Réponses aux RAR à la fin du chapitre


Chapitre 14 : Un assistant réfractaire et un amant furieux


Lundi 26 février

Le cours est terminé et Kira est en train de distribuer les copies que le professeur Urahara a corrigées. Il observe ce dernier à la dérobée, tout en progressant avec difficulté entre les rangées. Les élèves qui ont reçu leur feuillet se lèvent aussitôt pour rejoindre leur prochain cours, ce qui créé un beau bazar entre les paillasses.

De son côté, Urahara répond aux quelques question d'après cours, en rangeant sa sacoche. Il est de bonne humeur. Mais ne l'est-il pas constamment ? Une petite brune avec un visage de poupée écoute sagement ses propos, et se faisant lui lance un petit sourire en coin comme une invitation. A laquelle, très joueur, il répond par une allusion coquine qui fait rire la donzelle et tous les étudiants autour d'eux.

Le seul à ne pas partager l'enthousiasme ambiant reste Kira qui s'est rapproché à grands pas.

- « J'ai toutes les copies, professeur. »

- « Bien, bien. Mes chères élèves, je vous retrouve après-demain pour de nouvelles expériences », chantonne le professeur en faisant un geste guilleret de la main.

C'est le signal pour que l'attroupement des suivants se dissipe dans un gentil brouhaha. Sans un regard pour son assistant, Urahara pose sa sacoche en bandoulière sur son épaule et sort dans le couloir.

Décontenancé par l'indifférence de son supérieur, Kira le suit les sourcils froncés. Il se demande si l'homme est au courant de son intervention dans le petit jeu que lui et ses amis ont élaboré. Pas un instant, il ne doute de la légitimité de son action, et pas un instant, il n'a pensé aux conséquences. Il s'est juste dit que c'était son droit d'agir ainsi, parce qu'il est amoureux du blond et qu'il est convaincu que tôt ou tard, celui-ci succombera. Faire face à Urahara est une chose qu'il ne craint nullement, mais il s'en est pris indirectement à Aizen et Jaggerjack et dans son amour infini, il n'a pas songé une seconde qu'il devrait aussi leur faire face.

Les deux hommes parviennent enfin à leur bureau. Urahara est toujours silencieux comme une tombe. Et Kira en arrive à se demander s'il compte l'ignorer longtemps. Pas que ça le gêne, il est patient. Bien plus patient que la moyenne des gens.

- « Kira, ferme la porte. Nous devons parler. »

Un sourire prétentieux vient ourler les lèvres du plus jeune. Son amour lui parle de nouveau. Il veut même passer un peu de temps avec lui, seul à seul.

- « De quoi souhaitez-vous parler, professeur ? »

Le chimiste pose sa sacoche sur une chaise à proximité de son bureau. Il prend la peine de s'installer confortablement dans son grand fauteuil, avant de poser un regard froid sur son assistant.

- « De ton ingérence dans ma vie privée, pour commencer. »

L'étudiant n'est pas impressionné par le ton mortellement sérieux de son vis-à-vis. Au contraire, lui qui rêvait d'avoir ce genre de conversation avec lui, va enfin pouvoir appuyer son point de vue. Pour lui, le point de vue d'un homme amoureux. Pour n'importe qui d'autre, le point de vue d'un harceleur.

- « Mais bien sûr, professeur. Puis-je m'assoir ? », demande-t-il avec un grand sourire en attrapant l'un des chaises disposées devant le bureau.

- « Je préfère autant que tu restes debout. »

Le blond n'est pas froissé. Au bout du compte, être debout est un avantage. Urahara estime peut-être qu'étant debout face à lui qui prône derrière son magnifique bureau en chêne, il lui est supérieur, mais il se trompe. D'une certaine manière, Kira le domine aussi, par la taille. Cette égalité est un sentiment réconfortant pour le plus jeune.

- « Alors dis-moi, qu'est-ce qui t'a pris d'aller me suivre et fourrer ton nez dans ce qui ne te regardait pas ? »

- « Je crois au contraire que cela me regardait. Et vous le savez aussi bien que moi. Je pense en outre avoir rendu service à un jeune homme qui me semble être quelqu'un de bien. Je suis d'ailleurs étonné de ce choix peu judicieux. »

- « Allons donc ! Que veux-tu dire par là ? »

Kira croise les bras sur sa poitrine, éclatant d'un petit rire qui n'a rien de naturel.

- « Je veux dire, l'avez-vous bien regardé ? »

- « Oui, de près même », répond Urahara au souvenir du peu de temps passé près de son cher Ichigo Kurosaki.

- « Enfin, vous avez quand même réalisé que la couleur de ses cheveux est abominable ! »

- « Je les trouve somptueux. Une crinière étincelante comme le feu », rétorque d'une voix douce Kisuke, les yeux perdus dans une rêverie qui semble parfaite.

Trop parfaite au goût de l'autre blond qui décroise brusquement ses bras pour serrer ses poings contre ses flans. Un éclat de colère vient de traverser les iris bleus et Urahara affiche pour l'occasion un joli sourire narquois, juste pour énerver Kira.

