Bonjour, avec plein de retard voici un petit chapitre.

A mes revieweurs et mes lecteurs merci de me lire j'espère que vous sourirez de cette fin de chapitre.

Une petite pensée pour Arthy et son chouchou ^^


Divine rencontre 13

Valentine l'a déposée devant la porte de ses appartements avant de prendre congé. Dans les couloirs en mauvais états on perçoit les bruits des pas de nombreuses personnes. Les paroles de Sylphide et Gordon lui donnent à réfléchir. Elle ne s'est pas adressée aux spectres depuis qu'elle les a rappelés. Ces derniers jours tous ont pu apprendre que Pandore n'est pas la dame qui se trouve aux enfers. Qu'elles n'ont strictement rien à voir l'une avec l'autre. Mis à part ses interactions avec une poignée d'entre eux, les autres ignorent tout, même les juges ne doivent pas être exactement au courant.

Dans un sens elle se doute de ce qui se passe dans les grandes lignes. Elle a elle-même fait remarquer au dieu des enfers que si son absence se prolongeait un juge ou un spectre interviendrait de son propre chef. Elle n'avait pas pensé que cela prendrait de telle proportion si vite. Les juges n'ont pas perdu de temps. La seule raison à ce soudain rassemblement de l'armée des ténèbres sent le coup d'état.

L'ancienneté des juges, leur prestige autant que leur poste leur donnent l'ascendance nécessaire sur les troupes. La fidélité des spectres aux juges est proportionnelle à la défiance qu'ils ont envers elle.

D'un geste décidé elle enlève ses chaussures, dont le talon cassé puis pieds nus emprunte les couloirs de service.


Les trois juges ont fait la route qui les ramène à la salle du trône sans se presser. Ils tablent sur la présence de toutes les étoiles maléfiques rassemblées avant leur entrée. D'ailleurs ils ont même ralenti leur marche tant qu'ils étaient hors de vue. C'est d'un pas ferme mais triomphant qu'ils passent enfin tous trois la grande porte. L'instant est solennel les spectres ont un genou en terre devant les trois supérieurs. Supérieurs qui traversent les rangs dans un ensemble parfait.

Un discret regard inquiet passe entre Valentine, Sylphide et leurs collègues. Même la Harpie ne semble pas totalement approuver ce qui va suivre, pourtant ils n'ont guère le choix. Le Basilic et le minotaure échangent un léger hochement de tête qui n'échappe pas à leurs amis. D'ailleurs le Basilic prit sa décision, au moindre danger il prendra la fuite en emportant sa lady pour la mettre en sécurité.

Les trois juges sont au haut bout de la salle et se sont retournés faisant face aux spectres. Minos au centre, Eaque à dextre et Rhadamanthe à senestre. Du trio Minos a toujours été le meneur, Il aime être le centre de l'attention, son charisme et son éloquence force le respect. Il sait que d'un petit discourt bien ficelé non seulement il rassurera les troupes mais obtiendra l'approbation générale. Dans moins de cinq minutes ils seront légitimement à la tête du royaume.

Aussi il prend le temps, il laisse le silence et la gravité s'installer dans la salle avant de commencer.

« Spectre, gardes, sujets des enfers, vous êtes réunis ici car l'heure est grave. »

En bon orateur il se ménage une petite pause pour donner plus de poids à son discourt, pas mécontent d'avoir toute l'attention de son auditoire.

« Merci Minos. »

La voix est douce mais suffisamment forte pour avoir été entendu jusqu'au fond de la salle. Le trio se retourne lentement pour voir la silhouette fragile en robe sombre derrière eux. Un grognement des plus hargneux s'élève des têtes du chien des enfers qui toise les juges prêt à leur sauté dessus.

