Hey-llo vous:D
Deux semaines c'est long mais croyez-moi, c'était nécessaire pour obtenir un chapitre bien propre et net;)
En espérant que le titre de ce chapitre ne vous fasse pas fuir:P
Chapitre 12
Le cœur dans le plâtre
Ron soupira et Hermione grinça des dents à côté de lui. Harry leur jeta un regard agacé.
« A voir vos têtes, on croirait qu'on vous envoie au bagne. » Ron grogna et Hermione l'ignora royalement. Harry rugit :
« Mais les mecs ! C'est Poudlard ! » No reaction.
« Hermione ! » la jeune fille sursauta.
« Tu vas retrouver la bibliothèque ! » Elle rit doucement, moqueuse. Harry ne se démonta pas :
« Et le Quidditch Ron ! Qu'en fais-tu ?! » A sa grande surprise, Ron fit un geste signifiant clairement qu'il n'en avait rien à carrer. Harry jura et s'enfonça dans la banquette.
Hermione boudait de manière totalement injustifiée. Quand on y pensait, elle allait renouer avec le monde de la connaissance dans un lieu magnifique avec ses deux meilleurs amis et retrouver des camarades de longue date. Alors pourquoi tant de tristesse et si peu d'envie ? Un nom s'imposa dans son esprit et elle fit tout pour le chasser. Mais il tenait bon et les lettre s'imprimèrent au fer rouge dans son cerveau. Elle pesta contre les enfants du futur qui étaient venus bouleverser sa paisible vie. Elle croyait aimer Ron et découvrait qu'elle se marierait avec son frère. Avouez qu'il y a de quoi être perturbée. Mais pendant les vacances, elle avait pu constater que Percy était effectivement plus attirant que Ron. D'ailleurs, Ron, qui lui montrait depuis un an quelques signes d'attention particulière avait cessé depuis la découverte de l'existence de son fils. Et il avait, depuis quelques jours, le regard vide, l'air préoccupé. Elle le soupçonnait d'être amoureux. Et vu qu'il la traitait désormais avec indifférence et politesse, elle était certaine qu'il ne s'agissait pas d'elle. Elle en était rassurée. Si jamais quelque chose se passait avec Percy, il ne lui en voudrait pas...
Tous les Serpentard de Poudlard qui ne venaient pas du futur étaient réunis dans leur Salle Commune à la demande de Draco Malfoy. Beaucoup s'interrogeaient sur cette convocation exceptionnelle. Des bruits circulaient sur le compte de l'héritier Malfoy. Contrairement aux autres années, celui-ci n'avait pas emprunté le Poudlard Express mais avait préféré le réseau de cheminette du château. Fait plus surprenant encore, les parents de l'adolescent avaient été vus sur le quai 9 ¾, visiblement cherchant des yeux leur fils absent parmi les passagers. Plusieurs amis du blond comme Théodore Nott ou Pansy Parkinson s'étaient inquiétés mais la mine confiante de Blaise leur avait laissé croire que celui-ci était au courant de certaines choses. Le noir avait senti le regard pesant de Lucius Malfoy à travers la vitre de son wagon et s'était contenté de le saluer d'un hochement de tête poli.
Ainsi Draco entra dans le quartier général des serpents d'une démarche sûre et raide, comme si de rien n'était. Il ne s'installa pas dans le grand fauteuil en cuir noir qui était le sien tacitement, mais se posta à sa droite, dos à la cheminée qui crépitait allègrement. Lorsque tous les visages furent tournés vers lui, que toutes les mines se firent impatientes et que le silence régna, il entama son discours d'une voix calme et assurée.
« Comme vous l'avez probablement deviné, je n'ai pas passé Noël au Manoir Malfoy. J'imagine également que mon absence dans le train a été notée. Je vous dois des explications. » Tous se jetèrent des regards surpris mais pas un n'ouvrit la bouche. Même les septième année attendaient avant de se prononcer ou de rabrouer leur cadet éventuellement.
« Vous devez savoir que j'ai coupé les ponts avec ma famille. » Des murmures s'élevèrent. L'inquiétude, se lut pratiquement sur tous les visages mais surtout l'incompréhension. Ils se reprirent toutefois en attendant la suite. Draco avait les bras croisés, la jambe gauche pliée dont le pied reposait sur l'ornementation en fer du foyer.
« J'ai décidé de rallier l'Ordre du Phénix pour combattre Voldemort. »
A ce moment là, deux camps se formèrent, s'interpellant avec virulence : les neutres contre les fils de Mangemorts. Il n'y avait effectivement aucun allié de la lumière chez les vert-et-argent. Du moins jusqu'à ce jour. En temps normal, Draco aurait joué la carte du leader autoritaire mais cela aussi, changeait, avec son nouveau statut. Il attendit patiemment qu'ils se calment un peu et laissa Grégory Goyle user de sa carrure et de l'effroi qu'il suscitait chez beaucoup, pour ramener l'ordre.
