Coucou tout le monde !

Bon, à présent que les exames-dossiers-oraux et autres joies étudiantes sont derrière moi, je reviens enfin pour continuer cette histoire !

Pour mon grand retour, je vous ai préparé quelque chose de spécial ! J'espère que vous aurez plaisir à le lire, personnellement j'ai adoré l'écrire !

Bonne lecture ;)


Chapitre 14 : Tout le monde est heureux sous l'Océan

Ils passèrent la journée suivante à peaufiner leur plan. Regina trouvait qu'il était loin de tenir la route, mais c'était toujours mieux que rien. Et puis il n'y avait que ça à faire, en attendant que Crochet reprenne les forces nécessaires pour pouvoir les accompagner.

Au début, Regina avait proposé de laisser le pirate blessé sur place et de tenter de récupérer Henri sans lui. Mais Emma s'y était aussitôt opposée, arguant qu'il s'agissait d'un bretteur hors pair et qu'on ne pourrait vaincre les sirènes sans lui. Etonnamment, le Prince avait soutenu le point de vue de sa fille en déclarant qu'il avait besoin de Crochet comme coéquipier de combat. Regina avait fini par capituler.

Prenant son mal en patience avec un calme inhabituel, l'ancienne Méchante Reine avait passé la journée à discuter avec Blanche, son mari et sa fille, de tactiques toutes plus invraisemblables et risquées les unes que les autres. Tout cela pour aboutir à la conclusion que la meilleure des approches restait encore l'attaque surprise. Ils avaient prévu d'apparaître sur la plage, un endroit dégagé de tout buisson d'épines mortelles, puis de s'en éloigner et gagner la forêt qui devait certainement la border et, de là, atteindre le camp de Peter qui se trouvait à l'entrée de la Lagune. Tout cela en essayant d'éviter les vraisemblables attaques de sirènes certainement rancunières et dotées d'une légère soif de vengeance.

Blanche avait d'abord proposé de parlementer avec elles. Après tout, elle y était bien parvenue avec les Indiens, et puis elle avait jadis eu une amie sirène, qui lui avait même sauvé la vie. A ce point du récit, Emma avait gratifié sa mère d'un coup d'œil sceptique, qui s'était transformé en air réellement incrédule lorsque cette dernière lui avait calmement expliqué qu'il s'agissait de la Petite Sirène, d'Ariel, la fille du Roi Triton.

- Polochon et Sébastien étaient avec elle quand tu l'as rencontrée ? N'avait-elle pu s'empêcher de demander avec ironie.

- Quoi qu'il en soit, était intervenue Regina avant que Blanche n'ait eu le temps de répliquer. Je ne pense pas que des pourparlers fonctionneraient avec ce genre de sirènes. Si elles vivent au Pays Imaginaire, c'est pour une bonne raison. Elles n'ont rien en commun avec les gentilles petites femmes poissons de la Forêt Enchantée, Blanche. Vous êtes peut-être parvenue à fraterniser avec une jeune fille amoureuse des humains mais ces sirènes là vous arracheraient le cœur et le dévoreraient avant que vous n'ayez eu le temps de leur dire que vous veniez en paix.

- Alors que proposez-vous de mieux ? Avait lancé Blanche d'un ton légèrement grincheux.

- De ne pas perdre de temps à essayer de les raisonner. De ne pas perdre de temps du tout. En fait, simplement d'apparaître puis courir. Très vite. Et très loin.

Après encore deux heures de discussion, ils en étaient arrivés à la conclusion qu'il s'agissait certainement du plan le plus raisonnable. Ils l'appliqueraient donc.

Pendant ce temps, Crochet était resté plongé dans un profond sommeil magique censé le remettre sur pieds plus rapidement. Emma demeurait assez sceptique et méfiante quant au sort utilisé par Regina (un sort pour faire dormir, de la part de la Méchante Reine !), mais, alors que le soir tombait et que le pirate s'éveillait, elle dut bien admettre qu'il semblait avoir recouvré une bonne partie de ses forces et que sa blessure semblait à présent dater de plusieurs jours.

- On dirait que la Méchante Reine sait aussi bien soigner que mutiler finalement, ironisa Crochet en contemplant son mollet d'un œil critique.

- Il semblerait, en effet, admit Emma du bout des lèvres.

