Tout d'abord, Merci pour les reviews du chapitre précédent. J'espère que celui-ci vous plaira également et pardonnera l'attente que jvous fait subir.

Ayant peu de temps, je ne sais pas quand le prochain chapitre arrivera. J'essaie de faire en sorte que ce ne soit pas long, promis ;)

Merci Zona pour la correction et l'avis de certaines :)


Durant ce début de soirée totalement surréaliste, Henry et Elizabeth réclamèrent du popcorn. Regina se surprit elle-même à ne pas chercher à refuser. Pendant que la deuxième fournée s'occupait à éclater dans le micro-onde, les deux adolescents s'amusaient à jeter des grains dans la bouche de la blonde de l'autre côté du comptoir.

-Arrête de bouger, râla le jeune homme.

-Je ne bouge pas, rétorqua l'adulte en ramassant le popcorn au sol.

-Et là, tu fais quoi ?

La plus jeune se mit à rire, pas très discrètement et Regina aima cela. Elle avait l'air si pleine de vie et heureuse.

-Maman à toi ! S'exclama le seul homme de la pièce.

Elizabeth et Emma se tournèrent vers elle, le même sourire sur les lèvres. La mairesse soupira et s'avança jusqu'au saladier.

-D'accord, prenez en tous de la graine.

Emma, en face, ouvrit grand la bouche, droite comme un piquet. La brune se concentra et d'un geste sure jeta le maïs éclaté en direction de la blonde. Comme attiré par la gravité, il entra directement dans sa bouche. Elle le mâcha en souriant.

-Bingo, commenta-t-elle, bien joué !

Elle sentit son portable vibrer dans la poche de son jeans et se retint de soupirer.

-Vous avez des talents cachés, ajoute-t-elle, en rejetant l'appel.

Elle rangea son téléphone, dans sa veste avant de la rejoindre le saladier à la main. Les adolescents échangèrent un regard d'incompréhension.

-Vous n'avez pas idée, Shérif.

Ni Henry, ni Elizabeth ne releva le double sens de leur conversation. Une autre chose les préoccupait, le téléphone de leur mère blonde. Digne du petit garçon suspicieux de tout qu'il était, il lui fit signe qu'il s'occupait de ses mères et se leva pour les rejoindre.

Discrètement, la petite brune récupéra le portable où elle vit que l'appel venait de Neal et qu'il l'avait déjà appelé trois fois aujourd'hui. Appels auxquels, il semblerait qu'Emma n'ait pas donné suite.

La plus jeune leva les yeux et vit son frère la regarder. Il fronça les sourcils, comprenant que ce qu'elle avait trouvé la dérangeait. Elle se replongea dans l'inspection de l'appareil. Les derniers messages venaient aussi du père de l'ado.

Neal

C'est une inconnue, pense à Henry, cela pourrait le perturber

Emma

C'est aussi ma fille et Henry va très bien.

Neal

On ne peut pas en être sûr, il faut qu'on en parle.

Neal

Il faut qu'on se voit, j'ai besoin de te voir.

Emma

Ce que j'ai dit à Neverland tient toujours, la seule personne qui compte c'est Henry.

Neal

Et maintenant elle aussi j'imagine, dis-moi au moins que tu ne vois pas Hook sans me le dire, Emma je t'aime, on pourrait former une vrai famille.

L'adolescente serra les dents. En deux secondes, sa décision fut prise. Elle tapa rapidement « Ils sont ma famille et je n'ai envie d'être avec personne d'autre, passe à autre chose, c'est la meilleure chose que tu puisses faire. »

Ni vu, ni connu, elle éteignit l'appareil, le remit à sa place et rejoignit son frère près de leurs mères qui se chamaillaient encore, pour ne pas changer.

XXXXX

Regina trouva Elizabeth au piano du salon. Elle était simplement assise sur le petit tabouret, les mains sur les touches, l'air pensive. Personne ne jouait sur cet instrument, pas même la mairesse. Petit, Henry appuyait sur les notes pour entendre le bruit comme s'il était un grand musicien mais en grandissant les jeux vidéo avaient totalement effacé ses aspirations musicales.

-Normalement, tu es censée presser les touches si tu veux que cela fonctionne, se moqua la brune.

Elle fixa les mains de l'adolescente qui avait l'air de savoir quoi faire. Elle s'assit à ses côtés et attendit une réaction de la plus jeune. Seulement elle semblait perdue dans ses pensées.

-Tu es une sorte de génie de la musique?

-J'aurais aimé, mais non, tu as du payer quelques cours avec professeur particulier parce que seule je piétinais, c'était tellement frustrant.

La réaction exagérée de l'ado fit sourire la plus âgée. L'épaule de la reine frôla tendrement la sienne. Là, elle jeta un œil à sa supposée maman.

-Je n'aurais pas dû m'asseoir à ce piano, expliqua-t-elle puis soupira pour finir, cela me rappelle beaucoup trop de chose.

-Montre-moi, fais-moi écouter ce que tu sais faire, demanda la brune avec précaution.

Mais elle ne le fit pas et Regina dut la pousser encore un peu. Une main bienveillante sur son bras suffit à lui faire lâcher un nouveau soupir.

Elle commença à jouer avec l'air de regarder ses mains mais il n'en n'était rien. Elle se laissait envoûter par la musique oubliant le reste. Elle ne vit pas Emma et Henry dans l'encadrement de la porte. Tous l'écoutaient, admiratifs. Elle était dans son élément et ses doigts allaient à une vitesse déconcertante. Elle arrivait à faire passer ses émotions grâce à la mélodie qui parlait pour elle.

XXXXXX

Dans l'autre monde, au petit matin, alors qu'il ne faisait même pas encore jour, endormies, Emma et Regina se mirent à profiter de la présence de l'autre. C'était un moment que seuls les couples pouvaient comprendre et connaître. Leurs gestes étaient un peu brouillons, même pas totalement réfléchis, mais le besoin de l'autre étaient trop fort pour attendre d'être totalement éveillé. Leurs soupirs eux aussi étaient totalement incontrôlés. À aucun moment leur corps ne se séparèrent, elles faisaient presque plus qu'une. Emma fit rouler Regina sur le dos et se planta au-dessus d'elle. La redécouverte de leurs corps continua lentement à travers leurs vêtements. Leurs yeux étaient toujours totalement clos, leurs caresses étaient douces et tendre.

Sentant le souffle d'Emma contre sa peau, les mains de Regina se perdirent dans son immense chevelure blonde. Elle voulait la sentir au plus profond de son âme. C'était peut-être juste un court instant, cela durerait peut être pas mais elle voulait profiter de ce moment pendant que l'autre femme était sur la même longueur d'onde qu'elle. Puis elle sentit un premier petit baiser sur sa clavicule et elle crut perdre pied. Elle refusa d'ouvrir les yeux par peur que tout cela ne soit qu'un rêve.

La blonde, quant à elle, se laissa simplement guider par son envie et ses besoins. Il n'y avait rien de mal. C'était un réveil en douceur comme elle en avait déjà eu des milliers. Elle l'embrassa une autre fois dans le cou puis plus haut, sur la ligne de sa mâchoire. Elle sentait les mains de la Mairesse partout sur elle, ainsi qu'un début d'excitation qu'elle ignora, encore beaucoup trop endormie pour le réaliser.

Son nez frôla celui de Regina, puis ses lèvres les siennes. Elle les laissa traîner un peu plus longtemps sans pour autant réellement l'embrasser. Elle redescendit vers sa joue, soupirant de bien-être. La peau de la Reine était si douce. Dans d'autres circonstances elle aurait pu perdre la tête mais pas maintenant.

Quand enfin leurs bouches se connectèrent, ce fut intense et chacune retint son souffle. Elles se séparèrent un court instant pour mieux se retrouver, dans un baiser plus insistant. L'unique chose plus ou moins consciente que fit la Mairesse de Storybrooke était de plaquer une main sur la nuque de la blonde. Il ne fallait pas que cela s'arrête, elle ne la laisserai plus s'éloigner.

Dieu seul sait ce qui se serait passé si leur hôte n'était pas venue frapper à leur porte comme chaque matin. Elles ouvrirent les yeux au même instant, croisant le regard de l'autre à la lueur du jour qui pointait son nez à travers les fins volets.

-Emma, nous devons nous rendre à l'extérieur du village aujourd'hui, essaya-t-il de chuchoter avec toute la discrétion qui lui était propre, je vous attends devant dehors dans vingt minutes.

Pendant tout le temps où il avait parlé, elles ne s'étaient pas quittées des yeux. Regina avait retiré sa main, ne souhaitant pas la retenir plus qu'il ne le fallait maintenant qu'elles étaient totalement éveillées. Emma l'avait remarqué mais n'avait pas bronché. Quand elle entendit la porte d'entrée se refermer, elle se détendit. Elle observa la femme sous elle, elle était véritablement amoureuse d'elle, entièrement, de tout son être. Elle le sentait au plus profond d'elle, dans ses veines, son cœur, son souffle, tout la ramenait toujours à Regina. Elle la vit patienter calmement, n'osant pas la brusquer.

Doucement, elle se pencha et l'embrassa du bout des lèvres. La brune fut surprise, mais agréablement, elle laissa la blonde mener la danse. Rapidement elle fut prise au dépourvu par la langue aventureuse de sa partenaire. Elle l'embrassa en retour en replaçant sa main exactement au même endroit qu'avant. Ce contact réveilla un certain désir chez les deux femmes.

Avant de quitter le lit, pour rassurer la brune, Emma lui caressa tendrement la joue en la regardant dans les yeux, promesse que rien n'était fini. Elle s'avança lentement et, au dernier moment, elle embrassa la zone que ses doigts chérissaient il y a quelques minutes.

XXXXX

Plus les jours passaient, plus Regina se joignit à Emma lors de ses sorties du village. Ce qui rassura le plus la brune ce jour-là, c'était qu'elles marchaient dans la direction opposée au château. La blonde semblait laisser son envie d'assaut suicidaire de côté, du moins pendant cette promenade.

Même si le soleil n'était pas présent, l'air était plutôt chaud. Elles n'avaient pas parler de leur relation, elles se contentaient d'être ensemble. Elles s'embrassaient, dormaient ensemble, se baladaient, comme ce jour-là, seulement aucunes d'elles n'abordaient ce sujet.

Emma observa le ciel, l'air déçu en voyant que ce dernier devenait gris à certains endroits. Regina suivit son regard et s'arrêta de marcher.

-Je crois qu'on va devoir rentrer, soupira-t-elle.

-On a le temps, la sauveuse lui prit la main et la força à avancer.

Elle ne voulait pas remettre une sortie du village à un autre jour, c'était déjà si rare que Johan les laisse tranquilles. Néanmoins, le temps tourna très vite et la brune sentit des gouttelettes tomber sur elles.

-Il commence à pleuvoir.

-Merde, grogna l'autre femme.

