Bonjour à tous ! Et ouais, j'aurais pris mon temps pour celui-là et bien qu'il soit un tout petit peu plus long que les autres, il casse pas trois pattes à un canard donc bon...

MAIS ! J'ai été un peu surbooké depuis ces dernières semaines parce que... J'AI EU MA LICENCE ! Bouya ! Donc fallait fêter ça. De plus, ma famille est composé à 70% de gémeaux. Ouais, je suis entouré de Kanon et de Saga. Mais pas le gentil Saga, hein, le Dark Saga complètement fou et mal léché (Sauf mon papi qui était un sage et gentil Saga, héhé !). Donc vous comprendrez bien que tous mes week-ends étaient, sont et seront pris par des anniversaires. Surtout que pour le coup, j'ai emmené mon cousin ce faire tatouer (encore un gémeau) et ma cousine se faire percer (ah, un taureau !) parce que je suis la grande cousine rebelle tatouée et percée de la famille ! Je suis THE référence et c'est pas tous les jours rigolo... Mon porte-monnaie souffre, surtout qu'il y avait aussi la fête des mères et que ma maman est aussi gémeaux, double combo (et bientôt, la fête des pères pour mon petit poisson de papa !). On se sent seul avec mon frère (Scorpion), mon papa et moi-même (Balance) avec tout ces gémeaux, c'est vraiment dur parfois, snif... Mai/Juin, on est tous fauché ! Mais ! Parce qu'il y a un mai, j'ai commencé à travailler dans un supermarché où je m'étais engagé depuis un moment ! Donc mes journées sont bien remplies ! Oui, oui, je ne fous pas que dalle à câliner mon chaton, même si j'adore ça !

Donc voilà, un petit résumé de vie dont tout le monde s'en fout ! Mais c'est pour tout ces petits facteurs que l'écriture du chapitre a bien, bien, biiiieeen tardé !

De plus ! TRES IMPORTANT ! LISEZ ! : Katô a fait des petits fanarts des couples de cette fic. Vi vi ! Parce qu'il n'y a plus de doute possible, ils sont publiés sur son deviantart (KuroKato) et je l'ai tellement contaminé qu'elle a fait aussi un petit dessin de Deathmask et un autre d'Aphrodite ! Le lien est au début de mon profil, allez voir et n'hésitez pas à commenter, elle est très gentille et elle répond aux commentaires mis ! D'ailleurs, c'est elle qui a fait le petit Shun en illustration de cette fic ! Héhé !

Sur ce... Bonne lecture !


Après avoir frappé et entendu un « entrez ! » crié par Milo, Aiolia entra, suivi de près par Shun. Ils avancèrent jusqu'au salon et tombèrent sur Milo et Camus affalés sur le canapé, en train de regarder les dessins animés du matin tout en vidant un paquet de céréales au chocolat. Shun eut un sourire attendri tandis que le Lion se dirigeait vers la cuisine.

Milo décolla finalement son regard de la télé pour le poser sur lui. Ses grands yeux bleus le détaillèrent un instant, encore imprégnés de l'innocence du programme qu'ils visionnaient. Shun les trouva touchant, ainsi installés l'un contre l'autre dans des pyjamas dépareillés et aux couleurs vives, les cheveux en désordre et d'épaisses chaussettes bariolées aux pieds pour ne pas avoir froid. Un plaide léopard était roulé en boule dans un coin du canapé alors qu'un autre à l'effigie de Bouddha les recouvrait partiellement.

Ils avaient tout l'air de deux enfants s'étant réveillés trop tôt alors qu'il n'y avait pas école et qui s'étaient installés devant la télé en attendant que leurs parents se lèvent. Mais cette douce image se fissura quand un sourire grivois apparut sur les lèvres de Milo qui déclara :

_J'en connais deux qui se sont envoyés en l'air ! »

Jusqu'alors absorbé par son dessin animé, Camus se tourna enfin vers lui, le visage encore un peu froissé par le sommeil, les yeux légèrement plissés. Il détailla un Shun rougissant sous leur regards inquisiteurs : ses joues roses, ses yeux pétillants, ses cheveux humides, les mêmes vêtements que la veille. Il n'était donc pas rentré chez lui et il s'était passé quelque chose.