Ils se trouvaient seuls tous les deux, tandis que les trois autres continuaient de discuter de stratégie autour du feu. Emma les avait abandonnés à leurs discussions stériles et leur avait préféré la compagnie du pirate, qu'elle semblait étrangement rechercher. Peut-être était-ce parce que c'était le seul à ne pas être au courant de ses disputes avec Regina ou de l'histoire de la flagellation de Blanche. Emma aurait aimé être à la place de Crochet ; ignorante et heureuse de l'être.

Se méprenant sur son air sombre, Crochet lui tapota gentiment l'épaule avant de lancer :

- T'en fait pas, mon cœur. Laisse donc Maman, Papa et Mamie organiser notre petite promenade si ça les amuse. Tu sais pertinemment que rien ne se passera comme prévu, de toute manière.

- Maman, Papa et Mamie ? Répéta Emma d'un ton à la fois incrédule et ulcéré.

- Ce sont les diminutifs amicaux de Mère, Père et Grand-Mère, mon ange, répondit Crochet d'une voix espiègle.

Emma lui lança un regard assassin. Grand-mère ? Sérieusement ?

- Le dîner est prêt ! Annonça Blanche quelques instants plus tard.

Emma l'observa apporter une bouillie de crabe et de noix de coco à Crochet, d'un air songeur. Théoriquement, le pirate avait raison. Regina étant la belle-mère de sa mère, cela faisait d'elle… la belle-grand-mère d'Emma ?

Sentant poindre un mal de tête, Emma renonça à réfléchir plus longtemps à cet arbre généalogique terrifiant. De toute façon, songea-t-elle en avalant sa propre portion de mélange informe, Regina n'était pas la mère de Blanche Neige. Emma n'avait jamais eu de mère mais elle savait au moins une chose : une mère n'était pas sensée faire du mal à son enfant.


L'aube se levait à peine lorsqu'ils partirent. Crochet tenait debout et serrait fermement son épée, mais il paraissait toujours faible, le teint grisâtre et le corps parcouru de frissons. Néanmoins, il tenait absolument à les accompagner.

Chacun se donna la main et Regina les fit disparaître dans un brouillard de fumée violette.

Ils réapparurent sur une plage de sable blanc, illuminée par le soleil levant. Les rayons miroitaient sur l'eau paisible du lagon dont la beauté et le calme coupèrent le souffle d'Emma. Comment imaginer que quiconque de maléfique puisse vivre dans un endroit inspirant une telle sérénité, une telle plénitude ?

Quelqu'un lui secoua le bras et elle se retourna. Crochet se tenait prêt d'elle, visiblement très mal à l'aise.

- Éloigne toi de l'eau, mon cœur, marmonna-t-il en scrutant l'océan d'un œil méfiant.

Emma dut lutter contre son envie de s'approcher un peu plus du rivage mais elle finit par reculer. A sa droite, Blanche, David et Regina contemplaient la lagune avec un mélange d'admiration et d'appréhension.

- C'est si calme…, souffla Blanche à mi-voix.

- Trop calme. Filons d'ici tant qu'il en est encore temps, rétorqua Regina dans un murmure.

Ils entreprirent de s'éloigner en trottinant du rivage, gagnant rapidement l'orée des bois. Or, ce qu'ils avaient pris pour des bois était en réalité un enchevêtrement d'épines d'ombrêve. Du poison d'un noir d'encre suintait de leurs extrémités.

- On dirait que la route est bloquée, nota Crochet.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Couina Blanche en lançant un coup d'œil terrifié derrière elle.

L'eau de la lagune était toujours calme et immobile.

- Je suppose que nous n'avons pas d'autre choix que de longer cette barrière de ronces afin de repérer où se trouve le passage qui nous mènera aux sous-bois et donc au campement de Peter, répondit Regina d'un ton plat.

- Et comment peut-on être sûr qu'un tel passage existe ? Interrogea Charmant, suspicieux.

- Parce que ça fait partie du piège, bien sûr, murmura Emma. C'est ce que voulait Peter. Qu'on soit obligé de longer la plage à la recherche d'une ouverture qui se trouve là, quelque part… entre ici et l'autre extrémité de la lagune.

- Remarquablement intelligent, commenta Regina d'une voix sombre.

- Et pourquoi ne pourriez-vous pas juste nous téléporter ou je ne sais quoi, juste de l'autre côté de ces épines ? Tenta encore une fois David.

Regina lui lança un coup d'œil agacé.

