Disclaimer : Tout appartient à Tolkien. Seuls quelques personnages sont de mon invention.
Réponses aux reviews :
Floricienta : Une note psychologique ? Mouais, pas faux :) Contente que tu suives toujours cette histoire, ma très chère amie.
Elliot le mastif : Fan de Melkor :)? C'est vrai qu'il a osé exprimer le fond de sa pensée, même si ça a mal tourné. Si la rencontre avec le Vala déchu était trop rapide, c'est que de un ils n'avaient au final pas grand-chose à se dire, Morgoth ne ressentant ni affection ni le moindre intérêt pour sa fille, et elle étant tout de même intimidée. De deux, les Valar n'auraient pas permis une plus longue discussion qui aurait pu être dangereuse. J'en viens à ta question : pourquoi s'acharnent-ils sur Ophélie ? Là, il faut se replonger dans un contexte de guerre : Ophélie n'est certes pas responsable de ce qu'a fait son père, elle est quand même vue comme une honte des Valar. Et c'est une réalité encore présente de nos jours, les enfants des criminels sont toujours jugés aussi sévèrement par la société, même quand leurs parents ont été condamnés. Ophélie est une sorte de bouc-émissaire, car Morgoth étant dans le Néant et sa mère seule à Valinor, il ne reste plus qu'elle. Je ne suis pas sûre que ma réponse soit claire, mais j'ai fait au mieux :)
Et allez, on attaque la troisième partie de l'histoire. En espérant que ça vous plaise toujours. Je pense qu'il y aura en tout une vingtaine de chapitres.
Bonne lecture :)
Chapitre XIII : Pearls of Light (Within Temptation)
Ophélie
Ma visite à Valinor durant laquelle je m'étais fait jeter comme une malpropre s'était déroulée le soir, après que Sauron m'ait congédiée de sa salle d'audience. C'est donc en larmes, allongée sur mon lit, que je m'éveillais de ma transe. Eiliniel, à qui j'avais confié ce secret, était très inquiète, et veillait à ce que personne ne vienne à ce moment-là. En me voyant m'éveiller en pleurs, elle me serra dans ses bras.
-Que s'est-il passé ?
-Les Valar m'ont bannie, je ne peux plus revoir ma mère.
-Pourquoi ?
Eiliniel ne savait pas pour mon attrait des ténèbres, ni l'identité de mon père. Je choisis de ne lui révéler qu'une partie de ce qui avait décidé mon oncle à me jeter hors de la terre sacrée :
-Selon eux, ma présence en Mordor est trop dangereuse pour que je revienne. C'est fini…
-Mais c'est injuste !
Je séchai mes larmes et eus soudain une idée.
-Eiliniel, ta famille vit encore à Bree, n'est-ce pas ?
-Oui, normalement, pourquoi ?
-Alors pars. Va d'abord retrouver Eradan, Eofor, Aghan et Dorlas à Minas Tirith, puis partez tous les cinq pour le village. Va retrouver ta famille avant qu'il ne soit trop tard.
-Trop tard pour quoi ?
-Pour vous dire au-revoir si les ombres vous tombent dessus. Il va se passer quelque chose de terrible, je le sens, et hors de question que tu sois au cœur du danger lorsque ça arrivera.
-Mais, le Seigneur des Ténèbres…
-Je me charge de lui si ça peut te rassurer. Pars maintenant, et va rejoindre tes parents avec ton frère et nos amis. S'il-te-plaît.
-Pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous ? Toi aussi, tu devrais t'éloigner du danger.
-Eiliniel, le danger, c'est moi ! Je l'amène toujours dans mon sillage. Même mon ombre est mortelle pour vous. Partez, vite !
-Mais…
-Non ! Va-t-en, avant que quelque chose, ou quelqu'un, ne t'en empêche.
Eiliniel, les larmes aux yeux, rassembla ses affaires. Après une dernière étreinte, des paroles d'encouragement et des adieux, elle partit enfin. Je rassemblai un peu de magie pour la protéger, afin qu'elle sorte du Mordor et atteigne la Cité Blanche sans encombres. Je me surpris à vouloir prier pour elle et nos amis, mais prier qui ? Nous étions seuls, désormais. Personne ne nous aiderait.
