Salut ! Désolé pour avoir mis si longtemps avant de poster ce chapitre. Cette semaine a été ... Folle ? Je trouve pas d'autres mots. Et pas dans le bon sens ! Alors bref, voilà le nouveau chapitre ! En espérant que je mettrais moins d'une semaine pour poster la suite ! ;)
ga drctnr pttrhd : Déjà, merci pour m'avoir donné ton avis ! Et désolé de ne pas avoir été à la hauteur pour le coup ! Je dois avouer être assez d'accord avec toi sur la rapidité des événements. J'ai beaucoup modifié ce chapitre depuis la première écriture. J'ai même ajouté la discussion de James et de Sirius juste avant de poster le chapitre. Et je pense que ça s'est ressenti malheureusement. À mes yeux, la blague de Sirius est un vrai mélange entre son impulsivité, son insouciance totale (il n'a que seize ans, mine de rien), son inquiétude pour son frère et le fait qu'il voit Rogue comme un des responsables de toutes ses emmerdes. Pour ce qui est des réactions ... Sirius est très fier et je pense qu'il a du mal à avouer ses erreurs, à s'excuser, même s'il se sait responsable. Il appartient à la Noble Maison des Black en plus et son éducation a bien du laisser des traces au niveau de sa fierté. D'autant plus lorsque la personne qui subit les conséquences se trouve être Rogue. Mais il éprouve clairement du remord et plutôt que de se montrer bouleversé, de se répandre en excuses, il préfère les petites attentions pour se rattraper et forcément, c'est long. James, quant à lui ... Je l'imagine un peu plus responsable que Sirius (de peu, cela dit) et ça se voit dans le fait qu'il intervient pour arrêter Rogue. Mais je crois aussi qu'il sait que Sirius se sent déjà coupable et il n'a pas forcément envie d'en rajouter une couche. James et Sirius, j'ai du mal à les voir se disputer vraiment. Ils sont un peu trop sur la même longueur d'ondes pour ça. Après tout, en grandissant, Sirius dit bien à quel point lui et James ont pu être des petits cons arrogants parfois et que comme le bon vin, ils ont mûri avec l'âge. Mais James pense aussi que Remus va massacrer Sirius quand il l'apprendra et il lui en laisse la primeur ;) Enfin, c'est un avis parmi tant d'autres ! Et je comprends que ça ne corresponde pas vraiment à ta vision à toi ! En tout cas, j'espère que ça ne te bloquera pas, que tu oublieras ta déception et que la suite te plaira mieux !
Danaud64 : Je partage ton avis pour Sirius. Pour le moment, il est perdu, il a une vie plutôt instable alors il réagit comme il peut et je pense que le gars a vraiment besoin de grandir. Mais promis, ça va s'arranger dans les mois/années à venir ! Il va s'en prendre des paires de claques (Peut-être pas littéralement, mais métaphoriquement c'est sûr !) ! Ah, ah, et ne doute pas que le grand James Potter est très puissant ! Non mais en vrai, c'est juste le seul sort que j'ai trouvé pour fermer des portes, qu'un étudiant de 6ème année doit pas en connaître beaucoup d'autres et que Hermione l'utilise dans HP5 pour se protéger des mangemorts au département des Mystères (et que si Hermione l'utilise, c'est que ça doit être top !). Oh et puis, McGo est passée derrière James. On peut imaginer qu'elle a renforcé tout ça ! J'te remercie toujours de donner ton avis, en tout cas ! À très vite ! Oh ! Et oui, 19 ans ... Ça fait peur ! Mais t'as raison : Même à 80 ans, on sera toujours potterheads. (PS : Je veux être enterrée avec ma baguette *out*)
Chapitre 14 : Des mots qui soignent
Date : Lundi 6 décembre 1976 – POV Remus
Cette nuit de pleine lune avait été éprouvante et au réveil, Remus se souvenait encore d'avoir aperçu Rogue et James la nuit passée. Mais il se rappelait aussi de n'avoir vu ni le cerf, ni le chien, ni le rat pendant la nuit. Quelque chose s'était mal passé, semblait-il. En plus des courbatures et des morsures qu'il s'était infligé à lui-même, un malaise profond s'immisça en lui. Et si Rogue savait ? Devait-il s'attendre à un désastre ? Remus avait commencé par inspecter la Cabane Hurlante et le tunnel qui menait à la sortie, à la recherche du moindre indice. D'abord soulagé de ne voir aucun corps et aucune trace de sang, il continua pourtant à s'inquiéter comme rarement. Et si toute l'école avait été mise au courant ? Ce serait la fin de tout espoir pour lui. Il ne pourrait pas poursuivre ses études. Outre le fait qu'il puisse un jour tuer quelqu'un, devoir arrêter ses études constituait l'un de ses pires cauchemars. Le jeune homme fut pris de sueurs froides, sentant son cœur s'accélérer. À côté de ces inquiétudes, ni la douleur physique ni la fatigue n'avaient d'importance. Il entreprit de quitter la Cabane Hurlante, ressentant l'urgence de parler à quelqu'un. Mme Pomfresh, peut-être ? De toute façon, il fallait qu'il passe par l'infirmerie avant d'aller rejoindre les autres. Il saurait donc bien vite ce qu'il s'était passé. Dumbledore l'y attendrait peut-être pour le ramener chez lui. Le cœur lourd comme un rocher, il fit le chemin vers l'école, ne sentant même pas la brume froide qui lui tombait sur les épaules.