« Vos gueules ! » Il soulevait un Théodore Nott surexcité par le col de sa chemise et le reposa tandis que tous le scrutaient avec peur. Draco eut un sourire amusé. Goyle ne lui laissa aucun répit.
« Termine, toi ! » Draco releva un sourcil surpris de cette soudaine rébellion de la part de son ex-garde du corps et reprit :
« Je pense qu'il est temps pour tous de prendre position. » Il ne semblait pas leur donner d'ordre et cela les déstabilisa beaucoup.
Ce fut Millicent qui se leva en première et vint prendre place à ses côtés. La voix de Pansy s'éleva, acerbe :
« C'est facile pour toi Bullstrode ! T'as rien à perdre.
-Fait pas la conne Parkinson. Quand tes parents apprendront que tu as des gosses avec Finnigan ils vont te mener la vie dure. » Pansy laissa échapper une injure qui fit sourire certains. Mais la jeune fille resta bras croisés à jeter des regards hargneux à l'autre adolescente. Blaise s'avança ensuite, sourire aux lèvres et posa une main sur l'épaule de Draco en signe de soutien. Celui-ci ne dit rien mais ne le repoussa pas. Plusieurs se montrèrent surpris et Pansy qui se muait en porte-parole des curieux et des réticents argua :
« Je croyais que les Zabini ne prenaient jamais position.
-C'était avant que les Zabini ne fricotent avec les Potter ça ma belle. » lança Blaise avec un clin d'oeil. Draco leva les yeux au ciel et ferma les yeux lorsque les indignations s'élevèrent avec bruit. Au bout d'un moment, Blaise soupira :
« Êtes-vous donc tous aveugle... comme s'il n'y avait pas eu d'indices... » Chacun se renfrogna et le silence pesa à nouveau. Tous attendaient que le nombre des Nouveaux Partisans de la Lumière n'augmente pour les rejoindre. Car il ne fallait pas se leurrer, un serpentard suivait toujours la majorité, question de sécurité. Et trois contre une trentaine, ce n'était pas vraiment une majorité. Théodore grogna avant de prendre lui aussi son courage à deux mains. Il baragouina l'excuse :
« Je vais finir avec une lionne alors autant s'y faire maintenant... » Cela sembla décider Goyle qui chuchota :
« Chang faisait partie de l'AD... » On commença à discuter avec son voisin pour tenter de peser le pour et le contre.
Le moment où les deux camps furent à égalité numérique, ils se toisèrent avec circonspection, tentant de trouver chez l'opposant celui qui flancherait et permettrait de prendre l'avantage. Enfin, Pansy Parkinson soupira et traversa les quelques mètres qui la séparaient de Draco. Elle déposa un baiser sur la joue de Malfoy et dit d'un rire élégant :
« Je te laisse pas tomber Kychou ». Draco retint un rire et sourit sincèrement à son amie quand elle lui glissa à l'oreille « Et puis, Finnigan est très convaincant... » Ce fut finalement l'élément déclencheur et beaucoup la suivirent. Non pas qu'elle ait une aura particulière mais elle s'était montrée la plus farouche à ce changement. Si elle pouvait subir l'autorité de Potter, alors ils le pouvaient tous. Ne restèrent plus comme résistants que Malcolm Baddock, Daphné Greengrass, Miles Bletchley et Flora Carrow. La jumelle de cette dernière, Hestia, jeta une œillade triste à son double mais resta farouchement à la gauche de Draco. Alors que les partisans de Voldemort quittaient les lieux par la cheminée et que les convertis s'interrogeaient avidement de leur avenir, Crabbe s'éclipsa le plus discrètement possible...
Draco était attablé dans la Grande Salle de Poudlard. Le repas battait son plein et tous se retrouvaient et bavardaient joyeusement. Lui, il s'ennuyait ferme. Ses yeux naviguaient distraitement sur l'assistance en quête de quelque chose d'intéressant. Il vit Ron qui quittait la table des Gryffondor pour sortir. Son déplaisir fut assez grand quand il constata que Goldstein s'éclipsait à sa suite. Il refréna l'envie de les suivre en se resservant du dessert. Blaise quant à lui dévorait littéralement un certain individu des rouge-et-or. Et le dit individu faisait manifestement tout pour ne pas rencontrer son regard. Draco ricana intérieurement. Il semblerait qu'il ait manqué des étapes dans l'évolution de la relation de son ami avec Harry Potter. Mais après tout, le balafré s'était éclipsé toutes les nuits au Terrier pendant les vacances. Il soupçonnait ainsi la poudre magique appelée Cheminette de les avoir réuni plus d'une fois.