- « Vous dites cela pour me faire enrager, je le sais. Je ne peux pas croire que vous puissiez être attiré par un personnage aussi commun. Un vulgaire fleuriste ! »

'Ne dis jamais ces mots devant Sosûke, mon cher Izuru. Sinon, tu t'en repentiras !', songe le professeur, avant de marquer un temps d'arrêt pour évaluer l'état de colère de son adversaire et envisager la direction que doit prendre leur petit duel verbal.

- « Kira, ce n'est pas à toi de discuter de mes préférences et de ce que je fais en dehors des murs de cette université. Et même encore là, tu n'as pas à t'immiscer dans des questions personnelles. Aller me prendre en filature, car c'est bien ce que tu as fait, c'est de la folie pure ! »

- « Mais je… »

- « Il suffit ! » La voix d'ordinaire si posée d'Urahara vient de gravir un échelon. « Tu dépasses les limites de ce qui est acceptable. Passe encore que tu m'abreuves à journée entière de regards énamourés, mais que tu ailles jusqu'à m'espionner et me suivre, il en est hors de question ! »

Pour la première fois depuis quatre ans qu'il le côtoie, Kira peut voir Urahara en colère. Les yeux plissés mais le regard clair, les coudes posés sur le bureau tel un souverain et l'attitude droite induisant une sorte de puissance, tout, il aime tout de cette nouvelle facette. S'il n'était pas embourbé dans des sentiments non partagés, il se rendrait compte à quel point son jugement est faussé. Car Urahara n'est pas plus puissant aujourd'hui qu'hier.

D'ailleurs, l'homme voit bien que son assistant n'est pas convaincu. Preuve en est qu'il est présentement en train de le regarder avec des yeux de merlans frits, le faisant se demander si au-delà de ses compétences en chimie, ce garçon n'est pas un peu limité question cerveau. Il va falloir qu'il change de tactique, puisque les gros yeux et la voix forte n'ont pas marché. Il ne souhaitait pas en arriver là. Il aurait aimé que Kira affiche un air coupable et repentissant, lui abjurant qu'il ne l'importunerait plus. C'était trop demander à cet avorton bourré aux hormones de l'amour éternel. Puisqu'il faut sortir la grosse artillerie, il va le faire sans hésiter.

- « As-tu idée de la gravité de tes actes ? Je pourrais te faire virer de l'université, si d'aventure je portais plainte. »

Voilà, c'est fait. Des mots lourds de sens et un ton doucereux à la frontière entre l'appel à la raison et la menace.

Pourtant, c'est un fiasco.

- « Oh, mais vous ne le ferez pas », lui affirme l'autre avec un air machiavélique. « Si vous le faites, je raconterais toutes vos magouilles, les vôtres et celles du professeur Aizen. Et même celles de Jaggerjack. Au passage, je me demande comment vous pouvez être ami avec cette brute. Enfin, peu importe. Si j'allais crier sur les toits cette histoire de pari. Bien sûr, vous êtes libres tous les trois de faire ce que bon vous semble en dehors de ces murs, pour reprendre votre expression. Mais je suis certain que l'administration ne verrait pas d'un très bon œil votre vie de dépravés à tous les trois. Sans compter que les étudiantes d'Aizen seraient inconsolables de savoir que le très cher professeur joue dans l'autre cour. »

Un air de victoire absolue vient d'envahir le visage du jeune blond alors que celui de la défaite a recouvert celui de Kisuke Urahara. Il est comme figé par l'angoisse.

- « Mon dieu, Kira, je suis désolé. Pendant tout ce temps, je ne m'étais pas rendu compte à quel point tu étais atteint », murmure Kisuke sur un ton affligé.

- « N'essayez même pas de me faire culpabiliser. Je suis sain d'esprit. Ça vous arrangerait bien que je sois fou, mais ce n'est pas le cas. Je vous aime, depuis que je vous ai vu. Et je sais que vous finirez par m'aimer aussi. C'est tellement évident nous deux. »

Kira vient de poser ses deux mains sur le bureau. Il se penche vers l'avant, se rapprochant d'Urahara qui, instinctivement s'est reculé.

- « Oui, un jour vous m'aimerez comme je vous aime. Et vous comprendrez alors que tout ça, c'était idiot. Je ne vous en veux pas parce que vous ne savez pas encore. Vous ne savez pas que vous avez besoin de quelqu'un pour remplir le vide de votre vie, de quelqu'un qui vous est prédestiné. Une âme sœur qui vous complètera en tout point. Et je suis cette personne. Avec moi, vous ne serez plus seul. »

- « Je ne le suis plus, Kira », dit doucement Urahara.

