Bonsoir !

Ayant quelques contre-temps demain matin, je me permets de publier plus tôt. C'est une dérogation à mon horaire habituel, mais bon... Je suis l'auteure, je décide, non ?

J'espère que vous appréciez de suivre l'histoire de Fleur et de William.

L'écriture des chapitres finaux avancent lentement. Je suis en fin de trimestre (je termine au mois de mai. Du coup, j'ai dix milles examens d'ici là). Cela veut donc dire que j'écris un peu moins pour me concentrer sur mes études. Mon boulot prend aussi de mon temps d'écriture alors...

Bref, tout ça pour vous souhaitez une agréable lecture aha

Bisous,

Jess-Lili


Le lendemain, Fleur se réveilla bien avant son mari. Elle le regarda dormir quelques instants. Des émotions contradictoires semblaient se battre en elle. Sentir le corps de son mari contre elle, même si ce n'était qu'une nuit l'avait aidée à mieux dormir. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'une autre qu'elle, l'avait touché, l'avait aimé, peut-être, même si ce n'était qu'une soirée. Une autre femme qu'elle, avait senti l'odeur de son mari, s'était endormie près de lui. La jeune femme s'assit sur le lit et secoua la tête. Elle préférait ne pas y penser. Elle avait rejoint son mari, ce n'était pas le moment de regretter son choix. Elle ferma les yeux quelques secondes. Depuis qu'elle se savait enceinte, elle avait l'impression que tous les symptômes que son cerveau avait occultés étaient revenus. Elle se sentait nauséeuse. Quand la sensation partit, elle se leva et, silencieusement, alla dans la cuisine. Regardant par la fenêtre, elle pouvait voir le soleil se lever. Le ciel se teintait de mille nuances de rose, d'orange et de mauve. Après une profonde inspiration, la jeune Française décida de préparer le petit déjeuner. La future mère sursauta en entendant la voix de son époux.

– Bon matin, Fleur. Ça sent bon, que prépares-tu ?

La jeune femme fit volte-face et regarda son époux. Ce dernier s'approcha d'elle. Elle retint avec peine un mouvement de recul.

– Va t'asseoir, William. C'est bientôt prêt. Nous allons manger et après, nous parlerons.

Sur ces mots, la jeune femme tourna le dos au jeune homme. Le bruit d'une chaise qu'on bougeait lui fit comprendre qu'il lui avait obéi. Fleur posa l'assiette devant son mari, semblant le sortir de ses pensées, avant de s'attabler à son tour. Ils mangèrent en silence. Ils se jetèrent quelques regards qui se voulaient discrets et une fois le repas terminé, William insista pour faire la vaisselle. Fleur l'aida et lorsqu'ils furent rendus à la dernière assiette, la jeune femme sentit le poids du regard de son époux sur son annulaire gauche.

– Fleur, pourquoi es-tu venue me rejoindre ? Hier, tu semblais dire que…

– Je ne sais pas, William. J'ai agi sous l'impulsion. Hier, tu m'as remis mon alliance et… Je ne sais pas, j'ai ressenti le besoin de sentir ta chaleur contre moi. J'ai ressenti le besoin de te sentir contre moi, comme avant.

– Je sais que rien ne pourra te faire oublier mon écart de conduite. Cependant, je ne veux, ne peux pas te laisser partir de ma vie. Comme je l'ai écrit, je sais qu'il va te falloir un long moment avant d'être à nouveau apte à me regarder dans les yeux sans voir un bleu terne et éteint. C'est pour cette raison que… J'aimerais qu'on renouvelle nos vœux de mariage. Avec les enfants, en petit comité. Quand tu te sentiras capable de me regarder sans toujours penser à ce que j'ai fait, j'aimerais vraiment te rappeler notre amour. Qu'on se souvienne pourquoi nous nous sommes aimés, pourquoi nous nous aimons. Après huit ans de relation, cela me semble une bonne idée.

