Désolé pour le retard, et désolé pour la qualité de ce chapitre, il n'a pas été relu ni revu, ma réviseuse personnelle ne donne plus signe de vie. J'espère quand même arriver au bout de cette histoire. Et vos commentaires aideront, car je n'ai plus que vous pour commenter la suite.
Chapitre Onze : Xarn
L'elfe déposa un livre étrange sur la table. Il l'ouvrit à une page et commença à lire.
« Une fois Bhaal disparu, ses légion se retirèrent de la zone de conflit. Les démons retournèrent chez eux, les paladins restèrent dans le sanctuaire de leur maître. Lorsque l'Assemblée des dieux arriva au sanctuaire de Bhaal, aucun paladin de ce dernier ne combattit. Ils étaient alignés, au garde à vous, et quand de rage le dieux de la guerre décapita un des hommes au premier rang, aucun ne bougea d'un cil. Les dieux pénétrèrent dans les appartement de Bhaal. Il y avait deux lettres sur le secrétaire de la pièce. Une de Bhaal, expliquant aux Dieux qu'il était parti…que jamais ils ne pourraient l'atteindre, mais que lui non plus ne pourrait plus les nuire directement. Que son successeur arriverait un jour, qu'une période de prospérité allait arriver mais qu'elle serait suivie par une période de décadence encore plus sombre que celle qui venait de se terminer. Bhaal donnait son trône à son héritier. Personne ne pourrait empêcher son ascension à la divinité, et que les Dieux ne pourraient plus jamais se croire intouchable.
L'autre lettre était écrite de la main du Premier démon de Bhaal, son hybride, sa création personnelle. Elle n'était ni longue, ni écrite avec style. Simplement ces quelques phrases :
« Maitre, il a été fait comme vous l'avez demandé. La lame, le sceau, le symbole, la monture et le serviteur ont été dispersé, ainsi que les deux autres composants. J'ai juré allégeance à votre sang, et continuerai de vous servir jusqu'à la mort ou la damnation. Votre armée restera en attente de votre successeur. Je reste votre éternel serviteur. Signé : La Main du Dieu Du Meurtre. »
Les dieux fou de rage d'avoir perdu une guerre, d'être remis en question par un seul d'entre eux, perdirent irrévocablement ce jour là une grande partie de leur crédibilité. Pouvaient-ils encore se prétendre les maîtres du monde ? La malédiction d'anonymat fut lancé : Le dieu de la guerre se rendant compte de sa nouvelle vulnérabilité, proféra ce châtiment sur toute entité ayant participé à la guerre : Dieux, démons, paladin. Pour punir les dieux de leur lenteur à le rejoindre, pour punir les démons connus ayant osé attaquer le panthéon, pour punir les paladins qui ne prouvèrent pas leur utilités : Tous les noms furent oubliés, effacés, devenu imprononçable. La plupart des dieux perdirent leur divinité peu après, et furent remplacés. Mais La Main du Dieu du Meurtre ne put être condamnée, seul le sang divin connaîtrait son véritable nom. »
Le bibliothécaire ferma le livre.
« Ce livre est écrit en une langue connue encore aujourd'hui par une centaine de personne en ce monde. Dans cette ville, vous avez le privilège de pouvoir en trouver deux. L'ancien langage divin ne peut plus être enseigné. Vous savez maintenant pourquoi les noms ont disparu, et je confirme que de nombreux dieux sont assez récent, enfin, c'est relatif, par rapport aux autres dieux et à l'âge qu'ils avaient. »
Imœm s'interrogeait
« Comment pouvez vous connaître ce langage ? Je connaissais son existence, mais les traces écrites sont extrêmement rare, et personne de ma connaissance n'a jamais comprit un seul de ces mots. »
Le bibliothécaire sourit.
« Parce qu'un jour, un serment a été prononcé, et des secrets oubliés. Et ce savoir, ce passé, est condamné à disparaître avec nos morts. Je ne peut vous en dire plus, et ce, même si cela me comblerait de joie de partager mes connaissances. »
Il tira la langue. Un symbole étrange était tatoué dessus. Pas de doute, un sort d'une puissance oubliée lui liait littéralement la parole.
Valten poussa un long soupir.
« Bon, merci beaucoup pour ces information. Je pense que sans vous, on n'en serait pas là. J'ai ma petite idée sur ce fameux Lieutenant, je vous remercie. »
L'elfe ne dit rien de plus, et commença à ranger les livres. Il en donna u à Valten : un petit livre, noir, sans reliure du tout, mais jaunit aux pages par les années.