« Comment vous sentez-vous ? », lui demanda Mme Pomfresh en le faisant asseoir sur un lit de l'infirmerie.
« Ça va », marmonna le jeune garçon, en essayant de repérer un élément qui pourrait éclairer ses soupçons.
Mais rien. Rien n'avait changé. L'infirmière de Poudlard n'avait pas changé de regard à son égard. Comme toujours, elle lui proposa de rester se reposer pour la journée. Comme souvent, Remus lui répondit qu'il préférait aller en cours et que si ça n'allait pas, il saurait trouver le chemin de son dortoir. Une fois qu'elle eut fini de soigner ses plaies, elle ne l'en empêcha pas. Impossible donc qu'il se soit passé quelque chose de vraiment grave … Remus n'y comprenait rien mais James serait sans doute capable de lui expliquer. Il était l'heure de la pause quand Remus entreprit de traverser le premier étage pour se rendre en classe de défense contre les forces du mal et il put remarquer que le regard des autres élèves n'avait absolument pas changé non plus. Rien ne laissait présager de drame et petit à petit, le cœur de Remus s'allégea un peu.
Enfin, il aperçut James, Sirius et Peter, adossés à un mur près de la classe et les rejoignit en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire.
« Lunard ?! », s'exclama James, en s'approchant de lui. « Comment ça va ? On ne pensait pas te voir ce matin ! »
« J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé hier soir », murmura le jeune Lupin, avec une certaine urgence dans la voix.
Sirius baissa la tête, en grimaçant, et entreprit de gratter le sol avec son pied. Sa gêne était si exagérée que l'on aurait pu croire à un sketch humoristique. Peter semblait vouloir se faire le plus petit possible, ce qui n'était pas si difficile, et James soupira, en vérifiant qu'il n'y avait pas d'oreilles indiscrètes autour d'eux.
« Pour commencer, ne t'inquiètes pas. Tout va bien pour tout le monde et tu n'auras pas de problème du tout », commença Cornedrue, les mains en avant comme s'il cherchait à apaiser Remus, ce qui eut en fait l'effet opposé.
« De quoi tu parles ? », le pressa-t-il.
« Disons que … Rogue sait tout. Il t'a vu avec Pomfresh hier soir. Il s'en ait vanté et pour se venger, Sirius a voulu lui faire une … Sorte de blague. »
Le regard de Remus sauta de James à Sirius en un millième de seconde. Celui-ci lui adressa un regard en haussant les épaules, pour bien montrer à quel point il était incompris. Remus, lui, n'avait pas encore intégré toute l'information.
« Quoi ? », demanda le jeune loup, d'une voix étranglée.
« Il lui a expliqué comment entrer dans le tunnel et évidemment, cet idiot n'a pas hésité. Je suppose que tu nous as vu à ce moment-là ? », demanda James, avec douceur.
« James est arrivé juste à temps pour empêcher Servilus d'aller plus loin et pour refermer la porte », poursuivit Peter, qui couinait d'une voix débordante d'admiration pour son ami. « Finalement, tout s'est bien fini et Dumbledore a interdit à Rogue d'en parler à qui que ce soit ! »
Remus était complètement atterré par ce qu'il apprenait et ne put lâcher Sirius des yeux. Il avait la douloureuse impression d'avoir été trahi.
« Tu … Tu te rends compte de ce qui aurait pu arriver ? », demanda Lupin, qui n'avait plus de souffle.
« C'était juste une blague », se défendit Sirius, en haussant un peu le ton. « Je pensais même pas qu'il serait assez idiot pour y aller vraiment ! »
« Mais … T'aurais du y penser, Sirius. T'es … Et si je l'avais blessé, ou même pire ? Et si j'avais tué James ? T'es ... Je … Je te comprends pas ! »
« Non mais, c'est pas arrivé ! »
« Peu importe ! Je n'ai aucune envie de devenir l'objet d'une de tes stupides blagues, bordel ! », s'écria Remus, tandis que la porte de la classe s'ouvrait.