La jeune femme garda le silence, troublée. Elle n'arrivait pas à réfléchir correctement, surtout en l'ayant devant lui. Sa demande était sûrement une bonne idée, mais elle n'arrivait pas à y donner suite.

– Fleur, je sais que je te prends sûrement par surprise. Cependant, j'aimerais que tu y penses… Je ne sais pas pourquoi tu es venue me rejoindre cette nuit. Je ne sais pas ce qui va se…

Lasse de l'entendre parler, la jeune femme s'avança vers son époux et posa ses lèvres sur les siennes sans réfléchir. Elle posa ses mains sur sa nuque pour approfondir le baiser, tandis que les mains de William se posèrent sur sa taille. Fleur recula en le regardant dans les yeux.

– Arrête de réfléchir un moment, veux-tu ? Le temps n'est pas aux questions ou aux réflexions. Aujourd'hui, c'est ton anniversaire et nous devons avant tout, écrire à ta mère. Demain, c'est le premier anniversaire de Dominique et nous ne pouvons pas rater cela ! Ce serait insensé ! En fin d'après-midi, nous devons être partis d'ici. Je ne peux pas transplaner. Nous allons devoir nous rendre à Paris pour prendre un portoloin qui nous mènera près du Terrier ou de la maison. Pendant que tu écris à Molly, je vais dans la maison de mes parents et je reviens.

La future mère ne laissa pas le temps au père de famille de répondre. Elle alla mettre son manteau et ses bottes et souffla un baiser à son époux avant de sortir de la dépendance. À ce moment, elle se permit de respirer normalement. Son cerveau recommença à fonctionner comme il se devait. En rentrant dans la demeure des Delacour, elle espérait ne pas croiser sa mère. Heureusement, ce fut son père qui remarqua sa présence.

– Bonjour, ma fille, tu reviens de la dépendance ? Ta mère m'a parlé de votre conversation. Souhaites-tu m'en parler ?

– Bonjour, Père. Oui, je reviens de la dépendance. Je…

Fleur haussa les épaules. Ce qu'elle avait fait ne regardait pas son père. Ni sa mère. Sur un geste de son paternel, elle s'assit à ses côtés.

– Vous savez comment Mère peut être… Cependant, hier, elle a vraiment été médisante. Je ne la croyais pas capable d'une telle méchanceté. Je sais que vous n'avez jamais apprécié mon mari à sa juste valeur et que les récents événements doivent vous donner raison, mais… Père, je l'aime. Même s'il a été infidèle, même s'il m'a menti. J'aime William de tout mon être. J'ai peut-être ignoré l'existence de l'enfant à naître, mais je l'aime aussi et peu importe ce qui va se passer avec notre couple, je n'empêcherai jamais mon époux de voir ses enfants.

– Là n'est pas la question, Fleur. Ta mère et moi nous faisons du souci pour toi. La dernière fois que nous t'avons vu dans cet état, tu avais dix-sept ans. Tu n'as jamais voulu nous dire ce qui s'était passé entre le jeune Maxence et toi. Ta mère croyait que c'était un bon garçon. Quant à moi, j'ai eu des doutes, mais tu ne parlais pas. Ensuite, tu as participé à ce tournoi, tu y tenais et tu étais majeure. Ta mère et moi n'avons pu te faire changer d'idée. Tu as mis ta vie en danger pour une peine d'amour. Puis lorsque tu es revenue, à la fin du tournoi, tu nous as informés de ton départ, de ton envie de liberté. Tu voulais sortir de cette demeure et découvrir un autre décor. Tu as postulé pour un emploi à Gringotts et tu es partie. Par la suite, tu nous as présenté William. Tu parlais déjà de te fiancer et tu le connaissais à peine.

