Je prends vite quelques minutes pour poster ce nouveau chapitre qui, j'espère, vous plaira... Bonne lecture! Au fait, peut-être que certaines descriptions de ce chapitre vous paraîtrons un peu dégoûtantes, personnellement je ne trouve pas qu'elles puissent choquer, mais je préfère prévenir. Et ce chapitre est pour mes deux fifines d'amour (comprendre mes deux rats) dont c'est l'anniversaire aujourd'hui!!!! (Truc dont tout le monde se fiche à part moi!)
Chapitre XIV
La Veillée Funèbre Des Bonsaïs
Il ne fallut pas moins d'une semaine à Némésis pour convaincre Albus Dumbledore de la laisser se rendre à son Ordre. Il avait finit par craquer car elle rendait la vie impossible à tout le monde. Jamais encore de toute sa longue vie il n'avait vu de plaie pareille. Mais il faut dire aussi que le fait que Némésis soit devenue exécrable n'était pas la seule cause de son accord. Dumbledore voulait lui aussi tirer au clair cette histoire. C'était pour cela, que cet après-midi, les professeurs McGonagall, Snape et Dumbledore se tenaient prêts à escorter Némésis jusqu'à son Ordre. Une garde rapprochée qui devait rester en retrait et n'intervenir qu'au cas où cela tournerait mal était également prévue, et Némésis avait été priée de laisser ses loups dans la chambre.
Némésis et les professeurs embarquèrent dans la voiture de la jeune femme. Le trajet se déroula en silence et la révélation fut faite que le professeur McGonagall était malade en voiture. Cela étant, c'était peut-être également dû à la conduite de Némésis qui était tellement stressée de ce qu'elle allait découvrir qu'elle grilla deux feux rouges, refusa cinq priorités, oublia de marquer trois stops et coupa la route à une pauvre mamie en vélo qui atterrit sur le trottoir et faillit s'encastrer dans une poubelle. Ils arrivèrent enfin tant bien que mal et en un seul morceau (cela faillit très mal se passer au dernier carrefour) à destination.
L'Ordre de Diké avait son quartier général dans un vieux manoir abandonné ayant autrefois appartenu à on ne savait quelle famille d'aristocrates tombée en désuétude. Il avait été réaménagé de manière à le rendre de nouveau habitable et chaque mercenaire possédait sa propre chambre et un bureau attenant à celle-ci. La façade extérieure n'avait en revanche pas été rénovée, pour ne pas laisser les gens penser que le manoir était de nouveau habité. Le jardin avait également été laissé à l'abandon et la nature en avait profité pour reprendre ses droits. L'endroit était devenu une vraie jungle. Le tout était situé dans un lieu calme et éloigné de pas moins 30 kilomètres du premier village. Il n'y avait pas non plus le moindre voisin alentour.
- On va passer par derrière, signala Némésis. On aura moins de chance de se faire repérer et de croiser quelqu'un. Si cela se produit, vous évitez de dégainer vos baguettes et de lancer le premier sort qui vous vient à l'esprit. Surtout vous, ajouta-t-elle pour le professeur Snape.
Ils contournèrent donc le manoir et entrèrent à l'intérieur par une vieille porte en bois à moitié cachée par du lierre. La pièce était sombre et les professeurs durent allumer leurs baguettes. La salle était délabrée et un incroyable bric-à-brac s'amoncelait un peu partout.
- Ce sont les anciennes cuisines, précisa Némésis, personne ne vient jamais dans cette aile du manoir, elle était en trop mauvais état pour passer notre temps à la rénover. Faites attention au plancher, il a tendance à s'affaisser et si vous passez au travers, je n'irai pas vous repêcher dans les oubliettes. On va essayer d'aller directement voir mon chef. Prions pour ne rencontrer personne d'autre en chemin.