- Parce que connaissant Peter, nous réapparaîtrions forcément en plein milieu d'un autre bosquet de ces horreurs et s'en serrait fini de nous. Et maintenant, fermez là et avançons.

Ils avancèrent le plus rapidement possible, essayaient de conserver le plus de distance entre eux et le rivage. La plage n'était cependant pas très large, et ils n'en étaient qu'à quelques dizaines de mètres. Le piège parfait, songea sombrement Emma.

Elle avait dégainé l'épée de Neal, et marchait d'un bon pas, suivie de son père et de Crochet, eux aussi l'épée à la main ; tandis que Blanche et Regina avait pris la tête, l'une tenant fermement son arc, l'autre avec des flammes qui crépitaient dans le creux de ses mains.

Les minutes s'écoulèrent, la petite procession progressait tant bien que mal dans le sable blanc, et toujours aucun signe des sirènes.

Peut-être qu'elles ne sont pas si agressives que ça, ou peut-être qu'elles sont parties en vacances dans la Lagune des crabes parlants et des poissons clowns, pensa Emma avec un élan d'optimisme.

Blanche paraissait elle-aussi douter de la réalité de la menace, mais Regina semblait toujours tendue à l'extrême.

- Qu'est ce qui vous fait penser que ces sirènes sont si différentes de celles de la Forêt Enchantée ? Finit par lui demander Emma, plus pour briser le silence oppressant que par réelle curiosité.

Regina lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule mais ne répondit pas tout de suite. Elle paraissait pensive. Au bout d'un moment, elle expliqua à voix basse :

- Ces sirènes ne sont pas originaires du Pays Imaginaire. Elles y ont été bannies. On dit que c'étaient des femmes autrefois, les suivantes de la déesse Perséphone, fille de Zeus et de Déméter. Elles étaient sensées veiller sur elle. Mais un jour, Hadès, le dieu des Enfers, captura Perséphone et l'emmena dans le Monde Souterrain où il en fit son épouse. Pour punir les jeunes femmes de ne pas avoir su protéger sa fille bien aimée, Déméter les transforma en monstres, mi-femmes mi-poissons. Depuis ce jour, les sirènes haïssent les humains, en particulier les femmes à qui elles ne pourront plus jamais ressembler. Et elles tentent de les mener à leur perte, comme elles tentèrent de le faire avec Ulysse.

- Donc elles ne sont pas vraiment du genre à chanter Sous l'Océan, résuma Emma d'un air sombre. Mais vous pensez que c'est vrai ? Je veux dire… Des personnages de contes de fée, c'est une chose… mais des Dieux grecs ?...

- Qui sait ? Répondit Regina avec un haussement d'épaules. Je suis ouverte à toute éventualité.

Emma se contenta de soupirer.

- Dieux ou pas, plus vite on sera parti d'ici et mieux je me porterai, entendit-elle Crochet marmonner derrière elle.

- Et sans toi et ta jambe, on serait déjà partis d'ici, rétorqua sèchement Charmant.

Emma se retourna vers lui, un peu surprise.

C'est alors qu'elle la vit.

Elle n'aperçut d'abord que son reflet, dans les yeux vitreux au regard enragé de son père. Puis elle se tourna vers le rivage et la distingua nettement.

Assise sur un des rochers bordant la mer, une femme d'une grande beauté les observait, sa longue queue de poisson battant l'air à un rythme régulier.

Elle n'était qu'à une dizaine de mètres du groupe, les yeux fixés sur David. Celui-ci paraissait étrangement détaché de la réalité, l'air hagard et étrangement furieux.

- Eh ! Attention !

Mais le cri d'Emma fut inutile. Blanche et Regina s'étaient également retournées et contemplaient la sirène avec un mélange d'étonnement et d'appréhension.

Blanche fut la première à réagir et à détacher les yeux de l'étrange apparition.

- David ! David, regarde-moi… Charmant !

Elle s'était précipitée sur son mari, le prenant par le bras et le secouant, mais il semblait toujours plongé dans une sorte de transe.

- Qu'est ce que…, marmonna Emma, incrédule.

Mais elle fut interrompue par un son, par une mélodie, étrange et envoûtante… Redressant la tête, elle constata que c'était la sirène qui chantait, les yeux toujours rivés sur Charmant.

Dès la première note, les traits de celui-ci s'animèrent et, d'un mouvement brusque, il repoussa violement Blanche qui perdit l'équilibre et tomba dans le sable, avant de se tourner vers Crochet et de lui envoyer son poing dans la figure.

