Hello le monde ! Veuillez m'excuser pour cette absence. Je ne vais pas vous faire le speech habituel (études, exams, copains, fêtes, etc) mais je ne lâcherai jamais cette histoire; elle me tient trop à cœur.

Bref nous voici donc au ch 13 (espérons qu'il ne portera pas malheur)... ou en tout cas la première partie. A la base, ce chapitre est beaucoup plus long, mais n'ayant pas écrit la suite et trouvant qu'il est assez long à lire pour vous, j'ai décidé de le séparer en 2 (et puis comme ça, ça vous fera moins de POV à alterner XD)

Dans le chapitre précédent: Zack and co partent en mission sur la planète Rodia où une base de la République a été attaquée. Alors que tous sont au front, Zack et June sont chargés d'aller rétablir le champ de force protecteur. Mais un effondrement du tunnel détruit le robot R4 et ils sont obligés d'appeler Ernesto pour en avoir un neuf. Ernesto contacte alors Korben Leroy (l'investigateur de la mission) mais celui-ci ne semble pas prêt à appeler des renforts...

Voilà, sur ce bonne lecture et j'attends votre avis en commentaire :D


Chapitre 13 : Mise à l'épreuve (1ère partie)

Coruscant – salle du Conseil Jedi

POV Bianca

– Bianca, concentre-toi un peu. Allez, fais-moi ce plaisir.

– J'essaye ! Mais je ne peux m'empêcher d'être inquiète.

Je rétractai la lame mauve de mon sabre et partis m'assoir contre le mur pour souffler.

Cela faisait plusieurs heures qu'une équipe de combattants était partie en mission sur la planète Rodia – dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'alors. Apparemment, je devais initialement aussi faire partie de cette équipe, mais Ben avait convaincu Korben Leroy, le détestable instigateur de cette mission, comme quoi je n'étais pas encore prête pour une telle épreuve, tant physiquement que psychologiquement. Il n'avait pas été réticent à cette idée, et moi non plus.

Alors pourquoi étais-je si inquiète depuis qu'ils étaient partis ?! Le Temple Jedi semblait vide et abandonné sans la plupart de ses membres…

Pour me distraire, Ben avait décidé de m'entrainer. Il faisait nuit et je n'avais pas sommeil. Nous avions échangé quelques coups sans nous arrêter, mais mon cerveau était ailleurs. Mon père avait fait semblant de ne rien voir avant de me parler sérieusement.

– Tu n'as pas à t'en faire, essaya-t-il de me réconforter. Nos Jedi et nos soldats sont peut-être fous, mais ils sont forts. Ils reviendront victorieux et en un seul morceau. Tu peux leur faire confiance pour ça.

– Mais cela fait des heures qu'ils-

– Et alors ? m'interrompit-il toujours sur un ton rassurant. (Il s'agenouilla pour être à mon niveau.) Ce genre de mission peut durer des jours, voire des mois. Et le fait que nous n'ayons pas de nouvelles est quelque chose de bien : nous ignorons ce qu'il se passe là-bas, et ce n'est pas plus mal. Imagine qu'on nous annonce la mort d'un membre de la famille, là, tout de suite. Puis un deuxième, un troisième : un toutes les heures pratiquement. Cela nous démoraliserait et nous ne croirions plus en eux alors qu'ils ont besoin de cette confiance, même s'ils sont à l'autre bout de la galaxie. Tu comprends ce que je veux dire ?

Je hochai la tête avec un petit sourire, montrant que je comprenais mais que je n'étais pas totalement convaincue par les propos de mon père.

J'avais déjà ressenti cette sensation qui tord l'estomac, mais jamais de cette façon. Cette horrible impression de ne servir à rien, d'être obligée d'attendre sans rien faire, imaginer le pire pour mes proches.

Proches… Cela ne faisait que deux semaines que j'étais ici. Et pourtant, la quasi-totalité des membres de ma nouvelle famille venait de partir. A peine rencontrés et déjà loin. A peine connus et j'étais déjà morte de trouille à l'idée de ne jamais les revoir (même June, c'est pour dire…). Ben avait bien fait de ne pas m'y envoyer, j'aurais été un vrai boulet. Déjà lorsqu'on me l'avait annoncé à l'astroport, Zack avait eu beaucoup de mal à me calmer et à me conforter dans l'idée que « tout irait bien. » J'espère qu'il respectera la promesse qu'il a faite à Allana, à savoir revenir en un seul morceau… Je suis maintenant curieuse de savoir à quel genre de bataille il a bien pu participer.