« Un livre devrait vous intéresser. Il se trouve dans la grande crypte de Padhiver. La ville a -été bâtie sur une ancienne cité elfique, elle-même recouvrant les ruines d'une cité antique dont la race nous est inconnue. Mais le mausolée de la ville donne sur les ruines elfiques, et dans ces ruines paraît-il se trouve un sanctuaire. Le jour où vous aurez la clef, vous pourrez y récupérer le livre. Je ne puis de nouveau rien dire de plus. Ce petit livre devrait vous indiquer comment obtenir la clé. »
Le groupe sortit de la bâtisse, et se dirigea vers l'auberge.
Imœm interpella son frère.
« Si seul le sang liait le premier démon de Bhaal à son maître, il devrait aujourd'hui encore obéir au sang, non ? Dans ce cas, il nous obéirait. Ce serait pratique de l'invoquer. »
« Bien sûr, dit Jaheira, tu vas gentiment crier en ville « démon inconnu serviteur de mon père, je t'invoque » s'il te plaît réfléchit, Imœm, nul ne peut rien invoquer sans connaître le nom de ce qu'il invoque ! »
« Bien, dit Nalia, l'elfe a parlé du nom et du sang… mais du sang divin, hors, Bhaal est un démon. Sa divinité est divisée. Comment dans ce cas atteindre la divinité ? »
« Hummmmmm » répondit Valten. Il était perdu dans ses pensées.
« Pardon ? » demanda Jaheira
« Comment réunir la divinité d'un dieu divisé ? Sachant que le sang est censé nous montrer son nom ? Le sang divin en plus ! Il n'existe pas, la divinité est divisée…où alors seul le dernier des enfant de Bhaal une fois devenu dieu pourra l'invoquer, ce foutu serviteur. Sinon je ne vois pas….à quoi ça rime. Et la lettre parlait d'un sceau, d'une monture, d'une babiole, d'une lame, et du serviteur. Pourquoi faut-il les rassembler ? Je ne comprends vraiment pas, et ce bibliothécaire avait l'air louche ! Trop poli, trop savant…et cette histoire de sang me parait importante en plus. »
« Minsc pense que si le sang est divisé, il suffit de le rassembler. Mais, alors il faudra que les enfants de Bhaal soient blessé sinon il n'y aura pas de sang… »
« Mais oui !! Bon sans, je suis idiot ! Suivez-moi ! »
Valten se dirigea d'un pas rapide en direction de la forêt.
Une fois hors de la ville, le groupe s'arrêta dans une petite clairière. La forêt était étonnamment silencieuse, pas de bruit du vent dans les arbres, aucun bruissement de feuillage, aucun hululement dans la nuit noire.
Valten sortit une grande dague de sa botte. Contrairement à ses dagues de jet, celle-ci était plus longue, plus large, et la lame légèrement courbée. La poignée était décorée d'un cœur entouré d'une branche de ronce, ses épines enfoncée dans celui-ci. La garde était décoré d'un « V » au milieu d'un cercle. Une particularité étonnante, le métal noir était complètement mat. Aucun reflet ne laissait penser à du métal, seul son poids permettait de deviner l'acier d'Outreterre utilisé pour sa confection.
Avec sa dague, Valten dessina un pentagramme sur le sol, et au centre, dessina une énorme larme, symbole de Bhaal. La sang qui s'écoule de la blessure, et la larme du proche qui pleure le parent perdu. Un symbole fort noir, bien adapté au dieu du meurtre, en somme.
« Minsc, as-tu une arme sur toi ? »
« Non, Bouh ne pensait pas qu'il y aurait besoin d'avoir des armes en ville, mais si Valten veut, Minsc peut aller les chercher à l'auberge. »
« Ce ne sera pas la peine. Utilise ceci, et prends en soin » dit le semi démon en tendant sa dague à Minsc.
