Réponses à reviews :
amy-chan : salut, copine ! Je ne sais pas si le chapitre qui suit te paraîtra aussi « de fou », mais moi j'en pouvais plus de l'écrire ! Au départ je me dis : « allez, ça va faire 7 ou 8 pages à tout casser », et à l'arrivée…
Bref.
Toi, je commence à te connaître : il est bien pratique, ce Todd, parce que grâce à lui, on a Ronon en bodyguard, et je suis sûre que tu dois apprécier… essuie-toi un peu, là, t'as de la bave qui coule…^^
Et je n'avais pas pensé que la réplique de Sam pouvait effectivement être envoyée par notre général préféré… du coup ta remarque m'a donnée une idée, et je fais référence à O'Neil dans ce chap… tu liras ça.
Et mille fois merci pour à chaque fois prendre la peine de me laisser une review !
Toddie : quand je pense qu'au départ Todd ne devait pas figurer dans ma fic… je savais pas comment l'intégrer… et comme je le dis dans une autre réponse, il n'est pas impossible qu'il fasse un come-back dans un chap ultérieur, en plus ! Des fois je m'épate moi-même :-D.
Bon, ne te réjouis pas trop vite, même s'il est présent, ton chouchou, il n'est pas au centre de ce qui va suivre. Parce que le père Ronon se la joue chien de garde, donc que Todd ne peut pas trop s'approcher de la demoiselle… Mais je me rattraperai une prochaine fois, donc, où Coralie aura directement affaire à lui sans Ronon Le Pénible pour interférer. Enfin je crois. Je l'ai pas encore écrit, ce chapitre, ça peut évoluer… mais disons que pour l'instant, c'est prévu. Je te fais signe à ce moment là, d'accord ?^^
En tout cas merci de ta review !
Halinor14 : Merci à toi ! * super flattée *. Heu… je vais te poser une question qui peut te paraître bizarre, mais « bestfanfics », ça te dit quelque chose ? Parce que ce que tu dis dans ta review me fait penser à un truc que j'ai lu ailleurs dernièrement… enfin bref.
J'espère ne pas t'avoir fait attendre trop longtemps, et c'est pour les lectrices comme toi qui n'hésitent pas à me faire part de leur enthousiasme que j'essaie de poster le plus rapidement possible ! Merci encore de ta review !
melle x : Merci à toi aussi d'avoir laissé un commentaire ! Oui, Ronon est en mode [ pitbull qui protège son os à moelle], si Todd a un minimum d'instinct de survie, il devrait garder ses distances !^^ Tu vas pouvoir le vérifier tout de suite, et j'espère que tu seras toujours aussi amusée et passionnée… ( pression, pression…)
Mania Nemesis : Oh, le sourire non moins grand quand je lis ton commentaire ! Oui, Todd qui au départ ne devait même pas figurer dans mon histoire se retrouve dans deux chapitres, le précédent et naturellement celui qui suit. Et il n'est pas impossible qu'il revienne encore dans un autre, le galopin…
Ah, je sens que tu vas encore râler à la fin du chapitre. Mais j'explique pourquoi cette fin bancale. Et avant d'y arriver, tu as l'équivalent de 14 pages word à lire, ce qui devrait compter en ma faveur, hein ? Ou alors, faut que tu attendes deux mois, comme tu le menaçais… j'espère que ça suffira pour que je termine cette fic ! ( moi qui pensais m'en sortir avec une dizaine de chapitres… super forte en prévisions ).
Tu n'as pas trouvé de quoi épancher ton envie de SGA sur le net, alors ? M'étonnes pas. Et figure-toi que moi aussi, je me tâte pour acheter les DVD… je vais sûrement craquer cette année… 44 € sur un site d'achats en ligne ( je sais pas si on peut citer le nom ici), j'aurais tort de m'en priver. * soupir extatique d'anticipation *
Et merci de ta review !
Hello, Charlne !
Merci pour avoir de nouveau laissé un commentaire ( tu crois que je devrais utiliser la menace du Wraith devant la porte sur toutes celles qui ne le font pas ?… ils sont occupés, tes voisins, cette semaine, ou ils sont libres ?^^) ! Et saches que recevoir ce genre de retour me fait énormément plaisir, et que j'adooore y répondre ! Et c'est la moindre des choses, je trouve, non ?^^
Passons. Oui, moi aussi, quand je lis une romance, il me tarde que les héros tombent dans les bras l'un de l'autre, et en même temps je jubile quand ils se tournent autour… Coralie va mettre encore trois ou quatre chapitres, je pense, avant de se décider, ( je dis ça, mais comme j'ai tendance à scinder mes chap en plusieurs morceaux, ce sera peut-être plus !). Quant à celui qui va suivre, je l'ai écrit le plus rapidement possible, puisque c'était si gentiment et poliment demandé, mais j'ai explosé les recors de longueur, donc désolée si le délais t'a paru un peu long ! :-D
0o0o0o
Autre chose : certains mots en italique du précédent chapitre se sont retrouvés tout collés… j'ai annulé et reposté plusieurs fois en essayant d'intégrer les espaces, mais pas moyen. Si quelqu'un a la solution, je suis preneuse !
Et pour finir, un message perso pour ma toute première revieweuse : les singes volants, c'est dans « Ghost in the machine ». ( oui, c'est super bizarre comme message, vous pouvez pas comprendre. Pas sûre qu'elle comprenne elle non plus, d'ailleurs…)
Bonne lecture !
…
Chapitre 14
Coralie ne parvenait pas à quitter l'écran de contrôle des yeux. L'image aux couleurs un peu bleutées montrait le Wraith sagement assis, immobile, le dos bien droit et les mains posées sur ses genoux, pareil à un monarque en pleine séance de doléances. Ou plutôt attendant dignement son exécution, puisqu'il patientait non pas dans une des nombreuses salles d'Atlantis, mais bel et bien dans la cellule ultra sécurisée de la cité. Deux gardes armés flanquaient la porte de la pièce contenant la prison, et comme si ça ne suffisait pas, Ronon Dex effectuait inlassablement les cents pas autour de la geôle, tel un requin rôdant près de la cage de sécurité protégeant des plongeurs audacieux.