Aiolia choisit ce moment pour revenir avec deux sacs poubelles. Il en tendit un à Shun sans un mot mais lança un regard d'avertissement au couple sur le canapé. Camus se détourna alors bien vite de leurs invités pour retourner à la télé alors que Milo ne quittait pas Shun des yeux. Le lycéen se détourna avec gêne.

« Par où je commence ? Marmonna-t-il en prenant conscience du nombre incroyable de verres, de bouteilles, de sachets de chips – et de ce qui restait de leur contenus – étalés dans tout l'appartement.

_Tu n'as qu'à faire les chambres, fit Aiolia en plissant le nez en avisant un amas de serviettes imbibées d'alcool par terre.

_D'accord.. »

Il se dirigea vers le couloir, non sans sentir le regard de Milo sur sa nuque, sûrement à la recherche d'une quelconque marque. Il regrettait parfois de s'être fait coupé les cheveux si courts, même s'ils avaient recommencés en pousser.

Il entra dans la première chambre qu'il n'avait pas vu la veille. Ce devait être celle de Mû car elle était pleine à craquer de livres, de feuilles et de notes étalés au sol, sur les murs et même dans le lit. Même sur a fenêtre y étaient dessinés des schémas complexes. Le lit était légèrement défait et la petite poubelles près du bureau était pleine de préservatifs usagés. Au moins, les squatteurs d'une nuit avait su rester propres et couverts. Shun vida la poubelle dans son sac et jeta un dernier regard alentour. Pas de verres, ni de bouteilles d'alcool. Il souleva la couverture au cas où et fit ensuite le lit au carré avant de sortir.

Il entra ensuite dans la chambre de Shaka, là où il avait surpris Hyoga avec Seika. L'air lui parut plus lourd et il s'empressa d'ouvrir la fenêtre. Là encore, les draps étaient froissés et la poubelle, pleine de capotes usagés. Mais quelques verres en plastiques résidaient sur le bureau et la table de chevet. Il se mit à jeter les intrus tout en se faisant violence pour ne pas repenser aux images de la veille. Il s'empressa ensuite de sortir après avoir refermé la fenêtre et entra dans la chambre de Milo.

La seul et unique porte-fenêtre de l'appartement s'y trouvait et menait sur un petit balcon. Il l'ouvrit à son tour pour laisser l'air et la lumière pénétrer la pièce. Le lit y était bien plus défait que les deux autres et il détourna le regard en remettant la couette en place. Il vida la poubelle et grimaça en voyant le nombre de verres à moitié plein sur la table de chevet et le foutoir qui servait de bureau. Il prit un gobelet et alla sur le balcon. Il était petit et vide à l'exception d'une petite plante verte et d'un cendrier. Shun vérifia qu'il n'y avait personne en bas et versa le fond d'alcool par dessus la barrière. Par chance, il y avait un petit carré d'herbe juste en bas. Il recommença pour chaque verre. Quand il récupéra le dernier verre, il aperçut enfin un cadre photo sur la table de chevet. Il se pencha un peu pour voir son contenu et sourit. Milo et Camus se tenaient l'un contre l'autre, de larges et rondes oreilles noires sur le haut de la tête alors qu'ils étaient à Disneyland. À la gauche de Milo se tenait Peter Pan et à la droite de Camus, une immense fée Clochette. Ce qui attira l'attention de Shun, ce ne fut pas leurs mines réjouies, ni le regard doux que posait Camus sur Milo. Mais leurs couleur de cheveux. Milo était d'un blond très clair, presque similaire à celui de Hyoga, tandis que Camus était aussi rouge que la cerise.

« On a été à Disney pour fêter nos un an. » Murmura Camus derrière lui.

Shun sursauta et fit volte-face. L'étudiant lui offrit un mince sourire et alla ouvrir le placard, très certainement à la recherche de vêtements propres.

