Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je suis heureuse de voir que cette fic plaise toujours autant ! Merci beaucoup pour tous ces commentaires !
Je vous souhaite une bonne lecture.
Gros bizoux
Crystal of Shadow

DISCLAIMER : L'histoire reprend au lendemain du 2 mai, après la victoire sur Voldemort. Mais bien entendu, l'histoire n'est pas tout à fait la même que celle que raconte JK Rowling … Même si la saga lui appartient.

Dumbledore attaque

Minerva n'était pas sûre de garder son calme.

Depuis le bal de la nouvelle année, la directrice adjointe recevait des lettres de plus en plus enflammées de la part de Molly Weasley. Cette dernière exigeait de pouvoir parler à Harry Potter ou Hermione Granger. Bien entendu, elle avait relayé la demande mais la réponse avait été claire et nette, les deux jeunes gens refusaient tout entretien. Cela ne l'avait pas étonné outre mesure puisqu'elle avait assisté à la crise de la matrone après le départ d'Harry du bal.

Mais là, elle était venue avec un allié de poids. Nul autre que le grand Albus Dumbledore.

-Je veux les voir ! rugit Molly

-Ils sont en cours, fit Minerva.

-Allons, Minerva, sourit Albus. Vous pouvez très bien les convoquer pour quelques minutes.

-Ils voudront savoir pourquoi, fit Minerva. Et si vous ne voulez pas me le dire, je ne pourrais pas les convaincre de venir.

-Alors je vais aller les chercher, décida Molly.

-Non, refusa Minerva. Vous ne faites pas partie de leur famille et vous n'êtes pas leurs tuteurs.

Le regard de connivence entre Molly et Albus ne plut guère à Minerva.

-Alors je vais aller voir mes enfants, fit Molly.

-Je peux l'autoriser, concéda Minerva. Je vais vous conduire à un salon pendant que je vais aller vous faire chercher Ginny et Ron.

-Mais … protesta Molly.

-Je vous demande me suivre, invita Minerva en se levant.

A leur corps défendant, Molly et Albus suivirent la Sorcière non loin de son bureau. Elle leur fit servir un thé bien chaud avant de se retirer et de se rendre dans son bureau. Elle rédigea un premier mot puis un second.

Veuillez envoyer Ginny et Ron Weasley dans mon bureau. Leur mère Molly souhaiterait leur parler immédiatement.
Minerva McGonagall

Mais le suivant était beaucoup plus personnel.

Veuillez transmettre ce message à Hermione Granger et Harry Potter en toute discrétion.
Molly Weasley et Albus Dumbledore sont dans les murs de l'école et veulent les voir absolument. Il ne faut pas qu'ils soient trouvés.

Minerva les donna à un Elfe de maison. Il était clair qu'il y avait une embuscade dans l'air et avec ce qu'elle savait de son supérieur, elle n'allait pas lui laisser le champ libre. D'ailleurs, elle laissa passer un sourire malicieux en songeant à son dernier tour en date. Ce qu'elle n'avait pas révélé à Dumbledore, c'était que l'école lui avait transmis les pouvoirs du directeur de l'école. Et donc, qu'elle avait la main sur les protections. Elle avait donc enfermé la matrone et son allié pour ne pas qu'ils puissent se balader dans le château.

Soudain, quelqu'un frappa à la porte. Elle donna l'autorisation d'entrer et vit à sa plus grande stupéfaction les deux derniers Weasley traîner des pieds. Elle avait déjà eu à faire avec eux et jamais ils ne s'étaient précipités pour répondre à une convocation.

-Vous nous avez appelés ? grogna Ron

-Votre mère veut vous voir, déclara Minerva. Je vais vous conduire à elle.

Sans autre mot, elle les mena vers le salon où elle avait placé Molly et Albus avant de partir non sans les avoir soigneusement enfermé à l'intérieur.

Une heure plus tard, les protections lui annoncèrent que Molly et Albus avaient quitté le château. Minerva se promit de vérifier que les deux Weasley étaient bien retournés en cours. Elle ne tenait pas à les avoir à nouveau l'année prochaine.

Mais leur visite ne lui inspirait pas confiance. Leur but n'était évidemment pas Ginny et Ron mais elle ne tenait pas qu'Hermione et Harry s'en prennent plein la figure. Mais pourquoi ? C'était toute la question. Elle se rendit dans le bureau de Filius pour l'y attendre.

