses larmes et mouillait le tee-shirt blanc de son ami :

- Vivant… Tu nous as fait tellement peur ! Tu es vivant !

Harry la serra un peu plus contre lui, tout en lui caressant les cheveux de la main.

- Je suis désolé de t'avoir inquiété… Je suis rentré.

La jeune sorcière se détacha et essuya rapidement ses larmes avec sa manche. Elle se sentait un peu honteuse de s'être donné en spectacle ainsi. Aidan détourna l'attention en se précipitant à son tour :

- Je le savais ! Je le savais ! Mon pote !

Il lui donna un grand coup sur l'épaule, se faisant plus mal à lui-même qu'à Harry.

- Tu nous as foutu une sacré trouille tu sais !

- Je m'en doute largement.

Harry avait l'impression d'être une vraie fontaine en ce moment. Les larmes lui venaient de nouveau aux yeux. Trop d'émotions en si peu de temps.

En revanche il ne put se retenir quand Remus apparu en haut des escaliers. Le lycanthrope s'arrêta un instant, choqué. Puis il descendit les marches rapidement, sans jamais quitter son louveteau des yeux. Aidan s'écarta pour laisser passer l'ainé. Celui-ci se posa juste devant Harry et le renifla, comme pour s'assurer que c'était bien lui.

- Harry ! Par Merlin ! Tu n'as rien ?

- Je vais on ne peut mieux.

- Ne nous refais plus jamais ça !

Lupin semblait énervé. Il craquait et ça, Harry le comprenait bien. Il posa une main sur l'épaule de son deuxième parrain ce qui le fit céder. A son tour il câlina son louveteau :

- Plus jamais tu ne t'éloignes ! Je t'attache s'il le faut !

Cela fit rire le Gryffondor. Ça aurait pu être une phrase dite par un Serpentard ça. D'ailleurs il était où son serpent à lui ? Et les autres ?

- Remus… où sont Dumbledore ? Kingsley ? Neville, Seamus, Dean, Luna… Et Severus surtout ?

- Beaucoup de choses se sont passées durant ton absence ! Dumbledore n'a plus trop de pouvoir ici. Kinglsey a repris les rênes donc il est bien occupé. Il y a plusieurs personnes parties en mission, en repérage ou autre. Et Severus dort dans sa chambre. Je l'ai envoyé se coucher y'a une demi-heure, il ne tenait plus debout.

- Je vais le laisser se reposer alors.

- Harry… Je crois que tu devrais y aller en priorité, dit le loup-garou avec un sourire. Il t'en voudrait sinon.

- Y'a des chances.

Mais Harry se trouvait égoïste. Il n'avait vu personne depuis près de dix semaines. Voyant qu'il hésitait, Remus le rassura :

- Tu auras tout ton temps plus tard pour nous parler. Et surtout nous expliquer ce qui s'est passé.

- Promis.

Il se détacha des bras de son ancien professeur et courut dans les escaliers. Derrière lui la foule se mit à murmurer. Les rumeurs n'allaient pas tarder à tourner. Parce qu'après tout, Harry semblait en pleine forme, il avait pris un peu de carrure et ses vêtements étaient surprenants. Que lui était-il arrivé ?

Une fois dans le couloir, le brun fit disparaître d'un geste toutes les marques de larmes sur son visage. Il fit apparaître un miroir dans les airs pour vérifier sa mine. Puis, se jugeant présentable, entra doucement dans la chambre de son amant.

Celui-ci était allongé sur le ventre, en travers du lit, toujours nu. Un bras pendait dans le vide. Harry s'approcha doucement, se déplaçant furtivement à la manière des elfes. Severus semblait plus mal au point que la dernière fois qu'il l'avait vu. Même dans la pénombre de la chambre il pouvait voir les cernes et le teint blafard.

Il posa un genou sur le lit et effleura délicatement la joue de son amour, ne voulant pas le réveiller. Puis tout s'enchaina. En quelques secondes Harry fut plaqué sur le lit, Severus se tenait au-dessus de lit et le menaçait de sa baguette.

Ah oui les réflexes d'espion. Il avait oublié ce petit détail.

Mais voyant qui était sous lui, Severus resta choqué. Puis des larmes pointèrent dans les prunelles onyx.

- Je suis rentré, dit timidement Harry.

- Cela ne se peut… C'est encore un rêve pour me torturer !

- Non c'est bien moi. Je suis bien là !

- Harry !