Minsc sourit de toutes ses dents, et répondit « Minsc sait pourquoi Valten aime cette dague, Bouh lui a raconté, alors il en prendra grand soin »
Jaheira se contenta de regarder au ciel, en poussant un grand soupir et Nalia se demanda ce qu'elle signifiait, car elle l'avait rarement vu. Valten la gardant cachée sous son armure
Valten regarda Imœm, et lui dit « J'ai besoin que tu t'entaille un doigt, et que l'on mélange notre sang. »
Immédiatement, Imœm sortit un petit couteau du sac en cuir qui l'accompagnait toujours. (Et oui, les magiciennes ont jadis inventé le sac à main : un contenant où l'on dépose un nombre incalculable de choses inutiles pouvant peut-être un jour s'avérer plus ou moins utile si et seulement si les circonstances le permettent…qui à osé dire jamais ?) Et s'entailla la main. Elle sortit également un petit pot en cuivre, pour y faire couler son sang.
Jaheira s'assit par terre, et attendit. Minc faisait adroitement passer la dague entre ses doigts, de plus en plus vite jusqu'à ce qu'il n'arrive pas à distinguer la pointe de la lame.
Valten changea sa main droite de forme, et s'ouvrit la main gauche. Il fit également couler son dans le récipient que tenait sa sœur. Le sang des deux semi-démons se mélangèrent…et rien ne se passa.
Avec sa main droite redevenue celle d'un humain, il répandit une partie du mélange sur une pierre lisse se trouvant non loin.
Il regarda sa sœur, si celle-ci avait une autre idée…mais de nouveau, la tache de sang resta une simple tâche de sang.
« Bon, dit Jaheira, je me rappelle d'un semi-démon prétendant avoir une idée sur comment invoquer le démon, et on se retrouve au milieu de la nuit à se promener dans les bois…hormis perdre son temps, que faisons nous ? »
« Tu n'es pas constructive…réfléchit plutôt, la solution est à portée de main, j'en suis sûr…il y a un élément qui m'échappe, c'est tout. »
« Et ben si il n'y en avait qu'un… » Poursuivit Nalia.
« Mes jolies demoiselles, essayez de ne pas perturber ma concentration, et si vous avez une idée lumineuse, pour une fois changer, cela m'aiderait grandement… »
Nalia ne dit rien, Jaheira sembla observer la nature environnante…et le semi démon tournait en rond.
Imœm versa un peu du contenu du bol dans le pentagramme au sol. Mais rien ne se passa non plus.
Nalia réfléchit tout haut. « Pour toute invocation lié à la magie arcanique, le symbole utilisé pour le rituel est l'étoile d'Arcanius à six branche, Sept si on parle de magie divine. Pour les rituels démoniaques…cinq, donc au niveau du sol, je ne vois pas d'erreur. Ou alors il ne faut pas de symbole, les invocateurs les plus puissants peuvent s'en passer. Reste donc la formule qu'on a entendue à la bibliothèque : on l'a peut être mal interprétée… »
Valten changea complètement de forme, et devint un démon.
Comme à chaque fois, une envie de meurtre le prit, il voulait tuer, tuer n'importe qui, n'importe quoi, mais tout de suite. Son regard se posa sur Nalia. La seule pensée qui lui vint à l'esprit « une humaine, faible, victime parfaite… »
De nouveau, Valten lutta contre lui–même. Ne pas la tuer, je l'aime…son regard se posa donc sur la personne suivante, Jaheira : Non, je l'aime aussi…Tu ne décideras pas de mes actes ! Je suis Valten, Fils de Bhaal, et JE contrôle ma destinée, mes instincts me servent, pas l'inverse !!
Valten reprit le contrôle total de lui-même. Il n'avait jamais osé dire à ses amis ce côté sombre enfuis de lui-même, ni combien il ressentait le besoin de tuer, de répandre le chaos autour de lui.
Mais il devait essayer quelque chose.
Il creusa une profonde entaille ans son bras, et remplis le gobelet de sang. Au moment ou il voulu redevenir humain, il regarda la tâche de sang sur la pierre…ce n'était pas une tâche. Des symboles étaient apparut. Mais c'était écrit en infernal, la langue des démons. Seuls les yeux de démons peuvent le lire.
Il traduisit donc les caractères en langage commun :
Xarn.
Le semi-démon éclata de rire, et un rire caverneux, faisant froid dans le dos retentit dans la clairière. La solution était effectivement à portée de main.
Il reprit sa forme humaine.
Valten regarda fièrement ses amis.
