Disclaimer: Tout cet univers merveilleux appartient à JKR, remerciez la chaleureusement pour ce qu'elle nous a offert.

Remerciements: à tous ceux qui ont contribué à cette fic les lecteurs inclus.


Chapitre XIV :Visite chez Barjow et Beurk

Une semaine avait passé depuis la fameuse nuit à Godric's Hollow et la découverte du journal de Regulus Black. Les recherches sur le médaillon se poursuivaient, sans produire de résultats notables. Remus Lupin avait bien détecté des résidus de magie noire, mais il n'avait pu déterminer si elles provenaient de la création ou de la destruction de l'Horcruxe.

Le surlendemain de leur arrivée au quartier général de l'Ordre, Mrs Weasley avait débarqué à l'improviste pendant le petit-déjeuner, furieuse après les jeunes gens. Ils n'avaient pas daigné donner de nouvelles et surtout ils n'étaient pas rentrés au Terrier malgré des rappels à l'ordre impérieux donnés via des Beuglantes adressées à Ginny et à Ron.

- Maintenant, plus de discussions, tout le monde rentre à la maison, immédiatement ! avait-elle crié. Et toi, Ginny, tu devrais être au Ministère pour suivre tes cours !

Harry, Ron et Hermione se faisaient tout petits derrière leurs bols de chocolat chaud. Monsieur Weasley n'en menait pas large, lui non plus : c'était lui qui avait donné l'autorisation aux jeunes gens de rester dans la maison des Black et convaincu son épouse de ne pas débarquer dès le dimanche au 12, Square Grimmaurd. La discussion avait été âpre, mais il y était parvenu en la rassurant sur leur état de santé. Seule Ginny s'était à nouveau dressée face à sa mère.

- Je n'irai plus au Ministère, répondit la jeune fille sur un ton de défi.

Surprise par tant d'aplomb, Molly se calma un peu puis demanda sur un ton ironique :

- Et pour quelle raison je te prie, Ginny ? Je suis ta mère, tu es encore mineure et jusqu'à preuve du contraire tu dois m'obéir.

- Pour la simple et bonne raison que Harry a besoin de moi, il a besoin de nous tous et qu'il est temps pour lui de faire face à son destin, expliqua calmement mais résolument la jeune Weasley.

- Ginny… voulut intervenir Harry qui n'aimait pas beaucoup se trouver mêlé dans la dispute qui opposait sa petite amie et sa mère.

- Molly, je sais que tu n'es pas d'accord, mais Ginny a raison. Ce week-end j'ai appris beaucoup de choses sur le combat que doit mener Harry. Bien sûr Dumbledore nous en avait déjà dit beaucoup, mais là ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Même si elle n'a pas encore dix-sept ans, notre fille est en mesure de faire ses propres choix. Et nous ne pourrons pas toujours la protéger.

- De quoi parles-tu ? demanda-t-elle vivement.

- Harry, si tu le permets… Mr Weasley se tourna vers Harry qui acquiesça doucement.

Le père de Ron et Ginny prit son épouse à part. Pendant dix minutes, il lui raconta dans les grandes lignes le contenu de la Prophétie, la quête des Horcruxes et le journal de Regulus. De temps en temps, Molly coulait un regard apitoyé vers le jeune Potter, l'interrogeant des yeux pour y trouver une confirmation de ce que lui expliquait son mari.

- Mais, Arthur, ils ont besoin de nous… protesta mollement Mrs Weasley à la fin de cette mise au point.

C'était un coup de trop, elle n'avait plus envie de se battre contre le temps qui lui enlevait ses enfants pour en faire des adultes.

- Bien sûr ma chérie, nous serons toujours là pour eux. Mais Harry a un rôle primordial à jouer dans cette guerre. Et nos deux plus jeunes enfants, ainsi qu'Hermione ont le leur à assumer auprès de lui. Ne le blâme pas, il les a choisis pour alliés et amis autant qu'eux l'ont choisi.

- Pardonne-moi Harry mon chéri, dit Mrs Weasley en prenant le jeune homme dans ses bras. Tu dois me prendre pour une idiote. Mais jamais je ne te rendrai responsable de toute cette guerre. Jamais. Et si mes enfants ont foi en toi…

Ron eut un brusque accès de toux au milieu duquel Harry crut reconnaître les mots « crétin » et « Percy ».

- Si mes enfants ont foi en toi, reprit Molly en jetant une œillade furieuse à son fils, alors nous aussi nous avons foi en toi, Harry. Je ne te demande qu'une chose, s'il te plaît : protège-les de tes ennemis et surtout protège les d'eux-mêmes. Ce sont des Weasley et crois-moi, je sais ce que ça veut dire : j'en ai épousé un et j'en ai enfanté sept.

Au milieu de cette étreinte maternelle, de cette douce chaleur, Harry ne pouvait qu'accéder à la demande de la mère de ses deux amis.

