Donc, le chapitre précédent n'était pas si raté que ça. Je préfère tout de même celui d'aujourd'hui. J'attends vos réactions une fois votre lecture terminée. Et encore merci pour vos commentaires !
Chapitre 14 – La chose et l'antidote
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Il avait fallu une semaine pour que Tony commence à ressentir les effets du poison. Une semaine pendant laquelle il avait joué la comédie, comme les autres. Une semaine pendant laquelle personne ne s'était douté de rien. Une semaine pendant laquelle Abby avait fait toutes les recherches possibles et inimaginables pour savoir ce qui le tuait. Avec succès.
Elle les avait réunis avec McGee deux jours plutôt chez elle. Là, elle leur avait listé les venins de diverses bestioles qui servaient de base au cocktail dans son sang. Il n'avait pas retenu les noms exacts, néanmoins il savait qu'il détesterait maintenant à vie serpents et arachnides.
L'autre bonne nouvelle annoncée lors de cette soirée était l'existence d'un antidote. Après s'être renseignée sur le fournisseur de Nick Spencer, Abby avait découvert que le produit qu'on avait injecté à l'italien pouvait être annihiler. Bien évidemment, le contre-poison n'existait que sur le papier, lequel était introuvable. Le Teigneux s'était vraisemblablement débrouillé pour qu'ils ne puissent pas mettre la main dessus. Quant deux aux chercheurs responsables de la création de l'abomination liquide, l'un était en ce moment même perdu quelque part sur l'île de Bornéo pour trouver de nouvelles plantes à étudier, l'autre auprès d'une tribu amazonienne pour une raison similaire. Bref, impossibles à retrouver dans le temps qui leur était imparti.
Remonter la traces des mystérieux fonds débloqués pour leur permettre ces expéditions avait conduit Abby jusqu'à l'un des comptes du FBI. Nicky-en-sursis avait semble-t-il pris sa décision au sujet de Starlight. Plutôt que l'arrêter et qu'il lui échappe, conclusion faite après son passage au NCIS, l'agent préférait sabrer le champagne le jour de ses funérailles. Tony pouvait assurer que, s'il venait à mourir, la Teigne subirait le même sort après de longues heures d'agonie où il regretterait amèrement son choix. Il ne parvenait d'ailleurs pas à déterminer lequel de ses amis avait le plus d'imagination pour mettre fin à ses jours dans d'atroces souffrances.
Tout ça pour en revenir aux siennes, dont il avait ressenti les prémices il y a peu avant leur véritable apparition à son réveil. Il n'avait pas vraiment compris ce qu'il se passait sur le coup. Il s'était senti engourdi, mais sans plus. C'était lorsqu'il s'était levé qu'il y avait eu un problème. Voulant prendre appui sur son bras droit, il avait échoué à le plier pour se redresser. Passer l'instant de surprise comme de peur qui l'avait saisi à cette découverte, il s'était extirpé de son lit à toute vitesse comme si l'immobilité allait soudain s'emparer du reste de son corps.
Seul son bras, il entendait par là l'extrémité de ses doigts jusqu'à son épaule, semblait touché. Il avait constaté avec soulagement que l'état n'était que passager. Au bout de quelques minutes de lutte pour faire réagir ses muscles, il était parvenu à retrouver son entière mobilité. Le tout sans qu'il ne ressente aucune douleur.
Il s'était bien gardé d'en parler à Abby ou Timothy. Ils se faisaient suffisamment de souci pour qu'il n'en rajoute pas. De plus, il doutait que l'un comme l'autre aurait réussi à tenir le secret face à Gibbs ou à Ziva. Les deux agents avaient bien compris qu'ils se passaient quelque chose entre eux trois, mais ne se doutaient pas de la véritable nature des choses. Ils mettaient simplement ça sur le compte de Starlight et de leur rencontre avec lui. Leur secret était donc parfaitement gardé.