-Minerva ? s'étonna Filius en entrant dans son bureau. Un problème ?

-J'aimerai te parler, fit Minerva.

-Je t'écoute, fit Filius en prenant place.

-Molly Weasley et Albus Dumbledore ont débarqué au château pour voir mademoiselle Granger et monsieur Potter, fit Minerva. Après que je leur ai dit qu'ils ne pouvaient pas, Molly a demandé à voir ses enfants, ce que je n'ai pas pu refuser mais j'ai vu qu'ils comptaient s'échapper pour les piéger. Chose que je leur ai refusé en les enfermant dans le salon où je les ai installés.

-Tu penses à quoi ? demanda Filius

-Je pense que cette famille va se mettre à traquer ce pauvre garçon et son amie, déclara Minerva. Et je ne tiens pas à ce qu'ils le fassent. Mais il y a une chose qui me chiffonne.

-Laquelle ? demanda Filius

-Je ne sais pas, avoua Minerva. Mais leur comportement est assez problématique.

-Ils sont déjà assez surveillés, rappela Filius. Depuis que le jeune Weasley a agressé Potter et Longbottom. Et qu'il se montre de plus en plus violent envers les Slytherin. Nous ne pouvons rien faire d'autre.

-Je sais, soupira Minerva. Mais ça ne m'enchante pas.

-Je comprends, fit Filius.

Ils discutèrent encore un peu avant de se séparer.

§§§§§

Gripsec courut jusqu'au bureau de Ragnok avant d'ouvrir la porte avec violence.

-Gripsec ?! s'étonna Ragnok. Qu'est-ce qui se passe ?

-Dumbledore attaque Grimmaud Place, annonça Gripsec.

-Mais nous avons vidé cette maison, fronça des sourcils Ragnok.

-Que faisons-nous ? demanda Gripsec

-Laissons-le faire, décida Ragnok. Je suis curieux de savoir ce qu'il cherche.

-Mais, et pour lord Potter ? demanda Gripsec

-Nous allons le contacter, fit Ragnok.

Le directeur de la banque rédigea un rapide mot pour le jeune homme puis envoya quelques gardes pour surveiller le manoir ancestral des Black. Ces derniers revinrent deux heures plus tard pour dire que le vieux Sorcier était reparti.

-Envoie des enquêteurs pour savoir ce qui a été pris, ordonna Ragnok. Normalement, nous avions retiré tout ce qui appartenait aux Black, n'est-ce pas ?

-Tout a été stocké dans un coffre de la banque, confirma Gripsec. La maison était totalement neutre. Rien ne rappelait cette famille.

-Sauf si Dumbledore a caché quelque chose dans cette maison, songea Ragnok. Il en a fait le quartier général de l'Ordre du Phénix. Il avait accès total à l'intérieur, surtout avec un héritier sortant de prison, en fuite et particulièrement faible. Ce n'est pas impossible.

-J'envoie tout de suite une équipe, fit Gripsec.

-Une équipe complète mixte, ordonna Ragnok.

-Vous êtes sûr ? s'inquiéta Gripsec. Il est très rare que nous employons ce type d'équipe mêlant Sorciers et Gobelins en Angleterre.

-Nous n'avons pas le choix, soupira Ragnok. Je veux des résultats et ce n'est que de cette manière que nous en aurons.

-Bien, fit Gripsec en s'en allant.

Le lendemain matin, le dossier qui attendait sur le bureau du directeur de la banque fixait lourdement son destinataire. Le Gobelin n'avait pas du tout l'intention de le lire mais il devait le faire. Avec un lourd soupir, il ouvrit le dossier et s'appliqua attentivement. Sans surprise, des planques et des salles secrètes avaient été ouvertes mais sur ordre d'Hermione, toutes avaient été vidées. Le vieux Sorcier s'était acharné sur les seules suites visiblement habitées récemment et tout avait été mis à sac ou du moins, avaient été fouillées de fond en comble et remis en place. Plusieurs sorts avaient également été placés, principalement de surveillance, dans les différentes pièces du manoir. Il nota une tentative ratée de mise en place de Fidelitas et comprit sans problème la manœuvre. Si Harry ne devait plus pouvoir accéder à la maison de son parrain, cela aurait pu avoir été matière à chantage. Mais heureusement, il pouvait louer la présence d'esprit d'Hermione Granger.