- C'est moi qui devrais vous présenter des excuses Mrs Weasley. J'aurais dû vous en parler. Vous m'avez hébergé sous votre toit, vous m'avez gardé chez vous alors que cela représentait de gros risques pour vous et votre famille. Et moi en échange, je vous ai caché les raisons de tous ces risques. J'avais peur de vous exposer encore plus si vous saviez quoi que ce soit. C'est là que je me suis trompé. Vous courez les mêmes risques en m'accueillant qu'en sachant de quoi il retourne.

Hermione approuva silencieusement. Molly desserra doucement son étreinte et posa un baiser léger sur le front du jeune homme en murmurant un « merci » étouffé. Elle autorisa Ginny à rester au Q.G. de l'Ordre du Phénix et à interrompre là sa sixième année.

- De toute façon, tu auras bien assez à faire avec l'entraînement et tes cours de guérisseuse, conclut-elle. Mais je vous préviens, je vous aurai à l'œil. Pas question que je rentre au Terrier pour y rester toute seule. Sinon, qui vous préparerait vos repas et vérifierait que vous vous couchez à une heure raisonnable ?

Harry et Hermione pouffèrent de rire. Ron et Ginny, eux, se renfrognèrent : ils pensaient pourtant avoir échappé au pire.

Le reste de la semaine s'était écoulé au long des séances d'entraînement. Seul Maugrey avait eu du mal à s'adapter aux nouveaux locaux. Il avait finalement opté pour un réaménagement de la cave en salle de préparation physique parsemée d'appareils moldus de musculation, fournis par Mondingus Fletcher. Mais cela Maugrey s'était bien gardé de le dire à Harry, qui avait surpris la réponse gênée de l'Auror lorsque Hermione s'était étonnée de trouver ce genre de matériel dans une maison de sorciers. Le jeune homme n'avait pas vu Mondingus depuis le mariage de Bill et Fleur. Il n'avait pas voulu provoquer d'esclandre, attendant son heure pour dire sa façon de penser au brigand de l'Ordre.

A chaque fois qu'il le pouvait, Harry allait prendre des nouvelles de l'avancement des recherches, et ce malgré les exhortations à la patience assénées par Hermione. Pendant leur temps libre, les quatre amis débattaient des moyens possibles de détruire les Horcruxes restants. Le dimanche, une dispute éclata à ce sujet dans le groupe.

- Harry, Dumbledore a réussi à éliminer l'anneau de Gaunt de la liste grâce à un procédé de magie blanche, peut-être d'Ancienne Magie, c'est dans cette voie que nous devons chercher, j'en suis certaine, affirma Hermione.

- Le problème, c'est qu'il n'a laissé aucune instruction derrière lui pour y parvenir. La seule piste que nous ayons, c'est celle de Regulus Black et celle de la magie noire. Et puis regarde ce qui est arrivé à Dumbledore après avoir neutralisé l'anneau ! Il me l'a dit lui-même : si Rogue ne l'avait pas aidé, il serait mort ! rétorqua Harry.

- Regulus a perdu un œil et une main dans cette bataille ! C'est un prix que tu es prêt à accepter ? réagit vivement Ginny.

- Je n'aime pas ça plus que toi, répondit Ron. Mais Harry a raison. C'est la seule piste que nous ayons pour le moment. Et puis nous avons une autre carte à jouer de ce côté-là : Barjow et Beurk.

- Tu ne penses quand même pas à aller te jeter dans la gueule du loup-garou, Harry ! s'emporta Hermione. Aller interroger Beurk, c'est comme envoyer directement un hibou à Voldemort pour lui dire « Je sais pour les Horcruxes et je vais essayer de les détruire » !

- Comme si nous allions nous y rendre au vu et au su de tous, répliqua le jeune Weasley avec aigreur. Tu nous prends vraiment pour des imbéciles ! Tu es peut-être la plus intelligente, mais pour ce qui est de la stratégie, tu ne vaux rien !

- Et tu te crois plus qualifié parce que tu es bon aux échecs ? rétorqua Hermione avec une ironie blessante. Harry n'est pas un roi que tu déplacerais sur l'échiquier pour ton propre plaisir. Si Harry est le Roi blanc, en face, du côté des noirs, c'est Voldemort qui trône. Et tu ne fais certainement pas le poids. Toi, tu n'es que le fou !

- Et bien laisse-nous à nos jeux d'échecs et retourne dans tes bouquins ! Il semble que tu ne sois bonne qu'à ça !

- Si c'est ce que tu penses de moi, nous n'avons pas grand-chose à faire ensemble !

Elle avait dit cela d'un ton morne qui laissa Ron interloqué et confus. Ses propres mots avaient comme d'habitude dépassés sa pensée, et une fois de plus, il avait blessé sa petite amie. Il fut sur le point de s'excuser, pour faire disparaître la froideur mêlée de tristesse qu'il voyait dans les yeux d'Hermione. Mais les regards attentifs de Harry et Ginny qui suivait leur échange avec acuité, fouettèrent la fierté du jeune homme. Après tout, sur le fond, il avait raison.