Le lendemain du départ d'Eiliniel, je ressentis un grand vide en me levant, mais l'idée qu'elle soit en sécurité me consola. Beril, qui venait de moins en moins souvent contrôler mon état de santé, m'autorisa à faire quelques exercices sportifs. Travailler mes muscles était plus douloureux que d'habitude, mais c'était supportable. Pour les exercices plus violents de cardio, comme la course (avec cette chaleur et cet air lourd), la natation (comme si j'avais envie de me baigner dans le lac Núrnen), les combats (comme de l'escrime, mais ça m'étonnerait beaucoup qu'on me laisse faire) ou encore l'escalade (mais bien sûr, je vais grimper jusqu'en haut de l'Orodruin), il fallait attendre encore quelques jours. Peu importe, il y avait assez de livres dans mes appartements pour m'occuper. Et un jeu de cartes. Je m'occupai donc, entre deux chapitres, à jouer au solitaire ou à faire des châteaux. En clair, je m'ennuyais. C'est après avoir pris mon déjeuner que je sortis, afin de trouver un endroit dans la tour où je pourrai voir de nouveaux visages.
A ce propos, j'avais été étonnée d'apprendre que toute une cour vivait ici. Imaginer des nobles dans leurs plus beaux atours vivre en Mordor comme cela se faisait sur Terre me paraissait étrange. Tous étaient des humains qui s'étaient ralliés à Sauron. Celui-ci les gardait à l'œil pour être sûr de bien les contrôler. Louis XIV devait être son fils caché…
La bibliothèque de Barad-Dûr était, contrairement à ce que je pensais, d'une grande richesse. Livres, parchemins, et même des instruments de musique, sculptures, peintures, vases d'autres temps… Là, j'avais de quoi m'occuper. Bien sûr, c'était interdit, mais si j'en avais eu le droit, je ne me serais pas privée d'analyser un ou deux tableaux, ou d'étudier le sens caché de certains parchemins. Dans les années 2000, j'avais suivi quelques cours sur Internet qui expliquaient comment comprendre le message que les artistes laissaient dans leurs œuvres. J'y avais passé des jours, tellement c'était fascinant. Néanmoins, je m'étonnais de la place de tous ces objets en Mordor. Un courtisan auquel je posai la question me répondit aimablement que c'était l'impôt versé par plusieurs royaumes n'ayant plus assez d'argent et ne voulant pas sacrifier leur peuple à l'esclavage. Beaucoup venaient de Mirkwood, dont les bijoux de la famille royale (sauf la couronne, toujours sur la tête de Thranduil dont personne n'avait de nouvelles), bien que la plupart soient conservés parmi le trésor personnel de Sauron. En fait, les trois royaumes elfiques avaient disparu, leur défaite symbolisée par des souvenirs : Mirkwood était désormais le royaume des araignées, la Lórien, un bois désolé, et Fondcombe, un champ de ruines. Les Elfes avaient été pour la plupart massacrés ou réduits en esclavage, même si beaucoup étaient encore en vie et libres pour gêner Sauron. Ils avaient rejoint les Nains en Erebor (une première dans l'Histoire), seul royaume n'ayant pas encore plié devant Sauron. D'ailleurs, ça se voyait par l'absence d'objets créés par des Nains. Rien non plus n'avait été pris en Comté, pour la bonne raison qu'il n'y avait rien d'assez intéressant pour le Seigneur des Ténèbres. Quelques sculptures équestres venaient du Rohan, tout comme les chevaux servant à l'armée, et un grand nombre de tableaux du Gondor. Le tribut apporté par Dale se composait de riches étoffes et joyaux que portaient les courtisans. Tous ces trophées de guerre étaient surtout exposés dans d'autres salles ou répartis dans d'autres fiefs de Sauron, ou encore possédés par d'autres personnes.