- « Pardon ? »

- « Tu as très bien entendu. Je ne suis plus seul, j'ai un petit ami. »

- « C'est tout ce que vous avez trouvé ? Vous allez me dire qu'il s'agit du fleuriste… Oh non, ne répondez pas. De toute façon, je ne vous crois pas. Vous m'appartenez, Kisuke. Je peux vous appeler Kisuke ? »

- « Certainement pas ! »

- « Peu m'importe. Lorsque vous aurez réalisé que nous sommes faits l'un pour l'autre, ce jour-là, je gémirai votre prénom et vous pourrez gémir le mien. »

Les yeux d'Urahara sont écarquillés de dégoût, pour l'image mentale de lui et de l'autre blond, et d'effroi, parce qu'il a peur de ce jeune homme qu'il a toujours cru inoffensif. Il prend une grande inspiration. Il espère faire appel au bon sens de Kira, si tant est qu'il en soit encore pourvu.

- « Kira, crois-moi, j'ai quelqu'un dans ma vie. C'est très récent et… »

- « Je ne veux rien d'entendre de vos délires », le coupe l'autre. « Je vous laisse car j'ai un cours maintenant. Sachez seulement que vous et moi n'en aurons jamais terminé. Car notre histoire ne fait que commencer. »

Sur cette belle déclaration, Kira tourne les talons et sort du bureau, laissant un Kisuke bien embêté.

- « Mes délires ? C'est le monde à l'envers. »


Dans un autre quartier de la ville de Karakura, le bruit d'un carillon annonce l'ouverture de la porte d'un magasin.

- « Salut Ichigo ! La vie est belle ? »

Le balèze aux cheveux rouges qui vient d'entrer, a les bras chargé d'un carton contenant des orchidées.

- « Salut Renji, ça peut aller. Toi, t'as l'air d'avoir la pêche. Tu as encore deux rencards ? »

- « Pfft ! Même pas. Je n'ai pas autant de succès que toi. »

- « Mais bien sûr, tu vas me faire pleurer ! Bon, je vois que tu as pu avoir mes orchidées ? »

- « Pas toutes. »

- « QUOI ? Mais, j'en ai déjà vendu trois, ne me dis pas que… »

- « Arrête de paniquer. J'en ai cinq sur les dix que tu m'as demandés. »

- « CINQ ? Bon sang, je ne tiendrais jamais jusqu'à jeudi. Dis-moi que tu vas pouvoir m'en avoir. Et puis déjà, pourquoi tu n'en a pas ? »

- « Eh c'est l'amour qui t'excite comme ça ? », fait le grand rouge en s'esclaffant.

Ichigo passe automatiquement en mode renfrognement, accompagné de la désormais habituelle rougeur sur les joues, ce qui fait redoubler de rire le livreur.

- « Je ne vois pas le rapport. Comment veux-tu que je tienne sans orchidée ? C'est ma meilleure vente, et en plus, ce n'est pas un produit que je peux remplacer par un autre. Les adeptes de l'orchidée sont des fidèles. Il n'aime pas cette plante, il la vénère. Tu peux bien leur présenter n'importe quoi d'autre, il te regarde comme si tu venais de commettre un sacrilège. »

Renji a les bras croisés sur sa poitrine et regarde toujours Ichigo en se fendant la poire.

- « Adepte, vénérer, sacrilège, bah dis-donc, tu m'en sors des jolis mots aujourd'hui. Bon sérieusement, je fais tout mon possible, mais figure-toi qu'une livraison a été repoussée à demain. Le camion a été bloqué je sais pas trop où… »

- « Et tu ne disais rien ! », reproche le rouquin après un soupir de soulagement.

- « Comme si j'avais pu en placer une ! Sinon, comment ça se passe avec ton professeur de littérature ? »

Et c'est reparti ! Encore un fan de la vie tumultueuse d'Ichigo Kurosaki. Ce dernier lève les yeux au plafond, bien qu'il sache qu'il n'y coupera pas. Il a suscité une sorte de curiosité malsaine chez pas mal de gens et dieu sait qu'il aimerait que cela cesse.

- « Ça se passe doucement. Tu sais… on prend le temps de se connaitre… »

- « Ça veut dire qu'il t'a embrassé, puisqu'il l'avait déjà avant que vous ne sortiez officiellement ensembles », affirme le livreur, sans essayer de se faire confirmer par le principal concerné. « Ce que je me demande, c'est s'il est allé plus loin. Genre un pelotage en règle ou une pipe », rajoute-t-il après un instant.

- « T'es con ! On était au parc impérial, un dimanche après-midi. Il y a toujours une foule de gens avec des tas d'enfants. »

- « Ah oui, évidemment ça facilite pas les choses. Y'a bien les bosquets, mais faut toujours qu'il y ait un gosse qui débarque au plus mauvais moment. Non, c'est décidément pas le bon endroit. »

Ichigo porte désormais un regard effaré sur le livreur. En une seconde, il imagine Sosûke en train de lui faire un petit plaisir à l'abri des regards, lorsqu'il voit débarquer le petit garçon à qui il a donné du pain. Il se secoue la tête pour faire sortir cette image horrible.

- « Je ne veux pas savoir », se contente-t-il de commenter face à la révélation dérangeante.