Il quitta la table dans les derniers pour une fois, décidé à errer un peu dans les couloirs pour se distraire et pratiquer une petite marche digestive. Quelle ne fut pas sa surprise au détour d'un couloir de tomber sur Goldstein, seul. Il savait qu'il s'apprêtait à commettre quelque chose de totalement impulsif et ridicule mais il ne résista pas à la tentation. Il se précipita sur le Serdaigle et le plaqua au mur, menaçant.
« Alors Goldstein, on se balade tranquillement ? On attend quelqu'un peut être...
-Malfoy ! » cracha l'autre, découvrant ses traits distendus par la colère trop près de lui. Draco le secoua un peu pour le faire réagir.
« Viens en au but Malfoy ! » répliqua l'autre, comprenant qu'il avait visiblement fait quelque chose de répréhensible aux yeux du serpentard. Draco s'étonna de sa propre autorité avant de susurrer :
« Dis moi donc pourquoi tu ne vas pas fureter du côté de Nott ou de Diggory. J'ai entendu dire qu'ils n'avaient rien à se mettre sous la dent ces derniers temps... » Il avait espéré être un minimum malin en ne prononçant pas directement le nom de Ron mais peine perdue :
« Oh... Je vois... Nous chassons le même gibier... » Draco lui planta un coup de poing violent dans le coude. L'autre se tordit en deux en criant de douleur et le Prince des Serpentards asséna avant de l'abandonner là :
« Je ne chasse plus. » [nda : vous n'imaginez pas combien de fois j'ai modifié cette phrase]
Ron croisa Anthony dans un couloir alors qu'il cherchait Harry qui disparaissait mystérieusement pour la cinquième fois ce jour-là. Il l'interpella :
« Hé Anthony ! T'aurais pas vu... » Le regard affolé que lui lança le Serdaigle l'interpella. Il regarda de tous côtés avant de prendre la poudre d'escampette face à un Ron hébété. Le rouquin fronça les sourcils, confus. Qu'avait-il cet oiseau là ? Il l'évitait depuis une semaine maintenant. Il l'avait vu s'éclipser plusieurs fois en sa présence. C'était étrange. Certes ils n'étaient plus ensemble mais Goldstein était connu pour son caractère aux antipodes de la rancune. Ron avait même senti le lendemain de la rentrée que le Serdaigle tentait de l'attirer à nouveau dans ses filets. Il haussa les épaules et s'éloigna.
Après un quart d'heure de marche, il repéra enfin la voix de son meilleur ami qui gloussait. Depuis quand Harry gloussait-il ? Il se planqua derrière une statue et vit passer le brun avec un charmant jeune serpentard. Ron retint un cri victorieux. Ils s'arrêtèrent devant sa statue et il remercia le hasard de lui offrir une telle occasion de les écouter. Blaise était tout euphorique et Harry tentait de savoir pourquoi. Comme les yeux de biche marchaient à tous les coups, le noir craqua pitoyablement au bout de quelques minutes :
« Bon ça va ! … ça concerne Ron. » Harry et Ron froncèrent les sourcils en même temps.
« A vrai dire... Il s'agit plutôt de Goldstein...
-Oh non ! Soupira Harry. Pas encore lui ! Il a tenté quelque chose vis-à-vis de Ron ?
-Il n'en a pas eu le temps. » Blaise était franchement content, ricanant stupidement. Il poursuivit :
« Draco lui a mis la main dessus. » Harry poussa un cri indigné :
« Non ! Ne me dit pas que c'est lui qui lui a pété le bras la semaine dernière ! » Blaise laissa échapper un long couinement victorieux.
« Si ! Il a bien fait comprendre à Goldstein que Ron, c'était chasse gardée désormais ! » Ron faillit s'étouffer. Harry soupira :
« J'imagine que ce grand crétin blond ne s'est pas pour autant rapproché de Ron.
-Il ne lui a pas cherché de poux depuis la rentrée.
-Ce n'est pas ce que j'appelle se rapprocher...
-Il ne lui déclarera pas sa flamme si c'est ce que tu attends. Ce n'est pas vraiment dans sa nature.
-Et qu'est-ce qui est dans sa nature ? Éliminer ses concurrents ?
-Davantage oui. Et cesser de dormir aussi.
-Cesser de dormir ? » Ron tendit l'oreille.
« Ouais... Il est complètement tourneboulé depuis son retour. Il ne dort plus. Je vois la lumière sous la porte de sa chambre de préfet à n'importe quelle heure de la nuit. Il a du recommencer ses crises d'angoisse.
-Il en fait souvent ?
-Il n'en avait plus fait depuis la deuxième année.
-Et qu'est-ce qui lui arrive exactement ?