« Minsc, tiens toi prêt à affronter la créature de mon père, Jaheira, recule derrière un arbre, et prépare toi à l'immobiliser si moi et Minsc on n'arrive pas à le retenir. Imœm, mets toi derrière moi, inutile de te cacher du démon, il saura qui tu es en un seul regard. Nalia…recule toi derrière Jaheira, cache toi, et prépare un sort de bannissement si on n'arrive pas à obtenir une solution à l'amiable. Combien de temps as-tu besoin pour bannir ce genre de démon ? »
Nalia réfléchit. « Vu sa puissance…au moins une bonne minute, voire deux, à partir du moment où je commencerai à incanter mon sort. »
Valten se plaça devant le cercle. Il devait invoquer un démon lié à son sang…il versa donc le contenu du petit bol dans le pentagramme sur le sol.
Il se concentra, rassembla sa puissance infernale en lui, et d'un coup, sans formule, sans signes magiques, il appela le Démon.
« Xarn, manifeste toi, ton maître t'appelle !! »
Il s'appelait Xarn. Son nom était inconnu de beaucoup. Seul son Créateur le connaissait, et l'appelait ainsi. Il avait grandit lentement, comme tout démon.
Sa tête de reptile était terminée par une corne sur le bout de son museau, et deux autres pointes d'os se situaient entre ses petites oreilles, de simples fentes sur les côtés de sa tête. Ses innombrables dents trônaient dans sa gueule. A la place de ses doigts, des griffes, amovibles, pliable dans un seul sens, et tellement solide et tranchante. Ses longs bras musculeux étaient rigides, ses jambes puissantes lui permettaient de se mouvoir vraiment vite. Ses sauts étaient tellement impressionnants qu'il avait gagné de nombreuses victoires grâce à eux seul.
Sa peau d'écaille couleur sang complétaient le tableau. Il n'était pas beau, mais disposait d'un esthétique certain : il symbolisait la destruction et la puissance à l'état pur.
Son créateur avait été généreux : Il pouvait se dématérialiser et se rematérialiser à volonté, ainsi que modifier sa taille.
Il avait été élevé sur les champs de bataille, d'abord contre les autres armées de l'enfer, il s'était forgé un nom. Reaper. Celui qui laisse ses victimes tranchées à mort, décapités, éventrée, égorgées. Il s'était toujours battu à mains nue. Son créateur attendait tellement de lui, il ne pouvait être dépendant d'une chose aussi simple qu'une arme. Une fois sa réputation forgée, il combattit à la droite de Bhaal, couvrant ses arrières, ou l'inverse. Il lui avait sauvé la vie de nombreuse fois, et l'inverse était arrivé bien plus souvent. Bhaal avait veillé sur lui comme un vrai père. Il lui avait tout enseigné. Comment se battre, comment juger quelqu'un, comment apprendre quelque chose, que faire en cas de doute, comment raisonner, comment analyser une situation, toujours garder la tête froide, mais avoir le sang chaud…il lui devait tout. Il était son premier lieutenant, son bras droit, son arme. Lorsque Bhaal déclara la guerre aux Dieu, Xarn était encore là. Il avait vu les paladins Divins, soit disant invulnérable, reculer effrayer par l'approche de l'armée des démons, ou périr sous ses coups. Quand son père devint un dieu, Xarn refusa de régner à sa place en enfer. De nombreux démons étaient persuadés que Xarn se rebellerait contre Bhaal, mais jamais la créature ne trahit son créateur
Sa loyauté était au dessus de tout.
Puis la grande guerre commença. Le dieu du meurtre était ravi, il avait réussit à faire régner le chaos sur terre, dans l'au-delà, en enfer et même sur le plan divin. Jamais il n'avait été aussi puissant. Et il annonça, au sommet de sa puissance, qu'il allait disparaître, que son enfant prendrait sa place. Qu'un héritier pourrait mieux faire ce qu'il avait commencé, faire régner le meurtre comme chose absolue, partout. Et que sa disparition était synonyme d'un bain de sang, de meurtres, de trahisons, de guerres futures, de décadences, d'une période sombre sans précédents. Que les dieux s'inclineraient devant lui.
Bhaal s'exila, et Xarn prit la tête de ses armées. Il combattit les dieux.
Xarn pouvait se targuer d'avoir occis de ses propres mains pas moins de Six divinités. Et pas les plus faibles, loin de là. Les dieux eux-mêmes avaient peur de voir sa silhouette sur les champs de bataille. Même le dieu de la guerre avait du se replier face à lui et cria de se venger de lui, de lui arracher la tête. Mais il ne réussit jamais. Lors que la malédiction divine fut lancée sur les démons, Xarn sut que sa puissance hors du plan infernal ne serait plus jamais pareille à avant. Mais sur le plan de son Créateur, il restait capable d'affronter n'importe qui. Il avait eu la chance de se battre une fois contre Diablo. Il garda de ce combat une énorme cicatrice lui barrant le visage. Ce fut le premier combat qu'il perdit, et le seul.