Comme dans un mauvais rêve, Emma vit Crochet vaciller et reculer, le nez cassé. Puis, un mouvement sur le rivage lui fit de nouveau tourner la tête et elle remarqua la présence d'une demi-douzaine de sirènes, émergeant de l'eau. Tandis que l'une d'elle posait son regard sur Crochet et commençait à chanter, ce dernier se redressa soudain et, avec un rugissement de rage, se jeta violement sur David.

- Non ! Charmant ! Crochet….

Blanche s'était relevée et tentait de s'interposer entre son mari et le pirate, sans succès. Et pourtant, elle continuait de leur crier d'arrêter, d'essayer de saisir un bras au vol, d'empêcher un coup…

- Ne vous fatiguez pas, Blanche. Rien ne peut les arrêter, cria Regina en s'approchant.

- On ne peut pas les laisser se… faites quelque chose ! Hurla sa belle-fille en se tournant vers elle.

- Ne me parlez pas sur ce ton ! Répliqua Regina en hurlant à son tour.

Avec horreur, Emma s'aperçut que leurs yeux avaient, à elles aussi, pris une étrange teinte opaque, et qu'ils paraissaient vides de toute expression, excepté d'un sentiment de fureur qui émanait également de chaque pore de leur peau.

- Je vous parle sur le ton que je veux ! Vous m'avez tout pris, vous m'avez torturée, battue, humiliée, mais aujourd'hui vous allez payer !

Et, alors que David et Charmant se battaient toujours à côté, Blanche et Regina se sautèrent à la gorge, manifestement bien décidées à s'étriper.

Médusée, Emma se retrouva à nouveau face à deux duels à mort, avec un horrible sentiment de déjà-vu.

- Non ! Non arrêtez… ça ne va pas recommencer ! Stop !

Elle aurait pu tout aussi bien s'adresser à un mur.

Inutile d'essayer de les convaincre, ils sont hors de tout contrôle.

La voix raisonna dans sa tête, claire et douce, persuasive et intrusive.

Emma se retourna une nouvelle fois vers l'Océan. La femme la plus belle qu'elle ait jamais vu se tenait là, assise dans le sable, ses longs cheveux noirs tombant en cascade sur ses épaules nues. Elle était d'ailleurs entièrement nue jusqu'à la taille, ses lourds seins se soulevant au rythme du chant qu'elle entonnait, ses yeux de feux rivés sur Emma. En dessous de la taille, elle possédait une longue queue de poisson, aux écailles noires étincelantes qui reflétaient les rayons du soleil.

Emma n'avait jamais vu de spectacle plus beau… ni plus effrayant.

Pourquoi avoir peur, Emma, fille de Blanche Neige ? Ton cœur n'est pas fait pour la peur. Il est fait pour des sentiments plus forts, plus féroces. Comme l'amour. Ou la haine.

Non, songea Emma en reculant. Non, tu ne m'auras pas aussi facilement. Je peux résister.

Résister ? Répliqua la voix d'un ton moqueur. On ne peut résister qu'à ce que l'on ne veut pas, Sauveuse. Ose dire que tu ne me veux pas.

Emma contempla la sirène, hébétée. Elle continuait à chanter, l'ensorcelant de plus en plus. Emma le savait et pourtant, elle s'en fichait. Elle remarqua presque avec détachement qu'elle ne parvenait plus à détacher son regard de la sirène. Elle se souvenait de ses parents, elle entendait leurs cris de rage et de douleur, mais cela ne lui paraissait plus vraiment important. Rien ne semblait plus avoir d'importance.

La sirène avait raison. La seule chose dont Emma était certaine à présent, c'est qu'elle la voulait, elle voulait entendre sa voix dans sa tête et son chant envoûtant bercer ses oreilles. Elle voulait sentir la Magie de la sirène l'apaiser et lui permettre d'atteindre la plénitude.

C'est cela, Emma. Ouvre les yeux, voit le monde tel qu'il est réellement. Contemple ceux que tu prétends aimer. Vois comme ils sont pathétiques et méprisables.

Les yeux d'Emma se tournèrent vers ses compagnons, toujours aux prises les uns avec les autres. Une colère terrifiante enfla soudain en elle, tandis qu'elle les observait se rouer de coups. La sirène avait raison. Comment pouvait-on ressentir autre chose que du mépris pour ces misérables humains qui se roulaient à terre en hurlant et se frappant ? Elle voyait enfin le monde tel qu'il était, elle le voyait par les yeux de la sirène qui était à présent liée à elle de façon inextricable… Elle comprenait… Elle comprenait tout.

