Jamais deux sans trois, dit-on ! Alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Allez hop la suite !
Une seule chose sur les chapitres à venir. Je pense faire une alternance de points de vues. Je voulais faire un chapitre pour un POV, mais les chapitres seraient de longueurs trop inégales, alors il y aura plusieurs POV dans un chapitre, j'espère que ça restera clair et compréhensible !
Enfin voilà je voulais juste vous prévenir !
Bonne lecture !
Ewi-laaan.
Hermione regarda la porte se fermer derrière Draco, et se laissa tomber sur le canapé vert émeraude. Il l'avait embrassée. C'était bien réel cette fois. Il lui avait dit qu'il l'aimait. Et il l'avait appelée Hermione. Waouh... Un sourire béat se dessina sur ses lèvres. Elle avait mis la main sur le dernier homme parfait disponible sur cette Terre ! Sa béatitude s'effaça vite pour laisser place à l'inquiétude. Et si Olivier le lâchait ? Non, il ne ferait jamais ça. C'était un ancien Gryffondor et avait tiré un trait sur une éventuelle relation avec Hermione. La jeune femme se forçait à se répéter que tout allait bien se passer, que son petit ami (et Merlin comme elle aimait penser à lui en tant que tel !) n'était pas seul, qu'il était un sorcier remarquable et entraîné, accompagné d'un autre sorcier tout aussi doué. Et puis rien n'indiquait que les intentions de son père soient mauvaises. Elle se leva du canapé et se dirigea vers la chambre de Draco. Tout était semblable à la sienne, exception faite de la couleur des décorations. Elle s'installa dans le lit et se blottit dans les couvertures de Malefoy, en respirant son odeur sur son oreiller. Un sourire innocent et rassuré se dessina sur ses lèvres, puis elle s'endormit paisiblement.
Draco ferma la porte derrière lui et courut jusqu'aux portes du parc de Poudlard. Non pas qu'il fusse en retard, mais courir lui vidait l'esprit, lui permettait de se ressourcer. Pendant sa course il ne pensait pas à son père, ni même à sa mère, mais à Hermione. Hermione qui l'aimait, et qu'il aimait. Incroyable ! Lui, Draco Malefoy, amoureux de Hermione Granger, fille de Moldus... Qui l'aurait cru ? Et pourtant Merlin comme il l'aimait ! Il se plaisait à l'imaginer endormie, son visage enfantin débarrassé de tout souci. Peut être rêvait-elle de lui ? Il était à présent dans le parc du château, et le fin croissant de Lune se reflétait dans le Lac, comme si le ciel lui souriait. Il leva les yeux vers les étoiles en se disant que sa mère était peut être parmi elles. Il songeait à ce qu'Hermione lui avait dit. Et fût forcé d'admettre qu'elle avait raison : là-haut, sa mère était sûrement fière de lui, fière que son fils ait une relation avec une femme qu'il aime et ait dit non à une tradition sorcière à laquelle elle n'avait pas su dire non. Il sourit, comme une réponse à la Lune qui semblait vouloir le rassurer.
Draco arriva bien vite au portail en fer forgé, et, une fois l'enceinte de l'école franchie, transplana jusqu'à la porte des Trois Balais. Lorsqu'il arriva, Olivier l'attendait déjà.
"- Tu m'attends depuis longtemps ?
- Non je suis arrivé il y a deux minutes...
- D'accord... Et... Merci. Merci de m'accompagner. Hermione voulait pas que j'y aille seul, et je dois avouer que ça me rassure aussi d'avoir quelqu'un avec moi.
- Me remercie pas, c'est rien. Je suis vraiment désolé pour ta mère.
- C'est gentil.
- C'est normal... Depuis qu'on est gosses on a toujours été ennemis, mais tu sais, je pense pas que la couleur d'une cravate d'uniforme puisse vraiment déterminer qui on est.
- En l'occurence le vert m'allait très bien. Je sais que j'étais un vrai petit con, mais j'étais qu'un gamin qui répétait ce que son père faisait. J'ai changé, à présent.
- J'en doute pas une seconde. Hermione te fait confiance et je fais confiance à Hermione.
- On oublie tout ça alors ? On est amis ?
- On est amis."
Les deux hommes sourirent et se serrèrent la main. Draco transplana et entraîna Olivier avec lui. Ils arrivèrent devant les grilles du parc du Manoir Malefoy.
"- Waouh. Classe ! lâcha Olivier.
- Et encore tu l'as pas vu en bon état.
- Un peu flippant quand même...
- Question d'habitude... Suis moi, sinon on va être en retard."
Draco avança sur le chemin dallé qui conduisait jusqu'à l'entrée du manoir et Olivier lui emboîta le pas. Il leur fallut moins d'une minute pour atteindre l'imposante porte en ébène massif de la demeure. Draco frappa 3 fois à la porte grâce au heurtoir en forme de tête de serpent, puis attendit patiemment qu'on vienne lui ouvrir. Olivier regardait la bâtisse d'un air curieux quand une vieille dame habillée de noir apparût dans l'embrasure de la porte.
"- Monsieur Malefoy, vous êtes venu. Mes plus sincères condoléances... chuchota la femme en enlaçant Draco.
- Bonjour Emily. Voici Olivier Dubois, un collègue et ami. Olivier, je te présente Emily Watson, ma gouvernante. Elle s'occupait de moi quand j'étais petit.