Comme à ce qui semblait être son habitude, le Wraith l'ignorait superbement.
La jeune femme sursauta légèrement quand Alevtina se pencha au-dessus de son épaule pour regarder l'écran de plus près.
« Tu crrrois qu'ils vont accepter ? demanda-t-elle à Coralie.
- Il y a de fortes chances... »
La Russe la dévisagea mais ne posa pas d'autres questions.
Personne ne savait encore ce que le célèbre Todd avait négocié, hormis les six Atlantes présents à la réunion dont Coralie faisait partie, et elle avait bien évidemment eu la consigne express de ne rien divulguer. Toutefois, la convocation urgente du Dr Keller auprès du Colonel Carter avait fait le tour d'Atlantis, et les suppositions allaient bon train.
Alevtina reporta son attention sur l'écran, la main droite en appui sur la table, la gauche posée sur l'épaule de sa collègue.
« Il a l'airrr si calme... murmura-t-elle.
- Tu parles duquel ? » ironisa Coralie.
La Russe eut un petit rire. Puis soudain elle se redressa en se retournant, et Coralie regarda par dessus son épaule pour voir Zelenka s'approcher d'elles. Il se posta à côté d'Alevtina, derrière sa collègue assise, regardant l'écran par dessus sa tête, et baragouina quelque chose en tchèque. Les deux femmes lui lancèrent un regard interrogateur.
« Je ne sais pas lequel des deux me fiche le plus la frousse... s'expliqua-t-il.
- Pas moi ! répliqua la Russe. Au moins, Dex, je suis sûrrre qu'il ne me prrrendrrrait pas pour un pirrrojki...
- Un quoi ?
- Un pirrrojki. Une sorrrte de petit pâté... »
Coralie approuva de la tête la remarque de sa collègue. Oui, quitte à choisir, la compagnie du Satédien lui paraissait très nettement préférable à celle du si raffiné Wraith.
« Ils vont mettre combien de temps à se décider, à votre avis ? demanda Coralie au docteur tchèque.
- Si celui-ci se contente de tourner autour de son copain, au lieu d'essayer de persuader Samantha de lui faire simplement la peau, c'est que la décision a déjà été prise. Ils ne laissent Todd là que par pure envie de l'agacer...
- C'est vraiment particulier, la façon de traiter des alliés, sur Atlantis, quand même... murmura Coralie, plus pour elle-même qu'autre chose.
- Autre galaxie, autres mœurs...
- Oui, ça doit être ça » répondit-elle en suivant du regard Ronon Dex faire inlassablement le tour de la cellule sans quitter une seconde le Wraith des yeux.
« Coralie,jevoudraisvousvoir,passezàmonbureau,jevousprie ! »
La voix du Colonel Carter dans son oreillette la fit de nouveau légèrement sursauter. Elle répondit un bref « J'arrive » en se levant, tandis que la Russe et le Tchèque s'écartaient pour la laisser passer.
Zelenka lui tapota gauchement l'épaule avec un sourire forcé :
« Vous allez voir, tout va aller comme sur des roulettes.
- Vous êtes super convainquant, Radek, je suis vachement rassurée... »
Il haussa les épaules avec un petit sourire contrit, et à son tour la jeune femme lui tapa le bras ironiquement.
Bon, quand il faut y aller, faut y aller.
…
Samantha Carter était assise derrière son bureau quand Coralie entra timidement dans la pièce où l'administratrice d'Atlantis passait la plupart de son temps, du moins quand aucune crise majeure ne nécessitait sa présence ailleurs.
Donc, elle n'y séjournait pas tant que ça, en définitive.
Le Colonel sourit en montrant d'un geste le siège en face d'elle, et Coralie s'y assit en silence, un peu crispée.
« Bien, je voulais vous parler de ce que nous nous apprêtons à faire, dit Samantha Carter, d'un ton étrangement doux, comme si elle craignait d'effrayer la jeune femme. La proposition de Todd a été acceptée. SGA1 et lui vont se rendre sur P63-334 à bord d'un Jumper en traversant la Porte des Etoiles, pour les conduire sur l'un des vaisseaux infectés stationnés à proximité de cette planète. »
Elle marqua une pause, le buste légèrement en avant, les mains croisées posées devant elle.
« Je ne vous cache pas que notre confiance en notre... « allié » est des plus limitée. C'est la raison pour laquelle on a décidé de prendre nos précautions. Rodney a eu l'idée de profiter de l'accès aux matrices des vaisseaux ruches que Todd nous offrait pour installer nos propres programmes sous couvert de rechercher les virus de Michaël… »
Etonnée, Coralie ouvrit de grands yeux.
« Il s'agira d'une simple garantie, il n'est pas question d'envahir leurs données, ou quoique ce soit de ce genre ! poursuivit Samantha. Ça sera une sorte de virus dormant, et il obéira à une commande simple, qui pourra se déclencher à distance, indécelable, et surtout qui ne se mettrait pas en fonction suite à une manipulation erratique d'un membre de l'équipage…
- Je vois…
- Rodney est déjà en train d'y travailler, et je vais m'y atteler moi aussi, mais vu l'urgence, j'avoue qu'on apprécierai un peu d'aide… et je pense que c'est dans vos cordes !
- Heu… rien n'est moins sûr… on ne peut pas dire que ma seule et unique expérience avec la technologie wraith ait été couronnée de succès…
- McKay et moi, on se chargera d'adapter ce que vous pourriez nous programmer… comprenez-moi, Todd a beaucoup travaillé avec Rodney. Il connaît ses méthodes. Quant à moi, j'ai peut-être une approche trop… académique de ce genre de chose. Nous pensons que vous pouvez apporter quelques choses de neuf, dont les Wraiths sont moins familiers, qui pourrait passer plus inaperçu.
