Chapitre 13 : Ça ne répond pas à ma question

J'aurai peut être du aller voir Sirius avant d'aller manger -ah-, mais j'ai cru qu'il était dans la grande salle et il y avait du poulet alors j'ai jugé plus sûr de manger tout de suite avant qu'il n'y en ait -argh- plus. Au moins j'aurai croisé James et il m'a conseillé d'attendre dans leur... « serre blanche ». Drôle de surnom tout de même. Entre ça et « Maraudeurs », ils adorent changer les noms des choses ou -hic- quoi ? Donc j'y attends Sirius.

-Hic !

Je déteste avoir le hoquet, surtout qu'il faut toujours que ce soit très violent au point de me faire mal. Qu'importe. J'espère que Sirius va finir par venir. Je sais ce que je dois lui dire, c'est d'ailleurs étonnant que tout soit si devenu si clair dans ma tête aussi rapidement. La véritable question est : va-t-il accepter de m'écouter et me pardonner pour mes mensonges ? -Hips- Et comment arriver à lui dire tout ça ?

Je m'assois sur le sol abîmé en soupirant : je veux le voir, même si ce n'est pas exactement pour la même raison qu'autrefois. Je veux qu'il soit là, qu'on se parle et qu'on rit ensemble, avec tous les autres. Comme av...

-Hic ! Marre de ce hoquet ! je râle toute seule à voix haute.

-Tu as encore mangé trop vite ? me fait une voix derrière moi.

Je me retourne en sursautant, autant à cause de mon hoquet que par la surprise : Sirius est là, il vient de rentrer mais ce qui m'a choquée, c'est la tendresse dans sa voix. Peut-être de la tristesse mais je n'ai jamais entendu une telle douceur chez lui. Il s'assied à côté de moi sur le sol, grattant un peu le parquet déjà miteux de ses doigts.

Je l'observe un petit moment puis souris : je ne sais pas quand exactement tout cela a changé en moi, je ne sais pas ce qu'il en pensera, je ne sais rien de ce que nous réserve l'avenir et je ne cherche plus à le manipuler mais désormais, je sais ce que je dois dire exactement. Je dois juste lui ouvrir mon coeur.

-Je t'aime.

Il me jette un regard un peu surpris et perplexe.

-Désolée mais c'est la première chose qu'il fallait que je mette au clair, Sirius, je t'aime, ça c'est une vérité...

-Lynna, je..., commence-t-il avec douleur et gêne. Je ne pense pas que ce soit le moment de...

-Sauf que cette fois encore, tu ne pourras pas me mettre de râteau, je le coupe, avec un immense sourire.

Il me regarde, inquiet : la dernière fois que j'ai fait ça, nous avons tous été entraîné dans une histoire particulièrement biscornue, voir même un peu folle il faut avouer.

-Je t'aime car... Pour moi, tu es mon frère.

Maintenant je lui ai fait peur. C'est amusant je dois dire, mais j'espère que je ne le dégoûte pas. Il a l'air désorienté désormais, mais au fur et à mesure, son expression devient plus curieuse que outrée.

-Pardon ? demande-t-il avec politesse et crainte.

-Je ne suis plus amoureuse de toi comme la... La dernière fois. C'est fini. Notre contrat n'a plus de sens dorénavant.

-Tu veux dire, murmure-t-il lentement, qu'on ne sera plus comme avant ?

On se regarde : c'était quoi avant, au fond ? Bon, c'est moi qui ait emporté tout le monde dans cette loufoquerie, c'est à moi de tout expliquer et de tout ranger, tant pis pour mon honneur et mes secrets.

-Je pense que si, on reste ami, on continuera de se raconter nos histoires mais...Cette fois ce sera pour de vrai !

-C'était pas pour de vrai avant ? rigole-t-il doucement en levant un sourcil.

-Ben, pas vraiment -je prend une immense inspiration pour enfin dévoiler la vérité au premier concerné- j'étais censée te séduire puis refaire ma demande et sortir avec toi. Désormais, je serai réellement et tout simplement ton amie.

-Encore heureux, réplique-t-il, m'arrachant un sourire. C'est Remus qui t'a permis de te rendre compte de ça ?

-Pas spécialement Remus, je dirai plutôt que c'est l'événement de l'autre jour qui a tout chamboulé, j'étais réellement amoureuse de toi au début, et ça a longtemps continué mais au fur et à mesure, Remus s'est incrusté dans mon plan avec Lily, James, Peter et j'ai fini par... Mes sentiment pour toi ont finis par se changer par la présence continue d'autres personnes.