Severus envoya voler sa baguette au loin et ses lèvres fondirent sur celles d'Harry. C'était comme un assoiffé qui s'abreuvait. Leurs deux langues se mêlèrent rapidement. Le Gryffondor se demanda comment il avait pu survivre sans ça aussi longtemps. Ses mains passèrent dans les longues mèches noires de son amant puis descendirent sur les épaules musclées.

- Si tu savais comme j'ai rêvé de cet instant, dit Severus en un souffle. Et à chaque fois je me réveillais encore plus seul.

- Je suis désolé. Il faut que je t'explique…

- Plus tard, coupa net le potionniste.

- C'est important !

- Je veux te pénétrer, me perdre en toi, t'entendre gémir, te voir jouir…

- … Prends-moi !

Les explications allaient devoir attendre. Rien qu'en entendant la voix grave et sensuelle du maitre des potions, son ancien élève avait une belle érection.

Ils s'embrassèrent de nouveau. Harry caressait le torse de Severus. Ce dernier étant frustré de ne rencontrer que le tissu sous ses doigts. Il grogna et fit disparaître les draperies. Le contact de leur peau l'une contre l'autre les enflamma et les fit redoubler d'ardeur. Il n'existait plus rien d'autre au monde qu'eux dans cette chambre obscure.

Il ne fallut pas beaucoup de temps pour qu'Harry soit une vraie loque pantelante. Il s'était mis à gémir pendant que Severus lui mordillait la poitrine et se tortillait pour avoir plus de contact. C'était comme s'il découvrait les sensations pour la première fois.

De son côté Snape était plutôt ravi. Le jeune sorcier ne se dérobait pas à ses caresses et il semblait aussi avide qu'avant. Il n'avait donc pas été violé. Il ne savait pas trop comment il aurait réagi si ça avait été le cas. Puis Harry n'avait sûrement pas été torturé non plus, il n'en portait aucune trace sur le corps.

Le sexe dur du Gryffondor pulsait contre la gorge de Severus alors qu'il retraçait les pectoraux de son amant de sa langue. Harry le suppliait de faire quelque chose plutôt que le faire languir comme ça mais l'ainé tint bon. Il frôla ses cuisses de ses longs doigts, se rapprochant toujours sans jamais toucher. Sa propre érection lui faisait mal et il devait se concentrer pour ne pas accélérer le mouvement. Il tenait à profiter et surtout à s'assurer que tout ceci était bien réel. Que son Harry était bien de retour et de nouveau dans ses bras.

Quand Harry en vint aux insultes, Severus consentit de passer à la vitesse supérieure. Il effleura de ses lèvres le membre fièrement dressé mais ne s'y attarda pas. Il écarta un peu plus les jambes de son amant et lécha doucement le petit orifice rose qui se contractait déjà.

Le Gryffondor ouvrit grand les yeux de surprise et de plaisir. Severus était en train de le pénétrer avec sa langue. C'était juste divin. Et totalement différent de tout ce qu'il avait pu ressentir avant. Il commençait déjà à avoir mal à la gorge à force de crier. Il répétait le nom de son amant comme une litanie. Autant pour qu'il ne s'arrête pas que pour qu'au contraire il le prenne vraiment. Il était bien trop perdu dans les limbes du plaisir pour réfléchir comme il faut. Severus se mit à le masturber en même temps, ce qui fit totalement court-circuiter le cerveau du plus jeune. Il était à la limite de l'orgasme et parvenait à se retenir sans trop savoir comment.

Sentant qu'il était plus que prêt, le Serpentard prit le sexe de son amant en bouche et le suça avidement tout en le pénétrant de ses doigts pour le préparer. Il fut surpris de déjà y trouver du lubrifiant mais n'y fit pas plus attention que ça. Cela l'arrangeait même.

- Arrê…te… Je vais… je vais venir !

Mais Severus ne tint pas compte de l'avertissement. Au contraire il enfonça un peu plus le pénis au fond de sa gorge. Ce fut trop pour Harry qui explosa en un cri. Le ténébreux professeur avala la semence et se redressa un peu pour admirer son amant, sans pour autant enlever ses doigts des fesses blanches.

Harry avait les yeux clos et sa poitrine se soulevait rapidement. Son ainé se pencha pour l'embrasser et se positionna devant l'entrée convoitée. Mais avant qu'il n'eut le temps de bouger, Harry, qui avait retrouvé son souffle, le retourna et se mit à cheval sur lui :

- C'est à mon tour de te donner du plaisir.