- Très bien, je vais voir ce que je peux faire… »
Pensant l'entretient terminé, Coralie prit appui des deux mains sur les accoudoirs de son fauteuil pour se relever quand elle remarqua que le Colonel ne semblait pas en avoir fini.
« … heu… il y a autre chose ? » demanda-t-elle un peu gênée en se rasseyant lentement.
Carter ne répondit pas tout de suite, et se recula sur le dossier de son siège, une expression de bienveillance inquiète sur le visage. Puis elle pinça les lèvres et se lança :
« Je sais que vous avez été plus ou moins formellement associée à cette mission, mais en aucun cas vous n'êtes tenue d'y participer. »
Coralie fronça les sourcils et se redressa en reculant la tête d'un geste sec, stupéfaite.
« J'avoue que je ne comprends pas très bien… »
Encore une fois, l'administratrice l'évalua du regard avant de poursuivre :
« Bon, je vais être honnête avec vous, même si ça ne va pas vous plaire. Malgré tout ce que vous avez fait pour cette mission, et pour cette cité, vous n'êtes pas ici au même titre que les autres membres de Stargate Atlantis… »
La jeune femme blêmit de colère, mais Carter ne lui laissa pas le temps d'exprimer son indignation :
« Ne vous méprenez pas, surtout ! Nous sommes évidemment ravis que vous fassiez partie des nôtres, même Rodney, c'est dire. Seulement il reste vrai que votre mode de recrutement n'a pas été très … académique, lui non plus ! Entendons-nous bien, nous risquons tous notre vie tous les jours, dans cette galaxie. Mais j'avoue avoir moins de scrupules à envoyer en mission dangereuse quelqu'un qui a signé pour le job en son âme et conscience, plutôt que vous qui avez été parachutée ici parce que vous aviez le choix entre ça et la prison à vie ! »
A ces mots, Coralie ravala les paroles peu aimables qu'elle s'apprêtait à dire, et argumenta :
« Ce ne serait pas la première fois que je me retrouverai en situation périlleuse, pourtant…
- J'en conviens, mais les précédents incidents n'étaient pas de notre fait… là, on parle carrément de vous envoyer dans la gueule du loup, même s'il est supposé porter une muselière… »
La jeune femme n'eut pas le temps de réfléchir à ce que venait de dire Carter qu'un odieux soupçon lui traversa l'esprit, et elle en fit immédiatement pars au Colonel :
« Soyez franche, tout ce baratin, ça ne serait pas parce que je suis la fille de mon père, par hasard ? On n'aurait pas fait pression sur vous pour mettre la petite Fox dans du coton histoire de ne pas faire de vague avec le gouverneur ? »
Etonnamment, Samantha Carter eut un large sourire, en secouant la tête négativement :
« Non, non, pas du tout !
- Pourtant, il y a sûrement eut du grabuge suite à mon retour prématuré sur Atlantis… mon père était furax, son contact avec la CIS n'a pas dû rigoler… !
- Justement, le contact en question a su trouver les mots pour… ramener M. Fox a de meilleurs sentiments.
- Ah bon ?
- Tout à fait ! Figurez-vous que la précédente personne chargée de cette mission a été remplacée par un volontaire, après le pandémonium provoqué lors de vos congés. Dorénavant votre père aura affaire au Général O'Neil pour tout ce qui vous concerne, vous et Atlantis…
- Le général O'Neil…?
- Oui, vous le connaissez ?
- … heu, non, mais j'ai passé des heures et des heures à lire ses rapports, alors c'est tout comme… » bafouilla Coralie.
La jeune femme avait du mal à y croire.
Le Général O'Neil.
Le LEGENDAIRE Jack O'Neil s'était élevé au rang d'ange gardien contre le dragon paternel.
Dieu existe, et il m'aime.
Puis un espoir fou lui fit demander, des étoiles plein les yeux :
« Colonel, dites-moi que leur entrevue a été filmé ! ! ! »
Carter rit doucement, et répondit :
« Je ne peux rien vous dire, et de toute façon, si ça a été le cas, ça serait classé confidentiel… »
A la tête que fit la jeune femme, Samantha précisa d'un ton moqueur :
« Et n'y pensez même pas, si on vous surprend de nouveau à fouiner dans des dossiers top secret, vous le regretteriez ! »
Coralie grimaça pour la forme, puis haussa les épaules.
« Bon, reprit le Colonel, vous ne m'avez toujours pas répondu : souhaitez-vous réellement faire partie de cette mission ? Encore une fois, je vous assure que rien ne vous y oblige ! »
La jeune femme ne répondit pas immédiatement, ne sachant pas elle-même ce qu'elle souhaitait réellement. D'un côté, elle avait une peur bleue de se retrouver une nouvelle fois à bord d'un vaisseau-ruche infesté de Wraiths. D'un autre, elle avait sa petite fierté et ne voulait pas passer pour une poule mouillée. Elle était incapable de décider, de la terreur ou de l'orgueil, lequel allait l'emporter. En revanche, s'il y avait une chose dont elle ne doutait pas, c'était sa fervente conviction que sa place était ici, au milieu de cette galaxie, dans cette cité d'Atlantis dont elle avait si souvent rêvée, là-bas, sur Terre, quand elle en avait découvert l'existence. Le marché conclu avec Caldwell n'en était pas un, puisqu'elle aurait supplié à genoux qu'on l'envoie ici si on ne lui en avait pas fait la proposition.
C'est pourquoi, au lieu de répondre à la demande de Samantha Carter, Coralie préféra commencer par lever toute ambiguïté :
« Colonel, avant toute chose, je tiens à vous dire que vos réticences à m'exposer au danger sous prétexte qu'on m'aurait fait intégrer Atlantis de force n'ont absolument pas lieu d'être. Vous savez, on m'aurait proposé un ticket gagnant à la plus grosse loterie du pays ou venir ici, mon choix aurait été le même ! Et malgré tous les sales moments que j'ai pus vivre depuis mon arrivée, je n'ai jamais rien regretté ! »
Carter sourit largement à cette tirade, en hochant la tête, marquant ainsi sa compréhension.