Il était Xarn, Créature de Bhaal, et resterait maître de cette partie de l'enfer jusqu'à ce que l'Héritier l'appellerait. Nul autre ne connaîtrait son nom. Nul autre ne lui donnerait d'ordre. Et il saurait quand les enfants de son Maître seraient moins de dix.
Il fut donc surpris de sentir une douleur atroce au ventre, et de se sentir absorber dans un plan qui n'était pas le sien. Ce n'était pas normal, il n'était pas encore temps.
Quiconque l'ayant invoqué en risquant de perturber les projets de son maître allait le payer de sa vie.
Parole de démon.
Valten avait mal dans tout son corps. Invoquer une créature d'une telle puissance demandait une force psychique qu'il n'avait peut être pas encore. Allait-il mourir ou perdre la raison en essayant ?
Il fit appel à toute sa volonté, toute sa rage, toutes ses tripes, pour arriver à invoquer son futur serviteur. Soudain, une créature reptilienne apparut dans le cercle. Elle avait une taille assez impressionnante, une demi-tête de plus que Minsc. Soit plus de deux mètres.
La première chose qu'un démon regarde quand il est invoqué, c'est si les protections contre le Mal sur les invocateur les protègent de leurs serviteurs complètement, ou s'il est possible de s'enfuir, sans servir celui qui vous appelle. Evidemment, tout mage assez puissant pour invoquer une créature d'un autre plan en sait assez que pour se protéger de la créature qu'il appelle, et la forcer à lui obéir. Sauf rare exceptions, ou une mauvaise prononciation d'une partie du sortilège… Xarn fut donc étonné de voir qu'il n'y avait pas un seul sort de protection, pas un seul artefact magique de puissance pour l'invoquer. Seul un petit pentagramme mal dessiné au sol avait servi pour l'invocation…autant dire que le symbole au sol ne servait presque à rien dans ce cas ci. Au pire il aidait à réguler la puissance du lanceur de sort. Le démon n'hésita pas une seule seconde, il sauta vers l'homme en habit de riches toutes griffes dehors.
Valten vit le démon arriver. Il changea sa main droite sous sa forme démoniaque, et para. Le choc fut rude, le sol trembla sous l'impact et Valten dut reculer d'un pas pour ne pas être renversé en arrière. Puis, instinctivement, il envoya son poing dans la gueule du démon.
Xarn s'attendait à empaler l'humain d'un coup, puis d'enchainer sur la femelle tapie derrière lui. L'humain para, ce qui étonna quelque peu Xarn. Mais surtout, il avait assez de force pour repousser une attaque, et ne pas tomber en arrière. Ce n'était pas n'importe qui. L'humain voulu lui porter un coup de poing. Futile, inutile, et même dérisoire, Xarn sut qu'il ne ressentirait même pas l'impact. Mais sur le poing de l'humain, une chose attira son regard. Une bague. Avec le symbole de son Créateur. L'humain portait le sceau de Bhaal. La surprise de Xarn l'empêcha de bloquer ou de parer le coup de poing. Et l'impact fut plus lourd que prévu. Pas de doute, ce n'était pas un simple humain. Mais il ne pouvait être L'Héritier ! Il restait encore tellement d'enfants de Bhaal en vie…Le démon vacilla sous le choc, s'attendant à ce que son adversaire prenne le dessus, et profite de l'avantage. Xarn avait négligé le fait qu'un démon voit à puissance énormément diminuée lorsqu'il quitte le plan infernal.
Valten frappa le monstre de toute la force de sa main gauche. Le monstre encaissa assez bien le coup, il ne tomba pas à la renverse. Il vacilla, mais se redressa immédiatement. Le monstre avait fixé la bague. Valten remit sa main droite dans sa forme originale, et retira son anneau. Il tendit la bague au démon.
« Je suis Valten fils de Bhaal, et voici ma sœur Imœm. Ce que tu vois est Le Sceau de Bhaal. Je t'ordonne de m'obéir et d'honorer ton serment: tu as juré sur ce sang que tu le servirais jusqu'à ton dernier souffle. »
Le démon fut surpris. Deux enfants de Bhaal restant côte à côte, sans essayer de se tuer. Pourtant ils ne renient pas leur origine. Curieux. Anormal, aussi.
