Cult Potter

Note de la traductrice : Ni Harry Potter, ni l'histoire ne m'appartiennent, je ne fais que traduire.

italique : Télépathie

« italique » : Pensées

« Gras italique » : fourchelangue

« Gras » : souvenirs/flashback/répliques de films


Chapitre 14 : Rumeurs

Dumbledore regarder les évènements se produire dans son école avec un regard sombre.

C'était dommage, de permettre un tel manque de confiance entre les maisons. Le fait qu'Edith ait trouvé le corps de Ron Weasley fut le point de départ. Il était facile pour des enfants d'arriver à la conclusion qu'elle était l'Héritière de Serpentard, celle que le message sanglant et menaçant avait mentionné, celle sensée purifier l'école – surtout en sachant que tout le monde s'attendait à la voir être répartie à Gryffondor quand elle entra à Poudlard.

Le directeur croyait fermement que la souffrance forgeait le caractère. Il voulait qu'Edith développe sa capacité à porter le monde sur ses épaules, même si ce poids était écrasant. Elle ne pouvait pas apprendre ce genre de chose entourée de ses amis, de loyaux compagnons qui la protégerait de tout danger. Même si ça le peinait de voit les étudiants se retourner contre elle, elle devait devenir forte ! Elle devait pouvoir affronter l'opposition, même si elle consistait en chaque sorcier de ce monde. Et avec un peu de chance, l'adversité la conduirait à Snape ou à lui-même, elle leur demander de la guider, ils serait des mentors sur qui elle pourrait compter.

Il fut surpris que Ron Weasley soit la première victime. Après tout, il avait supposé que Lucius donnerait le journal à un des enfants d'Arthur, surtout en sachant leur animosité respective. Ça aurait renforcé la loyauté de cette famille envers lui, un bonus en soit. Mais il semblerait que le journal ait quitté la jeune Ginny, puisqu'elle semblait en pleine forme.

(Ça l'avait surpris d'ailleurs, qu'elle aussi soit répartie à Serpentard. Les Weasley avaient été des Gryffondor depuis plus de sept générations. Peut-être désirait-elle simplement être avec son idole et avait demandé au Choixpeau de la placer là. Le vieux chapeau ne discutait jamais des répartitions avec lui.)

Tous les professeurs lui rapportaient ce qu'il se passait dans l'école. Dumbledore pensait savoir la nature du monstre qui y était caché, mais il ne dit rien – après tout, il était le seul à connaître la vérité sur Tom Riddle. Il ne pouvait pas connecter les indices si facilement sans éveiller les soupçons, et ne voulait pas que cette information soit connue de tous.

Dumbledore regardait Edith manger son dîner, découvrant que certains de ses amis étaient toujours autour d'elle. Il fallait vraiment qu'il créait un fossé entre eux, surtout avec l'héritière Malfoy – ils n'étaient pas des amis dignes de ce nom pour la Survivante. Il l'avait autorisé l'année précédente parce qu'il avait supposé que la réputation de la maison et les avis sur la pureté du sang les diviserait. Mais il semble qu'il s'était trompé.

Est-ce que Tom pousserait son Héritier possédé à attaquer un membre de sa propre maison ? Se demanda Dumbledore. C'est peu probable, mais ce serait vraiment pratique pour moi.

Évidemment, ce que les professeurs voyaient et ce qui se passait réellement dans l'école était souvent très différent. Les alliances changeantes, tout ce passait juste sous leur nez.


« C'est obligé que ce soit elle ! C'est logique. »

« Ernie, c'est complètement fou ! » Hannah sentait une migraine pointer le bout de son nez, elle tentait vainement de raisonner ses camarades de maisons, mais aucun ne semblait vouloir l'écouter. En plus de ça, ils mettaient au point des théories incroyablement ridicules qui 'prouvait' qu'ils avaient raison. « Elle a été élevée par des moldus. Pourquoi voudrait-elle s'en prendre à eux ? »

« Les moldus sont faibles ! Elle veut probablement les gouverner, et la magie lui donnerait le pouvoir de le faire. » Proclama Ernie avec un air prétentieux.