- Très bien, puisque c'est ce que tu veux, je ne t'importunerai plus et tu pourras à loisirs t'enterrer dans tes bouquins poussiéreux. Tiens-nous au courant si tu trouves quelque chose. Ça te donnera une occasion supplémentaire de montrer que tu as toujours raison, déclara le jeune homme avec raideur.

Hermione ne répondit pas. La discussion lui avait complètement échappée et elle était consciente qu'elle s'y était très mal prise pour raisonner Ron. Elle montra ce qu'elle croyait être un visage digne et dénué de toute émotion et quitta la pièce. Ginny, ulcérée par la muflerie de son frère la suivit, sans un regard pour Harry auquel elle en voulait de n'avoir pas pris la défense de leur amie.

Depuis la mort de Dumbledore, l'organisation s'était reformée autour de Kingsley Shacklebolt et Minerva McGonagall. L'Auror occupait la charge de chef des opérations, assisté par Maugrey Fol Œil, dont l'expérience restait très appréciable. Quant au professeur de Métamorphose, elle gardait une certaine influence auprès des familles de sorciers grâce à son titre de Directrice. De plus, son autorité et ses connaissances magiques, elle apparaissait comme un successeur presque naturel à Dumbledore, même si son savoir, de son propre aveu, n'atteignait pas les sommets de son prédécesseur. Cet organisation bicéphale était complété par un commandement, une sorte de conseil réunissant les membres les plus importants : Lupin, espion chez les loups-garous, Arthur Weasley, de plus en plus actif au sein du Ministère, Mrs Pomfresh qui avaient des connexions auprès de tous les Médicomages du pays, Bill qui tentaient toujours d'entraîner les Gobelins dans la lutte contre Voldemort. D'autres membres assistaient parfois à ces réunions pour faire leur rapport.

Se réunir en secret dans le Quartier Général n'était donc pas chose aisée. Il fallut deux jours à Harry et Ron pour planifier leur visite chez Barjow et Beurk. Ron voulait examiner la situation sous tous les angles pour adopter la meilleure stratégie possible. Tout au long de leurs discussions dans leur chambre, ils avaient lancé un sort d'impassibilité sur la porte et prévenu ainsi toute fuite due à une des Oreilles à Rallonge de Ginny, qui avait pris fait et cause pour Hermione au point de ne plus parler aux garçons.

Une fois dans le magasin de l'Allée des Embrumes, éviter toute indiscrétion constituerait le problème majeur. Harry avait pensé dans un premier temps à entrer dans la boutique via le réseau de Cheminette, mais Ron lui fit remarquer qu'ils pourraient atterrir en plein milieu d'une transaction et donc se faire repérer. Finalement, les deux amis optèrent pour la solution de la cape d'invisibilité. Puisqu'elle était devenue trop petite pour les couvrir tous les deux désormais, Ron emprunterait la cape de secours de Maugrey Fol Œil. Il leur fallait également sortir du 12, Square Grimmaurd sans se faire voir, sous peine de se voir escortés jusqu'à leur destination ou pire : déchaîner les foudres de Mrs Weasley. Harry avait réussi à se procurer le calendrier des permanences de l'Ordre et ils avaient programmé leur opération pour le mardi soir suivant, lorsque Maugrey et son œil magique ne seraient pas présents.

De leur côté, Hermione et Ginny ne chômaient pas non plus. Déterminées à montrer aux garçons qu'elles avaient raison, elles avaient demandé à Arthur Weasley de les emmener à la Bibliothèque Magique d'Angleterre située dans une aile du Ministère. Elles y retrouvèrent Madame Pince, désormais chef bibliothécaire du Ministère. Sur ses conseils, les deux jeunes filles consultaient des montagnes de volumes poussiéreux sur l'ancienne magie face à la magie noire. Chaque jour qu'Hermione et Ginny passaient dans les travées de livres amenait leur lot d'espoir et de déception. Mais pour le moment, elles ne trouvaient que de rares indices ayant un lien quelconque avec les Horcruxes.

Pour mettre toutes les chances de leur côté, Harry et Ron s'acharnaient à l'entraînement. De leur côté Hermione et Ginny prétendaient vouloir se documenter sur l'Ancienne Magie et la magie blanche pour pouvoir se rendre à la Bibliothèque Magique sans interférence parentale.

Toutefois, lorsque Remus Lupin et Kingsley Shacklebolt donnèrent un cours commun le lundi sur le sortilège d'amnésie, les deux factions étaient présentes. Harry et Ron se montrèrent particulièrement intéressés et appliqués : modifier la mémoire de Beurk après leur visite pourrait leur être très utile. Hermione, comprenant la raison de leur attention soutenue les foudroya régulièrement du regard pendant toute la session.

- D'abord, il faut que vous sachiez que modifier les souvenirs d'une personne est un exercice magique très difficile, expliqua Remus.

- Il demande beaucoup de concentration mentale. Il faut se focaliser sur le souvenir que l'on veut insérer dans la mémoire du sujet et forcer les défenses, aussi faibles soient-elles, compléta Kingsley.