La pluie fut rapidement plus forte et rebrousser chemin allait vite devenir inenvisageable.

Elles marchèrent en cherchant autour d'elles un endroit où s'abriter en attendant que l'averse passe.

-Là bas, la mairesse lui indiqua un petit renforcement dans un rocher plus loin.

La plus petite fut la plus rapide pour y entrer, ne souhaitant pas être trempé contrairement à la blonde qui prit son temps. La mairesse se précipita dans ce qui semblait être une petite grotte, à l'intérieur elle frotta vigoureusement ses mains sur ses bras pour se sécher et se réchauffer.

Elle s'aperçut qu'Emma ne l'avait toujours pas rejointe et passa sa tête à l'extérieur de la grotte. La blonde avait la tête levée vers le ciel et profitait de la pluie.

-Emma, tu vas être trempée.

-Relax, ce n'est que de l'eau.

Elle ferma les yeux et ouvrit les bras, cela lui faisait du bien avec la chaleur des derniers jours, elle voulait savourer ce moment de fraîcheur.

-Allez viens, tu vas tomber malade, insista la Mairesse.

-Mais bon sang de quoi as-tu peur?

-De rien, se braqua la brune en croisant le bras alors que l'averse s'amplifia, je ne veux juste pas avoir à subir tes plaintes quand ta gorge te fera souffrir, ou quand tu auras des courbatures d'avoir trop tousser.

-Ça n'a jamais tué personne.

-Ici si, cria la Reine.

Elles se dévisagèrent et la Shérif comprit subitement les peurs de la brune.

-Tu as peur qu'il m'arrive quelque chose, c'est ça?

Le cœur de Regina rata un battement, elle sera les dents, refusant de donner une quelconque explication à son comportement.

-Tu agis comme une enfant, tu es inconsciente, tu te fous du danger, n'essaie pas d'insinuer quoi que ce soit ou de l'ignorer en me traitant de folle.

La blonde s'avança à peine, restant sous la petite tempête qui s'était installé sur le royaume, et défia son ex petite amie.

- Dis-le.

La Mairesse se recula, pénétrant un peu plus dans la grotte, souhaitant fuir les assauts de la Sauveuse.

-Je n'entrerais pas dans ton jeu, reste dehors si cela peut te plaire, si ça t'amuse.

Emma lui attira la main l'empêchant de s'éloigner un peu plus.

-Il ne m'arrivera rien, dit-elle

-Tu ne peux pas le savoir, contra l'autre femme en essayant de se défaire de son emprise, Daniel...

-Je ne suis pas Daniel, Regina.

Elles s'observèrent, la blonde se voulait tellement rassurante mais, elle lisait bien l'inquiétude dans les yeux bruns de celle qu'elle aimait.

-Je sais, souffla cette dernière, mais...

-Quoi?

La voix de la Shérif était douce et compatissante, elle voulait la faire parler, elle savait que Regina avait besoin d'évacuer tout ça. Une vie à avoir peur pour l'autre n'était pas possible, ce n'était pas vivable.

- Dis-le.

Elle fit plusieurs pas en arrière en lui lâchant la main provocant un nouveau signe de panique chez la Reine qui feint un pas pour tenter de la retenir. Emma se passa les mains dans ses cheveux trempés, son regard disant "Viens me chercher" à la plus petite. Toutes sortes d'émotions se bousculèrent chez celle-ci.

-Dis-le Regina, répéta la sauveuse.

La brune s'élança à son tour sous la pluie, se plantant devant celle qu'elle aimait.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que s'il t'arrivait quelque chose je ne m'en remettrais pas ? Qu'à chaque fois que tu quittes le village, je ne respire plus ? Que j'ai peur de celle que je pourrais devenir si tu disparaissais ?

Elle avait débité tout ça sans réfléchir, elle voulait se retenir, ne pas en dire trop à la blonde alors que celle-ci ne se dévoilait pas non plus. La Shérif la prit au dépourvu en l'embrassant subitement.

C'était exactement ce qu'elle avait besoin d'entendre et à présent elle faisait ce dont elle avait envie. Ses mains de chaque côté de son visage et sa respiration coupée, elle n'était pas prête de la lâcher. Dans la force du baiser, Regina entraîna Emma à l'intérieur de la petite et étroite grotte. La blonde prit vite le dessus et plaqua la brune contre la paroi froide, une de ses mains sur ses hanches descendit et fit remonter légèrement sa jambe. Elle se colla encore plus à son ex alors que sa langue ne lui laissait aucune minute de répit.

La mairesse ne put retenir un gémissement cela faisait bien trop longtemps. Ce n'était pas un moment très doux, les gestes d'Emma étaient un peu violents, mais ce n'était pas grave. Elle grogna de plaisir en sentant la jambe de la Sauveuse s'appuyer un peu plus entre les siennes. Elle s'agrippa plus fortement à elle ayant l'impression de ne plus toucher terre. Littéralement, c'était le cas. Emma l'avait soulevé presque de tout son poids et elle s'attaquait à présent à son cou. Les boutons du chemisier de la reine n'allaient pas survivre à ses assauts.

En se réveillant, Regina n'était plus si sûre que cela avait été une bonne idée. Elle était couchée à même le sol, à moitié nue, couverte par la veste en cuir de la sauveuse. Elle se tourna et vis Emma déjà réveillée, debout et totalement habillée.

-J'ai dormi combien de temps?

-Une petite heure, répondit simplement la blonde en guettant le moindre signe de pluie, on va pouvoir y aller.

Elles ne parlèrent presque plus sur le chemin du village. La Shérif semblait beaucoup plus distante que les jours ou les heures précédentes et cela faisait peur à la Mairesse. Le moment qu'elles venaient de vivre était peut-être finalement une erreur.

Le reste de la journée, Emma la passa dehors avec Johan et Oliver qui ne la lâchaient plus. Elle ne vit pas une seule fois l'autre femme dehors, s'imaginant qu'elle devait être avec sa nouvelle amie.

Plus tard, elle la trouva devant la fenêtre de leur chambre, d'où elle l'avait sans doute observée durant de longues heures. La blonde se glissa dans son dos et, à l'aide de sa main, elle dégagea les cheveux bruns de son cou. Ses lèvres se posèrent sur la peau douce de la mairesse qui eu tout le mal du monde de lui demander d'arrêter.

-J'ai l'impression que tu m'évites, finit par dire la Sauveuse.

Elle sentait bien que Regina était tendue et que même si elle se laissait faire, elle avait l'air lointaine.

-Je ne veux pas qu'on devienne comme ces couples qui résolvent tout en faisant l'amour. Je ne pas veux qu'on ne soit que ça.

Elle sentit rapidement les bras de la blonde la serrer et ses mains se croiser en dessous de son ventre.

Emma mit sa tête sur l'épaule de la plus petite et chercha les bons mots.

-C'est parce qu'on a fait l'amour dans la grotte trempées jusqu'aux os, tu penses que ce n'était pas sincère?

-Emma, soupira la brune.

-On avait besoin d'évacuer certaines choses et de se posséder.

Sa compagne se retourna et la dévisagea essayant de lire en elle, elle n'y arrivait plus depuis leur séparation et cela lui faisait peur.

-Je n'ai jamais cessé d'être à toi, même si tu t'obstines à penser le contraire.

Un silence s'installa, les paroles de Regina jetèrent un froid. La shérif lui caressa la joue avant de s'approcher lentement et de l'embrasser.

-On est plus que ça, souffla-t-elle en recommençant.

C'était tendre, une simple caresse. Leurs lèvres se séparèrent et se retrouvèrent longuement. Un baiser puis un autre, une caresse entraînant une autre, Emma obligea la plus petite à s'approcher un peu plus. Lentement, elles laissèrent leur amour les envahir totalement, abandonnant toutes leurs barrières. Elles se disaient bien plus avec un simple baiser qu'avec n'importes quels mots.

Cela dura de longues minutes et quand la Sauveuse voulut prendre un peu de recul pour observer la Reine, elle l'en empêcha et l'embrassa à nouveau. Elle passa ses bras autour du cou de la plus grande désirant en avoir encore un peu plus. Son regard était indéfinissable, elle se mordait discrètement la lèvre inférieur, avec un léger voile devant les yeux. Emma y distingua un sourire timide, elle la connaissait et, pour la première fois depuis un moment, sentir son cœur battre ainsi ne l'énervait pas. Elle sourit à son tour.

Elles s'embrassèrent encore plus intensément. La Reine fit asseoir la blonde sur le lit sans que leurs lèvres ne se séparent une seule fois. Elle sentit les mains de sa compagne sur ses hanches la serrant de plus en plus. Très vite, elle la rejoignit en s'allongeant avec elle. Dans leur bulle, elles firent lentement et tendrement l'amour. La shérif avait été sage et respectueuse laissant la brune mener la danse et cette dernière fit exactement ce qu'elle voulait, redécouvrir doucement son amante.

Entre soupirs et doux gémissements, les deux femmes ne se quittèrent pas des yeux, regardant l'autre le plus souvent possible. Leurs corps se balançaient en rythme sans aucune précipitation, se découvrant encore et encore. On pourrait croire que les deux femmes revivaient leur première fois, ce fut au moins aussi merveilleux. Oubliant ainsi la fougue qui les avait habitées cette après-midi-là dans la grotte.

L'orgasme les atteignit au même moment. Leur respiration fut laborieuse, Regina était à moitié sur Emma et chercha à reprendre ses esprits.

-C'était..., tenta la brune mais en vain.

La blonde se releva un peu malgré son état de fatigue évidente et embrassa ses douces lèvres.

-C'est toujours parfait, dit-elle la voix cassée.

Elle retomba sur le coussin suivie par la mairesse qui posa son front sur le sien. Elles restèrent un moment comme ça, se ressourçant près de l'autre. Juste après, la brune se réfugia dans les bras de l'autre femme, la tête dans son cou. Elle resta silencieuse un court instant avant de murmurer faiblement « Je t'aime » pour la première fois. Emma crut avoir mal entendu quand elle sentit la brune trembler. Elle remonta le drap sur leur corps mélangés et l'enlaça pour la réchauffer.

Ce fut les lèvres chaudes de cette dernière sur sa clavicule qui lui donna la force d'échanger leur position.

-A mon tour, sourit-elle avant de l'embrasser.

-Je crois que tu viens d'oublier ce que l'on vient de faire.

Regina entendit à peine la réponse de la blonde plongée dans son cou qu'elle dévorait avec un peu plus de force et de passion.

Elles se réveillèrent comme elles s'étaient endormies il y avait seulement quelques heures. L'une contre l'autre et, les yeux à peine ouverts, elles recommencèrent leurs baisers et leurs caresses.

Regina la fit se coller un peu plus en passant ses jambes autour de sa taille. Leurs respirations devinrent lourdes et difficiles. Dans un mouvement sûr de son bassin, la blonde mordilla la peau douce de la brune, la faisant soupirer et s'attacher à elle d'autant plus fort.