C'est à ce moment que toutes les lumières de la bibliothèque s'éteignirent. Ernie et Justin sursautèrent, mais Hannah se contenta de regarder par-dessus son épaule pour voir Susan dans un coin de la bibliothèque. Sa meilleure amie lui fit signe de les rejoindre, et avec un regard nerveux à l'encontre des deux garçons, Hannah obéit.

« Les moldus sont faibles, hein... » Ernie et Justin se crispèrent quand Edith émergea de l'allée derrière eux. Elle ne semblait pas furieuse ou insultée comme ils s'y attendaient... en fait, elle semblait franchement amusée. « Que savez-vous des deux Guerres mondiales ? Les conflits moldus qui ont eu lieu il y a 90 ans ? »

« R-rien ! Qu'est-ce que ça a à voir avec ça, Potter ? » Siffla Ernie, se redressant dans l'espoir d'avoir l'air intimident.

Edith rit ouvertement, le faisant se tendre. « Oh Ernie. Ça explique absolument tout. Laisses-moi te raconter une histoire, d'accord ? On est en 1945. La Seconde Guerre fait rage depuis six ans, tout le monde est épuisé. Les armées commencent à manquer d'hommes capables de se battre. L'Allemagne a enfin capitulé, mais leurs alliés, les Japonais, continuent à vouloir se battre jusqu'au bout. Leur code de 'la mort avant le déshonneur' rend difficile pour eux l'idée de capituler. Alors l'Alliance commence à créer une nouvelle arme. Une bombe qui, une fois lancée, détruira une ville entière. »

Hermione, Sally, Daphne et Ginny se rendirent visible parmi les allées de livres, entourant les deux garçons.

« Maintenant imaginez que vous êtes à Hiroshima. Vous êtes un petit garçon, marchant dans les rues avec votre mère quand vous voyez quelque chose tomber du ciel. Vous avez seulement une seconde pour vous tourner vers elle et lui demander ce que c'est avant qu'un horrible éclair blanc déchire le ciel, et la dernière chose que vous vous souvenez, c'est l'horrible odeur de chair brûlée et la sensation que votre sang boue dans vos veines avant que votre âme soit envoyée dans l'autre monde. »

Edith sourit sombrement.

« Tu mens ! » Haleta Justin, le visage pâlissant. « Ce n'est pas possible que les moldus possèdent quelque chose comme ça ! »

« Oh, tu crois ? Tu ne savais même pas que les guerres avaient eu lieu, et c'était il y a quatre-vingt-dix ans. Sois attentif ! Les moldus ont avancé leur technologie d'une génération entière depuis. Un duelliste expérimenté peut lancer trois ou quatre sorts en une seconde. L'arme moldue correspondante peut tirer trente fois le même nombre de balles en une demi-seconde.

Si un sorcier entrait dans le monde moldu pour tenter de le conquérir, ça ne se passerait pas du tout comme tu l'imagine. Ce ne serait pas une victoire simple pendant que la magie fait tout le travail.

Non, la dernière chose que tout le monde au Chemin de Traverse verrait, serait un horrible éclair blanc. »

Justin gémit. Edith sourit vicieusement. « La bombe atomique. Quel invention magnifique. Je suis d'accord, ça ne devrait pas exister. Mais je respecte énormément ce que mes frères et sœurs non-magiques sont capable de faire, de créer, d'imaginer. Parce que comme l'a si bien dit Hannah, j'ai été élevée par des moldus, alors... d'après toi, qu'es-ce que je ferais pour éradiquer mes ennemis ? »

« Tu... mais c'est impossible... »

« Bien sûr que si. » Répondit Edith plus calmement. « Je n'ai jamais été pour les morts inutiles. Surtout les innocents. » Quand les épaules du garçon se relâchèrent, elle siffla furieusement. « Prenant ça en compte, tu devrait réaliser que je ne suis pas cet Héritier de malheur. Mais puis-je exprimer mon mépris envers toi, qui me compare au parasite, au monstre qui a assassiné mes parents !? »

« Je... je pensais... » Bégaya Ernie alors que les amies d'Edith resserraient leur cercle autour d'eux. Aucune ne semblait amicales, elles les fusillaient du regard.

