Salut à tous, voici le chapitre 13 ! Quelques petites difficultés d'écriture pour la seconde partie, mais au final ça passe. Je vous laisse voir, et si possible me donner votre opinion :)
Quelques légères modifications dans ce chapitre, rien de conséquent.
Je tient à remercier Rukie-Chan, Shanti-Alayah, Melior, et araaih pour leurs reviews.
Bonne lecture !


Un horrible songe

Elewë galopait à travers les bois, juchée sur Ninqueloté. Les deux amies étaient heureuses de se retrouver, et de partager à nouveau ce moment de complicité. La petite jument allait grand train, slalomant à travers les arbres du Bois Doré. Celui-ci portait à présent bien son nom, car avec l'arrivée du mois d'octobre, les feuilles de platanes et des mellyrn devenaient or et rubis, éblouissantes sous l'éclat du soleil.

Ninqueloté sauta par-dessus un tronc d'arbre, effrayant au passage un couple de lièvres passant par là, et ralentit à l'approche d'une petite clairière où un ruisseau s'écoulait. Elewë mit pied à terre, et laissa la jument s'abreuver. Bien que l'automne s'était installé, une douce chaleur régnait encore, et la jeune Elfe ne résista pas à l'envie de tremper ses pieds dans le courant. La caresse de l'eau était délicieuse, et Elewë se laissa aller, couchée dans les herbes. Ses paupières se firent lourdes, et elle se mit à somnoler.

Lorsqu'elle se réveilla, la nuit était tombée. L'air s'était rafraîchit, et était à présent étouffant. Les pieds de la jeune Elfe étaient glacés, et elle les sortit vivement de l'eau. Se redressant, Elewë chercha du regard Ninqueloté, mais ne l'aperçut pas à travers la chape de brouillard qui commençait à présent à s'installer dans la petite clairière. La noirceur des lieux la prit bientôt à la gorge, et sa respiration se fit plus saccadée, les battements de son cœur plus vifs. Elle se mit debout, et chercha désespérément la petite jument. Rien. Seul le noir et une atmosphère étouffante s'offraient à elle. Elle cria le nom de sa jument, mais seul son propre écho retentit dans la forêt. Elle s'assit sur un rocher, et essaya de fermer les yeux pour calmer son cœur qui tambourinait à présent plus fort qu'un troll jouant des percussions. Un faible rayon de lune effleura sa joue, la rassurant un peu. Elewë essaya de reprendre ses esprits, difficilement, et voulut se repérer dans cette obscurité quasi totale.

Alors qu'elle regardait autour d'elle, elle aperçut une ombre se détacher du couvert de la forêt et courir vers elle. Elewë se redressa, espérant découvrir un visage ami. La silhouette se rapprochant, elle vit qu'il s'agissait d'un homme. Elle écarquilla avec horreur les yeux lorsqu'elle vit que c'était Ragnor(1), qui se ruait à présent vers elle, un éclair meurtrier dans les yeux. Elle voulut crier, mais sa langue resta de plomb. Elle voulut partir en courant, mais ses membres ne lui répondaient plus.

Elewë vit la distance la séparant de l'Homme se réduire à une vitesse beaucoup trop rapide à son goût, et elle essaya à nouveau de s'enfuir. Ses jambes semblaient enfin lui répondre, et elle courut difficilement en direction de l'autre côté de la clairière. Une voix d'outre-tombe parvint alors de derrière elle.

« Tu ne peux t'échapper. Meurtrière ! »

Le sang d'Elewë se glaça, et elle accéléra, complètement paniquée. Elle ne voyait rien, et elle trébucha sur une grosse racine. Alors qu'elle tentait de se relever, une vision d'horreur s'offrit à elle : Ragnor avait maintenant cessé de courir, mais marchait toujours dans sa direction ; une trentaine d'orques pénétraient à présent dans la clairière, leurs grossières épées levées et pointées sur elle. Leurs yeux rouges brillaient d'une soif de vengeance inassouvie, et les créatures marchaient d'un pas déterminé dans sa direction.