-Il se renferme, il tremble, il n'entend plus rien. Pomfresh a tout essayé, rien ne l'apaise. »
La main de Ron se crispa sur la statue. Il ne prêta pas attention à la suite car ils avaient changé de sujet. Ils s'éloignèrent enfin et Ron n'hésita pas une seconde. C'était samedi et le serpentard était probablement dans sa chambre de préfet puisqu'il ne l'avait vu nulle part ailleurs dans Poudlard et qu'il avait tout écumé pour trouver Harry. Arrivé devant la porte des cachots, il attendit qu'un serpentard ne sorte, un petit deuxième année, il le poussa sans ménagements avant que la porte ne se referme et verrouilla cette dernière d'un sort derrière lui. Il était dans le nid des serpents. Hormis les couleurs et la facture des meubles, l'endroit était en tous points semblable aux locaux Gryffondor. Il emprunta donc l'escalier de droite et gravit autant d'étages que d'années. La chambre de préfet de Draco devait se trouver au fond du dortoir des sixième année. Bingo ! Il ne s'embarrassa pas des serpentards qui tentaient de s'interposer, les repoussant d'une poigne forte. Il frappa sur le bois noir de la porte. Des pas lui indiquèrent que Draco venait lui ouvrir. Il se prépara et quand le vert-et-argent ouvrit, il lui gueula : « Laisse-moi rentrer ! », ce qui eut pour effet de faire reculer l'autre de surprise. Il pénétra dans la chambre, claqua la porte derrière lui, la verrouilla d'un sort par sécurité et jeta également un silencio.
Draco était rouge pivoine, prêt à exploser. Ron ne s'en préoccupa pas, marcha droit sur lui, l'empoigna par le col de sa chemise pour le pousser jusqu'au lit, le faisant tomber dessus. L'autre couina, surpris et inquiet. Ron l'immobilisa efficacement à l'aide de ses genoux et de ses mains immenses. Puis, sa voix se fit douce :
« Calme toi... » Draco cessa de bouger, interloqué. Ron le détailla brièvement. Il avait effectivement des cernes violacées énormes, son teint était pâle, et il sentit que le mince serpentard avait encore maigri. Il nota toutefois que Draco portait le pull que sa mère lui avait tricoté et ravala sa satisfaction. Il soupira, inquiet, et le lâcha, se déplaçant pour se laisser tomber à côté de lui. Celui-ci se releva difficilement, s'appuyant sur ses coudes. Il le fusilla du regard :
« Pourquoi cette entrée fracassante Weasley ? » vociféra-t-il. Ron, qui avait fermé les yeux, bras et jambes croisées pour former un sablier, sourit faiblement.
« A quoi ça te sert de m'avoir comme chasse gardée et de ne pas en profiter hein ? » Draco blêmit. Il se reprit cependant, aigri :
« Goldstein est venu pleurer dans tes jupes ? » Ron rit de bon cœur :
« C'est Zabini qui pépiait dans un couloir avec Harry. » Draco insulta son meilleur ami de tous les noms d'oiseau possible. Il s'interrompit lorsque Ron murmura :
« Derrière la statue... » Draco fronça les sourcils :
« De quoi ?
-J'étais caché derrière la statue...
-Quelle … ?
-LA statue Draco... Celle où tu m'as planté avant Noël. » Draco ne put s'empêcher de rougir à l'évocation de se souvenir et un peu aussi parce qu'après tout, Ron l'avait appelé par son prénom et qu'il ne le faisait habituellement que lorsqu'ils couchaient ensemble.
« Draco... ça fait deux cent trente six heures et quarante minutes qu'on n'a pas fait l'amour. » S'il n'était pas si éloigné du bord, Draco serait tombé de son lit. Il n'osa pas regarder Ron, ses joues étant trop roses pour le moment. Il essaya de ne pas interpréter ces paroles et de ne surtout pas prêter attention au fait que Ron avait parlé de « faire l'amour » et non de « baiser ». C'était juste une question de vocabulaire. Oui, c'est ça. Il comprenait bien que c'était une invitation claire et immédiate. Il avait franchement envie de répondre par l'affirmative mais avoir un Ron calme et posément installé sur son lit, yeux fermés, ne l'aidait pas. Il était vraiment déconcentré. Et il était fatigué, à son grand dam. Il eut une idée qui lui fit retrouver toute sa morgue :
« Tu es tellement en manque Weasley ? » Il avait espéré que son ton agacerait et repousserait le roux mais celui-ci ouvrit les yeux pour le détailler. C'était extrêmement gênant pour Draco qui ne savait plus ou se mettre. Et il détestait être dans un tel inconfort alors qu'il se trouvait dans ses propres quartiers.