- Je crois me souvenir que vous connaissez bien la formule « Oubliettes », surtout Harry et Ron, n'est-ce pas ? fit remarquer Lupin en leur lançant un clin d'œil.

La vision de Gilderoy Lockhart frappé par son propre sortilège fit sourire timidement Harry. Mais il se rappela aussitôt les circonstances de cet accident. Il regarda Ginny qui ne levait plus les yeux sur lui depuis la dispute. Sans en être arrivé aux extrémités de Ron et d'Hermione, la querelle avait creusé un certain fossé entre sa petite amie et lui. Elle désapprouvait ses projets. Mais pour Harry le temps des demi-mesures était révolu. Le calme apparent à l'extérieur, le silence de Voldemort ne présageaient rien de bon. Confusément, Harry sentait quelque chose approcher. Une guerre ouverte, des combats au grand jour, autre chose que ce conflit larvé ponctué de quelques attaques. Il était résolu à prendre le chemin qu'il faudrait pour éliminer Voldemort. Il avait peur, il ne pouvait pas le nier ; pourtant il était prêt à donner tout ce qu'il avait, tout ce qu'il était pour que ceux qu'il aimait vivent des jours meilleurs.

La voix de Kingsley le sortit de ses sombres pensées.

- Nous ne pouvons malheureusement pas vous laisser vous entraîner. Ce cours est exclusivement théorique. Je pense qu'il serait malvenu d'effacer un quelconque souvenir de Harry. Et je pense que Ron, Hermione et Ginny n'aimeraient pas qu'on les prive par erreur de certaines images auxquelles ils tiennent.

Harry pensa qu'au contraire, ils auraient dû essayer de gommer le souvenir de cette dispute. Tout redeviendrait comme avant. A moins que ça ne les ramène au point de départ et que ses trois amis et lui-même repartent de plus belle. Mais s'il ne servait à rien de jeter cet épisode aux oubliettes, le jeune Potter en avait bien d'autres dont il aurait aimé se débarrasser.

Pendant le reste du cours, les jeunes gens s'exercèrent au maniement de la baguette pour exécuter le sort d'amnésie. Puis Kingsley les fit travailler leur concentration sur un souvenir précis du sujet. Harry, qui avait progressé en légilimancie, sentit chez Ron la blessure profonde qu'avait causée sa rupture avec Hermione. Le même mélange de colère et de tristesse se retrouvait chez Ginny, mais l'orgueil était bien moins présent chez la jeune fille. Pas de doute, ces deux-là étaient bien de la même famille : ils avaient le même caractère, ne put s'empêcher de penser le jeune Potter. Mais Hermione resta pour lui fermée comme une huître. Seule Ginny avait eu accès à son esprit.

Dès la fin du cours, les deux factions se séparèrent pour regagner leurs quartiers. Harry fit un petit crochet par la cuisine. Il prétendit auprès de Maugrey Fol Œil et de ses deux autres professeurs qu'il avait besoin d'une bonne Bièraubeurre après tant d'exercices mentaux. Sa mine épuisée plaidait en faveur de cette explication. Toutefois, pendant que les trois enseignants discutaient entre eux dans le hall d'entrée, le jeune homme subtilisait doucement la cape d'invisibilité de Maugrey et la fourrait dans son sac sans fond. Il savait depuis un bon moment que l'œil magique de l'Auror ne pouvait pas y déceler les cachettes créées par les jumeaux Weasley. Comment ? Il n'en avait aucune idée. Ce dont il était sûr, c'est que dans le cas contraire, Fol Œil lui aurait demandé des comptes sur la lettre signée par Dumbledore qui s'y trouvait.

Harry les salua en passant, sans oublier de montrer ostensiblement la Bièraubeurre qu'il avait prise pour Ron. Lorsqu'ils furent réunis autour de leur boisson favorite, Ron demanda à faire le point.

- Où en sommes nous ?

- J'ai les deux capes. Nous sommes entraînés au sortilège d'Oubliettes au cas où, même si ce n'est qu'un entraînement sommaire. Tu as pris le Veritaserum dans le sac d' Hermione ?

- Oui, je l'ai, acquiesça Ron. Heureusement que je l'ai pris avant la dispute. Je garde aussi un scrutoscope, mais il ne faudra le mettre en marche qu'une fois seuls avec Beurk.

- Très bien, je me suis renseigné auprès des jumeaux, Beurk reste ouvert tard la nuit… Pour les clients discrets, indiqua Harry.

- Ils savent ce que nous allons faire ? s'enquit Ron, inquiet.

- Dans les grandes lignes. Ils m'ont proposé leur aide, mais je leur ai dit qu'en cas de problème, leur boutique serait notre base de repli, le rassura Harry. Ils nous soutiennent. Ils ne connaissent pas tous les tenants et les aboutissants, mais ils ne feront rien qui puisse nous gêner dans nos plans.

