Disclaimer : Rien de des univers d'Harry Potter ou des contes repris par la compagnie de Walt Disney ne sont ma propriété.

Pairing : DM/HP, BZ/RW, TN/NL

Rated : MA (je préviendrai en début de chapitre en cas de relation explicite !)

Rappel : Cette fic comprend un prologue, un interlude et 31 chapitres. Je poste tous les vendredis. :)

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Un peu de retard aujourd'hui... Pour ma défense la semaine dernière j'avais prévenu que ça pourrait arriver ! J'espère que vous n'êtes pas trop surpris ;)
(Ou inquiets !) (Ou désorientés !) (Aaaaaaaaaahh !)

Bonne lecture :3

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Bien sûr je remercie toujours celles et ceux qui continuent de m'ajouter en favoris et/ou follow sur cette histoire ! :3

Enjoy !

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- Le baiser de l'amour véritable -

Hedwige n'avait jamais galopé si vite, du moins c'était ce qu'Harry ressentait. Le cœur battant, de l'adrénaline plein les sangs, il chevauchait à toute allure en direction du palais des souverains Malfoy. Malfoy ! Il n'en croyait toujours pas sa raison. Draco était l'unique héritier de la famille royale qu'il avait tant cherché à contacter, et aujourd'hui il était envoûté, piégé dans un sommeil sans fin, et Harry n'avait plus que faire de sa situation. Il ne pensait plus même au message dans la poche de son manteau, près de son si précieux couteau.

-C'est encore loin ? Cria-t-il pour que l'on entende ses mots malgré le vent.

Volant près de lui à une vitesse similaire, Severus – puisque c'était ainsi qu'il s'appelait – n'eut pas le temps de lui répondre. Ils virent avec aberration se dresser, au loin devant eux, la plus dense des forêts. Eux qui venaient de quitter les sous-bois. Harry en fut immédiatement impressionné, tant qu'il ne remarqua pas l'ébahissement naissant sur le visage de son guide.

-Quand bien même il s'appelle le Royaume des Forêts, ce n'était pas comme ça que je le voyais…

-Ce n'est pas naturel ! Cria Severus près de lui. Accélérons, ce n'est pas normal !

Harry n'était pas sûr qu'Hedwige puisse réellement accélérer le rythme, mais il tenta tout de même. Plus ils avançaient, plus la masse sombre semblait gigantesque. Et plus ils la voyaient de près, plus ils distinguaient ses branchages.

-Halte !

Harry sursauta, tira fort sur les rênes. Severus ralentissait aussi vite qu'il le pouvait. Le regard d'Harry s'écarquilla.

-Des ronces ! S'exclama-t-il. Ce sont des ronces Severus !

Jamais ils ne passeraient. Les mauvaises herbes étaient grandes et grosses comme de véritables arbres. Plus de cinq mètres de haut et des épines à perte de vue des deux côtés, comme si la masse entourait complètement le palais et ses cours. Severus tenta de jeter un sort en direction de la forêt mais le jet de lumière vive ne fut d'aucun effet… Seul un rire sinistre s'éleva tout autour d'eux.

-Tu ne pensais tout de même pas que j'allais vous laisser revenir sans m'interposer !

Severus serra les dents. « Dolorès… » Elle apparaissait lentement au-dessus d'eux, dans une fumée rose qui s'évanouissait doucement. De nouveau, les yeux d'Harry s'écarquillèrent.

-C'est elle ! Fit-il. C'est elle qui m'a piégé dans la clairière !

-Et si j'avais su qu'on viendrait te chercher, je t'aurais fait disparaître sur le champ !

Severus se déplaça doucement, de façon à se trouver entre elle et le garçon. Il était le seul espoir de sauver Draco, et il n'était certainement pas prêt à ce qu'on le lui enlève.