Il parcourut sans grand motivation la suite et réfléchit à ce qu'il devait faire. Il était conscient qu'il devait rendre compte de ce qui s'était passé et que le crime ne devait pas rester impuni. Surtout pas.

Il fit une copie et joignit un grimoire avec avant de rédiger un message.

Dame Hermione Granger,
Je suis certain que vous savez qu'Albus Dumbledore a pénétré sans autorisation Grimmaud Place, le pied-à-terre londonien de la famille Black.
Après sa visite, nous avons fait un état des lieux et une liste exhaustive de ce qui s'était passé, que j'ai joint à cette lettre.
Vous trouverez également un grimoire qui vous serait très utile. Il s'agit d'un grimoire listant les principaux rituels de protection utilisés par les Sang Pur ces derniers siècles. Il semble qu'il serait temps pour lord Potter de protéger efficacement son patrimoine immobilier. Nous sommes certains que dix ans entre les mains de ce Sorcier pourraient ne pas avoir apporté que des bonnes nouvelles.
Je mets à votre disposition Bill Weasley pour toute question. Seulement, veuillez passer par la banque.
Directeur Ragnok

Il emballa soigneusement le tout avant de l'envoyer vers l'école.

§§§§§

Les jours s'égrenaient lentement et vint l'un d'entre eux qu'Harry ne voulait surtout pas voir arriver.

La Saint Valentin.

Pour une raison curieuse, le monde Sorcier s'était prise d'engouement pour cette fête Moldue. Et les plus anciens élèves se souvenaient de ce que Gilderoy Lockhart avait fait lors de son passage dans l'école. Le reste de la société Sorcière également puisque l'écrivain avait donné une interview avec tout ce qu'il avait imaginé.

Pour célébrer cette nouvelle ère, Minerva McGonagall avait décidé d'un banquet amélioré pour cette soirée spéciale avec une soirée dansante. La participation n'était pas obligatoire mais vivement recommandée, surtout pour se détendre.

-Ça serait pas mal d'y assister, proposa Hermione.

-C'est la fête des amoureux, grimaça Harry.

-Ce qui me convient, sourit Neville.

-A moi aussi, sourit Luna.

-C'est ça, railla Harry en se balançant sur sa chaise. Et je fais quoi en attendant ?

-Tu t'amuses, sourit Hermione. Tu n'es pas obligé de venir avec quelqu'un ni même de danser. On écoute simplement de la bonne musique. Enfin, si tenté que McGonagall sache ce que c'est.

-Tu deviens médisante, là, fit Luna.

-A peine, fit Hermione.

-Alors, vous y allez ? demanda Neville

-Je suis tentée, avoua Hermione. On n'a fait que travailler depuis les vacances. Il faut qu'on se détente un peu.

-Oui, mais un bal ! grommela Harry

-Oui, un bal, singea Hermione. Tu sais parfaitement que tu n'auras pas d'autres possibilités de le faire ici.

-D'accord, soupira Harry. Mais on fait quoi pour les autres ?

-Les autres ? s'étonna Hermione

-Je crois que tu as oublié le problème le plus récurrent de notre ami, railla Neville. Le regard des autres. Harry va se faire harceler pendant ce bal.

-C'est vrai, fit Hermione d'un air contrit.

-Et plus particulièrement par Ginny, souligna sombrement Luna.

Le groupe se refrogna. Ginny Weasley avait atteint des sommets dans le harcèlement et ne faisait que suivre pas à pas Harry à chaque fois qu'il se déplaçait. D'ailleurs, ils ne savaient pas comment elle pouvait savoir où il se trouvait.

-Laissons-là tranquille, souffla Harry. Vous me promettez qu'elle ne m'approchera pas ?

-Là, tu rêves, rappela Neville. Mais on peut faire en sorte de l'éloigner.

-Tu es sûr ? fit Luna. Parce que là, il faudrait tout simplement l'enfermer quelque part. Si ce n'est de l'assommer avant.

-Tu es vraiment directe, constata Neville.

-Je suis objective, rétorqua Luna. Ginny est une garce qui veut absolument avoir Harry Potter dans son lit et avec sa bague au doigt en prime. Et la Saint Valentin ne serait qu'une occasion supplémentaire.

-Je crois qu'elle n'a pas tort, souffla Hermione.

-Ce n'est pas le problème, fit Neville. Va pour la soirée ?

