Annonce : Tout l'univers de Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

Note de la traductrice : Salut à vous ! Merci pour vos très gentilles reviews ! Ça me fait très très plaisir de voir que vous êtes aussi passionnés que moi sur cette histoire ^^ C'est vrai que le suspense est à son comble, et l'auteure avait déjà une superbe plume en anglais. Pour votre plus grand plaisir (et le mien), je tenais à vous dire qu'il restait encore environ 20 chapitres à traduire ^^ Donc il y a de quoi faire pour nous tenir en haleine :)

Désolée encore de vous avoir tant fait attendre, je suis partie en vacances, et là je cherche du travail, donc dur dur ^^ ! Je vous souhaite une Bonne lecture !


Chapitre 13

- Point de vue Bella –

« E-Ed-Edward ? » m'écriai-je.

Il accourut, dérapant au coin de la pièce, une main sur son pistolet.

« Les… les chiens. » bégayai-je.

Attends. Depuis quand il portait un flingue ? Est-ce qu'il l'avait toujours eu ?

Edward me regarda, puis regarda les deux Doberman, et leva les yeux au ciel, replaçant son pistolet à la ceinture de son jean.

« Ne fais plus ça ! » me gronda-t-il. « Tu m'as fait peur ! »

Je jetai un coup d'œil nerveux aux chiens, assis en plein milieu de la cuisine, et me grognant dessus.

« Edward ? » dis-je tout bas. « Les chiens ? »

« Oh oui. » fit-il. « Désolé. »

Il se tourna vers les deux chiens immobiles.

« Horen Sie auf ! » cria-t-il d'une voix autoritaire.

Les chiens m'étudièrent une seconde de plus, puis bâillèrent, et allèrent se coucher devant l'entrée.

« Qu'est-ce que… ? Quoi ? » fis-je, gardant un œil méfiant sur les chiens.

Ils semblaient se ficher de moi à présent. Ils étaient déjà partis au pays des rêves.

« J'ai pensé qu'on aurait besoin de quelques paires d'yeux supplémentaires. » dit-il facilement, se baissant pour gratter un des chiens derrière l'oreille.

Le chien leva paresseusement sa grosse tête brune, et quand il vit que c'était Edward, il bâilla de nouveau, et lécha sa main.

Je clignai des yeux.

« Comment les as-tu arrêtés ? » demandai-je. « Sont-ils vraiment utiles ? »

Il me regarda du coin de l'œil.

« Horen Sie auf. » répéta-t-il lentement. « Cesser, en allemand. »

« Quoi ? »

« Cesser. » me répondit-il. « Arrêter. Stopper. »

Je mis mes mains sur mes hanches.

« Je sais ce que cesser veut dire. » lui dis-je sèchement. « Mais pourquoi as-tu eu besoin de le leur dire ? »

Il me nargua.

« Parce que les chiens auraient dévoré ton joli derrière si je ne l'avais pas fait. »

Etait-il sérieux ? M'auraient-ils vraiment… dévorée ? Cela semblait possible qu'ils l'aient fait.

« Edward ! » cria Alice, apparaissant à l'angle du mur.

Elle regarda successivement les chiens, puis moi, puis enfin Edward.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Edward se redressa devant les chiens, et lui sourit d'un air moqueur.

« Ce sont des chiens, Ali. » dit-il, haussant un sourcil taquin. « Doberman, pour être exact. »

Alice lui jeta un regard noir.

« Je sais ce qu'ils sont. » soupira-t-elle. « Mais qu'est-ce qu'ils font là ? »

« Oui, » ajoutai-je, « c'était exactement la question que je me posais. »

Alice sembla horrifiée.

« Tu n'as pas dit à Bella que tu les prendrais ? » hoqueta-t-elle. « Essayes-tu de causer à ta femme une crise cardiaque ? »

Edward me regarda d'un air coupable.

« Désolé, ma chérie. » dit-il. « Cela ne te dérange pas, hein ? Ils erraient dans l'allée sans colliers, donc j'ai dû les récupérer. »

Je me retins de lever les yeux au ciel. Les récupérer ? Qui tentait-il de berner ?

« Oh, oui ça va. » dis-je, hésitante, gardant un œil sur les chiens.