Terrifiée, Elewë, toujours à terre, reculait du plus vite qu'elle le pouvait, s'entaillant les mains sur les pierres jonchant le sol. Du sang s'écoulait des coupures, et ses mains lui brûlaient, comme si un poison se déversait dans son corps à travers les ouvertures. Elle fut bientôt stoppée par un immense tronc d'arbre cognant contre son dos. Terrorisée, elle essaya de se relever, mais bientôt les orques et Ragnor avaient fait cercle autour d'elle, lui coupant toute retraite.

C'est à ce moment que la lune choisit de disparaître, et Elewë se retrouva dans le noir complet. Seuls les yeux des orcs brillaient d'un éclat sauvage, et les lames se paraient de reflets bleuâtres, malsains. La jeune Elfe vit s'avancer à nouveau Ragnor.

« Tu vas payer pour ce que tu as fait. Nous réclamons vengeance, et notre souhait sera bientôt exaucé ! »

Sa voix à présent gutturale, comme sortie de l'enfer lui-même, fit trembler Elewë, qui sentit une sueur froide couler entre ses omoplates, le long de son dos. Alors que l'homme s'avançait de quelques pas, elle réussit à émettre un petit cri.

« Crie donc tant que tu le peux, mais personne ne viendra te sauver ! Meurtrière ! »

Ce dernier mot fut accompagné en cœur par tous les orques présents, qui hurlaient leur vengeance.

« Non ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai ... » sa voix se chargea de sanglots, et des larmes coulèrent sur ses joues.

« Chacun de nous a été tué de ta main, tu dois payer pour ton crime ! » reprit Ragnor, continuant de s'avancer vers elle. Un rayon de lune passa, furtif, et Elewë eut le temps de voir un éclat de démence, de rage et de vengeance passer dans les yeux de l'homme.

« Ce n'est pas vrai, ne me tuez pas, je vous en supplie ! »

A présent à quelques pas d'elle, l'homme dégaina son épée, et la pointa sur la poitrine de la jeune Elfe. Un dernier sanglot l'agita, et lorsque Ragnor se mouvât, Elewë vit sa dernière heure arriver. Elle cria alors à pleins poumons.


« Elewë ! Elewë je t'en supplie réveille-toi ! »

La jeune Elfe émergea de son cauchemar, en sueurs, ses cheveux détachés complètement décoiffés et poisseux. Son corps était dégoulinant, et elle se sentait brûlante. Les draps sous son corps, moites, étaient chiffonnés et se détachaient du matelas. Ses vêtements, humides, lui collaient à la peau.

Elewë se redressa tant bien que mal, ses côtes ainsi que son dos se rappelant à son bon souvenir, et à travers sa vision floue, aperçut Lindir, le visage blanc, agenouillé à côté de son matelas. Il demanda d'une voix inquiète.

« Elewë, tu vas bien ? Que s'est-il passé, pourquoi criais-tu à en réveiller les morts ?! »

A en réveiller les morts ... à ces mots les détails de son cauchemar lui revinrent en tête, et Elewë fondit en larme.

« Elewë, réponds-moi je t'en supplie, cela me tue de te voir dans cet état là ... »

La jeune Elfe renifla, essuya ses larmes, et tenta vainement de parler par saccades.

« J'étais ... dans la forêt ... avec Ninqueloté ... et la nuit est tombée ... Ninqueloté avait disparue ... et je me suis retrouvée seule dans le noir ... je paniquais … et … je n'arrivais plus … à … respirer correctement … puis ... »

Encore secouée, la jeune Elfe n'arrivait plus à parler correctement.

« Et que s'est-il passé ensuite ? » lui demanda doucement Lindir

« Après ... Ragnor ... et ... des dizaines ... d'orques ... sont apparus ... et c'était horrible ! ... ils voulaient tous me tuer ... ils me traitaient ... de meurtrière ... je leur ait dit ... que ce n'était ... pas vrai ... mais ils m'ont encerclé ... et puis Ragnor ... s'est approché ... avec son épée ... et ... oh Lindir, il m'a tué ! »

Elewë fondit à nouveau en larmes, de façon incontrôlable, et se rua dans les bras de son ami, qui l'étreignit de toute ses forces. Lindir était profondément sous le choc de ce que venait de lui raconter la Galadhrim, mais il l'a laissa déverser sa terreur et toutes les émotions qui l'avaient profondément bouleversée. Il la berça pendant près de cinq minutes, lui murmurant des paroles réconfortantes, jusqu'à ce qu'enfin le flot de larmes se tarisse et qu'Elewë se décroche de son torse.