Tony prit donc sur lui, taisant les effets du poison sur son corps. Cinq jours plus tard, il dut pourtant se résoudre à ré-envisager cette idée comme à rapprocher l'heure de la révélation. Il ne restait de toute manière que deux jours avant son échéance. Autant il l'appréhendait qu'il devait se rendre à l'évidence : il ne garderait plus le secret très longtemps.
Contrairement à ce qu'il avait cru, l'immobilité ne s'était pas propagée au reste de son corps. À la manière de son homonyme dans le deuxième volet d'Iron Man, d'étranges lignes étaient apparues à la surface de sa peau à l'emplacement des veines. Il ignorait comment cela se passait à l'intérieur de son corps, mais il n'était pas certain de vouloir le savoir.
Chacun de ses mouvements amenait la douleur si ses tatouages bleutés d'un nouveau genre étaient présents sur les membres utilisés. Son bras et le côté droit de son cou ainsi qu'une partie de son buste avaient subi ce nouveau design corporel. Sans qu'il parvienne à déterminer pourquoi, sa tête était pour l'instant épargnée. En toute logique, elle ne subirait le même sort qu'après le reste de son corps. À terme, il finirait sans doute allongé et immobile pour éviter la douleur -si tenté que le fonctionnement ordinaire de son corps échappe au phénomène- pendant que la chose atteindrait son système nerveux. Il supposait alors une mort rapide. Après de longs jours de souffrance, ce ne serait pas plus mal.
Il n'avait pas encore réussi à se décider à leur parler que son portable indiqua la réception d'un message. Abby voulait les voir. Elle semblait avoir espionné les bureaux pour attendre le moment où ils y seraient seuls afin de pouvoir la rejoindre sans attirer l'attention des deux radars à secret qu'étaient le chef d'équipe et l'ancien officier du Mossad. Après avoir échangé un regard, les deux agents quittèrent leurs places et s'engouffrèrent dans l'ascenseur.
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- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, annonça Abby dès qu'ils fermèrent la porte du labo. La bonne c'est que je sais comment fabriquer l'antidote.
- Et la mauvaise ? s'enquit Tony aussitôt.
- Il me manque un produit.
- Tu ne peux pas te le procurer ? questionna McGee.
- Oui et non.
- Comment ça ?
- Oui je peux me le procurer et non je ne peux pas me le procurer.
- Abby ?
- Je vous ai dit que le poison avait été fabriqué avec des produits naturels.
- Le venin de différentes bestioles, oui, se rappela l'Italien avec une grimace.
- Eh bien, je sais quelles plantes sont nécessaires pour les contrer.
- Mais ?
- À moins d'avoir un mois devant nous et assez d'argent pour monter une expédition en plein milieu de la forêt tropicale, il va en manquer une.
- Tu ne peux pas t'en passer ?
- Non, c'est l'élément essentiel de l'antidote.
- On n'a pas un mois devant nous, soupira Tim.
- Non.
- Alors ? questionna Tony.
-On ne peut pas se procurer cette plante, dont je vous passe le nom imprononçable, dans son milieu naturel.
- Mais tu sais où la trouver aux États-Unis.
- Oui.
- Et c'est là que ça se complique, devina-t-il.
Elle hocha la tête et pianota sur clavier pour afficher un site web sur l'écran de l'ordinateur.
- Sanders Labs ? lut Tony.
- Des parfumeurs. Leur coffre-fort contient ce qu'il nous faut, dit-elle en affichant le modèle sur l'écran.
- Ils ont un coffre-fort pour du parfum ? s'ébahit l'informaticien.
- Ainsi qu'une partie de leurs composés. Tu n'imagines même pas l'argent qui est en jeu, Timmy !
- Tu es sûr que c'est ce modèle ? s'enquit l'Italien.
- Oui, approuva Abby, je me suis renseignée.
- Piratage informatique de leurs bases de données ?