Ils semblaient tranquilles à présent, mais je me rappelais leur grondement quelques minutes auparavant un peu trop vivement.

J'avais toujours eu peur des chiens. Beaucoup de gens avaient des anecdotes terrifiantes pour expliquer leur peur : un chien qui les poursuivait de l'école à la maison, ou qui les avait attaqués quand ils étaient petits. Cela ne m'était jamais arrivé, mais ma peur était bien ancrée. J'avais une fois posé la question à Charlie, et la seule chose qu'il avait trouvée pour m'expliquer ça, était la fois où le chat de ma grand-tante, Fluffy, m'avait griffée au visage quand j'avais deux ans. Fluffy était un suppo de Satan, et de la taille d'un petit chien, donc c'était peut-être à cause de ça. Je n'étais pas vraiment fan de chats non plus.

« Ils n'ont pas l'air très amicaux. » dit Alice, regardant les chiens et son frère avec la même ferveur.

Edward se contenta de hausser les épaules.

« Peut-être ont-ils eu une vie difficile. »

Elle le fusilla du regard.

« Et tu prends soin de n'importe qui avec une vie difficile ? »

Ouille.

Je grinçai intérieurement. C'était ainsi qu'il s'était retrouvé coincé avec sa 'femme' après tout.

« Fais gaffe à ce qu'ils n'abîment pas le nouveau canapé. » lâcha-t-elle, d'un ton inquiet, en quittant la pièce.

Elle était tombée amoureuse de ce canapé. C'était un canapé d'angle avec méridienne, en cuir brun-roux, qu'elle avait assorti de coussins rouges et noirs.

Quelqu'un frappa à la porte, et Alice re-pointa le bout de son nez dans la pièce.

« Oh ! » clama-t-elle. « Ce sont probablement les livreurs !

Elle nous fit un sourire éclatant, avant de s'enfuir de nouveau d ans l'autre pièce.

Je trouvais ça moyennement drôle qu'elle ait acheté tous les meubles pour notre nouvelle maison, mais elle avait insisté, disant qu'elle voulait devenir une décoratrice d'intérieur, donc nous pouvions lui faire confiance. « C'est comme avoir sa maison décorée gratuitement ! » avait-elle avancé. Ni Edward, ni moi n'y portions vraiment d'importance, donc nous la laissions faire. Et je pouvais dire qu'elle avait fait un superbe travail.

Tout était impressionnant de simplicité, avec juste une touche de son style. Les seules pièces qu'elle n'avait pas eu le droit de décorer étaient la chambre 'principale', c'est-à-dire ma chambre, et la bibliothèque / salle de musique. Edward avait dit que nous devrions décorer une pièce chacun pour qu'elles soient complètement à nous.

Son idée avait un peu capoté, parce que je m'étais un peu trop laissée tenter pour des objets à mettre dans la bibliothèque. Ç'avait été un rêve depuis si longtemps d'avoir ma propre bibliothèque que je ne pouvais qu'être excitée, même si ce n'était que de la déco. Cela n'avait pas semblé déranger Edward jusqu'à ce qu'il se prenne un piano.

« Est-ce que ça va, Bella ? » me coupa Edward dans ma rêverie. « On dirait que tu es figée de peur. »

Je secouai la tête, sans détourner le regard des chiens.

« Je n'ai pas peur. » marmonnai-je.

Comme c'était embarrassant !

« Tu sais, ils sont censés sembler méchants. » dit-il. « Mais ils sont totalement inoffensifs. »

Je me mordis la lèvre.

« Vraiment ? »

Ce n'était pas dur de sentir le scepticisme dans ma voix.

« Je te le promets. » m'assura-t-il. « Tu vois celle avec des sourcils foncés ? Elle n'a aucune notion des distances. Et l'autre ? Il est aussi paresseux que possible. Du coup, si jamais ils avaient l'envie de te sauter dessus, ils courraient probablement dans quelque chose avant de t'atteindre. »

Je les étudiai plus attentivement. Celle avec les sourcils foncés, 'sans notion de distance', avait l'air moins menaçante que l'autre. Elle avait l'air plutôt mignonne, quand on n'avait pas peur d'elle. Et l'autre s'était déjà endormi, la truffe remuant tandis qu'il rêvait.