- A vingt heures, sortie et transplanage jusqu'au recoin sombre de la façade de Gringotts, celui qui est à gauche de la statue de gobelin. A partir de là, nous faisons tout sous cape d'invisibilité jusqu'à ce que nous soyons chez Beurk. D'abord, les jumeaux doivent être prévenus de notre présence, pour pouvoir assurer nos arrières. Ensuite, direction l'Allée des Embrumes. Après tu sais ce qu'il nous restera à faire.

Ron hocha lentement la tête.

- Bien, nous avons deux heures devant nous. Dans une heure, ta mère va nous appeler pour dîner. Pas le temps de traîner. Dès qu'on a fini de manger, on prétend vouloir finir des devoirs et on file vers la porte sous la cape d'invisibilité. Mais pour l'instant, autant se reposer un peu. Je ne crois pas que nous aurons beaucoup le temps de dormir ce soir.

Sur ces paroles, Harry s'allongea sur son lit et ferma les yeux. Ron resta stupéfait du calme apparent de son ami. Comment peut-il demeurer aussi serein avec ce que nous allons faire tout à l'heure ? Sans compter notre dispute avec les filles ? se demandait-il. Depuis qu'il avait révélé ce qu'il savait sur les Horcruxes, l'attitude de Harry avait changé. Il semblait tout entier tendu vers un objectif. Mais Harry avait cessé de broyer du noir et de culpabiliser. Ce qui est une bonne chose, conclut Ron pour lui-même en se décidant à imiter le jeune Potter.

Comme prévu, Molly appela les quatre jeunes gens une heure plus tard pour dîner. Le repas se fit dans le silence, exceptées quelques plaisanteries de Tonks auxquelles rirent Hermione et Ginny sans grand enthousiasme. Elles avaient senti que les deux garçons allaient bientôt passer à l'action. Elles ne savaient pas quand, malgré leurs efforts. Le sort d'impassibilité avait dérouté toutes les Oreilles à Rallonge de Ginny. Elles furent rassurées lorsque Harry et Ron montèrent se coucher. La jeune Weasley épia un long moment leur porte sous laquelle filtrait un rai de lumière. Ils travaillaient. Puis vers vingt et une heure, la lumière s'éteignit et quelques minutes plus tard, Ginny put percevoir le ronflement régulier de Ron. Elle rejoignit Hermione pour lui faire son rapport : leur opération n'était pas pour ce soir-là.

Ce que la jeune fille ne savait pas, c'est que les ronflements provenaient d'un oreiller enchanté à l'aide du sortilège d'Hypnosonorus. Quant à la lumière, Harry avait pris soin de mettre une chandelle sur le point de s'éteindre. Au moment où Ginny retournait dans sa chambre, Harry et Ron sortaient de la boutique des jumeaux. Jusque là, tout s'était passé comme sur des roulettes. Le Chemin de Traverse, plongé dans la pénombre nocturne, était presque désert. Les derniers retardataires fermaient boutique ou se rendaient au Chaudron Baveur prendre un dernier verre avant de rentrer.

Sous leurs capes d'invisibilité, les deux garçons prenaient soin de ne pas faire de bruit. L'entraînement de Maugrey avait fait d'eux de vrais chats : silencieux, lestes et rapides. L'Allée des Embrumes, même déserte, restait un endroit dangereux. Qui savait combien de Mangemorts s'y rendaient encore régulièrement ? Ils approchaient lentement de la boutique de Barjow et Beurk, en passant devant diverses devantures sombres et poussiéreuses aux articles peu engageants.

Ayant cru entendre des pas, Harry s'arrêta un instant devant la porte de Cornelia Fleshripper, augure et haruspice de son état. Son enseigne annonçait la couleur : «lit dans les entrailles de n'importe quel animal et même votre ennemi ». Plus loin, on pouvait distinguer des bouquinistes et des fournisseurs en ingrédients pour potions à la légalité douteuse. Ron s'était lui aussi arrêté sur un signal mental de Harry. . Les deux garçons, sur les bases de leurs cours de légilimancie et occlumancie s'était entraînés pour communiquer silencieusement. Les images qu'ils étaient capables d'émettre et de recevoir étaient encore sommaires, mais cela suffisait pour échanger des instructions basiques.

C'était un exercice difficile à réaliser sans contact visuel, mais la détermination du jeune homme était tellement forte qu'elle agissait sur lui comme le Felix Felicis. Harry reprit son chemin, après avoir indiqué à Ron de le suivre. En quelques pas, ils furent devant l'échoppe d'artefacts de magie noire. Harry lança un sortilège de Sourdine sur la cloche et sur la porte et l'ouvrit doucement. Ron le suivit et dissimula que la porte fût ouverte grâce à une illusion. Le jeune Potter la referma et scruta les environs.

Au fond de la boutique, Caractacus Beurk était assis à son comptoir, visiblement plongé dans un grimoire qui retenait toute son attention. Il accusait son grand âge, mais ses petits yeux calculateurs sautaient vivement d'une ligne à l'autre.

- Tu le contournes par la droite, moi par la gauche, indiqua Harry à Ron en lui envoyant l'image correspondante.