« Tu ne pensais pas. Tu supposait. Les sorciers sont très doués pour ça, d'après ce que j'ai remarqué. »

Edith fit le tour de la table jusqu'à être en face des deux garçons. À présent, ils tremblaient tous les deux de peur. « Si vous pouviez raconter à vos camarades de classe ce que je vous ai dit, je l'apprécierait grandement. Continuez de salir mon nom en me comparant à Vous-Savez-Qui, et je risque de... m'énerver. Compris ? »

« Ou-oui. » Murmura Ernie.

« Parfait. » Dit Edith, souriant calmement. « Tu as trouvé le livre que tu cherchait, Hermione ? »

« Oui, il était sous les conneries de Lockhart. » Annonça Hermione. Edith sourit, et les lumières revinrent quand les filles sortirent de la bibliothèque.

« Potter ! » S'écria soudainement Ernie. Edith s'arrêta. « Ce que tu as dit à propos des moldus... peuvent-ils vraiment nous détruire aussi facilement ? »

« … Nous pourrions causer de nombreux dommages l'un à l'autre. » Expliqua Edith. « Mais c'est en supposant que l'assaut frontal est ton unique option. Un conquérant plus sage le sait... une guerre se gagne par stratégie. C'est pour ça que Voldemort a perdu. » Levant les yeux au ciel en voyant les deux garçons tressaillir en entendant ce nom (vraiment, même Ginny n'avait plus peur en entendant son nom, et elle était plus jeune qu'eux), Edith les laissa réfléchir à ses paroles.


Sally examina les trois Serpentard de cinquième année qu'elle venait de taser. Flora leur donna un coup de pied pour vérifier qu'ils étaient bien inconscients, il valait mieux être sûre.

« Tu es intouchable, maintenant, tu sais ? » Ricana Flora quand Sally lui tendit son taser. « Ces idiots vont passer les prochains mois à essayer de comprendre comment tu as réussi à les blesser alors que tu as trois ans de moins qu'eux. »

« Les sorciers ne supportent pas du tout la douleur, n'est-ce pas ? » Remarqua Sally quand elles continuèrent leur chemin vers la Grande Salle. « À l'instant où mon taser les a touché, ils se sont effondrés comme du papier mâché. »

Flora haussa les épaules. « Quand on sait que l'infirmière peut guérir des os brisés en moins d'une heure, leur douleur est anodine, pas vrai ? »

« Elle peut quoi ? » S'écria Sally, s'arrêtant net pour fixer Flora.

La Serpentard cligna des yeux et passa sa main dans ses cheveux. « Ah oui, j'ai oublié que tu ne connaissait pas la médecine sorcière. Ouais, Pomfresh peut soigner un bras cassé en une heure – peut-être même moins si elle n'est distraite par personne. »

« Mais... c'est génial ! » S'exclama Sally. « Dans un hôpital moldu, un os cassé reste cassé pendant des semaines... combien de personnes pourraient être sauvées grâce à la magie ? »

Flora semblait un peu inconfortable. « Des semaines ? Vraiment ? Ça a l'air... difficile. »

« Est-ce qu'Edith est au courant ? » Demanda Sally rapidement. Quand Flora lui lança un regard confus, elle marmonna. « Je lui en parlerais. La révolution de la médecine... tellement de vies pourraient être changées à jamais. C'est parfait ! »


« Alors c'est une des nouvelles blagues de Fred et George ? » Devina Neville, jetant un regard vers la salle de bains où Seamus vomissait inlassablement.