Ron soupira. Le serpentard était un cas désespéré. Il saisit sa baguette pour éteindre les lumières et fermer les rideaux, les plongeant dans une quasi obscurité. Draco frissonna, un peu perdu par ce comportement étrange. Il sentit tout à coup la main de Ron se poser sur son genou pour remonter jusqu'à l'une de ses hanches, l'attirant à lui. Il se laissa faire, incertain. L'autre bras de Ron l'incita à bouger puis s'allonger et il se retrouva bientôt confortablement installé contre le corps chaud du gryffondor, sous la couverture. Il dut y avoir d'autres sorts lancés puisqu'ils se retrouvèrent quelques minutes plus tard sans leurs vêtements. Les lèvres de Ron frôlaient gentiment sa tempe et ses mains caressaient ses fesses. Pourtant, c'était doux, sans volonté de l'exciter et Draco déglutit et parvint à respirer paisiblement. Ron lui chuchota distraitement :
« Dors... » et son organisme prit cela pour un ordre puisqu'il sombra peu de temps après.
Ron regarda autour de lui avec attention. C'était la première fois qu'il était dans la chambre de Draco. Tout était sobre mais distingué, d'un goût certain. Comme il avait un peu mal au cou, il agrippa l'oreiller pour le ramener sous sa tête. Une tache de couleur sous celui-ci l'intrigua et il tira dessus. Il écarquilla les yeux en reconnaissant le t-shirt. Il sourit en songeant qu'il avait bien fait au Terrier de l'avoir remis où il l'avait trouvé.
Il se réveilla allongé sur le côté, un peu recroquevillé sur lui-même, la main de Ron parcourant ses côtes et ses cuisses avec lenteur. Il ne bougea pas, s'attendant à ce que le roux s'arrête après plusieurs minutes, convaincu que c'était ce qui avait du le tirer hors du pays des rêves. Mais il révisa son jugement en constatant que Ron ne cessait pas son geste. Il y avait son réveil sur sa table de nuit et il put constater aiguilles à l'appui que cet étrange phénomène dura une bonne demi-heure avant que Ron ne se colle à son dos, le maintenant contre lui d'un bras, son menton sur son épaule. Il avait de ce fait le souffle chaud du rouge-et-or qui irradiait sa joue. Il osa murmurer : « Je ne dors pas... ». Ron se contenta de lui bécoter le cou et de lui caresser les fesses. Draco sourit. Il avait remarqué que Ron était particulièrement intrigué par son postérieur, ses attentions tendres déviant toujours dans cette direction. Pris dans un élan de joie simple, Draco saisit la main de Ron pour la porter à sa bouche, l'embrassant, remontant le long de son bras, se retournant pour finalement accéder à son cou. Le roux fermait les yeux, soupirant d'aise sous ce toucher. Draco s'immobilisa lorsqu'il sentit qu'il commençait à s'exciter tout seul au contact du roux et huma son cou, le taquinant du nez.
Soudain, la voix de Ron retentit durement à ses oreilles :
« Oh... Il est tard... Je vais devoir y aller... » Draco entendit dans sa tête sa propre voix gémir pitoyablement un « Nooooooon ! » trop aigu. Il le ravala et amer, déclara :
« Je croyais que tu voulais baiser. » Ron se tendit. Il savait que Draco s'interdisait bêtement de s'attacher à lui. Mais ça faisait mal quand même. Alors, il répliqua d'un ton pincé :
« Ne crois-tu pas que les autres vont se poser des questions dehors ? » Draco dut convenir que oui. Il se leva alors en premier, déçu, et enfila ses vêtements, contenant sa rage. Ça ne devait pas se passer comme ça. Ils auraient du baiser comme des chiens au lieu de rester sur ce truc guimauve qui pourrait laisser croire à ce gryffondor de Weasley qu'il se passait quelque chose entre eux. Il entendit Ron se lever et se vêtir à nouveau. Le roux sourit pour lui-même. Il attrapa Draco par les hanches, le ramena à lui pour que celui-ci sente clairement son érection et lui suçant le lobe de l'oreille murmura : « J'ai très envie que tu me fasses l'amour... Mais si je ne sors pas maintenant, nous sommes grillés et nous n'aurons plus l'occasion de nous amuser derrière les statues... »
Il planta un Draco tout chaud en plein milieu de la chambre et sortit en gueulant, comme s'ils s'étaient disputés tout ce temps, conscient que sa comédie ne trompait personne.
Draco trouva enfin Paule après l'avoir cherchée dans tout Poudlard. Il l'arracha sans scrupules à son groupe d'amis et l'entraîna à sa suite jusqu'à la salle sur demande. Celle-ci était alors un vaste salon chaleureux avec un long canapé. Il y poussa la jeune fille et s'assit à côté d'elle. Elle grogna :
« Tu pourrais au moins m'expliquer pourquoi tu es si autoritaire !
