Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter qui appartient entièrement à JK Rowling, cette histoire a uniquement pour but de distraire, je ne touche aucune rétribution quelle qu'elle soit.

Beta: Blues-moon


Harry a

deux ans et demi...

Dans une grande surface bondée, par un jeudi après-midi, Harry passait l'un des pires moments de sa courte vie. Les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, depuis un moment déjà, coulèrent pour de bon quand la vérité le percuta de plein fouet: il s'était trop éloigné du chariot de course et ne voyait plus du tout son papa ni Héphaïstos.
Il était tout seul dans ce si grand magasin. Perdu.

Peut-être même que personne ne le retrouverait jamais...

- PAPA! Hurla-t-il entre deux sanglots. TOTOS!

Il n'avait pas voulu s'éloigner, du moins pas autant, mais alors qu'ils passaient dans le rayon casseroles ils avaient rencontré madame Jones, la voisine.
Et cette dernière n'arrêtait pas de parler de son mari qui était devenu subitement muet, qui avait des poussées d'acné ("A son âge, non, mais vous vous rendez compte monsieur Logan?!") et qui semblait attirer la malchance plus surement qu'un chat noir.
Alors Harry avait juste voulu voir s'il y avait des jouets dans le rayon d'a coté ou celui d'après ou encore celui d'après...

Et voilà le résultat!

De toutes ses forces, il tenta d'essuyer les larmes qui dévalaient ses joues à toute vitesse, mais rien à faire: il avait à peine le temps d'en écraser une que deux autres étaient déjà là.
En plus, avec tout cela, son nez se mit à couler et il n'avait pas de mouchoir pour l'essuyer!

- Bah alors, mon petit, tu t'es perdu? Demanda un homme, à la voix rauque, mais douce, en s'approchant de lui.

Le petit garçon ouvrit les yeux (qu'il avait fermé dans l'espoir que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve) pour tomber sur un visage fatigué, mais souriant.
Il devait avoir environ le même âge que son papa malgré le fait que ses cheveux châtains soient parsemés de mèches grises.

- Je m'appelle Remus et toi?

- Ha...Harry... Hoqueta-t-il, la lèvre tremblante et la respiration hachée. J'ai, j'ai, perdu mon, mon, paapaaa ! expliqua-t-il en pleurant de plus belle.

Le châtain eut une grosse bouffée d'affection envers ce petit louveteau perdu dans la foule.

"Le pauvre ne doit même pas avoir deux ans, pensa-t-il en sortant un mouchoir pour essuyer le nez qui coulait. Il est bien plus petit qu'Enzo et mon filleul n'a pas encore soufflé ses deux bougies."

- Allons, allons, calme-toi Harry. Je vais t'emmener voir les dames de l'accueil, tu verras elles sont très gentilles! Elles vont appeler dans un micro et ton papa viendra te chercher.

Fort de cette promesse, le jeune demi-elfe le suivit docilement.
La situation fut très vite expliquée a une jeune femme blonde plus qu'habituée à ce genre de chose: entre les enfants fugueurs, les fratries qui jouaient à cache-cache entre les rayons et les parents distraits (ou malheureusement, négligents pour certain) elle en voyait passer des bambins en panique au court de la journée...

- Avec qui tu es venu au magasin, trésor?

- Avec mon papa, renifla le petit brun en serrant son doudou contre lui, et Totos aussi.

- D'accord, acquiesça la jeune femme en souriant, s'imaginant que "Totos" était le nom de cette peluche licorne qui avait visiblement du vécu. Et comment il s'appelle ton papa?

Il la regarda avec des yeux ronds avant de répondre:

- Papa s'appelle : papa!

- Bien-sûr, suis-je sotte! Rit-elle face à cette réponse pleine d'innocence.

Elle échangea un regard entendu avec sa collègue tout en se saisissant du micro pour réciter le message type dans ce genre de cas, mais sans quitter le petit des yeux:

" Votre attention s'il vous plait! Le petit Harry attend son papa a l'accueil du magasin, entrée B. Je répète: le petit Harry attend son papa a l'accueil du magasin, entrée B. Merci."

Quelques minutes passèrent avant que le garçonnet ne lui demande d'un ton inquiet:

- T'es sure, il t'a entendu mon papa?

- J'en suis certaine, déclara la jeune femme en voyant un homme complètement en panique courir vers eux.

- PAPA! Hurla Harry en tendant les bras.

