-Tutoies-moi Ciel.
-Non hors de question à part peut-être à une condition.
-Laquelle ?
-Arrêtez avec votre moral à con et prenez-la enfin.
-Tu sais très bien que c'est non, quand tu seras adulte pas avant.
-Mais qu'est-ce que cela change maintenant ou après ? demanda Ciel.
-Tu as 14 ans, tu es mineur et j'ai 30 ans. A ton avis si on nous surprend, qui risque sa peau ? On pourrait même m'accuser de viol même si tu confirmes être consentant.
-C'est la loi qui vous inquiète ? Vous êtes grave. Je suis consentant et on ne nous surprendra pas, répondit Ciel.
-J'ai l'âge d'être ton père tu sais.
-C'est ridicule de me refuser pour cela. Ici qui nous surprendra ? demanda Ciel.
-Quelqu'un qui rentrerait sans prévenir.
-C'est immoral aussi, je connais le refrain. Et si j'allais m'amuser avec un autre ?
-Si tu parles des mecs de cette base, tu risques de tomber sur plus lourd que toi. Ils ne seront pas tendres avec toi et ils seront morts avant de faire quoi que ce soit, répondit Sebastian.
-Vous comptez tuer tous les mecs qui oseraient tenter ?
-Essaies et tu le sauras.
-Je crois que je préfère éviter, du coup décalez-vous de moi.
-Tu me rejettes là ? demanda Sebastian.
-Oui je ne ferai plus rien avec vous tant que vous parlerez de votre moral.
Sebastian n'insista pas, il savait qu'il reviendrait facilement.
Ciel surpris demanda :
-Vous n'insistez pas ?
-Non tu reviendras par toi-même.
-Vous croyez cela ? Vous pensez mal.
Le lendemain, Ciel était distant avec Sebastian.
Il ne lui avait adressé que peu de mots depuis la veille.
-Tu es muet depuis hier.
-Oui et alors ? Cela ne vous empêche pas de travailler que je sache.
-Tu es un gamin terrible, tu sais.
-Oui je sais et je m'en vais, c'est ennuyant ici.
-Ou tu vas ?
-Draguer vos collègues, avec un peu de chance, un voudra peut-être de moi.
-Si tu veux finir dans une pièce sous terraine avec des inconnus, c'est toi qui vois, répondit Sebastian.
-Vous ne dites rien ?
-Non tu ne feras rien, répondit Sebastian.
-Qui vous dit que ce sera le cas ?
Puis il s'en alla.
-Il plaisantait évidemment.
On frappa.
-Entrez.
C'était Claude.
-Il y a quelque chose d'urgent dont vous deviez me parler ?
-Oui il y a un souci, Ciel a tué la nouvelle recrue, le mec avec les serpents. Hier il est venu à l'improviste et il nous avait démasqué. Il a promis de rien dire si Ciel couchait avec lui mais il comptait à priori ne pas lui demander son avis. Il était sous le choc, le pauvre. Un premier meurtre, c'est violent pour lui.
-Qu'avez-vous fait du corps ? demanda Claude.
-Enterré dans la forêt mais il faut le brûler, si on le trouve, on se fera choper.
-Bien nous allons nous en occuper, comment va Ciel ? Il n'est pas là ?
-Il est parti draguer des mecs.
-Vous êtes sérieux ? Vous le laissez faire ?
-Il plaisantait évidemment. Il ne draguera personne. En plus, vous vous feriez vite repérer.
-Il ne le fera pas, pas d'inquiétude, répondit Ciel.
En effet, Ciel ne draguait personne, il s'ennuyait littéralement.
-Pourquoi il ne veut rien faire avec moi ? Quel imbécile.
-Mon petit, tu es tout seul ? Ou est ton chevalier servant ?
C'était un des collègues de Sebastian.
-Oui, répondit Ciel.
-Il est toujours avec toi, d'habitude. On dirait un couple.
-Non je n'ai pas besoin de lui pour me protéger, je suis assez grand.
-Ah bon ? On se dit tous qu'il a de la chance.
-Pourquoi ? demanda Ciel.
-Parce que tout le monde voudrait t'avoir mais lui il ne fait rien. C'est dommage, tu es jeune et docile. Tu dois être facile à choper.
-Arrêtez avec vos idées bizarres, j'ai 14 ans.
-Justement, tout le monde voudrait bien te choper, je devrais en profiter aussi vus que tu es seul.
Ciel sentant de mauvaises intentions de son interlocuteur, décida de s'en aller.
Mais l'homme bien plus vieux, le maintenait par le bras.
-Lâchez-moi espèce de malade.
-Tu crois que je vais laisser passer ma chance ? Tu rêves alors suis moi sans faire d'histoire.
Soudain il senti un bout pointu sous sa gorge.
-Tu le lâches ou je te tue sur place.
-C'est le chevalier servant. Tu viens défendre les plus faibles. Avoue que tu te le tapes.
-Non puisque moi je ne couche pas avec des enfants, contrairement à toi, répondit Sebastian.
-Menteur, tu sors avec, avoue.
-Non, j'ai une morale contrairement à toi.
Ciel blessé par fini par avouer.
-J'en ai marre de mentir, on sort ensemble et lui ne me traite pas comme un vulgaire objet sexuel.
-Ciel, je suis flatté mais tu viens de casser notre couverture.
-Tu sors avec l'ennemi alors ? Traitre. Tu mérites que je te tue pour ta trahison.
-L'ennemi ?
-On sait que c'est un espion. Et tu sais comment ton petit protégé finira non ? Tu connais la procédure.
-La procédure ? demanda Ciel.
-Il ne sait pas apparemment. Tu as torturé pas mal de gens pourtant. Tu ne lui as pas expliqué les détails ? Si on vous choper, non seulement on te fusille et lui il subira des heures et des heures de questionnement.
-Si tu crois que je vais te laisser parler.
-Ah tu crois ?
Puis l'homme se jeta sur Sebastian.
Ciel voyant Sebastian en mauvaise posture décida de tirer.
Il visa l'homme qui s'écroula au sol.
-Je viens de tuer quelqu'un, encore.
Sebastian semblait en colère.
-Je suis désole, je n'aurai pas dû lui dire. Je n'aurai pas dû rester seul. Tu m'avais prévenu pourtant.
Sebastian s'avanca vers Ciel et le serra contre lui.
-Tu m'étouffes.
-J'ai tellement peur pour toi ici, il faut que l'on s'en aille avant.
-Mais si je ne réponds plus, ils se poseront des questions.
-On finira par se faire repérer, on va s'en aller avant tes 15 ans, tu es d'accord ? demanda Ciel.
-J'irai partout avec toi. Je déteste tous ces gens qui viennent autour de moi.
-Je sais, discutons-en avec Claude et Alois, et démarrons notre plan d'attaque.
