Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic, UA

Résumé : « Raconte-moi une histoire. Une histoire remplie d'émotion, avec des moments d'amour parsemé de rêve. Je veux oublier que dans la réalité les contes de fées et les '' ils vécurent heureux '' n'existent pas. » Yaoi.

Bêta correctrice : pommedapi

Note 1 : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé et qui a fait mon image de couverture. ^^

Note 2 : Merci à Blue0, Lawiki et Eirika Holmes pour leurs commentaires et également pour la mise en alerte de l'histoire!

Bonne lecture !


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 14

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« Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention ; ils ont tous le pouvoir de changer une vie. »

Leo Buscaglia

Ace


Mercredi 1 Février 2017

Je suis assis dans le même fauteuil que la dernière fois et le Dr César m'observe sans rien dire. À part quelques mots, je n'ai pas ouvert la bouche depuis mon arrivée. Je me contente simplement de fixer le tableau accroché devant moi.

Il représente une femme nue en larmes. Elle montre ses poignets ensanglantés. Je me demande pourquoi le Dr César a accroché ce tableau-là. Il est bien fait, c'est sûr, mais il est surtout complètement déprimant et morbide.

Cette femme me renvoie tant de choses. Elle a l'air si désemparée, si perdue... Ses poignets sanguinolents sont comme un appel à l'aide, un signe qu'elle veut encore être aidée, qu'il n'est pas forcément trop tard. C'est juste une femme qui, faute de mieux, s'est fait du mal pour qu'enfin, les gens remarquent qu'elle souffre... Ou pas.

Peut-être qu'elle s'est tranchée les veines parce qu'elle en a marre et qu'elle veut mourir. Qu'elle en a juste assez de faire semblant d'aller bien, de vivre. Et qu'elle pleure de soulagement parce qu'elle n'aurait jamais pensé se sentir aussi libre qu'à cet instant.

Je me suis toujours demandé si ceux qui se suicidaient étaient lâches ou courageux. Au final, mettre soi-même fin à son calvaire, est-ce que c'est si lâche que ça ? Ôter une vie n'est pas évident, que ce soit la sienne ou celle d'un autre... Pourtant, je ne suis pas sûr que je puisse dire que les personnes qui se suicident soit vraiment courageuses. Sincèrement, je n'en sais rien. Jusqu'à la semaine derrière, je n'avais jamais pensé réellement à mourir. Je ne me permettrai pas de juger ceux qui souffrent tellement qu'ils en arrivent à cette extrémité.

Je sais ce que c'est que d'être à bout, d'en avoir marre. Depuis quand vivre est-il devenu si dur que certaines personnes voient en la mort une solution à leurs problèmes ? Ça n'a jamais été facile de mourir. Ça fait peur et atrocement mal... Mais maintenant, je sais une chose. Si mourir n'est pas facile, vivre est aussi difficile. C'est triste.

-Tu es bien silencieux aujourd'hui, me dit César.

-C'est parce que je n'ai rien à dire. J'ai dû trop parler la dernière fois, je fais, cynique.

-Si tu n'as rien à dire, peut-être peut-on entrer dans le vif du sujet ? propose-t-il alors.

-C'est à dire ?

-Si on parlait de tes troubles obsessionnels compulsifs, et plus précisément de ta tentative de suicide ? C'est pour ça que tu es là, n'est-ce pas ? Ne te braque pas…

-Je ne me braque pas.

Je détourne le regard histoire de me donner un peu de contenance.

-Tout va bien alors. Parle-moi de ce qui t'a poussé à vouloir passer à l'acte.

Je reste muet un moment avant de me rendre à l'évidence. Je suis là pour que toute cette souffrance s'arrête et ça ne marchera que si j'y mets du mien. Je le sais mais... J'ai peur d'en parler. J'ai pas envie qu'on me juge.

Je soupire et gigote, mal à l'aise. Le Dr César attend patiemment que je me lance et dans son regard, je crois distinguer sa véritable intention. Il ne me jugera pas. C'est son travail après tout. Aider les personnes « comme moi ».

-Je pense que j'ai juste craqué. J'avais honte de moi. De ne pas avoir aidé Makino, de l'avoir laissé se faire violer... Ça m'a fait un choc de l'apprendre, je confesse soudain.

-Ouais..., commence-t-il, incertain. Il semblerait que ma manière de te l'avoir révélé n'était pas la bonne…

Je sens qu'il est mal à l'aise et qu'il reconnaît sa faute.

-Il semblerait, effectivement.

Je décide pour autant de ne pas lui faciliter la tâche.

-Ce qui est arrivé à Marco m'a conforté dans le fait que je portais malheur à ceux que j'aimais. Sur le coup, mettre fin à mon existence me semblait être une solution comme une autre. Je rate tout, je détruis tout ce que je touche... Alors j'ai pensé que… Si je disparaissais, il n'y aurait plus de problème. Je me rends compte combien c'est stupide maintenant…

-Je suis content d'avoir prévenu ton père à temps et qu'on ait pu te retrouver avant qu'un drame ne se produise. Comment te sens-tu maintenant ?

Je souris malgré moi en pensant à ce qu'il s'est passé ce matin. Je n'arrive pas à croire que ça ait marché, que Sabo et moi sommes maintenant… ensemble ! J'étais stressé comme pas possible quand je me suis ramené à leur table. Heureusement, il n'y avait que ses amis mais c'était déjà bien suffisant. J'avais emprunté la guitare du Glee Club peu avant, prêt à franchir le cap, mais sentir leurs regards sur moi m'avaient fait douter. Était-ce une bonne idée ? Est-ce que je ne faisais pas erreur ? Et s'il disait non ?

Je me suis alors rappelé des paroles de Marco et, prenant mon courage à deux mains, je me suis laissé aller, oubliant tout, ne voyant que lui. Et bordel, ça a marché ! Savoir qu'il avait en plus déjà quitté Koala n'a été que la cerise sur le gâteau.

-Bien à ce que je vois. Qu'est-ce qui te rend si heureux ? me demande César, intrigué par ma soudaine bonne humeur.

-Rien de spécial, je réponds, un peu gêné.

-Tu passes de la dépression à une joie immense en quelques jours ? Quelque chose s'est sûrement passé entre temps.

Il se met à ouvrir son calepin et joue avec la mine de son stylo.

-C'est peut-être les médicaments, je tente alors.

-Ou quelqu'un, continue-t-il.

Finalement, après quelques secondes d'un duel acharné de regards, je consens à lui avouer la vérité.

-Je suis avec... quelqu'un.

Ses yeux s'illuminent et il se met à écrire.

Je détourne les yeux de ce spectacle auquel je ne suis que trop habitué et continue à regarder le tableau de tout à l'heure. Il n'y était pas avant. Sans doute l'a-t-il mis ici suite à ma tentative de suicide. Peut-être que ce n'est pas tant le tableau qui est important mais l'image que les gens s'en font ? Ce qu'ils interprètent derrière la douleur de cette personne. Le Dr César l'a-t-il mis là pour lui ? Pour se rappeler combien ce qu'il fait est important ? Pour se souvenir qu'une seule erreur, même minime, ne pardonne pas ?