Le groupe avança prudemment parmi les décombres et finit enfin par sortir de la salle. Il s'engagea ensuite dans un étroit couloir au bout duquel une volée de marches menait un étage au-dessus.
- J'ai un mauvais pressentiment, murmura Snape à Dumbledore.
- Nous ne risquons rien. Crois moi, elle n'a pas l'intention de nous jeter en pâture à ses compagnons.
- Ce n'est pas de ça que je parle. Il y a une odeur étrange dans l'air. Une odeur de sang. Il s'est passé quelque chose ici, quelque chose de sordide. Il y a eu beaucoup de morts, et ça s'est passé récemment.
- Je vois… tu en es sûr ?
- Rappelez-vous que j'ai été un tueur moi aussi. L'odeur du sang, je l'ai portée sur moi pendant longtemps.
- Bien. Il n'est pas impossible que les Mangemorts aient trouvé le manoir. Tiens-toi prêt. Si ça tourne mal, tu amènes Némésis à l'extérieur. Minerva et moi on vous couvrira. Envoie nous la garde rapprochée ensuite et ramène Némésis en sécurité à l'Ordre du Phénix.
Ils arrivèrent enfin en haut des escaliers, une porte leur faisait face, que Némésis ouvrit. Elle fit deux pas dans le grand hall et cria. Le sol était jonché de corps, pour la plupart en état avancé de décomposition. La scène faisait nettement ressortir le fait que les assassins avaient pris un malin plaisir à s'adonner au massacre. Partout où le groupe regardait, tout n'était que sang et membres désarticulés. Némésis les connaissait tous, elle pouvait poser un nom sur chaque visage qu'elle voyait. Ils avaient tous faits partis de ses amis, ils avaient été sa famille pendant des années. Aujourd'hui, ils étaient morts. Elle les regardait servir de nourriture à des rongeurs ou à des larves et insectes nécrophages. L'odeur de tout ce sang séché, qui s'étalait sur presque tout le hall, lui montait à la tête. Elle avait la nausée. Elle se souvint soudain de pourquoi elle était ici.
- Belzé ! s'exclama-t-elle.
Et elle se mit à grimper les escaliers en courant. Le chemin qui menait au bureau de Belzé était tout aussi encombré de cadavres que le hall. À plusieurs reprises, elle faillit trébucher contre un corps. Il lui semblait que leurs yeux vides la regardaient et la jugeaient. Comme s'ils lui posaient des questions muettes. Pourquoi es-tu en vie ? Pourquoi n'étais-tu pas là avant ? Pourquoi ne pas nous avoir aidés ? Elle s'arrêta de courir au beau milieu d'un couloir. Tout autour d'elle des morts, du sang,… Les cadavres semblaient la fixer et l'accuser.
- Tu nous as abandonnés, tu es partie pactiser avec l'ennemi. Et tu nous as laissé mourir, tout est de ta faute. Regarde, regarde, ce que tu as fait de nous. Le spectacle te plaît ? C'est ce que tu voulais ? Tu nous as trahis, tu as trahis Belzé, c'était ce que semblait vouloir dire chaque corps sans vie présent autour d'elle.
Les voix de ses amis défunts lui adressant des reproches résonnaient à l'infini dans sa tête. Némésis avait l'impression que son crâne allait exploser.
- Arrêtez ! cria-t-elle en se laissant tomber à genoux, les mains sur les oreilles. Arrêtez, je vous en prie ! supplia-t-elle.
Elle sentit une main se poser sur son épaule. Lentement, elle releva la tête pour croiser le regard noir du professeur Snape.
- Relevez-vous ! lui ordonna-t-il. Cela ne servira à rien de vous apitoyer sur votre sort, ce qui est fait est fait. Maintenant, levez-vous !