« Est-ce que c'est vrai ? » demandai-je.

Je ne voulais pas qu'il surenchérisse pour que je me sente mieux. Comme quand un père dit qu'il ne vous laissera seul quand vous faites du vélo pour la première fois, mais qu'il le fait quand même 'pour votre bien'.

« Hey. » fit-il doucement, me faisant me détourner des chiens pour la première fois. « Est-ce que je te mentirais ? »

« Non. » dis-je sans même avoir à y réfléchir.

Mes yeux s'agrandirent quand je réalisai ce que j'avais dit. La confiance subite n'était pas un truc auquel j'étais habituée. Je l'étais devenue. A vrai dire, je l'avais plutôt accordée trop facilement. Les Black m'avaient guérie de ça.

Mais quand j'y pensais, je savais que je pouvais avoir confiance en Edward. Je lui laisserais ma vie entre les mains. Tout le monde ne pouvait pas dire ça littéralement, vraiment laisser sa vie entre les mains de quelqu'un. Mais je le pouvais.

Edward rayonna.

« Je ne le ferai jamais. » m'assura-t-il.

« Et donc, pourquoi les chiens sont-ils 'censés paraître méchants' ? » demandai-je, essayant de lui détourner l'attention, pour ne pas qu'il voie que mes joues étaient de nouveau d'une belle teinte rouge.

Son sourire glissa subitement de son visage.

« J'espère tenir à distances certains invités indésirables. » gronda-t-il.

Je déglutis.

« Même si je ne pense pas que cet animal arrive à venir jusqu'ici. » reprit-il sombrement.

« Edward ? » appela Alice de l'autre pièce. « Ce tapis est de la mauvaise couleur ! »

Edward regarda dans la direction d'où provenait la voix d'Alice, comme s'il pouvait voir à travers les murs. D'ailleurs, je n'en serais pas surprise.

« J'arrive ! » fit-il, me jetant un regard d'excuse.

« Edward. » dis-je anxieusement, l'attrapant par le bras avant qu'il ne puisse partir.

Il n'allait pas me laisser seule avec ces chiens ? Si ?

Il regarda ma main sur son bras, et souleva un sourcil d'amusement.

« Laisse tomber. » marmonnai-je, prête à bouger ma main.

Il la captura dans la sienne avant que je ne la bouge, et l'approcha de ses lèvres. Il embrassa mes doigts et me regarda par-dessous ces cils. J'étais en ébullition à chaque fois qu'il faisait ça, et je jurerais qu'il le savait aussi.

« C'est grandement frustrant, Bella. » dit-il. « Me cacher tes pensées comme ça. »

Je pouvais sentir le sang affluer à mes joues, mais je ne pouvais détacher mon regard du sien. Il me tenait captive, à nouveau.

« J'ai peur des chiens. » admis-je.

Il secoua la tête.

« Je suis désolé, chérie. » dit-il. « Ils ne te feront pas de mal, mais on peut leur trouver une autre maison si ça te met plus à l'aise. »

« Trouver une maison à deux Doberman à l'air méchant, dressés par des mots en allemand ? » ironisai-je. « Ça sera super facile. »

Edward pouffa.

« Ils sont très gentils si tu apprends à les connaître. »

Je leur jetai un coup d'œil prudemment. Celle avec les sourcils foncés nous regardait avec curiosité, les pattes de devant croisées, la tête posée de côté.

Je sentis mes lèvres esquisser un sourire. Ils étaient vraiment mignons à leur façon.

« Ne les laisse juste pas me manger pendant la nuit. » m'adoucis-je.

Edward me fit son meilleur sourire en coin et se pencha en avant, comme s'il réfléchissait, pour poser ses lèvres sur mon front.

« Je te protègerai toujours. » promit-il.

« Edward ! » l'appela de nouveau Alice.

Il se redressa de toute sa hauteur et soupira.

« Tu seras bientôt virée de ton poste d'architecte d'intérieur personnel de ta belle-sœur ! » la prévint-il d'une voix assourdissante.

Il y eut une exclamation indignée venant de la pièce d'à-côté, puis le silence complet.