-Oh, comme c'est touchant… Grinça Ombrage. Et où sont tes petits camarades ? Je ne les ai pas vus avec vous sur le chemin du retour… ce qui est terriblement dommage, j'aurais adoré mettre une raclée à ce vieux fourbe.

-Tu ne fais pas le poids contre Albus.

-Ooh, tu crois ça ?

Harry regardait vivement autour de lui. Il devait faire quelque chose ! Draco dans ce château et son unique renfort seul contre cette mauvaise fée, ils étaient perdus si rien ne lui venait ! Mais il avait tort, quelque chose venait. Quelque chose qui ajoutait un poids à sa ceinture. Il y descendit les yeux, lentement. Une épée. Une épée s'y formait, accrochée à son ceinturon. Vivement, son regard dévia vers Severus – sa baguette, dans sa main pourtant contre sa jambe, était pointée dans sa direction. Le cœur d'Harry se souleva de soulagement. Il… il lui donnait une arme ! Mais voulait-il qu'il se batte, ou qu'il s'enfuie ? Lui qui n'avait jamais de sa vie manié une épée. Le cœur battant de peur d'être remarqué, il descendit sa main au pommeau, la saisissant fermement.

-Toi ! Ragea Ombrage alors. Ne crois pas que je t'ai oublié !

Et elle leva sa baguette, comme pour le foudroyer – mais Severus fut plus rapide et la toucha d'un rayon bleu puissant qui la fit crier et tomber au sol dans un bruit sourd.

-Courons prince Harry ! Cria Severus en se retournant et volant vivement vers lui. Cela ne la retiendra pas bien longtemps !

Alors Harry leva son épée et à dos d'Hedwige se traça un chemin dans les ronces. Sa jument hennit plus d'une fois – de peur peut-être, et de douleur sans doute. Harry était tellement, tellement désolé pour elle… lui au moins savait dans quoi il s'engageait, alors qu'il se protégeait le visage de son bras, meurtri par les épines. Mais elle semblait pourtant si décidée à le mener au bout qu'on aurait presque pu croire qu'elle comprenait… Au loin, Ombrage hurlait de rage.

-Tu me le paieras Severus ! Je t'aurai !

-Ne perdons pas une seconde ! Lança Severus à Harry alors qu'il amorçait un geste pour se retourner. Tu dois arriver au château avant qu'elle puisse t'en empêcher !

Mais une ombre immense se formait déjà au-dessus d'eux. Sursautant, Harry leva les yeux. C'était elle… Il accéléra l'allure, tranchant son chemin comme jamais, coup d'épée sur coup d'épée… et soudain un espoir le remplit, comme une bouffée d'oxygène. De la lumière ! Il voyait la basse-cour intérieure ! Ils y arrivaient ! Une douleur fulgurante dans son bras déjà blessé lui fit fermer les yeux, il serra les dents. Tiens bon, tiens bon pour Draco. Il donna le dernier coup d'épée et faillit tomber à la renverse quand Hedwige sortit enfin de cet enfer.

-Oooh non, pas question !

Sa jument prit peur de l'apparition soudaine d'Ombrage juste devant eux et elle se cambra – Harry tomba pour de bon. Le choc fut si rude qu'il le sentit résonner dans toute sa colonne vertébrale. Quand il rouvrit les yeux, une poignée de secondes plus tard, quelque chose de grandiose se produisait – grandiose et terrifiant. Ombrage cédait sa forme humaine contre une autre forme, bien plus grande, et bien, bien plus terrible…

-Se-Severus… ? Hésita Harry, les yeux écarquillés, le souffle court.

Mais il n'était pas encore sorti de la forêt de ronces.

-Cachez-vous Harry ! Entendit-il, comme étouffé, loin derrière lui. Cachez-vous vite !

Il n'aurait rien demandé de mieux, mais il était aculé. Que devenait l'épée dans sa main devant un aussi grand, un aussi gigantesque dragon. Son cœur battait à tout rompre alors qu'il pensait à Draco, prisonnier de ce château, juste là, juste devant eux. Mais il ne pourrait jamais venir à bout de cette épreuve seul, il lui aurait fallu, il lui aurait fallu…

-Vous allez regretter de m'avoir défiée ! Gronda la bête, cruelle.