« D'accord, répondit-elle, vous êtes donc un membre de mon équipe comme les autres, c'est bien noté. »
Est-ce que ce fut le sourire du Colonel, ou le ton de sa voix, plus encore que les paroles qu'elle avait prononcées, qui donnèrent enfin l'impression à Coralie qu'elle n'était plus une sorte d'intruse en ces murs ? Toujours est-il que ce fut à cette seconde qu'elle s'estima une Atlante à part entière, comme si une ombre dont elle avait ignoré l'existence jusqu'ici avait quitté son cœur. Elle se sentit... euphorique.
En état de grâce.
C'est la raison pour laquelle elle dit sans réfléchir :
« Et j'accompagnerai SGA1 sur le vaisseau de Todd »
La seconde suivante, elle le regrettait déjà.
…
SGA1 au grand complet escortait Todd pour son retour à bord de sa flotte de vaisseaux ruches. Coralie, qui faisait donc elle aussi partie du voyage, savait que SGA2 était maintenu en état d'alerte au cas où la première équipe ne donnait pas signe de vie toutes les demies heures, ce qui n'était guère engageant si on y réfléchissait.
La jeune femme serra nerveusement sa tablette contre sa poitrine, le regard fixé droit devant elle. Ils patientaient dans le hangar à Jumpers, attendant l'autorisation de monter à bord d'une navette. Elle se surprit à espérer une panne générale et mystérieuse de toute la flotte atlante, ou bien une défaillance de la Porte des Etoiles, qui l'empêcherait de s'activer.
Mais pourquoi j'ai pas sauté sur l 'occasion quand Carter m'a proposé le choix de ne pas participer à cette mission ?...
Parfois, ça serait tout de même bien pratique qu'elle prenne l'option « réfléchir avant de parler ».
Plongée dans les délices d'un fantasme où elle regagnait sa chambre en sautillant façon « Petite Maison dans la Prairie », elle ne remarqua la présence de Ronon Dex à ses côtés que lorsqu'il lui dit d'une voix encore plus profonde qu'à l'accoutumée :
« Vous, restez près de moi. »
Elle leva ses yeux vers lui et lui répondit d'un ton convaincu :
« Je vais peut-être vous étonner, mais c'était exactement ce que j'avais l'intention de faire. »
Il lui sembla voir passer sur le visages du Pégasien une trace d'amusement, mais ce fut si furtif que la jeune femme l'avait sans doute rêvé.
Le colonel Sheppard, qui se tenait tout près du Wraith, se pencha vers ce dernier, sans le regarder, les yeux fixés sur un Jumper, et lui dit tranquillement :
« J'espère pour vous qu'il n'y aura pas d'embrouille, cette fois, Todd, ou je vous jure que les problèmes que vous a causés Michael ressemblera au Monde Merveilleux de Disney comparé à ce qu'on vous fera, nous.
- Allons, Sheppard, se défendit leur allié, vous n'avez aucune inquiétude à avoir. Le Dr McKay m'a expliqué qu'il activerait les antivirus qu'il mettra au point à distance, quand vous serez hors de portée d'une attaque de mes vaisseaux. Je n'ai aucun intérêt à vous doubler.
- J'y croirai quand on sera de retour sur Atlantis avec la formule pour guérir Beckett. Qui aura intérêt à fonctionner !
- Elle devrait. Là dessus, je ne peux pas être catégorique, après tout ce n'est pas moi qui l'ai mise au point... »
Apparemment, le Wraith ne semblait pas faire de promesses qu'il ne pouvait tenir. Sur ce sujet au moins, il était sincère.
Machinalement, Coralie caressa des pouces le bord de sa tablette. Cachés bien au chaud dans ses circuits, elle avait en réserve trois programmes prêts à infester le vaisseau de Todd, et tout le reste de sa flotte le plus discrètement possible. McKay avait été impressionné par la facilité avec laquelle Coralie avait créé ces Chevaux de Troie, et elle avait eu l'impression de se répéter quand elle lui avait expliqué, à l'instar de l'autre astrophysicien de l'univers parallèle, qu'elle avait été à bonne école. Jamais elle n'aurait cru bénir un jour Dark Water, le petit rigolo qui lui vérolait ses ordinateurs régulièrement. Mais pour avoir planché des jours entiers à disséquer les virus tous plus improbables les uns que les autres, elle avait acquis une certaine maîtrise du sujet. Restait la grande inconnue : avec l'aide de McKay, allait-elle pouvoir les adapter à un système alien ? Samantha Carter en semblait persuadée. Et l'autre question, qui l'intéressait plus encore, était : si le Wraith s'en rendait compte, quelle serait l'espérance de vie de la jeune femme ?
Instinctivement, elle se rapprocha de son garde du corps. Mais ce fut de l'autre Pégasienne que Coralie eut quelques mots de réconfort :
« Ne soyez pas nerveuse ! Nous sommes là pour veiller sur vous. Il ne vous arrivera rien ! N'est-ce pas, Ronon ? » dit Teyla tranquillement.
Pour toute réponse, les yeux de son amis se plissèrent méchamment en direction du Wraith.
A ce moment, la voix du technicien chargé du hangar à Jumpers raisonna dans la salle en leur autorisant l'accès à une navette, et Coralie se raidit.
Jeveuxpasyaller ! piailla une petite voix dans son esprit.
Mais c'était trop tard pour reculer : elle avait pris place dans le Grand 8, et à présent elle n'avait plus qu'à serrer les dents en espérant se retrouver en vie à la fin du parcours.