Le griffon esquisserait presque un sourire. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit présente mais cela ne change rien. Ce n'est pas cette petite chose insignifiante à la cervelle de moineau qui pourra lui mettre les bâtons dans les roues. Elle a déjà assez fait de bêtises en recevant des chevaliers d'Athéna sur le sol infernal. En plus elle leur épargne la peine de la chercher pour pouvoir l'enfermer dans ses appartements ou une prison quelconque, ce n'est pas ce qui manque aux enfers. Comme s'il suivait son raisonnement le monstre canidé a pris une posture d'attaque tous crocs sortis. Ce n'est peut-être pas très engageant mais un chien contre les trois combattants les plus puissants, le résultat ne fait aucun doute.

« Cerbère s'il te plait »

Le grognement cesse mais l'animal n'a pas bougé d'un iota, les yeux fixés sur la jugulaire du juge. Au centre à la place d'honneur, sur le palier divin où les juge n'ont osé monter se tient une Claudia qui se pare d'un voile d'énergie sombre. Elle est aussi calme que les gros des spectres est agité.

« Chers spectres,

Des conseillers soucieux de ma sécurité m'ont mise en garde de paraître devant mes armées, par crainte d'une trahison. Mais, je vous l'assure, je ne veux pas vivre en me méfiant de la fidèle et bien-aimé armée des enfers.

Que les tyrans aient peur quant à moi, j'ai toujours placé ma plus grande force, et ma sûreté dans les cœurs loyaux et la bienveillance des miens. Ainsi je ne suis pas venue parmi vous pour ma récréation et mon plaisir, mais parce que je suis résolue à vivre et à mourir au milieu de vous tous, au cœur et dans la chaleur de la bataille, et, pour Hadès, pour son royaume et pour son peuple, à coucher mon honneur et mon sang même dans la poussière.

Et je me moque qu'Athéna ou n'importe quel dieu ose envahir les frontières de notre royaume. Dans cette occasion, je préfère risquer mon sang que d'encourir le déshonneur. C'est moi qui vais être votre général et votre juge au moment de récompenser votre valeur sur le champ de bataille. Je sais que déjà, votre courage mérite et ont mérité des récompenses, et je vous donne ma parole que vous les recevrez.

Je ne doute pas que, par votre entente dans l'adversité, votre courage au combat et votre obéissance envers moi-même, nous ne remportions dans peu de temps une glorieuse victoire sur les ennemis des Enfers.

Ne vous appesantissez pas sur cette dernière bataille perdue contre Athéna, car cela n'a pas lieu d'être. De cette défaite insignifiante notre victoire s'apprête, il est temps que le statut des enfers qui sont les garants de la stabilité des autres mondes soit reconnu.

Mais je serais cruelle de ne pas vous offrir la satisfaction de savoir qu'à l'heure où je vous parle la chevalerie qui se pense si indispensable au maintient de la paix, est aux prises avec toutes les âmes qui ne peuvent rejoindre notre beau royaume. J'avoue qu'il serait tentant des les laisser se débattre avec ce problème qui les dépasse. Cependant notre mission et celle des enfers doit être préservée. Aussi notre plus grand combat est devant nous. Nous nous devons à la reconstruction du royaume et à notre mission. Plus qu'une mission c'est notre raison d'être et celle des enfers. »

Un silence respectueux est tombé, le temps semble s'être figé, puis comme un seul homme les spectres s'inclinent comme en un renouvèlement de leur allégeance. Minos se mord la lèvre de dépit. Cerbère assis sur ses pattes arrière prend des allures de sphinx en savourant la victoire de sa maitresse. Autour du griffon les deux juges sont silencieux, Eaque analyse la situation l'air absent. C'est alors que Minos pali en découvrant une autre présence qui vient de profiter de leur trouble pour faire une entrée qui est passée inaperçu.

Un claquement sec retentit comme un coup de feu entre les murs. Et ils la sentent, écrasante, sombre, divine. La présence d'Hadès. Les têtes se courbent devant le dieu, les juges eux même ont précipitamment mis un genoux à terre. Le dieu passe rapidement en revue ses troupes, toise ses juges et incline légèrement le menton vers Claudia qui d'un geste congédie tout ce petit monde. Les trois frères après un regard à leur souverain s'apprêtent à sortir quand la voix du maitre des lieux tonne.