-Encore une fois, souffla la blonde comme une question qui ne nécessitait pas réellement de réponse.

La mairesse s'agrippait à sa compagne sans réussir a lâcher ses yeux du regard. Tout était parfait et plus sauvage, plus intense jusqu'à ce qu'elles entendirent une voix douce derrière la porte.

-Regina, Emma, je suis désolée, j'ai réussi à tenir Johan loin de cette porte jusqu'à maintenant mais il est déjà presque midi.

Les deux femmes s'étaient immédiatement arrêter observant cette satanée porte. Puis il n'y eut aucun bruit de l'autre côté avant que leur hôte ne conclut.

-Je, on, tout le monde est dehors, à tout à l'heure.

Elles l'entendirent sortir et, au même moment, elles éclatèrent de rire, Emma se laissant tomber dans le cou de Regina qui s'enfonça un peu plus dans leurs oreillers.

XXXXX

-Emma, que faisons-nous en plein milieu de la forêt ? La nuit va bientôt tomber, s'inquiéta Regina en descendant tout de même de son cheval.

-Attends, tu vas voir, répondit simplement la blonde en finissant d'attacher les chevaux.

Elle jeta un œil autour d'elle mais ne reconnut rien.

-Si je retrouve l'endroit, marmonna-t-elle.

-Je croyais que tu connaissais la forêt comme ta poche.

-C'est vrai mais je ne fais pas de randonnée la nuit, tu le remarquerais.

La Sauveuse plissa les yeux en regardant de droite à gauche.

-Ah, là-bas, s'exclama-t-elle en la tirant par la main.

Peu sûre, la mairesse la suivit tout de même, regardant autour d'elle. Elle aperçut un feu de camp puis très vite une couverture ainsi qu'un panier.

-Surprise, dit la blonde doutant de son idée finalement.

-Un pique-nique au milieu dans la forêt, très romantique, ironisa l'ancienne reine.

Sa réaction ne manqua pas de faire soupirer Emma qui s'empressa de s'expliquer.

-D'après Johan, c'est l'endroit où le ciel est le plus dégagé pour voir les étoiles, ce n'est pas un coucher de soleil mais moi, je trouve ça romantique.

Elle prit ensuite les deux mains de la brune et l'emmena sur la couverture.

-Et puis ce n'est pas un simple pique-nique, je ne sais pas si le temps s'écoule de la même façon dans ce monde mais si c'est le cas, aujourd'hui nous avons quelque chose à fêter, expliqua la blonde, nos quinze mois.

-Quinze, soupira l'autre femme surprise.

-oui, quinze si on oublie les mois où je me la suis jouée schizophrène possessive, sourit-elle en caressant du bout des doigts ceux de la brune, tout le monde a des hauts et des bats, Regina.

Cette dernière semblait bouleversée et Emma l'aida à s'installer confortablement.

-Il y a plus de couverture si tu as froid et des coussins pour mieux se caler tout à l'heure, expliqua la blonde.

Assise en face d'elle, elle se pencha sur la petite casserole près du feu.

-Qu'est ce qui te fais envie ? Un sandwich à base de je ne sais plus quoi ou ce ragoût de, elle hésita et jeta un œil à la brune, je sais non plus, mais c'est préparé par Maura.

Elle avait dit cela pour rassurer sa petite amie et lui ouvrir l'appétit.

-Si c'est Maura, se moqua la concernée, je vais prendre le sandwich pour commencer.

Elle mâcha le plus gracieusement possible, silencieusement alors qu'Emma hésitait encore quant à ce qu'elle allait manger. Finalement, elle renonça et s'installa à nouveau en face de Regina qui s'essuya doucement la bouche.

Elles s'observèrent un moment, silencieuses, puis la Sauveuse l'embrassa tendrement avant de lui sourire.

-Joyeux Anniversaire.

La brune ne résista pas plus longtemps à son envie de l'embrasser et elle passa une main derrière la nuque de la blonde. Elles s'embrassèrent longuement avant que la plus grande ne s'attaque au cou de la Mairesse. Lentement, elle laissa traîner ses mains ci et là et ouvrit délicatement les deux premiers boutons du chemisier de sa petite amie. Ses baisers prirent le même chemin guidé par les doigts de la brune, se perdant dans ses longs cheveux.

En arrivant au troisième bouton, Regina la coupa gentiment sans la repousser.

-Emma, dit-elle, on ne va pas faire l'amour au beau milieu de la forêt.

Ses mains caressaient encore sa longue crinière d'or et elle semblait être sans appel.

-Bien sûr que non, acquiesça la Shérif en recommençant à l'embrasser.

Lentement, elle la fit s'allonger en se positionnant au-dessus d'elle. Toutes les deux oubliant bien vite la remarque de l'ancienne Reine.

Regina se réveilla plus tard en sentant une légère brise fraîche caresser ses épaules dénudées. Elle se colla d'autant plus à Emma, encore endormie sous la couverture. En ouvrant les yeux, elle s'aperçut que la nuit était totalement tombée et que le feu n'allait pas tarder à s'éteindre.

-Emma on s'est endormies, le feu va s'éteindre, dit-elle en lui serrant doucement le bras.

La blonde baragouina quelque chose d'incompréhensible, obligeant la brune à se redresser un peu.

-Chérie, il faut qu'on rentre, dit-elle d'une voix douce qu'elle ne se connaissait que pour Henry.

Sa main remonta sur l'épaule de la plus grande et la secoua doucement pour réussir à la réveiller.

La sauveuse ne put que constater qu'il était temps de rentrer. Elle eut tout de même un peu de mal à émerger, elle se colla à la brune pour se réchauffer et l'embrassa amoureusement.

-Allez habille-toi, se moqua l'autre femme en la poussant un peu, provocant les rires de la blonde.

Sans trop oser s'éloigner de leur couverture elles tentèrent tant bien que mal d'attraper certains de leurs vêtements çà et là. Chacune les enfilait aussi vite que possible tant il faisait froid et alors qu'Emma réussit a enfiler son haut, Regina entendit un bruit plus loin. Très vite, elle vit des lumières s'approcher rapidement devant elles.

-Emma, dit elle et lui fit un signe de la tête pour lui montrer que quelqu'un s'approcher.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elles se retrouvèrent nez à nez avec une horde de soldats. Comme toujours, la Sauveuse se planta devant la Mairesse.

-Mesdames, s'exclama Marius Andersen qui s'était présentait comme leur Général, n'est-il pas un peu tard pour vous...

Il remarqua les couvertures et le panier de nourriture puis il fronça les sourcils.

-Qu'est-ce faites-vous dans les bois en pleine nuit ?

Emma jeta un œil à la plus petite dans son dos. Cette fois, cela allait être délicat, elles n'allaient pas pouvoir s'en sortir facilement.

Un des hommes de Marius fouilla le panier et le sac qui se trouvait autour du feu.

-De la nourriture et des couvertures, dit-il en s'approchant de lui.

Le commandant dévisagea les deux femmes qui lui étaient inconnues et s'approcha d'elles.

Heureusement, Johan et certains de ses hommes arrivèrent à leur tour. Sans une once de peur, l'homme s'avança à leur hauteur, prêt à s'interposer.

-Emma, je vous avais pourtant dit de rentrer avant que la nuit ne tombe.

Son regard envers la blonde était incitant, il la supplia intérieurement de jouer le jeu.

-Johan ! S'exclama Marius

-Ce sont des cousines éloignées de Maura, elles sont de passages pour quelques jours avant de partir plus au sud pour retrouver leurs familles.

Un silence gênant s'installa avant que le Général ne recule et ne reprenne la parole.

-Des cousines dis-tu, et que font elles ici, à camper, sans personne pour les protéger ?

-On n'a besoin de personne, dit froidement Emma qui s'impatienta.

Ceci surprit et agaça Marius mais l'ami des filles s'empressa de s'excuser.

-Je leur avais demandé de rentrer plus tôt, commença-t-il.

Regina resta silencieuse et observa la scène, essayant de ne pas attirer l'attention sur elle. Ses yeux se pausèrent sur chaque soldat, les détaillant un à un. Bon sang, ce que ses pouvoirs lui manquaient. Le regard de l'un d'eux l'alerta, il était plus insistant. Le plus discrètement possible, elle effleura la main de la blonde essayant d'attirer son attention. Emma ne le comprit pas et lui prit la main pour la rassurer.

-Elles ont dut s'endormir, termina d'expliquer Johan de plus en plus inquiet de la tournure des événements.

Le Général ne l'écoutait plus, devant les mains et les doigts scellés des femmes, sa concentration lui fit défaut. Il les fixa un moment, ne comprenant pas tout de suite le lien qui les unissait. Il fut interrompu par le soldat qui, intrigué par la Mairesse, lui dit tout bas : « Il y a quelque chose qui cloche, je les ai déjà vu quelque part ». Marius soupira étudiant les trois protagonistes.

-Je préférais que vous respectiez le couvre-feu, dit-il froidement en les contournant.

Il observa un peu plus Regina, ce qui tendit un peu plus Emma qui eut tout le mal du monde à rester stoïque.

-Vous marquez mes hommes, je peux les comprendre.

Le son de sa voix était salace et son regard trahissait ses pensées. Il regarda la blonde puis sourit diaboliquement.

-Rentrez chez vous et ne traînez plus dans les bois, il serait vraiment dommage que quelque chose vous arrive.

Ils furent tous étonnés mais ne discutèrent pas, pliant bagage pour partir au plus vite. Regina oublia rapidement le malaise qu'elle avait ressenti envers le soldat qui l'observait comme s'il avait pu la reconnaître.

Emma l'avait rassurée en la serra dans ses bras et en s'excusant de les avoir mis en danger. Elles avaient d'ailleurs décidé, après que Johan ait insisté, que dorénavant les promenades auraient lieu à une heure plus descente.

Plus les jours passaient et plus l'espoir de retrouver leur fils s'éloignait. Cela pesait sur le morale de la brune, Emma le sentait. Elle aussi voulait rentrer mais si elle était à cent pour cent honnête, vivre quelque temps ici, seule avec Regina lui faisait du bien. Au fil des jours, elles se retrouvaient et personne ne tentait de se mettre entre elles.

La sauveuse s'accommodait très bien avec la manière de vivre ici, le luxe de son monde lui manquait à certain moment, certes, mais elle semblait réussir à trouver une certaine routine. Une sérénité.

Au petit matin, elle dégustait un petit café, assise près du feu au centre de la seule rue de la ville. Beaucoup de monde était dehors mais elle était à l'écart, respirant le grand air. Si elle fermait les yeux, cela pouvait lui rappeler des moments passés.

Maura, suivie de Regina, sortit de la maison principale, les mains bien remplies et elle se joignirent à elle. Elle fut aux anges parce qu'elle savait bien que la première avait préparé des pâtisseries, des vrais merveilles, bien meilleures que chez Granny. Quant à la deuxième, elle la rendait toute chose, impossible de lutter. Elles n'avaient pas besoin de se parler, la blonde ne pensait qu'à une chose, la balade qui les attendait plus tard ce jour-là. Devoir quitter le lit et les bras de la Mairesse le matin était dur et désagréable mais elle savait qu'une fois seules, elles pouvaient se laisser aller.