Ses yeux étaient bouffis, rouges ; son nez coulait et elle avait des cernes. Lindir posa une main sur son front et vit qu'il était encore brûlant. Ce cauchemar l'avait affectée à un point qu'il n'aurait jamais put imaginer. Qui aurait pu dire que les personnes à qui elle avait ôté la vie reviennent la hanter.

« Là, calme-toi, c'est fini. Ce n'était qu'un cauchemar, personne ne viendra jamais te tuer, je te le promets. Je serais toujours là pour te défendre princesse, personne ne te fera de mal. Tu n'as pas à te reprocher les vies que tu as prises. Tu l'as fait pour aider ton peuple et protéger ceux que tu aimes, Elewë. Maintenant repose-toi, je vais te chercher de quoi te changer, je reviens tout de suite. »

Il se releva, déposa un baiser sur son front, et sortit rapidement de la tente en la refermant derrière lui. La tête lourde, Elewë se rallongea, cala sa tête dans son oreiller trempé, et se rendormit, apaisée.


Elewë se réveilla ce qui lui sembla être quelques minutes plus tard, se sentant légèrement mieux. S'extirpant de ses draps en grimaçant, elle s'assit, et entreprit de refaire le bandage de son dos, un peu de sang ayant suinté de la plaie suturée. Elle s'habilla du mieux qu'elle pu avec les vêtements déposés à ses pieds par Lindir, et après avoir vaguement rattaché ses cheveux rendus poisseux par la nuit qu'elle venait de passer, sortit de la tente. La Galadhrim goûta avec plaisir la caresse du vent sur son visage, chassant les dernières bribes de son mauvais rêve. Elle respira profondément. Voyant quelques Elfes commençant à rassembler leurs affaires, elle entreprit de ranger et démonter sa tête. Après avoir replié lit de camp et draps, et sorti le tout, elle s'affairait à retirer les piquets de la toile cirée lorsqu'une voix retentit derrière elle.

« Besoin d'un peu d'aide ? »

Se retournant, Elewë découvrit qu'il s'agissait de Elrohir. Il semblait remis du combat de la veille, seules des coupures et quelques bleus en attestaient.

« Votre altesse » répondit-elle. Elle voulut le saluer d'une légère inclinaison du buste, mais elle grimaça lorsque son dos s'y refusa.

« Ne vous embarrassez pas ! » l'interrompit-il rapidement. « Essayez de ménager vos blessures, cette fois-ci. » lui suggéra-t-il dans un sourire.

Elewë hocha la tête, avant de lui répondre.

« Et bien, si cela ne vous dérange pas, un peu d'aide ne serait pas de refus » se risqua-t-elle, gênée par sa propre incompétence à seulement ranger une tente.

Il s'approcha alors et entreprit de retirer les piquets, tandis que Elewë essayait de replier le tissu. Ils agirent dans le silence, mais la jeune Elfe sentit qu'il hésitait à parler, comme s'il semblait peser ses mots. Ce n'est qu'une fois qu'ils eurent fini d'empaqueter tente et affaires qu'il se décida enfin.

« Vous sentez-vous bien Elewë ? » demanda-t-il en la fixant. « Enfin, je veux dire, en dehors de vos blessures » ajouta-t-il d'un air compatissant. Elle avait les traits tirés, les yeux cernés, comme si elle n'avait pas dormi depuis quelques jours.

Elewë resta interdite quelques instants, avant de répondre en balbutiant.

« Je … Oui, tout va bien votre altesse, je vous remercie de votre attention … »

« En êtes vous sûre ? » insista-t-il, pas dupe.

« Juste un mauvais rêve, rien dont il ne faille se préoccuper » répondit-elle maladroitement. Elle avait l'impression qu'il était évident qu'elle ne disait pas toute la vérité, et rougit légèrement, gênée.

« Très bien » finit-il par répondre, abandonnant la partie. Si elle n'avait pas assez confiance pour lui confier ce qui la préoccupait, grand bien lui fasse, il voulait juste faire attention au moral de ses troupes. « Prenez garde, le départ est pour bientôt » ajouta-t-il en se retirant, se saisissant au passage des paquetages.