« Ils l'appellent Pastilles de Gerbe. » L'informa Colin Crivey, un jeune photographe enthousiaste qui idolâtrait Edith et la suivait quasiment partout. « Ils vendent certains de leurs produits pour dix galions. C'est vraiment cool ! »

Neville savait que ni Seamus, ni Dean n'avaient acheté ces produits. Il en avait glissé dans leur nourriture quand il avait entendu qu'ils faisaient partie du harcèlement contre Edith. Fred et George étaient ses complices, et il n'avait pas cherché à leur demander d'où ils venaient.

Par la même, Fred et George les 'distribuaient' à d'autres détracteurs d'Edith (parce que, pourquoi était-elle la Fille Dorée de Serpentard alors qu'elle était CLAIREMENT DESTINÉE À GRYFFONDOR, elle avait été séduite par le côté obscur, évidemment) qui répandaient des rumeurs ou tentaient de faire du mal à Edith devant le reste de l'école.

D'après Fred, Ron et Ginny lui faisaient confiance, ainsi les jumeaux aussi. En général, Edith les surnommait ses Gryffondor préférés, et Neville commençait à voir pourquoi.


Edith entra dans la salle de classe de Lockhart avec Daphne sur les talons. Une réunion entre enseignants était en cours en ce moment, alors il ne reviendrait pas avant au moins une heure.

« Alors Astoria n'est pas sûre de ce qui s'est passé ? » Répéta Edith, jetant un regard inquiet vers la blonde agitée.

« Non. » Daphne serra les dents. « Je l'ai emmené à Pomfresh, et elle a dit qu'il y avait un trou dans sa mémoire laissé par un Oubliette. J'ai essayé d'en parler au professeur Snape et au professeur Dumbledore, mais je me suis fait remballée à cause de ces conneries sur l'Héritier. On pourrait croire que ma petite sœur de onze ans dont les souvenirs ont été effacés et qui n'a plus de t-shirt errant dans les couloirs serait suffisant pour intéresser au moins un professeur ! »

Edith grogna légèrement, tout à fait d'accord.

La raison pour laquelle les deux filles pénétraient dans le bureau de Lockhart était lié à l'heure de retenue qu'avaient eu Astoria et Ginny pour avoir manqué le cours de Défense, parce qu'elle n'apprenaient rien. Une fois après la fin de la retenue, Astoria et Ginny se retrouvèrent devant leur salle commune sans se souvenir de comment elles étaient arrivée là, et elles n'avaient plus de chemises.

Même Tracey n'avait jamais vu Daphne aussi en colère, elle était folle de rage.

Et puisque la salle de classe de Lockhart était le dernier endroit où elles se souvenaient d'avoir été, Daphne avait décidé d'enquêter, emmenant Edith avec elle.

La porte fut déverrouillée d'un simple Alohomora, ce qui devrait être considéré comme étrange puisque la plupart des professeurs mettaient des pièges sur leur porte pour protéger leurs effets personnels. Mais vu à quel point Lockhart était incompétent, Edith n'était pas particulièrement surprise. Elle ouvrit la porte et elles entrèrent.

La pièce était décorée de façon très voyante. Daphne traversa la pièce pour entrer dans la salle attenante, fouilla sur le bureau et cria de colère. Étonnée, Edith la rejoignit.

Daphne tenait en main plusieurs photos. Des jeunes élèves de l'école, la plupart dénudées ; les plus récentes étaient celles de Ginny et Astoria. Leurs chemises étaient pliées sur la chaise près de l'armoire. Et elles étaient plus chanceuses que certaines des filles sur ces photos.