– Père, les choses sont différentes maintenant et…

– Ma fille, laisse-moi terminer. Tu parleras ensuite. Il y a quelques années, ta mère et moi ne savions plus quoi faire avec ton état. Ensuite, tu as rencontré William. Il y a huit ans, tu redevenais la jeune femme joyeuse et pleine d'entrain que nous avions toujours connue. Il y a sept ans, tu devenais Madame Weasley. Ta mère et moi n'avons rien dit. Tu étais heureuse et même si nous n'acceptions pas ton choix, nous ne voulions que ton bonheur. Il y a quelques jours, tu es revenue à la maison. Nous avions perdu notre petite fille si souriante et sûre d'elle. Tu ne peux pas en vouloir à ta mère d'avoir agi de cette façon. Tu comprendras lorsque tes filles seront plus âgées. Fleur, peu importe ta décision, n'oublie jamais qu'elle t'appartient. Ni ta belle-famille, ni ta mère, ni moi n'avons notre mot à dire. Ton choix appartient à ton époux et toi.

– Papa… Père, je ne sais pas ce qui va se passer. J'aime William. Je l'adore. Cependant, je ne sais pas comment passer outre ce qu'il a fait. J'imagine sans cesse… Cette femme près de lui et… Je ne sais pas si je vais y arriver. C'est horrible à dire, mais…

– Fleur, en français, s'il te plaît. Tu n'es pas chez toi. Ici, tu parles en français.

La jeune femme poussa un soupir. Même lorsqu'elle venait avec William, ses parents — sa mère surtout — insistaient pour qu'elle parle dans sa langue natale. À leur avis, si elle parlait trop en anglais, elle allait oublier ses origines et d'après eux, en ne parlant pas français, elle reniait ses racines et ce coin de pays qui l'avait vue naître.

– C'est horrible à dire, mais j'espère que ce petit être, qui n'est pas encore né et dont j'ignorais l'existence jusqu'à récemment, réussisse à nous rapprocher. C'est un lourd fardeau pour une petite pousse qui n'a pas demandé à être là. J'espère que ce bébé sauvera notre couple en naufrage. C'est insensé, je sais. Cependant, je ne sais pas ce que je vais faire, Père. Je ne peux pas mettre un si lourd fardeau sur un petit être qui n'est même pas là.

Fleur regarda son père et n'arriva plus à rajouter quelque chose. Elle leva la tête, chassant par le fait même les larmes qui s'étaient accumulées dans ses yeux bleus. Elle prit une profonde inspiration avant d'expirer bruyamment. Elle n'était pas venue pour pleurer encore une fois. Elle devait préparer ses valises pour son départ. Alors qu'elle allait se lever, Alexis Delacour la prit dans ses bras et caresser ses cheveux pendant un moment. L'aînée de la famille recula après quelques minutes et esquissa un léger sourire.

– Père, ça va aller. Ne vous en faites pas pour moi. Maintenant, je dois aller faire mes bagages. William et moi retournons en Angleterre. C'est l'anniversaire de Dominique demain et j'aimerais y être avant. Mère doit vous avoir dit que vous étiez invités, vous, elle, Gabrielle et son fiancé. Nous allons nous revoir demain et je vous prierais de garder cette conversation entre nous.

Alexis embrassa sa fille sur le front avant de la laisser partir. Fleur alla dans sa chambre et fit ses valises d'un coup de baguette. Par la suite, s'assurant qu'elle avait tout, elle descendit les escaliers, croisa brièvement sa mère qui rentrait dans la demeure et sortit sans qu'elles aient échangé une parole. La future mère entra dans la dépendance et posa ses valises dans l'entrée. Lorsqu'elle alla dans le salon, son mari sortait la tête de la cheminée. Un silence semblait à nouveau s'installer entre les deux, jusqu'au moment où elle le brisa.

– Nous pourrions aller nous promener. Pour l'instant, il vaut mieux ne pas rentrer chez mes parents. Mes bagages sont prêts, je les ai posés près de la porte. Je crois qu'il serait bien de rentrer dès que possible. Nous aurions le temps d'arrêter à la Chaumière aux Coquillages et j'ai bien hâte de voir les filles et…

– Ma mère a déjà commencé à organiser les préparatifs pour demain.