Edward leva les yeux au ciel.

« Je ferais mieux d'aller voir ce qu'elle veut. » me dit-il.

J'acquiesçai, ressentant toujours la douceur de ses lèvres sur mon front, comme si elles y étaient encore.

La chienne le suivit des yeux, puis elle reposa sa tête sur ses pattes, fermant les yeux. A vrai dire, je ne pensais plus qu'ils me causeraient le moindre problème. Sinon, c'était quoi l'ordre déjà ? Je gardai un œil sur eux tout en m'affalant sur le comptoir de bar.

Je pressai ma tête entre mes doigts, quand je sentis ma peau s'enflammer, mais pas à cause de mon rougissement, cette fois-ci.

A quoi cela servait-il ? Peut-être pensait-il que quelqu'un s'introduirait dans la cuisine, ou un truc du genre. Mais on aurait dit un réflexe. Il n'avait pas eu cette expression habituelle qui me prévenait qu'il préparait quelque chose. Peut-être ne faisait-il pas cela pour le bien de sa famille, pour le bien de la mission. Si ça se trouve, il faisait tout ça car il le faisait depuis super longtemps, que c'en était automatique, programmé dans son subconscient. Peut-être n'avait-il même pas réalisé l'avoir fait.

Ou peut-être prenait-il plaisir à m'embrouiller le cerveau à tel point que j'avais l'impression qu'il implosait.

J'expirai bruyamment, et la chienne au mauvais équilibre releva la tête pour me regarder. Je fus tendue un moment, mais elle ne bougea pas. Elle ne faisait que me regarder, ses sourcils foncés relevés au-dessus de ses yeux chocolat.

« As-tu déjà eu un jour comme ça ? » lui demandai-je.

Elle pencha la tête sur le côté, comme si elle comprenait, et je souris.

« Ouais, ouais. » dis-je, m'éloignant du comptoir. « Ça veut pas dire qu'on est amies. »

« Je pense qu'on a besoin d'une pause. » fit Edward de la porte.

Je lui souris d'où je m'étais assise, par terre.

On avait passé toute la journée à recevoir les meubles et dépaqueter tous les objets. Avec l'aide des livreurs et de toute la famille Cullen, le travail avait été fait assez rapidement. Il restait plein de boîtes vides partout, mais tous les meubles étaient en place, la cuisine et la salle de bains étaient installées.

Dire que j'avais été surprise qu'un camion plein de « nos affaires » ait débarqué à la maison n'était pas exagéré. Edward n'avait pas cillé, prétendant que c'était le plan dès le départ. Après tout, c'était peut-être le sien.

Quand je l'avais croisé lors de mes nombreux voyages pour décharger le camion, je saisis le moment pour le lui demander.

« Comment ? » murmurai-je, passant la tête au-dessus des boîtes dans ses bras.

Il m'avait juste souri.

« CIA. » dit-il simplement. « Tu te rappelles ? »

Est-ce que ces gens pensaient vraiment à tout ? Pas que je m'en plaigne.

« Absolument. » dis-je du coup, restant là où j'avais sorti mes vêtements.

« Arrives-tu à croire qu'on ait déjà emménagé ? » lui demandai-je, légèrement excitée.

Ca faisait un moment que je n'avais pas un espace à moi. Excepté le petit moment avant que des agents me surveillent H24. J'imaginais que c'était pareil pour Edward. J'étais toujours « gardée », mais c'était différent. Je ne suffoquais pas autant.

« La journée est passée vite. » agréa-t-il.

Il regarda tout autour de la pièce, et m'éblouit de son sourire.

« Tu as fait du bon boulot ici. »

Je haussai les épaules.

Un lit en fer, un peu comme celui qu'avait Edward dans la maison des Cullen, trônait en plein milieu de la pièce. Une armoire, une étagère, et un bureau le long des murs. Le lit était fait, la plupart de mes fringues posées d'un côté, et mes baskets à côté de la porte. C'était chaleureux. Je me sentais chez moi.

« J'ai vraiment l'impression que je vais aimer être ici. » admis-je. « Mais j'aimerais vraiment que tu me laisses la chambre d'ami. »

« Je suis content que tu aimes. » dit-il gaiement. « Et bien sûr que je ne te laisserai pas aller dans la chambre d'ami. »

Mon visage se décomposa. Nous avions eu cette conversation longtemps après que sa famille soit partie pour la nuit.