Sirius et moi portons désormais sur nos joues les couleurs de notre maison. Hourra ! Soudain, il relève la tête avec détermination.

-Remus était au courant de ton plan ? En gros, il n'y a que moi qui ai respecté le contrat.

-Oui... D'ailleurs, pour toi, rien ne change, ce sera à nous de nous remettre dans le droit chemin

- « Nous » ?

-Ben, toute les personnes qui ont été en contact avec mon projet. J'en aurai embarqué du monde dans cette histoire : Lily, Remus, Sue… Je m'en veux un peu pour eux. Et pour toi, car ils ont rejeté la faute alors que j'étais…

-La plus bête d'entre nous.

Je lui jette un regard noir.

-Je n'aurai pas dit ça ainsi !

-La plus méchante !

-C'est pas gentil de me dire ça...

-Non, vous étiez juste trop coincés dans vos histoires d'amour à l'eau de rose.

Je lui tire la langue puis pousse un gros soupir tandis qu'il me rapproche de lui en m'encerclant les épaules de son bras en déclarant « donc maintenant, on est frère et sœur ! ». Je repose ma tête contre son torse puis, je l'entend chuchoter, gêné :

-Alors... Qu'a dit Remus ?

-À quel propos ? Je demande, encore plus gênée que lui.

-Du fait que j'ai trahit son secret.

Il me regarde, inquiet au possible, tandis que je dois avoir des yeux aussi rond que des bavboules, puis je me mets à rougir, tournant la tête pour fuir son regard et fixer le sol.

-Ben en fait on n'a pas abordé ce sujet. Je n'y ai pas pensé. On ne parle pas que de toi, monsieur le nombriliste.

Je lui jette un coup d'œil pour voir sa réaction : il me regarde, la bouche entrouverte, l'expression ahurie et en guise de punition me tire doucement une mèche de cheveux. Je me débat pour me libérer de cette emprise assez désagréable.

-Mais vous avez parlé de quoi alors ?!

-Ben... De lui, de moi et de vêtements -cherche pas à comprendre, je lui lance face à son regard étonné. Puis je suis partie pour te retrouver et le laisser se reposer.

-Au moins il doit être heureux qu'une aussi jolie femme que Pomfresh prenne soin de lui

J'acquiesce, je maintiens que Pomfresh est la meilleure ! Surtout pour faire repousser les cheveux

-Elle est tout de même super mignonne, continue-t-il.

Brusquement, un éclair de compréhension surgit dans mon esprit.

-Ah ! Alors ce serait pour ça qu'il ban...

Sirius me jette un regard diabolique, un sourire immense étalé sur le visage et me rapproche de lui encore un peu plus tandis que je plaque ma main sur ma bouche.

-Qu'il quoi ? susurre-t-il, tentant visiblement de refréner son vie d'exploser de rire et hurler dans toute l'école.

-Ben quand je l'ai pris dans mes bras il... Mais ce ne sont pas tes affaires ! je fini par m'exclamer tout en rigolant.

-Roooh ! Ça sert à ça les amis !

-Non, les amis ça sert à...

J'ai un blanc : les amis... ça ne sert pas à conserver des cachotteries, on n'est pas des journaux intimes ou des détenteur du secret, ça ne sert pas à vous aider à foncer sur l'homme que vous aimez ou dans des plans foireux... Ça n'est pas là pour vous guider, ni pour vous conseiller. Ni même pour vous venger.

-LES AMIS CA SERT A RIEN ! je m'exclame en levant le poing.

-Merci... C'est très gentil de ta part, mais ce n'est pas parce que c'est ton cas que c'est une généralité, me jette mon nouveau, ou peut-être pas si nouveau que ça, frère. Selon moi, les amis, ça sert à être présent, d'une manière ou d'une autre, juste participer à notre vie...

-Oh, que c'est mignon, je me moque.

-Et à se laisser tripoter !

Je n'ai pas le temps de réagir qu'il m'a déjà renversé et qu'il me chatouille. C'est idiot, je sais au fond de moi que c'est juste un moyen de toucher un corps du sexe opposé, qu'en tant qu'adolescent plein d'hormones, on ne pense qu'à ça mais... Je joue à son jeu en rigolant, en me débattant.

Soudain il s'arrête. J'ouvre les yeux : l'aurai-je frappé sans le vouloir ?