Et il lui tendit la main pour l'aider à se relever. Némésis hésita, regardant successivement la main offerte et le professeur. Elle finit par accepter l'aide qu'il lui proposait. Elle prit sa main et il l'attira à lui. Leurs corps se retrouvèrent à moins de dix centimètres l'un de l'autre, mais le professeur se rapprocha encore légèrement. Il pouvait sentir la chaleur du corps de la jeune femme et il sentit également son propre corps réagir à la proximité de Némésis. Cette dernière, ne comprenant pas pourquoi Snape ne lui lâchait pas la main, leva les yeux vers lui. Elle croisa son regard ébène et se perdit dedans, occultant le lieu alentour et avançant vers sa proie inconsciemment. Ces yeux étaient un véritable piège quand on n'y prenait pas garde. Sauf qu'elle vit dans son regard tout ce dont elle avait besoin en cet instant. Du réconfort, de la compassion, de la compréhension et, un éclat de protection. Oui, tout ce dont elle avait besoin.
Sans réfléchir davantage, elle laissa ses bras entourer le cou du professeur et posa la tête sur son torse. Passée la première surprise, Snape décida de faire quelque chose de ses bras qui tombaient inutilement le long de son corps. Il glissa lentement ses mains sur les hanches de la jeune femme, crispant la mâchoire car s'attendant à un retour de flammes rapide. Mais Némésis ne réagit pas, se contentant de fermer les yeux pour ne pas avoir à faire face à la boucherie qui l'entourait. Elle tenta de porter toute son attention sur les battements de cœur de l'homme contre elle, oubliant qui il était vraiment et qu'elle avait pour mission de le tuer. Elle se sentait juste bien. Cette sensation ne dura pas longtemps. Les visages de ses défunts amis défilant devant ses yeux clos, la ramenèrent à la réalité. Soudain, elle tressaillit, se souvenant d'un détail. Snape sentit ce soubresaut et desserra son étreinte, à regret. Il dévisagea la jeune femme.
- Il n'y a pas de filles, dit-elle.
- Quoi ? demanda Snape qui la tenait toujours dans ses bras et ne savait trop comment réagir.
- Dans mon Ordre, nous étions trois filles, moi comprise, et dans les cadavres je n'ai vu que des hommes.
Elle repoussa le professeur sans faire de commentaire. Il fut blessé par le geste. Pas forcément parce qu'elle l'avait repoussé mais plutôt parce qu'elle n'avait rien dit. Cela signifiait très clairement pour elle que ce qui venait de se passer était tellement insignifiant, que cela ne méritait pas qu'on s'attarde dessus.
- Maintenant que j'y pense, poursuivit-elle, il y a également des hommes que je n'ai pas vus parmi les corps, et notamment…
Sa phrase resta en suspens. Elle venait de réaliser qu'elle n'avait pas vu le corps de Stanislas et était maintenant assaillie par un étrange pressentiment. Elle regarda au bout du couloir la seule pièce qu'elle n'avait pas encore ouverte. Le bureau de Belzé. Elle courut dans cette direction. Elle resta interdite devant le corps décapité de Janus qui gisait sur le sol du bureau. Belzé n'était pas là, ce qui voulait dire qu'il était forcément dans la pièce attenante consacrée à ses bonsaïs. En ouvrant la porte, celle-ci alla cogner contre la tête de Janus qui roula plus loin. Mais ce fût autre chose qui attira le regard de Némésis. Au milieu de la pièce se trouvait un autre cadavre allongé sur le ventre. Tout autour régnait le silence dans cette salle quasiment vide. Les seuls témoins de cette scène morbide étaient les fameux bonsaïs dont l'homme qui était à présent mort aimait tant s'occuper. Ces arbres miniatures semblaient veiller sur leur défunt propriétaire.
- Belzé ! cria Némésis en se précipitant vers le corps qui gisait face contre terre.
Ce dernier, ou du moins ce qu'il en restait, n'avait pas échappé aux attaques des insectes et autres rongeurs. Némésis se contenta de s'agenouiller auprès de lui. Elle n'osait pas le toucher, ni le retourner.