« Mais je te le propose. » réfutai-je.

« Et j'insiste. » contra-t-il. « Je te laisse la chambre principale. »

Je soupirai.

« Bella. » dit-il, comme s'il expliquait quelque chose à un petit enfant. « La chambre d'ami doit être assez impersonnelle tout le temps, pour ne pas que des invités aient à se poser de questions, et se dire qu'on fait chambre à part. De toute façon, ma chambre restera toujours comme ça. Je veux que tu te sentes ici à l'aise.

Je regardai autour de moi. C'était vrai que cette chambre, et ma chambre à vrai dire, semblait plus vivante que la sienne ne l'avait jamais été. Il aimait que tout soit net et bien rangé, l'attitude parfaite à adopter en couchant dans la chambre d'ami. Si vous entriez dedans, vous ne sauriez jamais que quelqu'un y vit.

« D'accord. » soupirai-je. « Merci beaucoup. »

Il sourit.

« C'est normal. » dit-il plaisamment. « Maintenant, est-ce que tu as faim ? »

Exactement à ce moment-là, mon estomac se manifesta, me rappelant que je n'avais pas mangé depuis le matin.

Je souris timidement, et il gloussa.

« Qu'est-ce que tu aimerais ? » demanda-t-il. « Il n'y a pas vraiment de quoi faire un repas dans le frigo, donc on peut commander. Ou si tu préfères, on peut aller dehors aussi. »

Je me mordis la lèvre, réfléchissant, puis je souris.

« Pizza ? »

Il approuva.

« Ca me paraît pas mal. » accorda-t-il. « Viens, je vais les appeler. »

Je le suivis hors de la chambre, éteignant la lumière au passage.

« Qu'est-ce que tu veux dessus ? » m'interrogea-t-il, tandis que je m'affalais sur le canapé.

« Pepperoni et champignons ? »

Il acquiesça.

Je passai mes jambes sous moi sur le canapé, et l'observai passer commande auprès de l'hôtesse au téléphone.

La scène entière semblait tout à fait normale. N'importe qui qui regarderait penserait que nous n'étions qu'un sympathique et jeune couple marié, passant la soirée ensemble. Et soudain, j'eus affreusement envie de ça. Pas vraiment la partie mariage du manège, mais la normalité. Avoir enfin une nuit sans inquiétude, sans drame et sans tension. Sans avoir à mentionner le passé, la CIA ou Jacob.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Edward avait raccroché le téléphone, et il m'observait attentivement, la tête penchée de côté, comme avait fait la chienne plus tôt.

« Rien. » dis-je rapidement. « Hé, veux-tu qu'on se fasse une soirée film ? »

Il fronça les sourcils, me fixant comme si je parlais une langue inconnue.

« Quoi ? »

« Une soirée film. » répétai-je, de plus en plus excitée à cette pensée. « Tu sais, flemmarder dans nos pyjamas, manger trop de pizza, et regarder des films jusqu'à ce que notre cerveau soit tout embrouillé. »

« C'est une bonne description. » se moqua-t-il.

Je gloussai.

« Oui, mais cela ne te paraît pas amusant ? »

Il y pensa une seconde, puis me regarda, un air décontenancé sur le visage.

« Je n'arrive pas à me rappeler la dernière fois que je me suis assis pour regarder des films. »

Je ris.

« Moi non plus ! »

Un sourire apparut lentement sur son visage.

« Je suppose qu'il est temps de remédier à ça. »

J'approuvai.

« Hé ! Où vas-tu ? » l'appelai-je, tandis qu'il partait.

« Je vais mettre mon pyjama. » répondit-il par-dessus son épaule. « J'ai cru comprendre que c'était obligatoire. »

Je me figeai.

Eh bien, cela n'arrangerait pas la mission « ne tombe pas amoureuse d'Edward. » Qu'est-ce que je m'imaginais ? J'ai pris l'habitude de le voir en pyjama toutes les nuits depuis que nous étions à Forks. Que changerait une nuit de plus ? Et puis, je ne pourrais pas lui dire que j'avais changé d'avis sans paraître bipolaire. Du coup, que me restait-il comme options ? Je devais mettre le mien aussi. C'était mieux d'être confortablement installé, non ?