- Oh, parce que tu t'en sens capable ? se moqua gentiment le potionniste.

- Attends de voir.

Le Gryffondor prit le sexe dressé en main et le plaça entre ses fesses. Puis prenant appui sur le ventre de son amour, il descendit doucement sur la hampe de chair, serrant les dents. Ça lui avait tant manqué. Etre uni comme ça avec l'homme de sa vie.

De son côté Severus se retenait pour ne pas pilonner son amant de suite. Il avait oublié à quel point celui-ci était serré et combien c'était bon d'être en lui. Quand Harry se mit enfin à bouger, il se déchaina. Les mouvements étaient frénétiques. Ils s'embrassaient, se mordaient, se promettaient monts et merveilles. Ils disaient des choses dont ils ne se souviendraient plus ensuite.

Harry se remit droit et prit son sexe de nouveau dur, en main pour se masturber. Cette vision fit rugir Severus qui augmenta ses coups de hanches. Il sut à ce moment qu'il avait trouvé la prostate de son amant. Ce dernier poussait des cris aigus et de plus en plus fort.

- Harry… Je vais…

- Non pas maintenant… Attends… Bientôt…

Harry ne se rendit pas compte que sa magie sortait de son corps par vague et venait augmenter le plaisir de Severus. Le professeur n'avait jamais senti des sensations pareilles. Il ne comprenait pas ce qui se passait mais il savait qu'il ne pourrait plus s'en passer. Harry était sa drogue et son remède en même temps.

- Mainte… tenant !

Les deux hommes jouirent en même temps. De longs traits blancs vinrent tacher les draps et les corps en sueur. Cependant ils disparurent très vite, évaporés dans les airs.

Le Gryffondor se laissa tomber sur le torse de Severus, haletant. Il étendit ses jambes ankylosées, faisant ainsi sortir le sexe de son rectum. Les bras du plus vieux se refermèrent sur son amant.

Il n'y avait plus d'autres bruits dans la chambre que leurs respirations.

- Je t'aime, murmura Harry.

Severus ne répondit pas mais fit remonter le jeune sorcier vers lui pour l'embrasser. Il lui mordit la lèvre inférieure puis descendit dans le cou. Harry sentit son sexe se redresser et celui de son ancien professeur réagissait aussi contre sa cuisse.

Des cordes apparurent sur la tête de lit et Severus se retrouva aussitôt les poignets ligotés.

- Après tout, pourquoi pas, pensa-t-il en un éclair.

Très vite il ne fut plus en état de penser à quoi que ce soit.

XXX

Harry se réveilla doucement. Son corps entier lui faisait mal. Il crut un instant qu'il était encore chez les elfes et que la douleur n'était que le résultat habituel de son entrainement. Mais la chaleur d'une peau nue contre la sienne lui rappela qu'il était enfin de retour. Il voulut se lever, pas que les sorts de nettoyage ne soient pas efficaces cependant être sous le jet d'eau était plus vivifiant.

Il avait à peine bougé que deux bras l'enserrèrent.

- Où tu vas ?

Donc Severus était réveillé aussi. Et il semblait inquiet.

- Juste dans la salle de bain. J'ai besoin de prendre une douche.

Le professeur ne lâcha pas sa prise pour autant.

- Je reviens tout de suite…

- Tu n'as plus intérêt à t'échapper ça je te le promets ! Et tu me dois des explications Mr Potter.

- Après la douche, promis.

Le Gryffondor l'embrassa et se leva, essayant de rester stable malgré ses jambes tremblantes.

Il ne s'attarda pas dans la salle d'eau. Par contre quand il revint dans la chambre, Severus s'était déjà rhabillé. Il ferma sa lourde robe noire à boutons et se retourna vers son amant. Harry aurait pu jurer voir la cape noire voler derrière lui.

- Où étais-tu ? Qu'est-ce qui s'est passé ces deux derniers mois ?

Il attaquait directement, toujours aussi impatient. Et quelque chose dans son attitude fit comprendre à son interlocuteur qu'il n'avait pas d'autre choix que de répondre.

- J'étais chez les elfes.

- Ne te moque pas de moi, tout le monde sait que ce sont des légendes.

- Pas vraiment… Tu ferais bien de t'asseoir ce sera long.

