Ohayo !
Je sais que ça fait longtemps que je n'ai rien posté, mais j'ai enfin trouvé le temps de me remettre à l'écriture et voici donc le chapitre 12 ! J'ai lu avec attention toutes vos reviews et j'ai décidé de ce que j'allais faire à propos du mpreg. J'ai conscience qu'introduire ce genre de chose dans un scénario est compliqué et j'y ai donc mûrement réfléchi, vos avis à ce sujet étant, quoique très différents selon les personnes, toujours éclairés et révélateurs.
J'ai aussi lu une review de Mikado qui me disait avoir trouvé ma définition du principe de l'amour très semblable à celle exposée dans l'épisode de Minute Papillon consacré à la polygamie. Je n'avais pas vu cette vidéo et j'ai donc couru la visionner, et c'est vrai que je suis d'accord sur de nombreux points. Allez la voir si vous ne l'avez pas vue, elle vaut le détour !
Et, comme toujours, ça me fait super plaisir de lire vos avis, et je vous encourage à toujours le donner. ça me permet d'orienter mon histoire (qui n'est pas écrite à l'avance, c'est toujours du "au jour le jour" - ce qui explique en partie mes délais trop longs -.-' ) et de voir si je dois rajouter des éléments ou au contraire en enlever afin que l'histoire continue de vous plaire. Merci !
Au programme aujourd'hui, une discussion avec papa pour Nico, parce que finalement Hadès n'est pas tant une raclure que ça. Enjoy !
Chapitre 12
POV Percy
J'ai eu l'impression de plonger la tête la première dans une piscine d'eau glacée, puis d'être aspiré dans un tourbillon géant. Il me sembla que je tournai sur moi même à toute vitesse dans un grondement assourdissant. Mon coude heurta quelque chose de mou et j'entendis Jason hoqueter de douleur. Je collai donc mes bras le long de mon corps en continuant de tourner, tourner, tourner... A présent, c'était comme si des mains glacées me giflaient de tous les cotés... je fermai les yeux, espérant que ça s'arrête enfin... et soudain, je tombais tête la première sur un sol dallé.
J'ai rouvert les yeux, grognant, meurtri, ce qui resta dénué d'effet puisqu'il faisait à l'extérieur aussi sombre que sous mes paupières. J'ai entendu les deux autres se relever.
_ Désolé, a murmuré Nico quelque part à ma gauche. Les atterrissages n'ont jamais été mon fort.
_ Tout le monde est entier ? A demandé Jason.
_ ça va. (Ma propre voix me paraissait étouffée). Quelqu'un sait où on est ? Parce que j'y vois que dalle.
Une petite main s'est glissée dans la mienne. Nico.
_ Moi, j'y vois. On est sur la rive est du Styx, pas très loin des portiques. Il va falloir qu'on passe la sécurité, même moi je ne peux pas entrer ou sortir comme bon me semble.
_ La sécurité ? A fait Jason, la voix tendue.
_ ça ira. T'en fais pas.
J'ai eu l'impression qu'il cherchait à s'en convaincre lui même.
Alors, dans l'obscurité totale, je me suis contenté de m'accrocher à la main de Nico, comme on suit la lumière lointaine d'un phare. On a avancé en trébuchant sur les dalles irrégulières et glissantes du chemin des Enfers. L'odeur de la mort m'assaillait les narines, me serrait la gorge. De vieux souvenirs me sont revenus – mon voyage dans les Enfers, quand j'avais douze ans, et le second, pendant la guerre contre Cronos, avec Nico. Ça c'était plutot mal passé la dernière fois que j'avais mit les pieds dans le palais d'Hadès. En fait, j'en avais surtout visité les cachots. Pas sûr que le Dieu soit ravi de me revoir.
Mais au moins, je n'étais pas seul. En fait, j'aurais même difficilement pu imaginer meilleure compagnie pour risquer ma vie. J'ai donc continué de suivre Nico dans les profondeurs.
Après ce qui m'a paru être des heures, on a déboulé au pied d'une falaise, sur une plaine de sable volcanique couleur obsidienne. A notre gauche, le Styx s'étirait comme un long serpent noir, ses eaux calmes et macabres charriant des centaines d'objets brisés: des poupées vieillies, des diplômes détrempés, des jouets cassés, des photos déchirées. Devant nous, à une quinzaine de mètres, les eaux du fleuve jaillissait d'entre les rochers de la falaise, sombres et tourbillonnantes, et tombait en cascade dans un bruit assourdissant. Ne me rappelant que trop bien la sensation de ces eaux sur ma peau, j'ai détourné le regard, frissonnant. Sur la droite, à quelques mètres, un grand portique de fer noir se dressait.