« Espèce de fils de pute ! » Cracha Daphne. « Je vais le massacrer ! »

Edith posa sa main sur l'épaule de Daphne, tentant de contenir son propre dégoût et sa révulsion. « Tu n'es pas la seule. » Elle détestait voir Ginny comme ça, et Astoria serait traumatisée si elle le découvrait... « Il semblerait que Lockhart soit finalement bon à quelque chose : l'Oubliette. Ça doit être pour ça qu'aucune des filles de ne souvient de... tout ça. »

« J'imagine. » Répliqua Daphne, les dents serrées. « Je vais lui arracher le cœur et le bouffer ! »

« Tu ne ferait que te provoquer une indigestion. » Avertit Edith, les lèvres courbées en un sourire involontaire. « Allons trouver le professeur Snape. »

Daphne hocha la tête, toujours autant haineuse, rangeant les photos incriminantes dans sa poche, les deux filles sortirent de la salle.

C'était tard le soir, la plupart des étudiants mangeaient dans la Grande Salle. Edith et Daphne avaient à peine fait quelques pas quand Edith se figea.

« Faim... faim... maître, s'il vous plait... »

« Edith ? »

« S'il vous plait... faim... veut manger... »

« Tu entends ça, Daph ? »

« Entendre quoi ? Ce n'est qu'un sifflement... ça doit être les tuyaux d'eau... » Daphne cligna des yeux quand Edith se mit soudainement à courir vers un autre couloir. Elle avait du mal à suivre son amie, mais elle réalisa enfin qu'elle entendait quelque chose, une sorte de sifflement suraigu qui faisait écho autour d'elles.

Elles arrivèrent aux toilettes des filles – celles qui étaient hantées par Mimi Geignarde – quand Edith s'arrêta net, Daphne lui rentra presque dedans avant que la rousse ne l'entraîne dans un recoin sombre pour les cacher.

Dancia était là, elle fixait le mur d'un air absent, les yeux brillants et le droit si tendu que les deux Serpentard pensèrent immédiatement à une possession ou à l'Impérium. Elle tenait un petit livre noir dans la main. Le journal de Ginny. Réalisa Edith avec consternation. Mais ce n'était pas ce qu'elle regardait. Elle regardait l'énorme créature de plusieurs mètres de haut qui venait d'émerger des toilettes, les écailles couvertes de poussière et de saletés, la bouche ouverte pour révéler des dents de la taille de celles d'un T-Rex.

Edith se positionna devant Daphne, elle savait ce que c'était. Un Basilic.

« S'il vous plait... maître... » Siffla la créature, la voix craquelante et plaintive. C'était une femelle, et elle semblait plutôt jeune. « J'ai dormi tellement longtemps... j'ai faim ! »

Dancia ne dit rien pendant un moment, avant de gronder avec une voix d'homme – Daphne haleta de surprise. « Il y a de la nourriture pour toi ici. Je vais t'y conduire. »

Murmurant mentalement ses plates excuses à son amie, Edith sortit sa baguette. « Stupéfix ! » Dancia, possédée, n'eut même pas le temps de se retourner avant que le sort ne la frappe et la plonge dans l'inconscience.

Les deux filles fixèrent leurs chaussures quand le basilic réagit, grognant et les fixant de ses yeux mortels. « Maître ? »

Edith réagit sans réfléchir. « Elle n'est pas ton maître. Elle est possédée. »

Pendant une seconde, elle pensa avoir compliqué la situation quand la créature approcha son énorme tête vers elles, glissant hors des toilettes pour les rejoindre. Mais au lieu de les attaquer, le serpent se contenta de rester là. « Il n'y a eu qu'une seule personne à me parler. » Dit-elle. « Il s'appelait lui-même mon maître, et il était le seul à me nourrir. »

« Depuis combien de temps es-tu là ? » Demanda Edith, ne voyant pas que Daphne la regardait avec émerveillement. Elle ne réalisait pas que ce qu'elle pensait être de l'anglais était en fait le sifflement d'un serpent.