Olivier serra la main d'Emily avec courtoisie.
"- J'aurais aimé vous rencontrer en d'autres circonstances, Monsieur."
Tous les trois pénétrèrent dans l'immense hall d'entrée.
"- Monsieur, votre mère repose dans sa chambre en attendant que vous ayiez fait un choix concernant les obsèques. Monsieur Malefoy votre Père se trouve dans son bureau. N'hésitez pas si vous avez besoin à m'appeler, je serai dans ma chambre.
- Je vous remercie Emily, vous pouvez disposer.
La gouvernante inclina la tête et s'éloigna.
- Ca va ? demanda Olivier.
Draco acquiesça d'un signe de tête.
- Allez on y va...
- Attends, j'aimerais d'abord voir ma mère.
- Oui, bien sûr, allons-y."
Ils empruntèrent des couloirs sombres, à peine éclairés par quelques chandeliers accrochés aux murs, puis arrivèrent jusqu'à une porte de bois foncé.
"Vas-y, je t'attends devant la porte. Je doute que ton père ou un de ses sbires t'attende là-dedans avec sa baguette, prêt à te tuer."
Draco hocha la tête, reconnaissant qu'Olivier lui laisse un peu d'intimité avec sa mère. Il appuya doucement sur la poignée de la porte et pénétra dans la chambre de sa mère. Seuls deux chandeliers posés sur les tables de nuit de part et d'autre du lit éclairaient la pièce. Le grand miroir de la coiffeuse d'antiquaire était recouvert d'un drap noir. Un fauteuil était installé à côté du lit sur lequel reposait Narcissa Malefoy. Draco, des larmes silencieuses ruisselant sur son visage, s'approcha lentement de sa mère et s'assit sur le fauteuil. Il la regarda pendant quelques minutes, sans savoir quoi faire. Seul le bruit de sa respiration troublait le silence feutré qui régnait dans la pièce. Il se sentait irrespectueux de venir ici troubler la quiétude de sa mère avec le bruit de son souffle alors qu'elle avait été privée du sien. Il ferma les yeux quelques secondes, puis se leva afin de se rapprocher de la défunte. D'une main tremblante, il caressa sa joue et laissa échapper un sanglot. Puis un autre. Il pleura à chaudes larmes et sanglota quelques minutes sur la dépouille de sa mère, puis se redressa et se rassis, apaisé. Même morte, elle savait calmer ses pleurs. Il se trouva alors un peu bête, assis dans ce fauteuil, et se demanda ce qu'Hermione voudrait qu'il fasse. Lui parler. Voilà ce qu'elle voudrait qu'il fasse. Il s'humecta les lèvres, s'éclaircit la gorge, et commença alors à murmurer.
"Maman..."
Bien, voilà qui était toujours un début.
"Maman... C'est moi, Draco. Je... Je sais pas si tu m'entends, en fait, mais... Je me suis dit qu'une très bonne amie à moi voudrait que je te parle, et je crois qu'elle aurait raison, alors... Alors voilà je te parle."
Draco balbutiait et peinait à trouver ses mots. Mais il savait qu'il allait y arriver.
"Tu sais, le jour du mariage, quand j'ai transplané... J'ai atterri dans la chambre 11 du Chaudron Baveur. Je ne sais pas pourquoi, c'est le premier endroit qui m'est venu à l'esprit. J'ai donc transplané là-bas, sauf que la chambre était occupée ! Et tu sais par qui ? Par Hermione Granger ! Elle a eu la gentillesse de m'héberger jusqu'à ce qu'elle parte à Poudlard (en tant que prof de Métamorphose). Alors que toute ma vie je l'ai pourrie à cause des conneries que me débitait Père. On a été amenés à cohabiter, et on s'est rendus compte qu'on s'entendait plutôt bien, finalement. J'ai eu le poste de prof de Potions, du coup, on s'est pas vraiment quittés. Mais on pouvait pas trop montrer qu'on était amis. Pour pas la mettre en danger. Par rapport à Père, aux Parkison... Enfin bref, avec le temps, on a plus fait attention au regard des autres, et on a plus caché notre complicité, et finalement... Je suis tombé amoureux d'elle. Et elle aussi.
Quand elle a appris ton décès, elle a été là pour moi. Elle m'a écouté, elle m'a parlé aussi. Elle m'a dit que tu était fière de moi et que tu m'aimais. J'espère qu'elle avait raison, que tu es fière de ce que j'ai fait du mariage, que tu es fière que je sois avec celle que j'aime malgré les préjugés, que tu es fière de moi et que tu m'aimes. Je crois que oui. Moi en tout cas, je suis fier de toi et je t'aime."
Il déposa un baiser sur le front de sa mère.
"On se reverra peut être quand ce sera mon tour. Je t'aime, Maman."
Et il sortit de la chambre en fermant la porte. Olivier remarqua ses yeux rougis et ses joues creusées par les larmes.
"- Ca va ?
- Oui ça va.
- C'est vrai ?
- Oui, ça va mieux.
- Bien. Tu es prêt ?
- Allons-y."
Draco avança davantage vers le couloir, jusqu'à la porte du bureau de son père. Il frappa à la porte et la voix de son père étouffée par l'épaisseur du bois lui répondit.
"Entrez."