« On était encore au lycée.

_Vous êtes ensemble depuis combien de temps ? » Ne put s'empêcher de demander le lycéen.

Camus parut réfléchir, levant les yeux au plafond, un doigt aux lèvres. Ses lèvres murmurèrent des chiffre. Dix-huit, dix-neuf, vingt, vingt et un, vingt-deux, vingt-trois...

« Ça fera sept ans cet été. On est sortit ensemble en première. Après avoir passé toute notre scolarité à se voler dans les plumes.

_C'est-à-dire ? » Rit doucement Shun.

Le sourire de Camus s'élargit lentement alors qu'il attrapait deux jeans.

« On s'est toujours détesté, on se faisait les pires coups bas, on en venait même au poing... »

Camus se souvenait parfaitement. En maternelle, ils n'arrêtaient pas de se chamailler, de voler le goûter ou les jouets de l'autre. En primaire, Milo lui tirait souvent les cheveux et lui-même l'accusait de tricher pendant les contrôles parce qu'ils étaient toujours assis côte à côte. Au collège, c'était l'horreur. Ils commencèrent à s'insulter copieusement, à se bagarrer. En seconde, c'était devenu vraiment tendu. Milo avait changé, il était plus séduisant, beaucoup plus séduisant et Camus s'était alors rendu compte de ses sentiments. Son corps avait commencé à réagir au son de sa voix, à son toucher, à son regard posé sur lui. Alors il était devenu plus agressif. Agressif et très distant. On dit bien qu'il n'y a qu'un pas entre la haine et l'amour.

Puis vers la fin de la seconde, alors qu'il quittait la patinoire après un cours du soir, il avait entendu du bruit et avait trouvé Aiolia et Milo, entrés par effraction pour profiter de la glace sans payer. Ils avaient voulu se séparer pour ne pas être attraper. Le châtain avait pris la fuite par la droite tandis que Milo, par la gauche mais il ne savait alors pas patiner et avait glissé. Camus l'aurait volontiers laissé là, agonisant sur la glace mais Milo, mal retombé, l'avait appelé, supplié de l'aider parce que son poignet formait un angle bizarre.

« Une fois, on a passé une nuit aux urgences à cause de lui. » Murmura l'étudiant avec un bref sourire nostalgique.

Ils avaient passé des heures à attendre. Dans la souffrance pour Milo, dans l'ennui et la gêne pour Camus. Alors ils avaient commencé à parler, à discuter réellement. Camus avait même regretté que le médecin n'arrive et n'emmène le blond. Les jours suivant, ce fut avec une certaine gêne qu'ils se recroisèrent dans les couloirs et en salle de classe. Et de fil en aiguille, ils s'étaient vu à la bibliothèque, à la patinoire, au gymnase. Ils s'attendaient à la fin des cours, à la sortie du lycée. Milo était d'abord devenu un ami, un confident puis un amant.

Shun le regarda jeter les vêtements sur le lit puis prendre une large pince crocodile sous l'oreiller pour attacher ses longs cheveux vert d'eau. Le lycéen se mordit la lèvre et ne put, encore une fois, s'empêcher de poser une question indiscrète.

« Comment tu as su que c'était le bon ? »

Camus leva un regard surpris vers lui et aussitôt, Shun se reprit et agita les mains d'un air gêné.

« Oublie ça, j'ai pas à me mêler de ta vie comme ça. J'aurais pas du demander ça.. »

Il commençait à quitter la pièce quand l'étudiant murmura :

« Tu hésites encore entre Hyoga et Aiolia. »

Shun se figea près de la porte, la main sur la poignet, et leva un regard timide vers lui. Camus l'observait en silence, l'expression si neutre qu'il paraissait fait de cire. Tout doucement, le plus jeune hocha de la tête et s'empressa d'ajouter.

« Je sais que je n'ai aucune chance avec Hyoga... Mais ce n'est pas une raison pour me rabattre sur Aiolia. Même si je l'apprécie beaucoup. Et... Et j'aime Hyoga... » Avoua-t-il après une brève hésitation.