« Minos, Eaque, Rhadamanthe. »

Les trois hommes replongent illico à terre. Leur seigneur est contrarié et ils savent à quel point c'est de mauvais augures pour eux. Ils jettent un coup d'œil discret vers le monarque et la jeune femme toujours auréolée d'un puissant cosmos sombre tel un guerrier paré au combat. Des deux ils se demande quel est le plus à redouter, normalement c'est Pandore. Ils ne se souviennent pas de la dernière fois où Hadès les a corrigés lui-même pour leur manquement. Pandore s'en est toujours chargée.

« Leur reprocheriez vous d'avoir agi comme nous l'avions prévu ? » s'enquière d'une douce voix Claudia.

« Entre agir comme prévu et ceci. Cella frise l'insurrection ! »

« J'avoue qu'ils ont réagi un peu vite et ne font pas les choses à moitié. Mais n'est ce pas ce que vous désiriez ? »

« Je ne tolèrerais pas que mon autorité soit remise en cause. »

« Si telle est votre volonté »

« Tu peux disposer Claudia. »

Le dieu des enfers reporte sont attention sur ses trois juges, il note rapidement la différence entre Claudia qui se tient encore à mi-chemin entre lui et ses hommes. Comparé à Rhadamanthe qui se trouve le plus proche d'elle elle semble bien petite, fine et fragile. Il met rapidement ça sur le compte du surplis et de la stature du spectre. Son attention revient à ces hommes, mais il a l'impression d'avoir occulté un détail. Il revient à la scène dans son entièreté le cosmos, c'est cela qu'il n'avait pas jugé bon de prendre en compte. Il s'attarde à l'étudier, à suivre le cheminement de cette force propre à celle qui le sert. Ses sourcils se froncent imperceptiblement, la robe noire s'éloigne doucement dans un chuchotis de tissu sur les marches, les griffes de Cerbère claquent sur le sol, le canidé émet une légère plainte aigue. Ses spectres n'ont pas amorcé un mouvement qu'il rattrape lui-même sa prêtresse. Elle ne pèse pas lourd sur son bras, comme une présence éthérée, elle est plus pale qu'une âme contre sa toge sombre. D'une simple inflexion de sa volonté il étouffe l'aura de la jeune femme. Puis simplement il enflamme son cosmos quand une main fine vient se poser sur sa poitrine. Un simple mot est soufflé. « Non ». Leurs regards se croisent, elle a osé lui dire « non » pourtant ce n'est ni de la peur, ni le remord qu'il y lit. C'est quelque chose d'autre, une sorte de douce tristesse. Imperceptiblement il laisse retomber son énergie. Elle est sur le point de se pâmer et pourtant elle a eu la force et la témérité de lui dire non. Non, un mot qu'il a du mal à saisir, du mal à comprendre dans ce regard échangé comme si eux seul en connaissaient la signification. Il s'attarde un peu sur l'évanouie, derrière la porte il sent la présence d'un spectre. Cerbère émet une autre plainte qui sort enfin le dieu de ses pensées.

« Harpie ! »

A cet appel le spectre a franchi la porte ses yeux se pose sur le monarque et la dame dans ses bras. Il baisse rapidement la tête met un genou en terre, mais certainement pas assez vite celons les usages. Hadès s'approche alors que le spectre frisonne d'inquiétude.

« Ramène ta maitresse à ses appartements et veille à ce qu'elle se repose. »

Valentine se relève un peu mal assuré pour réceptionner la dame que lui remet son dieu. Il a l'impression de cela prend des heures, craint même de la laisser tomber, qu'elle échappe à ses bras alors qu'il fait bien attention à ne pas croiser le regard de la divinité. C'est les jambes flageolantes qu'il sort enfin de la pièce.