O'Donnell réclama le silence et s'écarta pour laisser passer les Serdaigles et les Gryffondors de sixième année. Peter haussa les épaules et partit dans l'autre sens, n'ayant pas été accepté en défense contre les forces du mal pour les ASPIC. Le jeune Lupin soupira et entra dans la salle qui avait été débarrassé de ses tables et ses chaises. Les élèves se placèrent autour du professeur qui rappela quelques principes concernant les sortilèges informulés. Après la théorie, le cours serait donc pratique et Remus regretta de ne pas être resté à l'infirmerie. Il ressentait douloureusement chaque partie de son corps et les muscles de ses bras étaient si courbaturés qu'ils l'empêchaient de les lever plus haut que ses hanches. De plus, il aurait bien voulu mettre le plus de distance possible entre lui et Sirius, qui ne semblait pas comprendre pourquoi tout le monde lui remontait les bretelles de la sorte. Il n'y avait vraiment que lui et Queudver pour trouver ça drôle … Remus, lui, en avait encore le souffle coupé.
En binôme, chaque élève devait donc s'entraîner aux sortilèges informulés et le cours commença par beaucoup de grognements et de visages rougis par l'effort. Les premiers à réussir l'exercice furent bien entendu James et Sirius. Ils avaient tous les deux déjà expérimentés ce genre de sorts, les trouvant particulièrement intéressants dans les duels pour prendre leurs victimes par surprise. Bien sûr, ils manquaient d'expérience mais ne mirent pas plus d'une demi-heure pour maîtriser la question de façon parfaite, s'attirant les regards admiratifs des autres élèves. Pour Remus, c'était une autre paire de manche. Il faisait équipe avec Althaïs, la petite Serdaigle blonde. La jeune fille réussit à désarmer Remus au bout de quelques essais, mais pour lui, rien n'aboutissait. Les sortilèges informulés exigeaient une concentration intense, ce dont le jeune homme ne se sentait vraiment pas capable après avoir appris les événements de la veille. Mais O'Donnell était loin de penser la même chose que lui …
« Vous n'essayez même pas », asséna-t-il, après avoir regardé quelques-uns de ses essais face à Althaïs.
Malgré qu'il sache très bien à quoi il devait s'attendre, Remus se garda de toute réaction et laissa le professeur prendre la place de sa binôme.
« Bien. Je vais essayer de vous désarmer et vous lancerez un sort de protection, c'est bien compris ? », demanda le grand homme.
Le jeune Lupin acquiesça sans grande conviction. Il n'était même pas sûr de voir bien clair. Et le calvaire commença. Sa baguette vola dans la pièce et Remus dut aller la chercher une première fois. Les fois suivantes ne furent pas plus glorieuses. Il n'arrivait ni à fixer sa concentration, ni à trouver une once de rapidité dans ses gestes.
« Connaissez-vous au moins le sortilège de protection, Monsieur Lupin ? Ça m'étonnerait que vous ayez réussi à avoir ne serait-ce qu'un P à votre BUSE avec un niveau pareil. »
« Bien sûr que je le connais », marmonna Remus.
« Pardon ? Je ne vous ai pas entendu », fit O'Donnell, qui semblait prendre un malin plaisir à le tourmenter.
« Je connais le sort de protection ! », répliqua le jeune homme après s'être éclairci la voix.
Il regretta tout de suite d'avoir parlé si fort. Il y avait déjà Althaïs qui le regardait mais désormais, c'était l'ensemble de la classe. Remus n'avait plus qu'une seule envie : disparaître. Mais O'Donnell n'avait manifestement pas la même idée et il continua à exiger de son élève un effort supplémentaire. Remus sentait ses jambes trembler, alors il s'accrocha plus fortement à sa baguette. C'était sûrement inutile, cela dit. Les minutes passaient et le professeur ne le lâchait pas.
« Je suis certain que vous en êtes capable, Lupin », assurait-il, avant de tenter une nouvelle charge.
Remus blanchissait à vue d'œil et en se redressant lentement après avoir ramassé une nouvelle fois sa baguette sur le sol, il croisa le regard de James, impuissant. Une nouvelle attaque du professeur le fit chanceler. S'il ne s'arrêtait pas, Remus allait tourner de l'œil, c'était certain.
« Peut-être que l'on pourrait … », commença la voix d'Althaïs.
« S'il vous plaît, Miss Jugson. Ne nous interrompez pas », déclara sèchement O'Donnell.
Remus croisa d'abord le regard de la jeune fille, il était doux et bleu. Puis ce fut le regard plus sombre du professeur O'Donnell qu'il rencontra. Gris, sévère, froid. Que lui voulait-il ? Pourquoi s'acharnait-il comme ça ? Remus avait l'impression d'être une proie face à son bourreau. Un bourreau qui allait très certainement l'achever dès la prochaine attaque. Peut-être ne savait-il pas que nous étions un lendemain de pleine lune ? Tous les professeurs étaient pourtant au courant de la situation du jeune homme.