– Bien. J'ai déjà invité mes parents et…

Un bruit les interrompit. Son mari se dirigea vers la fenêtre, qu'il ouvrit rapidement pour faire rentrer le hibou. Il referma la vitre et il détacha la lettre de sa patte et le laissa se reposer avant de le laisser repartir. Lorsqu'il ouvrit la lettre, la jeune femme le vit pâlir. Elle pinça les lèvres de mécontentement. William n'avait pas besoin de dire le nom de la personne. Fleur pouvait très bien le deviner et malgré elle, elle ressentit une pointe de jalousie lui détruire un peu le cœur. Cette autre femme qui avait osé toucher à son mari, cette autre personne qui avait embrassé son mari, qui lui avait fait l'amour. Cette autre se permettait de lui écrire. D'un ton cinglant, elle tenta de sortir l'Anglais de son état d'hébétude.

– Bill, qu'y a-t-il ?

Au lieu de lui répondre, il garda le silence et l'ignora. Fleur sentit la colère et la haine parcourir chaque fibre de son corps. Elle serra les poings pour s'empêcher d'aller le secouer.

– William, je t'ai posé une question fort simple à répondre, il me semble ?

Le conjureur de sorts se retourna finalement vers la jeune blonde, qui le dévisagea. Le ton vindicatif de la voix de sa femme semblait le rendre muet. Fleur tremblait de rage à peine retenue. Malgré tous ses efforts, elle ne parvint pas à retenir la phrase mesquine qui brûlait ses lèvres. Il lui fallut un effort colossal pour ne pas dire l'insulte qui lui venait en tête.

– Vu la tête que tu fais, j'imagine que c'est cette… ta charmante collègue… Peut-être préfères-tu la rejoindre ?

William sembla étonné par la fureur que dégageait son épouse. Il continua de s'enfermer dans son mutisme, rendant folle de rage Fleur. Elle ferma un instant les yeux pour éviter de s'avancer vers lui et le gifler de toutes ses forces.

– Prépare tes bagages. Je vais dire au revoir à ma famille et nous allons partir.

Sans lui laisser le temps de placer un mot, la jeune femme tourna les talons à nouveau et sortit de la dépendance, laissant William seul. Fleur alla saluer ses parents ainsi que Gabrielle et son fiancé. Ces derniers lui proposèrent de les accompagner, ce qu'elle accepta. Elle sortit quelques minutes plus tard et elle resta un moment, immobile, les deux pieds dans la neige. Elle regarda sa main gauche et effectua le même geste qu'il y a quelques jours. Elle enleva son alliance et la serra dans sa main. Lorsqu'elle entra dans la dépendance à nouveau, c'est à peine si le jeune homme la regardait.

– Bill, lorsque tu auras tout mis au clair avec elle, tu me redonneras ceci pour la dernière fois, je l'espère. Avant cela, je crois qu'il vaut mieux garder nos distances pendant un temps. J'ai agi sous l'impulsion cette nuit, mais je crois que cela ne doit plus se reproduire pour l'instant. C'était une erreur de ma part. Je ne sais pas ce que disait cette lettre et je ne tiens pas à le savoir, pour être honnête. N'en parlons plus pour l'instant, puisque tu sembles préférer le silence en ce moment.

Fleur prit sa main et y mit son jonc de mariage. Ce ne fut qu'à ce moment que William daigna la regarder. Elle tenta de rester impassible malgré la situation. Elle ne pouvait — ne voulait — pas lui montrer son réel état. Lorsque William vint pour dire quelque chose, elle ne lui en laissa pas le temps. Fleur poursuivit sur le même ton.

– Gabrielle et son fiancé vont nous accompagner jusqu'au côté moldu. Cela nous laissera le temps de faire les présentations puisque Mikola vient à l'anniversaire de Dominique demain.