Camus pencha la tête sur le côté, l'air de réfléchir. Puis il se dirigea vers le bureau. Il vira une grande partie des feuilles de cours et des cahiers par terre pour trouver un album photo.

« S'il croit qu'il est bien caché là-dessous, marmonna-t-il pour lui-même. Pour répondre à ta question... »

Il s'assit sur le lit et l'invita à faire de même. Shun se posa vite près de lui, curieux.

« Cela dépend des gens mais pour ma part, la vérité m'a frappé en pleine face quand je ne m'y attendais pas. »

Il ouvrit le recueil et Shun découvrit une première photo de classe. En lisant la date dans un coin, il apprit que le cliché avait dix-huit ans. Camus eut un sourire en coin et lui montra une petite bouille aux joues un peu trop ronde et aux cheveux blonds, presque blanc.

« A l'époque, on le surnommait Bouboule. Il déteste ce surnom... »

Shun écarquilla les yeux en reconnaissant Milo sur la photo. Derrière son large sourire où une incisive manquait, ses grands yeux bleus, toujours les mêmes aujourd'hui, pétillaient d'amusement. Mais l'enfant était visiblement en surpoids pour son âge.

« Il mangeait bien à la cantine, nota le lycéen avec un sourire attendri.

_C'était surtout sa mère qui le laissait manger tout et n'importe quoi, en plus de lui faire à manger tout le temps. »

Puis son doigt glissa à l'opposé de la photo et il désigna un petit garçon aux cheveux rouge. Camus avait une mine renfrogné et il était ce qu'il y avait de plus fin et fragile dans son large pull en laine. Le contraste était étonnant.

« Déjà à l'époque, on voyait une différence. » Murmura-t-il.

Avant de tourner la page, il montra silencieusement un troisième enfant, assis à côté de Milo. Les cheveux châtain clair, presque blond, le regard perçant mais le sourire narquois. Shun reconnut bien vite Aiolia, qui avait tout l'air d'un vrai garnement avec ce large pansement sur le genoux droit et ces nombreuses égratignures qu'il avait sur les jambes et les bras.

Camus fit lentement défiler les photos, les montrant à chaque fois tous les trois. Tout comme Camus, Aiolia resta un moment rachitique, jusqu'au collègue où il commença enfin à s'étoffer. Mais le petit Camus restait maigre tandis que les courbes de Milo restait rondes et généreuses. Les dernières années du collège furent marquées par des moues renfrognées de la part des deux meilleurs amis et Camus lui expliqua brièvement qu'ils avaient hérité de magnifiques appareils dentaires. De même au lycée. Mais de la dernière photo du collègue à la première du lycée, Milo avait dû perdre au bas mot une vingtaine de kilos, sinon plus. Et les muscles s'étaient développés très rapidement par la suite.

« Milo a beaucoup changé, souffla Shun.

_Hn. Il était tombé amoureux d'un garçon au collège. Mais il l'a repoussé parce qu'il était « trop moche » d'après lui. Peut-être que le poids et les bagues y étaient pour beaucoup. Personne n'a eu de nouvelle de lui pendant tout l'été. Même pas Aiolia. Et à la rentrée en seconde, il était métamorphosé. »

Camus ferma l'album et le glissa sous le lit. Il savait que Milo n'avait pas décidé de changer pour ce garçon. Mais pour se sentir bien dans son corps. Et quand ils commencèrent à sortir ensemble, Camus commença à prendre du poids de son côté. Parce que même si Milo faisait attention à ce qu'il mangeait, il était hors de question qu'il se prive tout le temps. Et alors que Camus n'avait jamais été un gros mangeur pour rester « mince », il prit peu à peu quelques kilos à être tout le temps avec lui, à sortir en ville avec lui, à manger avec lui. Les creux entre ses côtes se remplirent, ses joues reprirent des couleurs, ses muscles se développèrent et sa fragilité s'estompa. Camus put faire pleinement du sport sans être rapidement fatigué. Il pouvait enfin faire ce qu'il aimait le plus au monde, patiner pendant des heures sans s'arrêter. Et dans les bras de Milo, sous ses mains et son regard, pour la première fois de toute sa vie, il se sentit beau. Il se sentit désirable. Ce fut lors de leur première fois qu'il réalisa que Milo était le bon pour lui.