-C'est très bien ! Je pense que cette relation t'aidera à aller mieux mais fais attention. Tes troubles obsessionnels compulsifs vont te mener la vie dure et ta relation en pâtira sûrement. Le mieux serait que tu lui en parles. A voir…

Je prends soudainement conscience de cette réalité, de ce que signifie réellement sortir avec Sabo. Merde, je n'avais pas pensé à ça ! Je ne veux pas lui dire que je suis malade ! Je ne veux pas qu'il me regarde autrement...

-Bien.

Il écrit encore dans son satané journal et, prit dans ses réflexions, se met à réfléchir à voix haute.

-L'origine neurophysiologique du TOC reste mal comprise. Néanmoins, des altérations des ganglions de la base, du cortex orbito-frontal ainsi que du cortex cingulaire antérieur semblent être impliquées dans la physiopathologie de cette maladie.

Il fait une pause et se gratte le menton, pensif.

-On sait aussi que la boucle neuronale de détection des erreurs est en suractivité. Le circuit cérébral de la prise de décisions est également défaillant…

Il marmonne quelque chose que je ne comprends pas puis reprend à mon intention.

-Je ne te cache pas que c'est une bonne et une mauvaise chose, fait-il en parlant de ma relation. Comme ce qui est arrivé à ton premier amour est ce qui a déclenché tes TOC, te lancer sérieusement dans une autre relation t'aidera certainement à aller mieux, à passer à autre chose et à guérir. Mais ça peut aussi réveiller de mauvaises choses et ruiner ce que tu essaies de construire avec cette personne…

-Je ne veux pas que ça arrive, je tiens beaucoup à cette personne ! Ma maladie... Est-ce qu'elle va toujours me gêner comme ça ?

À peine commencée, j'ai l'impression que ma relation avec Sabo est déjà menacée.

-Il y a de grandes chances, Ace.

Son ton est grave et je me mets à me gratter le pouce droit avec mon index.

-Mais les choses peuvent changer. Et ça, c'est mon travail de faire en sorte que ça arrive !

Il sourit et cette fois, je sens que c'est différent des séances précédentes. Cette fois, il est sincère.

xXx

-C'est vrai ?! s'écrie Shirahoshi qui en a presque les larmes aux yeux.

La gérante du bar lui jette d'ailleurs un petit regard amusé mais lui fait tout de même signe de baisser d'un ton.

-Ouais.

Je me contente de hausser les épaules comme si tout cela était on ne peut plus normal.

-Et t'attendais quoi pour nous le dire ? m'agresse presque X-Drake.

-J'sais pas.

-Peu importe, décide Margaret. On a enfin un sponsor, c'est ça le plus important. Shirahoshi et elle se mettent alors à glousser de joie.

-Mais on s'en fout ! s'indigne soudain Perona. Enfin non, reprend-elle devant les regards estomaqués qu'elle reçoit. Mais là, le plus important, c'est ce qui s'est passé ce matin ! Mon Dieu ! Depuis quand t'es amoureux de Sabo ?!

Je me tortille sur ma chaise, mal à l'aise. Je savais que l'un d'eux allait forcément me poser la question. Je ne sais même pas comment ils ont fait pour être au courant ! C'est vrai que les rumeurs à Marie-Joa vont vite et il suffit que quelqu'un m'ait entendu. Avec la guitare, même à travers une porte, ce n'est pas bien difficile…

Et il faut voir comment la nouvelle sur ce que j'avais fait dans mon ancien lycée s'était propagée ! Je me demande d'ailleurs comment ils ont pu le savoir... Je soupire. Maintenant que Perona est au courant, ce n'est qu'une question de temps avant que tout le monde ne le soit aussi. Au pire, je m'en fous tant que j'ai pas de remarque homophobe. Dans le cas inverse, je pense qu'ils vont vite le regretter. Mais je préfère quand même que ça ne s'ébruite pas trop…

-Alors ? me presse la gothic lolita.

-J'en sais rien, moi.

-Tu n'as que ce mot-là à la bouche ! râle-t-elle.

-Perona..., tente de la calmer Margaret.

-Non, laisse, c'est bon, je fais. Si vous avez des questions, allez-y, j'y répondrais. Je préfère qu'on mette les choses au clair. Comme ça, pas de malaise.

-Personnellement, je n'ai pas de question. J'ai juste hâte de vous voir vous balader main dans la main, avoue Margaret. Ce serait trop mignon !

Shirahoshi approuve et moi, je rougis. X-Drake lui reste résolument silencieux.

On discute encore un peu puis on revient au sujet principal : le concours. Maintenant qu'on a un sponsor, Brook va pouvoir finaliser notre inscription et on va commencer à se préparer sérieusement.

On se sépare vers 18h et alors que je marche aux côtés de X-Drake, je me demande ce qu'il pense de ma mise en couple avec Sabo. Ce n'est pas que ça me préoccupe mais son silence m'intrigue.

-Y a un problème ? je demande alors.

Je n'ai pas besoin de préciser de quoi je parle, il le sait déjà.

-Non, tu sais bien que je m'en fous. Mais...

-Mais quoi ?

-T'as l'air de penser que ça va le faire. Avec les autres, précise-t-il.

-J'ai pas peur des autres et j'assume complètement ce que je ressens pour lui.

-Toi oui.

Il soupire.

-Je pense que ce sera plus compliqué pour ton mec.

xXx

-T'es sérieux, Ace ?! Une balle dans la tête ?! Mais à quoi tu pensais, imbécile !

-J'ai pas envie qu'on s'engueule, OK ?

Je savais que je n'aurais pas dû répondre. C'est ce que je n'arrête pas de me dire depuis que j'ai accepté l'appel vidéo de Law.

C'était sûr et certain : Law n'allait pas me rater. Je comprends pourtant combien ça l'énerve. Combien de fois on en a parlé, lui et moi ? De la mort et de mon désir, un jour, de vouloir en finir. Au fond, c'est sans doute ça qui lui a permis de deviner ce que j'avais fait sans que ma mère ne le lui dise. Il s'est juste dit que j'étais finalement passé à l'acte, comme le connard que je suis.

Il est en train de me faire la morale depuis 10 minutes et j'avoue que ses paroles blessantes sont loin de me réconforter. Je sais que c'est parce qu'il est énervé, autant à cause de moi qu'à cause de lui. Il se dit qu'il connaissait mon obsession morbide pour ces choses-là et que peut-être, il aurait pu faire quelque chose. Mais non. Le seul responsable, c'est moi.

-On est juste en train de discuter, là. Et arrête de te servir de cette excuse pour éviter la discussion !

-Je n'essaie pas d-

-Si, Ace ! Quand tu dis que c'est compliqué, que tu n'as pas envie qu'on s'engueule et que tu es désolé, tu fuis ! Tu ne réponds jamais réellement aux questions qu'on te pose, tu trouves toujours un moyen de changer de sujet ou alors tu te contentes de rester obstinément silencieux !

Les yeux froids de Law me scrutent. Pendant un instant, je plonge dans cette mer d'abîme si sombre. On dit que les yeux sont le miroir de l'âme. Pourtant, je n'ai jamais réussi à réellement le comprendre ni savoir à quoi il pensait. Je me suis d'ailleurs toujours senti un peu mal à l'aise devant ses yeux. Son regard si obscur et pénétrant. Et à cet instant, devant ses yeux, je ne peux que baisser la tête, pris en faute.