La jeune femme se dirigea de nouveau vers l'entrée, sans se soucier de savoir si son mari la suivait. Le vide qu'elle ressentait dans son cœur ne devait pas la faire craquer. Sitôt le seuil franchi, Fleur accéléra le pas pour rejoindre la demeure familiale. Elle vit sa sœur et son fiancé sortir du manoir et poussa un soupir en voyant sa mère. Néanmoins, elle se dirigea vers cette dernière. Elle posa la main sur son ventre et prit une profonde inspiration avant de regarder l'aînée de la famille.

– Mère… Je réitère ma demande. J'espère vous voir demain. Malgré nos différends, il ne faut pas oublier les enfants. Je ne sais pas ce que va m'apporter le futur, mais… Ce choix nous concerne William et moi seulement. De plus, je souhaite votre support, si jamais nous venions à nous séparer. Je ne dis pas que cela va se produire. Simplement, je n'ai pas besoin de vos reproches ni de vos méchancetés. Comme je vous l'ai déjà dit, je l'aime, de tout mon cœur. Je dois seulement me demander si je vais réussir à passer outre son comportement.

– À mon avis et même si tu ne veux pas l'entendre, tu ne devrais pas accepter de pardonner son écart de conduite. Ma fille, tu mérites mieux que cela. Cependant, pour les enfants et pour votre réputation…

– Mère…

Fleur lança un regard d'avertissement à sa mère. Apolline décida d'arrêter la conversation. Elle prit sa fille dans ses bras pour une brève étreinte, lui confirma leur venue demain au Terrier et la laissa rejoindre les deux hommes et sa sœur. La future mère regarda la matriarche donner une étreinte à sa sœur. Par la suite, le quatuor commença à marcher pour rejoindre le bateau qui les mènerait au côté moldu. Malgré les tentatives de son mari, la jeune femme l'ignora, préférant marcher aux côtés de sa sœur et de son fiancé. Dans le bateau, elle garda la même distance entre eux. Lorsqu'ils arrivèrent de l'autre côté, Mikola appela un taxi, tandis que Fleur dit au revoir à sa sœur. Les deux jeunes femmes tentèrent de refouler leurs larmes, avec peine. Fleur rit légèrement.

– Nous allons nous voir demain, Gabrielle et s'il te plaît, ne t'en fais pas pour moi. J'ai combattu un dragon, des strangulots, des créatures immondes. Je peux très bien affronter la situation actuelle.

Les deux sœurs durent se séparer lorsque le transport arriva. Fleur regarda William mettre leurs bagages dans le coffre. Il l'aida ensuite à monter dans le véhicule. Une fois à bord, il donna leur destination au chauffeur. Le trajet d'une trentaine de minutes se passa dans le silence. La jeune Française ignora ostensiblement son mari. Lorsqu'ils descendirent à la Gare de Saint-Roch, Fleur se dirigea vers la billetterie. Elle demanda deux billets en direction de Paris et paya avec l'argent moldu. Une fois cela fait, elle retourna auprès de son époux.

– Le trajet jusqu'à Paris dure trois heures trente, environ. Après, si nous avons de la chance, nous pourrons prendre un Portoloin pour nous rendre à la Chaumière aux Coquillages. Par la suite, s'il n'est pas trop tard, nous irons chez tes parents. Ce n'est peut-être pas la journée que tu pensais avoir pour ton anniversaire, mais tu as trente-quatre ans maintenant et tu aurais dû y penser avant de… bref, le train à grande vitesse en direction de Paris part dans une dizaine de minutes, mais il devrait déjà être à quai. Nous devrions y aller, avant qu'il n'y ait trop de personnes.

Fleur avait dit tout ça sans reprendre son souffle ou presque. Ce dernier ne put s'empêcher de poser une main sur son bras.

– Allons-y… Tu devrais te reposer pendant le trajet. Ça ne pourrait que te faire du bien.