« Très longtemps. » Répondit le basilic, la tristesse présente dans la voix. « J'ai dormi très longtemps, depuis que Père est mort. Quand le Maître est arrivé, il était cruel et malveillant. Il ne me laissait rien manger d'autre que les araignées dégoûtantes de la forêt. »

« Je suis désolée pour ça. » Edith parvint à une réalisation consternante. « C'est toi qui a changé Ron en pierre – ton regard est mortel quand tu regarde quelqu'un directement dans les yeux, mais pas quand c'est indirectement ! »

« Qu'est-ce qu'un... Ron ? » Demanda le basilic, confus.

« Le garçon, il y a quelques jours. » Expliqua posément Edith, tentant de garder la créature amicale et calme.

« Oh. Était-il un frère ? Un Compagnon ? Je suis désolé. Je faisais juste ce que mon Maître attendait de moi. » Expliqua le basilic, il avait l'air d'un enfant grondé.

« C'est un ami. Mais ça va. Tu ne lui a pas fait de mal, et je ne peux pas te reprocher de vouloir manger. Tout le monde en a besoin, après tout. »

« Vraiment ? Vous êtes très gentille. » Le basilic tourna la tête vers la droite. « Pouvez-vous me donner quelque chose à manger ? S'il vous plait ? »

Edith se tourna vers Daphne, plus particulièrement vers la poche où elle avait rangé les photos incriminantes. « Oui... je pense qu'il y a bien quelque chose que je peux te donner. » Les yeux de Daphne s'écarquillèrent avant qu'elle ne laisse échapper un cri de triomphe.

« Vraiment ? C'est merveilleux ! S'il vous plait, montrez-moi. Je fermerais les yeux jusqu'à ce que vous me disiez de les rouvrir. » Le basilic était heureux, Edith sourit, regardant la créature pour la première fois. Elle était magnifique, une fois qu'on passait outre la saleté qui la recouvrait (tout le monde ressemblerait à ça après des siècles à dormir sous des toilettes.

« Ouvre le chemin, Daph. »

Elles n'eurent pas à attendre longtemps – Lockhart n'aimait pas parler aux autres professeurs trop longtemps, de peur qu'ils ne découvrent qu'il n'était qu'un escroc. Il se rendait toujours à son bureau après le dîner, juste à côté de sa salle de classe.

Alors quand Lockhart traversa le couloir et entra dans sa classe, il vit Edith, Daphne et un serpent massif. Edith sourit, siffla, et le serpent ouvrit les yeux. Lockhart n'eut même pas la chance de crier.

« As-tu un nom ? » Demanda Edith au Basilic alors qu'elle se précipitait joyeusement vers le premier repas qu'elle avait depuis plusieurs siècles.

Le basilic sembla pensif un instant, mâchant toujours les morceaux de Lockhart. « Mère m'a nommée Amanda, mais Père me surnommait Ama. J'aime bien Ama. Ça me rappelle Père. »

« Très bien, Ama. Je suis Edith. Ravie de te rencontrer. » Lui dit Edith avec un sourire. « Et si on te ramenait chez toi, je dois retrouver mes amis. »


« Tu es Fourchelangue ! » S'écria Tracey, émerveillée.

Dancia dormait paisiblement sur son lit, Edith et Daphne l'avaient ramenée après avoir envoyé leur nouvelle amie dans son repaire. Edith avait aussi récupéré Tracey en chemin pour avoir un alibi au cas ou – étant donné qu'Ama venait de dévorer Lockhart, elles avaient peu de chance d'être suspectées, mais mieux vaut prévenir que guérir.

« Je suppose. Ça ressemblait à de l'anglais pour moi, j'ignore si c'est normal. » Admit Edith.

« Tu ne savais pas que tu pouvais parler aux serpents ? » Demanda Tracey, surprise.

