Ahem ! oui, encooooore ! XD en même temps, on les comprend... On aborde ici un thème cher au Garuda, dont Minos va faire les frais tout érotiques dirons-nous... et petite surprise dorée en fin de chapitre : )) et vous apprendrez ici que Rhadamanthys est gaucher. Parce que j'en avais envie ! XDDD


Chapitre 14 : Éclats combattifs

Aiacos s'attarde devant la machine à café, consultant sa Breitling, vêtu d'un costume sombre sur chemise assortie, cravate mauve et fleur à la boutonnière. Monsieur part en clientèle.

"Sexy, Mister Garuda."

Il m'enveloppe d'un regard convoiteur avant de sourire. "Je me demande... si tu parviendras à me surprendre, moi aussi..."

"Hmm... dois-je comprendre que mon rôle sera de te distraire, roi de Karura ?..."

Il froisse le gobelet carton avant de le jeter.

Je me dirige vers la salle de reprographie, ouvrant la porte pour m'y glisser, le tout sur un regard éloquent ainsi qu'un petit geste de l'index à son intention. Sa curiosité piquée, il me suit. Sitôt la porte fermée, je me colle à lui, cherchant immédiatement sa bouche superbe et généreuse, montant une jambe contre lui. Vif, il passe une main sous ma cuisse pour accentuer le contact entre nos deux corps, rendant le baiser plus ardent encore. Je me sépare de sa bouche et pour dernière offense, ma langue vient glisser le long de ses lèvres humides.

"Tu auras droit au reste en revenant." en réajustant le nœud de sa cravate.

Son sourire est terrible ; corps allumé.

"Allez, file maintenant, beau roi."


Il se fait tard. On nettoie les bureaux lorsque soudain j'entends du verre qui se brise. Le personnel chargé de l'entretien vient de faire tomber un cadre qui trônait sur le bureau du Garuda. Il contenait la photographie d'une jeune femme aux longs cheveux de jais, au regard déterminé.

"Violate du Béhémoth."

"Vi... ?..."

"La femme sur le portrait." m'éclaire Minos, tout en jouant de ses doigts fins.

"Soit tu en as dit trop, soit pas assez, très cher Griffon..."

"Huhuhu !... curieuse !..."

"Une femme qu'il a aimée ?..."

"... et qu'il aimera toujours. Cependant, les choses ont changé : notre Juge a été réhabilité et notre Seigneur n'a pas daigné ramener Violate à la vie. Une chose est sûre : elle demeurera à jamais dans son cœur et y occupe une place choix."

"Hmm... faut-il que je t'arrache d'autres confessions brûlantes, mon beau Juge ?..." feulant, main venant s'échouer sur le torse, caressante.

"Oooh... ne me mène pas sur cette voie... je serai tenter d'aller bien au-delà de tes espérances..." ton chaud.


Minos lève le menton, tout au nouage de sa cravate. L'étoffe glisse entre les doigts fins du marionnettiste, comme animée d'une vie propre. Il sourit, enfilant un gilet de costume, sans veste, s'admirant : oui, Monsieur du Griffon a fier allure.


Regard appesanti au moment où je tombe le manteau. Robe noire avec ce qu'il faut de dentelle : Minos adore !...

"Je vois..."

"Hadès en soit remercié, Minos !..."

Sans plus attendre, il vient se coller à moi, main ouverte au centre de mes reins, doigts possessifs courant sur mon menton, suivis de baisers vifs. Je ris devant son impatience.

"Sois sans crainte : je nous ai commandés de quoi tenir un siège la nuit durant !..."

"Oh mais voilà un Griffon prévoyant !..." sans intention de me défaire de son emprise.

"Toujours." m'observant de ses améthystes superbes, reflétant un appétit indéniable. "Mais je t'en prie, prends place." en se détachant de moi, m'invitant à m'installer sur un canapé d'angle immense, huit places, dont méridienne pour deux, tons chocolat. Les amuse-bouches sont déjà disposés sur la table basse. Griffon a mis les petits plats dans les grands !...

Un pan de tissu suspendu à un crochet attire soudain mon attention.

"Nouveau manteau ?..."