Remus eut juste le temps de tendre un bras pour éviter qu'Harry ne tombe, avant qu'une masse brune ne se jette sur le petit garçon dans le but évident de l'étouffer sous des baisers.
La scène était touchante et fit fondre les jeunes employées du magasin qui poussèrent des "Oooooh" et des "c'est trop chou" à qui mieux mieux sous l'indifférence totale des deux protagonistes.

Remus préférait garder ses réflexions pour lui, mais il n'en pensait pas moins. Dans le monde magique, encore un peu rétrograde, de telles démonstrations d'affection entre un père et son fils, surtout en public, était une chose fort rare.

- Oh Harry, ne me refait plus jamais ça! Soupira son père après plusieurs secondes. J'ai eu la peur de ma vie en ne te voyant plus à côté de moi!

Sévérus déposa un nouveau baiser sur le front de son fils, tout en respirant à plein poumon l'odeur de son bébé histoire de s'assurer qu'il était bien là, avant de se tourner vers l'homme qui avait eu la gentillesse de prendre soin d'un enfant qu'il ne connaissait pas.
Seulement, le remerciement ne franchit jamais la barrière de ses lèvres.

- Lupin?!

- Oh, par Merlin, tu ne peux pas être...

- Sévérus! L'interrompu Héphaïstos en courant vers eux. Sev' je suis désolé d'avoir tardé, j'étais de l'autre coté du magasin!

Le jeune homme reprit rapidement son souffle avant d'embrasser l'épaisse tignasse brune du garçonnet, tout en le réprimandant gentiment pour avoir disparu et inquiété tout le monde, avant de se précipiter sur Remus pour lui serrer vigoureusement la main.

Pas une seconde il ne se rendit compte du froid qui régnait en maître entre cet homme et son petit-ami.

- Merci infiniment de vous être occupé d'Harry, j'ai cru que mon ami allait faire une crise cardiaque quand il s'est rendu compte de la disparition de son fils! Enfin, je dois bien avouer que je n'étais pas fier non plus!

Se réveillant de son état de choc, Sévérus cala son fils sur sa hanche, marmonna un vague: "Oui, c'est ça, merci bien, au revoir!" et partit à toutes jambes dans la direction opposée.

- Mais, Sev... Oh, excusez-le, monsieur, s'exclama l'écrivain, il n'est pas aussi froid d'habitude, mais il a eu vraiment très peur. Comprenez, son fils c'est toute sa vie!

- Oui, oui, pas de problème... marmonna Rémus, troublé.

Il regarda le jeune homme aux yeux bleus le remercier une nouvelle fois, puis courir rejoindre Sévérus pour entrelacer leurs doigts avant de l'embrasser sur les lèvres.

Le loup-garou en fut si surpris qu'il ne se rendit même pas compte qu'il avait laissé tomber son panier de courses par terre, brisant par la même occasion le pot de moutard qui s'y trouvait.

Voyant cela, la jeune femme blonde secoua la tête d'un air dépité en attrapant une nouvelle fois son micro:

"Un technicien de surface est attendu à l'accueil du magasin, entrée B..."


Sirius caressa sa moustache en poussant un profond soupir de bien-être. Allongé de tout son long sur le canapé, une petite bière à portée de main et son groupe préféré à la radio, il était aux anges.
Le bonheur tient parfois à peu de choses et même si son meilleur ami n'était pas un colocataire difficile à vivre, loin de là, il appréciait un peu de tranquillité de temps à autre.

Alors qu'un nouveau soupir venait de quitter ses lèvres, la porte d'entrée claqua et une voix rauque hurla:

- SIRIUS TU VAS JAMAIS ME CROIRE!

Bon, tant pis pour le moment tranquille, ronchonna-t-il en rejoignant son ami dans le cuisine.

- Qu'est-ce qui ce passe, Rem'?

- Devine qui j'ai vu au centre commercial?

- Hum... ton ex? Hasarda le moustachu en sortant les boites de conserve d'un des sacs.

- Non: Sévérus!

- Sévérus...Rogue?

- Tu connais d'autres Sévérus? Demanda Remus en rangeant un paquet de pâtes dans le placard.

- Non, c'est vrai. Et donc que faisait notre cher Servilus? La manche? L'animation au rayon pomme de terre?

Le loup-garou leva les yeux au ciel face à l'immaturité de son camarade, mais continua tout de même.