-C'est peut-être dur à croire mais je regrette.

Je passe mes mains dans mes cheveux et les tire légèrement.

-En fait… Enfin, à la base…, je commence, pas sûr de mes mots. Quand j'ai vu cette arme, je l'ai prise sans réfléchir. J'pensais pas m'en servir, et surtout pas contre moi. J'étais pas trop au top mais quand j'ai appris que Marco avait des problèmes en partie par ma faute, ça m'a juste conforté dans le fait que je n'amenais que des ennuis…

Je m'arrête et mes mains quittent mes cheveux. Ça ne suffit plus. Je me mets alors à gratter l'intérieur de mon poignet gauche avec force. Contrairement aux autres fois, ça me fait mal tout de suite mais malgré la douleur, je n'arrête pas. Cette douleur, j'en ai besoin.

-Je sais que tu ne me dis pas tout, Ace. Je sais que ce n'est pas uniquement ce qui est arrivé à Marco qui t'a décidé à passer à l'acte.

Il fronce les sourcils et se rapproche de son ordinateur portable comme s'il voulait m'observer plus en détail. Je me tends automatiquement. Même le moelleux pourtant si confortable de mon matelas ne m'aide pas à me sentir bien. Je gigote. J'ai l'impression d'avoir les épaules lourdes et d'être assis sur du béton défoncé.

-Ace, insiste Law qui voit sans mal mon mal aise.

-Tu te souviens de Makino ? je demande, la gorge nouée.

-Oui…, répond Law prudemment.

-On était en couple mais elle était déjà engagée avec un autre… homme.

Aucun changement perceptible sur le visage de mon ami si ce n'est l'inclinaison de son visage. Quant à moi, les mains moites, je continue à me gratter le poignet.

-Il a débarqué un jour après qu'on ait… Enfin, qu'on l'ait fait, je lâche dans un soupir tremblant. Il nous a pris complètement au dépourvu. Je me suis caché dans un placard et puis… Je l'ai regardée se faire violer, Law. Je ne peux… même plus me regarder en face.

Je détourne les yeux. Je ne veux pas voir de jugement dans son regard. C'est la première fois que j'en parle à quelqu'un. Le docteur César ne compte pas vraiment et j'ai peur de la suite. De ce qu'il va me dire.

Le silence de mon ami m'angoisse de plus en plus. A quoi pense-t-il ? Est-il en train de se dire que je suis un monstre après ce que j'ai fait ? Je vous en prie, faites que non…

Mais Law ne me juge pas. Il ne me réconforte pas non plus. Il se contente d'être lui, tout simplement.

-Je savais que cette fille ne t'apporterait que des ennuis.

Jeudi 2 Févier 2017

Adossé à un des murs à l'entrée du lycée, j'attends Sabo qui normalement ne devrait pas tarder. Je suis soudainement tenté de m'en griller une histoire de m'aider à patienter un peu. Les élèves me regardent tous plus ou moins.

Soudain, Alvida passe à côté de moi et je me retiens de ne pas la frapper. Elle me lance un regard de pur dédain et je fais de même. Je n'ai toujours pas digéré ce qu'elle a fait et ne sait pas encore si je vais me venger ou non.

-Hey ! me salue Sabo quand il arrive enfin.

-Ça va ?

Pour toute réponse, il sourit et je le trouve vraiment mignon. Il a l'air timide alors qu'en réalité, ce n'est pas vraiment le cas. On reste là, à se regarder sans savoir quoi dire d'autre et puis finalement, je me penche légèrement vers lui dans le but de l'embrasser.

Il recule. Je viens d'essayer de l'embrasser et il a reculé… Je ne sais pas trop comment je suis censé le prendre.

-Tu viens de me foutre un vent, là. Merci.

Ma voix est contrôlée et complètement calme pourtant à l'intérieur de moi, c'est tout le contraire. J'espère bien pour lui qu'il n'a pas fait ça parce qu'il a peur du regard des autres. En fait, peu importe l'excuse qu'il me sortira, ça ne passera pas.

-Viens.

Il me prend la main et m'entraîne vers l'intérieur du lycée. On arrive très rapidement à l'endroit où je fume habituellement. On s'arrête et Sabo se met à soupirer alors qu'un petit sourire prend forme sur mon visage.

-Tu te rappelles ? C'est là que je t'ai pété le poignet.

Sabo me regarde et secoue la tête l'air de dire ''et tu trouves que c'est un bon souvenir ?''.

-Je t'aimais pas du tout à l'époque, je continue, un sourire aux lèvres.

Cette fois-ci, lui aussi sourit.

-Je dois dire que tu m'énervais beaucoup aussi, répond-il. Je me demandais même ce que tu faisais à Marie-Joa. Mais contrairement à toi, je me conduisais bien malgré le fait que je ne t'appréciais pas du tout.

-T'exagères ! Je suis sûr que j'étais pas si terrible que ça.

Je m'adosse à un des murs du bâtiment et regarde Sabo.

-Tu m'as pété le poignet, tu as fait boire Luffy, tu t'acharnais sur moi en cours, énumère-t-il tranquillement. Sans oublier ta remarque au self. Qu'est-ce que tu avais dit déjà ?

-Que t'étais pas à la hauteur, je marmonne, me rendant soudainement compte de mon comportement odieux. Mais toi aussi, t'étais pas un ange.

Il sourit, amusé.

-Tu me snobais, je lui rappelle.

-Tu veux pas avouer que j'ai raison, c'est fou ça !

Ses yeux pétillent et ça me fait du bien de le voir ainsi. Pour moi. Grâce à moi. Je tends le bras et l'attrape avant de l'attirer à moi, de l'emprisonner dans mes bras. Mes lèvres cherchent les siennes mais Sabo est joueur et résiste. Il essaie de se débattre et s'amuse à me voir galérer. Dire qu'il y a quelques semaines à peine, je ne pouvais pas le supporter… Les choses changent tellement vite. Aujourd'hui, je ne pourrais pas me passer de lui.

-On a passé de bons moments tous les deux, on n'a pas fait que se détester, je souffle alors contre ses lèvres.

Ça le déstabilise. Ses joues se teintent légèrement et je sens son souffle chaud s'écraser sur mes lèvres légèrement entrouvertes.

-J'ai apprécié discuter avec toi après le match de basket, ça m'a permis de découvrir un autre Sabo. Je crois que peut-être... Tu me plaisais déjà à cet instant-là.

-Je te plaisais ? me demande-t-il, l'émotion clairement perceptible dans sa voix.

-Oui. Tu me plais toujours, tu sais, je rectifie pour qu'il comprenne bien que c'est encore le cas.

Je profite de cet instant où il baisse enfin sa garde et lui vole un baiser. C'est doux, chaud et tellement bon. Ça n'a beau être qu'un simple contact, aussi léger que les battements d'aile d'un papillon, c'est le meilleur baiser qu'on ne m'a jamais donné. Parce que c'est Sabo. Parce qu'il compte beaucoup pour moi.