Dans la grande salle Hadès à fait demi-tour pour regagner son trône, Il est presque surpris de voir les trois juges qui sont restés statufiés. Sa colère s'est éteinte, il ne sait même pas à quel moment. Peut-être est-ce à ce « non ».

« Dehors »

L'ordre est tombé, les trois homme surpris se hâtent d'obéir. Les grandes portes se referment sur leur pas. Alors le dieu se laisse aller contre le dossier. Le petit mot de Claudia tourne encore dans sa tête.


Le bruit des battants qui se heurtent a à peine retenti que les trois hommes ressentent le contre coup du soulagement. Leurs épaules s'affaissent pourtant il leur ait impensable de se laisser aller dans un couloir à la vue de tous. Ils puisent dans leur fierté, se redressent et vont s'enfermer dans leur salon d'où ils congédient les soldats de Rhadamanthe. Seuls enfin ils s'autorisent à s'affaler sur les sièges.

La situation leur a totalement échappée. Alors qu'i peine une heure ils étaient certains d'être les maitres du jeu face à un imposteur.

« On s'en sort bien. » commente Eaque en brisant le silence avant de poursuivre après une pause « l'art de tomber dans les pommes au bon moment. On lui doit une fière chandelle. »

« On ne lui doit rien du tout. Si elle s'imagine qu'elle va nous acheter avec ses talents de comédienne. »

« Minos, si tu dis que tu préfères te tordre de douleur et te rouler parterre dans ton sang les os en miettes dans une longue agonie laisse-moi t'apprendre que quand t'es grognon tu n'es pas objectif. »

« J'en doute. » Le griffon et le Garuda se tourne ver leur frère qui est assis les coudes sur les genoux, le menton dissimulé derrière ses mains.

« Elle était vraiment très pale. »

« Donc je développe pour Minos, tous le talent du monde n'aurait pas suffi pour la rendre vraiment pale. Pas qu'elle ait un teint foncé d'ailleurs. Donc c'est un évanouissement indépendant de sa volonté. »

« Et qu'est ce que ça change Eaque ? Ce n'est pas une rouée actrice mais une poupée en porcelaine trop fragile ? »

« Elle n'est peut pas encore remise de ses blessures où c'est comme tu dis une délicate poupée. Et contrairement à ton habitude t'as intérêt qu'elle ne se brise pas. »

« Si elle est fragile elle n'a rien à faire ici. »

« Minos rappelle moi qui règne aux enfers ? »

« Hadès »

« Donc t'as tout dit. »

Minos s'enfonce dans son siège l'air morose.

« Rhada ? Ça va ? »

Le blond hausse un sourcil interrogateur.

« De nous trois t'es le seul à avoir été puni. »

L'incompréhension passe sur les traits du Wyverne et du Griffon.

« Notre dieu t'as pris Valentine il me semble. L'appellation « ta maitresse » vu que t'es le maitre de la Harpie… Vu que je doute que tu l'ais épousée. »

Les deux autres viennent de réaliser.

« En parlant de ton second, Je me demande si c'est lui qui a écrit le discourt qu'elle a prononcé. Soit il était déjà prévu et écrit à l'avance. Parce qu'entre le passage des chevaliers et la salle d'audience il était matériellement impossible de le préparer si vite et de le mémoriser. Soit Minos a du souci à se faire. »

« Tu vas pas commencer Eaque ! »

« Commencer quoi ? » s'amuse le juge brun

Le griffon s'abstient de répondre à la provocation de son frère et se refrogne.

« Heureusement qu'il ne fallait pas voter, en toute impartialité, en faisant abstraction de nos liens j'aurais voté pour elle. Je doute que ton discourt eut été à sa hauteur. »

« Ravi de le savoir. »

« Rhada t'en pense quoi ? »

Le blond continue a fixer le sol devant lui sans le voir. S'ils ne le connaissaient pas si bien, ils pourraient penser qu'il ne les a pas entendus.