- Simple consultation de leur site internet pour ma culture personnelle, riposta-t-elle.
- C'est bien ce que j'ai dit.
Elle lui décocha un magnifique sourire, balayant par la même toute autre remarque sur le sujet.
- C'est un des plus difficile à forcer si je me souviens bien, reprit Tony.
- On a eu de la chance d'y échapper jusque là, confirma-t-elle.
- Attendez, de quoi vous parlez ? interrompit Timothy. Vous ne voulez quand même pas...
- Starlight doit reprendre du service, coupa DiNozzo.
- A moins que tu ais une autre idée, ajouta la laborantine à l'adresse de son grand frère.
- Aucune.
Celle-là lui convenait de toute façon très bien, elle aussi.
- C'est une mauvaise idée ! contra Tim aussitôt.
- Tu as mieux à proposer ? répliqua-t-elle
- On peut leur demander, l'acheter même.
- Le Rat a rendu visite au directeur. Ils refuseront.
- Qu'est-ce-que tu en sais ?
- Spencer leur a rendu visite je te dis !
- Oui, mais...
- Cette plante rentre dans la composition de leur parfum phare, vendu à un nombre excessivement restreint de personnes pour une somme astronomique. Elle fait partie de la liste de leurs produits que leurs concurrents rêvent d'obtenir pour les faire tomber du marché de luxe dont ils ont le monopôle sur la côte est. Des millions sont en jeu !
- Un parfum ne peut pas coûter si cher que ça...
- L'an dernier, le deuxième parfum le plus cher au monde était un Hermès à mille cinq cents dollars l'unité. Et tu n'avais pas grand chose pour ce prix là !
- Et le premier ?
- Un Clive Christian à deux cents quinze mille dollars, mais il ne compte pas. La bouteille était en diamant et il n'en existait que dix au monde.
- Sanders Labs ne sonne pas parfumeurs, Abby, fit remarquer Tony.
- C'est seulement le nom du laboratoire, pas de l'enseigne. Ça leur évite d'attirer l'attention.
- Tu as les plans ?
- Pas encore, mais je ne devrais pas avoir de mal à les obtenir.
- Tu as déjà dit ça il y a quatre ans.
- Je ne pouvais pas deviner que Maxwell Beker était un fanatique des théories du complot et qu'il avait aménagé lui-même son sous-sol et sa chambre forte !
- Je suis resté coincé dedans pendant trois heures !
- Ses codes n'étaient pas faciles à craquer, se justifia-t-elle. Et puis tu n'avais qu'à aller plus vite.
- À peine deux minutes pour récupérer ce que j'étais venu chercher, tu trouves ça long ?
- Ce jour là, oui.
Tony leva les yeux au ciel. Il ne parviendrait jamais à avoir le dernier mot sur cette histoire.
- Dîtes... hésita Tim.
- Quoi, le Bleu ?
- Ça veut dire que vous aller voler le Sanders Labs.
- On ne vole rien, corrigea Abby, on emprunte quelque chose.
- Que vous ne rendrez pas.
- Tu veux voir Tony mort ?
- Bien sûr que non !
- Alors on va le faire.
- Je peux vous aider ?
- Évidemment, Timmy ! On ne comptait pas faire ça sans toi !
- D'accord, alors j'ai une question.
- Une seule ? railla Tony.
McGee ignora la remarque. Il laissa filer quelques secondes avant de demander gravement :
- Est-ce-qu'on le dit aux autres maintenant ?
- Ça voudrait dire les faire participer aussi, commenta Tony après réflexion.
- Si jamais tu ne peux pas aller sur le terrain, continua Abby, il faudra quelqu'un.
- Ziva.
- C'est le meilleur choix. Et les autres en couverture.
Ils échangèrent un regard, puis Tony soupira.
- On leur annonce comment ? Quelqu'un a une idée ?
Tada ! Verdict ?