-A l'abri des oreilles indiscrètes, toujours Paule. » Il se passa une main lasse sur le visage et marmonna :
« J'ai besoin de savoir des choses sur l'avenir. » Elle croisa les bras, les jambes, et prit un air renfrogné. Elle ressemblait à Hermione en cet instant, farouche et pas dupe.
« Tu sais que je ne peux pas parler. » Il fit un geste vague et persévéra :
« Rien de... d'essentiel Paule... Juste à titre personnel. » Elle fronça les sourcils, plus méfiante encore. Son serpentard de parrain était bien capable de la manipuler !
« ça concerne ma vie de couple...
-oh... » Il regardait partout sauf dans sa direction. Elle toussota et tout sourire :
« Je ferai ce que je peux... Que veux-tu savoir ? » Il se racla la gorge.
« Hum... Je voudrais... Disons... Euh... Quand est-ce que Ron et moi allons... Allons officiellement être liés ? » Il baissa la tête, les joues écarlates. Paule jubilait. Elle le fit mariner quelques minutes pendant lesquelles il hésita à se carapater pour fuir à l'étranger plutôt que de subir son regard satisfait.
« Eh bien... » commença-t-elle. « C'est compliqué... » Draco releva la tête, totalement attentif.
« A vrai dire... Vous n'êtes pas... Très démonstratifs... » L'espoir naquit à nouveau dans l'esprit de Draco.
« Vous êtes mêmes... plutôt secrets. Il n'y a pas grand monde à mon époque, à part vos proches, qui sait que vous êtes ensemble. Du moins... si les autres savent, ils font comme s'ils l'ignoraient... » Draco était franchement étonné, mais secrètement rassuré. Il resta pensif jusqu'à ce qu'un joli rire ne le ramène sur terre.
« En fait, sans la présence d'Ana' et Sylver', personne hormis mes parents et ceux d'Eddy n'auraient deviné.
-Nous ne vivions pas ensemble avant leur arrivée ? » demanda-t-il, toujours étonné. Elle gloussa :
« Vous ne vivez toujours pas ensemble Toundra !
-Comment ?! Mais... les garçons...
-Sylvestre a sa chambre dans ton appartement et Anatole la sienne chez Ron. » l'interrompit-elle, amusée. Il eut un sourire étrange avant de répondre, le regard lointain :
« Putain Weasley doit vraiment m'aimer... » La jeune fille sourit. Il ne la vit pas sortir discrètement de la salle, le laissant seul.
Ron eut la surprise de trouver Draco Malfoy dans sa propre salle commune en se levant le matin. Il écarquilla de grands yeux et s'approcha du blond qui jetait des regards mauvais aux autres gryffondor qui le lorgnaient avec incrédulité. Il se vengea sur Ron :
« Weasley ! J'ai cru que tu ne descendrais jamais !
-Que veux-tu ? » la voix de Ron était calme mais méfiante.
« Parler... Enfin... Pas vraiment... » Il demanda poliment :
« Pourquoi n'es-tu pas monté tout simplement ? Tu sais où se situent les chambres de Préfets. » Draco déglutit.
« J'ai... essayé... Mais votre saleté d'escalier ma renvoyé en bas. La pudibonderie des Gryffondor ! » pesta-t-il. Ron ouvrit grand la bouche, choqué.
« Tu veux dire que... » Draco baissa la voix et se pencha légèrement vers lui :
« Oui voilà... j'étais... J'avais... Enfin je n'étais pas animé d'intentions chastes... » Ron aurait voulu se jeter par terre pour rire plus à son aise. C'était tout simplement trop ridicule. Imaginer un Draco Malfoy atterrir sur les fesses pour avoir convoité les siennes.
Ron envoya un regard peu amène aux derniers rouge-et-or présents et ceux-ci se dispersèrent.
« Suis-moi... » Il entraîna Draco à sa suite et une fois sur la première marche de l'escalier, il murmura Permitio. Draco fut surpris :
« Il y a un contre-sort ?
-Non... Mais je suis Préfet. » Draco siffla, appréciateur et Ron sourit en s'engageant à l'étage. Lorsqu'il eut vérifié que personne n'était présent dans le dortoir et que la porte était soigneusement fermée, blindée de sorts d'intimité, il se retourna pour faire face à Draco.
Celui-ci avait desserré sa cravate, ouvert les premiers boutons de sa chemise, celle-ci sortie de son pantalon, et était allongé sur son lit, les jambes écartées, appuyé sur les coudes, le regardant fixement, une ébauche de sourire en place sur ses lèvres abîmées. Ron ne bougea pas, tout à sa contemplation. La voix du Serpentard s'infiltra directement dans son système nerveux :
« Ron... J'ai chaud... » le rouquin éclata de rire, ce qui vexa considérablement le blond qui se redressa, la mine boudeuse, refermant sa chemise, serrant sa cravate, se levant et fonçant sur la porte. Ron était toujours devant celle-ci et il s'appuya dessus, bras croisés.