« J'ai l'impression d'avoir été manipulé. Enfin on l'a été et qu'on nous cache des choses. »

« Ca c'est indéniable mon cher demi-frère. »

Alors que Rhadamanthe se mure dans le silence Eaque hausse les épaules. Comme lui il a conscience des faits. Pas qu'ils les apprécient mais il n'a pas la même susceptibilité que ses deux frères. Alors il attend : que Minos finisse de lécher ses plaies, que son orgueil blessé soit pansé, que Rhadamanthe en fasse autant, même si dans son cas c'est diffèrent. Non pour le Wyverne le cas est plus complexe. Il ne peut qu'émettre des hypothèses comme l'inédit de la situation, l'inquiétude, le manque de contrôle sur les événements. Rhadamanthe a toujours été le plus complexe, et dans cette incarnation c'est encore plus flagrant.

« Je n'aime pas ça » finit par murmurer le blond.

Minos opine du chef sans rien ajouter.

« C'est pas la première fois qu'on nous dissimulent des choses. C'est même systématique. Pandore, les dieux jumeaux, l'histoire avec Alone et Shun d'Andromède. »

« Et ça se fini toujours en catastrophe. » répond le griffon.

« Et pourquoi une catastrophe cette fois aussi ? vous ne pouvez pas être un peu optimiste pour changer ? »

« Si t'as des raisons de l'être j'aimerais bien les connaitre. »

« Mais objectivement j'en ai un certain nombre.

-Déjà Hadès est là et dans son vrai corps, ça n'est plus arrivé depuis plus d'un millénaire.

- On a remporté une victoire contre une autre divinité

- On est débarrassé de Pandore, moi personnellement j'apprécie.

- On est vivants, on a un toit sur la tête et des assiettes pleines.

- J'oubliais on a échappé à une explication douloureuse qui se serait certainement fini au cocyte ou dans un lieu pire encore.

Je pense avoir toutes les raisons pour être plutôt satisfait. »

« Pour nous. Mais pour les enfers ? »

« Rhada, tu te prends la tête pour rien, arrête d'être aussi absolu et perfectionniste. Apprécie ce qu'on a. »

« Eaque, c'est toi qui es trop léger. »

« Minos, je t'interdis de parler tant que tu continueras à lécher ton orgueil blessé. En dix minutes tu aurais pu passer à autre choses. »

« Tu en pense quoi toi ? » interroge le blond en se renversant contre son dossier. « De ce qui se passe ? »

« J'ai l'impression qu'il y a une stratégie bien montée. La finalité se trouve dans le discourt de Lady Claudia, heum mise à part que la mission des enfers me semble floue ou un peu fourre-tout. Après c'est inédit, totalement nouveau comme méthode. Par Hadès ! J'aimerais être une petite souris pour voir la tête que tirent les chevaliers. Ça doit être comique de les voir avec des âmes plein les bras. Ça a même un petit côté sadique. »

« Donc ça t'amuse. » Pour la première fois Minos a esquissé un sourire qui fait intérieurement crier victoire au garuda.

« Pour l'instant on ne peut donc qu'attendre… Et voir où ça nous mène. » soupire l'anglais.

« Puisque on n'a rien à faire j'irais bien faire un petit tour en haut moi. »

« Je viens. »

Eaque se retient de rire, il n'en attendait pas moins venant de demi-frère. Minos a toujours eu un penchant sadique. Un peu comme les félins qui jouent avec leur proie longtemps avant de les achever. Il se lève pour gagner la porte qui donne sur le couloir.

« Myu ? » Apelle le juge.

Quelques instants plus tard le spectre fait son apparition.