- D'accord, quel sort en premier ? Saucisson ou Silencio ? demanda le jeune Weasley en imaginant l'effet de ces sorts sur leur victime.

- Silencio, répondit Harry en visualisant le vieil homme avec un bâillon.

Les deux jeunes gens s'approchèrent lentement de Mr Beurk. Il n'avait toujours pas senti leur présence. Lorsque Harry fut sûr de sa position et de celle de Ron, il lança le signal :

- Maintenant ! pensa-t-il

Deux sorts informulés vinrent frapper Caractacus Beurk au dépourvu. D'abord le Silencio de Ron, puis le Petrificus Totalus de Harry. Le vieil homme se serait écroulé dans un grand fracas, si Ron n'avait enchaîné avec un Mobilicorpus quasi instantané. La cible des deux jeunes gens se mit à flotter doucement au-dessus du comptoir.

- Occupe-toi de le cacher derrière les rayonnages. Je vais verrouiller la porte d'entrée et m'assurer si Barjow est là, lui aussi, chuchota Harry.

Ron obtempéra dans la minute. Harry lança un solide Collaporta, puis se mit à fouiller l'échoppe discrètement. Pas de trace de Barjow, seulement une lettre en provenance de Bulgarie, dans laquelle l'associé de Mr Beurk rapportait les résultats de ses dernières tractations avec des familles de Sang Pur dont il citait les noms. Quelle imprudence, se moqua Harry, ils n'ont pas pensé au cas où cette lettre tomberait entre de « bonnes » mains. Elle était datée de l'avant-veille. Il en fallait bien plus pour revenir de la patrie de Viktor Krum. Harry fourra la missive dans sa poche et se dirigea vers la réserve où Ron détenait Caractacus Beurk.

Ligoté et bâillonné sur une chaise, l'antiquaire roulait des yeux affolés. Visiblement, il n'avait jamais fait l'objet d'une quelconque attaque, malgré les nombreuses menaces qu'il avait dû recevoir à la suite de ses négociations malhonnêtes. Ceci dit sa panique était assez compréhensible. Ni Harry ni Ron n'avait ôté sa cape. Un agresseur invisible était toujours plus effrayant qu'une personne en chair et en os, qu'un ennemi que l'on pouvait toucher, sentir, entendre.

- Maintenant, Kryptovox et le masque des jumeaux, pensa Harry en direction de son compère. Ensuite, on enlève nos capes.

Deux secondes plus tard, les deux amis surgirent de nulle part. L'espace d'un instant Caractacus Beurk se calma. Il n'avait pas à faire à des spectres de ses anciens clients. La seconde d'après, la frayeur le reprit à la vue des visages de ses agresseurs.

Fred et George avaient fait des merveilles. Les deux masques de harpie semblaient plus vraies que nature et l'effet produit sur Beurk faillit faire pouffer de rire Ron. Il se calma et regarda Harry.

- Vous allez répondre calmement à nos questions. Pas de cris, pas d'appels à l'aide, personne ne peut vous entendre. Et ne croyez pas que nous hésiterons une seule seconde à vous faire taire, Mr Beurk, dit Harry d'une voix étrangement déformée, gutturale et profonde, en appuyant sur le nom de leur victime.

- Hochez la tête si vous avez compris. Alors seulement je vous rendrai la parole, ajouta Ron de la même voix que son ami.

L'antiquaire acquiesça. Ron pointa sa baguette sur l'homme ligoté en prononçant la formule appropriée. Aussitôt, Caractacus Beurk se mit à poser cent questions à toute allure:

- Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Qui vous envoie ? Pourquoi moi ? Qu'est-ce que je vous ai fait ?...

- Silence ! C'est nous qui posons les questions, ici ! l'interrompit Harry. Quant aux raisons de notre présence en ces lieux, elles tiennent en un mot : Voldemort !

Le vieil homme trembla de tout son maigre corps. Le nom de guerre de Tom Jedusor produisait toujours cet effet démesuré sur les adeptes de la Magie Noire, surtout sur les Mangemorts.

- Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom vous envoie ?

- Est-ce qu'on a des têtes de Mangemorts ?!! s'emporta Ron, sa voix rocailleuse résonnant contre les pierres humides de la remise.

- Non, nous ne sommes pas du côté de Voldemort, Mr Beurk, reprit harry. Nous sommes venus chercher des informations sur lui.

- Mais je ne le connais pas ! s'exclama Caractacus. Qui vous a dit ça ?

- C'est sa baguette magique qui nous l'a soufflé, ricana Ron.

- Nous savons que vous l'avez connu. A l'époque, il portait encore son véritable nom. Voyons, faites un petit effort, Mr Beurk. D'habitude, vous ne faites pas tant de manières pour vous souvenir de choses compromettantes.

Le vieil antiquaire le regarda avec stupéfaction. Que pouvait bien vouloir dire ce personnage masqué ? Que sous-entendait-il ?