"Ça ?... non, il s'agit de ma robe de juge." souriant, confortablement adossé, cheveux éparpillés sur le dossier, mains dans les poches.

Je me pince la lèvre, regard prometteur. "Puis-je ?..."

"Je t'en prie." amusé.

M'avançant, j'attrape presque religieusement la longue robe de couleur sombre, rehaussée de décors brodés sur le pan central ainsi qu'en façon de col. Les dimensions semblent immenses.

"Tu veux bien... ?..."

Il rit : "Elles sont découpées pour être portées par-dessus le surplis."

"S'il te plaît..."

"Une prochaine fois, d'accord ?..." en tapotant la place vide à ses côtés.

Je raccroche le lourd vêtement d'office pour le rejoindre, stoppant devant la table basse dont le bois est estampillé : "Mimi, Coco and Dada." J'éclate de rire !...

"Le Garuda a vraiment le sens de la formulation." s'amuse également Minos. "Vois à quoi il est réduit à passer ses nuits..."

"Frappé d'insomnies ?"

"Il préfère sommeiller au bureau. C'est un oiseau de nuit, tu sais."

Regard pétillant. "Et cette... Violate ?..."

"Oh, l'interrogatoire commence ?" excité.

"Pourquoi attendre ? je brûle d'envie d'en savoir plus sur les amours perdus de notre Garuda !..." venant le chevaucher sans pudeur.

"Vraiment ?... son sort de cœur t'intéresse à ce point ?..." amusé "... j'ai tant de mal à y croire..." soufflé, index glissant sur mes lèvres, regard braqué sur le mouvement.

"A dire vrai..." petit regard coupable, qui bascule un court instant sur l'entrejambe puis remonte le long du gilet pour échouer sur les iris améthystes.

"Oui ?..."

Sourire qui répond. Je viens rendre captives ses lèvres fines dans un élan doux, joueur. Sa main vient de basculer dans ma nuque dans une douce pression.

"Fais-moi parler."

"J'y viens, mon Beau."

Nous murmurons, bouches se cherchant encore à peine quittées.

Mes doigts s'emploient à donner du leste au nœud de cravate, ouvrant les boutons du gilet puis ceux de la chemise, filant entre les pans pour caresser la peau qui semble devenir un brasier sous les attentions répétées. Le souffle perd de sa régularité à mesure, allant en s'accélérant de délice. J'écarte soigneusement les pans pour prendre en bouche chaque bille de chair impatiente. Minos tressaille, corps réagissant.

Je mordille, lui arrachant un son happé. "Parle."

"Hmm... applique-toi."

Il me défie ?... parfait !... je mordille et pince, simultanément, le faisant sursauter de délice.

"Haaan !..."

"Dis-moi ce que j'aimerai savoir, Juge."

"Au... sujet de ?..."

Je pince fort, lui arrachant un léger cri, regard trouble.

"Au sujet de ton cher frère."

"Hmm ?... le... quel ?..."

La chaleur lui monte aux joues, les rosissant adorablement. Je reprends, plus vive encore, rendant écarlate la peau malmenée.

"Ah... oooh... oui... je crois... me souvenir..." avec les mains qui vont et viennent sur mes hanches.

"Nous progressons... parle." exigeante, venant le torturer jusqu'à l'écorcher.

Il tremble de plaisir intense.

"Parle, Juge."

"Violate était... le... bras droit... d'Aiacos."

"Hmm... et ?... allez, Juge."

"Ils étaient... extrêmement... proches."

"Proches de quelle manière, Juge ?" pinçant encore.

"Aaah !... oui... il... avait une expression particulière en... parlant d'elle... il l'appelait... son... Aile."

"Uh ?..." surprise, suspendant ma prochaine attaque sur ses mamelons meurtris.

"Tu ne... souhaites pas en savoir plus ?..." regard voilé, peinant à le fixer sur moi.

"Parle !..." venant lui mordiller toute la lèvre inférieure avant de l'embrasser outrageusement, sentant son corps trembler d'extase sous le mien.

Je le fixe : iris océan vs iris améthyste.

"Aiacos prenait plaisir à... la voir combattre... Elle était... selon ses dires... son meilleur éclaireur."

