Voici enfin la suite. Merci de votre patience et surtout merci pour vos reviews.
Je fais mes excuses par avance si les descriptions médicales sont erronées. Ce n'est pas mon domaine alors j'ai fait de l'à peu près avec ce que j'ai trouvé.
Voilà, bonne lecture !
Chapitre 14 :
Alan fit un pas hors de la chambre et fut aussitôt héler par la responsable du personnel, en chemin vers la chambre de Charlie, supposant que monsieur Eppes y serait. Elle était accompagnée de Charlotte, l'infirmière qui s'occupait de Charlie.
-« M. Eppes, je venais justement à votre rencontre. »
« Vous avez trouvé mon fils ? » La tension et la colère étaient clairement audibles dans la voix d'Alan.
« Votre fils a bien été pris en charge par notre hôpital. Il était en chirurgie. Il en est sorti il y a une trentaine de minutes environ. D'après ce que je sais, le cœur de votre fils s'est arrêté pendant qu'il était en salle de trauma. » Alan et Tommy s'alarmèrent à cette nouvelle. Réalisant sa maladresse, la responsable souleva ses mains pour les rassurer. « Momentanément, » s'empressa-t-elle d'ajouter. « Seulement momentanément, rassurez-vous. Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire peur.»
« Alors il…il est vivant ? Il va aller bien ? »
« Oui, il est vivant. » Ces trois mots envoyèrent une bouffée d'air frais vivifiante à Alan. Vivant. Don était vivant. Il se sentait renaître. Et ce n'était pas une image. Son cœur s'était presque arrêté à l'annonce de l'arrêt de celui de Don.
- « Selon toute vraisemblance, c'est à la suite de l'arrêt cardiaque de votre fils qu'une confusion a eu lieu dans la chaîne de communication. Une fausse information s'est répandue à son sujet selon laquelle il serait mort à l'arrivée. Mais ça n'explique toujours pas pourquoi il n'apparaissait dans aucun de nos fichiers. Quoi qu'il en soit, tout est rentré dans l'ordre à présent et si vous voulez bien me suivre, je vous emmène voir le chirurgien qui l'a opéré, le docteur Diane Ballard. Elle pourra vous en dire plus que moi sur l'état de Don. »
« Je vous suis mais je voudrais prévenir mon autre fils avant.»
- « Je m'en charge monsieur Eppes, » énonça Charlotte qui était resté silencieuse.
Alan la remercia et suivit la responsable du personnel. Sur le chemin les menant au bureau du chirurgien, elle renouvela ses excuses et assura que tout sera fait pour que ce genre « d'incident » ne se reproduise plus. Elle assura aussi à Alan que ses fils recevront les meilleurs soins et ne manqueront de rien pendant leur séjour à l'hôpital. Tommy était prêt à lui rétorquer que l'on ne devrait pas attendre moins d'un hôpital, que ça ne devrait pas être un traitement de faveur, mais il retint sa langue.
- « Don est actuellement en salle de réveil. Dès qu'il sera sorti de l'anesthésie, il sera transféré dans la chambre de son frère. Nous manquons de place actuellement à cause de l'ouragan qui a fait bon nombre de blessés. Aussi nous nous voyons contraints de mettre deux patients par chambre. J'ai pris les dispositions nécessaires pour que vos fils soient ensemble. Nous vous devons bien ça. »
Alan apprécia. Il n'aura pas ainsi à devoir partager son temps entre ses fils. « J'apprécie. Merci. »
Une fois dans le bureau du docteur Ballard, Alan ne perdit pas de temps dans les présentations d'usages et autres formalités insignifiantes. Il avait assez attendu. Il voulait des réponses, et tout de suite. Après une poignée de main ferme, il entra directement dans le vif du sujet. « Comment va mon fils, docteur ? »
Non dérangée par cette introduction franche, la chirurgienne fit signe à Alan et Tommy de prendre chacun un siège et entra également dans le cœur du sujet.