Soulagé d'avoir retrouvé la vue, je me suis tourné vers les autres. Jason regardait autour de lui, inquiet, comme s'il cherchait à cartographier les lieux. Nico, lui, avait le regard fixe et semblait blême. Je n'osai même pas imaginer comme les choses devaient être difficiles pour lui. Il prit une grande respiration, comme pour rassembler son courage, puis il s'est avancé à grand pas vers le portique. A contrecœur, Jason et moi l'avons suivi. Des rangées de morts faisaient la queue pour entrer, et j'aurais accueilli les bouchons à bras ouverts, si ça avait pu retarder ne serai ce que d'une dizaine de minutes notre entrée aux Enfers, mais Nico est passé devant eux sans s'arrêter.
_ Venez. Ils ne vont pas nous faire d'ennuis dans la queue, vous êtes avec moi.
_ Wouaow, a fait Jason. Notre copain est un VIP. La classe.
_ Jason...
ça ne me plaisait pas, mais on a dépassé les spectres de sécurité sans qu'ils ne bronchent pour déboucher sur les Champs d'Asphodèle. On a traversé les plaines d'herbes noires et desséchées au pas de course, entraînés par Nico. Si Hadès me tuait, je finirai peut-être à moisir là à tout jamais. La pensée n'étant pas très rassurante, je l'ai repoussée dans un coin de mon cerveau.
On a passé une nouvelle barrière de sécurité sans encombres et on est enfin parvenu au Palais d'Hadès. Ce dernier était beau, mais inquiétant, comme un château autrefois grandiose laissé à l'abandon depuis des siècles. Des murs sombres et immenses s'élevaient autour de nous, mais il n'y avait pas de plafond, laissant la vue sur les stalactites d'obsidienne au dessus de nos têtes. Des arbres blancs dont les branches se déliaient comme de la fumée étaient répartis dans des vasques en marbre. Les plates-bandes débordaient de fleurs pourpres, dorés et argentés. La salle s'étirait dans la longueur, interminable, et le sol était taillé dans des pierres précieuses étincelantes. Contre le mur du fond, sur une estrade, deux trônes, l'un en os et l'autre en argent, dominaient l'espace, majestueux.
_ C'est superbe, n'est ce pas ?
J'ai fait un bond en l'air. Nico s'est retourné comme si de rien n'était. Il avait de la chance d'être capable de supporter les brusques apparitions de son père, parce que moi, j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter de battre.
Le Dieu des Enfers se tenait devant nous. Il portait une longue toge noire, le tissu ondulant faisant transparaître les visages terrifiés des damnés. Son teint pale contrastait avec ses cheveux foncés et ses yeux qui brillaient d'un éclat glacial. La dernière fois que je l'avais vu, il arborait un rictus cruel et brûlait de rage. Cette fois ci, au contraire, son expression était sereine, tranquille.
_ Je continue de penser qu'une tapisserie en cranes de moines du Moyen Age aurait été du plus bel effet, a répondu Nico en affectant un ton détaché. Je n'ai pas compris, mais j'ai eu l'impression que c'était une sorte de private joke entre eux. Dans la mesure où on pouvait plaisanter avec le Dieu des Enfers, bien sur.
Hadès a esquissé un vague sourire, sans que je sache s'il était chaleureux ou terrifiant.
_ Encore une fois, je n'ai aucune idée de si tu plaisante ou non, a-t-il répondu, léger.
Il nous a contournés, Jason et moi, sans nous prêter la moindre attention et il s'est avancé vers son trône, passant sa main sur le pilier le plus proche, laissant des traces pales et décolorées sur les pierres précieuses. J'étais impressionné par l'assurance de Nico... avant de m'apercevoir qu'il tremblait légèrement.
Ce n'est qu'une façade, ai-je compris. Je me suis rapproché de lui et lui ai adressé un sourire, nerveux certes, mais il s'est un peu détendu.
_ Tu t'imagines bien, a continué Hadès, quelle a été ma surprise, mon fils, lorsque j'ai été contacté, il y a quelques heures, par Chiron à propos d'une histoire de... malédiction.
J'ai avalé ma salive. Par les Dieux, on y étais.
Mais à ma grande surprise, Hadès a reprit sans même ciller:
_ J'ai alors appris que tu cherchais des informations de ma part, dans l'espoir de... régler un différent, si j'ai bien compris ?
Nico a paru soufflé. Pourquoi Hadès ne posait-il pas la question qui s'imposait ? Je m'étais attendu à avoir affaire à un dieux furieux de se voir enlever son fils unique, et à la place, il évitait consciemment le sujet, comme s'il était piégé. Qu'est ce que ça voulait dire ?
_ Oui, a fait Nico après un instant d'hésitation. On a quelques questions, en effet. Et toi, père, que veux tu ?
Le dieux se retourna, toujours sans nous prêter la moindre attention, à Jason et moi.
_ tu imaginer que je sois apparu pour t'aider, et pas seulement parce que j'exigerai quelque chose de toi ?