Ben m'aida à me remettre débout. Alors que nous retournions au centre de la pièce, au milieu des douze sièges, un bruit étrange fit son apparition. Il me rappelait le son qui m'avait sauvé du rendez-vous forcé avec Cal Kiptorio dans l'après-midi… Soit un communicateur !

Ben alla s'assoir dans le fauteuil qui lui était attitré. Je me précipitai à ses côtés, restant debout et droite comme un piquet. Il appuya sur un bouton de l'accoudoir et une image holographique bleutée de Korben Leroy apparut. Il avait l'air fatigué et sur les nerfs.

– Maître Leroy, salua mon père. (Korben lui rendit son salut par un signe de tête.) Nous parlions justement de votre mission-

Ben put à peine terminer de dire sa phrase que le bruit d'une explosion – une bombe ? – se fit entendre à travers l'appel. Korben attendit quelques secondes que cela se calme avant de répondre à mon père.

– Maître Skywalker, nous… (Il s'arrêta à nouveau et sembla hésiter longuement avant de répondre.) Nous avons besoin de renforts. Contactez des soldats et des Jedi au plus vite.

– La situation est si désespérée ? s'inquiéta Ben.

– Non ! s'emporta Korben. Sachez que c'est maître Solo qui m'a obligé à prendre contact avec vous. Mais nous avons besoin de quelque chose en particulier.

– Expliquez.

– Les Padawans Perkins et Barh se trouvent dans un tunnel pour aller réparer le champ de force. Or, leur droïde a été détruit. Il leur en faut un autre au plus vite. Une personne doit donc les retrouver et-

Korben se retourna précipitamment et commença à se battre. Ben l'interpella à plusieurs reprises pour savoir ce qu'il se passait. Mais le contact fut rompu, et l'image bleue de Korben Leroy disparut. Le silence prit place dans la salle du Conseil Jedi.

Je me mordis la lèvre pour ne pas intervenir. Mon père souffla et passa une main sur son visage. Il se leva et commença à marcher rapidement. Je lui emboitai le pas.

Nous sortîmes de la salle du Conseil et commençâmes à marcher dans les couloirs du Temple. Ben avait sorti son propre communicateur et se mit à parler dedans. Il me semble qu'il parlait avec Luke… Il s'arrêta soudainement et je faillis lui rentrer dedans. Je ne comprenais pas le moindre mot de ce qu'il racontait. Toujours est-il qu'il raccrocha et me regarda d'une étrange manière. Il avait l'air désolé.

Puis je compris…

– Oh non, lui dis-je. Ne me dis pas que-

– Si, Bianca, me coupa-t-il. Nous partons pour Rodia.


Une heure plus tard

POV Ben Skywalker

Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas retrouvé à piloter un vaisseau dans l'hyperespace.

Qui plus est avec ma fille assise à la place copilote qui a l'air de s'amuser comme une petite folle.

– Je hais les voyages dans l'espace, dit-elle.

– Allons, ce n'est que ton deuxième, plaisantai-je.

– Raison de plus.

Je reportai bien vite mon attention sur l'espace. En vitesse lumière, le moindre accrochage pouvait nous coûter la vie. Mais j'ai confiance en mes capacités de pilote. Certes je ne suis pas aussi doué que ma cousine ou que mon père et oncle Han au même âge, mais je suis bien plus à l'aise devant un tableau de bord que ce cher Jacen.

Bianca soupira et je remarquai qu'elle portait une main sur son front, comme si elle avait mal à la tête.

– Tout va bien, chérie ?

– Oui, oui, t'en fais pas. (Traduction : je ne vais pas bien, mais je ne veux pas que tu t'inquiètes.)

– Tu devrais aller te reposer. Nous arriverons sur Rodia dans trois heures. Deux avec un peu de chance.

– Tu peux juste me réexpliquer le plan une dernière fois avant que je ne dorme ?

J'enclenchai le pilote automatique le temps d'exposer pour la cinquième fois le plan à ma fille. Je fis tourner mon siège pour me retrouver en face d'elle.

– Nous arriverons sur Rodia peu avant l'escadrille qui nous suit. Pendant ce temps, nous nous servirons de la géolocalisation pour retrouver Zack et June. Une fois cela fait, tu descendras sous terre avec R7 et vous partirez réparer le champ de force avec lui. Et tu devras aller sous terre le plus vite possible car-

– Les rodiens extrémistes contrôlent la surface de la planète donc je devrais me cacher le plus vite possible. Je me souviens de ça.

