Le lendemain après-midi, Marinette et Adrien retournèrent au cinéma ensemble. À leur grand soulagement, aucun akuma ne se manifesta ce jour-là pour les faire dévier de leur programme. Et cette fois-ci, dans la salle de cinéma, ils parvinrent à se concentrer suffisamment sur le film pour vraiment comprendre l'intrigue.
Ils étaient néanmoins toujours intensément conscients de la présence l'un de l'autre et passèrent toute la séance main dans la main, leurs deux autres mains se frôlant régulièrement dans le pot de popcorn. Tout au long du film, les deux jeunes gens échangèrent plus d'un baiser.
Ils étaient d'autant plus ravis de cette sortie que le jeune homme n'avait pu appeler sa petite amie qu'au tout dernier moment pour lui annoncer qu'il avait pu se libérer pour la rejoindre. De son côté, elle avait anticipé et déjà demandé à ses parents la permission de sortir, permission qui lui avait été accordée sans la moindre difficulté, évidemment.
Mais du coup, elle avait dû annuler la venue d'Alya, qui avait initialement prévu de passer l'après-midi chez elle à discuter. Heureusement pour Marinette, sa meilleure amie n'avait fait aucune difficulté pour modifier leur programme lorsqu'elle lui en avait expliqué la raison. Alya était tellement ravie que Marinette sorte enfin avec Adrien !
Certes, elle aurait bien aimé que Marinette lui raconte davantage de choses sur leur relation naissante. Mais la jeune fille rougissait et bégayait en évoquant ces moments, ce qui avait partagé Alya entre l'attendrissement et l'exaspération. Elle se disait que si Marinette se comportait toujours ainsi avec Adrien, cela allait être coton ! Heureusement que cela ne les avait pas empêchés d'enfin s'embrasser !
Ce que la future journaliste ignorait, c'est que ce n'était absolument pas la pensée d'Adrien qui avait rendu sa meilleure amie si fébrile. C'était uniquement la crainte de se trahir, de les trahir, auprès d'elle.
Découvrir qu'il était Chat Noir avait radicalement modifié le comportement et les réactions de Marinette envers Adrien. D'autant plus depuis leur franche discussion dans l'enceinte du cinéma. Celles qu'ils avaient eues depuis n'avaient fait que renforcer sa nouvelle aisance face à lui. Il était Adrien, il était Chat Noir, elle l'aimait et elle commençait à s'habituer tout doucement au fait qu'il l'aimait aussi.
Ce dimanche-là, après la séance de cinéma, Marinette et Adrien avaient encore du temps devant eux, contrairement à la veille. Le jeune homme fit donc ce qu'il n'avait pu faire le samedi et entraîna sa petite amie dans un café à quelques rues de là. Les deux jeunes gens s'installèrent à l'étage dans un coin tranquille où ils ne risquaient pas d'être entendus et commandèrent du chocolat chaud et des pâtisseries.
En plongeant sa cuillère dans la sienne avec un air particulièrement gourmand, Adrien fit un clin d'œil appuyé à Marinette et lui glissa :
— Bon, il ne faut pas que mon père soit au courant pour ça, ma Lady, il ne serait pas vraiment d'accord !
— Il est dur avec toi, Chaton, tu es tout mince ! s'insurgea-t-elle. Et je suis bien placée pour le savoir...
— C'est vrai qu'entre tout le sport que je pratique officiellement et une certaine activité secrète qui est assez physique aussi, je crois que je ne risque pas trop d'engraisser, approuva-t-il avec un sourire malicieux avant d'enfourner une nouvelle cuillerée de sa pâtisserie.
— Tiens, c'est vrai ça ! Sportif comme tu l'es, Adrien, pas étonnant que tu aies été à l'aise aussi vite dans ce rôle, toi ! Pas comme moi, avec ma maladresse chronique...
— Tu as donc vraiment encore plus de mérite que moi, ma Lady ! lui assura-t-il avec sincérité en lui prenant la main. Toi, tu as vraiment dû dépasser tes limites, là où je n'ai fait que m'amuser.
— Oh, ne te dénigre pas, Chaton, tu ne fais pas que t'amuser ! J'ai toujours pu compter sur toi.