Il me fixe, d'un regard insondable mais pas inquiétant, comme si il regardait quelque chose de nouveau...

Puis il approche son visage du mien, je sens son odeur qui oscille entre la douceur enfantine et la transpiration étouffante d'adulte, ses cheveux commence à frôler mes joues et je vois ses lèvres réduire lentement la distance qui nous sépare, et il pose un léger baiser sur mon front.

Je rougis immédiatement tandis qu'il s'éloigne maladroitement, lui aussi écarlate. J'aime bien le voir gêné. J'attrape violemment son visage pour lui embrasser la joue. On se regarde et nous pouffons timidement. Ça me fait bizarre que tout devienne si simple...Mais je suis si heureuse...

...Si heureux de pouvoir être moi-même sans rien avoir à craindre, de savoir que tout s'arrange finalement, malgré nos erreurs. Que nous devenons enfin ce que nous voulions être : proches.

Heureux de pouvoir être avec elle sans rien avoir à donner en retour... Ou plutôt sans me forcer ou l'opprimer. Je sais que certains ne seront pas spécialement d'accord avec ma décision, Pauline en premier lieu et c'est bien la seule pour qui c'est légitime. Je lui ferai mes plus plates excuses en publique si il le faut -Evans a raison, il faut que je prenne mes responsabilités- mais Lynna est bien trop importante pour moi. Voir un peu trop, mais ça ne me gêne pas plus que ça.

-Hey, ça fait combien de temps que j'ai perdu mon hoquet ?

Je me penche à nouveau sur elle et la prend dans mes bras.

-Je t'aime aussi.

-Ça ne répond pas à ma question ! sourit-elle en mettant ses bras autour de moi à son tour.

La voir ainsi me rend heureux, quand elle affiche un tel sourire, on a l'impression qu'elle rayonne... En est-elle consciente ? Elle fait partir toutes mes inquiétudes et mes doutes.

Tant de bonheur, si simplement, si naturellement.

-D'ailleurs ! Tu sais quoi ? Ma cousine a enfin accouché !

-Je ne vois pas du tout le lien avec notre discussion... Peut-être avec notre position, réplique-t-elle en prenant un air songeur qui nous fait éclater de rire. Ravie pour elle en tout cas, elle va bien ?

-Oui, je crois, en tout cas le bébé est une fille ! Et c'est pas ça le mieux, elle est née avec les cheveux vert.

-Oh... Je comprends pourquoi tu as quitté ta famille désormais, mon pauvre Sirius.

Je prend un air méprisant puis me remet à la chatouiller en guise de punition.

Finalement, nous restons dans la serre blanche jusqu'au soir où James, Peter et Remus nous rejoignent grâce à la carte des Maraudeurs enfin achevée. James semble déçu de ne pas nous surprendre en plein ébat, dommage pour lui.

-Au moins il y aura eu une avancée grâce à vos disputes, déclare mon meilleur ami.

-Quoi donc ? demandons-nous en choeur.

-J'ai pu avoir de charmantes discussions avec Lily ! Vous devriez vous disputer plus souvent.

-C'est prévu : mardi prochain ça te convient ?

-Ah, dommage, j'ai Quidditch. N'empêche que je me demande pourquoi elle est si souvent en colère contre moi quand tout va bien. Je suis pourtant l'homme parfait, finit-il par plaisanter.

-Elle a des préjugés sur toi, réponds Remus, calmement.

-Et pour nous, l'homme parfait est un homme mystérieux, courtois et qui cherche plus à nous connaître que se faire connaître, lance Lynna avec un clin d'oeil.

-Dumbledore en résumé, je déclare, provoquant quelque ricanements.

Peu de temps après, nous nous levons finalement pour rejoindre nos dortoir. Lynna disparaît dans les escaliers menant aux chambres des filles tandis que James regarde l'endroit par où elle s'est faufilée en murmurant :

-Mystérieux et courtois...

J'allais lui demander quel était le problème quand la voix de Peter éclate et me fait oublier ma question.

-SIRIUS !

-Il a enfin découvert que j'avais mis ses livres dans les toilettes ? Je murmure, un sourire méchant sur les lèvres.

-Pourquoi avoir fait ça ? me demande James. Tu sais qu'il les as cherché toute la journée ?

-J'étais triste et je devais me distraire, dis-je en tentant de prendre une expression penaude.

-Fais gaffe, il finira par te faire payer.

Je rigole légèrement avant de monter à mon tour les escaliers en colimaçons.