_ ça me parait difficilement envisageable, a répondu Nico d'un ton froid.
_ méfiance légitime, je suppose. Cela dit, c'est la vérité. Tu cherches à en savoir plus sur Araios, et sur l'endroit ou il se cache.
_ Tu le sais ?
Hadès fronça les sourcils.
_Ce serai inquiétant si je ne le savait pas. Il est sur mes terres, après tout.
Il s'est interrompu.
_ Ton amie, a t-dit. La fille s'Aphrodite.
Jason a frémit, et pour la première fois , Hadès lui a lancé un regard.
_ Elle carbure à la colère et à l'amertume. C'est une chose que je peux comprendre.
_ Comment pouvons nous lui faire barrage ? A dit Jason.
_ Vous ne pouvez pas, a répondu le Dieu après un instant d'hésitation, comme s'il se demandait s'il allait daigner lui répondre ou pas. Votre seule chance serait de la distancer et d'arriver avant elle pour parler à Araios avant qu'elle ne le fasse. Mais je crains que ce soit à exclure; elle avance plus vite que vous.
_ Comment a t-elle su où se cachait Araios ?
Hadès grimaça.
_ Aaah, je crains que ce soit de ma faute. Elle est très persuasive lorsqu'elle le souhaite. Il se peut donc que j'ai laissé échapper cette information lors de notre conversation. Sa mère, Aphrodite, l'épaule dans sa quête. Elle est encore plus furieuse qu'elle, c'est dire. J'ai bien peur que la tache sois encore plus difficile que prévu pour vous.
J'ai ajouté cette nouvelle information dans un coin de ma tête, mais ce n'était pas comme si on était pas déjà assez dans la mouise pour se rajouter en plus la colère d'une déesse olympienne. J'avais l'impression qu'un étau se resserrait autour de mes côtes.
_ Le laboratoire d'Araios se trouve dans l'impasse qui sépare les champs du châtiments et l'Elysée, indiqua Hadès. C'est un passage dangereux, mais pas impossible. D'autres demi-dieux l'ont déjà pratiqué. Cependant, je me dois de vous prévenir: aucun n'en ai revenu. Le danger réside dans le laboratoire lui-même...
_ Il faut pourtant qu'on y aille.
_ Je le sais.
Un silence de plomb est tombé dans la pièce, interminable. Enfin, Nico a détaché son regard de celui de son père, s'est incliné et s'est retourné. Je me suis empressé de le suivre, soulagé d'avoir évité d'être changé en petit tas de cendres malodorant. Peut-être finalement que Chiron n'avait pas mentionné au Dieu tous les aspects de la malédiction. Peut-être ignorait-il que Nico était en couple avec Jason et moi. Nous étions quasiment arrivé à la soritie lorsque Hadès a tranché le silence:
_ Nico.
Le petit brun s'est immobilisé. La silhouette du Dieu scintilla et commença à s'effacer.
_ Mon fils, a dit Hadès d'une voix presque douce. Quoique tu fasses désormais, sache que je te soutiens dans tes... choix. Tu m'as prouvé par le passé que je pouvais être fier de toi, et tu as su conquérir mon respect. J'admet avoir eu envie de te réduire en cendres plus d'une fois mais je dois admettre que je suis heureux de ne pas l'avoir fait.
La, je n'en revenait pas. J'avais eu droit à mon lot de choses étranges au cours de mes quêtes: monstres, labyrinthes magiques, dieux furieux, combats mortels, voyages entre les ombres, bateaux volants. Mais une déclara t'il d'amour paternel de la part du Dieu le plus terrifiant et solitaire du Panthéon grec ? Inconcevable.
_ Nous avions déjà parlé ensemble lors de ton voyage pour ramener cette statue à ton camp, a continué le Dieu. Je t'avais dit que rares sont ceux parmi mes enfants qui avaient su accéder au bonheur. Et si ton bonheur à toi passe par des choses qui, certes, ne me plaisent pas tant que ça... (son regard s'est attardé sur mon visage, puis sur celui de Jason) et bien, je crois que je saurai l'accepter, avec un peu de temps. Je suppose que c'est le rôle d'un père, d'accepter sans juger, de comprendre peut paraître, au départ, incompréhensible. Je ne te blâme par pour la situation actuelle. J'ai fait de nombreuses erreurs avec toi, mais je ne ferai pas celle là.
Nico s'est retourné, la bouche ouverte comme pour répliquer, mais son père ne lui en laissa pas le temps.
_ Puisque finalement, tu seras peut-être l'exception, continua t-il... avant de disparaître pour de bon.
Brusquement, je me suis senti opprimé par le palais. L'odeur de souffre me pris à la gorge tendit que mes oreilles résonnaient des cris des suppliciés au loin. J'ai attrapé Nico et Jason par le bras et je me suis rué dehors.