Et alors elle prit son élan et balaya de son souffle tout le bois à sa portée – Harry eut le réflexe salvateur de se jeter sur le sol. Les ronces, la terre, même l'air, tout sembla se changer en flammes autour de lui. Une chaleur si suffocante qu'il n'osa pas relever la tête tout de suite, et un brasier si terrifiant quand il s'y résigna enfin qu'il aurait peiné à imaginer pire. Les mains nerveuses mais vives, il défit à la hâte sa cape déchirée de sa course, pour éviter de prendre feu à son tour – puis il se releva et se faufila vers des roches le plus vite possible, le cœur battant à tout rompre.

Il y avait cette chose, cette chose étrange qui bourdonnait dans son ventre, et qui couvrait tout – sa peur, sa maladresse, la conscience de n'être pas à la hauteur. Une idée. Une idée si violente qu'elle semblait faire pulser son sang dans ses veines avec plus de vigueur qu'aucun autre sentiment avant elle.

Il ne pourrait jamais, jamais sauver Draco s'il mourait ici et maintenant.

Fermant fort les yeux instant, il pria, pria vraiment fort pour trouver la force et le courage de surmonter ça. Il devait vaincre la sorcière – par la force ou par la ruse, mais il le devait. Il resserra sa main autour de son épée et elle tremblait. Il serra les dents, et rouvrit les yeux.

Il n'en revint pas de ce qu'il vit.

Au-dessus de la forêt en flammes se rapprochaient deux silhouettes ailées, qui semblaient foncer droit dans leur direction. Harry écarquilla les yeux. Baguettes en main, il entendit lancer de loin la voix sûre et ferme de l'homme :

-Que triomphe de la noire magie le jeune homme au cœur pur, que son épée fendant l'air atteigne la créature !

Interdit un instant, Harry ne bougea pas. Puis ses yeux se baissèrent soudain sur son arme, et il comprit. Un flot terrible d'adrénaline vint se mêler à sa peur et il leva son épée : de toute ses forces, il la lança vers le monstre. Il la vit être propulsée à une telle vitesse qu'aucun humain n'aurait jamais pu accomplir ce miracle seul. L'épée toucha le monstre en plein poitrail et, dans un grognement de fureur qui fit frémir Harry des pieds à la tête, la bête se mit à tournoyer dangereusement, la gueule grande ouverte vers le ciel, mugissante.

-Attention !

On le poussa violemment sur le côté, juste à temps pour que le grand cou du dragon ne l'écrase pas en tombant lourdement sur le sol. Les yeux grands ouverts, vacillants, et la gueule couverte du sang qui devait remonter par sa gorge, la chose était terrifiante – Harry ne pouvait plus détourner son regard d'elle, le cœur battant à mille à l'heure.

-Il n'y a pas un instant à perdre ! Lança une voix de femme non loin de lui.

Il se retourna vers sa provenance, nerveusement. Il s'agissait de la deuxième silhouette ailée qu'il avait aperçu dans le ciel – une femme grande et droite, qui accompagnait un homme tout aussi grand et tout aussi droit. Elle avait les cheveux tirés en chignon et lui longs et blancs, mais ce qu'Harry vit en premier fut la hâte dans leurs yeux.

-Nous allons vous conduire à lui, continuait la femme en s'approchant de lui alors que Severus l'aidait à se relever.

« Lui », elle savait où Draco se trouvait ! Mais il se retourna vers le dragon – qu'allaient-t-ils faire de lui ? Pourtant, il ne vit plus rien. Le corps de la bête avait disparu, comme disparaissait maintenant doucement les flammes et le bois de ronces. A plusieurs dizaines de mètres, là où aurait dû se trouver l'estomac du monstre, gisait le corps bien humain de la femme qui s'était transformée – la cape rose qui la recouvrait semblait couverte de suie et de poussière. Une pensée terrible le traversa.