La reine s'assit à ses côtés puis lui donna un petit coup d'épaule pour la sortir de ses pensées. Emma détourna le regard et bien évidement la brune l'ignora, le visage le plus innocent possible. La sauveuse fit de même, provocant un très jolie sourire de la brune.

Leur petit jeu amusa leur nouvelle amie qui chercha du regard son époux un peu plus loin.

-Où est Johan ?

La blond lui montra d'un signe de la tête son mari derrière elle. L'homme était en pleine discussion avec Joe le forgeron et Oliver, tous trois rigolant à gorge déployée.

Volontairement, Emma frôla la main de Regina. Cette dernière sourit bêtement avant de faire de même. Du petit doigt, elle caressa la sienne, posée à plat sur le rondin de bois sur lesquelles elles étaient assises.

-Celui-là, se moqua l'autre femme puis elle s'excusa pour le rejoindre.

La sauveuse lutta mais eut tout le mal du monde à retenir un bâillement

-Mal dormi Shérif ?

-Ma nouvelle colocataire est quelqu'un de très remuant.

Cette remarque lui donna droit à un regard noir de la brune et elle ne put se retenir de rire.

Plus tôt dans la nuit

Alors que dans la maison du chef de la ville tout était calme, dans la deuxième chambre Emma et Regina se chamaillaient gentiment.

-Tout le monde sait que je suis la plus forte de nous deux, ricana la brune.

-Pardon

-Tu m'as très bien entendu, Henry, ta mère, toute la ville, même toi avaient déjà eu peur de moi.

La blonde se releva avant de se mettre sur Regina avec un petit sourire.

-D'accord, admettons madame le maire, mais qu'est-ce que tu fais, là maintenant, sans ta magie ?

Pour toute réponse, l'ancienne Reine rit avant d'essayer de se dégager, ce qui amusa d'autant plus la Sauveuse.

-Attends que je sois en pleine possession de mes moyens.

-Vous menacez un représentant de la loi, ça peut aller très loin.

-Qu'est-ce que vous allez faire Shérif, me mettre en prison ? demanda la brune en haussant un sourcil.

Emma réajusta son emprise sur elle avec un sourire vicieux.

-Ça peut s'arranger

-Oh oui et je suis sure que cela t'amuserai grandement de jouer mon geôlier et de lentement me torturer.

Emma posa ses lèvres sur la joue de la brune avant de lui murmurer au creux de l'oreille « Très lentement alors » lui donnant la chair de poule. La blonde l'embrassa ensuite, faisant descendre l'une de ses mains sur le corps de la Reine qui répondit au baiser avec passion. Elle sentit la Sauveuse se relâcher et essaya de prendre le dessus. Dans la précipitation du geste, elle la fit tomber du lit.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Johan débarqua dans la chambre du couple dans son pyjama, la tête endormie, le balai à la main.

-Que se passe-t-il ?

Il trouva Regina à genoux sur le lit, le visage inquiet vers Emma qui se releva en se tenant le bas du dos.

-Ça va, déclara-t-elle à son ami, je vais bien, j'ai glissé.

L'homme analysa rapidement la scène assimilant certains détails avant de soupirer.

-Vous deux, je ne vous comprendrais jamais.

Il referma la porte non sans râler, provocant les moqueries de la Mairesse qui soulevait la couverture pour la blonde.

XXXXXX

Emma serra doucement sa main et colla son épaule contre celle Regina.

-Pourquoi tu t'es levée si tôt ? râla-t-elle.

-J'avais promis d'aider Maura et puis tu aurais pu rester coucher, tu n'as pas besoin de moi pour ça.

Elle observa son amie au loin, visiblement en train de sermonner son époux qui baissa la tête. Un sourire se dessina sur ses lèvres, leur complicité après tellement d'années l'amusait. C'est la main de la blonde dans le bas de son dos qui la ramena à elle.

-Je dors mal quand je suis seule, souffla la sauveuse

Regina la dévisagea et se mordilla la lèvre pour se retenir de sourire. Aucune d'elles ne purt se détacher du regard de l'autre. Emma eut envie de l'embrasser et s'avança doucement alors que la mairesse combla le reste de la distance. La brune hésita mais quand ses yeux croisèrent ceux d'Emma, elle l'embrassa rapidement. Elle se recula juste à temps pour accueillir Maura et Johan, la bouche pleine de pâtisserie. L'homme avait l'air d'apprécier la cuisine de sa femme et de la brune.

-Ce sont celles de Regina, indiqua cette dernière en enlevant le panier à son époux, et laisse-en aux autres.

-Bien que ma femme soit une excellente cuisinière, puis-je vous demander de lui donner la recette de ses petites merveilles.

Il engloutit le reste pâtisserie donnant le sourire à la brune.

-On appelle ça des Chaussons aux pommes, indiqua-t-elle avec plaisir, beaucoup de personne aime ça.

Son sourire ravit la Shérif qui ne l'avait pas quitté des yeux depuis le début. Regina continuait de lui caresser la main avec son pouce. Elle semblait heureuse et Emma ne pouvait pas l'ignorer.

Plus tôt dans la nuit.

-Tu peux venir plus près, la Mairesse se moquait de la blonde qui avait retrouvé sa place dans le lit mais qui restait distante avec elle.

-J'ai pas très envie de me retrouver par terre, grogna-t-elle en tirant sur la couverture pour se couvrir correctement.

Sa réaction amusa la Reine qui pencha la tête sur le côté avant de réitérer sa demande.

-Approche-toi

Timidement Emma s'exécuta, se collant à son corps. Elle l'enlaça de son bras et nicha son nez dans le creux de son cou. Rapidement, elle soupira de bien être, resserrant son étreinte.

-Tu aimes ça hein, te coller, sourit la brune.

-C'est pour toi que je fais ça, marmonna-t-elle s'en bouger, je sais que comme ça tu dormiras bien.

C'était la vérité et Regina fut surprise en le réalisant. Elle ferma les yeux pour effacer ce trouble et lui répondit avec la plus grande des réparties qui lui était donnée d'avoir à ce moment-là.

-C'est très charitable de votre part, Shérif.

Sans le vouloir, l'une de ses mains se perdit dans l'immense chevelure blonde d'Emma qui comme toujours, dans cette position, était en train de s'endormir avec une facilité déconcertante. Il n'y avait plus de bruit et la Sauveuse semblait n'être plus qu'un poids mort. Mais au bout de quelque minutes, la Mairesse entendit un faible soupir.

-Je t'aime.

Son cœur se serra au point de ne rien pouvoir répondre de suite. Ce n'était pas la première fois qu'elle l'entendait mais cela avait toujours le don de la déstabiliser. Elle attendit un long moment avant d'oser répondre quoi que ce soit. Comme pour être sure que l'autre femme dormait enfin et que, peut-être, elle ne l'entendrait pas.

-Je t'aime aussi, se risqua-t-elle avant de fermer à nouveau ses yeux pour tenter de s'endormir.

XXXXX

Elle n'arrivait pas à arrêter de la regarder, allant jusqu'à ne pas écouter ses amies parler.

-Je peux savoir ce que tu fabriquais si tôt ce matin avec Joe ? Maura interrogeait son époux et avait l'air agacée par le comportement de celui-ci.

Même s'il était plus grand et plus fort, elle n'avait pas peur de lui montrer son mécontentement.

-Tu ne devais pas attendre ici avec Emma ?

La blonde croisa le regard de Regina et son cœur s'emballa une nouvelle fois. La brune fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Elle la fixait depuis longues minutes et cela la perturbait. Elle serra sa main qu'elle tenait toujours, forçant la blonde à réagir.

-J'avais à faire, expliqua Johan cherchant l'attention de tout le monde avant de chuchoter, ce dont nous avons parlé est prêt.

Cette annonce jeta un froid et la Shérif vit la peur apparaître dans les yeux de la brune.

-Tout ? questionna-t-elle en se redressant légèrement, ça été rapide.

-Je vous l'ai dit, Joe est capable de travailler très vite.

Maura et Regina échangèrent un regard inquiet, sachant bien ce qui était en train de se préparer. Joe le forgeron était chargé de faire le maximum d'armes. Johan et ses hommes allaient attaquer le château pour récupérer leur liberté et retrouver un peu de magie. Ainsi, Emma et Regina pourraient également rentrer chez elles.

-Aussi vite, c'est un génie, rétorqua la Shérif en se levant, je sais que tu es sans appel mais je veux vraiment...

-Non, la coupa net Johan, tu ne participeras, c'est notre bataille et je refuse de mettre l'une d'entre vous en danger.

Silencieusement, la Mairesse le remercia mais cela n'empêchait pas qu'il risquait sa vie comme plusieurs hommes du village.

-Si on rentrait pour parler de cela à l'intérieur, dit Maura qui ne laissait plus rien paraître. Son époux étant le chef de la ville, l'équivalent d'un maire dans le nouveau monde, il se devait d'être en tête du cortège.

Regina et elle furent les premières à rentrer et Emma en profita pour retenir son ami.

-Emma, je ne te laisserai pas participer.

-Joe est capable de faire tout ce que tu lui demandes, c'est bien ça ?

Surpris, il fronça les sourcils, son regard suivit celui de la blonde, vers le forgeron mais il ne comprenait pas pourquoi.

-Oui, répondit l'homme, quoi qu'on lui demande, il peut tout faire.

-Très bien, occupe les un moment, je reviens.

Avant même qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit elle s'était déjà éloignée.

Les jours suivants et ce, malgré les mises en garde de leur ami, Emma avait continué à inviter Regina pour des petites balades qu'elle pensait toujours très romantique.

Cela faisait quelques minutes qu'elle l'attendait aux abords de la colline en faisant les cents pas. En réalité, la mairesse l'observait de loin avançant lentement vers elle.

-Regina, dit Emma en parlant dans le vide, il faut que je te dise, je sais que tu, aaaaahhh

La blonde ragea contre elle-même en essayant de se reprendre.

-Regina, tu, je…. on, Johan m'a dit quelque chose et je

Elle continuait à marcher en faisant de grands gestes et, en se retournant, elle aperçut la brune. Instantanément, elle se figea. Elle la vit s'approcher et, comme souvent, elle se mit à sourire bêtement.

-Devrais-je m'inquiéter pour ton soudain goût pour les bois ?

-On ne peut pas dire qu'en ville on ait beaucoup d'intimité, j'aime t'avoir que pour moi.

La sauveuse lui attrapa les mains et l'attira contre elle puis l'embrassa rapidement.

-Dis-moi que ce soleil et ce cadre ne te plaisent pas.