Tout à coup, tout le monde sursauta en entendant un grand bruit de verre brisé. Pas moins de trois encriers posés sur le bureau du professeur O'Donnell venaient d'exploser, projetant tout leur contenu dans la pièce et sur les élèves les plus proches.
« QUI A FAIT CA ?! », hurla le professeur, qui abaissa rapidement sa baguette.
Évidemment, personne ne se dénonça. Mais mieux encore, au milieu du silence qui s'installait, la cloche se mit à sonner, annonçant la pause de midi. Remus sentit un poids en moins sur ses épaules, ayant enfin la possibilité d'aller s'effondrer sur son lit. Mais il faisait toujours aussi chaud, à en devenir presque étouffant. Tandis que tout le monde continuait à s'observer du coin de l'œil, attendant que le professeur donne le signal pour sortir de la classe, Althaïs fit un pas pour s'approcher de Remus.
« Ça va ? », demanda-t-elle, dans un murmure.
Le jeune homme baissa les yeux sur elle, sur cette jeune fille qui lui paraissait véritablement inquiète pour lui, et il se sentit chanceler. Il cligna des yeux à plusieurs reprises, tandis que le sol semblait se dérober petit à petit sous ses pieds. Au loin, il entendit O'Donnell menacer le coupable inconnu une dernière fois avant d'autoriser tout le monde à partir. Dans le chahut naissant, Althaïs adressa un regard suppliant à James et Sirius, en voyant que Remus semblait sur le point de s'évanouir. Les deux garçons se précipitèrent près de leur ami, glissant un bras autour de sa taille pour le soutenir.
« Ça va, les gars, ça va bien », souffla Remus, en essayant de se concentrer pour tenir sur ses jambes.
« Vas-y, on s'occupe de lui », fit James à Althaïs, qui ne voulait pas trop attirer l'attention.
Le plus discrètement possible, James et Sirius aidèrent Remus à sortir de la salle et tandis que tout le monde se dirigeait vers la Grande Salle, les trois maraudeurs se débrouillèrent comme ils purent pour monter jusqu'à la tour de Gryffondor. Remus tomba sur le lit et laissa ses amis lui retirer ses chaussures. Tout son corps lui faisait mal et l'espace d'un instant, il se demanda s'il arriverait à dormir. Pourtant, il ne mit pas bien longtemps à fermer les yeux.
Remus passa le reste de la journée au lit et se leva tôt le mardi. N'ayant profité d'aucune potion, il se sentait presque aussi mal que la veille. Mais il voulait se lever, absolument. Il éprouvait un tel sentiment de trahison à l'égard de Sirius, que le savoir à côté lui donnait presque la nausée. Malheureusement, Remus se leva trop vite, un vertige le prenant instantanément.
« Comment ça va ce matin ? », demanda James, qui jouait avec son Vif d'Or assis contre sa tête de lit.
« C'est pas extraordinaire … », murmura Remus, qui avait mal à la gorge.
« Ça, c'est parce que t'as rien mangé ! », lui répondit-il, avec un sourire optimiste accroché aux lèvres. « Si ma mère avait été à Poudlard, crois-moi qu'elle serait venue te réveiller hier soir et t'aurais du aller manger de gré ou de force. »
« Peut-être. On va manger alors ? »
« Maintenant ? », demanda James, qui jeta un œil à Peter et Sirius encore endormis. « On les attend pas ? »
« Tu peux, mais moi je préfère pas. »
« Il est désolé, tu sais », déclara Cornedrue, l'air ennuyé. « Tu sais comment il est. Il réfléchit toujours après. »
« Moi aussi, je suis désolé. Mais ça change rien à la situation », soupira Remus qui quitta le dortoir pour éviter une conversation qu'il ne souhaitait vraiment pas tenir.
Dix minutes après, lui et James s'asseyaient dans la Grande Salle. Et malheureusement, un quart d'heure plus tard, Remus rejetait tout son petit-déjeuner dans les toilettes. Assis sur le carrelage, il leva ses yeux fatigués vers James qui lui tendait un verre d'eau.