– Parfait ! Maintenant, va dormir un peu. A cette heure-ci, le soleil se lève sur Coruscant. Il est normal que tu aies sommeil.

– Mais toi ? Je veux dire, tu pilotes, alors tu devrais avoir plus besoin de sommeil que moi.

– J'ai été habitué à faire plusieurs nuits blanches d'affilée. Allez, Bianca, ne discute pas, et va dormir s'il te plaît, ai-je dit d'un ton que je voulais rassurant.

Bianca finit par se lever et partit en quête d'un endroit décent pour se reposer quelques heures. Il faut dire que nous étions un peu partis dans la précipitation suite au message plus que perturbant de Korben Leroy. Nous avions à peine eu le temps de prendre avec nous un autre droïde astromécano – à savoir R7 – comme nous l'avait demandé mon confrère.

Le premier vaisseau qui nous est tombé sous la main n'était pas un vaisseau de combat, et était plutôt petit. Juste ce qu'il fallait pour trois passagers. De toute façon, je n'avais pas l'intention de combattre à bord d'un vaisseau ; j'irai sur le terrain retrouver mes frères Jedi, et nous en finirons au plus vite.

J'ai envie que cette histoire se termine vite non seulement pour que Rodia retrouve un semblant de paix, mais aussi et surtout par respect pour Bianca. J'ai bien remarqué en lui annonçant la nouvelle qu'elle n'était pas du tout rassurée à l'idée de vivre sa première « vraie » bataille… D'où mon idée de l'envoyer auprès de Zack et June. De cette manière, elle sera bien plus utile, et sera éloignée des combats. Et puis, ces deux Padawans sauront bien la protéger ; je leur fais confiance pour cela.

Un peu plus de deux heures plus tard, je partis réveiller Bianca. Après avoir fait trois ou quatre fois le tour du vaisseau, je la trouvai finalement dans un placard, recroquevillée sur elle-même, endormie, se servant de sa cape noire comme d'une couverture, et semblant faire un rêve des plus agréables. Cela me fit mal un petit instant de devoir la réveiller. Ainsi, elle était le portrait craché d'Aymeraude…

– Bianca ? Bianca ? l'appelai-je tout en remuant avec délicatesse son épaule. (Elle ouvrit les yeux avec difficulté, puis passa une main sur son visage.) Nous sommes en vue de Rodia. Au moins, tu ne t'endormiras pas sur le terrain.

Elle m'offrit un sourire moqueur, puis je l'aidai à se relever. Je l'incitai ensuite à laisser sa cape dans le placard. Le motif ? Cela la gênerait plus qu'autre chose, et elle lui donnerait trop chaud sous terre.

– Je suis habituée aux fortes chaleurs, a-t-elle rétorqué.

– Certes, mais cette planète est humide et en partie composée de marécages.

– D'accord, alors je te fais confiance.

Au fond de moi, je voyais bien qu'elle n'avait pas l'intention de la prendre… J'ai juste voulu la taquiner un petit peu.

Quelques minutes plus tard, nous entrâmes dans l'atmosphère de Rodia. La chaleur et l'humidité se firent tout de suite ressentir – même si dans mon souvenir, Tatooine croulait sous une chaleur bien plus intense. Bianca ne vacillait pas, alors que de mon côté, j'avais du mal à respirer cet air lourd.

Je stabilisai par la suite le vaisseau, puis me redirigeai avec ma fille vers la sortie de secours. J'ouvris la trappe au sol et un vent plutôt violent se fit ressentir.

– Bien, c'est ici que je te laisse. D'après le plan du tunnel souterrain, tu seras un peu en avance sur Zack et June. R7 a toutes les données dans son disque dur interne. Rejoignez-les au plus vite et tout ira bien.

J'ordonnai à R7 de descendre. Il ne le fit que lorsque Bianca le lui demanda à son tour. Décidément, ce petit robot avait un sacré caractère, comme sa maîtresse.

– Et moi, je descends comment ? me demanda-t-elle, subitement inquiète.

– Normalement, tu devrais utiliser la Force pour ne pas t'écraser… Mais pour t'éviter de te casser une jambe, tu vas descendre à la corde, et je vais t'aider avec mon énergie.

Bianca se contenta d'acquiescer par signe avant d'agripper la corde que je lui tendais. Je l'attirai à moi pour l'embrasser, puis elle s'assit sur le bord de la trappe, tenant fermement la corde. Je me concentrai suffisamment pour que la Force la soulève et l'amène en douceur vers le sol. Seulement dix mètres séparaient le vaisseau et la terre ferme. Je l'entendis crier qu'elle était arrivée en bas. Je me penchai, je la vis me faire un signe de la main que je lui rendis juste après. Elle courut ensuite dans les marécages aux côtés de R7.