« Donald… »
« Don, » coupa Alan. « Il préfère qu'on l'appelle Don. »
Le médecin sourit gentiment et reprit : « Don est un homme très solide, monsieur Eppes. Pour être honnête, lorsqu'il est arrivé ici, je n'aurais pas parié sur lui tellement son état était préoccupant. J'ai même pensé que son corps ne supporterait pas la chirurgie et pourtant il en est ressorti avec mention. »
« C'est un Eppes, » fit remarquer fièrement oncle Tommy.
«Don a perdu énormément de sang. Cette perte, combinée avec le traumatisme physique que son corps a subi, a fait arrêter momentanément son cœur mais nous l'avons ramené à un rythme normal assez rapidement de sorte que vous n'avez pas à vous inquiéter d'éventuelles lésions cérébrales. Le cerveau de votre fils n'a pas eu le temps d'être privé d'oxygène. » Alan et Tommy respirèrent de soulagement. « Même si l'opération s'est bien passée, je ne vous cache pas que Don est encore dans un état sérieux. Je suis principalement préoccupée par un risque d'infection de la blessure puisque la plaie n'était pas nette et est restée non traitée un long moment. C'est pourquoi nous allons le garder sous étroite surveillance pour les prochains jours. Nous avons complètement irrigué la blessure mais le risque est toujours là. Les antibiotiques intraveineux que nous lui administrons devraient résoudre ce problème. »
« Et son rein ? Que dites-vous de son rein ? Est-ce qu'il a été endommagé par la branche ? »
« La branche a en effet atteint le rein de Don. Il a un traumatisme mineur du rein avec hématome sous capsulaire. Ce genre de traumatisme est sans gravité bien qu'assez douloureux. Nous allons exercer dessus une simple surveillance avec contrôle des constantes et surveillance échographique. Don devra continuer à être surveiller au cours des prochains mois. Il y a en effet un risque de survenue d'une hypertension artérielle qui devra être dépistée précocement pour en limiter les effets néfastes. Votre fils est agent fédéral, je crois ? » Alan inclina la tête. « Alors interdiction pour lui d'aller sur le terrain tant que son médecin traitant, à qui je transmettrai le dossier de Don, ne lui aura pas donné le feu vert. Ce qui n'arrivera pas avant plusieurs mois.»
« Oh, il ne va pas aimer ça, » grimaça Alan, s'imaginant très bien la tête que fera Don lorsqu'il apprendra cette nouvelle. « Mais moi ça me convient. En restant au bureau, le seul risque qu'il court est de se couper les doigts avec du papier.»
« Même s'il n'est pas content, il n'aura pas le choix de toute façon, vu l'état de ses jambes. Elles sont pas mal meurtries étant donné qu'elles ont supportés le poids du sapin. Je crains qu'elles fassent souffrir le martyr à votre fils, aussi je vais lui prescrire des médicaments à base de morphine pour supporter la douleur mais il faudra bien respecter les doses. Une dépendance est vite arrivée. Don va devoir réapprendre à marcher. Une rééducation va être nécessaire. Il a aussi des côtes cassées mais il a eu de la chance puisque aucune d'elle n'a perforé un poumon. Il a aussi quelques hématomes mais rien de bien sérieux. Au final, je dirais que votre fils est un homme chanceux. Je suis confiante quant à un bon rétablissement mais à condition qu'il respecte bien les ordres que je vais lui donner lorsqu'il sortira d'ici. »
« Il les respectera, je vous le garantis, » affirma Alan avec force, prêt à affronter l'entêtement de son fils qu'il voyait venir à des kilomètres. Celui de Charlie aussi. Ses fils n'avaient jamais été de bons patients, refusant de rester au lit lorsqu'ils étaient malades. Alan devait toujours batailler dur pour les obliger à se soigner et se reposer. Mais là, il n'était pas seul. Il avait des alliés : Betty et Tommy. Ce sera la guerre et il comptait bien la remporter. Au besoin, il y avait des cordes dans le garage de son frère. Et Amita et Robin viendront certainement en renfort.