- « Oh allez, t'as jamais fait un truc comme ça dans un endroit public ? C'est super excitant. »

- « Non. Jamais je ne me donnerai en spectacle. »

- « Faut jamais dire jamais, Ichigo. Et puis, tu sais, l'idée c'est de ne pas se faire prendre. »

- « Pourtant, tu t'es fait gauler, gros malin ! »

- « S'il te plait, parle pas de gaule car ce jour-là, je l'avais. Et j'ai bien été obligé de repartir avec, puisque le gosse s'est à crier 'maman, pourquoi le monsieur y fait pipi dans la bouche de la dame ?'. J'me suis jamais rhabillé aussi vite de toute ma vie. »

Malgré lui, Ichigo est mort de rire sur son comptoir. L'imitation d'un gamin braillard, alliée à l'image de Renji pris la main dans le sac, ou plutôt la bite à l'air, c'est trop.

- « En fait, c'est l'interdit qui est excitant. Le fait que tu puisses de faire surprendre. Je l'ai déjà fait dans pas mal d'endroit. Un ascenseur, une laverie automatique, le placard de ma grand-mère le jour de ses quatre-vingt ans… »

Et le rouge de continuer d'énumérer en comptant sur les doigts de sa main tous les endroits insolites dans lesquels il a joué au docteur. Et Ichigo de le regarder avec des yeux ronds comme des soucoupes. Une chose est certaine, on ne s'ennuie jamais avec Renji.

Le téléphone interrompt de façon stridente la litanie du livreur tatoué. Étonnamment, il sonne aussi le glas de la pause qu'il s'est octroyée. Un grand signe à l'attention d'Ichigo et le voilà reparti pour de nouvelles aventures au bord de sa camionnette.

- « Le langage des fleurs à votre service. »

- « Bonjour, Kurosaki-kun. »

Peu importe la manière dont évoluera leur relation, mais il n'en reste pas moins qu'encore maintenant, Ichigo a la chair de poule en attendant cette voix grave si sensuelle.

- « Vous êtes toujours là ? »

- « Oui, oui. Excusez-moi, Aizen-san. J'étais perdu dans mes pensées.»

- « J'espère que je faisais partie de ces pensées. » Un temps mort s'instaure encore une fois. « Je ne me formaliserai pas si tel n'était pas le cas. »

- « Oh non, je ne voulais pas dire… enfin si », bredouille le fleuriste.

Il ferme les yeux pour calmer l'agitation en lui. Foutues idées et foutu Renji qui les a implantées dans son cerveau. Et par-dessus le marché, il n'arrive pas à les ignorer. Ajoutez la voix qui lui envoie des frissons des pieds à la tête, le souvenir des baisers qu'il a échangés avec Aizen hier et un soupçon des scènes décrites par le rouge, et vous obtenez un Ichigo rouge coquelicot avec une protubérance au niveau de l'entrejambe. C'est tellement gênant. Il n'a jamais bandé sur son lieu de travail.

- « Je vous dérange peut-être ? »

- « Euh… non, pas du tout... je n'ai pas de client pour le moment. À vrai dire, je viens de réceptionner une commande. »

- « Oh, alors vous étiez occupé avec un beau livreur », tente Aizen pour détendre l'atmosphère. Qui sait, l'humour permet parfois de faire oublier aux gens leur stress.

- « Pas la peine de le crier trop fort, il est déjà suffisamment sûr de lui comme ça », bougonne Ichigo sans se rendre compte qu'à l'autre bout de la ligne, un trentenaire est sérieusement en train de s'inquiéter.

- « Donc, votre livreur est du genre bel homme », énonce lentement le brun.

- « Oui, du genre à papillonner et à parler de sexe comme du beau temps. Vous vous rendez compte qu'il était en train de… »

Il s'interrompt, réalisant enfin l'ampleur de sa bêtise. Il s'apprêtait à répéter à l'homme avec qui il envisageait mentalement de s'adonner à des pratiques que les bonnes mœurs qualifieraient d'outrageantes, ces mêmes pratiques dont Renji se sent si fier. Bien entendu, il n'est pas conscient qu'en arrêtant sa phrase, il suppute chez son interlocuteur tout un tas de choses pas très catholiques, et de ce point de vue, Aizen en connait un rayon.

- « Vous faire quoi, Kurosaki-kun ? », demande ce dernier sur un ton polaire.

- « Il… non, je ne peux pas vous le dire, c'est trop gênant. »

- « Kurosaki-kun, vous avez sans doute compris que j'étais assez possessif. Par conséquent, laisser libre court à mon imagination, n'est pas la meilleure chose à faire. »

La voix qu'il aime tant vient de monter d'un cran dans la froideur. Mieux, elle vient de dégringoler les graduations du thermomètre, avoisinant l'ère de la glaciation. N'étant plus troublé par sa douceur, Ichigo peut à loisirs se concentrer sur leur conversation jusque-là, et comprendre qu'il a laissé une porte un peu trop grande ouverte.