Je me décidai à reprendre les commandes pour rejoindre le campement de fortune près de la base attaquée. Je dus mettre dix minutes grand maximum. Et pendant tout ce temps, je n'avais pas cessé de penser à Bianca, me demandant bien dans quelle galère je l'avais entraîné en la prenant comme Padawan. Ne pouvait-elle pas juste essayé d'avoir une adolescence commune aux autres ? Ne pas suivre les règles Jedi sitôt que nous nous sommes rencontrés et retrouvés ?

La réponse était évidente, mais je ne l'aimais pas tant que ça. Non ! Non, Bianca devait recevoir une éducation Jedi afin qu'elle apprenne à faire usage de la Force si puissante dans son corps frêle… Difficile à croire pour quelqu'un s'y connaissant qu'une si grande énergie émanait de cette fille paraissant si fragile aux premiers abords, mais qui en réalité était bien plus féroce. Allant contre les règles de mon propre père en la prenant sous mon aile, je prends le risque de ne pas réussir à achever sa formation pour cause de sentimentalisme, de manque de professionnalisme. Pourtant dès que j'y arriverai, je montrerai aux sceptiques du Conseil – Korben Leroy en tête – que Bianca a toutes les qualités d'une grande Jedi, qu'elle transmettra à son tour…

Une horrible image traversa mon esprit : Bianca avec des enfants. Pas des jeunes recrues Jedi ! Non, ses propres enfants ! Cette pensée me répugnait. J'aimerai garder Bianca avec moi pour toujours. La laisser partir serait comme perdre à nouveau Aymeraude… Et pourtant un jour, je devrais bien la laisser voler… Pendant ce temps, je compte la tenir éloignée le plus possible de la moindre des tentations. (Excepté Cal Kiptori, j'ai confiance en lui au moins. D'ailleurs, j'ai éprouvé un malin plaisir à taquiner Bianca sur ce point-là. Qui sait, peut-être n'en serais-je pas à mon dernier coup ?)

Quand j'aperçus les tentes de toile beige dressées à la va-vite, je me décidai à atterrir non loin. Le vaisseau étant de petite taille, je n'eus aucun mal à me faufiler discrètement entre nos X-wings qui chargeaient sur l'adversaire. Les rodiens ennemis étaient beaucoup plus nombreux que je ne l'avais espéré. Finalement, les renforts que j'amène ne suffiront peut-être pas…

Je descendis et courus de tentes en tentes pour prendre des nouvelles de mes collègues et amis, soldats comme Jedi. Tous me saluèrent et je pris de leurs nouvelles rapidement.

– Oh, m'sieur Skywalker ! entendis-je.

Je me tournai dans la direction de cette voix enjouée pour finalement trouver le pilote de ligne Ernesto Ramirez. Il était vêtu de sa tenue orange criarde et portait son casque sous le bras. Il me tapa dans le dos si fort que je faillis m'étouffer.

– Je savais pas que c'était vous le renfort, me dit-il en me saluant.

– J'en fais partie. Comment ça se passe ici ?

– Ça s'annonce plutôt mal. J'ai fait explosé près d'un vingtaine de vaisseaux ennemis, mais rien à faire, ils se reproduisent plus vite que des fourmis.

Je fis le choix de me taire quant aux termes employés par le soldat Ramirez. Lui il tue, c'est son travail. Le mien est d'épargner le plus de personnes possibles, peu importe leur camp.

– Il faut que j'y retourne, mon vaisseau est enfin réparé. Ça m'a fait plaisir de vous voir.

Au départ d'Ernesto, je repris mon chemin en quête d'une personne qui pourrait m'exposer plus clairement la situation. J'entendais plusieurs explosions, d'intensités différentes, mais également des rayons laser, qui semblaient être devenus un bruit familier pour mes amis.

– Ben ! m'interpella-t-on assez fort. Oh c'est toi qui amène la cavalerie.

Sans que j'ai pu comprendre d'où venait cette voix, je vis ma cousine Jaina foncer dans ma direction, avant de me prendre dans ses bras.

– Jaina, tu vas bien ? lui demandai-je en resserrant notre étreinte.

– Oui moi je vais bien. Je retournai justement à mon vaisseau pour combattre dans le ciel.

– Allez, dépêche-toi, sauve-nous tous.