Je cale mon bassin contre son renflement, bougeant là. Il geint sans retenue, basculant la tête en arrière, offrant son menton aux morsures.

"Et ?..."

"Il était connu qu'elle... seule... pouvait résister à la puissance de... mon frère... haaan !..." sur une morsure plus profonde dans la gorge.

Il n'en peut plus d'excitation, pantalon l'entravant douloureusement. J'en accentue encore l'effet d'une main audacieuse.

"Parle et je te libère."

"Je... il..." ses pensées s'embrouillent, il n'est plus que vif plaisir mêlé à la douleur. Je le rappelle à l'ordre : "Juge !..."

"Il se murmure qu'elle... avait le corps... criblé de cicatrices... le prix à... payer pour gravir les échelons... haaaah... le prix à payer pour... voir s'élever une créature aussi soumise à... l'attraction terrestre... que l'était... le Béhémoth... je... je... je ne..." sa tête bascule sur le dossier, dodelinant de droite à gauche, perdant complètement les sens, avançant les mains dans un geste leste pour se libérer, manœuvre que je stoppe d'emblée pour m'en occuper moi-même. Il soupire de soulagement lorsque j'ouvre le bouton du pantalon et descends la tirette. Son état est tel que le renflement soulève littéralement l'élastique du caleçon de marque.

"Hmm... joli, Griffon..." venant titiller là.

Il geint dans un merveilleux rauque, au bord de se rendre tant le moindre effleurement se voit décuplé de sa force, sensible à tout.

"Bien. Et tu penses que... physiquement... entre eux ?..."

"Aucune... idée..."

Je le saisis lentement. Il ouvre grand les yeux dans un spasme terrible, soulevant tout le haut de son corps, mains se crispant sur mes hanches.

"Autre chose ?..." le caressant lentement.

"Je... ne... haaaan !..."

"Difficile de réfléchir dans ces conditions, pas vrai, mon Beau ?..."

Il est incapable de me répondre, bougeant vertement des hanches pour accentuer les effets des caresses.

"Shh... shh... là..." joueuse.

J'ouvre totalement sa chemise pour l'épargner puis je poursuis jusqu'à ce qu'il rende les armes dans un râle éblouissant, s'éclaboussant généreusement le torse.


Je monte dans la berline aux vitres teintées.

Ces Messieurs sont tous sur leur 31, embaumant les eaux de toilette de prix. Valentine est également présent. Le jeune garçon prend de l'étoffe à mesure qu'il fréquente notre Wyverne.

Repas dans un étoilé, évidemment. Les tables sont compartimentées façon Orient Express.

Comme à l'ordinaire, Griffon et Garuda m'ont placée entre eux et redoublent d'attentions à mon égard ; choyée au-delà des mots.

L'ambiance est joyeuse.

Je demande des explications concernant leurs fonctions de Juges des Enfers.

Jeux de regards croisés.

"Je t'en prie, Minos, à toi l'honneur..." lance Rhadamanthys.

"Que dire ?... nous logeons tous indépendamment de nos lieux de fonction. Aiacos loge à Antinora, Rhadamanthys à Caïna et mon domaine se trouve à Tolomea. Nous officions principalement au sein des Tribunaux accueillant les âmes en vue de leur jugement. Selon ce qui leur est reproché, les âmes sont dispatchées dans diverses prisons où elle croupissent éternellement."

"Incontestablement, celui qui a la plus grande tâche reste Minos. Outre le fait qu'il occupe le premier Tribunal, celui par lequel toutes les âmes transitent, il est également celui qui tranche en cas de doute concernant un jugement émis par Rhadamanthys ou moi-même." renchérit le Garuda.

"Le privilège de l'aîné ?..."

"Décision de notre Seigneur dont lui seul est juge."

"Et votre Seigneur siège où ?..."

"Au Giudecca."

"Je te ferai un plan des lieux que je t'enverrai par mail." plaisante Aiacos.

Ébouriffage de cheveux, feulant dans son cou. "Je préfèrerai une visite guidée !..."

Le rire de Rhadamanthys retentit : "A voir avec l'office du tourisme des Enfers. Note que le retour n'est en aucun cas assuré."

Petite moue.

