Chapitre 14 : Mes amis...
Stepan regarda, impuissant, un des négriers le mettre en joue. Il n'avait jamais imaginé qu'il finirait comme ça, dans un endroit pareil. Et surtout, il n'aurait jamais imaginé mourir alors qu'il venait de se fixer pour objectif de poursuivre le rêve de ses parents.
Le jeune homme serra les dents de rage. Non, il n'allait pas abandonner aussi facilement, il ne mourrait pas !
Le jeune homme, sous les rire des esclavagistes, se retourna en gémissant et se mit à ramper. Visiblement, ils avaient déjà oublier que son arme se trouvait un peu plus loin. Avec un peu de chance, ça les amuserait suffisament longtemps de le voir se tortiller par terre. Juste assez pour qu'il atteigne son arme.
Malheureusement, celui qui le tenait en joue sembla comprendre car il s'arrêta de rire et se préparait à lui tirer dessus. En tout cas, de ce qu'il pouvait entendre et de ce qu'il déduisait des froissements de vêtements et des bruits de pas derrière lui.
-Où tu crois aller toi ? Tu crois que...
Il ne termina jamais sa phrase. Un coup de feu retentit et une gerbe de sang éclaboussa les chaussures de Stepan.
Ce dernier ne chercha pas à regarder et continua de ramper en suant à grosses gouttes. Il n'en pouvait plus mais il devait continuer pour survivre. D'autres coup de feu résonnèrent et il entendit un jappement suivis de grognements de chien.
Stepan comprit alors qu'il n'avait plus rien à craindre. Il se laissa glisser sur le sol, joue contre le béton, avec un intense soulagement mêlé à sa douleur.
Tandis qu'il soufflait dans son casque, un peu de sang coulant à chacune de ses respirations, quelqu'un posa une main sur son épaule et lui ôta doucement son casque.
Le jeune aventurier ne voyait plus rien, sa vision était trouble. Néanmoins, il se doutait qu'un de ses alliés était venu le secourir. Charon et Canigou ? Le mystérieux étranger qui apparaissait de temps à autre pour l'aider ? Ou encore un de ses anciens collègues de l'abri 101 ? Non, très peu probable. En plus il avait été chassé de l'abri, même s'ils étaient ensuite allé habiter à Megaton, il ne leur faisait plus confiance.
Charon sentait sa respiration s'accélérer de minutes en minutes. Stepan était assez gravement blessé et il ne connaissait pas grand chose en soin. Son ami avait reçut une balle dans le dos, juste dans le tissu renforcé de son armure assistée. Il avait dû être blessé à bout portant sinon la balle n'aurait pas traversé les mailles renforcées.
Bon. La première chose à faire c'était de lui retirer la balle. La goule ôta l'armure assistée de son ami, ouvrant les lanières et les boucles qui retenaient la cuirasse. Il allait enlever ses gants pour pouvoir mieux manipuler la pince à épiler qu'il avait dans son kit de soin mais il s'arrêta vivement. Comme il était une goule, ne risquait-il pas de contaminé son ami avec ses plaies sur les mains ? Ou n'allait-il pas provoquer une onfection à son ami.
La goule se prit la tête dans les mains. Plus il perdait du temps à réfléchir et plus son ami risquait de mourir mais il avait peur. Canigou couina en le poussant de son museau puis il lécha le visage de Stepan.
Charon secoua la tête et reprit la pince à épiler dans ses mains, il garderait ses gants. Par la suite, il se concentra le plus possible et fit tout ce qui était en son pouvoir pour sauver son ami. Pour sauver le seul ami qu'il avait jamais eu avec leur fidèle Canigou.
Une fois les soins terminés, Charon poussa un soupire fatigué et s'appuya contre un mur. Il ôta son casque d'armure assistée et souffla d'épuisement. Des bruits de pas attirèrent son attention et Canigou releva le nez vers les arrivants.
Ils levaient les mains en l'air en signe de paix. Il s'agissait des enfants qui lui avait indiqué où était Stepan. La goule leur fit un signe de tête et ils s'approchèrent. Comme il s'y attendait, ils poussèrent un petit cri de surprise en voyant son visage. Néanmoins, ils ne décampèrent pas.
-Vous étiez une goule ! Eh ben ! Quelle surprise ! On en avait jamais vu. Mais où est votre ami ? fit-l'un d'eux.
-Je l'ai allongé là. Il est blessé et il dort alors ne faites pas trop de bruit. souffla t-il en guise de réponse.
Les enfants affichèrent une mine embarassé et s'assirent à côté de Charon. Canigou s'assit en laissant pendre sa langue sur le côté. Même le chien semblait inquiet. Tous regardèrent Stepan, allongé sur le sol, le visage pâle, la respiration paisible.
Stepan ouvrit les yeux avec difficulté. Il avait un peu froid mais une immense tas de poils le réchauffait partiellement et une couverture était posé sur lui. Il voulut se retourner mais grogna de douleur.
Une main gantée lui appuya avec douceur sur les épaules pour le maintenir en position. Le jeune homme découvrit le visage d'une goule penché sur lui. Elle semblait terriblement inquiète.
-Charon. murmura t-il.
-Stepan... Espèce d'idiot. lâcha son ami en versant des larmes. J'ai bien envie de te coller une baffe.
-Hé hé... Désolé mon ami. Peut-être plus tard.
Il entendit Canigou couiner à côté de lui. Le jeune homme tourna son regard vers le chien qui le lécha copieusement. Entre quelques léchouilles, il put voir les deux garçons qu'ils devaient ramener. Eux aussi étaient inquiets pour lui apparemment.
Stepan fit un faible sourire pour rassurer le groupe. Charon soupira et lui passa une main dans les cheveux. Le jeune homme eut l'impression de retomber en enfance, comme quand son père lui frottait les cheveux pour le féliciter. Son ami avait sans doute eut très peur. Le jeune homme se jura de ne plus jamais faire pleurer son ami.
-Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu allais les attaquer ?
-Je ne sais pas. Je ne voulais pas faire cette mission qu'ils m'avaient confié mais... je n'avais aucune idée de comment m'en sortir. C'est quand il m'a tendu l'arme de cryogénisation que j'en ai eu l'idée. Pardon. Je regrette de ne pas t'avoir appelé Charon, et aussi Canigou. répondit Stepan.
Il reprenait parfois sa respiration au milieu de sa phrase. Essayant de ne pas bouger trop vite sa poitrine pour ne pas avoir mal. A la fin de sa tirade, le jeune homme bougea doucement le bras à la recherche de la main de son ami. Il ressentait le besoin de la prendre dans la cienne, de sentir sa chaleur près de lui. La goule l'avait compris et il empoigna la main de Stepan, une sourire éclairant son visage.
-Bon. Je te pardonne pour cette fois. Mais tu devras me payer un coup à boire quand on rentrera à Megaton.
-Hé hé. D'accord. sourit Stepan en serrant la main de Charon dans la sienne.