…
Coralie n'aurait pas imaginé que Todd puisse avoir une attitude plus... impériale que celle qu'il affichait sur Atlantis, et pourtant, dans son domaine, entourés de ses hommes, c'était le cas. Il escortait SGA1 jusqu'à la salle où se trouvaient les accès aux matrices infectées, Teyla à ses côtés, et il devisait avec elle comme un souverain accueillerait l'ambassadrice d'un pays allié. Coralie nota que l'Athosienne se prêtait au jeu, et discutait avec lui courtoisement. Ce devait être un exercice familier entre ces deux-là, mais la jeune femme en ressentit pourtant un léger malaise. Le visage sombre du colonel Sheppard, qui lançait des regards peu amènes dans le dos du Wraith, lui fit comprendre que lui non plus n'appréciait pas vraiment la situation. Le Dr McKay, lui, était trop occupé à peaufiner deux trois détails, et gardait les yeux fixés sur sa tablette en marmonnant. Quant à Ronon Dex, son regard noir ne cessait de voleter vers les trois Wraiths qui les accompagnaient en plus de leur commandant, la main constamment posée sur son arme, prêt à dégainer. Et même s'il ne semblait jamais faire cas de la présence de la jeune femme, Coralie avait noté qu'il faisait en sorte de se tenir constamment entre elle et le Wraith le plus proche.
Le trajet dura plusieurs minutes, et Coralie eut ainsi tout le loisir d'apprécier la décoration des tunnels qu'ils empruntaient. Sur ce point, les deux univers qu'elle connaissait se ressemblait hélas au détail près : l'odeur nauséabonde, la moiteur étouffante, et l'impression de parcourir un boyau, ou, pire, un œsophage, tout y était. Sans vraiment s'en rendre compte, elle se rapprocha encore de son garde du corps, jusqu'à le frôler. Il consentit alors à baisser les yeux sur elle et lui demanda :
« Ça va aller ? »
Surprise qu'il s'adressa à elle, elle s'écarta brusquement en répondant un peu sèchement :
« Va bien falloir ! »
Puis se rendant compte de son attitude injuste, elle se reprit :
« Excusez-moi. Je suis... un peu nerveuse, je crois. »
Il émit un vague « hmmm » et accorda de nouveau toute son attention sur leur comité d'accueil.
Quand ils débouchèrent enfin dans la salle où se trouvaient plusieurs consoles typiquement wraiths, ( oh,lesjoliestumeursmalignes !, songea Coralie ), McKay ne perdit pas une seconde en paroles inutiles.
« Fox, par ici, on a du pain sur la planche ! »
La jeune femme s'exécuta tandis que le Canadien branchait déjà une fiche qui reliait sa tablette à l'une des horreurs qui semblait pulser d'une vie propre. Et Coralie se rendit compte alors que si Todd se montrait outrageusement familier dans les murs d'Atlantis, le Dr Rodney McKay paraissait tout aussi à l'aise à bord d'un vaisseau wraith, même si, étonnamment, il n'en faisait pas autant étalage que son homologue. Cela était sûrement imputable au stress inévitable suite à ce genre de mission plutôt qu'à un soudain excès de modestie de la part de l'astrophysicien, mais ça n'empêcha pas la jeune femme se ressentir une sincère admiration envers cet homme par ailleurs insupportable.
Il lui tendit sa tablette qui fit défiler tout un tas de données qu'à son grand étonnement Coralie parvint à assimiler sans problème : les informations wraiths étaient traduites en langages clairs pour son esprit humain, et se dit que cette mission ne serait finalement pas au-dessus de ses capacités.
« Bon, regardez, les codes sources ne devraient pas vous poser de problèmes. Si une chaîne de caractères vous intriguent, et je pense que ça va être souvent le cas, vu que vous n'êtes pas familière avec cette technologie, ne perdez pas de temps dessus, isolez-la et marquez-la, j'y jetterai un œil. »
Coralie hochait silencieusement la tête en fronçant les sourcils, attentive aux instructions de son supérieur, quand elle entendit un feulement crissant et se sentit simultanément violemment tirée en arrière. Avant d'avoir compris ce qui se passait, Dex l'avait lâchée et se trouvait à présent entre elle et Todd, son bras droit tendu devant lui, l'arme braqué sur le Wraith qui paraissait furieux.
Sheppard et Teyla réagirent immédiatement, l'une en s'approchant de Todd, l'autre du Satédien.
« Oh, oh, du calme ! cria le Colonel à l'intention de son ami. Et vous, dit-il en se tournant vers le Wraith, qu'est-ce qui vous prend ? »
Todd lança un regard venimeux à Coralie, qui se demanda comment il avait pu deviner qu'elle avait pour mission d'installer ses propres virus dans sa matrice, alors qu'elle n'avait pas encore touché un seul programme.
Mais la réponse de leur hôte fut toute autre :
« Je n'ai fait appel à vous qu'en dernier recours, après avoir tenté par tous les moyens de me débarrasser de ces virus en vain, et vous, vous venez avec une... néophyte ! » cracha-t-il.
… ah,cen'estqueça ! songea la jeune femme, momentanément soulagée, tandis que McKay se redressait de toute sa taille comme un coq de basse-cour, visiblement offensé :
« Vous m'accusez, moi, de venir avec une assistante inutile, ou pire, encombrante ? Allons, je pensais que vous me connaissiez mieux que ça ! »
Il était furieux, et s'avança vers le Wraith qui le dominait de toute sa taille comme s'il n'était qu'un bureaucrate obtus.