-Est-ce qu'elle est… ? Demanda Harry, la gorge serrée.

Il ne savait pas s'il voulait la savoir morte ou vivante. Avoir tué quelqu'un… mais plus jamais il ne voulait avoir à faire à son existence.

-Peut-être, dit Severus près de lui, pressé. Mais au cas où elle se réveille, nous devons faire au plus vite – allons-y, nous reviendrons pour elle ensuite.

Et, comme si elle avait senti qu'on avait besoin d'elle, Hedwige revenait à travers les faibles dernières épines. Comme un réflexe, Harry sauta sur sa monture alors qu'elle passait devant lui, et ils se mirent à galoper ensemble vers les portes du château. Les fées, surprises par son départ si vif, le rattrapèrent très vite. Harry laissa sa jument à l'entrée du palais et suivit dans les couloirs les trois êtres magiques – d'abord courant puis, alors qu'ils approchaient de la porte de la chambre de Draco, de plus en plus doucement. Le silence qui régnait là était le plus épais de tous. Harry sentait son cœur battre dans sa poitrine, résonner partout en lui. Le plus vieux de ses guides abaissa la poignée, puis poussa la porte.

Elle s'ouvrit doucement, sur la famille royale au complet. Ses majestés Malfoy tournèrent lentement la tête vers eux. Les yeux de la reine étaient rouges et bouffis d'avoir pleuré – assise au chevet de son fils, elle tenait fermement sa main inerte dans la sienne. Le roi, debout près du lit, avait le visage pâle et l'air fatigué d'un homme qui avait soudainement vieilli de dix ans. Harry, pétrifié, n'osait pas bouger.

-Allez-y, dit Severus doucement. Entrez.

La reine lui adressa un sourire empli de larmes. Harry fit quelques premiers pas maladroits. Le roi faisait le tour du lit, doucement – il soutint son épouse par le bras pour l'aider à se lever. Elle ne lâcha la main de son fils qu'avec difficulté.

-Nous allons vous laisser seul avec lui, prononça le roi d'une voix rauque.

La reine étouffa un sanglot et Harry comme son époux se tourna vers elle. Le cœur d'Harry se serra dans sa poitrine. Et s'il n'était pas à la hauteur. Mais sa majesté Malfoy regardait déjà de nouveau dans sa direction.

-Ramenez-le nous, mon garçon, fit-il dans un souffle. Ramenez-nous notre enfant.

Ils le dépassèrent, lui la soutenant, et la porte fut doucement refermée derrière eux. Harry se retrouva seul, et ses yeux se posèrent enfin sur le corps endormi à quelques pas de lui. Soudainement il ressentit la fatigue de sa course à cheval et l'épuisement que faisait naître en lui la disparition de l'adrénaline de la survie face à la sorcière. Il déglutit avec difficulté alors que ses jambes se faisaient faibles – il se rattrapa à la chaise près du lit. Draco… Son visage n'exprimait rien d'autre qu'une étrange sérénité qu'Harry savait fausse. Et si Severus se trompait ? S'il n'était pas le prince charmant de sa prophétie ? Harry n'avait rien de charmant, et il n'avait jamais eu de prince que le titre. Jamais il n'avait vécu comme tel, où n'avait été traité en conséquence par celui qui avait été son tuteur. Jedusor l'avait déjà déclaré mort et peut-être même qu'à l'heure qu'il était il s'était proclamé roi – alors seulement, est-ce que tout cela marcherait encore ? Nerveusement, il s'assit sur le rebord du grand lit. A son tour, il prit la main de Draco dans la sienne. Il tremblait.

-Es-tu seulement tombé amoureux de moi… Souffla-t-il bas, si bas.