Regarde-les se détruire eux-mêmes, Emma. Regarde-les créer leur propre souffrance. Ne les méprises-tu pas pour cela ? Ne les hais-tu pas, pour cela ?

Si… Si, je les hais, songea Emma, les poings serrés par la fureur.

Et, avant qu'elle ne se rende vraiment compte de ce qu'elle faisait, elle se rua vers les quatre lutteurs. La Magie afflua en elle comme une marée dévastatrice, libérée de toute entrave par l'envoûtement de la sirène. Poussant un cri de rage, un cri à peine humain, Emma tendit les bras et une vague de Magie pure s'échappa de ses doigts pour aller frapper ses compagnons qui furent projetés en arrière en se tordant de douleur et en hurlant d'agonie.

Une nappe de vapeur rougeâtre entourait les mains d'Emma tandis que des éclairs de Magie continuaient de foudroyer Blanche, Regina, David et Crochet, qui continuaient de hurler, recroquevillés au sol.

Lorsqu'Emma prit conscience que c'était elle qui provoquait leurs souffrances, elle baissa les bras, lançant un dernier regard froid aux formes prostrées au sol.

Tu ne peux rien pour eux, Emma. Ce ne sont que des humains, après tout.

Moi aussi, je suis une humaine, fit remarquer une petite voix dans sa tête, provenant de la seule partie de son cerveau qui continuait de lutter silencieusement contre le charme de la sirène.

Tu es bien plus que cela, chère Emma. Tu es la Sauveuse. Tu es celle qui mérite de nous rejoindre… Rejoins moi, Emma. Rejoins Aglaophème, Celle Qui Chante d'Or. Rejoins Alaophème et ses sœurs, dans leur Exil Eternel.

Ainsi chantait Aglaophème, la Reine des Sirènes Exilées, le regard toujours profondément plongé dans celui d'Emma. Elle n'avait plus convoité de proie aussi ardemment depuis Ulysse. Et cette fois-ci, elle ne lui échapperait pas.

Comme hypnotisée, Emma se détourna des autres et commença, d'un pas chancelant, à avancer en direction du rivage, droit sur Aglaophème.

Le sourire de cette dernière s'élargit, et elle continua à chanter, avec plus d'ardeur et de passion.

Enfin, Emma arriva à sa hauteur et s'arrêta, légèrement haletante, le regard hagard posé sur la femme splendide assise à ses côtés. Toutes les sirènes avaient cessé de chanter et observaient le dénouement avec avidité.

Aglaophème lui tendit sa main d'albâtre. Emma leva la sienne pour s'en saisir.

- EMMA ! NON !

Le choc magique et la douleur semblaient avoir rompus les enchantements lancés par les sirènes sur les compagnons d'Emma. En outre, elles ne chantaient plus, ce qui avait permis à Regina, David, Crochet et Blanche de reprendre leurs esprits. Cette dernière s'était relevée et courait à présent d'un pas vacillant vers sa fille et la sirène.

Emma ne fit pas attention à elle. Elle ne se souciait plus de personne désormais. Seule Aglaophème comptait. Aglaophème et tout ce que sa voix merveilleuse lui promettait.

Elle saisit la douce main de la sirène.

La dernière chose que virent Blanche, Regina, David et Crochet, ce fut le corps de la sirène maléfique qui s'enroulait autour de celui d'Emma et l'entraînait avec elle dans les profondeurs de l'Océan.


« Viens, Ulysse, viens, héros fameux, toi la gloire des Achéens ;

arrête ici ton navire et prête l'oreille à nos accents.

Jamais aucun mortel n'a paru devant ce rivage sans avoir écouté les harmonieux concerts qui s'échappent de nos lèvres.

Toujours celui qui a quitté notre plage s'en retourne charmé dans sa patrie et riche de nouvelles connaissances.

Nous savons tout ce que, dans les vastes plaines d'Ilion, les Achéens et les Troyens ont souffert par la volonté des dieux.

Nous savons aussi tout ce qui arrive sur la terre féconde. »


Je ne dirai que deux mots : A suivre...

(Bon et aussi que vos reviews sont plus que bienvenues, bien sûr ! Dites moi ce que vous en avez pensé ! :) )