Bonjour, bonjour !! Les TP du Bac sont la semaine prochaine, donc je ne pense pas pouvoir poster avant longtemps l'une ou l'autre de mes fics, désolée ! (Et après, il y a les révisions du bac T.T Pourquoi ??)

Alors, question scénario, j'avais prévenu que ce chapitre allait être terrrrrible, et … il l'est ! Je sens que quelques uns vont me détester cordialement (oui, oui, je fais des oxymores, oui Madame ! XD), mais que voulez vous ? Mon histoire avance au rythme de mon humeur, et pour l'instant, après être sortie d'un rhume carabiné (alors qu'il faisait 33 degrés à l'extérieur … Cherchez l'erreur !), je suis plongée dans un rythme de révision qui me pompe toute mon énergie, et qui me pousse à la dépression ! Fin bref, le seul moment où je m'échappe de toute cette vie pourrie, c'est quand je lis ou j'écris, alors merci de me lire ! :)

Allez, passage aux reviews !

Ewilan Potter : Baaaah pour la relation Barty/Harry, ça n'avance pas trop dans mon histoire parce que il va se passer un évènement terrrrrible qui va les rapprocher, mais chut, je n'en dit pas plus pour l'instant ! ;)

perfectiOn-RatEe : Je t'aime ! XD Heureusement que t'es là quand même ! Je confirme que THE Doctor House est TEEEEELLEMENT beau que tous les mercredis je reste devant mon écran à baver sur la table pendant qu'il insulte tout le monde ! C'est mon maître de philosophie ! XD Et oui, après avoir vu « LA Without a map », je me dis que David est vraiment mieux depuis qu'il a vieilli ! :D Un peu comme tous les mecs en fait, quarante ans c'est l'âge idéal ! Comme Stéphane Freiss ou Alan Rickman en fait … Menfin, je divague ! ;) Bridget Jones ? Le film qui me servira de modèle plus tard parce que Colin Firth, c'est THE idéal masculin, MON rêve !! (Et également le sosie du type qui m'a lâchement abandonnée il y peu ...) Mais je ne déprime pas, t'inquiète ! De toute façon, les mecs ils sont tous nuls ! XD Sinon, t'es remise de ta maladie dont-je-ne-connais-pas-le-nom ? :D T'as intérêt, parce que si tu meurs, je serais seule au monde, et plus personne pour me laisser des reviews ! Tu auras ma mort sur la conscience ! :P Tu as vu les nouveaux épisode du Docteur, avec Donna ? On dirait qu'il a perdu 10 kilos, c'est un peu zarb nan ? Mais il est toujours aussi beau ! Et ce soir, ya pas, à cause de cette p- !?/ d'Eurovision pourrie !! Pfff c'est pas juuuuste !! Bsx

J'arrête de parler, ENJOY !

PS : J'ai réussi à battre mon précédent record de longueur de chapitre, je suis trop fière ! :D Bsx !


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Chapitre 13 : Quand on se réveille …


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Extrait du journal d'Hermione Granger

Samedi 12 Octobre

Depuis quelques jours, je me sens épiée, espionnée, observée par des personnes dont je n'arrive pas à capter les regards directement. Ça paraît peut-être étrange, mais je vis avec un sentiment de malaise croissant, comme si j'avais réalisé quelque chose dont je ne me rappelle rien, mais qui ne reste pas inconnue pour l'ensemble de l'école.

Comme ces rires que j'entends parfois sur mon passage, ces murmures que j'arrive à capter de temps à autre, ces légers sourires que je crois déceler sur des visages …

Je pense que je suis en train de devenir folle !! Je n'ai plus envie de sortir du dortoir, même plus envie de parler avec mes amis, plus envie de rester avec Barty … J'en reviens à me demander pourquoi je ne partirai pas sans plus attendre loin de cet endroit où ma raison semble s'effondrer …

Mais je serai bien obligée ce soir, d'assister à la première séance de l'A.D., pour prouver à tous que je ne suis pas morte, que je ne suis pas folle, que je suis plus forte qu'eux, que je suis Lily Evans, envers et contre tous ! (Je commence à rentrer un peu trop dans la peau du personnage, c'est tout de même effrayant vu de l'intérieur …)

D'ailleurs, il est bientôt l'heure de partir pour cette fichue Armée de Défense, comme si nos actes pouvaient être utiles, surtout quand on voit les professeurs qui vont nous être attribués, Potter, Black, Weasley … Merci bien !