« Fox n'est peut-être pas familière avec votre technologie, mais elle apprend vite, et c'est une spécialiste des virus informatiques. Alors je vous prierai de nous laisser faire notre boulot si vous souhaitez qu'on vous débarrasse de ces saletés rapidement, parce qu'en ce qui me concerne, plus vite ce sera fait, plus vite on partira d'ici, et tout le monde sera content ! »
Et sans attendre la réponse de Todd, il lui tourna le dos et rejoignit en quatre enjambées énergiques Coralie qui était immobile près de la console, essayant encore une fois de se faire oublier. Le Wraith, qui était resté silencieux durant l'éclat de colère du Canadien, dût faire un signe à Dex, car le Satédien se déplaça légèrement, dévoilant un peu plus la jeune femme, mais son arme toujours braquée en direction du commandant extraterrestre. Ce dernier se pencha légèrement en avant et dit d'une voix bizarrement respectueuse :
« Veuillez accepter toutes mes excuses. Je vous en prie, faites ce que vous jugerez utile pour nous sortir de ce mauvais pas. »
La jeune femme inclina à son tour la tête pour marquer son accord, et se pencha sur la tablette de McKay, l'estomac toujours noué et une sueur froide lui coulant le long de la colonne vertébrale. Son soulagement avait été de courte durée : si Todd se mettait dans cet état parce qu'il pensait qu'elle n'avait rien à faire ici sinon leur faire perdre du temps, qu'est-ce que ça serait s'il apprenait la vérité ?
Coralie secoua un peu la tête pour tenter de se concentrer, et assimila du mieux qu'elle put les différences entre les systèmes de gestions d'exceptions humaines et wraiths, les ordonnancements de processus, et tout un tas d'autres formes de programmations. Elle fut soulagée de constater que la tablette l'aidait énormément à digérer toutes les informations, et McKay parvint même miraculeusement à repérer un des virus de Michael durant ses explications, ce qui était de bonne augure pour la suite. Quand la jeune femme eut l'autorisation de s'installer seule à une autre console avec sa propre tablette, elle pensait pouvoir s'en sortir.
Dès qu'elle s'éloigna de McKay, Todd prit sa place afin de montrer à l'astrophysicien ce que lui et son équipe étaient déjà parvenus à circonscrire, et au contraire les difficultés qu'ils n'avaient pues résoudre.
Ce qui laissait à la jeune femme le champ libre pour effectuer son propre piratage.
…
Coralie leva un instant le nez de sa tablette, sourcils froncés, puis, constatant que McKay semblait totalement absorbé par ce qu'affichait la sienne, renonça à l'interpeller. Deux minutes auparavant, il avait envoyé baladé Todd, qui avait eu la mauvaise idée de dire « ça, on l'a déjà essayé… » une fois de trop. Elle ne voulait pas être la prochaine sur sa liste. Machinalement, son attention se tourna vers le Wraith, qui avait pris le large et devisait avec Teyla, mais dont les yeux jaunes et froids étaient fixés sur elle. La jeune femme baissa le regard tout en murmurant :
« Dex, soyez gentil, placez-vous entre moi et ce satané Wraith, il me fait vraiment froid dans le dos... »
Le Pégasien qui se trouvait face à Coralie, de l'autre côté de la console où elle s'était branchée, se dirigea vers Todd au lieu de faire ce qu'elle lui demandait, et elle dût poser sa tablette pour le rattraper en pestant. Elle lui prit le bras droit à la fois pour le ramener vers elle et être sûre qu'il n'allait pas encore sortir son arme, et le tira à proximité de la console. Sans le lâcher, elle le positionna comme elle le souhaitait, se cachant derrière lui de la vue du maître des lieux, et lui murmura d'un ton péremptoire :
« Je ne vous ai pas demandé d'aller lui faire la peau ! Contentez-vous de rester là ! »
Il lui lança un regard peu amène, et elle crut qu'il allait l'envoyer balader, mais il se contenta finalement de soupirer et croisa les bras dans une attitude d'attente désapprobatrice. La jeune femme l'ignora et reprit l'examen de ce qui l'avait intriguée.
Au bout d'un moment, elle sentit Dex se raidir à côté d'elle, et en comprit immédiatement la cause quand elle vit Teyla s'approcher d'eux, escortée de l'inévitable Todd. Toutefois, ce fut vers McKay qu'ils s'arrêtèrent :
« Alors, Docteur, où en êtes-vous ? » questionna poliment le Wraith.
Ronon Dex s'étant déplacé de façon à être entre Coralie et leur hôte ainsi qu'elle l'avait souhaité, la jeune femme ne put voir si l'attitude de Todd était aussi cordiale que son ton. En revanche elle avait en visuel le Canadien, qui avait relevé la tête de sa tablette et se tenait raide, ses lèvres pincées, signe que quelqu'un allait en prendre pour son grade. Apparemment, une fois n'avait pas suffi.
« Si vous et votre équipe n'êtes pas parvenus à vous dépêtrer de ces virus en y travaillant d'arrache-pied pendant je ne sais combien de temps, il me semble évidant que malgré mon génie légendaire, je ne vais pas trouver la solution dans les dix minutes ! Il me faut un peu plus de temps ! Alors soyez certain que je vous informerai des résultats au fur et à mesure, mais pour l'instant j'en suis toujours au premier programme que j'ai découvert en commençant la formation de Fox ! »
Soit, en langage mckayen, « foutez-moi la paix »...
Le sourire qui commençait à fleurir sur le visage de Coralie se fana prématurément quand elle vit Dex lui tourner le dos dans une attitude protectrice, preuve que Todd se dirigeait à présent vers elle. Il y eut un instant de flottement, une atmosphère électrique qui lui donna la chair de poule, puis Teyla qui escortait toujours le Wraith posa une main apaisante sur le bras de son ami. Il ne lui accorda pas un regard, mais consentit à s'écarter lentement. Coralie rencontra les prunelles jaunes dangereusement proches et se raidit pour ne pas baisser les yeux.
« Et notre jeune amie spécialiste des virus, a-t-elle progressé ? »
Là encore, le ton était calme, voir amical. L'extraterrestre se comportait en hôte parfait, et la jeune femme se surprit à penser que s'il bénéficiait d'un physique plus « humain », son père l'aurait certainement apprécié.
A bien y réfléchir, ils ont pas mal de points communs...