Je desserre légèrement mes bras et finis par caresser sa joue droite avec ma main. Timidement, Sabo me prend à son tour dans ses bras. Je crois qu'il essaye de me dire qu'il m'aime mais à sa manière. Avec délicatesse et tant de sincérité que ça me trouble. Le baiser reprend et perdure. Bientôt, je le sens happer ma lèvre inférieure. De tendre, le baiser passe à sensuel et ce n'est pas pour me déplaire. Nos langues se retrouvent pour une nouvelle fois danser un ballet langoureux. Cela faisait trop longtemps qu'elles n'avaient pas pu s'amuser ainsi. On en redemande. On s'enivre des gémissements de l'autre et on se nourrit encore et encore du goût si exquis de l'être tant convoité.

Malheureusement, la sonnerie annonçant le début des cours nous ramène à la réalité et nous force à nous séparer. De mon pouce, j'essuie ses lèvres encore humides.

-Moi, je t'aimais déjà, me dit-il alors sans me quitter des yeux.

Je suis surpris et sans doute un peu fier aussi par sa brusque déclaration. J'essaie pourtant de le cacher le plus possible.

-Peut-être...

Il s'éloigne de moi, le sourire aux lèvres, et je lui cours après pour le rattraper.

On marche tranquillement pour aller à notre salle de cours. En chemin, on croise quelques élèves qui nous regardent plus ou moins longtemps. Je me rappelle alors la réaction de Sabo précédemment et je décide de l'interroger à ce sujet.

-Tout à l'heure, quand tu es arrivé, je commence, attirant ainsi son attention.

-Oui ?

-Pourquoi tu as reculé ?

-C'est...

Il semble gêné et ça n'annonce rien de bon pour moi.

-Je ne veux pas trop m'afficher en public pour l'instant, confesse-t-il.

-T'es sérieux ?

Je suis énervé et même lui doit l'entendre.

-Dommage pour toi. Perona le sait et si elle ne l'a pas encore dit à tout le monde, ça ne saurait tarder.

Il s'arrête, surpris par mes propos, puis soupire et reprend sa marche.

-Je présume que je ne peux rien y faire.

Il ne dit rien pendant quelques secondes, réfléchissant certainement à tout ce que cela implique.

-Je veux simplement qu'avant d'agir comme un couple devant tout le monde, je puisse m'expliquer avec Koala pour ne pas la faire souffrir inutilement. Après seulement, on pourra. Mais je lui dois au moins ça. Je tiens beauco-

-Arrête de me parler d'elle, je le coupe. Parle-lui si tu veux mais qu'elle n'espère pas te récupérer pour autant.

-Ne t'inquiète pas, ça n'arrivera pas.

xXx

-Ace !

Je me stoppe net, mon pain au chocolat encore dans la bouche en entendant cette voix. Je me retourne et la vois courir vers moi. Je range mon sac de viennoiseries que je viens d'acheter et attends.

J'attends même si je n'ai envie que d'une seule chose, c'est de la planter là.

-Salut... Je ne te dérange pas ? me demande-t-elle en avisant mon air ennuyé.

-Non, c'est bon, je me force à répondre. J'ai terminé les cours, je trainais juste un peu avant de rentrer. Qu'est-ce que tu fais là, Jewerly ?

-J'ai un stage ici pour un mois…

Elle soupire avant de remettre une de ses mèches derrière son oreille.

-Tu es au courant, n'est-ce pas ?

-Ouais. Et tu veux savoir ce que j'en pense ? je lui demande, la voix acerbe.

-Je pense que tu n'as pas besoin de le dire, je le devine rien qu'à ton regard…

Elle baisse la tête, honteuse. Quant à moi, je lui tourne le dos et commence à m'éloigner.

-Tu n'as pas à me juger ! Tu sais très bien que ça a toujours été compliqué entre Law et moi ! me crie-t-elle alors, me forçant à m'arrêter.

Je fais volteface et la toise avec mépris.

-Peut-être mais il t'a jamais trompé, lui.

Cette accusation l'atteint en plein cœur et je dois dire que ça me fait assez plaisir. Je n'oublierai jamais la tristesse de mon ami le jour où il m'a raconté ce qu'il s'était passé et rien que pour ça, je ne compte pas la ménager.

-J'ai fait une erreur, je l'avoue... Et je le regrette assez comme ça, je n'ai pas besoin que tu en rajoutes une couche ! Law ne prend même plus mes appels et ne répond à aucun de mes messages !

-Ça t'étonne ?

-Ace...

Elle soupire.

-Je l'aime encore.

-Peut-être que lui aussi, je lui avoue alors. Mais c'est trop tard.

-Je suis sûr que non !

J'entends à sa voix que ça lui fait beaucoup de peine mais malheureusement pour elle, j'ai déjà choisi mon camp.

-Ace, s'il te plaît, parle-lui. Je ne veux pas le perdre.

Un sanglot lui échappe et elle détourne les yeux. Je fais de même, je ne veux pas craquer.

-On verra.

Je m'éloigne d'elle, triste pour cette femme qui à un moment donné de la vie de Law, représentait tant pour lui. Maintenant, ce n'est plus le cas.

Samedi 4 Février 2017

-Eh bien, félicitation ! rigole Zoro à l'autre bout du téléphone.

-C'est ça, marre-toi.

-Non, je suis sérieux ! Il est comment ton mec ?

-Il est blond, les cheveux mi-longs, un peu ondulés… Bah, il est bien quoi, je marmonne, soudainement gêné.

-T'as pas une photo de lui ?

-Pour que tu puisses te branler dessus après ? Et puis quoi encore !

-Ouais, c'est ça.

Comme je le pensais, Zoro a plus que bien accueilli la nouvelle. Au tout début de notre conversation, il a essayé d'aborder le sujet de ma fugue mais comme d'habitude, je suis resté évasif pour finalement changer de sujet. Pourtant, je sais qu'il ne va pas me lâcher avec ça. Apprendre que j'avais réussi à attirer Gueule d'Ange dans mes filets a simplement détourné son attention pour un moment. Ça l'a plus que ravi. On n'a jamais parlé de mec lui et moi, ce qui était plus ou moins normal vu que mon intérêt pour les jeunes éphèbes ne s'est manifesté que récemment. Pour Zoro, c'est plus particulier étant donné que même s'il est gay depuis toujours, il n'a commencé à mater les mecs qu'il y a peu seulement. Enfin, c'est ce qu'il m'a dit.

-J'aimerais bien le rencontrer, me dit-il.

-Tu l'as déjà vu en fait.

-Ah bon ?

-A la fête foraine. Il était avec son pote, Sanji. Il a un sourcil bizarre. Sanji, pas Sabo.

-Ah, le sourcil en vrille.

-Ouais, si tu le dis. Tu te souviens de lui ? Je parle de Sabo.

-J'avais compris, j'suis pas bête. Ouais, je me souviens vaguement de lui.

Il se tait et je me dis qu'il essaie de se faire une image plus précise.

-Mignon et un beau cul, c'est ça ? finit-il par demander.

Je reste sans voix. Est-ce que j'ai bien compris ? C'est une blague !

-Tu dis plus jamais ça devant moi.

-Quoi ? C'est pas ça ?