« Minos et moi allons à la surface. »

« Je crains que ce ne soit impossible mes seigneurs. »

« Comment ça impossible ! » s'énerve le griffon. « Tu as bien renvoyé les chevaliers à la surface. »

« Minos laisse le s'expliquer. Hadès aurait donné des ordres ? »

« Non seigneur Eaque. Mais Je ne les ai pas renvoyés seul seigneur Minos, c'est d'ailleurs tout le contraire. Seul my Lady peut traverser les protections des enfers. »

« Et elle fait comment ? Tu ne pourrais pas faire de même ? »

« Voyager avec my Lady, sous votre respect et assez… éprouvant. Mon rôle sert à stabiliser plus ou moins le voyage. »

« Non mais elle fait comment ? Tu l'as vu faire. »

« C'est assez spécial… Elle-même m'a dit qu'elle le faisait sans avoir réfléchie à la chose. Et je pense qu'elle ne sait pas elle-même comment elle s'y prend. Elle passe les barrières comme un avion supersonique le mur du son. »

« Donc il n'y a qu'elle pour entrer et sortir des enfers ? » relève Rhadamanthe.

« Oui mon seigneur. »

« Tu peux disposer. »

Tout le temps que le papillon met à sortir le Garuda se mord l'intérieur des joues pour ne pas exploser de rire. La porte enfin refermer il fait un effort surhumain pour se contrôler mais pas assez pour s'empêcher de sourire l'envie de titiller Minos est finalement trop forte.

« Eh bien, heureusement qu'elle nous a coupé l'herbe sous le pied. On aurait été bien cloitré dans les enfers. Pour peu que notre dieu regagne Elysion on était dans de beau draps. Fronce pas les sourcil Rhada tu vas te chopper des rides et puis tu connais Minos : Soit il l'aurait enfermé et elle se serait échappée soit il l'aurait tuée et on aurait dû la courser du moins son âme dans tous les enfers et sans doute rester comme trois idiots coincés devant le mur des lamentations. On aurait eu l'air fin. »

« Eaque c'est bon ! Si tu veux aller jouer les toutous serviles je ne te retiens pas. »

Rhadamanthe grogne en regardant son frère.

« Ha non moi je suis un piaf pas un toutou. Mais si la cage est confortable et bien dorée, j'accepte de négocier. Bon du coup on fait quoi ? une partie de cartes ? Sinon y a le tribunal et ses milliers de jugements en retard. »

La mention du tribunal a fait passer une même grimace sur leurs trois faciès. La journée est presque finie si on peu parler de jour aux enfers se noyer dans les jugements est le dernier de leur désir. Sans même se consulter ils se réinstallent confortablement, les damnés ne sont pas pressés de toutes façons.


Une nouvelle journée s'annonce, les juges le nez dans leurs tasses lèvent les yeux de concert. C'est incroyable le va et vient incessant qu'il peut y avoir dans les couloirs. Encore heureux que le saloon soit épargné. Mais il n'aurait jamais imaginé qu'il ait autant de remu ménage si tôt.

« Minos c'est bien les appartements de Rune à coté ? »

Le norvégien acquiesce et retourne à son café. C'est un secret pour personne que Rune est un travailleur acharner. Amoureux du silence aussi. Mais vu l'état général du domaine il n'y aurait rien de surprenant que le procureur ait pris les devants pour gérer un minimum de chose. Vu le passage vers le logis voisin ce serait même un maximum. Finissant leur petit déjeuner Eaque et Rhadamanthe se lèvent alors que Minos étudie le dernier rapport sur les zones patrouillées par les spectres.

Dans le couloir les deux hésitent à se diriger vers le tribunal, puis la curiosité l'emportant il vont vers le logis voisin. La porte du bureau est ouverte et celle de la chambre entrebâillée. Ce n'est pas dans les habitudes du procureur aussi tous deux s'interrogent. Le Balrog est peut-être blessé ou malade. Le blond est le premier à pousser la porte et à pénétrer dans la pièce. Son premier regard est pour le lit un peu plus loin qui est vide et fait. Son deuxième pour la personne de dos un peu devant lui enfin il avise une servante qui se tord les mains plus loin.

« A Mildred s'il te plait »

Rhadamanthe regarde incrédule le dos qui lui est présenté avant de lancer un regard mauvais au Garuda.