Elle l'emmena au sommet de la colline pour qu'elles puissent apprécier la vue. L'autre femme fit mine de tout examiner en soupirant.

-Peut-être, dit-elle l'air détachée.

-Peut-être ? Mais qu'est-ce qu'il faut de plus à votre Altesse?

-Que tu m'embrasses, répondit la brune du tac au tac avant de sourire diaboliquement.

La shérif n'hésita pas une seule seconde et l'embrassa plus longuement. Un baiser qui fit perdre son souffle à la blonde, au point que cela provoqua le rire de la brune.

-Respire ma chérie.

-Arrête de faire ça alors, grogna l'autre en l'attirant à nouveau contre elle, ça me rend dingue.

Elle s'embrassèrent avec avidité, Emma se perdit dans le cou de la plus petite.

-Mais je ne fais rien du tout ma chère.

Pour protester, la blonde la repoussa légèrement, elle devait lui parler et ça n'allait pas être une partie de plaisir.

-Tu agis comme une enfant Miss Swan, dit Regina qui se colla dans ses bras.

Quelque chose semblait déranger la Sauveuse, elle était nerveuse et, très vite, la plus âgée le ressentit.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en levant la tête pour capter son regard.

Emma voulait parler mais à ce moment-là rien ne sortit. La peur l'envahissait petit à petit. Elle soupira en se décollant de la Mairesse. Elle fit quelques pas avant de se retourner vers elle et de jouer avec ses mains. C'est le regard de la Reine qui la décida à se lancer. Cette dernière commençais à paniquer, alors Emma soupira une bonne fois et s'approcha.

-Je t'en prie, ne te moque pas de moi.

Elle supplia Regina du regard et c'est hésitante qu'elle mit un genou à terre. La réaction de sa compagne fut immédiate.

-Emma, dit-elle avec surprise, comprenant bien ce qu'elle s'apprêtait à faire.

Son cerveau lui envoya des images de Daniel, debout à côté d'elle, tenant sa bague de fortune.

Son cœur se mit à battre beaucoup plus vite quand elle vit la Sauveuse sortir de sa poche un anneau, plus travaillé mais semblable à celui de son premier amour. Le décor autour d'elle se transforma durant une seconde en écurie. La blonde était toujours devant elle et c'était comme si elle vivait ce moment pour la première fois. Elle eut l'étrange sensation qu'Emma était Daniel et inversement, tout est pareil, tout est si parfait. Elle savait déjà la réponse avant même que l'on lui pose la question.

-Est-ce que tu veux m'épouser ? demanda l'autre femme toujours sur les nerfs.

Elle n'avait aucune idée de ce qu'il se passait dans la tête de celle qu'elle aimait mais son regard était si intense, les yeux rivés sur cette fameuse bague.

-Je sais qu'elle ne fait pas très royale et qu'elle n'a pas grande valeur, tenta la Shérif, dès qu'on sera rentrer, je, je t'en trouverai une plus...

-Non c'est celle-là que je veux, elle est parfaite, la rassura la brune en faisant un pas vers elle en réalisant subitement, c'est complètement fou.

Emma était enfin rassurée, elle se releva et acquiesça attendant toujours une réponse claire.

-Oui, sourit la brune à présent très émue.

Emma se précipita sur sa main et lui passa lentement l'anneau. Leurs regards se croisèrent et la blonde l'embrassa.

Leurs lèvres se touchèrent à peine et elles se séparèrent. Regina la retint en passant ses bras autour de son cou et posa son front contre le sien.

-Tu fais ça uniquement pour marquer ton territoire et montrer à Robin que je t'appartiens.

-Pas du tout, essaya la sauveuse, enfin peut-être un peu.

-Je t'assure qu'il se moque de moi, assura la brune, moi, de toute façon, je m'en moque de lui.

Leur mariage ne fut pas prévu pour tout de suite, même si la blonde voulait l'épouser dans ce monde, la brune lui avait demander d'attendre, elle voulait qu'Henry soit là.

-Et puis tes parents me tuerai, avait-t-elle ajouté, j'aimerais qu'on garde une entente cordiale.

XXXXXXX

Emma était allongée, bien calée sur les coussins, les jambes repliées où la Reine s'était appuyée pour lui faire en partie face. Toutes les deux étaient silencieuses, perdues dans leurs pensées tout étant connectées par leurs mains jointes. La blonde sentait la brune toucher sa bague de temps à autre comme pour vérifier que tout cela était bien réel.

-J'arrive pas à croire que tu ais dit oui, soupira-t-elle en regardant la dite bague.

-Tu penses vraiment que je pourrais dire non ?

La plus petite resserra doucement ses doigts sur ceux de la blonde et l'embrassa.

-Tu mérites tellement ta fin heureuse, répondit la Shérif, mais si ce n'était pas moi.

Elle était inquiète et Regina vit bien sa peur et ses doutes dans ses yeux, elle laissait enfin tomber ses barrières.

-Emma.

Elle pausa tendrement sa main sur sa joue et la regarda profondément pour lui faire comprendre qu'elle n'en doutait pas une seconde. Puis, elle l'embrassa pour ajouter plus de force à ce qu'elle essayait de lui faire comprendre. Un baiser doux mais long et intense. Une fois terminé, elle ne se détacha pas d'elle, s'en voulant de ne pas trouver les mots adéquats pour la rassurer.

C'est ensuite la blonde qui l'embrassa rapidement, la laissant entrer dans ses bras et elles s'allongèrent un peu plus. Le silence envahi à nouveau la chambre, leurs mains se recelèrent et encore une fois Regina observa sa nouvelle bague. La blonde caressa ses cheveux qui avaient bien poussé maintenant.

-Il m'arrive d'imaginer ma vie si je n'avais pas réussi à lancer la malédiction.

-Et qu'est-ce que ça donne ? demanda-t-elle

La Reine posa sa main sur le haut de la poitrine de la sauveuse et sourit en regardant sa bague à plat. Du bout du pouce, elle fit de lentes caresses à la naissance de sa gorge avant de commencer ses explications.

-Je t'aurais sans doute enlevé, enfermé et monté contre tes parents.

-Ou, je t'aurais redonné foi en l'humanité et en l'amour.

La mairesse leva légèrement les yeux et croisa ceux de la blonde.

-Permets moi d'en douter, ma chère.

-Je t'ai bien changé dans cette vie-là, lui indiqua la plus grande en faisant mine de râler.

-C'est Henry qui m'a changé, la reprit-elle en passant ses doigts sur la couture de son haut, toi tu apportes juste un peu de piment.

Ses doigts se resserrent autour de sa gorge, non sans un sourire vicieux qui fit également sourire la blonde.

-Le piment, murmura-t-elle, ça me va.

Après de longs baisers plus ou moins chauds, elles changèrent à nouveau de position, Emma se plaça automatiquement dans le dos de la brune. Elle posa ses mains toujours au même endroit, câlinant le cou de la plus petite.

Au bout de quelques minutes, elle lui avoua plusieurs choses, comme ses sentiments, même si ces derniers n'étaient plus un secret, mais aussi son désir de connaître la Regina d'avant. Celle dont la Mairesse lui parlait beaucoup, celle qui aimait le cheval, qui aimait Daniel, qui s'habillait autrement, l'amoureuse, mais aussi l'âme libre qu'elle était. Elle admit qu'elle préférait sans doute la femme qu'elle était à présent mais sa curiosité la titillait plus que de raison.

XXXXXXX

Une semaine et demie s'écoula et, une après-midi, Maura demanda à Regina de la suivre dans sa chambre. Elle ouvrit sa petite armoire de laquelle elle sortit une robe blanche.

-Elle mérite encore beaucoup de travail, mais si tu le souhaites, elle est pour toi.

-Je

Pour une fois, la Reine fut à court de mots. La robe était réellement magnifique même si son amie ne la trouvait pas encore assez bien.

-Tu as fait tout ça en une semaine, c'est

-En réalité, Johan n'a pas pu tenir sa langue, je l'ai commencée le jour où Emma c'est mise en tête de te trouver la bague parfaite.

-Comme pouvais-tu être sure que je dirais oui ?

L'autre femme sourit en mettant la robe devant la brune pour voir si la taille correspondait.

-Dois-je réellement répondre à cette question?

Avant même de pouvoir dire quoique ce soit la porte s'entrouvrit et l'épouse du chef de la ville se précipita pour la refermer.

-Interdiction d'entrer.

-Pourquoi ? Qu'est-ce que vous faites ? demanda Emma un peu jalouse.

-Ça ne te regarde pas, répondit-elle du tac au tac en souriant à Regina.

Elles ne l'entendirent plus et Maura retourna près de l'armoire où elle rangea précieusement la robe.

-Regina, demanda sa compagne.

-Cesse de t'inquiéter, elle vit le signe de son amie et fit rentrer la blonde.

La sauveuse examina la pièce puis les deux femmes à tour de rôle.

-Je peux avoir une explication?

La Mairesse s'approcha d'elle et l'embrassa en passant ses bras autour de son cou. Les mains d'Emma s'accrochèrent immédiatement à la taille de la brune oubliant presque ce qu'elle demandait. La troisième en profita pour s'éclipser.

-Notre nouvelle amie m'a presque convaincu de t'épouser au plus vite, enfin ça c'était avant cette magnifique preuve de jalousie extrême.

Elle tenta de s'éloigner mais la Shérif la retint par la main.

-Au plus vite, s'étonna-t-elle en la forçant à s'approcher et en ajoutant, je ne suis pas jalouse.

Elle la prit dans ses bras et reprit d'une voix très mielleuse qu'elle ne se connaissait pas.

-Quand, demain, à la fin de la semaine, tout de suite?

Regina lui donna un baiser et sa main se posa sur le haut de la poitrine de la blonde et rit.

-Je ne savais pas que tu étais si pressée.

-Oh si, je le suis, je le suis vraiment.

C'est à son tour de l'embrasser plus intensément, mordillant sa lèvre inférieure, caressant sensuellement sa langue du bout de la seine.

-Johan se ferait un plaisir de nous marier, expliqua encore la blonde en la serrant plus fort.

-Henry et, et les autres, tous seront déçus, dit tristement sa future épouse.

-On fera une fête si c'est ce qu'ils veulent mais après tout c'est notre moment à nous, toi, moi, j'ai besoin de rien d'autre.

La mairesse se réfugia dans ses bras lui promettant de ne plus la faire trop attendre néanmoins elle tenait vraiment à ce que son fils soit là.

Un matin, les hommes de Johan arrivèrent au galop dans le petit village où tous étaient déjà dehors.

-Que se passe-t-il ? demanda le chef.

-Une brèche, répondit le premier puis il descendit du cheval, au coucher du soleil nous pourront infiltrer le château.

Johan regarda Emma, qui n'était toujours pas d'accord avec le fait de sacrifier des hommes pour elles.

-Je le fais pour nous aussi, expliqua l'homme, tout le monde a le droit à sa liberté.