Le Serpentard obéit et croisa les jambes. Son visage resta impassible tout au long du récit du plus jeune. Harry parla de tout. La maison qu'ils avaient inspectée, l'attaque du serpent, comment il s'était réveillé chez les elfes, la proposition, le fait qu'il était un Horcruxe, la bague récupérée, l'entrainement, les amis qu'il s'était fait. Quand il eut fini il regarda Severus qui ne disait toujours rien. Il semblait se contenir. Il se leva et se pinça l'arrête du nez, soupira un grand coup et dit d'une voix pleine de retenue :

- Et c'est tout ? C'est ça ton excuse ?

- Pardon ?

- Tu menais la belle vie chez les elfes, pendant que je mourrais d'inquiétude pour toi. Tous ici, ils ont tous été à ta recherche, ils imaginaient les pires scénarios, angoissaient. Le moral n'a jamais été aussi bas. Mais non, Mr Potter profitait juste d'un petit séjour bien tranquille.

- Mais c'est pour eux que je l'ai fait. J'ai accepté de rester là-bas pour devenir plus puissant et pouvoir nous sauver.

- Ces excuses pitoyables ne marcheront pas. Tu nous as juste abandonnés pour pouvoir te la couler douce.

Harry repensa à ses entrainements. Ce n'était pas vraiment ce qu'il appelait se reposer. Encore moins se la couler douce. Sauf qu'à présent le maitre des potions fulminait et il n'était plus en état d'écouter quoi que ce soit.

- Mr Potter voulait encore se sacrifier pour sauver le monde, sans penser un instant à ceux qu'il laissait derrière. Pas un seul instant tu n'as pensé à moi, à tous ceux qui t'aiment ici.

- Tous les jours j'ai pensé à vous ! hurla-t-il à son tour. J'ai essayé de vous envoyer des patronus par centaines, j'ai essayé de partir mais leur monde est protégé. Et il n'y avait aucun hibou, rien.

- Cela ne prend pas ! Trouve plus crédible !

- Si tu savais comme tu m'as manqué Severus. Tous les jours je faisais apparaître une fenêtre pour te voir. Et j'effleurais l'image en imaginant que je pouvais vraiment te toucher.

Severus se rappela alors les nombreuses fois où il avait l'impression qu'une main lui caressait la joue. La magie d'Harry avait du devenir bien plus puissante et elle avait permis de faire passer ses sentiments. Cependant l'ainé était trop aveuglé par ce qui lui semblait être une trahison et il refusait de laisser passer ça. Il n'était pas en état de comprendre.

- Tu n'avais qu'à revenir, tu le pouvais ! Alors ne te fais pas passer pour une victime !

- Mais merde Sev ! Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Mér… Un elfe m'a dit que je pouvais devenir encore plus fort, apprendre de nouvelles choses et que tuer notre ennemi serait bien plus facile. Tu aurais refusé peut-être ?

- On aurait trouvé un autre moyen !

- Ce que tu peux être borné. L'autre moyen ça aurait marché quand ? Dans deux, cinq peut-être même dix ans. Et combien seraient mort entre temps ? Si avec mes deux mois passés chez les elfes je peux en garder plus en vie, même si pour cela je ne devais plus vous voir ni même vous donner de nouvelles, je continue de penser que ça valait le coup.

Severus fixa son interlocuteur sans répondre. Puis une idée commença à émerger et en quelques secondes elle l'obséda :

- C'est un elfe c'est ça…

- Quoi ?

- Tu es tombé amoureux d'une de ces créatures ! Celui qui t'a proposé de rester je suis sûr !

Harry se retint de rire, ce n'était pas le moment. Mais imaginer tomber amoureux de Mérak… y'avait quand même de quoi. Néphrim encore, à la rigueur. Ou Draya, un peu plus jeune et avec des cheveux de la couleur du bois et des yeux d'un très beau vert olive. Cependant cet elfe avait déjà trouvé sa feanésa. Et puis même il n'avait jamais intéressé Harry plus que ça. Aucun elfe d'ailleurs. Bon, il fallait avouer qu'ils étaient vraiment beaux et particulièrement élégants. Par contre ça aussi il allait éviter de le dire, ce ne serait sûrement pas au goût d'une certaine personne.

- Je ne suis tombé amoureux de personne là-bas. Je n'aime et n'aimerai jamais qu'une seule personne et c'est toi.

Les yeux du Serpentard se plissèrent, preuve qu'il doutait fortement de l'affirmation. Cela énerva Harry, bien plus que tout le reste.

- Tu sais quoi ? Pense ce que tu veux ! Interroge-moi sous Véritasérum aussi si tu veux, je te dirais toujours pareil… Moi qui étais juste heureux de te retrouver.