Camus regarda Shun et prit le temps de lui expliquer. Il lui expliqua que Milo était le bon car il l'acceptait comme il était. Il acceptait ses nombreux défauts, son caractère maussade, son côté stricte mais aussi très bordélique quand il s'agissait de son propre appartement, sa capacité à laisser deux gouttes de lait dans la bouteille et à la remettre quand même au frigo, son incapacité à faire une lessive correcte ou à s'occuper d'une plante ou d'un animal. Il pouvait même dire que Milo appréciait toutes ces petites fissures dans sa carapace d'homme intransigeant. Et de son côté, Camus aimait être réveillé par les ronflements de Milo, le voir pleurer devant un film triste, l'entendre chanter faux sous la douche, lui piquer sa nourriture et l'entendre se plaindre.

Shun sentit ses mains trembler alors que l'étudiant se confiait si facilement auprès de lui. Finalement, Camus se tut et le regarda longuement. Il posa finalement sa main sur les siennes et lui chuchota d'un air complice :

_Choisis celui qui te comble le plus. La passion apparaît la première mais elle est éphémère. L'amour, lui, s'installe au fil du temps et s'entretient chaque jour. »

L'adolescent acquiesça vivement, buvant ses paroles. La porte s'ouvrit alors brusquement sur Milo et Aiolia.

« Oh, vous faîtes quoi ici ? Aiolia a dû se débrouiller tout seul !

_Oh mince ! »

Shun bondit sur ses pieds et se confondit en excuses. Aiolia retint un rire.

« Aah, mais je sais pas si je vais te pardonner, soupira-t-il faussement en se grattant l'arrière de la tête.

_Fais de lui ton chien servile pendant une semaine, c'est de sa faute si tu as du te salir les mains ce matin. » Ajouta fièrement Milo en croisant les bras.

Shun entendit Camus soupirer derrière lui alors que les deux meilleurs amis commençaient à ricaner bêtement. Mais avant que le châtain n'ouvre la bouche, le lycéen s'exclama sans méchanceté mais avec argne :

_On ne t'a rien demandé, « Bouboule » ! »

Puis il sursauta en réalisant la portée des mots qu'il avait prononcé. Milo blêmit et ouvrit la bouche, outré. Aiolia se figea et Shun sentit Camus se tendre derrière lui. Puis le jeune homme aux cheveux indigo se tourna vers Aiolia et pointa un doigt accusateur vers lui.

« Tu lui as dit ?

_Quoi ?

_Faux-frère !

_Mais !

_Traître ! »

Aiolia secoua vivement la tête.

« Je ne lui ai rien dit !

_Mais bien sûr ! Tu l'as ramené chez toi et vous avez enfilé des perles ?

_Mais non !

_Tu lui as dit, tu m'en dois une !

_Je te dis que je n'ai rien dit ! C'est pas vrai ça ! » Cria presque le châtain qui se retenait difficilement d'éclater de rire.

Le visage de Milo se colora de rouge sous la colère et ce fut ce moment que choisit Camus pour se lever et prendre la parole.

« C'est moi qui vient de lui dire. »

Il reçut un regard surpris de la part de son petit ami.

« Mais Cam'... C'est pas sympa ! Fit-il alors puérilement, à court de mots.

_Je sais, mais du coup je t'en dois une. »

Le silence se fit alors que les yeux de Milo s'agrandissaient d'intérêt. Il lança un regard à Shun puis à Aiolia. Puis il regarda Camus, comme pour être sûr de ce qu'il venait d'entendre avant de se retourner une dernière fois vers leurs deux invités.