« Tu veux pas aller à l'infirmerie ? »
Toute la semaine, ce fut sans doute la question que les maraudeurs lui posèrent le plus. Et ce fut toujours un refus qu'ils obtinrent en retour. Remus accepta de retourner au lit ce mardi-là, mais ce fut la seule journée qu'il s'autorisa à manquer. Le lendemain, il s'endormit en sortilèges et en métamorphose, mais par chance, McGonagall et Flitwick furent particulièrement tolérants. Il oublia la moitié de ses devoirs et ne put avaler qu'un repas sur deux. Il fut également convoqué chez Albus Dumbledore, qui comptait bien lui parler de la « blague » de Sirius. Remus passa une bonne partie de la rencontre à s'excuser, répétant qu'il ne savait rien des plans de son ami, que jamais il n'aurait couru le risque de blesser quelqu'un. En vain, puisque le directeur semblait n'avoir même jamais imaginer que Remus puisse être responsable. Sans qu'il n'y ait aucune nouveauté dans l'histoire, Dumbledore l'informa du ressentiment de Rogue à son égard. Malgré l'intervention du directeur, le serpentard s'avérait complètement buté, ne croyant pas en l'innocence de Remus. Cependant, il le rassura sur le fait que son secret serait toujours bien gardé et que Rogue n'aurait désormais aucun intérêt à le révéler, si ce n'était de risquer l'expulsion. Sirius, quant à lui, avait écopé d'un mois entier de retenue et apparemment, Dumbledore avait perdu une once de son calme légendaire avec lui. Tant mieux, avait pensé Remus, à contrecoeur.
Ce fut avec un grand soulagement que le jeune Lupin accueillit le week-end. Rester au lit jusqu'au repas de midi fut salvateur et les vertiges disparurent enfin. Il n'avait pas reparlé à Sirius depuis plusieurs jours et cette situation devenait compliquée à gérer entre les maraudeurs. James cherchait par tous les moyens d'excuser Sirius et Peter ne savait plus où se mettre. Le jeune Black était, quant à lui, fidèle à lui-même. Il forçait même le trait, exagérant son arrogance naturelle, et Remus savait bien qu'il était vexé. Peut-être même se sentait-il un peu coupable ?
Ce ne fut que lors du repas de midi que Remus reçut son courrier. Une lettre de sa mère. Une écriture tremblante et un parchemin un peu chiffonné. Le jeune homme eut l'impression de recevoir un sort dans le ventre. Après chaque pleine lune, il écrivait à sa mère. Parfois, ce n'était même que quelques mots pour la rassurer, mais il le faisait toujours. Et pour la première fois en six ans, Remus avait complètement oublié. Évidemment, Hope Lupin avait cru mourir d'inquiétude. Elle savait pourtant que si quelque chose de grave était arrivé, le directeur de Poudlard l'aurait prévenu. Si la femme avait confiance en quelqu'un, c'était bien en Dumbledore. Il était le seul qui avait donné une chance à son fils dans ce bas monde et cela valait certainement tout l'or du monde. Le jeune Lupin laissa sa fourchette retomber dans son assiette. Décidément, il était temps que cette semaine se termine. Il prit congé de ses amis et alla s'asseoir sur l'escalier d'entrée du château. Pour une fois qu'il ne pleuvait pas … Remus sortit une plume toute rabougrie et se mit à réfléchir avant de poser ses mots sur le morceau de parchemin. Il ne pouvait pas lui raconter la vérité. Mais d'un autre côté, le jeune Lupin était de ceux qui détestaient mentir. A croire que ceux qui en ont réellement l'utilité sont les plus scrupuleux à ce sujet … Remus parla donc de ses études, de la masse de devoirs et de tout ce qui lui avait fait oublié sa lettre. Il évoqua les difficultés de Peter et la patience dont ils devaient tous faire preuve pour l'aider au mieux, il parla brièvement des nouveaux déboires de James avec la préfète rousse, mais ne trouva rien à dire sur Sirius. Ce n'était pas grave et il valait d'ailleurs mieux ne pas en parler s'il voulait réellement redonner le sourire à sa mère.
Un hibou de l'école fut engagé pour porter la lettre et en sortant de la volière, Remus aperçut Rogue qui arrivait en face. Leurs regards se croisèrent l'espace d'un instant et le Serpentard fit demi-tour en plein milieu de l'escalier, ne cherchant visiblement aucun contact avec le jeune Lupin.
« Rogue ! Attends ! », s'écria-t-il, en descendant les marches rapidement.
Arrivé aux bas des marches, le garçon aux cheveux noirs fit volte face, une expression meurtrière sur le visage. Remus se figea alors, sans que le moindre mot ne parvienne jusqu'à sa bouche.
« Qu'est-ce que tu vas faire, Lupin ?! Essayer de me tuer ? Puisque tu n'as pas réussi l'autre jour ! »
Le Gryffondor mit plusieurs secondes pour se reprendre. Les yeux de Rogue étaient encore plus sombres qu'à l'accoutumée et jamais Remus n'aurait imaginé qu'on puisse montrer tant de haine dans un seul regard.