Il donna à ses soldats les dernières indications à suivre avant de les envoyer à leurs postes. Il récupéra son paquetage chez lui avant de se diriger vers l'écurie.

-Johan, fais attention à toi, supplia sa femme qui faisait tout pour cacher son inquiétude.

Emma attira Regina à l'écart et lui demanda le plus sérieusement au monde « Est-ce que tu veux m'épouser ? » Elle jeta à un œil à son ami plus loin avant de reporter son attention sur sa compagne.

-Épouse-moi aujourd'hui.

-Emma, je ne pense pas que ce soit le moment, ni même le jour de parler de ça.

-Je t'aime, rétorqua la blonde, mais il n'y a pas meilleur moment justement, réfléchis, si on se marie aujourd'hui, qui va célébrer la cérémonie ?

La mairesse suivit le regard de la plus grande vers leurs deux nouveaux amis. Évidemment que Johan ne partirait pas s'il devait les marier, il serait, grâce à elles, en sécurité le temps de l'assaut.

-Je ne dois voir là dedans rien d'autre qu'un moyen de le piéger ?

-Regina, soupira la Sauveuse, est-ce que tu pourras vivre en sachant qu'on a rien fait pour empêcher ça ?

-Non bien sûr, admit l'autre en regardant une nouvelle fois vers ses amis.

Johan sella son cheval avant d'enlacer son épouse et alors qu'il s'agrippa à la selle pour monter, Emma lui attrapa le bras. Il ne comprit pas son geste et la dévisagea.

-Regina va m'épouser, devant le manque de réaction de l'homme qui savait bien que la brune lui avait dit oui, elle précisa, aujourd'hui.

Il lâcha son cheval et jeta un œil à la deuxième femme sans réellement savoir quoi faire ou dire sur le moment.

-C'est vrai, confirma la Mairesse, elle m'a convaincu de ne plus attendre.

Il fallut une minute ou deux à Johan pour sonder la femme et comprendre ce qui se tramait derrière cette envie soudaine.

-Si c'est la seule façon de te garder ici, dit-il en s'adressant à la blonde, et t'éviter de te mettre en danger, je vais vous marier.

Il se dirigea vers chez lui et Maura remercia ses amies silencieusement, elle avait compris la vraie raison de leur décision.

Dans la chambre de leur hôte, la mairesse venait de finir de passer sa robe et son amie vérifia une dernière fois que tout était parfait. Elle la fit s'avancer jusqu'au miroir. La brune souffla en se voyant et les larmes montèrent à ses yeux. C'était quelque chose d'émouvant. Elle allait se marier et cette fois, elle épouserait la personne qu'elle aimait. Cela la rendait tellement heureuse. Ce miroir lui renvoyait une image d'elle, qu'elle n'avait plus vue depuis bien trop longtemps. Emma avait raison, il n'y aurait qu'elles au moment de ce dire oui. Leur fils comprendrait, il devait comprendre.

-On dirait que tout est parfait, sourit Maura derrière elle.

-J'aurai aimé qu'Henry soit avec nous, répondit la Reine.

Puis elle soupira en essuyant les petites larmes qui avaient commencé à glisser sur ses joues. Elle se ressaisit et se redressa légèrement.

-Emma ne va pas s'en remettre.

Regina capta le regard de son ami et sourit.

-J'espère juste qu'elle ne va pas porter sa veste en cuir.

L'autre femme ne put que rire à cette réflexion, alors qu'elle regardait les cheveux de la brune avant de passer ses mains dedans.

-Tu sais comment tu veux les coiffer ?

-Je sais exactement comment on va les coiffer, s'exclama la Mairesse en se retournant vers Maura.

A l'ombre du plus vieil arbre du royaume, le chef de la ville fut le plus heureux du monde d'avoir le privilège de les marier.

Au fur à mesure que Regina s'avança en direction du petit autel aménagé pour l'occasion, elle sentit les battements de son cœur s'accélérer. Elle aperçut les petites décorations florales ci et là et pas une seule seconde elle ne douta de son choix.

Il y avait un homme aux côtés de Johan et d'Oliver et quand il se retourna, elle s'arrêta net. Son cœur lui aussi s'arrêta sur le champ en apercevant le visage de celui-ci. Daniel, il lui sourit de toutes ses dents avant de traverser l'allée pour la rejoindre.

-Mon amour, dit-il en lui prenant la main.

-Daniel, mais,… ce n'est pas toi que j'épouse aujourd'hui, je

-Je sais

-Tu sais?

Il lui sourit de plus belle avant de s'approcher un peu plus et de lui caresser la joue.

-Tu aimes à nouveau et tu vas avoir le mariage que tu attends depuis si longtemps, murmure-t-il, maintenant je peux m'en aller.

Le sourire de la brune disparut, elle lui attrapa la main souhaitant le retenir.

-Je ne pourrais jamais t'oublier

-Je sais, notre amour était beau, mais pas éternelle, le vôtre est plus fort et plus puissant que tout ce qu'on aurait pu vivre. Elle est l'unique, Regina, je suis fière d'avoir été le premier être que tu as aimé, mais elle te mérite bien plus que moi.

En prononçant ses dernières paroles, il se décala sur la droite laissant apparaître au bout de l'allée Emma dans une longue robe blanche à bretelles. Il prit le bras de la mairesse et la fit avancer jusqu'à l'autel.

La blonde ne put attendre et fit le reste du chemin pour la retrouver. Elle avait l'air très nerveuse, mais son sourire la rendait encore plus belle.

Les deux se firent face et se détaillant sans oser le moindre geste. La brune avait attaché ses cheveux comme elle le faisait autrefois bien avant la malédiction. Emma ne pouvait s'empêcher de la trouver plus que parfaite.

-Tu ne portes pas ta veste.

-Tu ne croyais quand même pas que je pourrais la porter le jour de notre mariage?

Regina se rappela la présence de Daniel et quand elle le chercha du regard elle vit ce dernier s'éloigner derrière la sauveuse.

-Tu es magnifique, dit celle-ci en ramenant la Reine à la réalité, j'ai beaucoup trop de chance.

Toutes les deux dans leur bulle, tout sourire, elles savourèrent l'instant. La Shérif finit par lui prendre la main et l'attirer près de leurs amis.

Maura se mit à côté de la brune et Oliver prit la même place aux côté de la blonde. L'homme était très fier de jouer le rôle du témoin de la Sauveuse et encore plus d'assister au Mariage de l'Evil Queen et de la Sauveuse.

Johan était debout devant eux, heureux de pouvoir jouer son rôle et de célébrer enfin un événement heureux.

-Bien, dit-il, vous êtes prête ?

La brune, après un coup d'œil rapide vers la blonde, acquiesça sobrement.

Le début de la cérémonie se déroula tout en douceur, il énonça le pourquoi de leur présence sous cet arbre. Il leur confia la fierté et le bonheur qu'il ressentait d'être présent mais aussi d'avoir le privilège de les marier.

-J'ai ressenti votre amour avant même que vous ne l'exprimiez devant nous. C'est quelque chose sur laquelle on ne peut pas mentir, ni même tricher. Nous sommes dans un monde dépourvu de magie et pourtant, il émane de vous quelque chose de très fort.

Il fit une pause dans son discours et, à tour de rôle, il partagea un regard avec chacune d'entre elles.

-J'ai vu Emma retomber amoureuse chaque matin, encore et encore, essayant de lutter de toutes ses forces contre ce sentiment, l'homme se tourna vers la brune, j'ai vu Regina attendre patiemment, se battant contre ses démons. Une femme amoureuse forte mais terrifiée par la peur de perdre l'un des seuls êtres qu'elle aime. Vous êtes une femme merveilleuse, Regina, peu importe les actes passés, ce qui compte c'est ce que nous sommes dans le présent.

La brune lui sourit, touchée par ses mots. Les deux femmes l'écoutaient attentivement sans pouvoir se lâcher la main. Les battements de leurs cœurs battaient à une vitesse folle.

-Comme vous n'avez pas de vœux, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses, dit-il en s'avançant.

-En fait, si, moi,… j'ai quelque chose à dire, bégaya la Sauveuse.

-Emma, soupira la brune, on avait dit

-Je sais ce qu'on avait dit, mais ça ne sera pas long.

-Une vraie Charming, pitié, la Reine leva les yeux au ciel se retenant fortement de soupirer.

Sa réaction fit sourire la Shérif qui la retint par la main. Johan refit un pas en arrière leur laissant un maximum d'espace.

-Je,… avant d'arriver à Storybrooke, j'étais une personne totalement différente, je m'étais fermée aux gens, aux hommes, je vivais au jour le jour n'imaginant pas une seconde qu'Henry pouvait débarquer et chambouler tout ça. J'ai retrouvé mes parents, je me suis fait de nouveaux amis mais le plus important, j'ai trouvé une famille, Henry et puis toi. Ça été long et périlleux, tu étais une vraie garce insensible et froide.

A ses mots, Maura ne put s'empêcher de sourire, qu'elle idée de dire tout ça le jour de leur mariage. Oliver lui rigola suivi de près par Johan.

-Je voyais clair en toi, tu te donnais tout le mal du monde pour pourrir ma vie mais je n'y croyais pas. Puis la malédiction a été rompue, tout le monde te détestait et encore une fois moi je ne voyais en toi que la femme que tu étais vraiment, une maman aimante et terrifiée. Ensuite, il y a eu cette année, où on a tout oublié, à part les souvenirs que tu m'avais donné avec Henry.

Elle s'arrêta et fit un pas vers la plus petite.

-Dès le premier baiser chez Granny, j'ai su que mon idée allait mal tournée, j'ai cru que tu allais m'étriper.

-J'allais le faire, murmura la brune, mais Henry

-Oui, c'est encore dur d'avouer que tu m'appréciais hein et qu'en plus Neal et Hook te tapaient sur le système, peut être que c'était déjà plus que ça.

-Jamais de la vie, grogna Regina qui s'adoucit en entendant le rire de la blonde.

-Avant même que je m'en rende compte, je ne pensais plus qu'à une chose, avoua la Sauveuse en regardant la plus âgée dans les yeux, rejoindre Henry et toi pour dîner. J'en venais à espérer, que tu ne sois pas seule quand j'arrivais pour pouvoir te toucher, te prendre dans mes bras ou t'embrasser. A chaque dîner, chaque soirée, chaque café chez Granny, je les attendais plus que n'importe quoi d'autre. Et le soir, quand notre fils nous suppliait de faire une soirée DVD, c'était le moment que j'aimais le plus, tu t'installais contre moi en me souriant. J'adore quand tu cuisines, j'adore me coller derrière toi, te regarder faire et te sentir te détendre lentement contre moi.

Elle fit une pause se sentant partir dans un long monologue interminable et affreusement gnian-gnian, un de ceux qui pourrait rendre dingue la brune.