William sembla ignorer le regard noir que lui envoyait Fleur. Tous les deux se dirigèrent vers le quai avec leurs bagages. Ils montèrent dans la voiture indiquée par leurs billets, où la mère de famille posa sa tête sur la fenêtre en fermant les yeux. Lorsque le TGV s'ébranla, la jeune femme dormait déjà, la main sur son ventre. Lorsque le train à grande vitesse s'arrêta, quelques heures plus tard, Fleur fut réveillée par son époux.

Les futurs parents se dirigèrent vers le Ministère de la Magie français, où ils espéraient pouvoir prendre un Portoloin jusqu'à la Chaumière aux Coquillages. Malgré les essais de son époux, la jeune femme ne sortit pas de son mutisme. Après une vingtaine de minutes d'attente, la personne en charge des Portoloins leur permit de le prendre. Après la désagréable sensation d'être agrippé par le nombril, ils se retrouvèrent à leur demeure, à Cornouailles.

– Fleur, ne rentre pas immédiatement, je…

C'était trop tard, la jeune femme avait déjà franchi le pas de la porte. Le cri de surprise qu'elle lâcha fit presque sursauter le jeune homme. La dépassant, ce dernier posa les valises dans le vestibule et regarda Fleur, dont le nez frémissait de colère.

– William Arthur Weasley ! Est-ce toi qui as fait ça ? À voir l'air coupable sur ton visage, cela ne peut être que de ta faute… Je ne veux même pas entendre la raison ou tes excuses. Ça ne t'est pas passé par la tête de nettoyer après ? On dirait qu'un ouragan est passé par-là ! Par les culottes de Morgane !

Plus Fleur découvrait l'ampleur des dégâts, plus elle s'époumonait contre son époux, qui semblait trop interloqué pour parler ou pour porter attention à ce qu'elle disait.

Non, mais… comme si je n'avais que ça à faire. Tu aurais dû réfléchir avant ! Je n'ai pas… Par Morgane… Tu croyais vraiment qu'on se cacherait dans les armoires ? C'est insensé !

En faisant de brusques gestes, elle remettait tout en ordre. Ponctuant le tout de commentaires furieux.

– Chérie, je peux tout t'expliquer. Quand…

Non. Ne me dis pas « chérie », Bill. Je ne veux rien entendre. Suis-je claire ? Tais-toi.

Le jeune homme sembla enfin sortir de son hébétude. Il commença à aider son épouse. Après quelques minutes, William brisa le silence qui s'était à nouveau installé. Fleur n'avait plus rien à dire, elle ne voulait plus rien dire.

– Nous pourrions prendre la cheminée et aller chez mes parents ? Ça leur ferait une surprise et les filles seraient heureuses de nous voir. Nous pourrions dormir là-bas.

La jeune femme hocha la tête. Sans une parole, elle monta et alla dans leur chambre. Elle resta quelques instants, sur le pas de la porte. Elle secoua la tête en soupirant. Elle allait seulement prendre le cadeau de Dominique. Ce n'était pas le temps pour la nostalgie et les souvenirs heureux ou malheureux. Lorsqu'elle retourna au rez-de-chaussée, le père de ses enfants avait éteint le feu. Il lui tendit le pot contenant la Poudre de Cheminette. Fleur en prit et disparut après avoir distinctement dit sa destination.

Lorsqu'elle arriva au Terrier, elle eut à peine le temps de sortir de la cheminée et de s'épousseter que Victoire cria en sautant dans ses bras.

– Maman ! Tu es enfin là ! Tu es partie beaucoup trop longtemps. Tu n'as pas le droit, maman. Parce que tu es une maman.

La mère de famille ne répondit pas, elle serra sa fille contre elle, nichant sa tête dans sa blondeur. Elle respira l'odeur de sa fille en souriant.

– Maman, pose-moi par terre. J'ai fait des cookies avec mamie. Viens en manger, maman !