« Je voulais juste … », réussit-il à murmurer. « Juste dire que j'étais désolé. Je ne savais pas que … »
« Tu ne me feras pas croire que tu ne savais pas », le coupa Rogue, d'un ton dégoûté. « Tout le monde sait que c'est un instinct chez vous de tuer. Black est une sorte de rabatteur, c'est ça ? Je ne comprends même pas que personne ne vous ai encore massacré, toi et tes amis les monstres ! »
Rogue cracha aux pieds de Remus, sans que celui-ci ne réagisse. Le jeune homme baissa les yeux et ne le vit même pas partir. Il ne chercha pas à lui courir après pour achever de lui transmettre son message. C'était peine perdue et Rogue avait certainement raison. Remus en voulait à Sirius pour la « mauvaise blague » qu'il avait faite, mais au fond le seul responsable, c'était lui. S'il était arrivé quelque chose à quelqu'un, ça aurait été purement et uniquement sa faute. C'était lui le monstre, pas Sirius. Rogue avait raison de se méfier et Dumbledore était un fou d'avoir accepté un loup-garou dans cette école. Le jeune garçon, qui ressentait un grand vide depuis la trahison de Sirius, avait l'impression désormais de ne plus pouvoir se raccrocher à rien.
Quitter l'école ? Cela impliquait de retourner chez ses parents et Remus n'avait aucune envie de leur imposer ce fardeau. Se jeter de la tour d'Astronomie serait sans doute une meilleure solution encore. Mais voilà, Remus se souvenait encore parfaitement de la lettre qu'il venait d'envoyer à sa mère. Le suicide n'était vraiment pas une option. En revanche, il avait besoin de respirer, de reprendre le contrôle et surtout d'être seul. Ces temps-ci, les regards sur lui étaient inquiets ou dégoûtés, mais aucun n'était réparateur. Alors oui, il serait sans doute mieux seul. Ne serait-ce que pour une heure. Et comme une invitation, un peu plus bas, la forêt lui ouvrait les bras.
Remus ne pouvait rien faire d'autre que ruminer, pour le moment. Quelle malédiction et quelle vie … À l'âge où il ne devrait s'occuper que de ses devoirs, de ses amis et éventuellement même des filles, il ne se demandait que s'il n'allait pas finir par tuer quelqu'un un jour. Il n'était pourtant pas violent. Il n'avait pas une once de haine en lui, il le savait, il en était sûr. Elles étaient bien rares les fois où il haussait vraiment la voix, où il se sentait dépassé par sa colère. Il avait déjà vu James hurler de fureur, Sirius casser des tas de choses en les balançant à tort et à travers et Peter devenir plus rouge que le blason de Gryffondor. Sa mère avait toujours eu tendance à pleurer de colère et son père hurlait presque aussi fort que James. Remus, par contre, avait toujours réussi à contenir sa colère. En vérité, il contenait tout. Et malgré ses poings serrés à en faire blanchir ses jointures, il gèrait sa fureur en l'enfouissant le plus loin possible. Jusque là, ça avait marché ...
Mais il n'avait jamais été aussi près de blesser quelqu'un et c'est ce qui le poussa à frapper cet arbre innocent qui se trouvait sur son chemin. Il essaya de placer toute sa fureur dans ses coups, il tenta par tous les moyens de sortir le monstre qui était en lui, de se mettre véritablement en colère pour une fois. Comment pouvait-il être si éloigné de ce qu'il était réellement, au fond de lui ? Un loup-garou. Un monstre sanguinaire, sans aucun scrupule. Cogner cet arbre s'avéra n'être qu'un semblant de défouloir et Remus s'arrêta en sentant la douleur dans sa main droite, sans être soulagé le moins du monde. Il expira longuement, s'étant machinalement retenu de respirer pendant qu'il frappait le tronc. Lorsqu'il se retourna pour chercher un endroit où s'asseoir, ses yeux tombèrent instantanément sur une paire de bottes. Devant lui, se tenait Althaïs, la jolie Serdaigle, qui entrouvrait la bouche, sous le coup de la surprise.
« Oh », fit Remus, sans trop savoir quoi dire.
« Tu t'es blessé », déclara Althaïs d'une voix neutre, sans quitter la main du jeune homme des yeux.
« Je … Quoi ? », souffla-t-il, surpris, en baissant les yeux à son tour.
« Ça saigne beaucoup », lui fit remarquer la jeune fille.
Sans même sourciller, Althaïs s'approcha du jeune homme et lui attrapa la main, tandis qu'il grimaçait légèrement. En silence, elle l'observa, la retourna, glissa son pouce sur la peau de Remus. Celui-ci se laissa faire, surpris. À l'intérieur de lui, son cœur battait à tout rompre et lui donnait l'impression de résonner dans sa poitrine vide.
« Ca n'a pas l'air cassé, tu as de la chance », murmura-t-elle, songeuse.
La jeune Serdaigle lui rendit sa main et détailla les alentours. Remus la suivit des yeux, sans comprendre ce qu'elle cherchait. Elle attrapa plusieurs longues feuilles et se retourna vers lui.
« Tu veux bien t'asseoir, s'il te plaît ? », lui demanda Althaïs, avec sa voix éternellement douce.