-Si mais… c'est de mon mec dont tu parles, bordel, je finis par répondre, un peu embarrassé.

-Tu vois, si t'avais des photos, ce serait plus simple. Au fait, je voulais te demander si ça te dirait de venir chez moi pendant les vacances ?

Sa question me surprend autant que le changement de sujet radical.

-J'sais pas… En ce moment, c'est un peu chaud pour moi. J'vais voir mais je te promets rien.

Si je n'avais pas déconné la semaine dernière ça aurait pu passer mais là... J'y crois pas trop.

-Tu me rediras.

-Ouais.

Je l'entends longuement soupirer. Je l'imagine même grimacer, sans doute un peu dégouté. Je sais ce qu'il va me dire, je n'y couperai pas.

-Écoute, on n'est pas obligé de parler de ça…

-Je sais, répond-il calmement. Mais peut-être qu'on devrait. Faire comme s'il ne s'était rien passé n'est pas beaucoup mieux au final.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise !? je m'énerve soudainement.

-La vérité pour changer.

-T'essaies de me dire quoi là ? Que j'suis pas honnête ?!

Je suis blessé et je n'essaie même pas de le cacher.

-Je remarque juste que tu dis la vérité uniquement quand ça t'arrange.

-Oui eh bien, moi au moins, je te parle ! je crache, vexé.

-Pourquoi je te parlerais ? Ce que j'ai à te dire ne t'intéresse pas de toute façon…

Je ne dis plus rien. La respiration saccadée, j'attends qu'il ajoute autre chose, qu'il me parle. Je ne sais pas pourquoi on se prend la tête mais je sens derrière les mots de mon ami que quelque chose ne va pas. Cependant, je suis énervé et sur la défensive et ce n'est pas moi qui vais faire en sorte d'arranger les choses. Je voulais tellement ne pas parler de ça.

-Essaie vraiment de venir pendant les vacances, il reprend au bout d'un long moment. Ce serait bien qu'on se voit… pour parler.

Il raccroche aussitôt, ne me laissant pas le temps d'ajouter quoi que ce soit. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que ça n'allait pas et que quelque chose se cache derrière cette demande. J'ai le sentiment d'être passé à côté d'un détail important. Encore une fois.


« La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents. »

Ghandi

Sabo


Lundi 6 février 2017

-Dis quelque chose... S'il te plaît…

Je fixe Sanji, le cœur serré. Dehors, un peu à l'écart des autres élèves, je tente de parler à mon ami, de lui expliquer. Nous sommes côte à côte. Quelques centimètres à peine nous séparent. Pourtant, j'ai l'impression que des milliers de kilomètres nous éloignent.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? souffle-t-il sans même me regarder.

-Que ça ne change rien. Qu'on est toujours ami ?

Ça me fait de la peine. J'ai l'impression que Sanji met volontairement de la distance entre nous. Je ne pensais pas que ce serait si dur. J'ai arrêté de me mentir, je suis enfin moi-même mais il semblerait que ce que je suis ne plaise pas.

Je m'en doutais mais j'avais pensé qu'au moins, mes amis... Nami ne me parle plus – sans doute en soutien à Koala - et je n'ai pas encore eu l'occasion de m'expliquer avec elle. L'entraînement de vendredi a été annulé alors je ne sais pas exactement ce qu'il en est pour l'équipe de basket pour l'instant.

Comme Ace me l'avait dit, son amie a vite propagé la nouvelle. Étant donné que les personnes qui comptaient pour moi étaient déjà au courant, ça ne m'a pas trop gêné mais je trouve quand même déplacé l'attitude de Perona. J'essaie de ne pas trop prêter attention aux bruits de couloir mais ce n'est pas évident. La seule chose positive là-dedans, c'est ma nouvelle relation avec Ace.

-Tu sais bien que j'suis pas homophobe, Sabo ! s'énerve alors Sanji. C'est juste que... J'me rends compte que tu m'as toujours menti

Sa voix n'est pas plus haute qu'un murmure à la fin. Sa douleur transparaît clairement, me blessant un peu plus.

-Je n'ai pas menti ! Je suis toujours la même personne ! Je n'ai pas ch-

-Arrête !

Il fait quelques pas et semble réfléchir. Je lui laisse le temps de trouver ses mots et ne dis rien pour ne pas le déstabiliser. Certaines personnes nous regardent mais je m'en fiche.

-T'es pas devenu gay d'un jour à l'autre !

Il s'arrête et me fixe de ses yeux bleus.

-Je croyais qu'on était ami... Mais tu m'as rien dit ! Même avec moi, t'as fait semblant.

-Non...

Je m'avance vers lui et agrippe désespérément son haut.

-J'étais juste perdu, j'avais peur de ce qui m'arrivait ! Je voulais pas être différent parce que ça voulait dire trop de choses ! Comme te perdre !

Je le lâche et baisse la tête. Je ne sais pas quoi dire d'autre. Je ne sais même pas s'il est sensible à ce que je dis, s'il m'écoute et me comprend.

-Tu l'aimes ?

-Oui.

On ne se regarde toujours pas. On laisse juste le silence s'installer, le temps de s'imprégner des dernières paroles échangées.

-Plus que Koala ?

-C'est différent, je réponds, un peu décontenancé par sa question.

-En quoi ?

-Ace... est tout ce que j'ai toujours voulu. Koala, je l'aime aussi mais… Sans doute pas comme elle le mériterait.

Il ne dit rien et se contente simplement d'acquiescer comme s'il me comprenait. Je me sens terriblement soulagé.

xXx

-Pardon ? demande Doflamingo, sidéré par l'attitude d'Ace.

-J'ai dit que je refusais de participer à votre cours qui n'a de cours que le nom.

-Vraiment ?

Le prof sourit et s'approche dangereusement d'Ace. Je sers les poings, anxieux. Je n'aime pas le voir trop proche de cet homme. Qui sait ce qu'il pourrait lui faire. Il est tellement mauvais...

-Et pourquoi ça ? reprend Doflamingo.

-Vos cours ne servent à rien. Marco était tellement mieux, crache-t-il.

Je lui jette un regard un peu paniqué. Il faut qu'il se taise ! C'est vrai que Marco me manque mais je ne pense pas que dire ça à Doflamingo soit une bonne chose.

-Il n'y a rien d'étonnant à ce que vous défendiez l'homme avec qui vous couchez. Votre jugement n'a rien d'objectif.

-Je ne cou-

-Si vous n'avez rien d'intelligent à dire, je préférerais que vous vous taisiez. Vous venez de me faire perdre 2 minutes de ma vie.

Ils échangent un regard emplit de tension et d'animosité. Personne dans la classe n'ose prendre la parole. Ace est bien le seul à répondre ainsi au prof. Don Quichotte Doflamingo a installé en quelques cours à peine un véritable climat de peur.

L'échange dure encore quelques secondes avant qu'Ace ne ferme son ordi et ne sorte carrément son portable. Doflamingo le prend comme un nouvel affront et il a raison : Ace est clairement en train de boycotter son cours et alors qu'on s'attend tous à ce qu'il pique une crise, il ne fait rien. Il retourne à son bureau et continue le cours.

C'est étrange.