Nous nous séparâmes, puis Jaina me fit un clin d'œil malicieux avant de repartir. Je sentis plusieurs personnes arriver dans mon dos, alors je me retournai et je fis face à Jacen, Korben, et Anakin.

– Ben, nous ne t'attendions plus, me confia Jacen en posant sa main sur mon épaule.

– Le trajet est bien long. Mais les renforts sont juste derrière moi ; ils ne vont pas tarder. Vous arrivez à tenir ?

– On fait ce qu'on peut, mais les rodiens alliés ne sont pas assez expérimentés, et le nombre de victimes dans notre camp augmente un peu plus chaque instant, dit Anakin la mort dans l'âme.

– Ben, où est le droïde ? me demanda sèchement Korben Leroy. Vous ne l'avez pas oublié au moins ?

– Non à l'heure qu'il est, il a déjà dû rejoindre Zack et June.

– Vous êtes complètement idiot. Un droïde ne saurait les retrouver seuls. Vous auriez dû le leur remettre en main propre ! s'énerva-t-il comme à son habitude.

– Korben, je vous prie de vous calmer et de m'écouter, dis-je le plus calmement possible. Le droïde n'est pas seul. Il est accompagné. J'ai chargé Bianca de l'escorter, et-

Je m'interrompis quand je vis les mines déconfites de mes trois compères.

– Vous avez quoi ?! cria presque Korben visiblement hors de lui.

– Ben, tu es en train de nous dire que ta fille est seule avec le droïde au milieu d'occupants rodiens qui risquent à tout moment de la tuer, dit Anakin beaucoup plus calmement.

– Hum… Tu as plutôt bien résumé, mais j'aimerais que la partie « tuer » ne se réalise pas.

– Allons, allons, calmons-nous, dit Jacen en essayant de faire retomber la pression. Je vais prendre contact avec Zack, comme ça nous verrons si tout va bien.

Mes deux autres camarades acquiescèrent, et j'espérais de tout cœur que Zack réponde, confirmant ainsi que Bianca était saine et sauve avec eux.


Un peu plus tôt – Tunnel souterrain

POV Zack

– A ton avis, dans combien de temps on aura notre droïde ?

– June, ça doit faire deux heures que tu me poses cette question ! Je n'en sais rien !

– Oh ça va, ce n'est pas la peine de m'engueuler ! Ce n'est pas de ma faute si R4 a rendu l'âme.

Voilà bien des heures (cinq je pense) que June et moi avons repris notre chemin dans le tunnel boueux et obscur après notre appel d'urgence à Ernesto. Ce dernier m'avait recontacté peu après, disant qu'un message avait été envoyé à Coruscant, stipulant qu'il nous fallait un nouveau droïde pour réparer le champ de force. Bah oui car sans droïde, cela signifierait que nous aurions marché près de dix heures pour rien… Je veux bien faire des efforts et me sacrifier, mais il y a une limite !

Et pour ne rien arranger, les seuls échanges vocaux que j'ai eus avec ma partenaire sont des reproches de sa part, du fait que cela faisait longtemps que nous attendions.

Bon pour être honnête, nous avions repris notre marche dans le silence le plus pesant. J'avais certes sauvé la vie de June en anticipant à la dernière minute cet éboulement ; mais je n'ai pas sauvé R4. Par ma faute, notre chance d'en finir au plus vite avec cette bataille inutile a été réduite à néant. C'est moi qui aie provoqué cet effondrement partiel de la galerie. C'est moi qui aie eu l'idée d'utiliser nos sabres laser pour nous éclairer. C'est moi qui, dans un accès de colère, aie provoqué notre dispute, oubliant de faire attention aux sensations environnantes.

Tout était de ma faute, et June ne faisait que me le rappeler en me demandant dans combien de temps le nouveau droïde arrivait.

Il était hors de question que je m'excuse une seconde fois après son accès de jalousie d'il y a quelques heures. Je veux bien être tolérant, mais je redis : j'ai mes propres limites.

J'étais devant, et j'éclairai notre chemin de ma lame verte avec énormément de prudence. June me suivait elle aussi avec son sabre. Nous étions séparés de quelques mètres et ce n'était pas plus mal.

J'entendis June souffler, puis plus aucun bruit ne se fit entendre dans mon dos. Je me détournai pour constater que June s'était arrêtée. Je la fixai, voulant en finir au plus vite avec cette comédie.