« Tu ne vas nulle part.
-Laisse moi passer Weasley !
-Tu n'as pas compris... » Draco allait invoquer son intelligence supérieure pour répliquer lorsque Ron l'attira sans douceur à lui et en quelques gestes fermes le dépourvut de sa cravate, sa chemise et son pantalon. Un sort s'occupa des chaussures et des chaussettes. Le rouquin glissa les mains le long de son dos jusque sur ses fesses, sous son boxer. Draco se colla à lui, brûlant bien que surpris. Ron lui chuchota :
« Comme si tu avais besoin de toute cette comédie pour que je te saute dessus... »
Il lui massa les fesses, humant ses cheveux et la peau de son cou qu'il marqua de plusieurs suçons. Draco gémissait sans se retenir. Il avait définitivement renoncé à masquer son plaisir, le roux savait l'effet qu'il produisait sur lui. La bouche glissa vers son épaule et la bécota gentiment et les mains se raffermirent sur son postérieur pour coller leurs érections. Ron émit un soupir guttural qui fit saliver Draco. Il baragouina un sort qui dénuda enfin le rouquin qui le souleva pour l'emmener jusqu'au lit où il l'étala. Draco se laissa faire, fermement décidé à ne rien faire pour rendre ses attentions au roux. Ron grogna : « J'ai compris » avec un sourire amusé et s'attaqua sans patience à ses tétons, les embrassant, les léchant, les suçant puis les mordant. Draco devenait bruyant et cette fois, Ron savoura entièrement ses murmures, y répondant.
Cependant, alors qu'après avoir sucé longuement le blond qui tenait bon, il s'apprêtait à le préparer, Draco émit un léger rire moqueur.
« Non Weasley... C'est mon tour... » Il repoussa le rouquin qui tira une tête impayable de frustration et inversa leurs positions. Il fit glisser les testicules du roux entre ses doigts en l'embrassant profondément, ce qui après plusieurs minutes et quelques coups de bassin anodins, emmena vite le dit roux à se soulever légèrement tout en couinant pour l'inciter à glisser ses doigts en lui. Après une préparation dans les règles, Draco se positionna à son entrée et poussa gentiment son sexe à l'intérieur de Ron qui glapit. Presque instantanément, il ondula fébrilement, allant à la rencontre de Draco. Celui-ci ne se laissa pas distancer et suivit le rythme voulu par Ron. Il le masturbait en même temps après avoir enduit sa main de lubrifiant.
Draco ne put résister à la tentation de le mordre et c'est surpris, qu'il entendit Ron murmurer : « Recommence ! » plusieurs fois jusqu'à ce qu'il s'exécute, ravi. Alors le rouquin perdit tout contrôle sur sa voix qui bascula dans les graves, dévoilant toute la richesse de ses intonations masculines. Draco parvint à éructer entre deux gémissements rauques :
« Bordel Ron tu m'excites... » L'interpellé avait beau le savoir, se l'entendre avouer lui fit ouvrir les yeux sur Draco et le contempler alors que le plaisir se lisait sur ses traits crispés. Il ravala sa salive, ému et encore plus excité. Il laissa sa main vagabonder jusqu'à celle du blond qui enserrait son sexe pour lui venir en aide. Leurs deux mains sur son sexe gorgé de sang eurent raison de Ron qui jouit en mordant l'épaule de Draco. Celui-ci couina, continua de s'enfoncer en Ron pour toucher encore et encore sa prostate jusqu'à ce qu'il ne sente l'orgasme le ravir de la réalité pour l'exiler dans un monde bourdonnant de couleurs, d'odeurs et de bruits étranges.
Draco était écrasé sous le poids de Ron qui s'était endormi sur lui. Il sentait le cœur du roux battre paisiblement contre son torse et sa respiration chatouiller l'un de ses tétons. Sa main gauche passait négligemment dans la tignasse rousse, l'emmêlant davantage encore, et la droite ne se lassait pas de pianoter gentiment sur les fesses de l'endormi. Ron avait les bras croisés derrière ses reins, le décollant du matelas de quelques centimètres et Draco commença à sentir un mal de dos poindre. Il réprima un grognement pour se concentrer sur la nuque rousse sous ses yeux. Hormis sa positon étrange, être ainsi couvert de cette peau brûlante l'apaisait. Il avait sommeillé une petite heure avant de s'éveiller, étrangement calme. Ron gigota un peu, et son genou vint se poser sur son entrejambe. Draco grimaça. Quelques secondes plus tard, il avait une splendide érection. Ne pouvant pas se masturber aisément, il ondula doucement des hanches pour se frotter à ce genou apaloosa.