J'ai pu discuter un peu de la situation avec Anonyme et il m'a dit la trouver très inquiétante. Pour lui, si Doflamingo est là, c'est pour une raison particulière qui ne présage sûrement rien de bon. Il prépare quelque chose mais quoi ?

Anonyme m'a demandé d'être très vigilant et de faire attention. D'ouvrir l'œil et de lui rapporter le moindre truc suspect que je serai susceptible d'entendre. Alors je reste attentif. Mais j'avoue ne pas trop aimer me retrouver dans la même pièce que lui alors quand la sonnerie annonçant la fin du cours retentit, je ne me fais pas prier pour partir. Et je ne suis pas le seul.

-Attends, Sabo. Il y a quelque chose que j'aimerais voir avec toi.

Je m'arrête sur le pas de la porte, incertain. Des élèves me poussent un peu pour sortir. Ace passe à côté de moi et tire sur ma manche l'air de dire ''fais comme si t'avais pas entendu''. Doflamingo m'appelle une seconde fois et de mauvaise grâce, je me retourne vers lui. Ace soupire et quitte la salle de classe. J'espère pouvoir vite le rejoindre.

Doflamingo quitte une nouvelle fois son bureau et passe à côté de moi pour fermer la porte. Je ne pense même pas à le reprendre sur le fait que je suis le seul élève qu'il tutoie ici et que c'est assez insolite.

-Tu es tendu. Pourquoi ?

-Non, ça va.

Il est juste derrière moi et même si ce n'est pas le cas, je m'oblige à avoir l'air détendu. Je n'ai pas vraiment peur de lui car je ne pense pas qu'il tente quoi que ce soit ici mais ne pas savoir ce qu'il me veut ne m'aide pas à me relaxer.

Soudain, sa main se pose sur mon épaule droite et je sursaute légèrement, surpris par le geste. Je me retourne et l'interroge du regard mais loin de me répondre, il continue et va même jusqu'à remonter doucement sa main pour caresser mon cou. Je bondis et m'éloigne rapidement de lui, horrifié.

-Si vous n'avez rien à me dire, je vais partir.

Je ne lui laisse pas le temps d'ajouter quoi que ce soit et marche résolument vers la porte. Je suis alors projeté contre celle-ci, me cognant fortement le visage. Une douleur fulgurante m'assaille, me faisant gémir de douleur. Mon œil gauche me brûle et je sens comme un picotement au niveau de mon arcade sourcilière.

-J'ai entendu quelque chose à ton sujet, Sabo... Quelque chose qui ne me plaît pas du tout.

-Qu-quoi ?

J'articule difficilement. Il vient se presser contre moi et pose ses mains de part et d'autre de mon corps. Je respire doucement. Il faut que je reste calme et que je trouve une solution pour m'échapper.

-Pédé, vraiment ? Ton père est-il au courant !?

-Laissez-moi tranquille !

Je crie en le repoussant violemment et il s'éloigne de moi avec une grimace. Je lui jette un coup d'œil furieux mais avant de fermer la porte, je l'entends distinctement.

- Tu choisis la mauvaise voie.

Mercredi 08 Février 2017

Je baisse légèrement la tête, faisant ainsi retomber quelques mèches blondes sur mon visage. Ce n'est pas suffisant pour cacher l'entaille que j'ai en haut de l'œil mais c'est déjà mieux que rien.

J'ai évité Ace hier. Je ne voulais pas qu'il me pose de question à ce sujet et je ne voulais pas lui mentir non plus. Ce qui s'est passé avec Doflamingo semble complètement irréel. Même moi je ne comprends pas encore tout ce que ça implique. J'ai d'ailleurs du mal à croire que c'est bien arrivé. Il semble attendre quelque chose de moi mais je ne sais pas quoi. Ce qui est sûr par contre, c'est que jamais je ne l'aiderai à accomplir ses méfaits, quels qu'ils soient.

De petits rires à mon passage me sortent de mes pensées. Je tourne légèrement la tête et tombe sur deux filles devant leurs casiers. Dès qu'elles captent mon regard, elles déguerpissent, gênées. Je lève alors les yeux au ciel avec agacement.

Je continue à marcher et arrive rapidement vers le stade. Je n'y reste cependant pas très longtemps : Koala n'étant pas là, je rebrousse chemin. Je la cherche depuis ce matin, en vain, et la pause déjeuner va bientôt se terminer. Comme j'ai entraînement de basket après les cours, je ne pourrais pas la voir. Si je veux lui parler, c'est maintenant. Je lui ai envoyé un message mais elle ne m'a pas répondu et je peux difficilement lui en vouloir. Mais il faut que je lui parle. Pour m'expliquer, pour lui faire comprendre que nous deux a vraiment compté pour moi et que Ace... Je ne l'ai pas contrôlé mais je l'ai voulu tellement fort.

J'augmente l'allure de mes pas et me dirige rapidement vers la bibliothèque.

Ace... Il n'est pas très content. Ça l'énerve de ne pas pouvoir se comporter normalement avec moi parce que je veux d'abord parler à Koala. Le fait que je tarde à le faire ne l'aide pas à se calmer. Il trouve ça un peu ridicule que je veuille discuter avec elle. Pour lui, c'est lui faire du mal inutilement. Elle tournera plus facilement la page si elle pense que je suis un beau salaud alors que si je me montre gentil et attentionné avec elle, Koala pensera que ce n'est pas ma faute, que je suis quelqu'un de bien et que c'est pour ça qu'elle m'aime tellement.

Le raisonnement d'Ace est difficilement discutable. Il a même clairement raison mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas laisser les choses comme ça. Je ne veux pas qu'elle me déteste, je suis son ami et l'ai toujours été. Même quand nous étions ensemble, je me suis toujours d'abord considéré comme son ami plutôt que comme son petit-ami. J'aimerais reprendre ce statut... Celui que j'aurais toujours dû avoir.

J'arrive enfin à la bibliothèque et je soupire de soulagement en voyant une petite tête que je connais bien se promener dans les allées. J'avance doucement vers elle et comme pour ne pas l'effrayer, je murmure son nom. Elle se fige et avec une effroyable lenteur, se tourne vers moi. Je peux lire dans ses yeux toute sa tristesse mais aussi un peu de honte et je crois savoir pourquoi. Oui, elle se sent honteuse de m'avoir évité pendant plusieurs jours. Elle, si courageuse et forte, a préféré fuir.

-Est-ce que je peux te parler ? je chuchote pour ne pas me faire reprendre par la bibliothécaire.

Je lui montre en même temps la porte dans une demande muette de me suivre.

-La dernière fois que tu m'as dit ça... Ça s'est mal fini.

Elle esquisse un petit sourire contrit et je souris, heureux qu'elle accepte le dialogue.

On sort lentement de la bibliothèque et la dame à l'accueil nous jette un long regard. Je me demande si elle a entendu les rumeurs à mon sujet. Peut-être. Ça expliquerait ce regard qu'elle ne me jetait pas avant. Tant pis.

-Je suis heureux de te revoir, ça faisait longtemps. Tu me manques, tu sais ? je lui dis alors que nous sommes assis sur les marches d'escalier du dernier étage du bâtiment, là où personne ne va jamais.