Merci à la CIA car, après avoir farfouillé partout dans les vêtements qu'ils m'avaient envoyé, je trouvai un short, un top et un sweat douillet. Merci beaucoup !

Edward s'était déjà étalé sur le canapé quand je revins de la chambre. Il portait son habituel pantalon de jogging lâche, qui descendait bas sur ses hanches. Et parce qu'on me haïssait là-haut, il était torse-nu.

« Avec quel film veux-tu commencer ? » me demanda-t-il, n'imaginant pas les ravages qu'il causait à ma cervelle.

« Peu m'importe. » dis-je, essayant de paraître naturelle. « Qu'est-ce que la bonne vieille CIA nous a-t-elle ramené ? »

Il rigola.

« Un peu de tout, j'ai l'impression. » fit-il. « Et parce que quelqu'un a un sens de l'humour étrange, il y a aussi tous les Jason Bourne. »

'Arrête de regarder ses tablettes de chocolat, Bella !' me morigénai-je. Y avait-il 8 abdos dans son pack de 6 ? Un pack de 8 ?!

« En fait, j'adore les Jason Bourne. » admis-je.

Il m'interrogea du regard.

« Hé, pourquoi pas ? » le taquinai-je. « Distrayons-nous en regardant la vie sens dessus-dessous de quelqu'un d'autre. »

« C'est l'attitude que j'espérais. » me taquina-t-il en retour, se bougeant du canapé.

« C'est à la Jason Bourne. »

En même temps qu'il se penchait pour prendre le film, les muscles de son dos se tendirent, ses épaules fléchirent comme il tendait son bras.

Je devais me concentrer très fort pour ne pas que ma langue pende de ma bouche.

Heureusement, la sonnette retentit avant qu'il ne se retourne et me voie le détailler honteusement.

« Pizza ! » m'exclamai-je, un peu trop fort.

Oh, quelle idiote.

« Je vais la chercher. » dis-je, tentant de garder ma voix sur la bonne tonalité, cette fois-ci.

« D'accord. » marmonna-t-il, cherchant toujours le bon DVD.

C'était censé être une soirée relaxante. Si je voulais vraiment me relaxer, je devais arrêter de mater mon mari.

« Une pepperoni et champignons, un cheesy-bread, et deux salades moyennes ? » demanda le livreur, regardant sa tablette.

« C'est pour nous. » lui répondis-je.

Eh bien, Edward savait quoi commander. L'eau me venait à la bouche en humant la pizza chaude, et le cheesy-bread embaumait l'air.

« Ca fera trente… » commença-t-il, levant les yeux vers moi pour la première fois.

Ses yeux me regardèrent de haut en bas, de la tête aux pieds, regardant un peu trop longtemps mes jambes.

« Eh bien, bonjour vous. » gringua-t-il.

Ce ne pouvait être qu'une blague !

« Bonjour. » dis-je poliment, mais pas du tout amicale. « Quel est le montant ? Je n'ai pas compris. »

« Et je n'ai pas compris votre nom. » répliqua-t-il, avec ce qu'il pensait être une voix sensuelle.

Il pensait mal.

Et voilà exactement le genre de gars que j'attirais. Sans la CIA qui payait quelqu'un pour prétendre être avec moi, c'était sur ça que je tombais : cheveux en bataille, un air poupin, et la perversité d'un livreur.

« C'est parce que je ne vous l'ai pas donné. » assénai-je.

L'homme ne fit que me sourire.

« Le montant ? » réclamai-je une nouvelle fois.

« Trente-deux, cinquante. » dit-il, passant sa langue sur les lèvres.

Eurk. Je devais vraiment me retenir de vomir.

« Laissez-moi juste… »

Et ce fut à ce moment que je me rappelai que je n'avais pas demandé d'argent à Edward. J'avais été trop empressée de quitter ce majestueux homme sans t-shirt, avant de faire quelque chose de stupide, comme l'appeler 'le majestueux homme sans t-shirt', que je n'avais pas pris d'argent.