- Arrête avec ce surnom à la noix, ça m'insupporte et tu le sais! Et pour ta gouverne, il faisait simplement ses courses, comme tout le monde. Mais ce qui m'a surpris c'est qu'il les faisait avec son petit-ami...

- Pardon?! S'exclama Sirius en se figeant. Pas possible tu as du te tromper!

- Me tromper?! Ok, alors dis-moi, Einstein, comme tu appellerais ce jeune homme qui le tenait par la main et l'embrassait à pleine bouche?

Quelques minutes passèrent, pendant lesquelles le moustachu plia les sacs en silence, avant de reprendre:

- J'ignorais que Serv...Sévérus aimait les hommes. Il sortait avec Lily.

- Et bah après le vilain tour de cochon qu'elle lui a fait je comprends qu'il puisse chercher ailleurs...

- Ce n'était pas si terrible...

- Pas si terrible?! S'exclama Remus en claquant la porte du placard. Lily l'a trompé pendant des mois avec James avant de le larguer comme un malpropre devant toute la grande salle! Ma petite amie du moment m'a quitté à cause de ça d'ailleurs! Elle a trouvé ce comportement scandaleux et a cru que j'y avais participé de mon plein gré!

- Quoi?! Mais tu ne nous l'as jamais dit!

- Bien-sûr que non, vous étiez mes seuls amis! Soupira-t-il en s'ouvrant une bière. Mais plus le temps passe et plus je leur en veux... Jeanne était une fille géniale et, quoi que tu en dises, Sévérus ne méritait pas cette humiliation publique...

Ils burent leur boisson dans un silence pensant avant que Sirius n'arrive à avouer ce qu'il cachait depuis des mois:

- Je trouve qu'ils ont changé, depuis que James a vaincu tu-sais-qui...

- ... Peut-être qu'ils étaient déjà comme ça avant, mais qu'on ne s'en était jamais rendu compte...


- Et voilà! Un petit Harry tout propre! S'exclama Héphaïstos en terminant de mettre le pyjama au garçonnet.

Ce dernier laissant échapper un éclat de rire avant de déposer un baiser claquant sur la joue du petit-ami de son père. Ils se firent quelques mamours avant que le plus vieux ne s'exclame:

- Maintenant, on coiffe!

- Oh non, Totos! Te plait!

Le jeune homme réussit courageusement à ne pas céder devant ce regard vert suppliant. Harry avait une tignasse d'une épaisseur monstrueuse qui lui arrivait en dessous des épaules, le brossage était donc une étape à ne pas négliger!

- Totos, fais mal mes cheveux! Pleurnicha le petit quand la brosse se prit dans un nœud pour la cinquième fois.

- Courage mon trésor, soupira-t-il en tentant de dégager l'engin de malheur, si tu es sage je t'emmènerai au cirque!

- Quand?

- Bientôt!

- C'est quand bientôt?

Le jeune homme allait sortir une date au hasard, en espérant avoir la paix pour pouvoir se concentrer sur ces maudits nœuds qui semblaient se jeter d'eux même dans les picots de la brosse, quand la sonnerie de l'appartement retentit.

- Sauver par le gong... Soupira le châtain en calant l'enfant sur sa hanche avant d'aller ouvrir.

La porte s'ouvrit sur un homme visiblement âgé, mais néanmoins grand et mince. Son visage sympathique était entouré de longs cheveux argentés ainsi que d'une barbe descendant jusqu'à la taille.
Il portait ce qui s'apparentait à une robe de velours rouge et, dans l'esprit du jeune moldu, ressemblait à s'y méprendre à Merlin l'enchanteur dans le dessin animé de Disney.

Il eut quelques secondes pendant lesquelles les deux adultes se regardèrent en silence, semblant aussi surpris l'un que l'autre, avant que Harry ne demande d'un air suspicieux:

- T'es du cirque?

- Harry, mon lapin, oublie cette histoire de cirque deux minutes et va plutôt mettre ta robe de chambre, murmura le châtain en posant le garçonnet à terre.

Il le regarda s'éloigner vers sa chambre en courant avant de se tourner vers son visiteur:

- Je peux vous aider?

- Excusez-moi, je crois, bien que je me suis trompé d'appartement. Je chercher monsieur Sévérus Rogue, cela vous dit-il quelque chose?

- Un peu, oui... ricana Héphaïstos. Il est enfermé dans son bureau. Je lui annonce qui?

- Oh pardon, je manque à tous mes devoirs! S'exclama l'homme en tendant la main. Je m'appelle Albus. Albus Dumbledore.