« Vous pouvez partir, je passerais l'aspi' plus tard. »

Shun manqua de s'étouffer. Il n'était pas sûr de comprendre ce qu'il se passait. Milo leur fit un petit signe de la main, toute colère envolée, un large sourire aux lèvres et Aiolia saisit la main du lycéen.

« Fuyons vite avant qu'il ne change d'avis, ou qu'ils se sautent dessus. » Ajouta-t-il plus bas.

Éberlué, Shun se laissa tirer dehors et regarda Aiolia une fois que la porte fut close.

« J'ai pas compris..., marmotta-t-il en descendant les marches.

_Entre eux, « je t'en dois une » veut dire qu'ils peuvent échanger les rôles au lit. Cette fois, Camus va se laisser prendre sans se plaindre ou du moins, sans essayer de prendre le dessus, expliqua l'étudiant juste derrière lui. Parfois, c'est galère. Par exemple au camping, ils font un de ces boucans...

_Ils échangent les rôles pour ça ?

_Ouais, ils le font pour tout et n'importe quoi. C'est un truc entre eux.

_Du coup... Il n'y a pas de « rôle » attitré... »

Aiolia leva les yeux vers un Shun songeur.

« Tu sais, Shun... Il n'y a pas de rôle, ni de règle avec celui que l'on aime. Ils font ça pour s'amuser et mettre un peu de « piment ». Ou faire chier le monde aussi... »

Shun le regarda et sourit. Sa main était toujours dans la sienne et les doigts d'Aiolia étaient chauds et doux dans sa paume.

« Je n'aurais pas du l'appeler comme ça...

_En effet, il a tendance à se vexer très facilement. Mais c'est étonnant que Camus t'en ai parlé.

_En fait, il m'a montré vos photos de classes...

_Pourquoi ? » Demanda un peu brusquement l'étudiant.

Tout en haussant les épaules, Shun regarda droit devant lui. Il ne pouvait pas lui en parler, du moins pas maintenant.

OoOoO

Ils retrouvèrent la voiture d'Aiolia garée plus loin et l'étudiant le reconduisit chez lui. Un léger silence s'était installé et Shun se pencha vers la radio. Il s'agissait d'un vieux modèle et il eut du mal à l'allumer puis à trouver une station potable. Puis il se renfonça dans son siège et regarda le paysage défiler par sa fenêtre.

Aiolia lui jeta un coup d'œil. Le lycéen avait l'air complètement ailleurs depuis qu'ils avaient quitté l'appartement de son meilleur ami et il se demandait bien ce qui pouvait le faire réfléchir autant. Finalement, il se gara devant son immeuble et se tourna vers lui.

Shun se détacha et le regarda. Il ouvrit la bouche mais la referma bien vite sans savoir quoi dire. Quelques minutes passèrent où ils se contentèrent de se regarder sans dire un mot. Finalement, Aiolia amorça un mouvement vers lui. Shun sentit ses joues lui brûler et ferma les yeux. L'étudiant le détailla une demi-seconde : ses cils épais et long, ses petits sourcils légèrement plissés, ses lèvres roses, ses boucles vertes qui se chamaillaient sur son front et ses joues. Finalement, il déposa un chaste baiser sur une de ses joues brûlantes et s'écarta.

Shun rouvrit les yeux avec surprise et l'interrogea du regard mais Aiolia lui renvoya un simple sourire amusé.

« On se voit lundi, à la sortie des cours. » Lui dit-il lentement.

Le lycéen acquiesça et ouvrit la portière mais avant de descendre, il claqua lui aussi un baiser sur sa joue et fila comme le vent. Aiolia, un sourire surpris aux lèvres, le regarda s'éloigner à travers la fenêtre et murmura pour lui-même :

_S'il se retourne, c'est que je lui plais. »

Il le répéta comme une litanie jusqu'à ce que Shun atteigne la porte. Il chercha ses clés puis lui jeta un dernier regard avant d'entrer rapidement. Aiolia ne put retenir un large sourire d'apparaître sur son visage et il redémarra avec joie.