Elewë acquiesça , et elle sourit faiblement lorsqu'elle vit apparaître Lindir au coin d'une des tentes. La réaction de son ami ne se fit pas attendre lorsqu'il vit que le Prince venait de la quitter. Le pur regard noir qu'il lui jeta fut sans équivoque, tout comme celui que lui rendit Elrohir, faisant frissonner Elewë. Pourquoi semblaient-ils se haïr autant ?

Lindir s'avança vers elle, les traits déformés par ce qui semblait être de la colère. Elewë attendit que son ami soit près d'elle, et posa une main sur son bras, dans un geste se voulant apaisant Il était aussi gelé qu'elle était brûlante. Elle lui demanda faiblement :

« Lindir, pourquoi te mets-tu donc dans des états pareils ? Je ne t'ai jamais vu comme cela … »

Son ami tourna vers elle un regard encore lourd de ressentiment, qui s'adoucit lorsqu'il vit la fatigue et la lassitude d'Elewë.

« Tu ne peux comprendre … » dit-il attristé. Il sembla hésiter quelques secondes, avant de reprendre plus joyeusement « Je me suis dit que tu aurais faim, j'ai réussi à te rapporter de quoi grignoter. » Son ton sonnait faux, mais elle ne le releva pas, et saisit avec reconnaissance la pomme et le morceau de pain que lui tendait Lindir.

Levant les yeux, Elewë remarqua que l'aurore était presque terminée, et que le ciel passait d'un rose-orangé à un magnifique bleu clair. La jeune Elfe réalisa qu'elle s'était endormie en fin d'après-midi la veille, et qu'elle venait à peine de se réveiller. Elle avait beaucoup dormi, et pourtant elle se sentait exténuée, complètement vidée par ses horribles songes. Engloutissant rapidement son déjeuner en chemin, Elewë se dirigea vers l'enclos des chevaux,situé à la sortie de la passe, suivie de Lindir. Celui-ci était le siège de beaucoup d'activités, les soldats courant dans un sens puis dans l'autre, préparant leurs montures. La passe résonnait des voix des soldats à présent tous éveillés, affairés à lever le campement le plus vite possible. Lindir se dirigea vers son étalon, et la jeune Elfe s'apprêtait à faire de même lorsqu'elle aperçut alors Orodreth accoudé à l'une des barrières de l'enclos, les yeux rivés sur le ciel.

Elewë s'avançait vers lui lorsqu'une forme indistincte venue des airs se dirigea droit dans sa direction. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'un magnifique oiseau se posait sur le bras d'Orodreth, celui-ci l'accueillant chaudement. En s'approchant, elle vit que c'était un superbe rapace, de petite taille, avec la tête et tout le corps brun-noir, exceptés sa gorge et son ventre, d'un beige moucheté de brun. Le bout de son bec et ses pattes étaient jaunes, et son œil brillait d'un éclat vif, démontrant l'intelligence de l'animal. Orodreth le caressait, lui lissant les plumes, et communiquait avec lui en sindarin. Il s'aperçut de la présence d'Elewë et lui sourit.

« Bonjour Elewë, vous sentez vous mieux ? »

La jeune Elfe fut perplexe quelques instants, se demandant s'il parlait de ses blessures ou de son cauchemar. Gênée qu'il pusse s'agir de la deuxième option, elle préféra comprendre le premier sens. Cependant, alors qu'elle détournait le regard, elle remarqua que quelques Elfes la regardaient avec un petit sourire aux lèvres, l'air amusés. Elle rougit violemment, désespérée d'être ainsi la risée. Orodreth s'en aperçut.

« Oh je suis navré de vous avoir mis mal à l'aise, ce n'était pas mon but ! »

Elle lui répondit, souriant faiblement.

« Ce n'est rien, je suis juste fatiguée. La prochaine fois, j'éviterai de me porter volontaire ... » répondit-elle en riant, puis reporta son regard vers l'oiseau posé sur le poing de l'Elfe, qui frottait sa petite tête contre la sienne. Elle fut attendrie par leur amitié nettement visible. « Il est magnifique, comment se nomme-t-il ? »

Orodreth lui sourit.