Cette réflexion ironique l'aida à répondre sans trembler :
« Je pense en avoir débusqué un autre, mais je voulais la confirmation du Dr McKay...
- C'est vrai ? s'étonna l'astrophysicien. Faites-moi voir ça ! »
Il s'avança vers la technicienne et lui prit la tablette des mains. Elle pointa une ligne de codes du doigt :
« Regardez, dit-elle, là, ça me paraît bizarre... »
McKay fronça les sourcils, plissa les yeux, fit la moue, puis finit par répondre :
« Non, ça m'a tout l'air d'une pile de données un peu bancales... »
Déçue, Coralie tendit la main pour récupérer sa tablette, mais le Canadien s'exclama :
« Attendez !... y a effectivement un truc qui cloche, là...
- Ah ! Vous voyez !
- Mais non, pas ce que vous m'avez montré, mais ici, un peu plus bas, regardez... »
Il lui mit la tablette sous le nez, pointant de l'index ce qu'il avait décelé, et elle constata qu'effectivement le code suivant les lignes bizarres qu'elle avait repérées avait des allures familières de logiciel malveillant. Autant dire qu'elle avait levé le lièvre et que McKay l'avait attrapé au bond, mais elle n'allait pas chipoter pour ça.
« Ok, je le vois. Je m'en occupe. »
Elle s'apprêtait à se plonger dans la tâche ardue qui l'attendait quand la voix lourde de menaces de Dex lui fit relever la tête :
« Je suis sûr qu'elle travaillera dans de meilleures conditions si vous ne tournez pas autour d'elle... »
Todd eut un petit sourire ironique, salua encore une fois Coralie d'une inclinaison formelle, et s'éloigna sans un mot tenter une nouvelle fois sa chance auprès de McKay.
La réflexion du Satédien fit remonter un souvenir dans la mémoire de Coralie, où, dans un autre univers, elle avait fait une remarque similaire à son double. Et une idée saugrenue germa dans son esprit :
« Vous êtes-vous déjà dit que peut-être, dans un monde différent, vous et Todd pourriez être alliés ? Je veux dire, réellement allié ? Combattre côte à côte, dans un objectif commun, et tout ce qui s'en suit ? »
Le regard glacial qu'elle récolta lui donna la réponse, et elle baissa précipitamment le nez sur la console. Ce fut le moment que choisit le colonel Sheppard, jusque là silencieux, pour s'approcher de ses deux coéquipiers.
« Bon, alors, sérieusement, Fox, ça va durer encore combien de temps ? »
Coralie soupira, et murmura sans lever le visage, espérant ainsi garder sa réponse la plus confidentielle possible :
« Je n'en sais vraiment rien. Si le Dr Mckay peine avec le premier virus découvert, je n'ose pas imaginer comment moi, je vais galérer. En plus, j'ai l'impression que les dégâts causés sont beaucoup plus importants que prévus. La remise en marche de tout le système après l'éradication des programmes infectieux va être un travail de titan...
- Eh, c'est pas notre problème, ça ! On a pas dit qu'on assurait le service après-vente, si ? susurra Sheppard en roulant des yeux et en se plaçant à son tour dos à Todd, probablement dans le même but que la jeune femme.
- Je suis bien d'accord, mais ça veut dire que... l'autre... mission... va être assez délicate, si on ne veut pas que notre petit secret soit éventé dès la première remise à jour du système !
- On s'en fout, du moment qu'ils s'en rendent compte quand on aura mis les voiles ! feula-t-il.
- Je vais faire du mieux que je peux, Colonel. Vous savez, je doute qu'il y ait ici une personne qui a plus envie que moi de se trouver ailleurs !
- Ok, on vous fait confiance. »
Et il s'éloigna, le visage sombre, et se mit à faire les cent pas dans la pièce.
La jeune femme échangea un regard avec Dex, puis se remit au boulot en maugréant :
« Je regrette de ne pas pouvoir donner l'adresse mail de Black Water à ce Michael... ils auraient pu s'occuper mutuellement... oh, c'est pas vrai, il va falloir que je reconfigure tout ce système ! Quelle poisse ! »
Elle se passa nerveusement une main sur le front, expira un grand coup, et se remit au travail.
…
Jamais de sa vie Coralie ne s'était sentie aussi fatiguée. Même son entraînement avec Ronon Dex lui semblait un parcours de santé comparé à l'épuisement qu'elle ressentait. Son corps, resté trop longtemps penché sur sa tablette, était à la fois raide et engourdi, son esprit lui paraissait fonctionner à deux à l'heure, et ses paupières lourdes pesaient trois tonnes.
Et je dois sentir aussi mauvais que ce maudit vaisseau...
La jeune femme n'avait qu'une vague idée de temps qu'elle avait passée à traquer et circonscrire les virus. Plus de 24 heures, en tout cas. Et comme si la fatigue ne suffisait pas, une migraine commençait à pulser au milieu de son front.
En tout cas, ses propres programmes avaient tranquillement été installés plusieurs heures auparavant, dans la discrétion la plus absolue. La procédure n'avait pris que quelques minutes, et le pic d'adrénaline dû au stress qui avait envahi l'organisme de Coralie lui avait éclairci les idées pendant quelques temps, avant de la laisser dans un état d'épuisement aggravé. Depuis, elle avançait littéralement au radar.
A la lumière des difficultés qu'ils avaient rencontrées, le plan initial ( et officiel ) avait été abandonné : les virus de Michael étaient nettoyés au fur et à mesure, et deux trois, déjà choisis, seraient laissés dans la matrice et soumis à un nettoyage à distance. McKay s'en était chargé, et Coralie n'en revenait pas de le voir encore hyperactif alors qu'il n'avait pas pris plus de temps de pause qu'elle, voir moins.
Les lignes de programmations se brouillèrent devant ses yeux, et elle les cligna pour y voir plus clair. Une voix derrière elle la fit légèrement sursauter :
« Allez, poussez-vous de là, Fox, laissez-moi la place, j'ai fini de mon côté... »
McKay l'aida à se lever et prit sa place, mais au lieu de s'éloigner, Coralie se posta à sa gauche, regardant par dessus son épaule.