- « OH non, je ne voulais pas dire qu'il me faisait des… non, il m'expliquait des trucs. Renji et moi, non sûrement pas ! Déjà, je n'aime pas trop les tatouages et Renji en est couvert. Donc pas d'inquiétude. »

- « Me voilà rassuré. J'aimerais néanmoins savoir ce qu'il a bien pu dire pour vous mettre dans un tel état de stress. Et ne me dites pas rien, je ne vous croirais pas. »

- « Eh bien… il me parlait des endroits dans lesquels il lui arrive de faire des trucs… sexuels, vous voyez. »

Un rire cristallin résonne dans le combiné, séduisant un peu plus Ichigo.

- « Et je suis sûr que cela vous a gêné. Vous avez un côté innocent, Kurosaki-san, que je trouve particulièrement adorable », fait remarquer le brun en continuant de rire.

Piqué au vif, Ichigo plisse les yeux. Si Aizen le voyait en ce moment, il cesserait de rire. Parce que le jeune homme n'a rien d'innocent ou d'adorable. Il est mécontent et surtout il y a une petite étincelle dans ses yeux, qui laisse deviner une envie de rabattre le caquet de son ainé. Il commence à en avoir marre de tous ces gens qui le prennent pour un bleu quand il s'agit de sexe.

- « En effet, je reconnais avoir été gêné. Il m'a dit qu'une fois, il s'était fait faire une petite gâterie dans un parc. Après le moment que nous avons passé hier, mon imagination m'a un peu emporté et j'avoue… comment dire… nous avoir imaginés dans la même position. Je suis donc un peu tendu. Ce qui justifie certainement mon embarras comme vous dîtes. »

Ichigo est fier d'entendre l'autre déglutir à l'autre bout du fil. Aizen vient de prendre pour tous les autres, mais il n'en ressent aucun remord. Après l'avoir décontenancé avant-hier, il vient de lui clouer le bec. Finalement, il se débrouille plutôt pas mal en relations.

- « Je suis flatté de faire naître ce genre d'images dans votre esprit, et vous avez bien de la chance que je ne puisse annuler mon prochain cours, car croyez bien que je serai venu vous soulager. »

Le ton a changé. D'une conversation badine, ils sont passés à un contenu plus adulte, et les propos d'Aizen sonnent comme une promesse aux oreilles rougies d'Ichigo. Pourtant, il enfonce le clou en continuant sur un ton à la limite de la raillerie, protégé qu'il est dans son magasin.

- « Quel dommage ! Tant pis, ma main devra s'y coller. J'ai encore la gauche de valide. Ce ne sera pas la perfection mais je devrais m'en contenter. »

- « J'espère que c'est mon visage que vous verrez lorsque votre main aura libéré toute cette tension. »

Ichigo commence à avoir sérieusement chaud, mais l'échange lui plaît. Il est conscient d'être en train de tester ses limites et celles d'Aizen. Tout comme il sait que l'autre le lui fera payer d'une manière ou d'une autre. Il est en train de défier plus fort que lui, et seule l'excitation le transporte.

- « Et à part vouloir m'offrir votre… aide, vous appeliez pourquoi au juste ? »

- « Pour vous inviter à dîner jeudi soir. J'ai réservé dans un italien, vous n'oseriez pas me faire faux bond ? »

- « Où et quand ? », répond Ichigo très sûr de lui.

- « Dix-neuf heures, près de la grande esplanade. »

- « J'y serais. A mercredi, Aizen-san. »

- « Au revoir, Kurosaki-kun. »

Quand il a raccroché, Ichigo ouvre la bouche en grand, esquissant un grand 'o'. Maintenant qu'il n'est plus dans l'échange, il redevient lucide.

- « Bon sang, qu'est-ce qui m'a pris de le provoquer ! »

Du côté de l'université, un brun n'a toujours pas reposé le combiné de téléphone. Appuyé dans son fauteuil, il le tient en suspens contre ses lèvres qui s'étirent en un sourire.

- « Mon petit Ichigo rêve que je le prenne dans ma bouche. À moins qu'il ne rêve de me prendre dans la sienne. Il va falloir remédier à cela. Ichigo Kurosaki, tes rêves deviendront bientôt réalité. »


Kisuke pousse un grand soupir lorsqu'il parvient devant la porte du loft de son petit ami. Il est las de sa journée, physiquement et moralement. L'échec de sa conversation le ramène à son problème actuel : comment annoncer à Kensei que Kira est toujours un caillou dans leurs godasses ? Vu la façon dont il a réagi au restaurant, le kinésithérapeute risque fort de s'en mêler et Kisuke pourra difficilement s'y opposer.

Rien ne sert cependant de reculer. Kensei sait qu'il est en chemin puisqu'il lui a répondu dans l'interphone. Il pose la main sur la poignée et l'abaisse pour ouvrir.

- « Je suis là ! », lance-t-il pour s'annoncer.