En réfléchissant à tout ça, je me sentis mal. Tous ces objets criaient à ceux qui les voyaient la victoire écrasante de l'ombre sur la Terre du Milieu. Je sortis au bout d'une vingtaine de minutes après avoir reposé le livre que je feuilletais, trop choquée pour rester plus longtemps. Pour une fois, je tentai de voir les choses du bon côté, de me dire qu'au moins, tout ce patrimoine culturel n'était pas détruit mais protégé, mais rien n'y fit. Le seul vrai point positif, c'était qu'au moins ce tribut empêchait des milliers de gens d'être réduits à l'esclavage, mais ce n'était qu'une question de temps. J'errais dans les couloirs, sans vraiment regarder où j'allais, et ce qui devait arriver arriva : je heurtai quelqu'un qui marchait en sens inverse. L'homme me rattrapa avant que je ne tombe, pendant que je lui présentais mes excuses.
-Navrée, je ne vous avais pas vu…
-Regardez où vous mettez les pieds, la prochaine fois, vous risqueriez de vous blesser.
Son ton était légèrement moqueur, mais teinté de bienveillance. C'était étonnant car ayant déjà entendu cette voix, je l'associai à une personne que j'aurais aimé ne pas voir. Lorsque je levai les yeux, mes doutes se confirmèrent : Sauron. Je rougis en le voyant sourire. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi beau ? Ma propre réflexion me surprit, et j'espérai qu'il n'avait pas lu dans mes pensées. Hors de question de m'enfoncer encore plus. Mais bon, le ridicule ne tue pas, sinon mon cadavre se serait décomposé depuis longtemps.
-Pardonnez ma négligence, répétai-je, j'étais ailleurs et un troll aurait pu dévaster le couloir que je ne m'en serai pas rendue compte.
Le sourire de Sauron s'élargit devant ma plaisanterie. Toute trace de moquerie avait disparu, c'était un sourire sincère. Cela me donna un peu plus de courage.
-Et puis-je vous demander ce qui vous préoccupait autant ?
-Oh, rien de bien important, juste un livre assez complexe dont je réfléchis encore à ce qu'il signifiait…
Quelle idiote ! Je savais pourtant que les tyrans n'aimaient pas que ceux qu'ils gouvernaient s'interrogent sur le véritable sens de ce qu'ils voyaient ou entendaient. Enfin, c'était le cas sur Terre, mais j'eus le vain espoir que les choses soient différentes ici. Curieusement, cet espoir ne fut pas si vain :
-Quel est ce livre, demanda Sauron.
Son ton laissait entendre qu'il accepterait de m'expliquer. Je réprimai un soupir de soulagement et continuai mon mensonge.
-Je n'ai pas regardé le titre. En fait, j'ai pris ce livre au hasard, ayant l'embarras du choix.
-Dommage que vous n'ayez pas trouvé ce que vous cherchiez.
-Ce n'est pas grave.
Un silence tendu s'installa, uniquement troublé par les pas d'une courtisane qui traversa le couloir. Elle s'inclina devant Sauron qui n'eut aucun regard pour elle, et continua sa route.
-Passez une bonne journée, Altesse, dit le Seigneur des Ténèbres.
Et sans que je ne m'y attende, il me fit un baisemain avant de repartir. La courtisane, une blonde plantureuse vêtue d'une robe rouge, avait assisté à l'échange et me gratifia d'un drôle de regard. Le même que les dames des cours d'Europe (Angleterre, France, Russie et Italie, les seules que j'avais fréquentées) lorsque le Roi séduisait une autre femme qu'elles, réduisant à néant leurs chances d'attirer son attention. Cette comparaison était amusante, tout comme l'idée que Sauron cherche à me séduire. Avec l'impression de me conduire comme LA peste du lycée typique des séries américaines, je lui adressai un sourire à la fois radieux et narquois. Néanmoins, si là aussi les rumeurs couraient plus vite que le vent, j'allais avoir une sacrée réputation. Après tout, les courtisans n'avaient que ça à faire : rechercher les scandales, répandre des rumeurs, se venger... Les journées seront plus intéressantes que prévues.