Il soupira et sortit de la chambre sans un regard en arrière. Il ne remarqua donc pas l'air choqué de son amant. Severus se calma et s'avoua qu'il avait peut-être un peu exagéré. Il se sentait toujours un peu trahi mais ne pouvait que comprendre. C'était dans la nature de son Gryffondor d'agir ainsi. Et quelque part c'était pour ça qu'il l'aimait. Ce côté désintéressé et ce dévouement pour le bien commun plutôt que le sien. Severus avait besoin de temps pour accepter qu'il n'ait pas donné de nouvelles, qu'il l'ait considéré comme moins important, par contre il savait que s'il ne rattrapait pas vite son compagnon, il risquait de vraiment le regretter. Il pouvait être très rancunier.

C'était presque la fin de la journée et tout le monde, ou presque, se trouvait au réfectoire. Harry se rendit compte à cet instant qu'en fait il avait faim. Puis il avait besoin de se changer les idées.

Il allait descendre quand il se sentit happé en arrière. Sa magie réagit instinctivement et s'attaqua à la menace. Cependant il reconnut Severus et fit revenir les vagues dans son corps. Le potionniste nicha sa tête dans les mèches brunes.

- Je n'aurais pas du dire ça comme je l'ai fait. Mais essaye de me comprendre aussi. Je t'ai cru mort ! Et c'était… insupportable. Cette incertitude, ce désespoir constant.

- Je suis désolé que ça se soit passé comme ça, répondit Harry.

Sans quitter le refuge des bras de son amour il se retourna et l'embrassa. Il fit passer tout son amour dans ce simple baiser, toute sa joie de l'avoir retrouvé et son envie de rester avec lui.

Quand ils se séparèrent les yeux d'onyx de Severus avaient retrouvé leur éclat naturel. Le tyrannique professeur était de retour et plus en forme que jamais.

XXX

Les deux hommes avaient bien fait de descendre au réfectoire. Et sûrement que quelqu'un serait monté les chercher sinon.

La salle était entièrement décorée avec des banderoles clignotantes « Bon retour Harry Potter », « Bienvenue à la maison » ou encore « Vive le Sauveur ». Toutes de couleur rouge et or. En fait tout était de la couleur Gryffondor. Les elfes de maison avaient fait un travail remarquable. Et quand Harry entra ce fut une explosion de cris, de pétards et de serpentins. Cela le gêna mais il ne fit aucune remarque. Après tout une fête était toujours une bonne idée et permettrait de penser à autre chose au moins pour un temps. Alors tant pis, il ferait avec.

Par contre il fut vite assailli. Et heureusement en fait que la Gazette du Sorcier n'existait plus, sinon il ne verrait plus rien à cause des flashs. Mais bon, les cris de joie c'était toujours agréable.

- HARRY !

- Seam, Dean ! Vous êtes revenus vite !

- Bah vu qu'on était en mission de recherche, en l'occurrence à ta recherche, forcément… Si la jeune princesse à délivrer revient toute seule, le prince ne sert plus à rien.

Harry donna un coup de coude à l'Irlandais qui rigolait de sa propre blague.

- Tu nous dois des explications mon pote !

- Promis mais plus tard. J'ai vraiment pas envie de me répéter vingt fois.

- Rah dur ! En plus je suis sûr que Severus sait déjà lui, grommela Dean.

- Bah oui, pas trop le choix. Sinon il ne me laissait pas sortir de la chambre.

Le professeur de potions qui ne se tenait pas loin fit comme s'il n'avait pas entendu cependant le petit reniflement qu'il émit ne passa pas inaperçu.

Une musique s'éleva du fond de la pièce. Les sorciers s'écartèrent un peu pour laisser la place à quelques danseurs qui se déhanchaient. Dur de deviner dans ces conditions que les temps étaient durs. Harry préféra s'orienter vers le buffet installé de l'autre côté. Il y retrouva Neville. Celui-ci ouvrit les yeux en grand quand il vit le nouveau physique de son ami :

- T'es plus musclé ! Et t'as une puissance magique bien plus importante !

- Tu arrives à voir ça ? s'étonna le brun.

- Bien sûr. Ta démarche, l'éclat dans tes yeux, ton attitude générale. Les autres ne l'ont pas remarqué ?

- Je ne sais pas. En tout cas ils ne me l'ont pas dit.

Neville haussa les épaules signifiant par là que ce n'était sûrement pas important. Il ne vit pas le regard impressionné de son ami.