- Pardonne-moi Belzé, je t'en supplie, pardonne-moi. Tout est de ma faute, j'aurais dû être là. Je savais le dernier jour où l'on s'est vu que je n'aurais jamais dû partir. Je sentais que quelque chose allait mal tourner. J'aurais dû rester avec toi.
- Et vous seriez morte aussi. Très intelligent comme plan.
Snape avait écouté les remords de Némésis. Il n'avait jamais aimé les jérémiades et cette capacité qu'avaient les gens à s'accuser de tout et de rien. Sa voix était redevenue froide et il s'était de nouveau enfermé dans cette carapace glaciale et distante. Rien à voir avec l'homme réconfortant d'il y avait à peine deux minutes. Mais en même temps, elle l'avait repoussé, elle ne voulait pas de lui, et il ne devait pas montrer qu'il ressentait quelque chose face à ce refus.
Il s'approcha du corps, s'accroupit à son tour et retourna le corps de Belzé. Il observa un instant le poignard toujours fiché dans le torse de l'homme au niveau du cœur.
- Si ça peut vous rassurer, je ne pense pas qu'il est souffert, le poignard a atteint le cœur du premier coup.
Mais Némésis n'écoutait plus. Dès l'instant où Snape avait retourné le corps, dès l'instant où elle avait vu le poignard, la nausée l'avait submergée. Elle aurait reconnu l'arme n'importe où.
- Il y a un problème ? s'enquit le professeur à qui le regard de Némésis n'était pas passé inaperçu.
- Il faisait faire tout ses poignards sur mesure, répondit celle-ci en enlevant l'arme du torse de Belzé, par un particulier. Il y tient comme à la prunelle de ses yeux à ses fichues armes. Chaque manche était en argent et chacun était gravé de la même chose. Vous voyez, cette balance de la Justice entrelacée par des roses, il considérait ce dessin comme un symbole pour lui.
- C'est… le Mangemort qui a tué vos parents ? C'est à ce moment là que vous avez vu cette arme ?
- Non, ce ne sont pas les Mangemorts les responsables de ce massacre.
- Qui ?
Némésis ne répondit pas. Elle n'arrivait pas à croire à la conclusion pourtant évidente qui se dégageait de tout ça.
- Qui ? Vous n'avez plus de raison de le couvrir.
- Il s'appelle Stanislas. C'est un des mercenaires de mon Ordre. Je savais qu'il n'approuvait pas toutes les idées de Belzé mais…
- Belzé ? Belzé Rochefort, l'Auror ?
Snape comprenait maintenant comment les tueurs de Mangemorts faisaient pour être si bien renseignés sur les crimes que les partisans du Lord avaient perpétrés de leur vivant.
- Oui, c'était notre chef. Sa fille a été tuée par des Mangemorts et ils n'ont pas été jugés. Il a démissionné et a décidé de créer l'Ordre de Diké. Il m'a recueilli à l'âge de sept ans, alors qu'on m'avait placé en orphelinat. C'est lui qui m'a élevé. Il a recueilli Stanislas deux ans après moi. J'avais neuf ans, il en avait douze. On a grandit ensemble, mais Stanislas était,… disons que comme il était plus âgé au moment du meurtre de ses parents par les Mangemorts, il a eu plus de mal à se sortir de sa haine. Belzé n'a cessé d'essayer de le canaliser. C'est resté enfermé en lui pendant des années mais cette haine est ressortie le soir de la mort d'Alexander Knight.
- Ce Stanislas, c'est celui qui a tué la fille de Knight ?
- Oui, mais c'est aussi surtout celui qui…, ajouta Némésis en hésitant quelque peu.
- Oui ?
- C'est celui qui devait vous tuer.
Alors? On en a quand même appris un peu plus dans ce chapitre, notamment sur Stanislas. Comment va réagir Némésis après ça à votre avis? A demain pour le prochain chapitre...