Il me sourit.

« Laissez-moi juste demander à mon mari. » dis-je gaiement. Il y avait vraiment des avantages à ce mariage.

« Il a de quoi payer. »

Tout sourire disparut du visage de l'intrus, et je devais me retenir de rire. Wow. Mon self-control était béton ce soir !

« Edward ? » l'appelai-je, passant la tête par la porte.

Il me regarda du canapé. J'avais l'impression qu'il avait trouvé le film et que tout était prêt.

« Comment veux-tu que je règle ? »

« Oups. » fit-il, se relevant aussi sec.

Il m'écarta de la porte.

« Je m'en occupe. »

Il était vraiment mon héros.

J'allais m'échapper de l'emprise de M. Pizza en reculant petit à petit, mais je l'entendis interpeler.

« Cullen ? »

Je haussai les sourcils. Il connaissait Edward ?

« Bonjour, Mike. » entendis-je Edward répondre.

Sa voix était polie et contrôlée, mais ça s'entendait qu'il ne l'aimait pas. Génial.

Je soupirai.

« Vous vous connaissez ? » demandai-je, réapparaissant derrière Edward.

Le gars (Mike ?) me dévisagea de nouveau.

Le bras d'Edward se glissa autour de moi immédiatement, me tenant fort.

Je sentis ma respiration se couper, et mes mains atterrirent sur son torse.

« Tu es mariée à Cullen ? » demanda le livreur.

« Oui. » dis-je lentement.

« Mike et moi étions au lycée ensemble. » répondit Edward à ma question.

« Ah ok. »

« Mec, d'abord Tanya, et ensuite ce bon morceau ? » Il me dévora du regard. « Ce n'est pas juste, Cullen. »

Je sentais la bile remonter de ma gorge.

« Attention, Newton. » le prévint Edward, mais pas sur le même ton d'avertissement qu'il avait donné au Dr. Clarke, non, pas du tout gai et taquin. « Tu parles de ma femme, là. »

L'insistance qu'il mit sur 'ma femme' ne m'échappa pas.

Je relevai les yeux, surprise de voir les mâchoires d'Edward se crisper, tandis qu'il serrait les dents, et un vrai regard menaçant. Sa prise sur moi s'intensifia un petit peu.

« Edward. » tentai-je, voulant le détendre, ou au moins le distraire de sa colère. Quelque chose, quoi.

Je m'imaginais déjà les gros titres du lendemain : Un agent de la CIA a tué un livreur de pizza vendredi soir, car il avait flirté avec sa fausse femme.

Je glissai ma main contre son torse, faisant des cercles sur la surface musculeuse avec le bout de mes doigts. S'il n'avait pas autant l'air en colère, je pense que j'aurais fondu. Ou enflammée. Mais du coup, j'avais juste un peu rougi.

« Chéri, prenons juste notre commande et retournons à l'intérieur. »

Il baissa le regard sur moi, les yeux pleins de surprise.

Je fis une moue avec ma bouche, et battis des cils, même si j'eus juste l'impression d'avoir quelque chose dans l'œil. Je me sentais stupide.

« Voici ta thune, Newton. » dit Edward rapidement, lui faisant presque tomber l'argent dessus. « Garde la monnaie. »

Mike semblait sonné, mais lui donna les boîtes, et avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit d'autre, Edward s'était reculé à l'intérieur, m'entraînant avec lui.

« Passe une bonne soirée. » fit-il, fermant la porte.

Je le regardai, l'interrogeant des yeux. Est-ce que j'avais fait quelque chose de mal ? J'essayais juste de détendre l'atmosphère.

« Bordel, Bella. » soupira-t-il, se pinçant le nez avec sa main libre.

Je pris les boîtes, paniquée, qui tanguaient dans son autre main.

« Quoi ? » lui demandai-je, nerveuse.

Je jouais juste mon rôle après tout. Il ne pouvait pas vraiment être en colère contre moi, hein ?

« Essaierais-tu de me tuer ? » marmonna-t-il.

Je fronçai les sourcils.

« Quoi ? »

Il soupira, se passant la main dans les cheveux.

« Laisse tomber. » dit-il. « Regardons notre film. »