« Mon petit doigt me dit que Don restera sous surveillance étroite même après sa sortie de l'hôpital, » remarqua le docteur Ballard sur un ton amusé.
« Votre petit doigt a raison, » répondit Tommy, connaissant très bien les instincts protecteurs de son frère. « Don et Charlie ne vont pas comprendre ce qui va leur tomber dessus. »
« Alors je n'ai pas de souci à me faire pour mon patient. Qui s'occupe de votre second fils ? »
« Le docteur Rawat. »
« Parfait, votre fils ne pouvait pas mieux tomber. Vos deux garçons sont entre de bonnes mains, Monsieur Eppes.»
Tommy observa la crainte s'estompait lentement des yeux de son petit frère. Sentant un regard sur lui, Alan tourna sa tête.
- « Ils vont aller bien, » dit-il d'une voix enrouée, comme demandant la confirmation à son grand frère. Ce dernier posa sa main sur son bras et sourit chaudement.
- « Oui, Alan, ils vont aller bien. »
NUMB3RS
En revenant dans la chambre de Charlie, le cœur plus léger, Alan trouva son fils endormi. Tante Betty et Rob discutaient à voix basse.
« Il a finalement réussi à s'endormir ? »
Betty hocha la tête. « Après que l'infirmière nous aie mis au courant pour Donnie, il s'est assez détendu pour pouvoir dormir. Il voulait attendre que tu reviennes pour en savoir plus mais l'éreintement a eu raison de lui.»
Charlie dormait si bien qu'Alan préféra ne pas le réveiller. Il s'assit à côté du lit et avisa Betty et Rob de l'état de santé de Don sans trop élever la voix pour ne pas déranger Charlie.
« Oh Alan, c'est merveilleux ! Alors il va bien se rétablir ?»
- « A condition qu'il suive scrupuleusement les instructions de son médecin et se ménage. Et à condition qu'il n'y ait aucune complication. Il y a un risque d'infection de la blessure qui n'est pas négligeable. Mais si tout va bien, il pourra être à la maison dans quelques jours, avec Charlie. »
Sur ces bonnes nouvelles, Rob décida qu'il était temps pour lui de partir, ne pouvant pas laisser Judd plus longtemps seul à leur bureau. Il promit de revenir le lendemain dans la journée avec son équipier dès que leurs collègues auront pris leur relève. Alan et oncle Tommy le remercièrent chaleureusement et tante Betty lui promit en retour de l'invité, lui et Judd, à la maison pour un succulent repas lorsque Don et Charlie seront libérés de l'hôpital.
Deux heures plus tard, des infirmiers poussaient le lit de Don dans la chambre. Alan resta à l'écart pour ne pas gêner mais c'était difficile pour lui d'attendre patiemment que le personnel de soin finisse d'installer son fils. Son attente était d'autant plus insupportable que Don était totalement caché par les infirmières, occupées à brancher leur patient à des machines et à poser des voies intraveineuses. Alan attendait avec excitation de pouvoir enfin toucher son garçon. C'était comme si une éternité s'était passée depuis qu'il l'avait vu pour la dernière fois, là-haut dans la montagne. Lorsqu'une infirmière chef lui donna le feu vert, son cœur fit un bond. Il n'avait pas besoin qu'on lui dise deux fois qu'il pouvait approcher.
- « Il a des difficultés à émerger de l'anesthésie alors ne vous étonnez pas s'il est dans les vapes. Je doute qu'il se réveille bientôt. Son corps a subi un trauma important, il a besoin de temps pour récupérer. »
Alan tenta tout de même sa chance. « Don ? » Il fut déçu en voyant que Don ne réagissait pas. Il toucha son front et n'aima pas ce qu'il sentit. « Il est chaud. Et il est encore très pâle.»