- Eh bien je vais vous rafraîchir la mémoire, cher Monsieur. Voldemort a été l'un de vos employés. Il s'appelait Tom Jedusor.

Caractacus accusa le coup. Comment ces deux hommes pouvaient-ils savoir ? Barjow et lui avaient tout fait pour effacer des registres du Ministère cet épisode. Après la première guerre contre les Ténèbres, les Aurors avaient fouillé partout dans l'espoir de retrouver la trace de Mangemorts. Son associé et lui avaient dû graisser la patte de nombreux fonctionnaires pour que le passage de Tom Jedusor chez eux soit oublié !

- Il me semble que la mémoire vous revient, Mr Beurk, sourit froidement Harry. Nous allons donc pouvoir passer à des questions plus intéressantes. Premièrement, que savez-vous de Tom Jedusor ?

- Ce n'était qu'un jeune employé, charmant, poli, âpre au gain. Nous n'avons jamais eu à nous en plaindre, ni mon associé, ni moi-même. Sauf peut-être son départ un peu cavalier, répondit rapidement Beurk.

- Peu de temps après la mort de Miss Hepzibah Smith, si je ne m'abuse, intervint Harry.

- C'est exact, une très bonne cliente. Une très belle collection… Mais vous ne pensez tout de même pas que… C'était un accident, sa stupide elfe de maison…

- Je ne pense pas, j'affirme ! trancha Harry en déambulant autour de son prisonnier. Je veux des renseignements plus précis : où il habitait, qui il voyait, les endroits qu'il fréquentait, des souvenirs de discussions avec vous ou votre associé.

Ron ne disait rien, mais Harry commençait à l'effrayer par son ton glacial et cinglant. Rien ne semblait pouvoir le troubler dans ce qu'il faisait. Il paraissait même prendre du plaisir à contempler la peur panique dans les yeux du vieil homme.

- Il habitait ici, dans un minuscule appartement que nous lui louions. Il avait de fréquentes visites de personnes sorties de Serpentard : les Lestrange notamment. Parfois pendant les vacances des étudiants de Poudlard venaient également le voir : Lucius Malefoy par exemple, qui venait avec son père, Abraxas. Il n'était qu'en deuxième année lorsque Tom Jedusor travaillait pour nous, mais entretenir des relations avec les sorciers de bonne famille faisait partie des talents de ce garçon.

- Allait-il dans des endroits particuliers ? s'impatienta Harry. Tous ces renseignements, il les avait déjà ou il aurait pu très bien les deviner lui-même.

- C'était un garçon très mystérieux. Très sérieux également. Il passait ses nuits à étudier de sombres livres achetés dans les boutiques avoisinantes. Je ne dis pas qu'il n'est jamais allé au pub du vieux Tom, mais de là à dire que…

- Passons… Essayez de vous rappeler, maintenant. Concentrez-vous. A-t-il dit quelque chose qui vous aurait frappé ? Sur ses origines, ses projets futurs… N'importe quel petit détail, même insignifiant, demanda Harry sur un ton plus conciliant.

- Non, je ne vois pas… Il ne parlait pas beaucoup…

- Vous voulez dire qu'il préférait faire parler les gens, je suppose, ironisa Harry.

- Je ne sais rien d'autre de toute façon, se braqua Caractacus Beurk. Vous pouvez me torturer, je n'ai rien d'autre à vous dire !

- Vous mentez ! s'exclama le jeune Potter en même temps qu'il visualisait pour son ami la bouteille de Veritaserum qu'ils avaient emmenée.

Ron sortit lentement la petite fiole de verre blanc et l'agita sous le nez du vieil homme.

- Vous savez ce que ce flacon contient n'est-ce pas ? dit-il.

- Vous n'oseriez pas… C'est illégal… Et puis je n'ai rien d'autre à dire, je vous assure, paniqua Beurk.

- Franchement, Mr Beurk ! Nous vous retenons prisonnier dans votre cave, n'est-ce pas déjà illégal ? Croyez-vous que cela nous arrêtera ? s'esclaffa le jeune Weasley.

Harry pouvait presque voir la peur faire son chemin dans l'esprit de l'antiquaire, et s'immiscer doucement entre les rouages de son raisonnement. Il préfèrerait certainement avouer tout ce qu'il savait sur Voldemort plutôt que de laisser échapper la moindre information compromettante pour son commerce.

- Il a parlé plusieurs fois de lieux chargés d'histoire et d'ancienne magie, lâcha finalement Beurk. Notamment de Glastonbury et de sa butte… Et puis de Stonehenge, je crois. Il en parlait avec dégoût, en disant qu'ils avaient été souillés par les Moldus. Il cherchait des endroits purs et aussi puissants. Mais s'il en avait déjà trouvé à l'époque, il n'en a jamais fait mention.

- Enfin une information qui justifie notre déplacement dans votre échoppe, Mr Beurk, le félicita le jeune Potter sur un ton moqueur. Vous êtes en bonne voie. Continuez, s'il vous plaît.