« My Lady vous ne pouvez pas porter cette robe. Je vous en supplie. »

« Ça suffit ! Mildred s'il te plait. »

Les yeux du juge blond passent du dos aux lacets, Il tend son casque à son demie frère qui semble s'amuser comme un fou de la situation. Du bout des doigts il attrape une première paire de cordon et les noue ensemble sans serrer.

« Enfin Mildred comment veux-tu que je rentre dans cette robe taillée pour une gamine asiatique anorexique si tu ne serres pas ce maudit corset ? »

« Mais vous ne pouvez pas My Lady, ces robes sont une commande de Lady Pandore lorsqu'elle avait quatorze ans. Et elle n'a jamais réussi à y rentrer. »

Rhadamanthe retient son souffle en reprenant les lacets, il tire dessus faisant se resserrer le vêtement, il a gagné ce qui lui semble dix centimètres sur chaque cordon. Il recommence avec la deuxième paire priant pour pouvoir s'esquiver au plus vite. C'est sans compter sur la servante qui ne lâche plus des yeux. Une deuxième surgit, il suppose qu'elle vient passer par la porte dans son dos et lui fait signe de s'écarte comme elle se glisse à ses côtés se saisit des lacets qu'il avait noué pour les resserrer. Ses yeux s'écarquillent alors que bien vingt centimètres de plus sont libérés de chaque côté et que le corps au-dessous du vêtement se redessine plus qu'affiné. En additionnant avec l'autre duo de cordon, le juge tique.

« Enfin my Lady ! C'est de l'inconscience de vous martyriser ainsi. Le juge Rhadamanthe peut faire le tour de votre taille avec une main ! »

Le susnommé regrette instantanément de ne pouvoir devenir invisible ou de disparaitre sous le dallage. Maudite curiosité, pourquoi a-t-il poussé cette porte. Pour couronner le tout la deuxième servante à terminer de boutonner la robe noire de sa supérieure. Supérieure qui a l'idée ignoble de se retourner. C'est certainement le pire moment de toutes ses vies, il en regretterait même le fichu gémeaux d'Athéna au moins leurs morts avaient un minimum de panache. L'attention de la jeune femme passe sur les deux hommes sans hostilité.

« Y aurait-il un problème pour que deux juges viennent me visiter ? »

« Mais certainement qu'il y en a un my lady ! vous ! Vous ne pouvez plus respirer. »

« Paix là Raymonde. J'apprendrais à faire sans » Soupire Claudia.

Les deux hommes à genoux ne pipent mot. Le blond s'obstine à étudier le sol alors que le brun la tête penchée dissimule un sourire due à l'ubuesque de la situation.

« Non Lady Claudia, nous pension trouver Rune ici. Nous n'imaginons pas tomber sur un accueil aussi délicat. Avant de nous retirer me permettriez-vous une question ? S'enquiert le juge brun le regard brillant de rire.

« Juge Eaque, vous pouvez. Mais si c'est celle qui est débattue, je vous répondrais que c'est très surfait. de respirer. »

Le juge se retire entrainant Rhadamanthe encore rouge de gène à sa suite. C'est quelques mètres plus loin que le griffon retrouve un demi-frère pleurant de rire. Ce qui est incompréhensible car jamais, ho jamais le digne procureur et second n'a déclenché ce style d'émotion, chez personne.

« En route pour le tribunal. » se contente d'énoncer Minos.

« Quelle belle journée, même les jugements n'arriveront pas à me la gâcher. »

Minos hausse un sourcil interrogateur en attendant la suite.

« Rhada a été promu, même si Lady Claudia le trouve trop doux. »

Le blond soupire en se pinçant l'arête du nez alors que Minos dévisage ses deux vis-à-vis.

« Elle l'a promu à femme de chambre. »

La mâchoire de l'ancien roi de Crète à failli se décrocher. Son regard atterrer passe du blond au brun avant de de maugréer dans sa barbe et de se recomposer une expression digne d'un juge d'Hadès.

(A suivre)