Victoire tenta de se défaire de l'étreinte de sa mère. Lorsque cette dernière la posa au sol, Victoire agrippa sa main et l'amena jusqu'à la cuisine, où se trouvait Molly. Si la grand-mère remarqua le doigt nu de sa belle-fille, elle ne fit aucun commentaire.

– Bonsoir, Fleur. Comment vas-tu ?

– Ça va, merci. Je voulais te remercier, Molly d'avoir pris soin des filles.

– Ce n'est rien, voyons. Elles sont adorables et ça met de la vie dans le Terrier. Dominique fait une petite sieste, mais elle devrait se réveiller bientôt. Elle a…

– Maman, mange un cookie ! Minique, elle fait dodo parce que c'est un bébé !

– Victoire, tu vas aller dormir toi aussi, si tu n'arrêtes pas.

– Non ! Je n'ai pas besoin de dormir moi ! Maman, mange un cookie !

Victoire, impatiente, mit le biscuit dans la main de sa mère et la regarda, les mains sur les hanches. Elle attendait que sa mère mange le cookie qu'elle lui avait donné. Fleur le mangea en esquissant un petit sourire. Sa fille lui ressemblait tellement ! Au même moment, la voix de William leur parvint du salon. Profitant de ce moment, Fleur faussa compagnie à Molly avec Victoire. Elle avait envie et besoin de voir sa benjamine. Lorsqu'elle arriva dans la chambre où se trouvait Dominique, elle ordonna à l'aînée de rester silencieuse et s'approcha du berceau. Le pouce dans la bouche, Dominique dormait paisiblement et pressant contre elle sa peluche. La vue de sa petite fille rendit Fleur émotive et elle ne put s'empêcher de verser quelques larmes. Se penchant, elle prit Victoire contre elle.

– Tu m'as manqué ma chouette… Maman t'aime fort.

Un mouvement attira son attention. Dominique était à présent éveillée et s'était assise sur son lit. Elle regardait sa mère en souriant doucement, les yeux encore emplis de sommeil.

– Mama !

Tout en tenant encore Victoire dans ses bras, Fleur se redressa et, en tenant l'aînée d'un bras, elle cueillit la benjamine en l'embrassant sur le front. Comme elle l'avait précédemment fait pour la petite blonde, la mère de famille nicha sa tête dans le cou de l'enfant. À cet instant précis, elle oublia tout. Elle n'avait d'yeux que pour ses filles. Elle ne remarqua même pas William, appuyé contre le chambranle, ce ne fut que lorsque sa fille s'exclama, qu'elle se retourna vers ce dernier. Elle posa la fillette au sol et la regarda se précipiter dans les bras de son père, tandis que Dominique cachait son visage dans le cou de sa mère. Bien qu'elle savait qui il était, elle l'avait à peine vu depuis un long moment. Elle préférait l'étreinte réconfortante de sa mère.

– Papa ! Tu es revenu aussi ! Tu as pris un cookie ? Maman en a pris un, elle !

– Oui, j'ai pris un biscuit, ma puce. Ils sont délicieux.

– Mamie a dit qu'elle savait que vous alliez revenir parce que c'est l'anniversaire de Minique demain. Mais je ne peux pas en dire plus ! Elle a dit que c'était un secret ! Maintenant, je vais aller jouer en bas. J'espère que l'on pourra s'amuser tous ensemble bientôt !

Victoire partit en gambadant, laissant Fleur et William, seuls avec Dominique. La jeune femme voulut la donner à son père, mais la petite resta accrochée à elle. La mère de famille resserra son étreinte, malgré le poids supplémentaire qu'elle tenait. Dépassant son mari, elle descendit à son tour sans accorder un regard au conjureur de sorts. Elle sentait le poids de son regard sur sa nuque, mais elle ne se retourna pas pour le regarder. Elle savait que silence et l'indifférence faisaient encore plus mal parfois que les mots. Elle voulait que William comprenne sa douleur, malgré son mutisme.