-Tu me manques aussi, Sabo, souffle-t-elle. C'est compliqué pour moi… Je ne sais pas si je te déteste ou si malgré ce qu'il s'est passé, je t'aime encore…

Je reste silencieux, troublé par sa révélation. Je m'y attendais mais je ne pensais pas qu'elle me le dirait. Je veux lui dire que je l'aime mais par respect pour Ace, je ne le ferai pas. D'autant qu'il serait malvenu de ma part de prononcer ces trois petits mots quand je sais qu'ils la feront juste souffrir un peu plus. Je sais que son je t'aime n'a pas la même signification que le mien. Pas quand ça la concerne en tout cas. Elle l'a sans doute maintenant compris.

-Est-ce que tu es sorti avec moi pour passer pour un hétéro ? me questionne-t-elle soudain.

-Quoi ? je fais, surpris par sa question.

-Tu avais peur qu'on comprenne que tu aimes les hommes alo-

-Non ! je crie presque, horrifié qu'elle ait pu penser ça. Quand j'ai commencé à sortir avec toi, je ne savais pas encore que j'étais attiré par les hommes ! Mais j'avais des doutes…

-Alors pourquoi !? Pourquoi être sorti avec moi alors que tu ne m'aimais pas ? Pourquoi... Si c'est au final pour me faire tant de mal...

-Koala...

Je me sens tellement gêné et en colère contre moi-même. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça mais c'est en train d'arriver de la pire des façons.

-Je suis désolé si je te parais cruel dans ma réponse mais… Je crois que je me suis mis avec toi parce que je n'avais aucune raison de refuser, je murmure.

Elle hoquette de surprise, certainement choquée par mes propos.

-Tu étais mon amie, ma confidente, je me sentais si bien avec toi, je m'empresse d'ajouter. Je t'aimais à ma manière, je ne voyais aucune raison de refuser. D'autant que tu m'apportais quelque chose que ma famille se trouvait incapable de m'apporter.

-Je vois.

-Je suis désolé...

-Non, c'e-

-Si, j'insiste. Je ne veux pas que tu penses que je me suis servi de toi ou autre chose du même genre. Je tiens beaucoup à toi et comme je te l'ai dit plus tôt, tu me manques... J'aimerais que tu redeviennes mon amie.

-Je ne sais pas, Sabo…

Sa réponse me fait mal mais elle est logique.

-Ne t'inquiète pas, je comprends. C'est normal que tu aies besoin de temps pour digérer tout ça. Mais je veux que tu saches que tu comptes beaucoup pour moi et que si tu as besoin de parler, je suis là. Je continuerai à te soutenir... Concernant ce que tu m'as montré la dernière fois.

Je n'ajoute rien. Elle sait que je parle de sa marque. Elle me sourit, reconnaissante, et je suis heureux. Peut-être que tout n'est pas perdu.

xXx

-Bon, ça suffit ! C'est lamentable ! Le tournoi arrive bientôt, vous avez intérêt à vous ressaisir ou c'est la défaite assurée ! Rangez le matos et vous pourrez aller vous changer.

Le coach Ruyma soupire, dépité par tant de médiocrité avant de s'éloigner vers son bureau. Je me relève alors difficilement et grimace en voyant que mon genou est égratigné. Vergo m'a bousculé tout à l'heure pendant le match d'entraînement et je ne sais pas s'il l'a fait exprès ou non. Après tout, les contacts au basket sont nombreux et ce ne sont pas forcément des fautes. Celles faites intentionnellement sont encore moins fréquentes.

J'essaie de rester positif mais j'avoue qu'après l'entraînement catastrophique que je viens de vivre, c'est plutôt compliqué. La plupart de mes coéquipiers étaient distants. J'ai même pu remarquer quelques regards haineux. Ils sont peu nombreux mais ils sont là. En vérité, la plupart ont l'air tout simplement gênés et ne semblent pas savoir comment agir avec moi. J'espère que ça ne va pas durer trop longtemps. J'avais une belle complicité avec certains joueurs et ça me ferait de la peine de la perdre.

Une fois encore, j'arrive le dernier dans le vestiaire. A mon entrée, certains cessent de se changer et d'autres se cachent même. Et dire qu'il y a quelques jours encore, ils paradaient nus devant moi, leurs attributs fièrement exposés... Quel changement radical de comportement. Je fais comme si de rien n'était et me dirige vers mes affaires. Je commence par enlever mon tee-shirt trempé de sueur. Je prendrai une douche chez moi, hors de question de la prendre ici.

-Tu pourrais pas te changer après nous ?

Je termine d'enfiler mon haut et me retourne pour regarder la personne qui vient de s'adresser à moi. C'est un seconde qui a réussi à rentrer dans l'équipe de réserve.

-De quoi ?

- Barre-toi. On n'a pas envie de se changer si t'es dans le même vestiaire que nous, me dit celui qui depuis le début de l'entraînement me lançait des regards assez durs.

-Et pourquoi ? je demande le plus aimablement possible.

Il faut à tout prix que je garde mon calme.

-Tu sais très bien pourquoi, continue-t-il.

C'est vrai. Je le sais.

-Je me suis toujours changé avec vous et il n'y a jamais eu de souci. Ne crée pas de problème là où il n'y en a pas.

Je me tourne à nouveau et continue à me changer. Beaucoup plus vite qu'habituellement.

Quand je me redresse, je vois qu'ils ont tous la tête baissée et qu'aucun d'eux ne s'est changé. C'est dommage que ça se passe comme ça... Je m'empresse de prendre mes affaires et part sans dire au revoir. C'est la première fois que je me sens de trop avec mon équipe alors que je suis le capitaine. De plus, je ne pense pas que les choses vont aller en s'arrangeant. Malheureusement...

Jeudi 09 Février 2017

-C'est maintenant que tu me le rends ! s'énerve Stelly. Je suis sûr que tu l'as depuis longtemps en plus ! Tu sers vraiment à rien !

-Oh, calme-toi ! je fais, énervé par ses propos. Je te signale que c'était déjà bien gentil de ma part. T'avais qu'à aller le récupérer toi même si tu n'es pas content !

Il m'arrache le portable des mains et l'allume, m'ignorant complètement. Je secoue la tête, dépité. Stelly est venu un peu plus tôt dans ma chambre pour me demander des nouvelles de son portable. Dire que j'avais complètement oublié cette histoire serait un euphémisme.

-Pourquoi t'es pas au lycée ? Y a pas un match de foot ? demande-t-il ensuite, l'air de rien.

-Oui mais je n'avais pas envie d'y aller. Pourquoi ?

-Non, comme ça.

Il se met alors à observer ma chambre et à toucher négligemment quelques éléments de décoration présents sur certains meubles. Je fronce les sourcils, surpris par son manège. Il a récupéré son portable et ne s'est pas gêné pour m'insulter un peu au passage alors je ne vois pas pourquoi il est encore là. D'habitude, dès qu'il a fini de me parler, il déguerpit. D'ailleurs en ce moment, on se parle très peu. J'avais d'autre part déjà accepté la situation.

Stelly essaye-t-il de renouer des liens fraternels avec moi ou veut-il seulement se montrer aimable ? J'ai l'impression que ça cache quelque chose. Je me rappelle alors des paroles d'Ace quand je lui avais demandé s'il avait racketté Stelly.