Pourtant, il devait au moins essayer. Et si jamais ça échouait, si jamais il n'était pas la personne qu'il fallait… Harry se pencha sur le visage aux yeux clos. Fermant les siens, il apposa avec toute la douceur dont il était capable ses lèvres sur celles, froides, de Draco.

Il sembla que toute la pièce se réchauffa alors – Harry se recula, doucement, et Draco ouvrit lentement les yeux. Ceux d'Harry s'écarquillèrent doucement, ses lèvres s'étiraient en un sourire incertain et des larmes de joie lui montaient aux yeux. Quand Draco le vit, il sembla prit d'une immense perplexité – comment avait fait Harry pour le retrouver ici… et puis tout lui revint. Cette soudaine apparition dans sa chambre et ce sentiment libérateur de ne plus rien avoir à penser. Il avait suivi la lueur à travers le château et… Par tous les dieux.

-Je- je suis désolé ! Fut la première chose qu'il dit alors – se redressant soudainement sur le lit, empli de la culpabilité de s'être laissé avoir, alors même qu'il aurait dû connaitre les risques.

Combien de temps avait-il été inconscient ? Quelqu'un avait-il été blessé par sa faute ? Où était passé la sorcière ? Est-ce que ses parents l'avait vu ainsi ? Mais Harry se jeta dans ses bras, et le serra très fort. Dieux, son cœur s'emplissait de soulagement ! Draco, hésitant, referma ses bras dans son dos. La rougeur lui montait aux joues.

-Comment… comment est-ce que tu as su où j'étais ? Réussit-il enfin à demander, difficilement.

Harry desserra l'étreinte et se recula, assez pour pouvoir le voir et lui sourire. Il essuya d'un revers de manche les dernières traces de larmes dans ses yeux – il ne pouvait plus s'empêcher de sourire.

-Les fées, dit-il. Les fées m'ont conduit ici. Oh Draco je suis si soulagé que tu ailles bien…

Les fées ? Quelles fées ? Mais Harry monta ses mains jusqu'à son visage, tendre, et Draco rougit de plus belle. Quand il se pencha vers lui il n'osa pas bouger d'un iota et, quand leurs lèvres se frôlèrent, il était écarlate. Une vague de chaleur indescriptible l'envahit tout entier. Fermant les yeux alors, il appuya le toucher. Quand ils se séparèrent, l'un et l'autre souriaient de bonheur.

-Viens, fit alors Harry en se levant, sa main dans la sienne. Tes parents seront heureux de te voir.

Draco hocha la tête, une fois, un peu ailleurs. Il venait de l'embrasser. Suivant Harry jusqu'à la porte, il continua de tenir sa main quand il l'ouvrit devant lui. Draco n'avait toujours aucune idée du temps qu'il avait passé inconscient, et était toujours un peu honteux de s'être laissé avoir de cette façon, mais il essaya vraiment fort de ne pas détourner les yeux quand ils furent sortis. Les cinq personnes qui attendaient derrière la porte se retournèrent immédiatement vers eux, Draco resserra instinctivement sa main autour de celle d'Harry, nerveux. La reine Narcissa sembla reprendre toute sa vie en l'espace d'un unique instant – elle se jeta sur son fils pour le prendre dans ses bras et le serra aussi fort qu'Harry avant elle, finissant de pleurer dans les cheveux de son enfant.

-Mon fils ! Mon cher fils ! Nous avons cru ne plus jamais te voir debout !

Harry s'écarta un peu, pour leur laisser la place. Il vit les yeux de Draco s'humidifier doucement et sourit dans sa direction, un peu. Le cœur de Draco battait à tout rompre. Il ne savait pas comment répondre à l'étreinte. Il laissa ses bras se refermer fébrilement dans le dos de cette femme qui lui ressemblait tant et qui l'aimait comme une mère. Le roi Lucius marcha les quelques pas qui le séparaient encore d'Harry et le prit dans ses bras, un court instant, d'une étreinte forte et sincère qui prit Harry au dépourvu.