Mais j'entends Barty qui m'appelle de la salle commune (il n'a pas le droit de monter, saleté d'escalier menant au dortoir des filles !), je dois donc descendre, la mort dans l'âme …


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— Tu m'as vue quand j'ai lancé le sortilège d'Entrave sur Black ? La tête qu'il a faite !

Hermione restait surexcitée de la séance de Défense qu'ils venaient d'accomplir, mais le plus énervé était sans aucun doute Barty, qui s'exclamait dans la Salle Commune, avec des gestes amples à l'italienne, le visage rosi par l'émotion, le souffle court d'avoir tant ri et crié, les cheveux négligemment décoiffés suite à une attaque plus violente que les autres, la cravate de travers, comme une invitation au déshabillage du porteur. Il allait et venait dans la pièce, marchait d'un bout à l'autre rapidement, porté par son excitation notoire, résumait habilement les différents sorts parcourus cette fois-ci, annonçait les prochains dont ils pourraient avoir besoin, critiquait les attitudes de certains, glorifiait celles des autres, riait, souriait, amusait la salle, était admiré par tous.

Ils avaient insonorisé la salle commune pour permettre à la fête de durer toute la nuit, même une fois la séance achevée, les Griffondors ne se résignaient pas à aller bien sagement coucher. Les jumeaux Weasley avaient sorti leur stock de provisions glanées aux cuisines, leurs matériel de farce et attrape, leurs banderoles étincelantes rouge et or, et surtout, leur capacité à apporter la bonne humeur partout où ils pouvaient passer. L'ambiance était joyeuse, les visages souriants, la joie éclatait aux quatre coins de la salle, la fête était à son paroxysme, présidée par les Maraudeurs, érigés par tous en Maîtres incontestés de la rebellion et du courage.

Un Harry ivre s'était drapé d'une cape aux couleurs de Poudlard, sans le vert Serpentard bien évidemment, et semblait sous le charme éclatant de Ginny, preuve que Ron, avachi devant le feu pelotonnant avidement Patricia Stimpson (ivre morte quant à elle), avait beaucoup trop bu pour faire attention à ses petits problèmes familiaux. Sirius draguait Lavande, qui ne se lassait pas de la discussion, tandis que Remus restait à l'écart, observant les scènes et les émotions, gardien silencieux de la dignité toute relative des Maraudeurs.

La musique était forte, bien trop forte pour le cerveau embrumé par le whisky Pur Feu qu'Hermione avait avalé cul sec. Elle se sentait partir, tout en pensant avec un amusement incongru à sa situation qu'elle ne tenait vraiment pas l'alcool, et qu'elle aurait mieux fait de refuser ce pari stupide avec Sirius. Son esprit était capable de penser des choses cohérentes, mais ses gestes étaient maladroits, saccadés, lents et imprécis. Elle s'était éloignée dans un fauteuil situé à un coin sombre de la salle, pour ne pas que les autres la découvrent dans un tel état de faiblesse. Le monde bougeait autour d'elle, la pièce tournait, les sons lui arrivaient difformes et biscornus, comme une station de radio qu'on avait du mal à capter. Elle repensait à la séance, mais tout lui apparaissait nager dans une brume irréelle, sans qu'elle réussisse à discerner visages, gestes et mots.

Et soudain il apparut devant elle. Une ombre tout d'abord, aux contours évasés, flous, distants. Puis l'image se décrypta d'elle-même dans le cerveau de la jeune fille. Barty. Son Barty. Celui qui attirait l'attention de toutes les filles, celui qui attirait la jalousie de tous les garçons, celui qui attirait tout son être. Elle ne pensait plus à Lily, elle ne pensait plus à la mission, elle ne pensait qu'à l'instant présent, à lui, à elle, à ses sentiments. Toujours incapable de bouger sans sentir le sol tanguer sous ses pieds, elle tenta tout de même un piètre essai afin de se lever du fauteuil. Tentative inutile d'ailleurs. Elle retomba lourdement dans son piège de velours rouge, les yeux dans la vague, qu'elle ferma aussitôt pour ne pas voir à nouveau le tourbillon sans fin qui s'étalait devant elle.