-Stelly ?

-Q-quoi ?

-Est-ce que tu as des problèmes à l'école ?

Il ouvre grand les yeux avant de se racler la gorge et de détourner la tête. Je m'avance sur mon lit jusqu'à m'asseoir complètement. Mes pieds touchent le tapis moelleux que j'ai acheté récemment et qui m'empêche de geler en hiver.

-N'importe quoi ! s'insurge-t-il finalement.

Sa réaction tardive me laisse un peu dubitatif. Je n'arrive pas à savoir s'il ment ou s'il est juste horrifié que j'ai pu penser ça.

-Est-ce que tu as des ennuis ? On t'embête ?

Je décide d'être plus direct, espérant avoir le fin mot de l'histoire.

-Abruti ! Moi, me faire embêter ?! Mais moi, les gens me respectent !

Il grommelle encore pendant quelques instants, me fusille du regard et part en trombe de ma chambre en prenant soin de claquer la porte. Je soupire, fatigué. La manière forte ne marche pas. Il semblerait que la prochaine fois, je devrais faire preuve d'un peu plus de subtilité. Si prochaine fois il y a...

Je me laisse tomber sur mon lit et grimace légèrement quand je sens mon portable dans mon dos. Je me décale et le prends. Je souris alors en voyant que j'ai un message de Ace.

De : Ace

A : Sabo

Je suis sur le pont en bas de chez toi. Tu me rejoins ?

Ni une ni deux, je saute de mon lit, enfile mon manteau, mes baskets et cours dehors. Je suis essoufflé quand j'arrive enfin près de lui. Il est assis sur le pont, comme d'habitude, et semble regarder le ciel, songeur. Il m'a entendu arriver, je le sais mais il ne bouge pas d'un pouce. Lentement, je monte sur le pont et m'assois à ses côtés.

Silencieux, nous continuons à contempler le ciel. Il fait toujours particulièrement froid en ce début de février et les étoiles sont belles ce soir. Je ne peux m'empêcher de trouver que tout ça représente un remarquable tableau. Oui, me retrouver ici avec Ace sous ce ciel étoilé est vraiment magnifique. Tellement que ça me fait chaud au cœur.

-J'ai parlé avec Koala.

Ace me regarde enfin. Je n'arrive pas à savoir si la nouvelle le réjouit ou non.

-T'en a mis du temps, grogne-t-il. C'est pour ça que tu m'as évité pratiquement toute la semaine ?

-Non, enfin... Un peu. Je suis désolé…

Je m'en veux un peu de lui mentir mais je pense que c'est mieux ainsi.

-Maintenant on peut... Enfin, maintenant que c'est au clair avec elle, il n'y a plus de malaise et on pourra faire comme on voudra.

-Du coup, ça se passe comment avec elle ? Vous êtes amis ? Vous allez vous voir souvent ou un truc comme ça ?

Son ton se veut détaché mais je sens bien la tension dans sa voix.

-J'aimerais bien mais je pense que ça ne se fera pas tout de suite, je réponds en me grattant la nuque, gêné.

Je n'ai aucune idée de la manière dont Ace va accueillir la nouvelle.

-Ça t'embête ?

-A ton avis ?

Il me jette un regard noir.

-Je tiens beaucoup à elle et pu-

-T'as pas à te justifier. Tu fais c'que tu veux.

C'est vrai, il a raison mais ça m'embête. J'ai l'impression que ce sujet va devenir quelque chose de conflictuel entre nous.

-Est-ce que tu as déjà...Tu es déjà sorti avec une fi- Avec quelqu'un ?

Un peu gêné, je me tourne vers lui et admire son profil. Ses yeux sont fermés et ses longs cils noirs caressent délicieusement ses pommettes. Il est si beau... Malgré moi, cette vision m'électrise et je me mords la lèvre inférieure.

-Ouais...

Cette révélation me fait l'effet d'un coup de couteau en plein cœur. Ace remarque très vite mon trouble et m'interroge du regard, inquiet. Cependant, je me retrouve incapable de lui répondre tant je suis chamboulé par sa réponse.

-Ça va ?

Il me prend la main et ça me fait du bien.

-Oui... C'est juste que je suis surpris... J'avais entendu des filles dire que tu n'étais jamais sorti avec une fille et comme l'histoire avec Marco était fausse... Enfin, désolé, je me suis fait de fausses idées. J'aurais d'ailleurs dû m'y attendre. Un beau mec comme toi, je dis pour plaisanter.

-C'était y a longtemps, tu sais... C'était pas top, ça n'a duré que quelques mois à peine. Et puis, je te rappelle que t'es resté 3 ans avec ta Koala ! termine-t-il soudain, agressif. Désolé, je voulais pas te faire de reproche ni rien, s'excuse-t-il alors aussitôt.

-Non, c'est bon. Tu sais, c'est vraiment fini avec Koala. Ça n'a sans doute jamais commencé d'ailleurs.., je termine en souriant tristement.

On se regarde et je rougis légèrement en voyant une petite lueur briller au fond de ses yeux. Je baisse légèrement la tête, troublé. Je relève cependant les yeux quand je sens son souffle froid s'écraser sur mon visage. Les yeux fermés, il s'avance encore jusqu'à ce que nos lèvres se touchent, se découvrent une nouvelle fois pour finir par s'apprivoiser.

J'ai l'impression qu'à chaque fois, c'est la première fois. C'est comme si un feu s'allumait en moi et que tout mon corps fondait. Je me laisse enivrer par sa douceur et lentement, je sombre...

Mes yeux se ferment petit à petit quand je sens une de ses mains cueillir ma joue. Je le prends alors dans mes bras et soupire de bien-être dans le baiser. Peu importe que ce soit compliqué... Je subirai mille supplices rien que pour un instant à ses côtés.

Je l'aime tellement...


Dans le prochain chapitre :

Il me regarde, les yeux brillants d'émotion, d'excitation et peut-être aussi d'une légère appréhension…

Je rapproche son corps du mien. J'ai l'impression de ne pas pouvoir supporter la distance, aussi minime soit-elle. Je veux pouvoir le toucher. Tout le temps. Je veux me prouver que tout est bien réel et que je ne rêve pas.

Assis à califourchon sur mes cuisses, Sabo est plus désirable que jamais. Timidement, sa main s'introduit sous mon haut et caresse lentement mon torse. Ses doigts sont froids, son toucher est léger et n'a rien d'érotique mais cet effleurement me fait pousser un petit soupir. Je suis aussi surpris que gêné quand je sens ma verge se dresser complétement. Je me souviens alors de cette fois où je me suis caressé sous la douche en m'imaginant me frotter à lui. Bordel, jamais un orgasme n'avait été aussi ravageur !


Et voilà! Encore un chapitre tout mignon où on voit un peu comment l'annonce de leur mise en couple est prise. Leurs soutients mais aussi les problèmes qu'ils vont sans doute devoir affronter! Petite apparition de Jewerly qui ne veut pas perdre Law, la pauvre.

J'ai adoré écrire ce chapitre qui est nettement moins dur que les précédents.

Merci d'avoir lu et a bientôt!

Prochain chapitre le Mercredi 03 Mai 2017