– Excuse-moi de t'agacer, dit-elle avant que je pus en placer une (Tiens, pour une fois qu'elle daigne s'exprimer sur ce qu'elle ressent au fond d'elle !) Je sais que je suis chiante et pas facile à vivre au quotidien. Mais, comme tu es le seul – avec Allana – à ne pas en faire tout un plat, j'ai cru qu'agir normalement avec toi n'aurait pas les mêmes conséquences. Je me suis trompée ; alors encore une fois, pardon.

Après avoir réussi à soutenir mon regard pendant son laïus, June se prit d'une attention soudaine pour ses pieds. Elle reprit son chemin, mais je ne bougeai point, ce qui fait qu'au bout d'un moment, elle me rentra dedans et sursauta, me regardant à nouveau. Du peu que je voyais de son visage, elle semblait sincèrement désolée.

Je sais que June a un caractère particulier, mais je sais aussi que ce qu'elle vient de dire ne lui ressemble pas. Et pour ça, chapeau bas. Mais ce n'est pas pour autant que je vais accepter entièrement ses excuses.

Alors que j'allais à mon tour parler, je ressentis quelque chose. Une présence… Pourtant elle n'était pas très intense. Puis j'eus une vision de la terre, un peu comme ce que j'avais pressenti juste à temps avant l'éboulement. Par réflexe et par instinct, je repoussai June derrière moi, tandis que je reculai un peu moi aussi, tout en me postant aux aguets.

Quand un coup de canon se fit ressentir et que la terre nous aspergea.

Je protégeai mon visage avec mon bras, me retenant de respirer. Quand je sentis la poussière se volatiliser, je rouvris les yeux, et des bruits de droïde firent leur apparition. Je frottai mes yeux pour mieux voir… et trouver R7 devant nous, sous un puis de lumière.

– R7 ! m'exclamai-je. Mais qu'est-ce que tu fais là ?!

– C'est évident, me dit June. C'est lui qui remplace R4.

– Oui mais, il ne peut pas être venu tout seul…

Pile à cet instant, une voix cria avant de tomber au sol par le trou que R7 avait créé. La personne se releva et je reconnus tout de suite cette tignasse rousse.

– Aïe, mon pied. J'aurais mieux fait de rester coucher, dit-elle en semblant boiter un peu.

– Bianca ? l'appelai-je tout en m'avançant vers elle, laissant June derrière moi.

– Tiens, Zack, je suis contente de ne pas m'être trompée en demandant à R7 de tirer dans le sol.

Bianca se retourna pour nous faire face. Elle avait l'air sous le choc mais elle souriait avec de grands yeux ronds. Avec le trou créé par R7 et la lumière du jour qui s'en dégageait, je voyais parfaitement son habit blanc recouvert de poussière brunâtre, et ses cheveux me paraissaient encore plus ébouriffés qu'il y a plusieurs heures.

– Mais, je croyais que tu ne partais pas, constatai-je.

– Disons qu'il y a eu un petit changement de programme quand vous avez appelé ce cher Korben et que celui-ci a failli ne pas nous demander d'aide. Donc, me voilà, conclut-elle en ouvrant les bras et tout souriante. (Pourtant je vis bien que ce sourire n'était qu'une façade.)

Je ris, puis je perçus une tension soudaine qui venait de faire son apparition. Je me détournai pour regarder June ; celle-ci secoua la tête de gauche à droite, l'air abasourdie et déboussolée. Je repensai alors à notre dispute d'il y a plusieurs heures…

Très bien, je sens que finalement, le reste de la traversée ne va pas être une partie de plaisir. Cela me faisait super plaisir que Bianca nous ait rejoints, mais je crains que June n'en fasse encore des caisses.

– Bien, alors, repris-je en m'interposant bien entre les filles, histoire d'anticiper le moindre accrochage. Bianca que je t'explique vite fait : on a encore trois heures de marche dans ce tunnel. (Elle allait intervenir, mais je continuai mon explication le plus rapidement possible pour qu'elle ne m'interrompe pas.) Grâce à R7, on pourra réparer le champ de force qui protège notre base, là où les combats ont lieu. De cette manière, la bataille se terminera plus rapidement. Question ?

Elle secoua la tête d'un signe négatif. Je me tournai vers June, mais en parlant plus doucement, espérant que seule elle entende ma voix :

– Ecoute, je sais que ça ne te fais pas vraiment plaisir qu'elle soit là, mais elle est l'une des nôtres. Alors s'il te plaît, fait un petit effort. Aurais-tu oublié tes excuses ?

– Non, admit-elle difficilement.

– Bien. Je sais pas moi ; fais une trêve avec toi-même, et quand cette histoire sera terminée, tout redeviendra comme avant.