« Je n'ai jamais eu l'occasion de le découvrir. » Répondit Edith en haussant les épaules. « C'est un peu compliqué vu que les serpents ne sont pas des animaux qu'on rencontre tous les jours. »

« Alors vous avez rencontré le monstre de la Chambre des Secrets ! » Quand son amie rousse la regarda avec confusion, Tracey continua. « Il y a une vieille légende dans l'école, comme quoi il y a longtemps, Serpentard et Gryffondor ont eu une énorme dispute sur la place des nés-moldus dans l'école. D'après la légende, Salazar a construit une salle, et y cacha un monstre que seuls lui-même et ses Héritiers pourraient contrôler. C'était sensé protéger les étudiants de qui que ce soit qui pourrait leur vouloir du mal. Le monstre doit être le Basilic ! »

« Elle s'appelle Ama. » Corrigea Edith machinalement. « Alors il semblerait que je sois bien l'Héritière, après tout. »

« Oh, ne laisse pas le directeur t'entendre dire ça ! » S'écria Daphne avec humour. « Il est déjà suffisamment rancunier sur le fait que tu n'ait pas été répartie à Gryffondor. »

« Mais honnêtement, ça n'a pas de sens. » Contra Flora. « Une grande partie de l'influence de Voldemort vient du fait qu'il affirmait être le dernier Héritier de Serpentard. Comment pourrais-tu l'être aussi ? En plus, ce n'était pas toi, le Maître qui commandait Ama avant que tu n'arrive à lui parler. »

Sur ces mots, tous les regards se tournèrent vers Dancia.

« Eh bien, je suppose que la première suspecte mais la dernière possibilité serait évidemment une Malfoy. » Tracey ne semblait pourtant pas convaincue par ce qu'elle venait de dire.

Edith secoua la tête. « Si Dancia était l'Héritière, nous le saurions. Nous partageons notre dortoir avec elle depuis un an et demi. »

Dancia doutait énormément d'elle-même, de ce que son père lui avait répété toute son enfance, et Edith avait grandement nourrit cette confusion. Elle savait qu'elle pouvait faire confiance à Dancia, et rien de ce qui n'était arrivé ne lui ressemblait.

« Et c'est quoi, ce truc ? » Hestia pointa du doigt le journal que Dancia tenait pendant l'incident. « Dancia n'est pas le genre à avoir un journal. » Ses doigts caressèrent le nom inscrit sur la tranche du journal et elle pencha la tête sur la droite. « Tom Marvolo Riddle... étrange. Je ne connais personne de ce nom. »

« Tom Marvolo Riddle... Tom Marvolo Riddle... » Répéta Edith en fronçant les sourcils. Ce nom semblait vaguement familier, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. « Je ne sais pas. Une idée ? »

Elles haussèrent les épaules. « Je crois qu'un Tom Riddle a été cité pour services rendus à l'école dans la salle des trophées. » Dit Tracey. Quand ses amies lui lancèrent un regard étrange, elle rougit. « Je me suis cachée là-bas pour éviter Smith en allant voir Susan. »

« Huh. Tu sais pour quel service il a été récompensé ? » Demanda Edith.

« Il me semble qu'il a découvert le responsable d'un meurtre ou quelque chose dans le genre. » Expliqua Tracey. « Il a attrapé le criminel responsable, grâce à son irresponsabilité et sa négligence, de la mort de Myrtle Warren, une née-moldue de troisième année. »

« Alors ça, c'est familier. » Déclara Flora.

Toutes prirent un moment pour arriver à la même conclusion. Edith eut soudain un air pensif sur le visage. « Hm. Tracey, est-ce qu'il y a un moyen pour nous de faire des recherches sur cette affaire ? »

« Oui, il y a de nombreux livres concernant les détails des récompensés directement dans la salle des trophées. Je n'ai pas eu le temps de regarder, mais c'est définitivement là. »

« Génial. Flora, Hestia, conduisez Dancia chez Pomfresh. Quoi qu'il lui soit arrivé, il est possible que ça fasse toujours effet. »

« Compris. » Dirent en cœur les jumelles. « Si elle nous demande ce qu'il s'est passé, on lui dira que des abrutis à Gryffondor lui sont tombés dessus. » Ajouta Flora.