-Va pour la soirée, accepta Harry.

Pendant que les deux jeunes hommes discutaient de leur charge de lords, les deux jeunes femmes se concertaient dans un coin.

-Toi aussi tu n'es pas rassurée ? fit Luna

-Oui, souffla Hermione. Mais je ne sais pas pourquoi.

-Tu t'étonnes que Ginny puisse nous retrouver à tous les coups, devina Luna. Moi aussi ça m'intrigue. Et je pense savoir pourquoi.

-Je t'écoute, fit Hermione.

-Un artefact, lâcha Luna. J'ai entendu dire que quand sa mère était venue lui rendre visite, elle lui avait donné des trucs qui pourraient l'aider.

-Et elle l'a dit comme ça ?! s'étonna Hermione

-Elle discutait avec Ron, haussa des épaules Luna. Et quand ils sont ensemble, je te rappelle qu'ils ne se soucient pas de savoir s'ils sont discrets ou pas.

-Pas faux, concéda Hermione. On fait quoi ?

-Ça doit être facile d'entrer dans sa chambre, pronostiqua Luna. On va faire un tour ?

-Bonne idée, sourit Hermione. Quand ?

-Demain soir, décida Luna.

-Ok, fit Hermione.

§§§§§

Harry tirait le col de sa chemise.

-Elle est trop serrée, se plaignit le brun.

-Mais non, sourit Hermione en le redressant. Ce n'est qu'une impression.

Les deux amis avaient décidé de se préparer dans la chambre d'Harry pour le bal. Pour cette occasion, ils avaient décidé de vêtir des tenues totalement Moldues car ils avaient concédé que les tenues Sorcières n'étaient pas au top de l'élégance.

-J'ai peur, avoua Harry.

Hermione se retourna, surprise.

-Mais pourquoi ? s'étonna Hermione. Ce n'est qu'un bal scolaire !

-Oui, mais c'est le premier auquel je devrais assister de bout en bout, souffla Harry en s'asseyant. Je veux dire, à part mon bal d'introduction, c'est le premier en tant que lord Potter et je ne dois pas le quitter sur un coup de tête.

-Je ne comprends pas, avoua Hermione en prenant place en face de lui.

-Je ne contrôle pas toutes les règles du jeu, fit Harry. Au Ministère, j'ai bénéficié de l'effet de surprise pour faire ce que je voulais. Mais là, plus tellement.

-Nous ferons avec les cartes que nous avons, fit Hermione. Rien ne t'oblige à suivre toutes les règles. Si tu ne veux pas jouer, alors ne joue pas. Tu es maintenant libre de tes choix donc montre-leur que les autres n'ont pas à te dicter ta vie.

-Qu'est-ce que je ferai sans toi ? plaisanta Harry

-Pas grand-chose, il semblerait, renifla Hermione. Allons montrer ce que sont des personnes qui s'assument entièrement.

Harry éclata de rire et présenta son bras à Hermione pour se rendre au bal.

-Les portes ne sont pas encore ouvertes ? s'étonna Harry en arrivant près de Neville

-Non, répondit Neville en regardant sa montre. Pourtant, le bal aurait dû commencer il y a maintenant un quart d'heure.

Tout autour d'eux, les élèves murmuraient fortement dans le hall. Eux aussi étaient intrigués par ce retard. Soudain, les doubles portes s'ouvrirent et tous se précipitèrent dans la Grande Salle qui avait été aménagée pour l'occasion.

Mais alors que tous s'attendaient à une décoration sobre mais parfaitement dans le thème, ils se crurent retournés à l'époque où Gilderoy Lockhart était professeur. Le mauvais goût avait été élevé en art et tout n'était qu'un dégradé de roses à peine harmonieux. L'école était unanime, le résultat était ignoble. Sur l'estrade, Minerva McGonagall les attendait, l'air pincée.

-Donc, ce n'est pas son idée, comprit Harry à voix basse.

-Ni celle des autres professeurs, fit Neville en indiquant les autres professeurs qui se tenaient aux côtés de la directrice adjointe.

Leurs visages fermés étaient une excellente indication de ce qu'ils pensaient de la nouvelle décoration des lieux. Les élèves s'approchèrent et attendirent que l'un des adultes prenne la parole.

-Bonsoir à tous, fit Minerva. J'espère que vous apprécierez cette décoration faite par certains de nos élèves.