Honnêtement, je sais que cette phrase peut paraître pathétique. Comme si je voulais que June déteste Bianca ! En même temps, c'est dans son caractère… Et je n'ai vraiment pas envie de me retrouver au beau milieu d'un crêpage de chignon souterrain !

Alors que je n'en pouvais plus de me retrouver entre deux feux, j'entendis le son de mon communicateur. Je décrochai, mimant auparavant à June et Bianca de se taire.

– Perkins, dis-je dans l'appareil.

– Zack, est-ce que tout va bien ? (Je reconnus sans problème la voix de Jacen.)

– Maître, oui tout va bien. Nous sommes toujours sur le chemin.

– Bien, dis ma question va te sembler bizarre mais… (Il hésita un petit moment avant de reprendre.) Est-ce que Bianca est avec toi et June ?

– Oui, elle est bien arrivé si c'est ce que vous voulez savoir. Nous avons R7 aussi. Tous les deux vont très bien. Un peu poussiéreux mais ils sont en état de marche, terminai-je en riant.

Bianca alla répliquer à propos de ma remarque, mais je la fis taire en mettant ma main sur sa bouche. (Pas le choix)

– Parfait, alors nous vous laissons reprendre votre chemin. Ben est avec nous, et les renforts ne devraient pas tarder.

– Très bien.

Je raccrochai après avoir salué mon maître, puis je libérai enfin Bianca de sa privation de parole.

– C'est pas gentil ce que tu as dit, rigola-t-elle presque.

– Oui, bon c'est pas tout mais Jacen a raison ; il nous faut reprendre la route.

Constatant mon humeur plutôt maussade, Bianca décida de ne rien dire. Bon, j'avais peut-être répondu un peu trop froidement (sans faire exprès), mais j'avais envie d'en finir au plus vite et de retrouver la vraie lumière du jour.

Le tunnel étant très étroit, nous devions marcher les uns derrière les autres… Sauf que la place de June était primordiale afin d'éviter tout conflit. Je sais que Bianca ne chercherait pas les ennuis (du moins, pas avec sa cousine), donc elle n'était pas un problème.

– Bien, June tu pars en tête de file avec R7 devant toi, comme ça tu assures nos avants, et si jamais il y a un autre éboulement, tu pourras le sauver. Bianca, derrière elle, et moi à la fin. Comme ça j'assure nos arrières. On est okay ?

Mes deux compagnes acquiescèrent sans sourciller ; même si je voyais bien que June était à demi-convaincue. Pas le choix, elle allait devoir faire avec.

J'informai Bianca des dangers de l'étroitesse des parois, avant de l'intimer à sortir son sabre laser pour éclairer le chemin. On s'espaça tous de deux mètres environ, puis nous reprîmes notre marche. Un vent venant de l'arrière du tunnel se fit soudain ressentir… Comme si j'avais besoin de ça !


Champ de bataille de la base républicaine de Rodia

POV Anakin Solo

– Will, dépêches-toi ! Il faut qu'on s'approche au plus près du bâtiment !

– Oui, oui ! pouffa mon fils en courant derrière moi.

Les renforts que Ben nous avait promis étaient arrivés peu de temps après lui… Mais j'avais bien remarqué que cela ne suffirait pas. Les rodiens étaient bien plus nombreux et mieux armés que nous, et nous ne pouvions pas compter sur la population locale, trop apeurée pour nous offrir son aide.

Alors que je continuais de dévier les tirs laser venant de l'ennemi, j'avais décidé de prendre des initiatives au lieu d'attendre l'approbation de Korben Leroy. Celui-ci voulait que l'on passe par lui avant d'entamer quelque mesure-suicide. Mais après presque une journée entière à combattre sans m'arrêter, j'avais décidé de passer outre cet ordre. Et puis, Korben n'était pas mon supérieur hiérarchique. Il l'est certes sur cette mission puisque le Conseil la lui a confié… Mais ce n'est pas aujourd'hui que j'allais regarder bêtement nos camarades mourir à petit feu.

Alors, j'avais trouvé mon fils Will au milieu des combats, l'intimant de venir m'aider.

Nous allions nous infiltrer dans la base enflammée, au plus près de son cœur.

Le but étant de protéger les données vitales de l'intérieur, au lieu de repousser les rodiens à l'extérieur. Certes, nous n'étions que deux, mais peut-être qu'avec un peu de chance, d'autres soldats suivraient le mouvement.