-A Neverland, j'ai repoussée Hook et Neal, j'ai dit ne plus vouloir être amoureuse, Henry, et seulement lui, devait compter. J'avais tord, et tu m'as donné la plus belle chose qu'une personne pouvait me donner, une famille, juste toi, Henry et moi, j'ai l'impression d'appartenir à quelque chose d'important. Peu importe ce qui se passera dans l'avenir, ce que je pourrais dire, tu es et tu seras toujours celle qui m'a redonné foi en la vie et en l'amour.

Le regard de la Mairesse la déstabilisa. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre ce qui traversa la tête de celle-ci.

-Peu importe comment tout cela a commencé, ma mère, toi, mon enfance, sans tout ça, on n'aurait pas Henry, lui rappela la blonde.

Elle caressa tendrement la joue de l'autre femme en souriant nerveusement.

-Plus je te regarde, plus je passe de temps près de toi, plus je me demande ce que j'ai fait pour avoir autant de chance et si tu es sûre de me vouloir comme fin heureuse.

Dans les yeux de Regina on pouvait voir l'émotion des mots qu'Emma prononcait.

-Bien sûr que je suis sûre, promit la plus petite et elle l'embrassa.

-Vous pouvez-vous embrasser, hésita Johan en regardant sa femme qui se moquait de lui.

Le baiser des deux femmes ne dura pas longtemps mais elles ne s'éloignèrent pas immédiatement.

-Tu as fini, chuchota la brune.

La sauveuse acquiesça de manière silencieuse en décollant à peine son front de sien.

-Bien, maintenant tu te tais, grogna la Reine en se redressant, sinon je te jure

-Je me tais, je me tais, rigola la blonde.

A nouveau tournées vers leur ami, les deux femmes furent plus calmes et disciplinées. Tout comme elles l'avaient souhaité, il les maria de façon très traditionnelle et simple. Au moment d'échanger les alliances, elles se retournèrent vers leur témoin respectif, l'une aussi émue que l'autre. Oliver eut le don de faire sourire la blonde en initiant une petite révérence après lui avoir gracieusement donné l'alliance. Maura était beaucoup plus calme et sérieuse, elle ouvrit simplement sa main ou au creux se trouvait l'anneau que la brune avait demandé pour la blonde. Il était à peine gravé, à peine brillant mais Emma en était déjà dingue.

-Je te promets de toujours te donner le meilleur de moi et d'être ta fin heureuse.

La plus grande fut la première à passer la bague au doigt de l'autre.

-Je te promets d'essayer d'être un peu moins cynique, annonça la plus petite provocant les rires des autres.

Les mots se bloquèrent dans sa gorge, elle avait tant à lui dire, à lui promettre mais l'émotion la figeait sur place. Elle se concentra le plus possible sur les yeux de la blonde.

-D'être quelqu'un de meilleur et j'espère plus que tout être ta fin heureuse.

Très lentement, elle passa l'anneau à Emma qui retint sa main pour la serrer et lui transmettre toute sa force.

-Vous pouvez-vous embrasser maintenant, s'exclama fièrement Johan.

Néanmoins, la Sauveuse l'attira contre elle, où la brune se réfugia sans discuter. Durant de longues minutes elles s'enlacèrent ignorant tout le reste.

Un long baiser, puis deux plus petits avant de douloureusement se séparer et d'accepter les félicitations de chacun.

XXXXXX

Au sommet d'une colline non loin du château, Emma et Regina étaient assises l'une à côté de l'autre. Elles s'étaient changés et attendait le dénouement de la bataille qui se livrait pas très loin d'elle. Elles n'avaient pas pu retenir Johan bien longtemps, seulement une heure après qu'elles se soient dit oui il était parti rejoindre ses troupes. De là où elles étaient, elles avaient une vue imprenable sur l'action.

De la fumée émanait de plusieurs vitraux en bas du château. Toute l'action se passait à l'intérieur et cela angoissait Emma qui aurait aimé pouvoir faire quelque chose.

-Cessez de vous angoisser Shérif, ils savent ce qu'ils font, dit la brune.

Mais c'étaient leurs amis maintenant, elle ne pouvait pas faire autrement. Regina posa sa tête sur l'épaule de la plus grande qui comprit qu'elle aussi souffrait de ne rien pouvoir faire.

-Shérif, hein, elle se moqua en lui donnant un léger coup d'épaule, qu'est-ce que tu penses de Shérif Mills, ou Madame Mills, à moins que tu préfères, Maire Swan ou

-En fait, la coupa la brune puis releva la tête pour la regarder, au vu de nos statuts officieux, je pense qu'il est préférable que l'on garde nos noms.

Par manque de réponse la Reine enchaîna.

-Pour éviter toute mésentente.

-Bien sûr, approuva la blonde de façon ironique.

-Je suis quand même Regina S Mills.

Emma sourit en comprenant où elle voulait en venir. L'autre leva les yeux au ciel, il en fallait vraiment peu pour que la blonde soit satisfaite.

-Ou alors charm

-Si tu finis cette phrase, je te tue, grogna la brune en s'approchant pour réclamer un baiser.

C'est non sans rire que la blonde l'embrassa une fois puis deux.

Le général Andersen les interrompit en arrivant par l'un des versants de la colline avec trois de ses hommes.

-L'Evil Queen, il ricana et ses soldats firent de même alors qu'Emma se levait déjà pour s'interposer, j'ai beaucoup entendu parler de vous, et vous êtes mariées maintenant, félicitations, c'est ce qu'on dit, je crois.

-Reculez, s'exclama Emma en utilisant ses bras pour donner plus de force à sa protection.

L'homme rigola de plus belle en regardant ses soldats et il fit les cents pas avec suffisance.

-Vous êtes courageuse, mais que comptez-vous faire au juste, contre nous, il n'y a pas de magie ici, elle ne ferait pas de mal à une mouche.

-Moi oui, pesta la blonde.

-Voyez-vous ça, il sortit son épée et prit l'une d'un des autres hommes qui lui tendit ensuite.

Elle se crispa puis hésita un moment, elle n'était pas ce que l'on peut dire la meilleure chevaleresse de tous les temps.

-Emma, non, s'inquiéta la mairesse en la voyant faire un pas en avant pour attraper l'arme.

L'adjoint du commandant, qui avait reconnu Regina dans la forêt comprit une nouvelle fois de qui il s'agissait.

-La sauveuse, s'exclama-t-il.

-Allez bas-toi, l'élu, cria le chef.

La blonde réussi à parer les premiers coups et heureusement pour elle, elle n'avait que le général à gérer. Seulement il était plus fort et plus agile, très vite, il prit le dessus et l'emprisonna avec l'un de ses bras.

-Ne t'en fais pas, je vais être très doux, je veux juste votre magie.

Regina eut plusieurs fois le réflexe de lever la main mais rien ne se passa, elle s'avança pour s'interposer oubliant le danger qu'elle encourrait.

-Oh, oh, la méchante Reine va me mordre?

Les trois soldats l'entourèrent en pointant leurs armes sur elle. Blonde et brune s'observèrent réalisant qu'elles allaient perdre.

Non loin de là, la fumée qui s'échappait des fenêtres du château auparavant se colora étrangement. Une légère explosion, qu'ils entendirent à peine, éclata dans les étages supérieurs. Le souffle de celle-ci facilita la propagation du nuage brumeux. D'un coup de vent franc, en haut de la colline, les protagonistes furent balayés par la fumée.

La mairesse eut un petit malaise mais comprit très vite ce qui venait de se passer. D'un coup de main, elle se fit disparaître ainsi qu'Emma pour réapparaître derrière le groupe. Aucun eut le temps de réagir. D'un nouveau geste, elle projeta le commandant contre un arbre d'où sortirent plusieurs lianes qui l'emprisonnèrent. Les soldats voulurent s'interposer mais furent projeter en arrière et s'évanouirent.

-Ça va, demanda la brune.

-Parfait, répondit une Emma soulagée.

Andersen essaya de lutter pour se libérer en pestant que son ami magique, responsable de tout ça, sera bientôt de retour et que leur victoire ne serait que de courte durée.

Les deux femmes, absolument pas effrayées par cette idée, sourirent en se retournant vers le château, espérant que leurs amis soient tous saints et saufs. Pour ce qui était de libérer le royaume, aucunes d'elles n'en doutaient, ensemble, elles y parviendraient.

Plus tard, Johan les avait rejointes, fort heureusement, presque tout le monde allait bien, ils y avaient de nombreux blessés mais ils survivraient.

Le général était toujours attaché ainsi que tous les hommes qui avaient accepté de le suivre dans sa folie. Quand son complice le magicien apparut comme par magie, il fut consterné par la scène qu'il découvrit.

-C'est une plaisanterie, que se passe-t-il ici?

Il sentit une tape sur son épaule et vit une blonde passer devant lui.

-Je te présente l'Evil Queen, dit-elle le plus sérieusement du monde.

Il fut surpris mais n'eut pas le temps de répondre.

-Et je vous présente la Sauveuse.

-Son épouse, annonça-t-elle toute heureuse en pointant du doigt son autre main où se trouvait son alliance, on s'est mariées ce matin.

L'homme complètement perdu ne partagea pas sa joie. Emma décida de le titiller encore un peu en remarquant son air bébête.

-Tout ça, pour dire, qu'elle a retrouvé ses pouvoirs, ça va chauffer pour vous.

Il ricana en observant les habitants du royaume.

-J'ai aspiré tellement de magie durant ses dernières années, qu'il me faut plus que vous deux pour m'arrêter. Quand bien même ça suffirait, seule la magie blanche en est capable.

-Si ce n'est que ça, la Sauveuse se concentra de toutes forces pour lui envoyer le maximum de puissance à l'aide de ses mains.

Il ne fit malheureusement même pas un pas en arrière et se mit à ricaner un peu plus, alors que d'un simple geste de la main il projeta la blonde à terre.

-Si peu entraînée, son regard se posa sur celui de la brune qui se retint de se précipiter vers son épouse.

Elle serra ses poings et la mâchoire, et le sorcier se moqua doublement d'elle. Son regard lui disait implicitement, « Quoi ? Vous n'allez même pas essayer ? ». Il attendit un court instant avant de relever la main vers la Shérif, toujours au sol.

Ce fut trop dur pour la Mairesse qui répliqua avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Contre toute attente le magicien fut à son tour projeter en arrière, le bloquant totalement à terre.

-C'est cette sauveuse, cria l'un des soldats attaché, elle rend sa magie plus pure.

Johan, pas très moins de lui, lui mit une grande claque derrière la tête.

-Tu veux bien te taire et laisser les grands discuter.

Emma s'était relevée pour rejoindre son épouse qui observait ses deux mains sans comprendre.

-Cela n'a rien à voir avec moi, s'exclama-t-elle, Regina est plus forte.

-Elle peut contenir toute sa force, elle décide d'être du bon côté, finit Johan.

La mairesse regarda son amie, visiblement bouleversée, elle tenta de reprendre ses esprits. Elle sentit la main de la blonde sur son bras et se détourna pour capter son regard.