« Je vous présente Fileg. (2) C'est un faucon pèlerin, il n'en existe plus que très peu aujourd'hui. Ils sont réputés pour être d'excellents chasseurs. Je l'ai recueilli alors qu'il n'était qu'un petit oisillon, et depuis il ne me quitte plus. »

« Il semble en effet être très attaché à vous. » Elewë allait continuer à parler lorsque le cor pressant les retardataires de se préparer retentit. Elle s'excusa auprès d'Orodreth, et courut harnacher Ninqueloté. Une fois celle-ci prête, elle se rendit compte qu'elle avait complètement oublié le paquet contenant ses affaires. Elle commença à s'agiter, car la colonne allait partir d'un instant à l'autre, lorsqu'elle aperçut Lindir juché sur Nuruhuinë s'avancer vers elle. Il fit un grand sourire, et lui lança son paquetage.

« Heureusement que je suis là pour toi, sinon tu te serais retrouvée habillée de la même façon durant tout le voyage, étourdie que tu es. » fit-il en riant.

Elle allait répliquer lorsque qu'un dernier coup de cor retentit, et que la colonne se mit en marche. Elewë monta en selle rapidement, et dirigea Ninqueloté à côté de l'étalon noir. Alors que les soldats se mettaient en mouvement, la jeune Elfe réalisa qu'elle ne savait rien de ce qui était prévu pour aujourd'hui.

« Lindir, avec … ce que tu sais … je n'ai pas eu le temps de prendre connaissance du trajet. Où est prévu le campement pour ce soir ? »

« Si tout se passe bien nous devrons normalement atteindre Amon Sûl et y passer la nuit. »

Amon Sûl, l'ancienne Tour de Garde de l'Arnor. Avant-poste du Royaume, elle permettait de surveiller la menace ennemie qu'était le développement inquiétant de l'Angmar. Construite par Elendil à son arrivée de Nùmenor, elle contenait l'une des sept Pierres de Vision apportée par celui-ci, les Palantíri. Convoitée durant des années par les trois Royaumes de l'Arnor divisée, cela faisait à présent près de cinq-cent ans qu'elle avait été détruite par l'arrivée du Sorcier d'Angmar, réduite désormais à l'état de couronne de pierre sur la vieille colline où elle dominait autrefois, ruine du prestige et de la gloire passés.

Alors qu'elle attachait ses affaires à sa selle en y songeant, elle réalisa à quel point Lindir était prévoyant et présent pour elle, et elle se sentit honteuse de lui rendre si peu en retour.

« Tu m'as tellement aidée ces derniers temps, je ne sais comment t'être redevable. Tu es toujours là pour moi, et je ne fais que t'attirer que des ennuis. Je ne sais vraiment pas ce que je ferais sans toi. » lui dit-elle, un sourire sincère sur son visage.

Elewë vit son ami tressaillir légèrement, un sentiment étrange passant furtivement sur son visage, qu'elle n'eut le temps de décrypter, avant qu'il ne reprenne son air habituel.

« Je te l'ai dit princesse, je serais toujours là pour t'aider et te défendre, tant que tu voudras bien de moi à tes côtés. Tu ne m'es redevable de rien. »

Elewë leva les yeux au ciel.

« Pour quelle raison ne voudrais-je plus de toi, tu es mon meilleur ami, et je compte bien que cela reste ainsi pendant encore une petite éternité. » dit-elle d'une voix qui se voulait complice.

La jeune Elfe ne vit pas le léger soupir que poussa son ami, ni le regard étrange qu'il lui jeta. Elle était repartie dans ses pensées, consacrées exclusivement à la crainte de faire à nouveau le songe horrible qu'il l'avait assailli cette nuit. Elle espéra de toute ses forces que cela ne se reproduirait plus, et que le reste du trajet se ferait le plus normalement possible …


(1) Pour ceux l'ayant oublié, Ragnor est un des hommes de mains du colosse elfique qu'Elewë a du tuer en s'échappant des sous-terrains ;)
(2) « petit oiseau » en sindarin


Et voilà ! Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? :)
J'ai eu beaucoup de doutes sur la seconde partie dont je ne suis pas entièrement satisfaite, et surtout sur le fait de savoir si je ne tombe pas dans le cliché dans la relation Elewë/Lindir.
Bref, j'espère réussir à écrire le prochain chapitre d'ici la semaine prochaine, je pense que ça devrait le faire :)
Voilà, si vous avez aimé n'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir.

A la prochaine ! :D

Mimi :)