- Les elfes l'auraient adoré, pensa le Survivant. Je suis persuadé qu'ils auraient parlé des heures entières sur les différentes plantes.

Surtout que là-bas il n'y avait jamais de longs hivers. Soran lui avait expliqué que les plantes étaient suffisamment nourries de magie pour ne pas dépérir. Et les elfes veillaient au grain. Pour le coup Harry se dit qu'il aurait du passer plus de temps avec eux. En apprendre encore plus.

Enfin c'était trop tard à présent.

- Le point positif c'est que tu as plus d'appétit qu'avant, fit de nouveau remarquer Neville.

- Faut bien compenser.

Par contre il n'eut pas le temps de finir son repas, Seamus et Dean ayant eu la bonne idée de l'amener sur la piste de danse. Et s'il y avait bien un domaine où Harry ne progressait absolument pas, hormis les potions peut-être, c'était bien la danse. A peine avait-il posé le pied dans le cercle des danseurs qu'il se retrouva comme figé. Ses membres semblaient trop lourds pour être bougés, alors se mouvoir de manière classe et décontractée était mission impossible. Et impossible aussi de s'en aller, il était cerné. Aidan, Hermione et Neville s'étaient rajoutés au deux premiers comploteurs. Et le pire c'est qu'il pouvait voir Severus et Remus sourirent en le regardant. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'ils se retenaient de se moquer franchement de lui.

Ça allait se payer, foi de Gryffondor !

Quand il put enfin s'échapper, ce fut pour s'écarter le plus possible. Hors de question de recommencer. Un siège apparut et Harry s'y laissa tomber. Si avec ça, il ne venait pas de perdre toute crédibilité devant l'assemblée, c'est qu'il y avait un problème ! Severus le retrouva en quelques secondes :

- Tu ne veux pas rester sur la piste ?

- Haha, même pas en rêve ! Et que plus jamais tu ne m'en parles, c'est clair ?

Le Serpentard eut un simple sourire sadique en guise de réponse. Facile de savoir que ça allait lui servir plus tard.

- Et puis tu ne danses pas non plus, souligna Harry.

- Il n'est pas question de me ridiculiser comme tu viens de le faire.

- Tu ne sais pas danser du tout ?

- Si. La valse. C'était presque obligatoire pour les bals de Noël qui se faisaient avant à Poudlard.

- Oh tant mieux. Tu pourras donc me guider pour la valse que l'on fera le jour de notre mariage.

Le Gryffondor eut le plaisir non dissimulé de voir l'expression plus que surprise de Severus. A croire que son cerveau s'était déconnecté en quelques secondes. Fier de son effet, il se releva, la chaise disparaissant dans le même temps, et s'apprêta à partir. Mais l'ancien professeur l'arrêta en lui tenant le bras :

- Etait-ce une demande en mariage ?

- Absolument pas ! Une simple projection du futur.

C'était officiel, le grand Severus Snape n'avait plus aucun neurone en état de marche. Parce que oui il aimait Harry, couchait avec, refusait de le voir s'éloigner encore une fois… Mais le mariage ? Il n'y avait jamais vraiment pensé en fait. Surtout avec la guerre toujours dehors, tous les soucis qu'ils avaient tous à gérer ici. Par contre l'idée lui plaisait. Savoir qu'il y avait une marque sur son amant disant très clairement « chasse gardée », savoir qu'il serait lié pour la vie au seul homme qu'il aimait vraiment.

Penser à ça lui fit naitre un fin sourire sur ses lèvres. Puis il se rendit compte qu'Harry n'était plus à côté de lui. Il en avait profité pour filer. Mais Severus n'avait pas dit son dernier mot. Il devait encore y réfléchir cependant il était presque certain de faire sa demande à son Gryffondor dès que le Seigneur Noir serait enterré.

De son côté Harry, qui se doutait un peu quel tour prenaient les pensées de son amant, était en train de dire au revoir à ses amis. Il n'en pouvait plus et rêvait surtout de son lit, avec surtout un corps chaud contre lui. Juste avant de partir il se fit la réflexion que les couleurs sur les banderoles n'étaient vraiment pas belles. Au moment où il quitta la pièce toutes les bandes de tissu virèrent du rouge et or à un vert et argent très reconnaissable lui aussi.

Et voilà pour les retrouvailles.

Je n'ai pas voulu insister plus sur les elfes au rique que ça casse le rythme.

Maintenant on retourne à la chasse aux Horcruxes et à la guerre.

A bientôt.