OoOoO

Shun gravit les nombreuses marches sans s'arrêter et sans reprendre son souffle avant d'entrer en trombe dans l'appartement. Il referma la porte et s'y appuya, le souffle erratique, les jambes tremblantes et le cœur battant jusque dans ses paupières closes. Il avait tellement eu envie de l'embrasser, que Aiolia l'embrasse et le retienne encore un peu dans sa voiture. Il aurait aimé que ce moment dure un petit peu plus et qu'ils ne se séparent pas avant lundi. Il porta des doigts tremblants à sa joue embrassée et se sentit davantage rougir à ce souvenir. Il secoua vivement la tête. Il fallait qu'il arrête. L'alcool lui avait fait faire une bêtise la veille. Aiolia devait très certainement se dire qu'il n'était qu'un coup d'un soir, ou du moins, qu'il n'y avait rien de sérieux entre eux. Sinon, il l'aurait embrassé, n'est-ce pas ? Un soupire lui échappa alors qu'il se rendait compte qu'il agissait comme un collégien. Ce n'était pas parce qu'ils s'étaient embrassé – et plus si affinité – la veille, que cela voulait forcément dire qu'ils étaient en couple. Et aucun des deux n'irait voir l'autre pour lui demander s'il voulait sortir avec lui. Shun se traita mentalement d'imbécile d'avoir songé à un possible baiser et à sa signification pendant tout le trajet en voiture alors qu'il aurait été plus intelligent de parler avec l'étudiant. Maintenant, il devrait attendre jusqu'à lundi soir...

« Shun, c'est toi ? » Demanda timidement une voix.

L'interpellé ouvrit les yeux. L'appartement était dans le noir complet et il s'empressa d'ouvrir le vasistas.

« Shiryu ? »

Son meilleur ami lui offrit un sourire gêné alors qu'il était recouvert par le corps endormi d'Ikki. Le lit n'était pas défait et ils portaient toujours leurs vêtements de la veille.

« Qu'est-ce que...

_Je l'ai raccompagné hier soir parce qu'il était trop ivre pour marcher droit, lui expliqua calmement le brun, les poumons légèrement compressés. Quand j'ai voulu l'aider à se coucher, il m'est tombé dessus et depuis... Je suis coincé, avoua-t-il avec honte.

_Ikki fait le poids d'un âne mort quand il est ivre, souffla le plus jeune en secouant la tête. Attend, je vais t'aider, on va le faire rouler sur le côté... »

Shiryu acquiesça vivement. Il avait à peine réussi à dormir avec une telle masse sur lui mais surtout avec le souffle chaud d'Ikki qui s'échouait sur sa gorge. Ils arrivèrent laborieusement à le dégager de là et l'aîné des deux frères émit un grognement pas content quand toute source de chaleur disparut.

« Je suis désolé, marmonna Shun.

_C'est pas grave, j'aurais dû faire plus attention.

_Non, tu étais déjà assez sympa de le raccompagner. Il était ivre comment ?

_Assez pour ne rien se rappeler, j'espère... »

Shun eut un petit sourire contrit et mit de l'eau à bouillir.

« Tu veux du thé ? »

Shiryu acquiesça et se frotta les yeux en s'asseyant sur une chaise. Shun déposa deux mug sur la table.

« Tu dois être épuisé. Une fois, il s'est retourné dans son sommeil et j'ai fini en dessous. J'ai jamais pu finir ma nuit, soupira-t-il en lançant un regard sombre à son grand frère toujours endormi très profondément.

_Je dormirais cet après-midi, le rassura alors Shiryu en agitant la main.

_Et ça ira pour demain ? »

Le brun lui sourit et acquiesça.

« Tu n'appréhendes pas trop ? Demanda Shun en versant de l'eau bouillante dans chaque tasse.

_Non. Ça ira, les chirurgiens sont des professionnels. Ils font ça tous les jours.