-Ça, ce n'était pas prévu, fit Hermione. Aucun élève ne devait s'occuper.

-Donc, un coup monté ? comprit Neville

-Ça en a tout l'air, fronça des sourcils Harry.

-Pour ce bal, certaines choses ont été modifiées, déclara Minerva. Tout d'abord, nous aurons des invités de marque ce soir. Le ministre de la Magie nous fait l'insigne honneur d'assister à cette soirée, avec une délégation sélectionnée avec soin.

-Je n'avais pas envie de me coltiner le ministre, ronchonna Harry.

-Personne ne le veut, consola Luna.

-Pour pimenter ce bal, poursuivit Minerva, il est demandé à ce que chaque jeune homme accepte de danser avec la jeune fille qui le lui a demandé. Obligatoirement.

La magie d'Harry se rebella.

-Ça sent le piège à plein nez, fit Luna. Calme-toi, on doit écouter tout ce qu'elle a à dire.

-Par ailleurs, les règles mondaines sont applicables, à la demande du Ministre, fit Minerva. Je vous souhaite une bonne soirée.

La salle explosa en vives discussions. Neville, lui n'attendit pas pour traîner les trois autres vers les Slytherin.

-Malfoy ! interpella Neville

-Par ici, Longbottom, fit Draco en lui indiquant un coin de la salle.

Luna, Hermione, Neville et Harry découvrirent que la plupart des Sang Pur de l'école s'étaient rassemblés dans ce coin précis.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Hermione, perdue

-Nous avons le ministre qui outrepasse ses droits, gronda Draco. Et il n'aurait pas eu l'idée tout seul.

-Je ne comprends pas, avoua Hermione.

-Quand un bal a lieu, tous les invités doivent savoir dans quel but général il est donné, expliqua Blaise. Pour nous tous, c'était une fête scolaire, faite pour nous détendre. On aurait pu laisser passer les invités imprévus et cette règle idiote de danse. Mais les règles mondaines, non.

-Cela veut dire que nous sommes en droit de parler d'affaires de nos familles, révéla Théo. Que les us et coutumes Sang Pur sont applicables ici.

-Et surtout, une danse refusée pourra être considérée comme un outrage à une dame, termina Neville.

Harry ne laissa pas le temps à sa magie de s'enflammer.

-Que se passe-t-il quand il y a outrage ? demanda Harry

-Les conséquences sont variables, avoua Théo. Dédommagements financiers généralement. Mais la personne éconduite peut quasiment tout demander.

-Tout ? s'étonna Hermione

-Pas loin, assura Blaise.

Harry jeta un coup d'œil dans la salle. Il pouvait apercevoir le regard avide de la plupart des filles mais surtout celui de Ginny qui se tenait près d'Albus Dumbledore.

-Comment reconnait-on une dame ? sourit Harry, une idée lui venant en tête

-Tu veux dire, une Sang Pur ? fit Draco. Elle doit détenir un certain standing ou au minimum de très bonnes manières. Par exemple, Granger sera considérée comme une dame puisqu'elle a déjà prouvé qu'elle pouvait damner le pion à la plupart d'entre elles.

Le regard qu'il coulait à Pansy Parkinson était explicite. Dans les différentes soirées mondaines, la Slytherin était très souvent critiquée à cause de son comportement et sa poursuite assidue envers Draco.

-Sinon, temporisa Neville, il faut que tu reconnaisses que c'est une dame.

-Est-ce que cette histoire d'outrage peut aller loin ? s'inquiéta Hermione

-Disons que ça peut, fit Neville. Mais il faut vraiment chercher quelque chose.

-Tu penses que Ginny va en profiter, devina Luna en lui tendant une fiole de Philtre de Paix.

-C'est une évidence, renifla Harry après l'avoir bue. Mais je crois avoir une idée. Les règles mondaines sont maintenues ? Alors faisons comme si nous étions dans une réunion mondaine.

-Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Hermione, perdue

-Lancez les invitations, sourit machiavéliquement Harry. Nous ne danserons qu'avec celles qui auraient pu être invitées.

Un rictus malfaisant de Draco lui répondit.

-Théo, fit Draco. Tu as toujours la liste des élèves de l'école.

-Bien sûr, fit Théo.

-Avec celle qui est régulièrement invité à la saison mondaine ? poursuivit Draco

-Tu me prends pour qui ? s'offusqua faussement Théo

-Nous allons lancer un petit sort de marquage, fit Draco. Pour montrer qui est digne de faire partie des soirées Sang Pur.