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Sauron
Trois jours plus tard, dans sa salle d'entraînement personnel, le Seigneur des Ténèbres combattait le Roi Sorcier d'Angmar. C'était un duel amical, pour se perfectionner, bien qu'ils soient les plus grands duellistes de la Terre du Milieu. C'est à ce moment qu'un homme aux cheveux gris et vêtu d'une vieille robe noire entra. Dans ses mains il tenait une boîte en marbre noir. Lorsque Sauron remarqua sa présence, il arrêta son duel et s'approcha. L'homme s'inclina jusqu'à ce que son souverain lui ordonne de se relever.
-Vous avez ce que je vous ai commandé ?
-Oui, Seigneur.
-Montrez-moi.
L'homme ouvrit la boîte, révélant son superbe contenu : une paire de boucles d'oreilles en perles et topazes, un diadème (ressemblant plus à une couronne) en or et rubis, une bague assortie, et un court collier de perles à deux rangs, auquel un pendentif était accroché. En forme de fleurs, ses cinq pétales étaient des gemmes pourpres taillées ovales, et autour d'un petit diamant blanc et rond. En bas de cette fleur était accrochée une goutte de nacre noire. Tous les joyaux étaient liés par de l'or.
-Parfait. Vous pouvez repartir.
L'homme laissa la boîte à Sauron, s'inclina et repartit. Le Seigneur des Ténèbres congédia le Roi Sorcier d'Angmar et quitta la salle d'entraînement.
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Ophélie
C'était un après-midi comme les autres. Assise devant ma petite table, je lisais, lorsqu'on frappa à la porte.
-Entrez, dis-je.
Un serviteur entra et s'inclina. Il portait une grande boîte en marbre noir pourvue de pattes de lion en argent sous chaque angle. Je haussai un sourcil interrogateur.
-Un cadeau du Seigneur du Mordor, Votre Altesse.
-Merci. Posez ça sur la table.
Le serviteur obéit et partit après s'être de nouveau incliné. Dès que la porte fut refermée, je pris la boîte et l'ouvrit prudemment. Son contenu était tout simplement somptueux : des bijoux d'or, de perles, de diamants et de pierres précieuses colorées. Je ne sus comment réagir. Bien sûr, recevoir un tel cadeau était flatteur, mais ces bijoux venaient de Sauron. Je lançai un sortilège détectant la magie, mais il n'y avait aucun pouvoir là-dedans. J'ouvris la lettre dans la boîte, écrite de la main du Seigneur des Ténèbres. Il y disait vouloir me voir les porter lors de la réception du lendemain soir, et ajoutait que j'étais digne de plus de beauté, que tout cela n'était, je cite : «qu'un modeste et humble cadeau de bienvenue à la Princesse des Ombres». Soit j'étais parano et je me faisais des idées, soit Sauron tentait de me séduire. Il ne manquait plus que ça. Ou encore, il voulait m'acheter, afin de garder une emprise sur moi, d'être sûr que je sois du côté des ténèbres. J'hésitais encore un tout petit peu. Mais pourquoi pas, après tout ? C'était bien sûr la solution de facilité, mais j'y avais ma place, c'était mon héritage. Sauron ne faisait que m'accueillir après tout ce temps d'errance. Ainsi, j'acceptai les bijoux et lui rédigeai une réponse.
Une des scènes de ce chapitre est inspirée de l'épisode 3 de la saison 1 des Tudors. A vous de la trouver. Si vous connaissez bien la série, ce sera très facile. Indice supplémentaire : elle concerne Henri VIII et plus indirectement, Anne Boleyn. Là, je vous donne quasiment la réponse. Cette histoire va devenir un vrai jeu de devinettes ^^. Dites par review si vous pensez avoir deviné de quelle partie du chapitre il s'agit, et à quel moment de l'épisode il se rapporte.
Ophélie a toujours quelques sursauts de conscience qui l'empêchent de sombrer totalement.
Ce chapitre était un peu plus léger que les autres, mais ça change un peu, pour que ce ne soit pas trop lassant. Mais j'ai quand même l'impression qu'il est un peu…niais. Dites-moi ce que vous en avez pensé.
Enjoy :)