« Allez vous asseoir dans un coin, lui conseilla l'astrophysicien, vous tenez à peine debout !
- Pas question. Je veux partir d'ici le plus rapidement possible. A deux, ça ira plus vite. »
Il fit un geste vague qui voulait dire « comme vous voulez ».
Et deux heures plus tard, ils se préparèrent enfin à quitter le vaisseau-ruche, avec les compliments de son commandant.
Sans encombre, à la grande stupéfaction et au non moins grand soulagement des Atlantes.
Ce furent quand ils parvinrent vers les abords de la Porte des Etoiles par laquelle ils devaient rejoindre leur citée que les ennuis arrivèrent.
Coralie, qui s'était endormie à l'arrière du Jumper trois minutes à peine après leur départ du vaisseau fut réveillée par les secousses de la navette effectuant des manœuvres d'évitement acrobatiques, et un inquiétant bruit d'impact suivit d'étincelles. Gémissant de confusion et ballottée de droite et de gauche, elle parvint à grand peine jusqu'au poste de pilotage et en ouvrit la porte.
« Mais qu'est-ce qui s... »
Une nouvelle embardée lui fit encore perdre l'équilibre, et elle fut rattrapée in-extremis par Dex, qui l'attira à lui et l'installa sans cérémonie sur ses genoux, la ceinturant fermement d'un bras.
« Hé ! protesta-t-elle.
- Nous avons été touchés, et nous avons perdu le générateur d'inertie ! Ça va secouer ! cria Sheppard pour couvrir les bruits de tir qu'ils essuyaient.
- Je le savais, qu'on ne pouvait pas lui faire confiance ! » beugla McKay comme s'il n'avait pas été le premier à vouloir traiter avec Todd.
D'un geste rageur, le Colonel ouvrit une ligne de communication, tout en continuant ses loopings et virages en épingles.
« TODD ! Espèce de fumier, je vous jure que la prochaine fois que je croiserai votre route, votre espérance de vie sera réduite à une poignée de secondes !
-... Colonel Sheppard, qu'est-ce que vous voulez dire ? répondit la voix du wraith, difficilement audible au milieu de la cacophonie ambiante.
- Vous le savez très bien, ne faites pas l'idiot avec moi ! A peine vous a-t-on échangé le protocole anti-virus contre cette satanée formule pour Beckett que nous sommes pris en chasse par deux de vos Darts !
- Comment ça ? Je ne suis pas au courant !
- A d'autres ! Mais vous n'allez pas vous en tirer comme ça ! »
Il interrompit la communication et se tourna à demi vers McKay :
« Activez-moi ces virus qu'on lui a installés en douce ! »
Le Canadien pianota fébrilement sur sa tablette, pestant à chaque fois qu'une embardée lui faisait faire une mauvaise manipulation. Puis, il leva un regard égaré, stupéfait :
« Ça ne marche pas ! »
Coralie se figea, glacée d'épouvante.
Merde ! Je me suis plantée !
Mais McKay poursuivit :
« J' ai l'impression que le vaisseau est hors de portée !
- Comment ça ? Les Darts ont une autonomie limitée, leur vaisseau doit être dans les environs !
- Je vous dit que non ! »
Un terrible bruit d'explosion les secoua, et Coralie hurla et s'accrocha au cou de Dex. Une horrible odeur de plastic et métal brûlés envahit le Jumper.
« On a été salement touché ! Je n'ai pas d'autres solutions que de nous poser le plus près de la Porte que je le pourrai. McKay, vous pouvez l'activer à distance ?
- Je pense que oui...
- Alors faites-le ! Et préparez-vous tous à courir ! »
Le Jumper en perdition amorça un virage en perdant de l'altitude, et le sol ainsi que la Porte qui représentait leur salut se rapprochèrent. Quand la navette se posa brutalement sur la terre ferme, tout le monde se précipita dehors et Coralie courut à perdre haleine vers la lumière qui emplissait l'anneau.
« Darts, attention ! » cria Teyla.
Coralie fut violemment projetée sur le côté, puis une lourde masse atterrit sur son dos, lui coupant le souffle, et un écran de dreadlocks lui cacha la vue. La seconde d'après, le sifflement caractéristique d'un Dart lui vrilla les tympans, avant de s'éloigner. Le poids qui l'immobilisait à terre disparut, et une voix bourrue grogna :
« Allez, debout ! »
Aidée par Dex, elle se redressa et reprit sa course.
« Ils ont envoyés des troupes au sol ! rugit Sheppard devant elle, lui faisant face, dos à la Porte, arme sur l'épaule.
Il fit feu avant qu'elle n'arrive à sa hauteur.
« Allez, allez, allez ! »
A quelques mètres de lui, Teyla fit feu à son tour. Coralie la dépassa sans ralentir.
Le salut était proche, elle allait y arriver, elle allait...
Une douleur atroce explosa dans sa jambe droite, et elle s'effondra en hurlant.
« Fox est touchée ! Fox est touchée ! » cria McKay.
Haletante sous la souffrance, Coralie se sentit soulevée comme une poupée de chiffon, et elle se retrouva encore une fois dans le giron rassurant de Ronon Dex. Secouée par la course de son sauveur qui ravivait sa blessure, elle ne put retenir un gémissement, puis murmura si bas que même le Satédien aurait du mal à l'entendre :
« J'espère au moins que ça en valait la peine... »
Et elle s'évanouit dans ses bras avant d'avoir traversé la Porte.
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Oui, je sais, je l'ai déjà fait, le coup de l'évanouissement à la fin du chap. En fait, je ne devais arrêter celui-ci plus loin, mais j'en voyais plus le bout… et puis comme ça je poste plus tôt. Donc c'est pas original, certes, mais c'est plus pratique !^^