- « Je viens d'injecter les antibiotiques dans son intraveineuse. Ils vont commencer à agir. Sa fièvre devrait bientôt baissée. C'est vrai que sa peau est encore blanche mais comparer à ce qu'elle était avant les transfusions sanguines, j'aurais plutôt tendance à dire que votre fils a pris des couleurs. Il n'est plus aussi translucide qu'il ne l'était. »
Si Don restait insensible au contact de son père, il ne l'était pas au contact de sa tante lorsque celle-ci posa sa main sur sa joue. Il tourna faiblement sa tête, comme pour rechercher plus de contact avec cette main chaude et douce.
- « Maman, » marmonna-t-il sans ouvrir les yeux.
- « Non, Don, c'est moi, tante Betty. »
« Maman, » répéta Don, avec une pointe de réclamation dans sa voix qui pinça le cœur d'Alan.
La voix de Don devenant suppliante, tante Betty n'eut pas le cœur de le décevoir, même s'il était en plein rêve.
- «Shhh, je suis là, Donnie. Rendors-toi, maman est là. »
Un léger sourire apparut au coin des lèvres de Don. « Maman, » soupira-t-il de contentement en se rendormant. Sa respiration ralentit et il était de nouveau paisible. Alan sourit à tante Betty et lui chuchota « merci. »
Après avoir fini avec Don, l'infirmière chef jeta un œil sur Charlie qui ne s'était pas réveillé en dépit de l'agitation dans la chambre.
« Vos fils ne se réveilleront pas avant plusieurs heures, vous devriez dormir vous aussi, » dit-elle à l'attention d'Alan. « Vous m'avez l'air de quelqu'un qui ne peut plus tenir sur ses jambes. » Elle se tourna vers tante Betty et oncle Tommy. « Vous aussi. Il y a une salle d'attente au bout du couloir avec des sofas assez confortables. Vous pouvez les utiliser. Il est trop tard pour vous risquez sur les routes, surtout en ce moment. Et je doute que vous trouviez une chambre d'hôtel à cette heure-ci. Je vous apporte des couvertures et des oreillers. »
Désormais tranquilles d'esprits quant à leurs deux neveux, Tante Betty et oncle Tommy suivirent les conseils de l'infirmière et allèrent camper dans la salle d'attente. Alan préféra rester dans la chambre avec Don et Charlie. Il n'était pas encore prêt à les laisser hors de sa vue, même le bout du couloir lui paraissait trop loin de ses garçons.
Une fois seul avec eux, Alan déplaça le fauteuil pour le mettre entre les deux lits. Il grogna en s'asseyant un peu trop lourdement à son goût. Son vieux corps avait connu des jours meilleurs. Après une journée de marche dans la montagne, ses jambes étaient en compote. Ses courbatures étaient telles que les actions de se lever et de s'asseoir étaient un véritable problème dont il se serait bien passé. Il soupira en se relaxant contre le dossier moelleux du fauteuil.
Avec un fils de chaque côté de lui, en sécurité et cocooner dans leurs lits, Alan sentait le stress s'évacuait lentement de son corps. Il avait l'impression d'être passé dans l'essoreuse, émotionnellement et physiquement. Un courant d'air frais le fit frissonner et il remonta la couverture que lui avait apporté l'infirmière jusqu'à ses épaules. Il regarda pensivement ses deux garçons. Une vague de peine lui monta soudainement à la gorge Il avait été si près de les perdre. Comment aurait-il pu surmonter leur perte. Il n'aurait pas pu. Rien ni personne n'aurait pu lui redonner le goût de vivre.
Ses paupières devinrent lourdes. Il clignota des yeux dans un effort de rester éveiller, voulant apprécier encore un peu le concert des respirations en tandem de Don et Charlie. C'était de la musique pour ses oreilles. Mais son corps et son âme étaient trop fatigués pour rester éveiller plus longtemps. Il murmura « bonne nuit les garçons » et les rejoignit dans un assoupissement paisible.
A suivre