_Ouais mais c'est pas ceux de Grey's Anatomy. Ils ne seront pas aussi doués. »

Shiryu laissa échapper un rire tranquille et observa son sachet de thé infuser. Malgré tout ce qui pouvait dire, il trouvait lui-même qu'il était un peu trop calme alors qu'il se ferait opérer le lendemain matin.

« Ikki t'y emmène à quelle heure ?

_Je dois y être pour neuf heure mais je ne sais pas quand exactement on viendra me chercher, ni à quelle heure je sortirais... Du coup, je ne sais pas non plus à quelle heure Ikki sera rentré. » Répondit-il avec gêne.

Au fond, il s'en voulait de priver Shun de son grand-frère et de sa seule et unique famille. Le garçon aux cheveux verts lui offrit un doux sourire.

« Il m'a dit qu'il resterait avec toi le soir, pour être sûr que ça va, et qu'il rentrait sûrement très tard. »

Malgré lui, Shiryu en fut très rassuré et heureux. Il ne savait pas encore comment il arriverait à se débrouiller le soir, surtout le premier. Et la présence d'Ikki était un plus qu'il ne pouvait pas refuser. En parlant d'Ikki, ce dernier commençait à émerger et dans un grognement, il se redressa sur son séant. Les cheveux en bataille, le regard peu éveillé mais tout de même farouche, il observa quelques secondes les deux autres garçons comme s'ils étaient des intrus. Puis il se releva, encore un peu chancelant, et partit s'enfermer dans la salle de bain. Les deux lycéens s'entre-regardèrent et explosèrent de rire. Pour l'un, cela lui fit oublier un moment le dilemme qui occupait son cœur, pour l'autre, il pensa enfin à autre chose qu'à sa prochaine cécité.


Et voilà ! Tout ce beau monde avance bien ! Même si la scène entre Camus et Shun n'était pas du tout prévu... J'ai un peu exploité le cliché du confident. En fait, dans cette fic, j'essaye (je dis bien j'essaye) de parler de la découverte de l'amour et de la sexualité, la découverte de son corps, de ses sentiments, etc. De l'éveil de tout ce qui se joue dans une relation amoureuse. Evidemment, je me penche sur mes propres relations amoureuses qui n'ont jamais vraiment... Aboutis ! Mais on a tous connu ce petit état d'euphorie quand on commence à tomber amoureux, etc... Et le couple Camus/Milo serait alors le... couple de référence ? En tout cas, Camus est l'aîné, est passé par là, contrairement à Shiryu qui patauge un peu encore alors... Voilà, petit rapprochement !

J'espère ne pas vous avoir choqué avec un petit Milo gros. Je pense personnellement que les enfants obèses ne le sont pas par leur faute. Après tout, c'est à leur parent de faire attention qu'ils ne se goinfrent pas entre les repas et qu'ils mangent équilibrés. Et à cet âge, ce n'est pas encore hormonale (je sais de quoi je parle, j'ai pris 14 kilos avec deux pilules différentes). Et j'ai personnellement un petit cousin qui est obèse alors qu'il n'a que huit ans, tout comme sa grande soeur de douze ans. Et malheureusement, on ne peut rien dire à leurs parents sans qu'ils ne deviennent agressif. Ouais, je parle beaucoup de ma famille mais c'es pour vous expliquer pourquoi j'ai fait ce choix. Après tout, Milo n'est qu'un personnage secondaire mais tout le monde n'est pas parfait et taillé comme un grecque dés le plus jeune âge. On façonne son corps pour s'y sentir bien dedans. Et non pour plaire aux autres, même si le regard des autres nous rend mal à l'aise et peut être l'élément déclencheur. Et c'est pareil quand on est trop maigre !

Enfin, voilà, j'espère que c'était clair et que ça ne vous a pas trop ennuyé, cette petite déviation Camus/Milo, n'hésitez pas à me le dire ! Prochain chapitre : Opération de Shiryu, on va enfin retrouver notre Phoenix préféré ! Et Shun va revoir Hyoga... Tin, tin, tin !

Encore merci pour vos reviews, c'est vraiment toujours un plaisir de vous lire ! Bisous, bisous mes adorés !