-Merci, mille mercis, lui dit l'homme en posant ses mains sur ses épaules – ses yeux étaient embués de larmes et son sourire trahissait son émotion. Nous vous devons la vie de notre fils, laissez-nous faire quelque chose pour vous – n'importe quoi.

-Oh, mon garçon ! S'exclama son épouse en s'écartant de son fils pour se retourner vers lui. Si vous l'aimez, si vous l'aimez avec tant de sincérité qu'il vous a été possible de nous le rendre, alors restez auprès de nous ! Laissez-nous vous accueillir comme un fils, au moins jusqu'à ce que vous soyez l'un et l'autre assez mûrs pour que nos lois nous permettent de vous marier !

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent lentement, allant de l'un à l'autre des parents de Draco. Draco qui semblait lui-même ne pas savoir qu'en dire, le regard fixé sur lui. Harry crut déceler le début d'un sourire, et lui-même se sentait soudain empli d'une joie nouvelle… mais son sourire se tarit doucement. Il baissa les yeux.

-Je crains… je crains que cela ne soit pas possible, Majestés.

Le visage de Draco se décomposa – il brisa le cœur d'Harry se le voir ainsi.

-Si vous aviez la grande bonté de m'accorder une entrevue, poursuivit-il le cœur lourd, j'aimerais vous expliquer d'où je viens, qui je suis, et pourquoi je ne peux rester.

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-Non, je refuse !

-Draco…

Mais le prince Malfoy était dans tous ses états. Le soupir d'Albus passa presque inaperçu. Dans la salle du Conseil, il n'arrivait pas à tenir en place – il était d'ailleurs le seul qui ne soit pas parvenu à rester assis. Sur une marche, un peu à l'écart, Harry ne pouvait se résoudre à lever les yeux pour affronter son regard.

-Pourquoi n'envoyez-vous pas des troupes chez ce Jedusor ! S'enflammait-il en direction de son père. Vous pourriez garder Harry ici, le protéger !

Mais Jedusor était un génie du déguisement et de la ruse et Harry savait qu'il ne serait pas en sécurité tant qu'il resterait dans le pays où l'homme le savait être. C'était sa décision de partir, et à lui aussi elle brisait le cœur. Lucius s'appuya de ses mains sur la grande table, le regard bas.

-Envoyer des troupes dans le royaume de Jedusor serait une déclaration de guerre, et nous ne pouvons pas risquer de déclencher un conflit ouvert avant d'en avoir averti le roi Nott.

Sans compter que les armées des Montagnes étaient peut-être elles-aussi victimes du régime tyrannique de l'Intendant et faire la guerre à un peuple trompé et manipulé ne pourrait résulter qu'en une véritable catastrophe humaine. Draco ne savait plus à quoi se rattraper.

-Alors- alors… Contactez-le ! Demandez-le en urgence ! Faites… faites quelque chose !

Personne ne lui répondit. Harry releva les yeux – ils étaient un peu rouges, de ne pas être parvenu à ne pas pleurer. Entendre Draco chercher si ardemment quelque chose qui pourrait le sauver… Mais son regard se perdit à travers les grandes fenêtres, par lesquelles on pouvait voir le soleil, lentement, se lever. Soudainement, comme au ralentit, il se souvenait.

-Ce ne sera pas la peine, dit-il d'une voix enrouée. Ce soir est le soir où le prince Zabini voulait vous parler. Il sera au bal que le roi Nott organise pour son fils – en fait, il y est déjà depuis plusieurs jours. Il vous y attend.

Il était tellement… fatigué. Et dieux qu'il s'en voulait d'embarquer Draco là-dedans. Les yeux des souverains s'écarquillaient. Ils avaient été tellement préoccupés par leur fils qu'il en avait totalement oublié l'invitation du roi Nott – sur le coup ils avaient pensé ne pas s'y rendre, et maintenant qu'ils avaient eu besoin de le voir, ils n'y avaient plus songé. Nott cherchait à marier son fils, ils étaient sur la liste des invités – c'était parfait ! Le roi Lucius se redressa alors, marcha à grand pas vers son épouse et posa ses bras sur les siens.