Elle eut soudain la sensation étrange de flotter dans les airs, échappant à la gravité. Elle ouvrit les yeux, et discerna le plafond, lointain, comme dans un rêve. En tournant légèrement la tête, son regard rencontra celui de Barty, proche du sien, et comprit qu'il le tenait dans ses bras, la portant vers un lieu plus propice à son ivresse indécente. Elle se débattit faiblement, tentant désespérément de se dégager de cette étreinte, se sentant impuissante et perdue dans les bras de celui à qui elle pensait quelques instants plus tôt. Elle sentit un souffle chaud contre sa peau, et frissonna à ce contact.

— Ne bouge pas, fais moi confiance, je te conduis là où tu pourras dormir en toute sécurité …

Elle se laissa emporter par ces mots, laissa retomber sa tête en arrière, referma les yeux, enroula ses bras autour du cou de son sauveur. Elle eut la sensation de bouger, d'être allongée, d'être au chaud. Elle sourit, soupira de bonheur, et s'endormit dans l'instant.


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« Aïe, ma tête … »

Hermione ne voulait pas ouvrir les yeux, de peur qu'une lumière trop violente ne vienne faire exploser son crâne en mille morceaux, même si la sensation sans lumière était déjà insupportable. La bouche pâteuse, elle tâta à l'aveuglette autour d'elle, et comprit qu'elle se trouvait dans un lit.

« Ouuuh, pas bouger, pas bouger … »

Dès qu'elle effectuait un mouvement, elle avait l'impression que son corps se mettait à tourner sur lui-même, dans un ballet effréné et sans interruption.

« Mmmm, de l'eau, soif … »

Sa gorge était sèche, tout son être appelait à se rendormir, et pourtant son esprit le tenait bien éveillée, et lui indiquait les désagréments qu'elle allait devoir endurer dans les minutes suivantes. Elle entendit un bruit étouffé, lointain, semblant parvenir d'un endroit imaginaire.

— Il va falloir que tu lèves un jour, chérie, sinon on va croire que tu as plongé dans un coma éthylique irréversible !

« Tais toi, trop mal à la tête … »

Elle savait que la voix qu'elle venait d'entendre avait raison, mais elle ne voulait pas lui obéir. Elle désirait plus que tout rester dans ce lit, au chaud, même avec un mal de crâne horrible.

— Mmmm … réussit-elle à grogner pour faire fuir l'individu.

— Bon, tu ne me laisses pas le choix, ma pauvre ! Tu as choisi la voix de la souffrance ! lui répondit une voix amusée.

— ARGH !

Elle ouvrit vivement les paupières, cherchant à découvrir la raison de ce grand froid qu'elle ressentait dans toutes les cellules de son corps. Et les referma aussitôt, assommée par la lumière bien trop violente à son goût qui avait grillé les seuls neurones fonctionnels.

— Désolée ! fit une voix qui ne semblait pas désolée du tout, et dont le propriétaire donnait des envies de meurtre à la sorcière.

Elle tâtonna autour d'elle à nouveau, frissonnant à cause du courant d'air glacé qui parcourait son corps. Pas de couverture.

« Enfoiré ! »

Elle entrouvrit les paupières, distingua une forme inconnue devant son visage.

— Allez, Lily, debout, il est déjà deux heures de l'après-midi ! Tout le monde se demande où tu as bien pu passer !

— M'en fous … Veux dormir … bredouilla-t-elle dans un sursaut de lucidité.

Elle ouvrit un peu plus les yeux, laissant la lumière et les informations pénétrer jusqu'à son cerveau à présent totalement réveillé.