Je n'ai jamais été un leader né, mais j'espérais que sur ce coup-ci la chance serait de mon côté. En tout cas, elle l'était en partie, puisque c'est ma Padawan (et accessoirement ma nièce) qui s'était proposée pour réparer le champ de force. Même si nous n'avons établi aucun contact, je ressens qu'elle va bien. Et puis, le fait qu'elle soit accompagnée de Perkins et de la fille de Ben me rassure (même si cette dernière est inexpérimentée).

– Père, passez devant, je vous couvre, me proposa Will en criant pour couvrir le son du chaos.

Je me détournai pour le regarder. Il courait à l'arrière tout en repoussant les rayons. Puisque je ne m'occupe pas de sa formation et que nous n'avions jamais fait équipe tous les deux, je suis heureux de voir qu'il pouvait se battre en tout circonstance. Même si j'ai droit à des récits de sa part et de ma sœur, le voir réellement combattre est bien plus surprenant.

Will me rattrapa et nous courûmes le plus rapidement possible pour être au plus près du bâtiment. Et une fois à bonne distance, sans nous arrêter, je me servais de la Force pour bondir et passer à travers le verre d'une vitre. Celle-ci se brisa en plusieurs éclats.

Je me relevai aussitôt et constatai que Will était retenu dehors par au moins cinq rodiens. Je voulus faire marche arrière pour lui porter secours, mais avant d'à nouveau traverser la vitre brisée, je lus sur son visage qu'il me demandait de continuer. A quatorze ans, celui-là se trouve bien sûr de lui !

Pourtant, protéger les données était bien plus importants que notre vie à tous. Alors je repris ma course à l'intérieur de la base. Le feu s'était calmé depuis la veille, mais il était toujours présent. J'avais chaud. Déjà que je ne supportais pas le climat de Rodia en temps normal, me retrouver dans cette fournaise m'apparaissait comme une épreuve infernale.

A ma grande surprise, je n'eus aucune difficulté à me faufiler jusqu'à la salle de contrôle. Mis à part les flammes, je n'avais rencontré personne… Ce qui était plus que suspect.

Toujours personne quand j'entrai dans la salle. Je me précipitai vers le tableau de commande, puis sortis un gadget technologique de ma ceinture. J'entrepris ensuite de récupérer le plus de données possibles.

Le serveur avait été gravement endommagé, mais je ne m'en faisais pas. Je suis un as de la technologie, alors il est hors de question que je sorte de cet ardent brasier sans la totalité des informations. Ou tout du moins, les plus essentielles.

Je toussai beaucoup à cause de la fumée, et pendant la transmission des données, je me rendis compte que celles-ci avaient déjà été copiées une première fois. Sûrement un des larbins de Yoto Amulia…

Mais c'est étrange, s'ils ont déjà récupéré les informations qu'ils voulaient tant, pourquoi continuer de se battre contre nous ? Le serveur indique bien que les données avaient été collectées il y a plusieurs heures de cela…

Donc, pourquoi le groupe de Yoto Amulia n'est-t-il pas encore reparti ?

Alors que l'ordinateur central m'indiquait que le transfert était terminé, je ressentis une présence dans mon dos. Ni une ni deux, j'arrachai la petite clé de son support et sautais le plus haut possible. J'entendis quelque chose rentrer dans la console de contrôle et un choc électrique se fit ressentir dans la pièce en feu.

Sitôt que j'atterrissais par terre, je brandis mon sabre laser, et entrepris d'à nouveau parer les rayons laser. Dans cet incendie, la Force était bien plus qu'une alliée ; elle était ce qui me permettait de survivre. Je sentis que j'avais affaire à deux rodiens, visiblement très mécontents que j'ai eu l'idée de m'infiltrer dans le bâtiment qu'ils pensaient acquis.

Je retrouvai rapidement la sortie et partis au plus vite du bâtiment.

Je repris ma course pour trouver mon frère Jacen, ainsi que Korben, et leur parler de mes doutes.

Pourvu que Zack, June et Bianca restaurent le plus rapidement possible le champ de force, ou il ne restera bientôt plus rien...


Voilà pour ce chapitre . J'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire, c'est rapide et ça me ferait super plaisir :)

Le prochain chapitre sera donc la seconde partie de celui-ci où vous aurez enfin la fin de cette mission haute en couleur. D'ailleurs, vous plait-elle pour le moment? Le changement de points de vue vous convient-il pour une situation comme celle-ci? Et que pensez-vous de l'histoire en général, tout simplement ? :)

Bien alors à la prochaine les amis!