Chapitre 14
Au revoir mon Amour
POV Eméline
Huit mois ! Cela allait être très, très long.
Je finissais de me préparer quand Garrett revint. Il avait l'air soucieux, il s'assit sur l'un des deux fauteuils devant la cheminée. Il était en train de regarder les papiers que Jasper nous avait fait parvenir. Je fermai ma valise et m'assit sur l'autre fauteuil :
« Qu'est ce que tu as ? Un souci avec les papiers d'identité ? »
« Non, tu peux me dire comment Jasper a su que j'étais russe. Je ne me rappelle pas en avoir parlé la dernière fois que je l'ai vu »
« Peut être Alice, comme elle voit l'avenir ou Marcus qui a du lui en parler. Je ne sais pas. Ton nom ne te plait pas ? »
« Çà va, tu as devant toi M. Garrett Ivan Alekseïeva. Sympa ! Tu t'imagine t'appeler Mme Alekseïeva ? »
« Euh … franchement, pas pour le moment mais promis je vais essayer de m'imaginer ».
Le mariage n'était pas ma tasse de thé. Je n'avais jamais pensé un jour être avec quelqu'un alors le mariage n'en parlons pas mais Garrett comptait bien m'épouser un jour.
« S'il te plaît, tu ne veux pas essayer de faire la fille qui est aux anges que son petit ami veuille l'épouser un jour ».
Il s'agaça un peu.
« Désolée mon cœur, on en reparle d'ici un an ou deux et je te ferai le jeu de la fille hyper heureuse, promis ».
« Ok, çà me va. Bon et toi c'est quoi ton nom ? Tu ne trouves pas que l'on fait les choses un peu à l'envers, on se dit nos noms après s'être embrassés et avoir fait l'amour ».
Je m'étais levé pour m'assoir sur ses genoux, il embrassa mon cou.
« C'est vrai, mais pourquoi toujours faire tout dans l'ordre sinon pour ton information Jasper m'a donné son nom donc je suis maintenant officiellement sa sœur »
« Çà n'a pas l'air de te ravir. Je trouve çà normal, depuis le temps que vous vous connaissez ».
« Je suis contente sauf que connaissant Jasper il va prendre son rôle de grand frère très au sérieux et cela risque d'être l'enfer, mais j'ai l'habitude avec lui. Bon on descend, je crois qu'ils nous attendent ».
Je l'embrassai et me levai. Avant même d'être debout, je me retrouvais sur l'épaule de Garrett tel un vulgaire sac de patates, il avait pris ma valise et son sac, on descendit dans le hall du château. Tellement surprise, je n'avais pas su dire quoi que ce soit. Une fois dans le hall où tout le monde nous attendait, Garrett s'écria :
« Livraison spéciale, Marcus ».
Je rageais intérieurement.
« Je vais t'en donner de la livraison spéciale, Garrett, tu me reposes maintenant ».
Ce dernier répliqua :
« Il faut y faire attention, le colis est nerveux ».
Tous se mirent à rire.
Nerveuse ! Il allait me le payer. Je me concentrai puis par la pensée défit les boutons de son pantalon. Il me déposa immédiatement, me regarda sévèrement :
« Arrête çà, ce n'est pas drôle ».
Je stoppai et lui tirait la langue avant de me diriger vers Vladimir et Stefan. Ils avaient été si gentils que j'avais de la peine de partir d'ici :
« Merci pour tout » leur dis-je. Stefan s'avança vers moi :
« Tout le plaisir était pour nous, nous sommes ravis d'avoir fait ta connaissance. Tu peux revenir ici quand tu veux, nous t'offrons la chambre dans laquelle tu viens de séjourner ».
J'étais surprise et je les remerciais. Marcus et Tina étaient déjà dehors avec Garrett et Vincent. Mon regard se posa sur Lucian (toujours aussi sévère du regard, cela ne changeait pas) :
« Lucian, faites attention à vous mais surtout ramène le moi vivant ».
Ma voix s'était faite suppliante.
« Eméline, nous serons prudents. Et je m'occupe de lui, ne t'inquiète pas ».
Son ton s'était un peu radouci. Vincent était revenu vers Lucian :
« Lucian, je vais chercher la voiture. Je vous y attends. Au revoir Eméline et évite de faire exploser l'avion ».
Je lui souriais. Vincent avait toujours le mot pour rire. J'étais arrivé à la voiture où Marcus et Tina m'attendaient, je cherchais des yeux Garrett :
« Où est Garrett ? ».
Je commençais à sentir la peine m'envahir mais je ne devais rien laisser paraître.
Tina se tourna :
« Tiens le voilà, bon soit pas trop longue, on a de la route jusqu'à Bucarest. Marcus, on monte dans la voiture ».
Mon Garrett arriva à ma hauteur, son regard était triste :
« Voilà mon numéro de portable et mon adresse internet, bon retour à Forks et profite bien de ta famille ».
Il essayait de faire le garçon dur. Je prenais le papier avec ses coordonnées et le mit dans mon sac à main. Je me jetais à son cou et il m'enlaça. Son étreinte était forte, il ne voulait pas me laisser partir. Des sanglots secs sortirent de ma gorge, il desserra son étreinte et me regarda :
« Mon amour, tout va bien se passer, je te le promets. Je penserai à toi tous les jours, cette nuit que nous venons de passer sera mon baume pour apaiser la peine de ton absence. Toi et moi à jamais mon amour »
« Oui, toi et moi à jamais. Je ne sais pas comment je vais gérer tout çà Garrett. Tu me manques déjà »
« Tu vas y arriver. Tu vas reprendre tes cours, trouver un moyen de maîtriser tes émotions, réapprendre à vivre. Je sais que je vais te manquer mais pense juste à nous et tu verras ces mois passeront vite. Va, il faut que tu partes maintenant. Je t'aime ».
Il m'embrassa avec fougue, je ne voulais pas arrêter ce baiser ; je le laissai prendre de l'ampleur et c'est Garrett qui l'arrêta, haletant il me regarda avec un magnifique sourire :
« Chut, j'ai envie de toi mais là je crois que ce n'est pas le bon moment. Toi et moi … »
« … à jamais. Je t'aime ».
Je déposai un baiser sur son front et entrai dans la voiture, il ferma la portière et nous partîmes. La douleur de cette peine m'assaillit complètement, j'avais du mal à gérer. Je sentis deux bras me prendre les épaules, c'était Tina. Elle m'attira vers elle, je me calmai et restai dans ses bras jusqu'à Bucarest.
POV Garrett
Il fallait que j'arrête ce baiser, pourtant je n'en avais pas envie. Haletant, je stoppai ce baiser et la regarda en souriant :
« Chut, j'ai envie de toi mais là je crois que ce n'est pas le bon moment. Toi et moi … ».
Elle finissait la phrase et embrassa mon front. Je venais de refermer la portière de la voiture et regardait mon amour partir.
Je serrai mon tee-shirt à l'endroit où battait jadis mon cœur, aujourd'hui c'était une plaie béante qui ne se refermerait le jour où je serais de retour auprès de mon amour.
Lucian m'avait rejoint :
« Garrett, il faut qu'on y aille ».
Il ne supportait pas me voir comme çà.
Je me retournais vers lui et partîmes nous aussi.