Théo appela un jeune garçon et lui glissa quelques mots. En moins de dix minutes, il revint avec les réponses tant attendues. Ensuite, Draco, Blaise, Théo, Neville, Harry, Hermione et Luna se rendirent vers le fond de la salle, où ils furent rejoints par un groupe mené par Susan Bones.

-Dumbledore commence à me chauffer, gronda Susan. Montrez la liste.

Théo s'exécuta et la distribua à tous.

-Personne n'a à redire ? demanda Neville. Alors allons-y.

Au moins un représentant de chaque maison forma un cercle et incanta à voix basse. Rapidement, une petite onde de choc envahit la Grande Salle et disparut tout aussi vite.

-Bien, fit machiavéliquement. Le mot est passé. Nous sommes en soirée mondaine. Le Ministre va vraiment s'en mordre les doigts.

Tous les Sang Pur sortirent leurs baguettes et firent les ajustements nécessaires pour se venger.

Et ils se lancèrent dans l'arène.

§§§§§

Dans son refuge, Albus Dumbledore regardait le journal le teint blafard. Il n'aurait jamais cru que son plan pour mettre Ginny dans le lit d'Harry Potter dégénérait autant pour créer un tel chaos.

Scandale à Hogwarts !

Le 14 février avait lieu un bal pour le plaisir des élèves, ouvert à tous de la première à la dernière année. Le professeur Minerva McGonagall avait fait les arrangements pour qu'un groupe de musique Sorcier puisse animer la soirée et que nos enfants puissent se détendre dans ce grand château.
Mais Albus Dumbledore, alors en convalescence, a tenu à intervenir dans les festivités. Il a ordonné à ce qu'un groupe d'élèves s'occupe de la décoration – avec un résultat digne de Gilderoy Lockhart, le célèbre écrivain désormais interné dans l'aile des pathologies de longue durée de St Mungo après s'être pris un puissant sort d'Oubli et connu pour ses goûts atroces de décoration – et s'est permis d'inviter le ministre de la Magie avec sa délégation. Mais il ne s'est pas arrêté là.
Non content de se rendre au château alors qu'il y était interdit de séjour jusqu'à ce que le conseil d'administration ne considère qu'il se soit suffisamment reposé suite à son attaque plus de deux ans auparavant et son coma dont il s'était réveillé il y a quelques mois, il a imposé deux règles pour ce bal scolaire. La première, que tout jeune homme devait obligatoirement accepter toute invitation à danser de n'importe quelle jeune fille, ce qui était en soit une atteinte à la liberté de choix desdits jeunes hommes et surtout, il a rétabli les règles mondaines, rendant ainsi tout refus passible d'outrage à une dame.
Tous les élèves Sang Pur avaient été outrés de ce changement fait à la dernière minute et contre tous les us et coutumes. Ils étaient en droit de se retirer pour protester mais il s'était avéré que les portes de la Grande Salle avait été scellées et ne devaient se rouvrir qu'à une heure du matin, sur ordre d'Albus Dumbledore.
Acculés, les enfants ont alors décidé de retourner contre le directeur et le ministre de la magie les règles mondaines et leur rappeler qu'ils n'étaient pas des pions à leur disposition. La première règle d'une soirée mondaine étant d'envoyer des invitations, les élèves en ont donc lancé une à toutes les personnes qu'ils estimaient dignes de participer à une soirée mondaine. Celles-ci acceptées, la plupart des élèves avaient affichés clairement leurs armoiries, ce qui était normalement interdit dans l'enceinte de l'école. Cela a eu pour conséquence que tous devaient s'adresser correctement à son interlocuteur. Or, les leçons de bienséances ayant été supprimées peu après l'entrée en fonction de l'actuel directeur de l'école, peu de personnes ne faisant pas partie de ces cercles ont approché leurs camarades sous peine de se mettre à dos leurs familles très à cheval sur la bienséance et l'honneur.
C'est ce qui s'est passé avec lord Harrison Potter. Ginny Weasley, également élève à Hogwarts et non concernée par l'invitation magique, s'était offusquée de voir Hermione Granger, une camarade de classe au bras de lord Potter, refuser de lui laisser la place, comme la règle de danse l'exigeait. Seulement, comme mademoiselle Weasley semblait l'ignorer, selon les règles mondaines, on n'appelait pas un lord par son prénom sauf s'il le lui permettait et on ne séparait pas un invité de sa cavalière, ce qu'était mademoiselle Granger qui portait les couleurs de lord Potter. Ce que s'était permis de faire mademoiselle Weasley.