— Oooh, non, recule toi, je vais vomir … Veux pas y aller …

— Lily chérie, j'ai fait mon possible pour te trouver un sort contre la gueule de bois, mais apparemment, les sorciers n'ont jamais résolu ce mystère de la boisson ! Alors il va bien falloir que tu combattes le mal par toi-même, et ça commence tout de suite !

« Gnéé ?? Gueule de bois ? Boisson ? Merlin, la fête hier soir ! »

Les images se remettaient à présent clairement en place s son esprit. L'armée de Défense, la fête, les banderoles, les Maraudeurs, Sirius, le verre de Whisky, le fauteuil et …

— BARTY !

— Oui, oui, je suis là, calme toi ! Tu sais que tu me fais peur des fois ?

Elle ouvrit totalement les paupières, et enregistra les nouvelles données immédiatement.

1/ Elle se trouvait dans un lit.

2/ Elle était en chemise.

3/ Ce n'était pas sa chambre.

4/ Un Bartemius Croupton au sourire épanoui se tenait devant elle.

« Merlin, qu'est-ce que j'ai fait hier soir ?? »

Lui continuait son petit discours sans s'interrompre devant l'air affolé de la jeune fille.

— En voyant ton état, pardonne moi, ridicule hier soir, je t'ai porté dans un dortoir inoccupé pour le moment. Comme je ne voulais pas te laisser dormir dans ton uniforme, j'ai été chercher une de mes chemises, et je t'ai changée. Jolis sous vêtements, d'ailleurs ! ajouta-t-il, un sourire carnassier aux lèvres.

« Merlin, j'ai trop honte, cachez moi … Je veux mourir !! »

— Mais pour l'instant, il va bien falloir bouger, si tu ne veux pas qu'on te retrouve dans le dortoir des garçons, aussi légèrement vêtue !

« Ok, ok … Action, réaction ! Debout ! Oooh, ma tête … »

— J'ai tout de même trouvé ceci, ça devrait t'aider à aller mieux.

Joignant le geste à la parole, il sortit sa baguette et prononça ''Doleo Caput Evanesco'' en face de la jeune fille, qui sentit son mal de tête s'évanouir sur l'instant.

« Je t'aime !! »

— Pour les symptômes secondaires, je ne peux rien faire, malheureusement.

« Quels symptômes secondaires ? »


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Extrait du journal d'Hermione Granger

Dimanche 13 Octobre

Cher journal, je n'ai pas tardé à découvrir de quels symptômes voulait parler Barty. Je n'en parlerai pas ici, de peur qu'ils reviennent juste parce que j'y pense. Citons tout simplement une envie de vomir perpétuelle, une impression de flotter à chaque pas, un malaise croissant et, mais je ne pense pas que ça soit universelle, une sérieuse envie de massacrer quiconque osait ricaner devant mon état. Je ne boirai plus jamais la moindre goutte d'alcool, promis !

Je vais me recoucher, même s'il n'est que sept heures du soir, mon lit me tend les bras, et je succombe à son appel suppliant !

PS : Penser à remercier Barty de son incommensurable générosité à mon égard, et à l'égard des quelques élèves à qui j'ai lancé un sortilège cuisant en début d'après midi. Ne pas oublier !


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— Lily !

La sorcière ainsi nommée se retourna vivement, surprise d'être interrompue dans son havre de paix favori : la bibliothèque, où elle venait se terrer afin d'oublier l'attitude exécrable de ses camarades pendant la journée.

— Black ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

Elle fouilla la salle du regard, cherchant à apercevoir un éventuel gêneur qui aurait pu surprendre sa conversation. Personne, bien évidemment, ne connaissait l'entrée de ce sanctuaire, les deux adolescents étaient seuls, même la gardienne du lieu était temporairement absente.

— Sirius ? La prochaine réunion, c'est demain, pourquoi ne pas avoir attendu pour me parler ? C'est risqué, si quelqu'un arrive, si Barty arrive …

— Tais toi, et écoute moi.

Sirius semblait bien sérieux, trop sérieux. Il ne souriait pas, ses yeux avaient perdu leur éclat malicieux. Il regardait Hermione fixement, comme s'il avait peur de sa prochaine réaction.