Le démon rit aux visages des semi-démons en face de lui.
« Tu affirme ta paternité, et la revendique, alors que tu épargne ta sœur…mais sache que je suis sensé obéir à l'unique héritier, et je suis sensé apparaître lorsque celui-ci se sera élu dans son sanctuaire divin. Pas avant. J'ignore comment tu m'as invoqué, mais ce n'étais pas prévu. »
« Sache que je ne suis pas sensé suivre aveuglément les prévisions de mon père. Je suivrai ma propre destiné en fonction de mes choix, pas des siens. Quand à savoir comment je t'ai invoqué…disons que je suis bien entouré, et que mon génie et mes amis ont permis ta venue.
Renieras-tu ton serment ? Ne me feras tu point allégeance ? Souilleras-tu le nom de mon père de cette Manière ? »
Le Démon était coincé. Il aurait du obéir au dernier enfant de Bhaal. Mais cet humain interprétait la lettre de Bhaal autrement. « Il devait obéir à celui qui l'invoquerait » : que ce soit le dernier enfant en vie, ou non. L'humain jouait de l'imprécision de la lettre de Bhaal…alors que le père était certain d'avoir tout prévu, un de ses fils avait profité d'un léger moment d'inattention, et l'exploitait à son avantage. Hors, le démon ne pouvait lever la main sur le sang de son maître.
« Je t'obéirai, Maître. Mais sache, que quoi qu'il arrive, jamais je ne lèverai la main sur un de tes frères ou une de tes sœurs. Ce combat, tu devras le mener sans moi. »
Valten sourit. Il avait réussit à changer la donne. Les prévisions de son père étaient erronées. Le serviteur était entré en jeu trop tôt. Et ce paramètre pouvait compromettre beaucoup de choses. Il imposerait SES règles dorénavant, et ne suivrait plus les choix fait par son père. Maintenant, il fallait tirer parti de cet avantage, et gagner la course à la divinité.
Loin de là, au même moment, dans la nuit noire, une assemblée siégeais autour d'une table ronde. Au centre de cette table, un crane, entouré de larmes. Chaque membre était cagoulé, cachait son visage, pourtant, tous se connaissaient. Les discussions allaient bon train. Le ton montait facilement, et chaque invité, sauf un, disposait de deux garde du corps derrière lui.
Soudain, l'un d'eux dit
« -Et qu'en est-il de celui de château-suif ? »
Une autre voix autour de la table répondit « Depuis sa disparition dans l'Underworld, il n'est pas réapparu. Je tiens à préciser que nous n'avons encore aucune source d'information fiable en ce lieu, et que cela pourrait nous surprendre. »
-« Autre chose ? »
-« Deux, en fait. Tout d'abord, nous savons de source sûre qu'il existe six enfants de chaque race, sauf douze humains, douze elfes, douze drows, douze nains, douze orques et douze gnomes. Et nous savons également que de ces enfants, il ne reste aucun gnome, trois orques, sept humains, et un nains. Le dernier étant à cette table. Pour les elfes et humains, il faut compter aussi avec des semi-elfes. Et nous ignorons la localisation de certains d'entre eux.
Ensuit, je tiens à préciser que le facteur de puissance réunie autour de cette table dépasse maintenant les quatre cent, sur un total de six cent soixante six. Nous approchons tout doucement du but.»
-« Je tiens à préciser que l'un d'entre nous autour de cette table devient potentiellement trop dangereux, et que-»
Un grognement sonore se fit entendre, et une voix courroucée prit la parole :
« Il suffit ! Tous connaissons les règles et savons ce qu'il nous en coûterait de les transgresser ! Mais chacun est libre de faire ce qu'il veut seul, et si l'un d'entre nous découvre un enfant sans l'aide de l'assemblée, il est libre d'en faire sa proie ! Encore un mot de plus de votre immonde bouche à mon égard et je considérerai que vous manquerez à votre serment de ne pas nuire à l'un d'entre nous ».
La voix précédente se tut.
Une autre repris la parole.
« N'oubliez pas, le futur dieux est parmi nous. Nous auront le plaisir de nous entre-tuer plus tard. Pour l'instant, notre serment nous lie. Nous nous reverrons dans un mois.»
L'assemblée se dispersa dans le noir.