-Ensemble, d'accord ?

La brune acquiesça et toutes les deux levèrent leurs mains dans un même geste en direction de l'homme toujours choqué d'avoir pu se faire toucher par de la Magie si facilement.

-Attendez, attendez, qu'est-ce que vous allez faire ? paniqua-t-il en mettant ses mains en protection.

-Alors ça, se moqua la blonde, je n'aurais jamais cru qu'il se mettrait à nous supplier.

-On va t'envoyer d'où tu viens avec aucun accès aux autres monde, il est temps que ces failles commencent à se refermer, agacée la Reine releva les mains.

-Ou

-Ou quoi Emma, il est dangereux.

-Pas vraiment, il est là, a ramper par terre, il n'a peut-être pas autant de pouvoir qu'on veut bien le croire.

Exaspérée, la brune agrippa violemment le bras de la blonde et de son autre main elle fit disparaître l'homme.

-Hey, se dégagea la shérif, premièrement, aie, deuxièmement, tu ne me voles pas ma magie comme ça, troisièmement on te dit il y a deux minutes que tu peux choisir entre le bien et le mal et que fais-tu ? Tu liquides un mec, il est où d'abord ? et enfin, re aie !

Elle avait dit tout ça en se frottant son bras faisant soupirer la brune qui leva les yeux au ciel.

-Maura m'a confié avoir besoin d'une mule de plus, voilà qui est réglé.

Tout le monde bloqua un moment attendant de voir si elle était sérieuse. Même Emma douta une fraction de seconde avant de sourire et de pencher la tête sur le côté. Elles entendirent les rires des hommes derrière elles. La Mairesse sourit à son tour en s'avançant vers elle.

-Oui ma chérie, je sais rigoler, dit-elle.

Elle s'approcha d'avantage et l'embrassa sur la joue puis se tourna vers ses amis.

-Ramenez-les au village, on s'occupera d'eux plus tard, s'exclama Johan avant de lui aussi les rejoindre, jamais on ne pourra assez vous remercier pour tout ça.

-Vous avez fait bien plus pour nous, contra gentiment la brune en acceptant la main de l'homme qu'elle sera avec les deux siennes.

Ils se sourirent, finalement son ami l'attira contre elle et la serra virilement contre lui. Ce geste la surpris au premier abord mais elle l'enlaça à son tour, profitant de l'affection que Johan lui offrait.

-Merci, murmura-t-elle émue.

Une fois séparés, elle crut voir Lenny sourire pour la première fois. L'homme si maigre, le meilleur ami d'Oliver, s'approcha et la remercia à sa façon.

-Il semblerait que vous ayez vraiment changé Majesté, accorda-t-il toujours un peu sur la défensive.

-Oui, il semblerait, elle sentit la main réconfortante d'Emma dans le bas de son dos et se détendit à nouveau.

C'est quelques heures plus tard, au milieu du village qu'ils se retrouvèrent tous pour se dire au revoir. Maura ne fit pas prier pour prendre la Mairesse dans ses bras.

-Ne nous oublie pas.

-Je ne pourrais jamais oublier notre séjour ici, ni t'oublier, dit la Reine bouleversée en se reculant.

-Parce que tu penses que nous on le pourrait, se moqua son amie, tu nous as tous sauvé. Tu es une personne incroyable, je comprends pourquoi tu marques autant l'esprit des gens.

-Ça, c'est peut-être parce que je suis méchante, était, la brune hésita, quelqu'un de pas très fréquentable.

-Oh oui, ça j'ai pu le constater, Maura ironisa puis jeta un œil à la robe que tenait la brune, peu de femme ont la chance de porter deux fois leur robes de mariée, je suis heureuse de savoir que la tienne le sera et dans plusieurs univers, profite-en.

-Vous viendrez, assura la Reine.

-Bien sûr, qu'est-ce que c'est traversé les mondes ?

-Un détail, sourit l'autre femme et toutes les deux se tournèrent vers leur époux et épouse.

Emma semblait à peine plus à l'aise avec les marques d'affections des villageois. Oliver savait être collant et très tactile alors que Lenny était tout le contraire et paraissait presque froid comparé à lui. D'ailleurs le plus petit fit une révérence devant l'ancienne méchante Reine. Ce qui fit rire Maura et les autres.

-Majesté, aux plaisirs de vous revoir.

-Bientôt Oliver, bientôt, lui répondit la concernée avec un sourire franc.

Lenny se contenta de l'observer en gardant ses distance alors que son acolyte était déjà repartit coller la blonde.

Puis ce fut le moment de partir, seul leur couple d'amis les accompagna là où elles étaient apparues il y a plusieurs semaines. Ils échangèrent un dernier sourire puis les deux femmes disparurent comme par enchantement.

XXXXXXX

Elizabeth et Emma étaient installées aux côtés d'Henry sur le canapé. Tous les trois autour du livre qui racontait l'histoire de l'adolescente. Regina était quant à elle en face d'eux, elle les observait et les écoutait silencieusement.

-Une pierre capable d'ôter les pouvoirs magiques, s'inquiéta l'adolescent, ça craint.

-Oui, Johan et ses hommes ce sont chargé de s'en débarrasser. Enfin c'est ce qu'ils pensaient, jusqu'à ce que, l'un des hommes d'Andersen, à la tête d'une nouvelle armée nous ont attaqués maman et moi, expliqua la plus jeune en regardant Emma, j'ai rien pu faire ce jour-là.

La Sauveuse se rappela de la vision qu'elle avait eu dans la rue, celle où le soldat en question l'avait blessée sous les yeux de sa fille. Elle pausa sa main sur l'épaule de la petite brune. Elizabeth reprit, rassurée par la présence de sa maman.

-Grand père et toi, continua-t-elle en observant à présent Henry, avez parcouru bien des mondes pour détruire la totalité de ses petits fragment.

Le jeune homme lui sourit, s'imaginant sûrement déjà sur l'un des plus grands destriers du royaume de David, galopant aux côtés de son grand père, jouant les sauveurs.

L'adolescente tourna la page suivante du livre, laissant apparaître un dessin de leurs nouveaux amis.

-C'est à ce moment-là que vous avez rencontrés Oliver et Lenny, expliqua-t-elle, quand Oliv a su qui était nos mamans, il s'est mis à leur vouer un culte.

Elle rigola se rappelant intérieurement du comportement de celui qui était devenu son ami.

-Avant que ce ne soit toi, répliqua son frère en tournant les pages.

Sur l'une d'elle, ils purent voir Sara et l'homme en question lui faisant une révérence.

Elle sourit mais son visage trahissait sa mélancolie.

-Donc on s'est marié dans une forêt, charmant, grogna Regina souhaitant volontairement chercher la Sauveuse.

-Pas autant que d'avoir pour âme sœur un mec qui vie dans la forêt, rétorqua la blonde avec un grand sourire.

On sonna à la porte et interrompit quelques chose d'intéressant d'après la jeune inconnue. Regina se leva pour aller ouvrir et fut plus que surprise de voir Rumple sur le pas de sa porte.

-Qu'est ce tu veux?

Il allait s'expliquer mais la bouche à peine ouverte, Elizabeth pris la parole.

-C'est moi qui lui ai demandé de venir, annonça-t-elle en arrivant derrière la brune.

Elle était évidemment suivit de près par la Sauveuse et son aîné.

-Il va nous aider, ajouta-t-elle encore.

-Qu'est-ce que tu y gagnes ? demanda la Reine à celui qui était autrefois son mentor, toujours sur ses gardes.

-Maman, laisse-le rentrer.

Malgré elle, la brune se décala et c'est non sans un sourire qu'il se précipita à l'intérieur.

-Merci, ricanait-t-il.

Ils s'installèrent au salon et lui, comme l'adolescente, s'expliquèrent. Pendant plus d'une demi-heure, ils exposèrent leur avis.

-C'est impossible, personne voyage dans le temps, rétorqua la mairesse.

-Votre fille, si, assura l'homme à la canne.

-Sinon comment tu expliquerais mon âge et celui d'Henry ?

-Un sort, tenta la brune complètement perdue, une malédiction ou un, je sais pas.

La plus jeune posa sa main sur son bras.

-Il n'y a pas de sortilèges de ce genre, lui rappelle-t-elle, il a dû se passer quelque chose avec ma magie quand j'ai passé les frontières de la ville.

-Tu as voyagé pour empêcher quelque chose, demanda la blonde.

-L'arrivée de Maléfique, devina le garçon.

-Peut-être

L'adolescente soupira, tout ça allait lui donner la migraine.

-Mais le temps ici était bloqué par une nouvelle malédiction, termina la Reine.

-Attendez, attendez, supplia la Shérif, elle aurait enlevé Sara, tué Henry

A cette évocation Regina tiqua immédiatement mais ne l'arrêta pas.

-Et jeter une malédiction dans le passé pour empêcher notre mariage et la naissance de notre fille?

-Pour m'empêcher d'être heureuse, reprit la brune en croisant son regard.

Emma semblait compatissante et en même temps complètement ahuri.

-Elle est dingue, s'exclama-t-elle.

La mairesse les laissa tous s'emballer et regarda Gold avant de dire.

-Je l'ai enfermée sous terre pendant plus de vingt-huit ans.

Henry, Elizabeth et Emma se calmèrent sur le champ, conscient qu'à sa place, ils auraient pu faire de même.

-Tu savais pour tes dons de voyage, la voix de Regina était douce.

-Je me déplace facilement entre les mondes, alors j'imagine que le temps n'est qu'une simple formalité.

Tout le monde fut très calme et silencieux le temps d'assimiler tout cela avant que la brune ne demande à son ancien mentor qu'elle est son rôle dans tout cela.

-Elizabeth m'a demandé de prouver le lien qui vous unit.

-Comment ? questionna la sauveuse.

-Grâce à la magie, ma chère.

Il ouvrit son énorme mallette alors que sa réflexion fit rouler les yeux de la Shérif. Il tira un cheveux de cette dernière qu'il introduit dans une petite fiole avant de tendre sa main, paume vers l'avant, vers Regina. Celle-ci s'arracha elle-même un cheveux l'air agacé.

-Qu'elle autre amour que l'amour vrai peut créer une personne avec autant de pouvoirs, dit-il.

Comme par le passé pour les parents de la Sauveuse, il allait mélanger un peu d'elles pour faire apparaître cette magie si pure et pourtant si puissante.

Ils le savaient tous, y compris la jeune fille, encore inconnue il y a quelque jours, qui espérait tout de ce sort. Emma et Regina se regardèrent appréhendant le résultat, même si la blonde l'avais vu et que la brune le sentait au plus profond d'elle, là c'est tout autre chose.

Pleine d'espoir, Elizabeth regardait cette fiole, comme si elle allait être la réponse à tous leurs problèmes. Comme si en s'éclairant ses mamans allaient à nouveau s'aimer, follement, et que son frère soit à nouveau son protecteur puis que tout allait reprendre sa place.