— Il s'est passé quelque chose de grave ? Où est Harry ? Il va bien ?

— Ecoute moi !

Le ton était hésitant, tremblant. Manifestement mal à l'aise, il se tordait les mains, se forçant à continuer de regarder la jeune fille dans les yeux, même s'il paraissait désireux de s'enfuir au plus vite.

— Ce que je vais te dire … ne va pas te plaire. Pas du tout. Tu m'en voudras peut-être, mais il faut que tu le sache, avant de …

La fin de sa phrase se perdit dans sa gorge sèche. Hermione le fixait à présent avec la même intensité, la panique grandissant en elle, la peur de l'annonce que son interlocuteur ne se décidait pas à lui avouer.

— Jure moi de me croire sur parole.

— Je ne peux pas faire ça tant que tu ne m'as pas clairement dit ce que tu as tant de mal à énoncer !

— Bien, alors, je me suis souvenu.

Il marqua une pause, cherchant l'assentiment dans le regard de la jeune sorcière, et la conviction de son devoir au plus profond de lui-même. Hermione hocha lentement la tête, lui indiquant de continuer son récit.

— Je me suis souvenu de la raison qui avait poussé Lily à quitter Croupton.

— Et quelle était-ce ? Y a-t-il un rapport quelconque avec moi, maintenant ?

Elle se rassurait déjà, pensant que le passé ne pouvait pas se rejouer une seconde fois avec les mêmes actes et dialogues. Tout changeait, tout évoluait dans ce monde, et ce n'est pas parce que le Barty de Lily avait commis une erreur irréparable que son Barty allait forcément la reproduire à l'identique.

Mais Sirius n'était toujours pas décidé à avouer cet acte apparemment infâme.

Une porte claqua, coup de tonnerre dans le silence de la bibliothèque. Ils sursautèrent, et la jeune fille fit signe à Sirius de dégager rapidement, sans quoi le secret de leur mission serait compromis. Il acquiesça, mais avant de la laisser seule dans le silence angoissant du tombeau livresque, il lui murmura :

— Ne t'accroche pas trop à lui, tu pourrais le regretter plus que tu ne le penses …

Et il sortit sans un regard en arrière.


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Extrait du journal d'Hermione Granger

Lundi 28 Octobre

Je me sens de plus en plus mal à l'aise. De jour en jour, j'ai l'impression que de plus en plus de regards se posent sur moi, comme si j'étais le centre d'attention de toute l'école, sans que je comprenne pourquoi. J'en ai assez, je suis espionnée, je deviens parano, c'est horrible !

Sirius ne m'a pas reparlé depuis la scène de la bibliothèque, et si tout tournait autour de ce secret inavouable ? Et si Barty me cachait quelque chose ? Et si tout le monde savait ce que Sirius a essayé de me dire ? Et si … Et si je devenais totalement cinglée ??

Toutes ces fois où les conversations s'arrêtent quand je passe devant un groupe, toutes ces fois où lorsque je me retourne, j'aperçois des élèves qui détournent le regard précipitamment, toutes ces fois où l'on murmure lorsque je traverse la Grande Salle. Je n'arrive même plus à sourire, plus même à Barty. Je me sens vidée de toute énergie, comme si on me volait ma raison et ma volonté de vivre sans que je ne m'en rende compte.

Je reste cloîtrée dans ma chambre, telle une ombre. Je ne descends plus à la bibliothèque, de peur de rencontrer des regards dans les couloirs. Je ne descends plus manger, de peur de croiser les yeux avec des personnes au courant d'un faisceau de ma vie que j'ignore moi-même. Je voudrais mourir …

Heureusement qu'il est là, qu'il me soutiens, qu'il me regarde encore sans m'accuser, qu'il me parle normalement, qu'il est toujours derrière moi à chaque pas. Je l'aime, plus que je ne le devrais, plus que tout au monde. Et je souffre plus que tout de ne pas pouvoir le voir, de ne plus pouvoir me perdre dans ses yeux noisette, de ne plus pouvoir respirer son parfum si familier, de ne plus avoir la sensation de complicité qui nous avait lié ces derniers temps. Je pourrais mourir pour lui.