Prenant le journal, Edith l'enferma dans un compartiment secret dans sa malle, la ferma et la glissa sous son lit. « Si quelqu'un demande, le journal a disparu. Tracey, Daphne, venez avec moi, essayons de trouver quelque chose sur la mort de cette née-moldue. »

Sifflant, elle appela Tristan à elle. « Et toi, mon grand, tu fais le guet pour nous. » Dit-elle avec un petit sourire.

Le groupe se sépara, Tracey, Daphne et Edith se faufilèrent dans les couloirs – un couvre-feu avait enfin été instauré et elles devaient être prudentes pour éviter Rusard, qui était encore la seule personne à surveiller l'école, même alors que Ron et une née-moldue nommée Jessie White avaient été pétrifié.

La salle des trophées était facile à trouver, et constamment déverrouillée. Tracey entra et conduisit ses compagnes jusqu'au placard qu'elle avait remarqué quelques jours plus tôt.

« Et voilà, Thomas Riddle Jr, services rendus à l'école... ça date des années 40. Comment pourrait-il avoir encore de l'influence s'il a plus de 60 ans ? » Se demanda Tracey à haute voix.

Pendant ce temps, Edith récupéra le manuel posé sous les vitrines et le feuilleta jusqu'à trouver la photo et les mémoires de Riddle. « … une série d'attaques résultant en la mort de Myrtle Warren, née-moldue de troisième année. Tom Riddle appréhenda Rubeus Hagrid, qui éleva et cacha l'Acromentule responsable de sa mort. » Lut-elle.

« Hagrid ? » S'écria Tracey. « Ils pensent qu'Hagrid a ouvert la Chambre ? Mais il est inoffensif ! Il est un putain de demi-géant pour l'amour de Merlin, il est exactement le genre de personne qu'Ama est sensée vouloir tuer ! »

« Je suis d'accord, ce n'est définitivement pas Hagrid. » Ajouta Edith. « Tu penses qu'il sera d'accord pour nous raconter sa version de l'histoire ? »

« Je ne compterait pas là-dessus ; il est mentionné qu'il a été renvoyé pour ça. C'est probablement un sujet sensible pour lui. » Intervint Daphne.

« Mais si nous prouvons que lui et ses créatures n'ont pas pu être responsables ? C'était forcément Ama, ça ne pouvait pas être une araignée, quelle que soit sa taille ou sa dangerosité. Elles ne peuvent pas causer la mort de la même manière qu'Ama. » Argumenta Edith. « Si on prouve notre théorie, il sera innocenté, exonéré. J'imagine qu'il adorerait ça. »

Tracey semblait enthousiaste. « Tu as raison. Et Hagrid mérite bien d'être reconnu innocent ! »

« Nous lui demanderons demain. » Suggéra Daphne. « L'accès au parc n'a pas encore été interdit, alors je ne vois pas pourquoi on nous empêcherait d'aller le voir. »

« Est-ce qu'on va leur livrer Ama ? » S'inquiéta Ama, un peu mal à l'aise à cette idée.

« Non. » La rassura immédiatement Edith. « Et je ne pense pas qu'on ait à le faire. Ils chercheront dans toute l'école, mais je lui demanderais de se cacher dans la forêt pendant qu'ils le feront. Vu l'inutilité habituelle du Ministère, ils ne sont absolument pas une menace pour elle. »

« Alors, je suppose qu'elle est ton nouvel animal de compagnie ? »

« Personne n'a dit qu'on ne pouvait avoir qu'un seul familier. » Répondit Edith avec un sourire carnassier. « En plus, je ne pourrais jamais lui faire du mal après l'immense service qu'elle a rendu à l'école ! »

Tracey ne comprit pas vraiment pourquoi Daphne éclata de rire en entendant la phrase de leur amie.