"Tu pourras t'y risquer lorsque tu porteras le surplis." m'assure Aiacos.

"Au fait, des nouvelles concernant le séminaire ?"

"Oui. Lieu trouvé. Cadre raffiné."

"Je n'en doute pas."

"Puisqu'il m'est permis de voguer à nouveau dans les cieux, je vais m'offrir un panorama sur l'Himalaya." amène soudain Aiacos, fier de son statut retrouvé.

"Notre Garuda se sent pousser des ailes !..."

"Il en a longtemps été privé."

"Tu ne m'as pas encore déposé ton compte-rendu de retour de clientèle, Cos." rappelle la Wyverne.

"Ah, Rhada... il y a peu à dire. Mais tu l'auras, ta grosse commande. Ce n'est qu'une question de semaines."

"Au fait, le Seigneur Hadès porte-t-il le surplis ?..." curieuse.

"Ah haaa ! le fameux surplis !..."

"Parfaitement. Assorti en général à une lame."

"Oooh !..." ravie.

Le Garuda fronce : "Un souci avec le serveur, Rhada ?..."

"Un souci commun ?..." réponse du tac-au-tac.

"Aura. Faible mais bien réelle."

"Camouflée. Maladroitement." intervint Minos.

"Or."

"Tu t'en charges, Bro' ?..."

"Absolument." faisant craquer son poing dans la main opposée.

La Wyverne est d'humeur à frapper dans l'Or.

"Si tu as besoin de renfort, n'hésite pas à appeler au secours, Bro' !..."

"Hahaha ! très drôle, Cos !..."

La Wyverne quitte la table, sous le regard inquiet de Valentine.

"Nous ferions peut-être bien de le suivre au cas où..."

"Valentine, Valentine... n'as-tu toujours pas saisi le caractère de Rhadamanthys ? ou ce qu'il en coûte de se mêler ainsi de ses affaires ?..." interroge Minos, soufflant sur sa lourde frange pour en soulever quelques pans et ainsi dégager ses iris améthystes.

Valentine rentre les épaules, penaud sur sa chaise.

Puis des cris en cuisine, les clients qui sursautent. Aiacos se défoule sur une gomme trouvée dans une de ses poches. Une vitre se brise dans l'arrière cour, déversant deux combattants en rage : Wyverne vs Gémeau. Rhadamanthys a retroussé ses manches et invite l'autre, d'un mouvement simultané des deux mains, à se jeter sur lui, ce qui ne manque pas !... son adversaire est un remarquable lutteur et notre Juge s'en régale !... après un intense corps-à-corps, les voici à se jauger.

"Amène-toi !..." provoque la Wyverne.

Son opposant fonce tête baissée, lui faisant heurter le mur à plein dos. Rhadamanthys laisse échapper une grimace et un rire ; excité par ce que suscite ce combat improvisé !...

"Mieux que ça !..." saisissant la taille de son adversaire entre ses bras solides, mains nouées, le soulevant d'un seul tenant pour le renverser, tête la première, au sol.

Vif, son adversaire se redresse, assénant une droite phénoménale. La Wyverne crache puis s'essuie la bouche dans un geste sauvage, feu dévorant au fond des prunelles. Il gratifie son adversaire d'un magnifique et inattendu crochet du gauche - oui, Monsieur de la Wyverne est gaucher, ce qui accentue la difficulté lors d'un combat aux poings.

"Montre-moi ce que tu as dans le ventre, l'Or !..."

La bataille reprend jusqu'au hurlement des sirènes des forces de l'ordre alertées par les riverains.

L'Or est le premier à filer.

La Wyverne sourit, l'âme encore agitée par le combat.

Aiacos apparaît dans l'ébrasement de la porte des cuisines et siffle. Fini de jouer, retour au bercail !...


"Maître, vous allez bien ?..."

"Raaah, Valentine !... ce n'est qu'une petite égratignure." agacé, éloignant le fidèle Spectre d'une main.

"Te voilà beau, en effet." admet Minos.

"Privé de clientèle durant un bon mois." renchérit Aiacos.

"Voilà bien longtemps que je ne m'étais pas mesuré à un adversaire aussi hargneux !..." ravi, tout à son combat et aux émotions suscitées.