— Et c'est toi qui me dis de ne pas me dénigrer, Marinette ! s'étonna-t-il en lui caressant délicatement la joue. Tu ne te rends pas compte de toutes tes qualités.
La jeune fille rougit brusquement à ces mots et il se pencha vers elle pour l'embrasser.
— Je parlais seulement du côté physique de notre boulot, reprit-il pour clarifier ses dires. Toutes ces possibilités, toute cette liberté, c'est tellement génial, ça a été totalement grisant, pour moi, au départ ! Mais sinon, oui, j'ai toujours fait de mon mieux pour t'épauler, c'est normal, termina-t-il modestement en haussant les épaules, bien loin de la vantardise dont il usait fréquemment sous son masque.
— On est une équipe, Chaton, lui rappela-t-elle avec conviction. Tu ne fais pas que m'épauler, tu es mon partenaire. Comment pourrais-je être Ladybug sans mon Chat Noir ?
Cette fois-ci, c'est lui qui fut submergé par l'émotion. Il prit la main de sa petite amie pour y déposer un baise-main et elle l'attira aussitôt contre elle pour l'embrasser à nouveau.
Après le café, ils décidèrent d'aller se promener aux alentours de la Tour Eiffel, main dans la main. Malheureusement pour eux, et avant même qu'ils ne soient arrivés, Adrien reçut un message de Nathalie pour lui demander de rentrer. Il soupira profondément et montra l'écran de son téléphone à Marinette.
— Déjà ? s'étonna-t-elle.
— Ouais, marmonna-t-il, et encore, ça aurait pu être pire... Finalement, c'est au collège qu'on pourra passer le plus de temps ensemble, ou bien... lors de nos missions et de nos patrouilles, conclut-il à voix basse pour ne pas risquer d'être entendu par quelqu'un d'autre qu'elle.
— C'est toujours mieux que rien, remarqua-t-elle d'une voix qui se voulait rassurante. Et puis, finalement, c'est au collège qu'on passe le plus de temps tout court.
— C'est aussi le seul endroit où on ne pourra pas être seuls tous les deux, grogna-t-il, et c'est terriblement frustrant que tu sois assise derrière moi, je dois me retourner pour te regarder. Mais si ça ne te dérange pas trop qu'un chat de gouttière se promène de temps en temps vers chez toi...
Elle éclata de rire.
— Je serai toujours ravie de voir ce Chat-là ! assura-t-elle en passant une main dans ses mèches blondes. Mais... je ne voudrais pas que ça te fasse manquer de sommeil pour autant...
Il attrapa son autre main pour y déposer un baise-main.
— J'ai bien plus besoin de toi que de dormir, lui assura-t-il avec conviction et un sourire tendre. Dis-moi, on patrouille, ce soir ?
— Oui, tiens, bonne idée ! commença-t-elle avec enthousiasme. Ah non, zut, pas ce soir... Si je ne révise pas pour le contrôle de demain, ça va être catastrophique, soupira-t-elle.
— Le contrôle de physique ? Tu as du mal à le réviser ? vérifia-t-il sur un ton réjoui.
Marinette opina en grimaçant.
— Mais c'est génial ! reprit joyeusement Adrien avec un air ravi.
— Ah ben merci, grogna-t-elle avec mauvaise humeur, bravo pour le soutien...
— Tss, tss, tss, Buguinette, tu ne vois vraiment pas où je veux en venir ? insista-t-il en glissant une main sous le menton de la jeune fille pour lever son visage vers le haut, tout en la regardant malicieusement.
— Euh... non, pas vraiment...
Le jeune homme brandit triomphalement son téléphone.
— Je vais répondre à Nathalie que je ne peux pas rentrer maintenant, parce que je dois t'aider à réviser ce fameux contrôle, ce qui me permettra de le réviser aussi, et plus efficacement que seul. En plus, c'est ma matière préférée, tu ne devrais pas y perdre au change.
— J'approuve totalement ton plan, Chaton ! assura-t-elle avec un sourire joyeux tout en commençant à rebrousser chemin, sa main bien calée dans celle de son petit ami.