« Qu'est-ce que tu fais ? », répondit-il, en reculant jusqu'à un tronc d'arbre mort pour s'y laisser tomber.
« C'est une plante qui aide, pour arrêter les saignements. Elle apaise aussi, tu vas voir », expliqua la jeune fille, qui prenait place près de lui, tout en broyant quelques feuilles au creux de ses mains. « Un sort aurait été aussi efficace, mais c'est un peu profond. Et j'ai peur de faire plus de mal que de bien. »
D'une main, elle attrapa à nouveau celle de Remus, recouvrant ses plaies avec les morceaux de plantain broyé. Ses gestes étaient doux, mais précis et étonnamment assurés. Elle enroula une feuille un peu plus longue que les autres autour de sa paume pour faire tenir le cataplasme et leva les yeux vers le jeune homme. Celui-ci n'avait rien manqué de ce qu'elle avait fait, et soupira légèrement en sentant un certain soulagement dans sa main douloureuse.
« C'est mieux ? », demanda-t-elle, en esquissant un léger sourire.
« Oui, c'est impressionnant », assura Remus, dont le regard alternait entre elle et sa main.
« Quand même, il faudra que tu nettoies ta main en arrivant au château. D'ailleurs, tu ferais même mieux de passer par l'infirmerie », souffla Althaïs, toujours songeuse.
« Comment est-ce que tu connais tout ça ? », poursuivit-il, étant plus curieux qu'inquiet en ce qui concernait sa petite blessure.
« Je lis beaucoup et j'ai plutôt une bonne mémoire », répondit-elle, en haussant les épaules.
« C'est vrai que t'es une Serdaigle. »
Remus lui adressa un faible sourire et la jeune fille le lui rendit rapidement, avant de réaliser qu'elle ne lui avait pas encore lâché la main. Ce qu'elle fit dans la seconde.
« Oui. Et d'ailleurs, j'espère que cette fois-ci, on aura plus de chance que la dernière fois. Par rapport à Rusard, je veux dire. Je n'ai aucune envie de faire perdre des points à Serdaigle. »
« Moi non plus », assura Remus. « Si seulement on pouvait savoir où il était en permanence, ça nous éviterait pas mal d'ennuis. »
« Et si ça pouvait s'appliquer à d'autres personnes que Rusard, ça ne serait qu'un plus … », murmura Althaïs, tandis qu'une ombre passait sur son visage.
« De qui tu … », commença Remus avant d'être interrompu.
« Oh mais attends, je crois que c'est possible ! », s'exclama la jeune fille. « Enfin, ça ne doit pas être si simple. Mais il y a un sort assez ancien qui permet de localiser les gens. C'est quelque chose comme Hormonculus ... Je ne sais plus vraiment, mais ça existe ! »
Impressionné par cette fille qui semblait décidément en connaître beaucoup, Remus hocha la tête et se promit de transmettre l'information aux autres maraudeurs. Leur carte allait devenir une vraie mine d'informations. Et c'était grâce à cette fille. Le jeune homme glissa sa main valide dans son cou, soucieux.
« Au fait, O'Donnell, il a quelque chose contre toi ? », demanda-t-elle alors, sans prendre de gants. « Il donne l'impression de s'acharner. »
« Honnêtement, je ne sais pas », répondit Remus, en se souvenant du cours désastreux durant lequel Althaïs était sa binôme.
« C'est pour ça que tu … Que tu t'es fracassé la main contre ce pauvre arbre qui n'avait rien demandé ? »
Le jeune homme ne put s'empêcher de sourire un peu. Depuis qu'il avait vu Althaïs, il avait réussi à oublier sa rancœur contre Sirius, les paroles de Rogue et le dégoût qu'il avait de lui-même. Sacrée victoire. La prise de conscience fut d'autant plus douloureuse que Remus n'avait rien réglé. Il avait et aurait toujours une piètre opinion de lui-même et être si près d'Althaïs ne lui sembla pas raisonnable.
« Pas uniquement, non », souffla le jeune homme, en se levant. « D'ailleurs, je vais y aller. J'ai pris du retard sur mes devoirs cette semaine, il est temps que je rattrape tout ça. »
Remus s'étonna d'apercevoir une lueur de déception dans le regard d'Althaïs. Ou non, ça devait plutôt être de la surprise. Oui, certainement.
« Un grand merci pour ça », déclara-t-il, en lui montrant sa main. « Bon après-midi ! »
« N'oublie pas de passer à l'infirmerie ! », s'écria Althaïs, après de longues secondes de silence.
En pénétrant dans l'entrée du château, Remus observa un peu sa main et décida qu'il n'irait certainement pas à l'infirmerie. Il y passait déjà bien trop de temps à son goût. En revanche, il était midi passé et il jeta un œil dans la Grande Salle. Il mit quelques instants avant de repérer ses amis, assis au bout de la table des Gryffondors. Les trois adolescents le regardèrent s'installer et Peter lui tendit directement le plat de pommes de terre.