L'argenté sort de la cuisine en s'essuyant les mains sur un torchon. Il jette le bout de tissu dans la cuisine et se dirige vers le nouvel arrivant qui, débarrassé de son manteau et de sa sacoche, est en train de se déchausser. Lorsqu'il se redresse, deux bras viennent encercler sa taille et rapprocher son corps d'un autre plus musclé. Il lève la tête et voit une bouche se rapprocher de la sienne, l'emportant dans un baiser doux et possessif.

Il n'aura pas mis longtemps avant de s'habituer à ce geste quotidien de la part de Kensei. Il ne se serait jamais douté que celui-ci soit si câlin, la possessivité ne le surprenant pas outre mesure. Et alors que la pensée de ce crampon de Kira lui revient en pleine face, il comprend qu'il ne veut pas perdre cela.

- « Tu es distrait, Kisuke ? »

- « Non… pourquoi serais-je distrait ? »

- « Eh bien, disons que tu sembles ailleurs quand tu m'embrasses. D'habitude, tu t'embrases entre mes bras », insiste l'argenté en suçotant l'un de ses lobes d'oreille.

- « J'ai eu une journée chargée. »

Kensei se redresse soudainement, plongeant son regard dans le sien. Son air devient vite soupçonneux face au malaise que Kisuke essaie et ne parvient pas à cacher. Il a tôt fait de faire le rapprochement avec Kira. Il relâche le blond et pose les mains sur les hanches.

- « Ça s'est mal passé ? »

Kisuke baisse les yeux, pas très fier de lui. Il ne sait pas de quelle façon aborder la vraisemblable pathologie de son assistant, à savoir une obsession aigüe pour sa personne.

- « C'est à ce point ? »

- « Oui », soupire le blond. « Disons que Sosûke avait parfaitement raison et que Kira semble aussi psychologiquement atteint que la petite Hinamori. »

- « Allez, viens t'assoir par ici. Tu me racontes tout depuis le début. »

Poussé par son amant, Kisuke se dirige vers le salon comme un condamné vers le gibet. Une fois arrivé, il vient poser ses fesses sur le canapé en cuir céladon, imité en cela par l'argenté. Ce dernier ne cesse de scruter le visage fatigué à côté de lui, préférant le laisser commencer de lui-même.

- « Tu sais, j'ai essayé. J'ai d'abord cru que le fait de l'accuser de m'espionner le rendrait contrit. A partir de là, je pourrais habilement lui faire comprendre qu'il n'obtiendrait rien de moi. »

- « Tsst. Comme si les autres fois, ç'avait marché ! »

- « Pas faux. Ensuite, j'ai élevé la voix, ce qui l'a surpris. Ça, je m'en suis bien rendu compte. Mais c'est parti en sucette lorsqu'il s'est mis à me regarder avec un air admiratif. On aurait dit la version guimauve d'un adolescent au cœur tendre. Comment j'ai pu être aveugle à ce point et ne pas voir qui il était vraiment ? »

- « Ça, c'est parce que t'es un optimiste de nature. Ça te perdra. »

- « Oui, mais tu viendras me sauver, hein ? »

Un sourire carnassier et un autre lubrique s'affrontent quelques secondes avant que les deux hommes n'échangent un baiser, qui cette fois devient vite torride. L'embrasement a lieu et les deux hommes s'enlacent avant que les mains ne s'activent pour explorer le corps de l'autre. Pourtant après quelques minutes d'attouchements et de gémissement, Kensei s'écarte.

- « T'as fait quoi après ? »

Décontenancé, Kisuke ne répond pas tout de suite. Il aimait bien ce qu'ils étaient en train de faire. Agréable et à mille lieues de son problème majeur.

- « J'ai sorti la dernière arme à ma disposition puisque cet imbécile ne voulait rien entendre ! »

- « Je suis tout ouïe, tu sais », l'exhorte Kensei.

- « Je l'ai menacé de porter plainte et de le faire virer. »

- « Bien envoyé. Laisse-moi deviner. Lui, il a dit qu'il s'en fichait parce que tu es l'amour de sa vie. »

Le ton faussement aigu de Kensei pourrait faire rire Kisuke s'il n'y avait pas une part de vérité dans ses propos.

- « Oui, il l'a fait. C'est ce qu'il a dit avant qui est inquiétant. En vérité, tout chez lui est inquiétant. Son amour écœurant me donne la nausée », fait-il en frissonnant. « Non, ce sont surtout les menaces que ce petit con s'est empressées de me jeter à la figure qui m'ont secouées. Tu te rends compte qu'il m'a gentiment averti qu'il se ferait un plaisir de rapporter nos petites magouilles à l'administration. Non pas que nous soyons coupables de petites magouilles, mais le pari n'est pas très… enfin… tu vois… pas très… »

- « Moral. Surtout pour des gens comme le vieux schnock et la vieille bique, tu veux dire ? »

- « Oui, tout à fait. Mais ce n'est pas tout. Il y a pire ! »

- « Tu m'inquiètes là. Je te sers un verre ? »

- « Oui, je veux bien un truc corsé. »

L'argenté se lève et ouvre le bout de sa table en tek. Rectangulaire, elle est dotée d'un plateau scindé en deux. Il passe la main sous l'un des plateaux, à peu près au milieu et on entend un petit clic. Les deux parties coulissent alors, partant chacune de leur côté et découvrant le bar où sont disposées bouteilles et verres de toutes sortes. Il lui sert un verre de whisky qu'il lui tend. Après quoi, il s'en sert un. Les deux hommes trinquent et dégustent leur boisson dans le silence.