Brusquement, les bras de Ron disparurent de son dos et il retomba mollement sur le matelas. Le roux agrippa sa hampe et imprima de lents mouvements du poignet, plongeant ses yeux encore embués de sommeil dans les siens. Sans hésiter Draco fit de même pour lui et ils glapirent chacun leur tour quelques minutes après, repus. Du moins, c'est ce que Draco pensait avant que Ron ne se colle à lui, étalant leurs semences sur leurs ventres et ne lui chuchote d'une voix encore pleine de désir :
« Laisse moi cinq minutes et je réclamerai mon tour... » Draco rosit et lui embrassa le visage, le cou, les épaules, les pectoraux, les cuisses et les mollets pour remonter investir sa bouche. Ron soupirait d'aise, lui malaxait les fesses avec envie, s'amusant à frôler son anus pour le voir sursauter ou pousser un cri surpris.
Il envisageait sérieusement de le préparer lorsqu'une voix timide s'éleva :
« Fais moi l'amour... » Ron était sonné. Ses mains s'arrêtèrent. Il regarda Draco qui rougissait furieusement, ses dents laissant leurs traces dans sa lèvre inférieure, ses yeux fixant obstinément le plafond. Il fut ému et lui caressa la joue, la mâchoire, les veines du cou, la clavicule, l'épaule, le côté et la hanche. Il happa une larme qui coulait sur la peau brûlante, puis une dizaine d'autres et le retourna délicatement sur le matelas. Draco tremblait et Ron savait que la seule manière de le calmer était de se coller à lui et de lui embrasser la nuque ou la tempe. Enfin le souffle du blond se fit plus calme et Ron lui caressa les fesses. Il glissa un peu et y fourra son nez, chatouillant la peau douce et lisse. Ses mains flattaient les cuisses qu'il écartait petit à petit, ne cessant d'embrasser le bas du dos de Draco. Sa langue joua avec l'anneau de chair avant de le confronter. Draco exhala et fut secoué de spasmes mais ne broncha pas. Il respirait fort et Ron lui caressait les fesses pour le maintenir relaxé. Lorsqu'il lui soumit ses doigts, le blond les accepta, répondant positivement à ses initiatives en laissant échapper plusieurs fois son prénom murmuré. Ron essayait de rester concentré mais son cœur battait trop vite, ses idées s'entrechoquaient trop fort pour qu'il ne soit pas franchement bouleversé. Lorsqu'enfin il s'insinua en lui, il le sentit se raidir. Il se redressa, plaçant son bras sous Draco pour le faire se relever, reculant, s'installant à genoux pour le maintenir assis sur lui. Le soupir bienheureux que poussa Draco en collant son dos à son torse le rassura. Il maintenait étroitement ses hanches, leur prodiguant mille caresses et enfin saisit la verge de Draco. Il accorda sa main avec son bassin sans cesser d'embrasser la nuque blafarde et Draco se laissa faire, battant probablement un record de décibels. Sa voix sur la fin se fit éraillée, ce qui fit augmenter la cadence des pénétrations. Ron jouit en premier et Draco, le percevant, ne tarda plus. Ils restèrent ainsi prostrés le temps de reprendre leur souffle et Ron reposa doucement le blond sur le ventre devant lui. Il se dégagea pour se glisser à son côté avant de le hisser sur lui. Draco posa sa joue baignée de larmes sur son ventre, ses jambes entre celles de Ron qui lui caressa les cheveux.
Au bout d'un long silence, Ron dit timidement :
« Anatole a les plus beaux yeux que j'aie jamais vus. » Et Draco sourit contre sa peau, passant une main sur le torse de Ron en réponse.
Et voilà les petits poulpes !
Le cas Ron-Draco est quasiment bouclé, on va pouvoir traiter d'autre chose.
Ce chapitre m'a donné énormément de fil à retordre. J'ai du rajouter tout un passage qui est essentiel et épurer au maximum les dialogues. C'est vrai que ça cause pas des masses dans les Blés...
J'espère que ça vous plaît toujours. J'avoue être un peu inquiète du peu de reviews laissés sur les derniers chapitres. N'hésitez pas à dire hein si y'a des choses qui vous déplaisent, que je puisse comprendre ce qui cloche ;)
Rendez-vous au prochain post, le Dimanche 8 décembre, pour régler la question de Harry et Blaise dans un long Bonus (environ le double de ce chapitre ci pour vous donner une idée de la longueur).
Et ensuite... on passe aux choses... sérieuses (eh oui parce que jusque là c'est un peu mou comme fic avouez).
N.B : Pour les Dronistes dans l'âme que ça intéresserait, sachez qu'un OS est en correction en ce moment et paraîtra dans le courant de la semaine;)