Mais il est tard (ouuh, très tard, pauvre de moi !) et ayant sauté plusieurs repas, je commence à avoir TRES faim ! Je vais descendre aux cuisines, avant de mourir d'inanition ! Tant pis si je me fais prendre, je dirai que je faisais une ronde en vue d'une éventuelle sortie clandestine de 4ème année, on me remettra la médaille d'honneur !


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Hermione marchait sans bruit dans le couloir, consciente que l'heure n'était pas propice à une ballade nocturne, surtout que le couvre feu avait été établi par cette saleté d'Ombrage. Revenant des cuisines où les elfes de maison avaient été plus qu'enthousiastes d'offrir un repas à une affamée, elle essayait de ne pas se laisser emporter par la douce impression de plénitude qui montait en elle, causée par le remplissage fortuit de son estomac.

Les couloirs étaient silencieux, les tableaux semblaient dormir, et la lueur tremblante que projetait sa baguette était plus que suffisante pour retrouver sa route dans le château désert. Elle avançait, seule, plus heureuse qu'elle ne l'avait été lors de ces derniers jours, enfin libérée de cette désagréable sensation d'espionnage ininterrompu.

Un léger caquettement se fit entendre derrière elle, se retournant vivement, elle n'eut que le temps d'apercevoir Peeves lui lancer le contenu poisseux d'un chaudron, et sans avoir compris ce qui lui arrivait, elle se retrouva recouverte d'une matière nauséabonde et gluante.

— Cadeau Express de Mimi ! Merci qui ?

« Espèce de sale petit … » (les mots qui suivent ne sauraient être écrits par respect pour la pudeur des enfants qui nous lisent)

Furieuse, Hermione se tenait toujours au milieu du couloir, recouverte d'une matière dont elle ne voulait pas même penser à la provenance, regrettant de ne pas avoir eu la réflexe de lancer un sort au fantôme pendant qu'elle en avait encore eu le temps.

« Bien … Réfléchis Hermione … Comment vas-tu faire pour éviter de réveiller tout le dortoir dans ton état ? »

Tout en réfléchissant, elle tentait vainement de se débarrasser de la couche putride qui commençait à sécher, et qui se craquelait sur sa peau.

« Programme de demain : aller voir le Baron Sanglant pour laisse entendre que Peeves l'a volontairement insulté devant tous les Griffondors. Représailles sanglantes (c'est le cas de le dire !) en perspective ! Jouissif … Mais pour l'instant, tu es littéralement … dans la merde … » (excusez l'auteur pour le manque de politesse et les mots qui peuvent être choquants ! XD)

Les tableaux autour d'elle s'étaient réveillés, et commentaient la scène avec enthousiasme.

« Encore un mot et je brûle toutes les toiles ! La Terre entière m'en veut, c'est pas possible ! »

Il lui fallait trouver un endroit où elle pourrait se changer en toute tranquillité, sans que personne n'apprenne sa mésaventure nocturne, ni ne la voit dans cet état pitoyable.

« La Salle de Bains des Préfets ! Bon sang mais c'est bien sûr ! Allez, direction le bain moussant ! »

Fort heureusement, elle n'avait que quelques mètres à faire pour atteindre la salle tant désirée. Elle se réjouissait à l'avance de la sensation de bonheur qu'elle allait éprouver dans les minutes suivantes. Apercevant le tableau gardien de la salle salvatrice, elle prononça la formule magique « Vive le vent », tout en se demandant où le Directeur pouvait trouver des mots de passe aussi stupides.

Aussitôt, une vague de chaleur atteignit son visage, lui coupant le souffle momentanément. La vapeur envahissait toute la salle, l'obligeant à plisser les yeux pour distinguer l'endroit où elle posait les pieds.