- « Alors, c'est quoi le truc super grave que le petit con a menacé de faire. »

- « Faire circuler l'information comme quoi Sosûke est gay. »

- « Ouch ! Là, on a un problème. Et de taille. »

- « Je suis un homme mort », se met à moitié à pleurnicher le blond. « Sosûke va me tuer. »

- « Bien sûr que non. Déjà parce que je t'ai durement fait tomber dans mes bras, alors ce n'est certainement pas pour te perdre à cause des agissements d'un cinglé. Ensuite, parce qu'Aizen ne l'apprendra pas. Je vais m'en mêler. Il ne sait pas pour nous, donc j'aurais l'effet de surprise. »

- « Pas tout à fait. »

- « Comment ça ? »

- « Comme mon arme secrète n'a pas marché, j'ai avancé mon meilleur atout. »

- « C'est-à-dire ? »

- « Toi », répond en souriant Kisuke.

- « Tu lui as dit pour nous deux ? », s'étonne l'argenté.

- « Pas tout à fait. »

- « Bon sang Kisuke, cesse de répéter pas tout à fait. C'est agaçant. »

- « Je lui ai dit que j'avais désormais un petit ami, bien que cela soit récent. Et ce crétin ne m'a pas cru. Il a refusé que j'en dise plus. »

Si les mots sortent tout seul, l'esprit du conteur est envahi par la déclaration mièvre et insipide que Kira lui a faite. Même en y repensant pour la nième fois, il n'est toujours pas familiarisé avec cette connerie de solitude et cette idée d'âmes sœurs. Quoiqu'il aimerait bien être celle de Kensei. Les sentiments qui, jour après jour, grandissent de façon exponentielle pour son bel amant y sont certainement la cause.

- « Dis-donc, t'es encore avec moi ? », lui demande un Kensei inquiet de son silence prolongé.

- « Hein ? Oui, oui, je pensais à un truc. »

- « T'es pas en train de penser à ton assistant ? »

- « Plutôt à un truc qu'il m'a dit. Il a insinué qu'il était fait pour moi, et moi pour lui, comme deux âmes sœurs. »

- « Et ? »

- « Ben, j'aimerais bien qu'on soit ça l'un pour l'autre. Enfin, pas que je crois à ces conneries… »

Les lèvres de Kensei viennent se sceller aux siennes. Un baiser délicat pour le rassurer ou… le faire taire ?

- « J'aime cette idée », murmure le grand homme musclé qui l'enlace et l'attire contre lui. « Oui, j'aime bien cette conne d'idée. Et si c'est une proposition, je veux bien être ton âme sœur. »

Kisuke déglutit sous le coup de l'émotion. Son tendre et possessif Kensei lui fait chavirer le cœur une fois de plus. Ce qui ne devrait pas l'étonner. Depuis qu'il le connait bibliquement parlant, il découvre un homme nouveau chaque jour.

- « C'est un bon début pour une relation à deux », finit-il par reconnaitre.

- « Ouais, un bon début. »

- « Dis-donc, ça sent pas le cramé ? »

- « MERDE ! Mon risotto ! », s'écrie Kensei en s'élançant vers la cuisine.

Kisuke se lève et le suit, arrivant juste pour constater les dégâts. Une odeur âpre de brûlé le prend à la gorge, malgré la hotte fonctionnant à plein régime et la fenêtre que vient d'ouvrir le cuisinier malchanceux.

- « Pas récupérable ? »

- « Non, mais je vais en remettre à cuire. Ce n'est que le riz, les légumes sont prêts et les Saint-Jacques aussi. »

- « Ça a l'air appétissant. Je peux t'aider ? »

- « Non. Toi, tu vas prendre une douche pour te détendre, pendant que je prépare le dîner. Tu me troubles quand t'es dans les parages. On terminera cette discussion en mangeant. »

Le blond ne se fait pas prier deux fois. Il file vers la salle de bain dans laquelle il se dévêt, après avoir ouvert le robinet. Lorsqu'il entre dans la douche à l'italienne, l'eau est chaude. Il se positionne sous le jet et reste un instant debout, sans bouger, l'eau ruisselant et relaxant un à un ses muscles. Deux bonnes minutes de ce traitement et il consent à se savonner. L'odeur floral du gel douche finit d'apaiser les tensions nerveuses dans son corps.