Quand elle a compris qu'elle n'aurait pas gain de cause, mademoiselle Weasley a brandi la menace d'outrage à une dame, si on devait se référer à la règle de danse et aux règles mondaines. Elle était appuyée par le directeur Albus Dumbledore qui a proposé de régler le problème par un engagement de lord Potter à rencontrer mademoiselle Weasley pour un rendez-vous de nature privé.
Lord Potter a enfin pris la parole depuis le début de l'altercation et a déclaré que jusqu'à preuve du contraire, Ginny Weasley n'avait pas reçu d'invitation et donc, elle n'était pas la bienvenue parmi les Sang Pur. Qu'elle ne savait pas s'adresser à un lord et donc, qu'il n'était pas tenu de lui adresser la parole. Les cris de la jeune fille ont alors grimpé de plusieurs octaves et Albus Dumbledore a signalé qu'il n'y avait pas d'invitation. Avec un sourire, lord Potter lui a montré sa main ainsi que celle de sa cavalière Hermione Granger où une marque magique était apparu. Il lui a alors expliqué que dès lors qu'il avait indiqué que les règles mondaines étaient appliquées ce soir, la première règle avait été déclenchée et des invitations avaient été lancées. Une autre des règles mondaines voulait que les personnes non invitées étaient totalement ignorées par les invités. Et une dernière que tout manquement à l'étiquette serait sévèrement puni. Comme mademoiselle Granger portait ses couleurs et donc était sous sa protection, il était en droit de demander réparation pour outrage à une dame au nom d'Hermione Granger, vu que mademoiselle Weasley ne s'était pas gênée pour l'insulter gravement, ainsi que de manquement à l'étiquette en son nom puisque mademoiselle Weasley ne s'était pas adressée à lui avec son titre de lord.
Albus Dumbledore a tenté de minimiser la situation en déclarant que ce n'était que la façon de parler maladroite d'une personne qui nourrissait de tendres sentiments à son égard mais mademoiselle Weasley a prouvé une nouvelle fois sa méconnaissance ou plutôt son ignorance totale des us et coutumes Sang Pur en crachant qu'Hermione Granger n'était qu'une Sang de Bourbe et qu'elle ne serait jamais une « dame ». Son frère Ronald, qui s'était approché, a ajouté qu'elle n'était qu'une prostituée digne des plus grands bordels, aux vues de sa tenue qui pourtant, était bien plus sage que celle de sa sœur.
Et là, mesdames et messieurs, d'après tous les témoins, lord Harrison Potter a terrifié tout le monde dans la Grande Salle.
Se dressant de toute sa hauteur et faisant sortir involontairement son aura magique, il a toisé Ginny Weasley et a déclaré mot pour mot :
« Moi, lord Harrison James Potter, dépose plainte contre Ginny et Ronald Weasley pour outrage à un lord et outrage à un allié de lord. Je demande la poursuite en justice de ces deux personnes pour tout acte envers Hermione Granger et moi-même, qu'il soit passé, présent ou futur. Par ailleurs, puisque vous semblez soutenir le comportement odieux de ces personnes, je porte plainte contre Albus Dumbledore pour non-respect des lois Sang Pur et obstruction aux droits des Sorciers. Je ne crois pas que vous ayez le droit d'imposer à vos élèves qui doit faire quoi, alors que vous n'avez pas de pouvoir décisionnaire en ce moment-même. Je porte également plainte pour mise en danger d'autrui. J'estime qu'aux vues de ma scolarité, je suis en droit de demander si vous avez bien à cœur la sécurité de vos élèves. Je ne parle pas du bien-être puisque vous semblez volontairement ignorer que je me refuse totalement à côtoyer Ginny Weasley pour qu'elle me harcèle pour me forcer à sortir avec elle et plus si affinité … »
C'est une procédure inédite …

Le directeur ne savait plus quoi faire. Les Weasley étaient son plan pour mettre la main sur Harry Potter mais maintenant, tout allait tomber à l'eau. Il n'avait pas le choix, il allait devoir agir rapidement. Il ne lui restait plus beaucoup de temps.