« Qu'est-ce qui t'es arrivé à la main ? », s'exclama Sirius, bondissant presque sur son banc.
« C'est une technique de dissimulation ? », plaisanta James, un sourcil levé. « T'essayes de te déguiser en plante ? »
« C'est rien. C'est qu'une égratignure », répondit Remus, sans leur adresser le moindre coup d'œil.
« Montre », demanda le jeune Black. « Je suis sûr que je peux te soigner ça en une seconde. »
Remus entreprit d'ignorer royalement Sirius et continua de remplir son assiette, tout en sentant le silence et les regards toujours sur lui. Les jours passés, Sirius s'était gardé de toute intervention en présence de Remus et cela allait très bien au jeune loup. Cela l'aidait même à contenir cette colère froide, qui finalement ne faisait que grandir.
« L'entraînement s'est bien passé ? », finit-il par demander, en se tournant vers James.
Un peu gêné sans doute de participer à la mise à l'écart de Sirius, celui-ci entrouvrit la bouche mais n'eut même pas le temps de répondre.
« Tu pourrais ravaler ta fierté et me laisser te soigner », s'écria Sirius, qui visiblement ne supportait plus de se taire.
« Ma fierté ? Allez, Sirius, vas-y, fais ta bonne action ! Si je peux t'aider à soulager ta conscience », ironisa Remus, en arrachant précipitamment les feuilles qui recouvraient sa blessure et en tendant sa main à son ami.
Sirius haussa un sourcil, en se figeant un peu. Sans répondre, il agita sa baguette et la peau de Remus commença à cicatriser à vitesse grand V. Patmol était étrangement le meilleur des quatre maraudeurs pour ce qui était des sorts de guérison. Le jeune Lupin baissa la tête et entreprit de mâcher un morceau de viande un peu trop gros. Le silence se mit à peser un peu plus à chaque seconde et Remus sentit avec agacement Peter qui le fixait avec des gros yeux.
« Même pas un merci. Et après, c'est à moi que tu vas reprocher d'être malpoli », marmonna Sirius, en secouant la tête.
« Ta politesse, c'est la dernière de mes préoccupations ces temps-ci », répliqua Remus, avec froideur.
« Il va falloir que je m'excuse combien de fois ? », demanda le jeune Black, la mâchoire visiblement serrée.
« Je m'en fiche pas mal de tes excuses. Je veux juste que tu arrêtes de jouer avec la vie des autres ! », s'écria Lunard, en haussant la voix, se sentant tout à coup dépassé par sa colère.
« Je ne joue pas avec la vie des autres ! », s'indigna son ami, en se levant brusquement.
« C'est que t'es trop stupide pour le comprendre alors ! », répondit Remus, en sautant sur ses pieds à son tour.
« Et toi, t'es trop stupide pour comprendre que je suis désolé ! », continua Sirius.
Remus ne sentit pas le coup partir et ne comprit pas vraiment ce qui lui prenait. Il balança son poing dans la tête de Sirius et le vit chanceler, en manquant de tomber par-dessus son banc. Le jeune Black plaqua ses mains sur sa joue, sans quitter Remus des yeux. Celui-ci ouvrit la bouche puis la referma, à plusieurs reprises sans pouvoir émettre le moindre son.
« Je suis vraiment désolé », murmura-t-il finalement, atterré par son geste.
« T'as pas à l'être. Je pense que je l'ai bien mérité, celui-là », souffla Sirius, en retour.
Les conversations des étudiants autour d'eux s'étaient complètement arrêtées et tout le monde les regardait, en attendant impatiemment la suite. Sirius et Remus ne l'avaient pas vraiment remarqué et se contentaient de s'observer en silence. James s'était lui aussi levé, prêt à intervenir si ses amis décidaient de continuer à se taper dessus. Peter, quant à lui, était toujours assis, la bouche ouverte, les yeux fixés sur Remus comme s'il n'en croyait pas ses yeux. À vrai dire, c'était à peu près l'attitude de tous les autres étudiants. Lily était cependant la seule, en plus de James, à s'être levée, baguette en main. Des pas précipités rompirent le silence stupéfait.
« Mr Lupin, Mr Black, dans mon bureau, tout de suite », siffla le professeur McGonagall, en pointant un index menaçant sur chacun d'entre eux.
Remus avala difficilement sa salive, en se demandant ce qu'il lui avait pris. La situation était déjà inconfortable. À présent, Sirius avait la pommette qui enflait à vue d'œil. Le jeune Lupin sentait que la blessure de sa main s'était rouverte, n'ayant visiblement pas eu le temps de cicatriser comme il fallait. Et Minerva McGonagall marmonnait furieusement, tout en quittant la Grande Salle.