Lorsqu'il sort, la salle de bain est embuée par la vapeur. Il a dû rester au moins dix minutes sous la douche. Il se sèche sommairement, puis enfile le peignoir que Kensei lui a acheté, vert d'eau pour aller avec ses yeux. Le molleton du tissu caresse sa peau, l'entourant de chaleur. Frais et dispo, il sort de la pièce et regagne la cuisine.

- « Ça fait du bien, hein ? »

- « Tu n'as pas idée. Je ne m'étais même pas rendu compte à quel point j'étais tendu. »

- « Moi si. Dès que je t'ai embrassé. »

Kisuke fixe son amant avec un sourire. De côté et occupé à finir la préparation de son plat, l'argenté semble heureux et tellement sûr de lui. Il s'est jeté dans leur histoire, lui ne faisant que suivre. C'est Kensei qui l'aime en silence depuis un moment. C'est Kensei qui l'a embrassé la première fois. La deuxième aussi d'ailleurs. C'est Kensei qui a envisagé l'idée de s'engager dans une vraie relation. Résultat de ses pensées : il se demande si lui, le pervers aimant amuser la galerie, sera à la hauteur de leur couple. Saisi d'un doute, il se mord la lèvre, l'inquiétude l'envahissant. Il reporte son regard sur le carrelage de la cuisine.

Au bout d'un moment, Kensei trouve étrange que Kisuke ne dise rien. En ayant terminé avec le risotto, il jette un œil à sa droite et voit le blond, les mains dans les poches du peignoir et le regard au sol. Il s'approche sans faire de bruit et le prend par les épaules, le sortant de ses pensées.

- « Eh ! Pourquoi tu fais cette tête ? »

Kisuke hausse les épaules et baisse la tête que Kensei redresse d'un doigt sous son menton.

- « Je t'ai rarement vu triste comme ça. T'étais pourtant bien quand t'es entré il y a un instant. »

- « Je me pose des questions. »

- « A quel propos ? T'es inquiet par rapport à Sosûke ? »

- « Non, c'est pas ça », répond Kisuke un brin agacé. « Je me demande juste si je mérite les sentiments que tu me portes. »

Kensei lève les yeux au plafond, puis encercle le corps du blond, le tenant prisonnier de ses bras, ce qui ne fait qu'exacerber son sentiment d'être faible.

- « Mais bon sang, c'est vrai ! Je suis un obsédé sexuel qui assume parfaitement son côté pervers. Je tourne tout en dérision et en jeu. Résultat, je me coltine un assistant obsédé, pas sexuel heureusement, et harceleur. Et avec toi, je ne fais que suivre le mouvement. C'est toi qui a tout initié, je n'ai aucun mérite ! »

- « Ça y est, t'as fini ? Bon alors déjà, j'assume complètement d'avoir un compagnon pervers et obsédé. Tu aimes le sexe, et moi j'adore le sexe avec toi. Ensuite, tu as raison, j'ai initié notre relation, mais tu aurais pu dire non. Le fait que tu aies dit oui, prouve ta participation pleine et entière dans notre couple. Tu es encore là ce soir. Ce qui fait qu'on ne s'est plus quitté depuis que tous les deux, on a décidé de tenter quelque chose. Tu m'as accepté et, à chaque fois, tu me rends mes baisers, mes caresses et toutes ces attentions que s'expriment deux personnes qui s'aiment. Kisuke, cesse de te farcir la tête avec des questions qui n'ont pas lieu d'être. On va aller déguster mon risotto, ensuite on va faire l'amour et demain, on va régler le problème Kira, d'accord ? »

- « D'accord. Tu sais, je ne suis pas très doué avec les sentiments, mais je tiens énormément à toi… »

- « J'avais compris », conclut Kensei en l'embrassant.


Réponses aux reviews anonymes :

Anonymedu76 : Aizen fait bien trop propre sur lui pour oublier un minimum de bienséance. Le potentiel comique ne peut donc venir que de personnages qui n'ont pas trop de limite et qui restent eux-mêmes quoi qu'il arrive et de ce point de vue, Grimmjow, Renji, Zaraki et Urahara sont de vraies pépites. Ah oui, j'allais oublié le boulet Kurosaki père !

Shinigami95 : tout est dans le 'presque', car le chemin est long pour trouver sa moitié. Cela dit, il est en bonne voie.

Heather30 : j'ai préféré traiter leur 'confrontation' par l'humour, ce qui m'a permis de mettre à nouveau en évidence le côté maitre de soi chez Aizen. Parce qu'avouons-le, il balade les trois autres avec une telle aisance. Et le fait que cela se déroule avec un public (certes pas vraiment consentant), c'était la cerise sur le gâteau ! Grimmjow-Zaraki, qui sait ? Cela dit, je partage ton point de vue, ce serait un couple du tonnerre.

Trolocat : effectivement, cela me fait plaisir. Tant mieux si le suspense est là. C'était le plus difficile à faire : mettre les lecteurs en haleine sans se répéter. Et je peux t'assurer qu'il va encore s'en passer des choses !