Plus l'entretien se prolongeait, moins Ron se sentait à l'aise avec ce Harry qui n'était pas lui-même. Un Harry qui prendrait des airs de Voldemort, c'était tout à fait ça. Le jeune Weasley brûlait d'en terminer avec cet interrogatoire qui n'avait déjà que trop duré.

- Je crois me rappeler qu'il faisait des recherches sur le prolongement de la vie, se préserver de la mort, quelque chose dans ce genre là, hésita Beurk.

- A-t-il jamais parlé d'un procédé de magie noire nommé « Horcruxe » ? demanda soudainement Harry.

Ça y est le mot était lâché. Harry les contraignait désormais à pratiquer le sortilège d'Amnésie, pensa Ron. Avec les autres questions, un solide sortilège de confusion aurait peut-être suffi, doublé d'une menace de chantage peut-être, mais là, il avait dépassé le point de non retour. Le jeune Weasley le devinait uniquement au seul changement d'expression de l'antiquaire : l'effroi… mêlé à un brusque intérêt pour la conversation.

- Je ne sais pas ce que c'est, affirma Beurk. Jamais entendu parler.

- Vous mentez à nouveau Mr Beurk, ne nous obligez pas à vous rappeler ce qui vous attend si vous continuez à nous débiter des salades ! gronda Ron. Un passionné de magie noire comme vous en a forcément entendu parler.

Caractacus réfléchit quelques secondes puis fixa ses deux mystérieux agresseurs avec un air de défi.

- Je ne sais rien, trancha-t-il.

- Si le Veritaserum ne vous fait plus peur, nous pouvons utiliser d'autres armes, Mr Beurk, indiqua Harry. Que pensez-vous de cette lettre ? Je me vois assez bien la poser sur le bureau du Commandant des Aurors demain matin. Vos liens avec d'éminentes familles de Mangemorts du Continent l'intéresseraient au plus haut point, j'en suis sûr.

Ron envoya fébrilement à son ami une image de lui en train de secouer négativement la tête. Il songea que Harry allait trop loin et craignait qu'il ne sache s'arrêter dans l'escalade des moyens de pression. Ils n'allaient pas aller jusqu'au Doloris, quand même ! Il ne sut jamais ce que Harry avait effectivement saisi de ses pensées effrayées et s'il aurait continué dans cette voie: la pâleur du visage de Beurk évita au jeune homme de répondre à la question angoissée de son ami. L'arme du chantage produisait sur le vieil homme un effet bien supérieur à tous les Veritaserum du monde.

- Je ne vois pas le rapport entre un Horcruxe et Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Je ne sais pas grand-chose sur les Horcruxes, confessa Beurk, devenu soudain très pâle.

- Qui peut nous en dire plus ? le brusqua Ron en pointant sa baguette directement sous son oeil

- Je crois que vous trouverez des informations là-dessus à la librairie Pages Sombres dans la Pénombre. Elle est tenue par Melany Pageater. Une vieille femme qui s'est spécialisée dans la vente de grimoires de magie sombre. Son magasin est à deux pas, dans l'Allée des Embrumes. L'enseigne avec un grimoire en forme de chauve-souris.

- Très bien, Mr Beurk. Vous voyez, vous vous êtes révélé être un informateur utile. Nous allons prendre congé. Toutefois, il y a un dernier détail à régler, conclut Harry

Le jeune Weasley tenta un vague geste de protestation, mais il était parfaitement conscient qu'ils n'avaient plus le choix. Il dirigea sa baguette en même temps que son ami en direction de Caractacus Beurk.

- Vous allez me tuer ? Mais je vous ai dit tout ce que je savais ! Je ne parlerai jamais de ce qui s'est passé ce soir, je vous le jure. De toute façon, pour quoi faire, je ne sais pas qui vous êtes !! paniqua le vieil homme.

- Nous sommes certains que vous ne direz rien. Bonne nuit, Mr Beurk, répondit Harry.

Les deux sortilèges d'Amnésies fusèrent presque en même temps. Il fallait bien ça, vu l'inexpérience des jeunes gens, pour modifier un souvenir aussi traumatisant. Harry et Ron s'acharnèrent à effacer toute trace de leur venue dans l'esprit de Beurk. Quelques secondes plus tard, ils changeaient le souvenir en une nuit de fatigue où l'antiquaire s'était écroulé sur son grimoire.

A l'aube, Caractacus Beurk se réveilla assis à son comptoir, une page de son grimoire littéralement imprimée sur sa joue gauche. Il ne se souvenait plus rien de la nuit passée. Juste un cauchemar avec deux harpies, une image vague dans sa tête qui lui faisait horriblement mal. Décidément, il se faisait trop vieux. Il ferma boutique pour la journée et alla se coucher.

Au 12, Square Grimmaurd, Harry et Ron s'apprêtaient à entamer une nouvelle journée, malgré leur nuit blanche, leurs sacs sans fond remplis de grimoires traitant de la mort.


Le prochain épisode nous mènera sur els sentiers de la magie noire et de la magie blanche accrochez vous à votre souris!