« Apparemment, je ne suis pas la seule à vouloir profiter de la baignoire ! Bon, je vais remonter dans le dortoir, et essayer de ne pas réveiller les autres … Raaah, je suis maudite, c'est certain ! »

Elle se préparait à refermer la porte, quand une pensée subite frappa son esprit. Qui avait accès à cette salle ? Les Préfets. Qui avait la possibilité de venir ce soir dans cette salle ? Les Préfets de Griffondor et de Serpentard, les deux autres maisons possédant leur propre salle de bain spéciale. Elle savait que les représentants de Serpentards étaient en mission avec des élèves de deuxième année pour un voyage à l'étranger. Il n'y avait donc que les Préfets de Griffondor qui avaient accès ce soir à la salle de bains. Elle avait entendu un petit groupe revenir de ce lieu avant d'aller dormir, ils n'avaient donc aucune raison d'y retourner.

Elle repensa soudain à une phrase anodine de Barty.

Je suis crevé, la Botanique m'a complètement épuisé, je vais me coucher direct !

Et à une remarque de Parvati dans la minute qui suivait, que son cerveau n'avait pas analysé directement.

Oh non, désolée les filles, ce soir, je ne vais pas pouvoir vous accompagner, je dois réviser ma Botanique, je n'ai pas appris depuis plus d'une semaine !

« Tu te fais des idées, ma grande, ce sont toutes ces remarques et rumeurs qui te font imaginer des choses … »

Et pourtant, le mot Botanique tournait et retournait son esprit plus qu'elle ne voulait l'avouer. Botanique. Mais il n'y avait rien à apprendre, puisque depuis deux semaines, le Professeur Chourave leur faisait cultiver des Coluctines. Pas de cours donc pas de révision, donc excuse bidon. Mais pour cacher quoi exactement ?

« Arrête, tu te fais du mal. Rentre au dortoir, laisse tomber ! Fais lui confiance ! »

Mais une autre petite voix lui murmurait à l'oreille des paroles qu'elle ne souhaitait pas entendre.

« Allez, vérifie, ça ne te coûtera rien ! »

Elle secoua la tête, bien déterminée à ne pas se préoccuper des affaires qui n'étaient pas les siennes, ou qui, même si Barty était impliqué, ne devaient certainement pas la concerner directement, sinon il lui en aurait fait part. Mais s'il lui mentait depuis quelques temps déjà ? Et si elle le trouvait dans cette salle de bains ?

« C'est ton petit ami, tu as le droit de vérifier ! Au mieux, tu plongeras avec lui dans un bain moussant ! Au pire … Eh bien … Non, il n'y aura pas de pire ! »

« Si tu n'es pas capable d'avoir confiance en lui, alors tu n'es pas digne de lui ! »

« Oui, mais si c'était vrai, toutes ces rumeurs, l'avertissement de Sirius ? »

« Arrête, tu sais très bien qu'il n'a rien à se reprocher ! »

« Mais … »

La curiosité finit par l'emporter sur la raison. Elle fit demi tour, avançant dans les brumes nébuleuses de la pièce.

Et elle le vit.

Nu.

Elle la vit.

Nue.

Sur les tapis pourpres de la salle.

Enlacés.

Une étreinte qui n'en finissait plus.

Elle ne put retenir un hoquet de surprise, et de douleur plus que tout autre chose. La désillusion lui traversait le corps comme un rideau de pluie glacée, effaçant toutes ses convictions, la laissant seule devant ce spectacle grotesque et insupportable, la laissant seule devant le poison violent qui lui étreignait le cœur.

Seule.

Elle était seule.

Elle faillit glisser, ses jambes se dérobaient sous elle, devenues papier et tissu, elle-même transformée en poupée inerte. Le bruit provoqué par sa chute leur fit tourner la tête.

Et il la vit.

Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur.

Il lâcha immédiatement la jeune femme, qui grimaça de douleur au contact du sol, sans pour autant prendre un air d'excuse et de honte.

Il s'avança vers Hermione, ne sachant que dire, ne sachant que faire.

Elle murmura un léger « Non … » qui lui parut son dernier souffle, se releva en tremblant, tourna les talons, et s'enfuit en courant, tandis que lui restait là, pantois incapable d'esquisser le moindre mouvement, de prononcer la moindre parole.

Il était seul.

Et il s'était condamné seul.


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