-Ma chère et tendre, dites à vos meilleures filles de préparer nos affaires, nous devons partir dans l'heure si nous voulons arriver ce soir !

La reine Narcissa hocha a tête, vivement, et haussa le bas de sa robe pour se précipiter vers la porte – en un instant elle fut partie. Lucius se retourna vers ceux qui restaient.

-Albus, Minerva, Severus, mes chers amis, vous veillerez sur le royaume pendant notre absence.

Ils hochèrent la tête, graves. Le roi se retourna alors vers Harry.

-Prince Potter, dit-il. Puisque nous partons sous peu, ce n'est pas la peine que vous nous quittiez – dans le palais du Seigneur Nott vous seriez en sécurité, je vous en prie, faites le voyage avec nous.

Harry déglutit, difficilement. Il voulait, il voulait vraiment accepter. Mais il savait que c'était risquer la vie de Draco que de voyager en sa compagnie, et qu'il devrait réfléchir seul à la meilleure destination pour sa propre survie. Il eut un sourire qui se voulut rassurant, mais sa voix tremblait lorsqu'il parla :

-Non, Majesté, dit-il. Il saura que je me trouve à vos côtés.

Regardant vers Draco, il tenta de rester fort alors qu'il voyait les larmes monter de nouveau aux yeux de ce garçon qu'il aimait tant. Le roi Malfoy soupira, profondément, comme s'il s'était attendu à cette réponse. Une main sur son épaule, il le pria d'être prudent. Harry hocha la tête, une fois. Il n'était pas si confiant qu'il voulait le laisser paraître. Celle qui s'appelait Minerva s'approcha de lui.

-Prenez ceci, dit-elle en déposant dans sa main un bracelet de cuir. Il vous mènera toujours à bon port.

Elle eut un faible sourire et Harry tenta d'y répondre. Il regarda une dernières fois vers les autres fées, puis vers Draco. Et puis il sortit de la pièce. Le couloir lui parut froid, et silencieux. Il attacha le lien de cuir à son poignet puis, soufflant doucement, il regarda droit devant lui et se mit en route pour sortir du château. Hedwige devait toujours l'attendre devant la grande porte, il irait sans doute beaucoup plus vite sur son dos que le couple royal et son cortège.

-Harry !

Surpris, il se retourna. Juste à temps pour que Draco ne le serre dans la plus forte des étreintes. Il l'entendit et le sentit pleurer contre son cou – son cœur se serra, il referma sur lui des bras amoureux.

-S'il-te-plaît Harry, reviens-moi vite, d'accord ?

Il l'embrassa, ses larmes coulant sur les joues d'Harry. Il répondit à son baiser, y mit toute son âme. Quand il se recula, Draco souriait, mais aussi, Draco pleurait.

-Je t'aime, souffla-t-il, comme s'il avait peur de le dire pour la première et dernière fois.

-Moi aussi je t'aime, Draco, répondit Harry en essuyant avec tendresse les larmes de son visage. Je te promets qu'on se reverra.

Et pourtant, il n'en savait rien. Il posa une dernière fois ses lèvres sur les siennes et s'écarta de lui. Draco avait le cœur brisé. Il regarda Harry reculer, puis lui tourner le dos, avant de disparaitre au dehors. Il se sentait gonflé de peine.

-Draco…

La voix de sa mère sembla l'éveiller. Il se retourna vers elle et avait la sensation de ne jamais autant avoir pleuré. Il la laissa le prendre dans ses bras, et se laissa aller dans son étreinte de mère.

-Je vais le perdre, Maman, l'appela-t-il pour la première fois en pleurant dans ses bras. Et si je ne le revoyais jamais !

Elle referma ses bras dans son dos, mais ne répondit pas. Les yeux humides, elle regarda là où le sauveur de son fils venait de disparaître. Elle espéra, espéra de tout son cœur qu'ils pourraient le sauver, maintenant, à leur tour.

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Severus sortait par une porte secondaire, haussa le pas pour traverser la cour. Là où s'était trouvée la forêt de ronces il ne restait plus que les pierres et la terre retournée. Dans ce paysage diamétralement opposé à celui qu'il avait quitté plus tôt, il lui fut compliqué de retrouver l'endroit où Dolorès s'était écroulée. Mais même lorsque enfin il y parvint…

Il regarda autour de lui, scrutant.

Son corps n'était plus là. Il regarda le sol avec plus d'intérêt, et y vit comme une tâche de sang qui aurait été bue par la terre – elle s'étalait en une fine trace qui s'éloignait vers les bois. Il la suivit, prudemment. Si Dolorès avait eu la force de se traîner, elle n'avait tout de même pu aller très loin.

Mais… Mais la trace s'atténuait peu à peu, et bientôt Severus ne vit plus rien. Une fois de plus, il regarda autour de lui avec une grande attention. Il chercha, même, longtemps, mais ne trouva personne. Elle avait… disparu.

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Sirius, le dos contre le mur de pierre froid et humide, entendit des bruits de pas dans le couloir de sa prison. Lentement, comme groggy, ses yeux se posèrent sur la grille de sa cellule. Il vit arriver deux jambes, qui s'arrêtèrent devant lui.

-Pourquoi ne suis-je pas encore mort ? Demanda-t-il, amer.

Il avait vu le jour se lever par l'évacuation, le soleil poindre puis inonder peu à peu la petite pièce terreuse dans laquelle il se trouvait depuis des jours. On lui avait dit qu'il serait exécuté à l'aube. L'aube envolée, que faisait-il encore là.

-Eh bien… il se trouve que…

La voix semblait jeune, et clairement hésitante. Sirius releva ses yeux fatigués pour trouver un jeune homme d'à peine vingt-cinq ans en tenue de la garde royale. Sa jeunesse le renvoyait à ses propres années, qui avaient, lui semblait-il, filées sans qu'il ne puisse rien y faire.

-Seigneur Jedusor n'étant pas rentré, les choses de notre côté sont un peu… Enfin. Vous allez être exécuté, maintenant.

La belle affaire. Le garde déverrouilla la porte de sa cellule et se planta devant lui. Sirius, mécaniquement, leva ses mains vers lui pour qu'il puisse menotter ses poignets. Pourtant… se faisant… Sirius sentit quelque chose de froid se glisser dans l'une de ses mains. Il releva les yeux vers son geôlier, interloqué.

-Mais ne vous en faites pas, Monsieur Black, lui disait-il, tout bas. Ici, au palais, nous croyons en vous.

Sirius se laissa lever. Dans le couloir, il y avait deux gardes supplémentaires, qui le regardèrent, comme entendus. Il n'en croyait pas ses sens. Et alors qu'on l'escortait à la potence, il resserra son poing, soudain rempli d'un espoir nouveau, sur la clé de ses fers.

A suivre...


SIRIUS ! \ o / Alors, sur une échelle de 1 à 10, à quel point ça sent l'évasion ? ;)

Quant à Harry et Draco, je sais oui, la délivrance vient vite ! Mais après tout elle vient vite dans le dessin animé aussi :3 (Pas d'inquiétude ! Tout n'est pas pour autant réglé pour eux ! Héhé !)

Des idées en ce qui concerne le contenu du prochain chapitre ? Par exemple... quelque chose dont j'aurais enfin reparlé aujourd'hui... et que vous semblez attendre à l'unanimité...? x)

En attendant j'attends vos réactions et je vous dis à vendredi prochain (29/09/17) pour le chapitre 13 ! :)

Ciao ciao ~
Chip.